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Rumeurs
- Var a tourné le dos à son roi. Il parait que la déesse des Pactes préfère aujourd'hui les grosses faveurs de Frey !

- On dit que depuis que Tyr a pris les fonctions de son frère aîné, personne n'aurait encore osé lui proposer un coup de main .

- A Tromsø, on hésite à dire si la petite Brynja est maudite ou chanceuse, car après avoir manqué de se faire brûler vive par un dragon, elle a manqué par deux fois la noyade, dont une durant les raids !



 
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 LES RAIDS ϟ Les pillages (topic commun)

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queens of fate

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MessageSujet: LES RAIDS ϟ Les pillages (topic commun)   Dim 12 Oct - 22:26


les raids
Seconde partie : les pillages (rp commun)

En contrebas d'une colline, au beau milieu des champs verdoyants, s'étend un petit village. Il n'est guère bien grand, mais il semble évident que ses habitants vivent dans une certaine opulence. De plus, nulle muraille ne le protège. Soit les villageois n'en ont jamais eu besoin en dépit des attaques répétées des Hommes du Nord, soit il s'agit là d'une négligence et d'une bêtise sur le point de leur coûter cher... Les hommes de Finnr et Hagen se sont approchés dans la plus grande discrétion, éliminant les individus potentiellement gênants sur leur chemin, sans pour autant faire preuve de barbarie gratuite et démesurée. Les vikings s'approchent à pas de loup, dissimulés dans les bois, jusqu'à ce que le paysage ne les oblige à changer de stratégie. Sur les ordres de leurs chefs, plusieurs hommes sortent des fourrés et se chargent de mettre le feu à plusieurs fétus de paille abandonnés dans les champs. Les villageois s'y étant attardés ont tôt fait de fuir pour retrouver leurs demeures et alerter le village, mais c'est trop tard. Un épais rideau de fumée s'élève et dissimule les guerriers, qui seront alors libres d'attaquer par surprise dès lors que l'ordre leur en sera donné. Sur le champ.

⊱⊱⊱

Les Jarls ne sont pas PNJisables ! Les ordres seront directement donnés par le staff, via Les Nornes, sous forme d'intervention du PNJ ⊱⊱⊱ En revanche, n'hésitez pas à PNJiser d'autres vikings, peu importe le clan, ainsi que les villageois effrayés ⊱⊱⊱ Attendez-vous à rencontrer de la résistance, le village n'était certes que très peu gardé mais ce n'est pas pour autant qu'il n'abrite que des femmes, enfants et vieillards, il y aura des combats ! ⊱⊱⊱ N'attendez pas systématiquement le PNJ pour avancer, prenez des initiatives ⊱⊱⊱ Toutefois, si votre idée peut influer le jeu des autres, postez dans le flood des raids pour vous assurer de ne pas ruiner les idées des autres, ce sera plus agréable pour tout le monde ! ⊱⊱⊱ Ce topic est à privilégier. Si vous êtes peu nombreux à poster, ou si vous ne vous investissez pas, nous conclurons les raids plus rapidement que prévu et tout le monde rentrera à Tromsø ⊱⊱⊱ Ce topic est pour le moment réservé aux mortels uniquement ⊱⊱⊱ La limite de mots est toujours de 700 ⊱⊱⊱ Bon jeu à tous et à toutes ♥

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MessageSujet: Re: LES RAIDS ϟ Les pillages (topic commun)   Jeu 16 Oct - 1:55


les pillages


▽ I’m not running for you, I do it for myself.
Un immense sourire déformait ses traits, il était concentré à observer le village qui s’évertuait en bas de la colline. Il était aux côtés d’Hagen tel le cousin qu’il devait être, Mads avait été l’un des premiers à se dire volontaire lors de ce premier pillage. La traversée avait été difficile, ils avaient déjà perdu plusieurs de leurs âmes guerrières et il était de ceux qui pensaient qu’il devait agir au plus vite. S’il était mort en mer, il n’aurait jamais pu atteindre le Valhalla. Déjà qu’il doutait de sa possibilité à l’atteindre, il espérait que ce que la Valkyrie lui avait dit avant son départ était juste. Il devait prouver qu’il méritait de s’y rendre comme tout guerrier qui mourrait sur le champ de bataille. Il avait besoin de se sentir utile, mais surtout de pouvoir se rapprocher des combats à chaque instant possibles. Il n’avait même pas pris le temps de défaire ses affaires au campement, il attendait que son cousin décide avec le Jarl Finnird qu’il était venu le temps d’attaquer un village. Mads avait décidé de laisser Brynja, il croyait que si elle n’était pas avec lui lors de l’annonce de leur départ, elle serait forcée de rester au campement.

Les heures étaient passées à une lenteur effroyable, mais lorsque l’appel avait été lancé, le fils d’Olav était prêt à tout. Il rangea son épée dans son ceinturon et mis son arc sur son dos, il était l’un de ses guerriers qui avait un talent marqué pour le tir à l’arc. En fait, lorsqu’on remarquait Mads sur un champ de bataille, on pouvait se demander pourquoi on s’attardait à le placarder au rôle de Bourreau tant il était doué. Ses stratégies étaient remarquables, trop sans doute ce qui avait forcé au départ l’ancien Jarl à le stigmatiser de la sorte. Cela faisait presque quatre ans qu’il n’avait pas participé aux Raids et l’excitation en était à son paroxysme. On pouvait se demander si la cruauté de ses tortures ferait écho à ses agissements. Il resta près de son cousin lorsqu’ils se rapprochèrent du village par les bois en se faisant un immense plaisir à tuer les paysans qui étaient au mauvais endroit. S’ils se fiaient à la vue qu’ils avaient eue du village quelques instants plus tôt, ils trouveraient des richesses dans ce village qui leur permettrait enfin de proclamer que les Dieux étaient de retour parmi eux.

Rendu à la lisière de la forêt, Hagen donna l’ordre de brûler les foins qui étaient éparpillés un peu partout dans les champs. Mads s’avança un peu pour enflammer une flèche, puis deux, pour aider les Vikings qui s’étaient rendus à pied dans le champ. Le feu faisait rage, Mads ne pouvait s’empêcher de laisser échapper un drôle de soupir alors qu’il posa ses yeux sur le corps du Jarl. Ils étaient prêts à attaquer, il attendait ce jour depuis tant d’années déjà qu’il lui était venu à l’esprit qu’il aurait pu perdre sa force. Il devait prouver à tous les autres guerriers ce dont il était capable, mais surtout se démontrer à lui-même qu’il était digne de son nom. La voix des deux Jarl donna l’ordre à l’unisson et le Bourreau ne se fit pas prier. Il courra jusqu’au village, s’arrêtant un instant lorsque la fumée le dévoila aux autres. Une jeune femme hurla en observant les traits du Viking, ce dernier se rua pour la pousser et la faire taire avant de s’attaquer à la première maison dans son champ de vision. Il défonça la porte avec un coup de pied bien servi. On aurait dit que la chance était avec lui, la maison était vide! Il commença à la mettre en désordre pour trouver de l’or ou des bijoux qui pourraient lui servir. Un coup survient rapidement, il entendit un pas sourd une seconde avant qu’il ne soit trop tard. Par surprise, il utilisa la force de l’assaillant pour l’envoyer valser contre le mur. Sa tête émis un drôle de son lorsqu’elle frappa le coin du foyer, laissant se choir un jeune homme d’une quinzaine d’années environ. Il trouva quelques pièces d’or dans cette maison, mais ce ne fut pas une belle prise! Il sortit de la maison et tomba face à face avec l’un de ses amis guerriers…

(c) AMIANTE




the executionner
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MessageSujet: Re: LES RAIDS ϟ Les pillages (topic commun)   Dim 19 Oct - 9:04



Les plus sages décisions, dit-on, sont celles qui sont prises après mûre réflexion, car la précipitation n'enfante que confusion et bévues. Cependant, lorsque Livia et moi nous émergeons enfin des foins qui se consument dans les champs et dégagent d'épaisses fumerolles que le vent rabat vers le village, nous n'avons que quelques instants pour nous prononcer. A notre droite, une demi-douzaine de Suédois investissent une chaumière de belle dimension, après avoir enfoncé la porte d'entrée à l'aide d'un lourd madrier ramassé sans doute à proximité des habitations. A notre gauche, une poignée de maisonnettes de plus petites tailles s'agglutinent autour d'un vaste fenil apparemment vide, alors qu'au loin deux silhouettes détalent à la vitesse de lapins de garenne ayant aux trousses la meute des chiens.

Par là ! ... lancé-je à ma campagne en la saisissant par la main et en l'entraînant vers les masures les plus modestes. Inutile de nous mêler aux Suédois, ils auront ramassé tout ce qui a un peu de valeur avant que nous arrivions ! Et puis je ne suis pas certain qu'ils soient d'humeur partageuse !

Hop ! Je décoche un formidable coup d'épaule au premier vantail qui se présente à nous, l'envoyant valdinguer dans la maisonnée. Il y ricoche contre un bahut imposant qui tremble sur ses bases mais demeure debout. Reste à mes côtés ! ... dis-je à Livia en pénétrant dans la bicoque, l'épée à la main. Mon âme sœur a réalisé énormément de progrès dans le maniement des armes, elle est à présent capable de résister à un assaut farouche, mais c'est sa première expérience, sa première participation à nos rapines, et je tiens à la préserver de tout danger pouvant surgir de façon inattendue, même si l'habitation parait, à priori, déserte.

Le mobilier est simple, presque minable. Nous ne ferons certainement pas fortune dans ce gourbi, mais puisque nous sommes là, autant fouiller un peu. La porte du bahut semble vouloir me résister, ou bien sont-ce l'énervement et l'impatience qui me rendent maladroit ? Qu'importe. Ma botte la brise en deux, de haut en bas, d'un seul coup. Voilà l'avantage d'être un colosse. Les différents compartiments sont truffés de vieilleries. Des nippes de paysans, des châles, des guenilles mille fois rapiécées. Du revers de la main je fais tout dégringoler sur le sol de terre battue. Quelques piécettes de cuivre ou d'argent s'échappent d'une poche ou de la doublure d'une infâme jaquette et roulent sous une table bancale, qu'une cale en bois, posée sous l'un des quatre pieds, tente vaille que vaille de stabiliser. Je n'ai jamais vu ce type de pièces auparavant, mais mon Anglaise, qui observe avec attention chacun de mes gestes, pourra sans nul doute s'assurer qu'elles ont un peu de valeur.
- Ma chérie, regarde si ça vaut le coup de les ramasser, veux-tu ? ... lui dis-je, tout en ouvrant déjà les deux tiroirs centraux de cette commode, qui ne contiennent, hélas, que des chaussettes d'une propreté douteuse, et des fichus défraîchis que je ne nouerais même pas au cou de mes chiens tellement ils sont miteux.

Une porte entrouverte mène à la pièce suivante, une sorte d'appentis encombré d'outils de jardinage. Mais pas question que j'y aille tout seul en abandonnant Livia à son examen. Attendant ma compagne, je me penche à la fenêtre car j'ai cru distinguer des cris, et je jette aussitôt un œil en direction des champs, toujours assombris par la fumée qui se dégage des foins. Quelques obscurs fantômes les traversent encore, puis soudain se rapprochent. Ce sont les Suédois. Ils rient en brandissant triomphalement un objet que je ne peux identifier. Tant pis. Peut-être la chance nous sourira t-elle aussi lorsque nous explorerons la bicoque suivante.



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MessageSujet: Re: LES RAIDS ϟ Les pillages (topic commun)   Lun 20 Oct - 16:26


L'attaque est réglée au cordeau par les deux Jarl, chaque groupe d'assaillants a reçu ses consignes et se met en marche aussi silencieusement que possible. Le nuage de fumée âcre qui s'échappe des feux allumés par nos hommes a bien camouflé notre avancée. Notre horde hurlante qui entre dans le village a de quoi tétaniser n'importe qui, et jusqu'à présent, je n'ai vu les paysans que de dos, fuyant devant nous. Ces cris me galvanisent, exaltent mon courage, et enfouissent ma peur sous leur puissance.
Thorolf m'a raconté quelques-uns des raids auxquels il a déjà participé, il m'a prévenue que les combats peuvent être très violents, les villageois défendant leurs familles, leurs possessions avec une hargne toute légitime. Je n'ai pas eu l'occasion de me servir encore de mon bâton, d'affronter un véritable ennemi, et je me tiens sur mes gardes, tout en suivant mon géant.

Nous abandonnons, à de bruyants Suédois, la première chaumière, et prenons d'assaut une maisonnette plus humble. Toujours aussi protecteur envers moi, Thorolf fracasse la porte, son épée rutilante au poing, mais l'intérieur est vide. Et nous fouillons méthodiquement chaque meuble plutôt miteux, sans grand espoir de trouver des trésors par ici. Quelques malheureuses pièces tintent, aigrelettes, en cascadant sur le sol, je me précipite pour les ramasser pendant que mon compagnon termine le tour des tiroirs. Des cris, des rires parviennent à mes oreilles, et curieuse, je me glisse près de Thorolf pour voir ce qui se passe dehors. Mais rien d'important, je laisse tomber les piécettes dans ma poche :

- C'est bien maigre butin, c'est toujours ça, jeter un œil dans l'autre pièce, là-bas, et allons la suivante maison, d'accord ?
Le cagibi est sombre et rempli du bric-à-brac habituel d'une famille de paysans, pelle, pioche, balai, râteau ... Pas la peine de s'attarder. La chaumière suivante est un peu plus grande, peut-être y découvrirons-nous de quoi grossir notre récolte. Pendant que Thorolf défonce la porte d'un coup d'épaule, je jette un regard autour de nous, pour assurer nos arrières, d'autres vikings entrent et sortent des habitations, certains mécontents, d'autres avec le sourire du chat qui a dévoré une souris. Je croise les doigts pour que cette fois nous soyons plus chanceux. La pièce est bien moins miteuse, d'un tiroir, j'extirpe une bourse plutôt plate, mais dans laquelle j'ai la bonne surprise de découvrir cinq pièces d'or que je fais disparaître aussitôt dans ma poche.

Soudain un faible miaulement se fait entendre, je m'approche silencieusement du châlit, dont les rideaux sont tirés. C'est bien de là que viennent les plaintes. Le cœur battant la chamade, le bâton prêt à frapper, j'écarte violemment le tissu poussiéreux, craignant ce que je vais de découvrir. Mais ce n'est qu'une vieille femme blafarde qui gémit doucement, elle doit être très malade, agonisante même, pour que sa famille l'ait abandonnée ici. Je referme doucement le rideau, laissant l'aïeule en paix.

- Thorolf, vieille femme dans lit, mourante. La famille abandonner elle ici. Pas dangereuse. J'ai pièces d'or, et toi ? Trouver quelque chose ? Autre pièce derrière, je aller. Je faire attention. Prudemment, je pousse le vantail de bois qui s'ouvre en grinçant sur une chambre à plusieurs lits. La pièce est vide, je retourne rapidement les couches, jette un œil sur des étagères où s'empilent des vêtements usagés. Rien. Décidément, nous n'avons guère de chance. Pestant intérieurement, je rejoins Thorolf, qui termine de farfouiller dans un bahut sans porte. Il semble aussi bredouille et dépité que moi.

- Traînons pas, ici. Rien à prendre. Maison d'après ? demandé-je en me dirigeant vers la sortie. Or, de la venelle qui sépare deux rangées de maisons juste en face, s'échappent des cris, des bruits de lutte. Je reste prudemment sur le seuil, scrutant la ruelle, sans parvenir à distinguer les combattants dissimulés par un lacet.
-Bagarre là-bas, Thorolf ! Regarde ! Tu crois, besoin d'aide ? Mais des rires, et des cris de victoire retentissent, des vikings surgissent, haches et épées ensanglantées, se congratulant bruyamment. J'emboîte le pas à mon compagnon qui se dirige vers une autre habitation, mais la porte s'ouvre avant même qu'il ne la défonce, laissant apparaître Mads Olavson, le cousin du Jarl ...


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MessageSujet: Re: LES RAIDS ϟ Les pillages (topic commun)   Mar 28 Oct - 15:17



Mon attention s'est relâchée durant quelques secondes, en raison des rugissements victorieux de nos alliés suédois, si bien que je demeure un instant interdit lorsque Livia et moi nous tombons nez-à-nez avec Mads. Ce-dernier a certainement dépouillé de toutes ses ressources la chaumière que nous prenions pour cible, et il s'avère donc inutile d'aller y farfouiller à notre tour. Ce n'est pas à un vieux filou comme le Bourreau qu'il faut apprendre où les gueux rangent ou dissimulent leurs maigres avoirs. Le bougre est méthodique et persévérant, rien n'aura échappé à sa sagacité.

- La maison suivante ! Celle de droite ! ... lancé-je aussitôt à mon Anglaise. Appartiendrait-elle à l'un des responsables du village ? Probablement, car si elle n'est ni plus coquette ni plus spacieuse que ses voisines, cette habitation me semble digne d'intérêt. En effet, elle paraît fraîchement repeinte et récemment rénovée, ce qui témoigne d'un souci d'esthétisme dont ne bénéficient pas les autres demeures, d'aspect plus fruste et primitif. Money money, dirait ma crevette.

Je fais appel, une fois de plus, à la méthode Thorolf. Une respiration profonde, une contraction des muscles, trois pas d'élan, un violent coup d'épaule, et l'huis est projetée au fond de la pièce, balayant tout sur son passage. Ce cyclone vous est gracieusement offert par les vikings de Tromsø ! Apparemment, la bicoque est déserte. Pas de comité d'accueil. Mais où se cache donc le sens de l'hospitalité des Pictes ? Le fougueux reflux de la porte a métamorphosé l'intérieur de la masure en un gigantesque capharnaüm. Je l'accentue encore en renversant la table afin de me frayer un chemin plus direct vers l'inévitable bahut rencogné contre le mur du fond.
- Viens, mon cœur, fouillons rapidement ce meuble !

Inutile de le répéter. Livia a déjà anticipé mon invite, et nous procédons ensemble à une fouille rapide de l'énorme buffet. Visiblement, je m'étais enthousiasmé un peu vite en imaginant que cette maisonnette était susceptible de nous réserver d'excellentes surprises. Le bahut ne contient rien de réellement intéressant. Vaisselle et frusques présentent un visage un peu plus avenant que tout le saint-frusquin qu'abritait la maison précédente, mais nous ne sommes pas venus de si loin, contre vents et marées - sans oublier le Kraken - pour ramasser quelques écuelles de terre cuite, quelques bols de faïence, et trois bouts de chiffon.
- Rien de bien excitant ! ... soupiré-je à l'intention de ma compagne.

Soudain, un grincement étouffé se fait entendre dans le coin opposé de la pièce, et des pas légers et vifs retentissent dans notre dos. Nous nous retournons précipitamment ! C'est un morveux qui s'est extrait d'une quelconque cachette, et qui cherche à gagner la porte le plus silencieusement possible. Le gamin se déplace à quatre pattes, espérant ainsi ne pas se faire remarquer. C'est loupé. Je l'agrippe par une guibolle, je le soulève bien haut, et je le secoue comme un prunier. Il a quoi ? Treize ans ? Quatorze ? Pas davantage. Il se débat comme un poisson jeté sur le sable, et se met à m'invectiver dans sa langue, la tête en bas, ce qui, dans d'autres circonstances, serait plutôt amusant. Bien évidemment, je ne pige pas le moindre mot à son baragouin, et, tout en évitant au mieux ses ruades et ses gestes saccadés, je me tourne vers mon Anglaise.
- C'est quoi ce charabia ? Tu comprends ce qu'il dit ? Si c'est le cas, demande-lui où ses parents cachent leurs objets de valeur. Fais vite, mon ange, parce qu'il commence à m'énerver à gigoter ainsi et à brailler comme un cochon !



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MessageSujet: Re: LES RAIDS ϟ Les pillages (topic commun)   Mer 5 Nov - 16:40


La saison des raids était toujours la promesse de nouvelles découvertes, de potentielles richesses et d’excitation guerrière. Bien que cette fois-ci la traversée fût des plus mouvementée, Njall avait fait partie des rares ayant échappé au chaos, ne pouvant qu’assister au spectacle de loin. Le kraken, les dieux intervenant en leur faveur… Cette année, le chaos divin s’était invité sur Midgard. Rien qu’être présent pour voir ça justifiait à lui seul d’embarquer dans cette expédition. Mais à présent, l’heure n’était plus à l’observation passive et à l’attente fébrile. L’heure était au pillage.

Depuis la colline, entouré par ses frères et sœurs d’arme, l’érudit étudiait le village qui les attendait, les bras ouverts. Pas de murs, aucune défense suffisamment développée… C’en était presque trop facile. Puis, l’assaut fut donné, le feu s’éleva pour noircir le ciel de sa sombre fumée, et les vikings déboulèrent sur les villageois plongés dans la panique. Aussitôt, Njall s’éloigna des suédois et suivit les siens, choisissait une première chaumière au hasard. À peine rentré, il compris qu’il n’était pas le premier arrivé : déjà un premier cadavre au sol, et l’endroit ne semblait pas vraiment être le caveau idéal pour un trésor. Il fit néanmoins le tour de la pièce centrale, puis se pencha sur l’ancien propriétaire : à son cou se trouvait un pendentif, une croix. Cela ne ressemblait guère à de l’argent, sans doute de l’étain, mais l’érudit l’arracha néanmoins et la rangea dans sa bourse. Après tout, quelques indices sur cette étrange religion du dieu unique n’étaient pas de refus. Ceci étant néanmoins loin de le satisfaire, il ressortit et se dirigea vers une autre demeure, devant laquelle plusieurs de ses camarades se battaient contre un petit groupe de fermiers ayant tenté de s’organiser.

Y aller également ? Avait-on vraiment besoin de lui ici ? Peu importe, il n’y avait pas besoin d’excuse pour verser le sang, aussi plongea-t-il dans la mêlée et, l’épée à la main, entreprit de s’attaquer à l’un des villageois tenant le mieux tête à ses assaillants. À plusieurs contre lui, le pauvre homme n’eut guère de chance et fut rapidement mis en pièce par les deux épées croisées. Son corps avait à peine rencontré le sol que Njall repartait plus loin, scrutant chaque maison, chaque recoin, en quête de la moindre chose digne d’intérêt. En passant à côté d’une demeure d’apparence plus luxueuse, il jeta un œil et reconnu deux camarades. La demoiselle... celle qui avait été enlevée à sa terre natale, n'est-ce-pas ? Livia, il lui semblait. Quant à l'autre guerrier, plutôt massif... Thorolf, l'éleveur de chevaux, si sa mémoire ne lui jouait pas de tours, et ce dernier avait visiblement attrapé un garçon vociférant en anglais. Il hésita un instant à s’enquérir de ce qu’il se passait, puis haussa finalement les épaules : la jeune femme devait connaître ce dialecte et pouvait fort bien s’en occuper, l’érudit n’allait pas perdre plus son temps ici.

À part une autre masure où il avait trouvé deux pièces étrangères tombées au sol, la récolte était pour le moment décevante, aussi Njall s’arrêta un instant, après avoir occis un autre villageois s’étant jeté sur lui avec une affligeante imprudence. Ce village n’était pas bien grand, mais de ce qu’il avait pu voir jusqu’à maintenant, aucun n’était dépourvu de lieu de culte, aussi modeste pouvait-il être. C’était ça. Il devait chercher cet endroit. Jetant un regard en arrière, il observa les guerriers envahir et saccager chaque maison et se rendit compte qu’ils étaient peu, comme lui, à s’être encore avancés aussi loin dans le village. Mais bientôt, la marée nordique se déverserait dans ce qu’il restait, il lui fallait donc avancer vers l’inconnu. L’érudit reprit sa marche, l’épée au clair, les sens à l’affut, cherchant l’endroit où les villageois se réunissaient pour prier. Qui sait ce qu’il pourrait y trouver ? Quelques objets de valeur, de l’argent, des symboles, et peut-être même quelques documents ? Les prêtres et les moines de cette contrée n’étaient pas avares d’écrits… Tout comme lui.

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MessageSujet: Re: LES RAIDS ϟ Les pillages (topic commun)   Ven 7 Nov - 18:17


Nouvelle maison, nouvelle déception ! Pourtant celle-ci semblait plus prometteuse, toute proprette, au centre des autres, probablement celle d'un notable du village Picte. Après une entrée fracassante grâce à la force de Thorolf, nous avons fouillé méthodiquement le grand buffet richement sculpté qui trône dans la pièce principale. De plus en plus frustrée par notre manque de résultats, je vide rageusement tiroirs et étagères sur le sol. Mais rien, absolument rien de valeur ! Où sont donc passés les bijoux de la maîtresse de maison, et le magot du propriétaire ? Bon sang, mais où sont donc l'or et les richesses promis par les Jarl ? Je sens la colère poindre également dans les gestes brusques de mon compagnon. Son orgueil de guerrier Viking est sans doute mis à mal par la pauvreté de nos trouvailles.

Mais au moment où je vais lui en parler, un drôle de bruit se fait entendre derrière nous, une espèce de grincement sinistre. Dans le même réflexe de défense, nous nous retournons l'arme au poing, mais ce n'est qu'un gamin qui tente de s'échapper à quatre pattes dans le capharnaüm que nous avons laissé sur le sol de terre battue. Immédiatement Thorolf l'empêche d'aller plus loin, enserrant sa cheville dans sa grande main, il le soulève aussi facilement que s'il ne pesait rien, et le secoue brutalement.
L'ancienne Livia laisserait s'échapper cet adolescent tremblant de peur et de rage, mais je suis une Viking à présent ou du moins j'essaie de l'être. Même si violence et brutalité ne sont pas dans ma nature. Voir ce pauvre gamin, écarlate de fureur, injurier mon colosse m'arracherait un sourire, si je ne comprenais tout ou presque ce que dit ce petit morveux. Est-ce du courage ou de l'inconscience ? En tout cas je ne m'aviserai pas à traduire ou Thorolf l'exécutera sans hésiter.

- Attends Thorolf, je comprendre lui ! Pas tuer garçon, lui pouvoir dire où trouver trésors … Laisser moi essayer de parler lui. Tiens bien ! Je m'adresse à notre prisonnier en anglais :
- Mon compagnon n'est pas très patient, dis nous où le village cache ses richesses et nous te laisserons la vie sauve. Tu n'as pas intérêt à mentir. Guide nous jusqu'au bon endroit, et tu pourras t'enfuir dans les bois.
Les insultes haineuses qui s'ensuivent me prennent au dépourvu, instinctivement mon bâton se place sur la gorge de l'adolescent, pressant sur sa trachée juste ce qu'il faut pour le faire parler.

- Parle, je n'hésiterai pas, je peux te tuer d'une simple pression ! Alors ? Tu nous guides ou tu es mort !
J'appuie un peu plus fort, lui coupant le souffle pour qu'il suffoque quelques secondes et comprenne que je suis sérieuse. Mentalement je remercie très fort Hildr de m'avoir enseigné cette prise. Mon cœur tendre s'emballe à l'idée de tuer cet enfant sans défense, quand enfin celui-ci capitule en pleurant, suppliant qu'on lui laisse la vie sauve. Je croise alors le regard pétillant de fierté de Thorolf, qui me galvanise autant que ce que le gamin raconte, je lui traduis aussitôt ses propos désordonnés, qui je l'espère nous mèneront enfin à de belles prises :

- Monastère et église plus loin, au bout village. Suivre grand rue. Lui montrer. Viens vite !
C'est en courant que nous quittons la maison, effrayant au passage quelques poules, canards et oies errants qui s'éparpillent, ébouriffant leur plumage tout en piaillant presqu'aussi fort que si on les égorgeait. Thorolf a empoigné le bras du garçon, et l'entraîne fermement avec nous, malgré ses jérémiades et ses suppliques. Il me fait pitié, mais je me tais, tant que nous ne serons pas sûrs de ce qu'il nous a avoué, pas question de le relâcher !

La mise à sac du village se poursuit derrière nous. Nous atteignons une petite église, à laquelle est accolé un long bâtiment qui doit abriter les moines dont les incantations et les chants s'échappent par de minces ouvertures creusées dans les murs de torchis. Pensent-ils réellement repousser ainsi notre attaque ? Quelques villageois en défendent la porte. Je stoppe net, obligeant mon compagnon à faire de même. L'adolescent ne nous sert plus à rien, autant avoir les mains libres pour déloger les défenseurs de la chapelle, et il faut faire vite les Suédois ne tarderont pas à nous rejoindre, nous devrons alors partager nos trouvailles.


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MessageSujet: Re: LES RAIDS ϟ Les pillages (topic commun)   Sam 8 Nov - 0:01

Lorsque les premières masures furent à portée de vue, le cœur du jarl s'emballa. Enfin. Enfin ce périple offrait quelques promesses d'espoir et de richesses. Enfin. Après le tumulte du voyage en mer et leur rencontre avec le Kraken, les dernières traces d'optimisme de Hagen l'avaient quitté. Certes, les dieux étaient de nouveau venus à leur secours mais à présent les vikings avaient quitté la Scandinavie. Leurs déités les observaient-elles toujours sur les terres des parjures adorateurs d'un dieu unique ? De cela il n'en fut jamais certain malgré toute la foi qu'il conservait en eux. Il regrettait à présent de ne pas avoir posé ce genre d'interrogations à Thor. Quoiqu'il en soit, ce village dépourvu de toutes protections était une véritable aubaine. Il adressa un large sourire à son cousin et son frère qui se trouvaient à ses côtés, comme toujours. Il se tenait également près de Finnr, le jarl suédois. Hagen ne lui faisait aucune confiance, il savait ces hommes prêts à tout pour emporter et piller tout ce qui pouvait leur tomber sous la main et il craignait naturellement que les accords conclus quelques jours plus tôt n'en viennent à être bafoués. Cependant, il ne laissa rien paraître de ses doutes et tous deux lancèrent l'attaque savamment orchestrée : brûler et piller tout ce qui pouvait l'être. Pas de quartiers. Avec un hurlement de dément, Hagen se précipita dans les rues du petit village. Déjà les premiers guerriers se ruaient dans les maisons et il préféra donc continuer son chemin vers de meilleures trouvailles. Lorsqu'enfin il se décida, il pénétra dans une bicoque charmante qui promettait quelques succès. A l'intérieur, une femme tentait de protéger son jeune fils. Pris de court, il n'avait pas eu le temps de fuir, sans doute trop occupés à cacher les quelques trésors qu'ils avaient en leur possession. Tandis que les hommes fouillaient les lieux, Hagen saisit la femme par les cheveux afin de l'empêcher de la faire taire. Elle se débattait comme un beau diable ce qui obligea le jeune homme à resserrer sa prise. La mise à sac terminée, il se débarrassa de sa prisonnière avant d'incendier la maison.

A l'extérieur, le tumulte était à son paroxysme. Les cris de rage des guerriers se mêlaient aux hurlements de terreur des villageois. L'odeur du feu se mêlait à celle du sang. Enivré, Hagen continua son expédition jusqu'à un bâtiment qu'il reconnut comme étant une église. Devant, il reconnut également la carrure caractéristique de l'un de ses hommes. « Thorolf ?! Des trouvailles intéressantes dans le coin ? » lança le jarl avec un sourire hagard. Il était comme un enfant à qui on venait d'offrir sa première épée. L'euphorie ne le quittait pas. Il se précipita jusqu'au colosse afin d'admirer ses exploits de plus près et fut ravi de sa découverte. « Pauvres fous ! Je vous conseille de partir si vous tenez à votre vie. Votre Dieu ne vous sera d'aucun secours. » Il eut un rictus de sarcasme. « Ce n'est qu'une chimère. Priez, priez de toutes vos forces, il ne viendra pas. Abandonnez tant que vous le pouvez ! » Le chef de guerre se saisit de sa hache et adressa un bref signe de tête à ceux qu'il avait rejoint. Ses intentions étaient limpides. Derrière cette porte, il y avait quelque chose. Ces villageois ne risquerait pas leur vie pour rien. Il y avait quelque chose et il n'hésiterait pas à faire un carnage pour s'en emparer. L'avenir de son village dépendait de la réussite de cette mise à sac. L'avenir d'un village contre la perte d'un autre. Mais le jarl n'avait aucun scrupule avec des êtres qui avaient tourné le dos aux véritables déités.

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MessageSujet: Re: LES RAIDS ϟ Les pillages (topic commun)   Sam 8 Nov - 15:15



Ma compagne se révèle bougrement déterminée. La Thraell timide et gracile a vécu. La femme-enfant s'est métamorphosée. Tout en restant mince, son corps s'est sculpté de manière harmonieuse. Il est tonique, mobile, dynamique. Mes leçons et celles d'Hildr se sont révélées éminemment profitables, Livia s'identifie à présent parfaitement à notre peuple de belligérants et de guerriers. Je suis persuadé qu'elle se montrerait impitoyable si les circonstances l'exigeaient, si l'existence d'un des nôtres était menacée par un péril funeste . Bref, le morveux coincé entre nous n'en mène pas large. L'arrogance qu'il affichait s'est estompée. Il ne renâcle plus. Le fait que Livia maîtrise son langage n'y est assurément pas étranger. La pression qu'elle exerce sur sa pomme d'Adam, avec l'extrémité de son bâton, également. Et le gamin, entre deux couinements, entre deux filaments de morve reniflés bruyamment, aborde enfin le thème qui nous tient à cœur : l'or et l'argent. Gold. Money. Deux mots qui n'ont pas de frontière. C'était cela ou mourir, le gosse l'a bien compris.

Pas de temps à perdre. Tout en me traduisant le charabia du blanc-bec, Livia nous entraîne à l'extérieur de la maison. Je ne desserre pas mon étreinte sur le poignet du braillard, il nous est précieux. Pour l'instant. Il sera notre guide vers cette église et ce monastère dont il nous a révélé l'existence afin de rester en vie. Nous courons donc tous les trois vers les limites du village, à travers le brouhaha et la confusion qui y règnent. Nous croisons notamment Njall, la grosse-tête, l'intellectuel. Nul besoin de lui. D'ailleurs il s'éloigne, à la recherche, sans doute, d'un coup fumant. Un troupeau de Suédois braille encore dans une ruelle qui serpente et dégringole vers les champs. C'est ça, vous avez raison, allez par là, surtout que l'église est dans l'autre direction. Bande de pignoufs ! Je n'éprouve pour eux que méfiance et suspicion. Cette alliance provisoire me semble bizarre, voire même totalement incongrue . Ils ne me sont pas plus sympathiques que les Anglais ou les Pictes. Je ne leur confierais pas ma vie. Tout en pressant encore le pas et en remorquant le morveux qui traîne un peu la patte, j'adresse un clin d’œil complice à ma musaraigne. Je préfère, et de loin, conserver une totale indépendance de manœuvre et tirer un profit maximum de mes initiatives. Après tout, nous n'affrontons que des gueux, des paysans peu rompus aux aléas des batailles rangées, et ma compagne et moi nous nous débrouillerons parfaitement sans l'aide de qui que ce soit. Bon débarras.

Nous approchons du but, à la lisière du village. L'endroit paraît étonnamment tranquille. De longues murailles de pierre et de torchis nous barrent soudain la route. Un lierre au feuillage uniformément vert et luisant s'y cramponne et en épouse les lignes. Dans la bâtisse, des voix psalmodient, monotones. D'humbles prières grimpent vers les cieux. L'alerte ne serait-elle pas donnée, ou bien ces litanies, ces psaumes, constituent-ils un appel au secours adressé aux déités des Pictes ? Le morveux nous indique l'entrée de l'église, directement contiguë. Et, ma foi, je déchante. Elle est gardée par un petit groupe de villageois armés. Que faire ? Foncer dans le tas ? Je m'y risquerais bien, je suis de taille à mater quelques lourdauds, et Livia peut m'apporter une aide précieuse. J'ai foi en elle. Je sais qu'elle sera à la hauteur.

Bigre ! Voilà qu'une silhouette massive s'approche soudain et m'interpelle. C'est Hagen. Il semble surexcité par toutes ces escarmouches, et prêt à se précipiter immédiatement sur les Pictes, mais ce n'est finalement pas l'option qu'il choisit. Non, le voici qui se met à invectiver les paysans, les encourageant à battre en retraite car leur dieu, prétend-il, les a abandonnés. J'ignore si ces culs-terreux ont compris chacun des mots de notre Jarl, mais son ton et ses gestes sont suffisamment éloquents pour leur flanquer la frousse de leur vie. Je repousse le gamin pour qu'il ne soit pas dans mes pattes lorsque nous lancerons l'attaque, ce qui me semble désormais l'unique alternative possible. Hagen m'adresse un bref signal. Je suis fin prêt. Mes doigts se crispent sur la poignée de mon épée, à m'en écrabouiller les jointures. Dès que le Jarl se ruera vers le bâtiment, je me jetterai dans la mêlée à ses côtés et le sang des Pictes tapissera l'entrée.



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MessageSujet: Re: LES RAIDS ϟ Les pillages (topic commun)   Sam 8 Nov - 22:04


Était-il parti dans la mauvaise direction ? Pas une église en vue, et Njall avait pourtant bien avancé… Un peu plus et il allait finir dans les champs. Peut-être que demander son chemin serait pertinent à présent ? Se plaquant à l’une des masures, il tendit l’oreille et fut satisfait d’y entendre quelques murmures. À la première écoute, deux voix. Forcer l’entrée ? Inimaginable, seul. Il fouilla dans la bibliothèque de sa mémoire, cherchant chaque information sur les Pictes et leur langue. Tout autant proche de l’anglais que du gallois, très peu de sources de vocabulaire… Néanmoins, peut-être assez pour formuler quelques phrases. Il lui fallait essayer. Quelques raclements de gorge pour moduler sa voix, puis il tambourina à la porte en criant :

"Ils viennent ! À l’aide ! Ouvrez !"

Un peu simple, mais peut-être cela suffirait-il, son accent était des plus honnêtes, et les villageois ne devaient pas s’attendre à un nordique parlant leur langue. Se plaquant sur le côté, il attendit et vit avec satisfaction la porte s’ouvrir et un bras passer à travers, sans doute destiné à attraper le supposé « camarade » et l’amener rapidement en sureté. Il se saisit immédiatement du poignet, tira son propriétaire hors de la maison et mit brutalement fin à sa vie par une belle percée de nuque. Sans attendre un instant de plus, il bondit à l’intérieur et prit une seconde pour analyser la situation : un jeune homme armé d’une dague, et un autre, plus jeune, prostré dans un coin. Njall n’attendit pas un instant et, après un moulinet d’épée pour écarter la courte lame adverse, se jeta sur l’ennemi et le plaqua au sol. Une fois de plus, il fouilla dans son vocabulaire et demanda :

"Église, où est ? Dis ! Où est ?"

Un silence en guise de refus. Le plus jeune n’osait toujours pas lever les yeux et tremblait : aucun danger de ce côté. Resserrant sa prise, l’érudit insista :

"Promesse. Par mes dieux, et…" Il répugnait à ajouter cela mais s’y résolu néanmoins : "…par ton dieu, vie sauve pour vous, si dire où est église. Dis !"
"De… De l’autre côté, à l’opposé… Le nord-est, depuis l’arrière de la maison !"
"Si mensonges, je reviens tuer. Compris ?"
"Le… Le nord-ouest, c’est là-bas, je le jure !"
"Bien. Vous vivre encore. Un peu."

Njall n’avait qu’une parole, ce qui ne l’empêcha pas d’assommer le jeune homme avant de ressortir : les suédois allaient de toute façon passer par ici sous peu, et lui-même avait déjà perdu bien assez de temps. Il s’élança dans la direction indiquée, et il ne lui fallu pas longtemps pour apercevoir, non loin, le flanc gauche de l’église où était accolée une longue annexe. Parfait, à première vue. Beaucoup moins, à bien y regarder : plusieurs villageois gardaient l’entrée principale, et un groupe des siens leur faisait face. Il reconnu de nouveau Livia et Thorolf, peut-être aurait-il dû les suivre plutôt que de s’éloigner seul ? Et une autre présence, non des moindres : leur cher jarl, Hagen, en personne. Tous prêts à se battre et à piller ce lieu sacré aux yeux des pictes, assez pour que ces derniers soient si prompts à se sacrifier dans une dernière défense désespérée.

En longeant le long bâtiment où semblaient résonner chants et prières, l’érudit arriva ainsi dans le dos des villageois. De là, les siens pouvaient même commencer à l’apercevoir, et ce n’était qu’une question de temps avant qu’il ne soit repéré, un temps qu’il devait mettre à profit. Normalement, c’était au jarl de donner l’assaut, chose qu’il semblait prêt à faire. Alors, après tout, pourquoi ne pas précipiter les choses ? Il fallait vite s’occuper de cette église avant que les suédois ne les rejoignent, aussi Njall prit sa décision. Une longue enjambée, une courte cavalcade et son épée se planta dans le dos de l’un des défenseurs qui, après un cri des plus disgracieux, glissa au sol.

"À l’attaque ?" suggéra-t-il en regardant ses compagnons, un sourire mauvais aux lèvres.

Surpris par ce coup de traitre, les Pictes se lancèrent aveuglément au combat. Peut-être Njall risquait-il la colère d’Hagen en ayant agit ainsi de son propre chef mais, à cet instant, il avait plus urgent à penser, d’autant plus lorsqu’un adversaire se présenta à lui et le fit reculer d’une attaque plus forte qu’il ne l’imaginait. Fine lame il demeurait, mais il ne s’attendait pas à autant de résistance de la part de simples paysans.



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MessageSujet: Re: LES RAIDS ϟ Les pillages (topic commun)   Dim 9 Nov - 20:43


L'arrivée soudaine de notre chef charismatique, guerrier redoutable et fin stratège, me laisse sans voix. Son expression exaltée, son allure martiale m'impressionne plus que je ne saurais le dire. La thraell que je suis est certainement invisible à ses yeux, cependant sa présence à nos côtés est une chance de lui prouver ma valeur, mon attachement indéfectible à notre village, ma dévotion à nos Dieux. Je me sens stimulée par sa présence, je ne sais si c'est l'effet que font les valkyries aux hommes vikings, mais c'est ce que je ressens, une force invisible qui me donne des ailes, me fait me sentir presque invulnérable. Aussi, au signal qu'il donne à Thorolf, mes mains se resserrent sur mon bâton, mon corps se penche légèrement en avant, un air déterminé s'affiche sur mon visage, alors que mon cœur bat la chamade, mélange d'excitation et de peur.

Les villageois sont armés, certains de simples fourches, d'autres d'épées plus ou moins longues. Aux cris vindicatifs du Jarl, ils se serrent les uns contre les autres, formant une rempart humain devant la porte. Près de ce qui doit être le monastère, j'aperçois soudain Njall, l'Érudit de Tromsø, qui s'avance subrepticement l'épée au clair. Mais que fait-il donc ? Aurait-il l'intention d'attaquer seul, sans attendre l'ordre de son chef ? Je m'étonne de son attitude, de ce manque de discipline, mais les Vikings vivant en une certaine autarcie, ils ne connaissent peut-être pas les usages d'une armée disciplinée. Il m'avait semblé pourtant que chacun respectait les ordres du Jarl, mais peut-être que l'Érudit est différent, sa réputation n'est pas sans tache, et je m'interroge sur les conséquences de son geste, car sans hésiter, il plonge son arme dans le dos d'un des paysans, qui s'écroule mortellement touché.

Cet acte sournois déclenche aussitôt les hostilités dans un désordre indescriptible, les protecteurs de l'église affolés sans doute par une attaque en tenaille ne savent vers quel côté se tourner. Sans attendre je me poste aux cotés de Thorolf qui d'un coup d'épée titanesque vient de littéralement couper en deux l'un de nos adversaires. Détournant mon regard du cadavre ensanglanté qui s'est abattu à mes pieds, je l'enjambe pour détourner un coup de fourche qui visait mon compagnon. Les deux armes s'entrechoquent durement et résonnent douloureusement dans mes muscles, dans tout mon corps. Je pare, je contre, j'attaque mais je ne parviens pas à découvrir la faille de mon coriace adversaire qui ricane, et m'insulte copieusement pensant certainement que je ne comprends pas un traître mot. Je dois rester lucide, malgré les pointes aiguisées qui frôlent à plusieurs reprises les flancs de ma cuirasse. Trouver l'ouverture, trouver l'ouverture ! Et soudain, je glisse mon bâton sous le manche de la fourche, atteignant par là même les poignets du paysan pour les briser d'un coup sec. L'espèce de harpon tombe au sol, alors que l'homme se tient les mains, je l'assomme sans hésiter, et ramassant la fourche je la lui plante dans la poitrine.

Les villageois résistent, ils se battent avec courage. J'engage la lutte avec un adolescent au sourire suffisant, armé d'une épée courbe que je n'avais encore jamais vue. Seule femme du groupe d'assaillants, je suis une cible plus facile à ses yeux, mais je n'ai pas l'intention de lui donner raison. Ma première victoire m'a donné confiance. Trop peut-être. Après quelques échanges, sa lame entaille ma cuirasse et lacère mon flanc malgré une parade désespérée. Aussitôt la douleur s'épanouit en moi comme une aurore sanglante. Je recule sous le coup, me protégeant de mon bâton, sans quitter des yeux mon ennemi dont le rictus vainqueur fouette mon orgueil et me me fait oublier ma blessure. J'essaie de rendre chaque attaque puis je tente in extremis une botte que m'a enseignée Hildr, et qui frappe le jeune homme à la gorge, l'asphyxiant suffisamment pour que j'enchaîne avec une attaque au ventre, puis à la nuque qui le laisse inconscient. Je lui assène un coup de pied rageur dans les côtes. Je n'ai pas été sauvée du Kraken par les Déités Aquatiques pour mourir des mains d'un blanc-bec ! Le bâton dans une main, l'autre couvrant la plaie qui me brûle, je m'assure de ne plus avoir d'adversaire, et contourne prudemment les autres combattants. Je tente d'ouvrir la porte de l'église abandonnée par les Pictes.
Sans résultat ...


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MessageSujet: Re: LES RAIDS ϟ Les pillages (topic commun)   Ven 14 Nov - 4:44

Il était le bourreau. Celui qui s’occupait de tuer les gens pour vivre, d’une manière ou d’une autre il s’attendait toujours à se voir refuser l’entrée au Valhalla à cause de son occupation. Aujourd’hui, alors qu’on lui donnait à nouveau la chance de démontrer sa valeur guerrière, on aurait plus dit qu’une certaine folie l’avait atteint. Il croyait dur comme fer que la seule manière qu’il pourrait espérer un jour rejoindre son père serait en mourant lors d’une bataille. C’était ce qui pouvait expliquer la façon parfois totalement inconsciente dont Mads s’approchait de l’ennemi. Un pas trop près, mais il arrivait toujours miraculeusement à éviter la mort. Peut-être se sentait-il invincible, mais en réalité il aurait préféré mourir mille fois ici que dans son village natal. Il n’avait pas peur de mourir, voilà tout, ce qui en faisait un guerrier dangereux. Lorsqu’il sort de la première maison, il rencontre les prunelles de Thorolf, un Viking qu’il adule d’une certaine manière par sa force brute. Pourtant, il décide de rester seul et de continuer à piller, avancer dans le village comme s’il était le Dieu de la mort. Il profita d’un calme issu de son esprit pour prier à la déesse Hel, d’une certaine allégorie qu’il se sentait puissant. Sourd aux cris qui l’entouraient, Mads avançait en évitant les coups de lames de l’ennemi, en tuant deux au passage. Il semblait que peu des villageois étaient encore présents pour protéger le village, laissant un sentiment de victoire auprès du bourreau. Il avait un nom à tenir, une réputation qui faisait de lui un homme cruel et sans merci, modèle qu’il revêtait à perfection sur le champ de bataille. Il entra dans une autre maison, ne trouvant qu’une jeune femme en crise de panique. Un drôle de sourire s’afficha sur ses lèvres lorsque ses doigts s’enroulèrent autour de l’une de ses mèches de cheveux roux défaits de sa coiffure. Sans gêne, il lui demanda d’aller lui chercher toutes les richesses que détenait la maison, chose que la femme fit sans demander son reste. Ah! Que c’était facile lorsque la peur était présente, elle était la meilleure des armes! Quand il ressortit de la maison, il remarqua qu’aucun de ses copains guerriers n’était dans les parages. Les villageois encore en vie observaient tous une grande habitation au loin qui arborait un étrange signe à son plus haut. Il courut pour rejoindre ses comparses, ajustant le sac plein d’objets de valeur sur son épaule. Il semblerait qu’ils aient trouvé le trésor! Les dents de Mads resplendirent au soleil lorsqu’il plongea ses prunelles dans celles du Jarl. « Après toi, cousin! » Lâcha-t-il, laissant Hagen entrer le premier dans cette mine d’or, mais se prépara à tuer les quelques villageois sur son passage. Pendant ce temps le bon vieux Njall faisait encore des siennes!



the executionner
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MessageSujet: Re: LES RAIDS ϟ Les pillages (topic commun)   Dim 16 Nov - 22:24

Le combat fut lancé avant même qu'il n'ait eu le temps de s'en rendre compte. Comme à son habitude, l'étrange érudit du village décida de suivre sa propre voie en attaquant les villageois de son propre chef. Hagen ne put qu'assister impuissant à l'exécution de la victime désignée par Njall. Le malheureux paysan s'effondra sans vie dans la fange tandis que ses congénères s'élançaient déjà au combat. Réprimant un grognement de mécontentement, le jarl s'empressa d'étouffer cet assaut résistant. Il n'aimait guère voir son autorité neutralisée de la sorte mais le temps n'était pas aux réprimandes. Trois pictes déjà lui faisaient face, ils comptaient sans doute sur leur nombre pour le maîtriser car ils étaient faiblement armés. Cela n'empêcha pas l'un d'eux de s'élancer vivement vers Hagen, dirigeant sa fourche en direction de ses flancs. Le jeune homme esquiva l'attaque sans aucune difficulté et planta sa hache dans le dos de son adversaire. Il reprit son arme aussitôt, laissant une plaie béante et sanguinolente. Les deux autres eurent un mouvement de recul, déstabilisés par les talents martiaux dont faisaient preuve leurs adversaires scandinaves. Hagen profita de cette baisse de régime pour poursuivre l'attaque, il frappa le premier au niveau de la poitrine avant de décapiter le second d'un seul coup net, envoyant rouler sa tête quelques mètres plus loin. L'homme tomba à genoux avant de s'effondrer, laissant au jarl le libre champ jusqu'à l'édifice sacré.

Alors que son cousin l'encourageait justement à entrer le premier dans l'église, il aperçut Livia, native de ces terres, essayant vainement d'ouvrir la porte. Celle-ci, probablement verrouillée, tenait bon. Ainsi donc, ces maudits cul-terreux n'avaient pas dit leur dernier mot. Avec un cri de rage, Hagen se précipita jusqu'à la porte sur laquelle il asséna un splendide coup de hache. Au contact de la lame, le bois se disloqua, fragilisant cette modeste protection. Mais le verrou ne céda pas pour autant. En tendant l'oreille, on pouvait percevoir des faibles chuchotements, une rengaine sans cesse répétée dont Hagen ne comprenait pas un traitre mot mais il percevait parfaitement l'intention. Ces idiots s'étaient prostrés tout contre la porte et priaient leur dieu. Croyaient-ils vraiment réussir à bloquer l'accès à la chapelle de cette façon ? Ils pouvaient être dix, vingt ou même trente que cela ne servirait à rien. L'un d'eux semblait l'avoir compris. Quelques pas plus loin, Hagen aperçut une silhouette encapuchonné prendre la fuite. Elle peinait à courir, gênée par ses modestes sandales de cuir et sans aucun doute ankylosée par la peur. Mais lorsqu'il aperçut un sac de toile lourdement chargé entre les mains du fuyard, le chef viking n'eut aucune pitié. Le vaurien tentait de s'enfuir avec le trésor ! Il s'empara d'une fourche abandonnée là puis la lança en direction du moine. Celui-ci la reçut entre les deux omoplates et termina sa course le nez dans la boue, inerte. « Que quelqu'un s'occupe de lui. » lança Hagen en adressant un signe de tête en direction de sa victime. « Je suis certain que d'autres richesses nous attendent à l'intérieur. Nous reste plus qu'à entrer pour nous servir. » Un sourire satisfait étira ses lèvres. Une fois cet édifice pillé, ils seraient riches, il n'en démordait pas. Des souvenirs qu'il conservait de ses vieux raids, Hagen savait que ces vieux moines gardaient jalousement tous leurs trésors et les lieux de culte étaient souvent les plus riches d'un village. Ils devaient à tout prix entrer. Ils ne partiraient pas avant d'avoir vidé cette église de tout l'or qu'elle possédait. Il adressa alors un sourire entendu au colosse de l'expédition. Il était temps d'enfoncer cette maudite porte.



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MessageSujet: Re: LES RAIDS ϟ Les pillages (topic commun)   Lun 17 Nov - 17:18


A l'attaque ? La suggestion de Njall me paraît vraiment déplacée et saugrenue ! Comme si nous avions encore le choix, après son intervention aussi surprenante qu'irréfléchie à l'arrière des rangs adverses ! Bref, nous n'avons ni le temps de nous concerter, ni le temps d'ébaucher la moindre stratégie, les Pictes se ruent déjà vers nous ! S'ils étaient plus nombreux, et équipés valablement, nous serions bel et bien dans un pétrin cauchemardesque, par la faute du lettré ! J'espère que Hagen se rappellera de cette initiative désastreuse au moment du partage des richesses, du moins si nous passons entre les mailles du filet et arrivons entiers à l'heure de la répartition du butin !

Le choc est rude. Ces maudits villageois défendent vaillamment leur église, ce qui renforce encore ma conviction : cette bâtisse renferme un joli pactole, sinon ces idiots auraient détalé depuis longtemps pour sauver leur misérable existence de culs-terreux ! A moins que leur foi en leur dieu ne suffise à attiser leur ardeur au combat, mais je me permets d'en douter, même si, je le concède volontiers, le paganisme atavique et guerrier qui caractérise les croyances de notre peuple de fiers vikings expliquerait sans mal que nous réalisions mille prouesses en hommage à nos déités. Surtout après l'épisode du Kraken et la façon dont ils nous ont tirés de ce mauvais pas !

Quoiqu'il en soit, l'heure n'est point à la réflexion. Le premier rustaud qui s'approche de moi a mal calculé son coup. Trop impétueux, trop intrépide, mais surtout trop inexpérimenté. Mon épée balaye la sienne, l'envoie valdinguer et tourbillonner dans les airs, et j'embroche le bougre comme un simple poulet, si profondément que je le coupe presque en deux. Ses entrailles sanguinolentes abreuvent aussitôt sa terre natale. Il aurait mieux fait de ne pas insister. Bref, voilà une affaire rondement menée. Au suivant !

Autour de moi, les lames s'entrechoquent ! Elles cliquettent rageusement ! Inquiet, je cherche Livia du regard. Nos yeux se croisent un bref instant. Ma compagne a rapidement domestiqué son bâton, elle le maîtrise avec fougue et dextérité, et elle détourne habilement la trajectoire d'une fourche qui me prenait pour cible. La suite est plus confuse. Je n'ai pas le temps de l'en remercier, car un de ces bouseux m'oblige à ferrailler furieusement, et mon Anglaise disparaît de mon champ de vision. Ça cogne, ça ahane, ça gesticule, mon adversaire est un combattant valable, mais la puissance de mes coups le contraint peu à peu à plier, puis à battre en retraite, et enfin à s'éclipser à la vitesse d'un équidé pris de panique. Qu'il aille donc se terrer où il le désire, j'ai mieux à faire qu'à le poursuivre.

Entre-temps, les rangs des Pictes se sont clairsemés. Leurs cadavres s'amoncellent. Une tête roule soudain à mes pieds. C'est l’œuvre de Hagen, qui procède à un nettoyage par le vide. Mads est à ses côtés. J'entends soudain notre Jarl aboyer quelques ordres. Il vient à son tour d'empaler un gueux qui s'enfuyait avec un lourd baluchon. Il est facile d'imaginer ce que contient ce sac. Une partie du butin, assurément. Je m'apprête à le ramasser, mais Hagen, d'un sourire entendu, me confie une autre tâche, une tâche qui correspond parfaitement à ma morphologie et à mes compétences. Enfoncer une porte, c'est l'enfance de l'art pour un colosse comme moi. Je me précipite vers l'entrée, d'autant plus que Livia cherche en vain à pénétrer par là. Ma compagne presse l'une de ses mains sur une estafilade qui lui sillonne la hanche, mais elle n'a plus aucun ennemi autour d'elle et s'acharne sur la porte avec une détermination farouche, ce qui me rassure sur son état. Je la rejoins en quelques enjambées rapides, et je l'interroge vivement :
- Tu tiens le coup ? Tu ne souffres pas trop ? Ramasse vite le sac, puis reste près de moi, et surveille mes arrières si tu t'en sens capable !

La porte a déjà été entamée par un solide coup de hache, et l'arme est demeurée fichée dans le bois. Je l'en extrais brutalement, puis je l'abats sauvagement sur le vantail, en son centre. Les panneaux ne résistent guère. Ils se disloquent sous mes coups de boutoir. Les chuchotements que j'ai crus percevoir se sont tus, et je distingue à présent, par les diverses brèches creusées dans le bois, une dizaine de silhouettes qui s'enfuient vers les multiples recoins de la bâtisse.
- Méthode Thorolf ! ... chuchotai-je ensuite à ma compagne, en lui adressant un clin d’œil complice. Et ma botte pulvérise ce qui reste de l'entrée. Je me tourne alors vers Livia, Hagen et les autres. La voie est libre. Les richesses sont à nous.



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MessageSujet: Re: LES RAIDS ϟ Les pillages (topic commun)   Mar 18 Nov - 16:42


Njall savait que son action n’allait pas arranger l’avis de certains sur lui, mais peu lui importait à présent : le combat était engagé, et les siens sauraient se défendre à merveille. Tout en repoussant l’homme qui tentait de le faire chuter, il observa du coin de l’œil ses camarades et fut satisfait de voir que pas un ne faiblissait face à cet assaut prématuré. Du grand jarl au bourreau, en passant par le puissant Thorolf et sa compagne combattant avec la hargne d’une skjaldmæer en devenir… Il n’avait pas à s’en faire, aussi c’est avec une motivation accrue que l’érudit repoussa son adversaire et lui offrit une profonde entaille entre les deux yeux avant de se détourner pour bousculer un autre picte, pour finir par occire un troisième ayant fait l’erreur d’hésiter entre fuir et combattre.

Les paysans n’eurent aucune chance et, ceux-ci réunis avec la poussière, Njall prit le temps d’observer l’évolution de la situation et retint un rire lorsqu’une fourche vola pour stopper net un fuyard, apparemment désireux de faire s’échapper le plus de trésors possibles aux mains des vikings. Une imprudence qui lui valu une vie écourtée, et déjà d’autres que lui allaient vite prendre soin de ce butin. L’attention principale se dirigeait à présent sur la solide porte de l’église, sur laquelle beaucoup s’étaient échinés en vain. Beaucoup, certes, mais personne n’égalant en force le puissant Thorolf, qui se fit visiblement une joie d’offrir au lieu de culte une journée « portes ouvertes » improvisée. Après quelques frénétiques coups de hache le bois vola peu à peu en éclats, les craquements résonnèrent et, enfin, un ultime coup de botte vint achever l’affaire. Njall demeura un instant, retenant un petit sifflement d’appréciation : il avait beau préférer les arcanes de l’esprit, il savait reconnaître et apprécier une force brute, en particulier celle venant de ses compatriotes. Jusqu’à aujourd’hui, il n’avait jamais eu l’occasion de rencontrer un peuple pouvant rivaliser avec cette puissance et cette pensée, pourtant simpliste, le galvanisait. Mais après tout, quelle honte y avait-il à apprécier un aussi beau moment de convivialité ? Juste lui, eux, le sang, les flammes. Un magnifique tableau.

L’érudit aurait voulu s’élancer directement à l’intérieur mais, après sa précédente perfidie, il valait mieux faire profil bas. Aussi laissa-t-il passer quelques personnes avant d’entrer à son tour, avec néanmoins un empressement certain. À l’intérieur, quelques retardataires disparaissent vers le moindre recoin pouvant servir de cachette, bien que certains semblaient considérer qu’un simple banc suffirait à les soustraire à la vue des assaillants. Pitoyable. Njall demeurait toujours surpris du manque de combativité des prêtres dédiés au Dieu Unique. Pourtant, combattre au nom d’une divinité n’était-il pas la plus belle manière de lui rendre hommage ?

"Le temps des prières est terminée !" lança-t-il dans la langue locale tout en délogeant un religieux prostré près de l’autel au fond de l’église. "Il y a souvent des cachettes ici" lança-t-il à ses compagnons tout en tapant du pied le plancher, ce dernier sonnant creux.

À première vue, peu de richesses : sans doute les occupants avaient-ils eu le temps de toutes les cacher, aussi le sol devait être riche de promesses. Mais les siens s’occuperaient à merveille de cela, aussi Njall se dirigea aussitôt vers l’annexe, dans laquelle l’attendait un autre prêtre, brandissant dans sa main un pendentif argenté représentant une croix. Au premier coup d’œil, un objet de valeur tout à fait désirable.

"Vous osez souiller ce lieu sacré de vos…"

L’érudit aurait put louer le courage de l’homme le confrontant ainsi mais, au lieu de cela, il se contenta de le mettre à terre d’une rapide attaque contondante à la tempe pour ensuite ramasser le pendentif, bien plus intéressant que celui trouvé plus tôt dans une des maisons. Et ce qui avait plus d’intérêt encore était la salle qui se déroulait devant lui, une longue pièce où s’alignaient une dizaine d’écritoires, chacun contenant des dizaines de parchemins vierges ou déjà noircis ainsi que les nécessaires d’écriture adéquats. Plus loin, une autre pièce devait donner sur les dortoirs, mais l’attention de Njall était entièrement tournée vers cet endroit. En premier lieu, les encres, plumes et parchemins vierges lui seraient d’une grande utilité, même s’il lui fallait encore trouver un moyen de préservation efficace étant donné le rude climat de Tromsø. En second lieu, certains écrits semblaient intéressants et les enluminures ainsi que les lettrines, bien que leur utilité lui échappait, étaient de vrais bijoux visuels. Mais tout cela ne demeurait que des travaux inachevés, l’érudit trouva son bonheur en poursuivant sa fouille, tombant ainsi sur plusieurs codex protégés par des couvertures de bois et de cuir. Il avait entendu parler d’ouvrages précieux en argent, mais il s’estimait déjà heureux de trouver ces modestes trésors de papier.

"Kvasir, je ne sais si je te dois la bonne fortune de ces découvertes…" murmura-t-il à l’adresse du maître de la sagesse. "Mais je te remercie de ces magnifiques présents…"

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MessageSujet: Re: LES RAIDS ϟ Les pillages (topic commun)   Mer 19 Nov - 17:12


Je suis en colère. Très en colère. J'enrage de m'être fait avoir aussi bêtement. Fort heureusement cette coupure bien que douloureuse n'est pas bien grave. Sur le cuir de mon armure, fleurit une auréole grenat, qui alerte Thorolf, alors que j'espérais lui dissimuler ma bévue, au moins jusqu'à notre retour au campement, où les onguents de notre guérisseuse seront les bienvenus. Je lui souris, me voulant rassurante, constatant aussi que chacun de nous affiche les stigmates sanglantes de ce combat, plutôt rude en fin de compte. Les paysans ont chèrement défendu leur église, mais ils y ont perdu la vie.
Et puis cette maudite porte que je secoue vainement achève de m'exaspérer. Notre Jarl, à qui j'espérais faire bonne impression en lui facilitant l'entrée dans cette église, n'a guère plus de réussite que moi malgré sa hache au tranchant acéré. Les lourds battants sont fragilisés, mais restent clos, nous barrant la route vers les trésors tant espérés.

Soudain Hagen se rue sur une fourche abandonnée par l'un des villageois, et la lance vers un moine qui jaillit de nulle part. Le fuyard est empêtré dans sa robe de bure, et court maladroitement, embarrassé par un gros sac qu'il tient fermement contre lui. Notre chef a l'oeil, l'homme est fauché dans sa tentative de fuite par l'arme improvisée qui se fiche dans son dos, le clouant au sol. Définitivement. À l'injonction de Hagen, sur les conseils de Thorolf, je me porte volontaire pour récupérer ce que transportait le moine, pendant que mon compagnon, de sa méthode peu orthodoxe mais fort efficace, anéantit la porte branlante de la bâtisse.
Le ballot est lourd, ce qui est de bon augure quant à la valeur de ce qu'il contient. J'ose y jeter un œil en pénétrant dans l'église, et les lueurs flavescentes du soleil qui se glissent paresseusement par les hautes ouvertures, révèlent chandeliers d'argent étincelants, patènes, bénitier et goupillon, ciboires d'or et de pierreries, plusieurs crucifix dont certains pendus à une chaîne finement ciselée. Et ce n'est que le dessus du sac …
Ravie de mon butin, je prends conscience de l'endroit où je me trouve, des cris, des suppliques qui s'échappent des lèvres des moines, des femmes et des enfants qui se cachent derrière eux, contre les murs des bas-côtés de l'église. La terreur, l'incompréhension se conjuguent sur leurs visages livides. Nous bafouons sans vergogne le sanctuaire de leur Dieu unique qui était le mien, il n'y a pas si longtemps. Je ne ressens aucune honte, aucun remords : où était-il lorsque les caprices du Destin m'ont offerte aux Vikings ? Avec le recul, je devrais peut-être le remercier de m'avoir conduit jusqu'à eux, de m'avoir donné une nouvelle vie, bien plus palpitante que celle qui m'était promise ...
J'abandonne les pauvres hères à leurs prières à un Dieu qui ne les sauvera pas plus qu'il ne m'a sauvée, lorsque je l'en ai prié avec ferveur. Dans leur langue qui n'est plus la mienne, je leur conseille vivement de se tenir tranquilles, s'ils tiennent à quitter les lieux, vivants.

Du regard, je cherche mes compagnons, l'érudit s'est empressé de disparaître à la recherche de manuscrits, je présume, et je ne vois pas le Jarl, ni son cousin qui ont sans doute trouvé de quoi satisfaire leur quête de richesses plus loin. Enfin, je repère Thorolf qui fouille l'autel de fond en comble, extirpant des objets des profondeurs d'un réduit dissimulé à l'arrière. Jetant un dernier coup d'oeil vers la porte, pour m'assurer que nous sommes seuls à dépouiller les moines de leurs trésors, je remonte la nef pour le rejoindre, pour lui dévoiler mon aubaine.

- Thorolf, Thorolf ! Toi regarder mon sac ! Enfin butin intéressant ! Montrer à Hagen ! Et toi trouvailles ? Nous remercier les Dieux, beaucoup choses ici pour village et pour nous ! Dépêcher avant autres Vikings arriver, tout prendre ! lui dis-je enthousiaste, raflant tout ce qui me paraît avoir de la valeur sur l'autel, pour l'ajouter à mon bagage déjà lourd, mais pour rien au monde je ne m'en plaindrais. Nous avons trouvé ce pourquoi nous avons bravé le Kraken et l'océan.
- Faut prendre aussi dans petites chapelles derrière et voir dans sacristie, curé ranger objets pour ... pour ... cérémonies … Où Hagen et Mads ? Peut-être plus avant dans monastère ?


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MessageSujet: Re: LES RAIDS ϟ Les pillages (topic commun)   Jeu 20 Nov - 23:34

Ils étaient victorieux. Leur puissance de frappe, les stratégies d’Hagen et des membres du Thing avaient prouvé une nouvelle fois qu’ils étaient destinés à s’emparer de ce village. Les Dieux étaient de leur côté, il remercia Germisi de leur offrir tant de richesses, que les villageois auraient dû mieux protéger selon lui. Mads avait bien fait de décider d’accompagner cette troupe de viking lors du premier raid officiel, il espérait que le reste de leur voyage sur cette terre serait aussi payant. Ils combattaient avec les derniers protecteurs du village, mais ces derniers ne restèrent pas en vie encore plus longtemps. L’attaque de Njall par-derrière les avait surpris, c’était un coup bas et particulièrement le genre que Mads aurait fait s’il avait été en sa position. Désormais, la voie était libre. Ils faisaient tous face au grand monument, lui faisant penser à une citadelle, l’étendard qui servait à protéger les derniers villageois vivants. De ses quelques conversations avec Njall, conjuguée avec ce qu’il voyait jusqu’à présent, il se rendait compte que les natifs de cette terre étaient aussi très pieux. Ils n’avaient jamais eu la chance d’apercevoir un tel monument avant aujourd’hui, au moment où ils faisaient des raids dans sa jeunesse ils allaient plutôt vers le meridonal qu’au nord-est. Il avait l’impression de découvrir un nouveau monde, et il s’avérait que ce monde était plus civilisé, mais par le fait même, mille fois plus faibles que les Vikings. Il dut ranger son arc dans son dos, sachant qu’elle ne lui servirait plus à grand-chose pour moment et s’empara de sa hache à deux bouts. Livia n’eut pas de chance avec la grande porte de bois, mais heureusement il y avait ces moments où les gens comme Thorolf étaient faits. Un sourire satisfait éclaira le visage du Bourreau alors qu’il observa cette dite porte éclater en morceau sous les coups de haches du molosse. Ce qui était caché à l’intérieur de cette étrange citadelle devait valoir pour beaucoup. Lorsqu’il entra, il fut impressionné par l’austérité des lieux. Au fond, les derniers vivants du village étaient entassés, c’était donc le fardeau de Mads de s’occuper de ces pauvres gens. Il pouvait sentir le regard de Livia dans son dos, il sut aussitôt qu’il devait être à la hauteur de leurs attentes. Hagen était près de lui, Njall quant à lui s’était penché sur des pauvres livres. Pathétique ! Roucoulant presque devant le plaisir, il s’approcha de deux jeunes gaillards qui étaient vêtus d’une étrange cloque brunâtre. Il ouvrit les bras, un sourire carnassier à en faire frissonner plus d’un. « Allez, calmez-vous, on est ici pour se faire des câlins! » Il avait conscience que ses paroles sonneraient fausses de la part des villageois. Il ne comprenait pas un mot de ce qu’ils marmonnaient, il en était de même pour lui. « Bon d’accord, je suis un mauvais menteur! » Lâcha-t-il, en envoyant un dernier regard vers le Jarl. Quand il se tourna vers le groupe de démunis, il enfonça sa hache dans le crâne d’un des deux garçons, faisant sursauter l’autre. Il cria. Le premier, mais rapidement tous les autres firent de même, tous hystériques et épris d’une poussée d’adrénaline qu’ils comptaient se servir pour ne pas finir comme l’autre moine. Le Viking observa les gens s’éparpiller, ce qui lui rendait la tâche incroyablement plus intéressante qu’il le souhaitait. En deux ou trois enjambées, il rattrapa l’autre moine, lui assénant un coup de coude au visage. Il se tint le nez en s’écroulant, observant son bourreau. « Où cachez vous votre or, Dis le moi! » Il hurlait presque, terrorisant davantage le jeune homme. Grognant, il sortit de son sac des pièces d’or qu’il avait récupéré dans une maison voisine en la mettant en face du pauvre homme. « Or! TOUT DE SUITE! » La folie pouvait se lire dans ses traits, le moine crut sans doute que c’était le seul moyen de ne pas finir avec deux bras en moins. Il se leva et fit signe à Mads de le suivre jusque dans une pièce un peu derrière. Il la défonça d’un coup de pied et ria à gorge déployée en découvrant un coffre. D’un coup de sa hache, le loquet s’ouvrir et il trouva l’or, celui qui avait sans doute été donné à ce Dieu étrange. Heureusement que Mads ne priait pas pour lui! L’or brillait telle une hallucination, mais il plongea la main pour en tâter les pièces. « Hagen! J’ai trouvé le paquet d’or! » Jubila-t-il, attendant la venue du Jarl. Il commença à mettre les pièces dans son sac, sachant déjà que ses autres compagnons avaient sans doute déjà trouvé leur butin eux aussi. On pouvait dire que cette expédition avait été fructueuse!



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MessageSujet: Re: LES RAIDS ϟ Les pillages (topic commun)   Dim 23 Nov - 23:11

L'huis ne mit guère de temps à céder face à l'imposante carrure de Thorolf. Bois et gonds volèrent avec fracas laissant entrevoir un lieu sombre et austère qui promettait pourtant bien des richesses. Hagen perçut des cris et des pas précipités, synonymes de la fuite des moines du monastère. Sans attendre, il reprit sa hache en main, prêt à recevoir les plus téméraires d'entre eux. Mais tous s'étaient déjà agglutinés dans le fond de la pièce, pétrifiés d'angoisse. Le jarl perçut alors un regard mauvais et un rictus euphorique sur le visage de son bourreau de cousin. Il laisserait donc volontiers cette besogne à Mads. Tandis que celui-ci martyrisait les malheureux, Hagen s'enfonça dans ce lieu inconnu où il comprit bien vite que l'austérité des murs n'était qu'une apparence. Coupes en or, chapelets finement ciselés, pièces d'or, tout scintillait et donnait le vertige eu jeune jarl. Ils étaient saufs, ils allaient rentrer à Tromso les drakkars croulant sous les richesses, l'honneur était sauf et bien plus encore. Et il n'était pas au bout de ses surprises ! Soudain, il aperçut son cousin s'éclipser dans une pièce adjacente qu'un moine lui avait indiqué d'une main tremblante. L'instant d'après le bourreau le hélait, lui annonçant un merveilleux butin. Hagen ne se fit pas prier pour le rejoindre et lorsqu'il découvrit ce pourquoi on venait de l'appeler il n'en crut pas ses yeux. « Nous sommes riches, par Odin, NOUS SOMMES RICHES ! » éructa-t-il, totalement euphorique. Il ne pouvait détacher son regard du coffre dégueulant de pièces d'or. Son sourire s'élargissait, un rire nerveux le secouait et les larmes lui venaient aux yeux. Les voilà riches. Les tourments de l'année passée seraient bientôt relégués au rang de souvenirs. Il enlaça son cousin à qui il donna de grandes tapes dans le dos, continuant de rire de façon exaltée. « Riches...riches... » ne cessait-il de répéter.

Pourtant il savait que leurs jolies trouvailles ne leur appartiendrait plus pleinement sitôt Finnr et les siens au courant de cette découverte. Hagen était un homme juste et honnête mais à cet instant il regrettait amèrement l'arrangement établi entre les deux clans. Ils avaient pris des risques en s'attaquant seuls à l'édifice le mieux gardé du village. Ce trésor ne devrait revenir qu'à Tromso. C'était rageant de se dire qu'il faudrait se séparer de la moitié de tout ceci. Il lança alors un regard à ses compagnons d'armes, il fallait agir et vite. « Ce coffre est à nous. Il faut l'emmener jusqu'aux drakkars avant que les hommes de Finnr ne s'en aperçoivent. » Il pointa Thorolf et Mads du doigt. « Je vous laisse le soin de ramener cet or en lieu sûr. Le temps pour nous de rassembler le reste du butin avant de quitter la ville. » Des éclats de voix se firent bientôt entendre à l'extérieur de l'église. Ne sachant s'il s'agissait de ses hommes ou non, le jarl indiqua aux autres de garder le silence. « Activez-vous. C'est un ordre. » leur lança-t-il avant de s'éloigner vers les vestiges de la porte. Lorsqu'il reconnut la silhouette du jarl Finnr, Hagen comprit qu'il devait à tout prix gagner du temps afin que ses compagnons atteignent le campement sans encombres. Il refusait que cet or tombe entre les mains des guerriers de Geirstad. « Du nouveau, Hagen de Tromso ? » Le jeune homme adressa au vieux Finnr un sourire satisfait accompagné d'un léger haussement d'épaules. « Quelques belles pièces gardés jalousement par une poignée de moines apeurés. Mais rien de plus probant qu'ailleurs, je le crains. Ce fut une expédition fort lucrative cependant. Où en sont tes hommes ? » Son "allié" lui exposa alors les trouvailles des siens. Hagen se doutait qu'eux-mêmes chercheraient à s'accaparer quelques pièces du butin mais il savait pertinemment qu'aucun trésor ne pourrait rivaliser avec ce que possédait cette église. Estimant que ses deux gaillards avaient du prendre assez d'avance, il eut un nouveau rictus satisfait. « Il est peut-être temps pour nous de mettre un terme à cette excursion. » Devant acquiescement du second jarl, Hagen héla ses compagnons d'armes. « Prenez les sacs, mes amis. Nous rentrons. »



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MessageSujet: Re: LES RAIDS ϟ Les pillages (topic commun)   Lun 24 Nov - 17:19


Envolé, le cuisant souvenir de nos échecs passés ! Oubliés, les raids stériles des saisons précédentes ! Effacés, les masques dépités, les faciès moroses, les drakkars débordant d'amertume et non point de l'or convoité ! Aujourd'hui, ce sont bel et bien des explosions de joie qui se succèdent dans la bâtisse ! Aujourd'hui, nous triomphons ! Gloire à nos dieux, gloire à notre Jarl, qui nous ont guidés jusqu'à ce hameau, qui ne payait pas de mine, mais qui nous réservait de si délicieuses surprises entre ses murs gris et tristes.

Livia m'a rejoint, alors que je fouillais consciencieusement cet autel érigé en l'honneur de ce dieu incapable de protéger son troupeau. Ma coccinelle n'est pas la moins enthousiaste. Elle jubile en agitant, sous mes yeux ravis, chandeliers, crucifix et ciboires rehaussés de pierreries. Voilà de bien jolies prises, voilà une aventure qui marquera à jamais nos mémoires, une aventure qui n'aura pas manqué de piment, entre ce terrifiant Kraken, nos déités si secourables, ces Suédois aux mines farouches, et ces trésors aussi scintillants que le soleil lorsqu'il se mire dans l'eau des fontaines. Si je ne suis point un lettré, comme Njall, j'aime toutefois tirer quelques leçons de nos incursions en terre étrangère, et je retiendrai surtout celle-ci, en plus de notre victoire sur les Pictes : Livia a totalement répondu à mes attentes, elle a tracé un trait sur son existence à York, parmi les soubrettes, les dames de compagnie, les duègnes et les beaux messieurs à redingotes, perruques poudrées et brodequins cirés. Elle est à présent des nôtres et je suis tout particulièrement fier d'elle.

Un nouveau cri rauque retentit soudain non loin de nous, un cri où se mêlent une vive satisfaction et l'excitation la plus fébrile. C'est Mads ! Ma langoustine et moi nous nous précipitons dans sa direction, et nous pénétrons vivement dans un réduit exigu à l'instant précis où notre Jarl et son cousin le bourreau se congratulent joyeusement. Sapristi, ils ont découvert un nouveau pactole, et notre butin est désormais considérable ! De quoi faire des envieux, sans aucun doute. Et les rapaces auxquels je pense ne sont probablement pas loin. Ils doivent errer dans les ruelles, et peut-être cherchent-ils à savoir où nous sommes et ce que nous avons ramassé ?

Apparemment, les pensées de Hagen ont suivi le même cheminement que les miennes. Lui aussi se méfie de nos prétendus alliés, de leur appétit féroce et de leurs éventuelles exigences. Et je hoche la tête d'un air entendu lorsqu'il nous ordonne de prendre la poudre d'escampette avec le magot. Moins ils en verront, moins ils nous enquiquineront. C'est l'évidence même.
- On y va, Mads ? On le prend à deux ce coffre ? Et on s'éclipse en douce jusqu'aux drakkars. Livia, accompagne-nous avec le sac que tu as récupéré. J'en serais malade si nous devions partager tout ça avec les Suédois. Allez, hop, direction le campement, les amis !

En trois coups de cuillère à pot, nous nous glissons à l'extérieur de l'édifice, par une porte dérobée, et nous nous précipitons dans la première venelle menant vers le campement. Il était grand temps, car les braillements, aisément reconnaissables, de nos chers amis Suédois retentissent déjà à proximité immédiate de l'église. Nous nous collons à la muraille la plus proche, et nous tendons l'oreille. La bâtisse nous empêche d'assister à la scène, mais j'identifie la voix de Hagen et celle de l'autre Jarl. Ça discutaille, sans doute sur le parvis, près de l'entrée que j'ai défoncée, mais j'ai du mal à distinguer le sens de leurs propos. Qu'importe ! Cette conversation est la bienvenue car elle nous donne l'opportunité de disparaître séance tenante sans crainte d'inopportunes rencontres.
- Filons sans tarder, et planquons tout ça dans un des drakkars ! Les Suédois n'oseront jamais grimper à bord sans notre accord ! Et d'ailleurs je pense qu'il est préférable que nous y montions la garde jusqu'au départ ! ... suggérai-je en dévisageant alternativement bourreau et crevette d'eau douce.



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MessageSujet: Re: LES RAIDS ϟ Les pillages (topic commun)   Lun 24 Nov - 19:26


Quelques codex, des parchemins, de l’encre et quelques rares pièces… Si ce butin satisfaisait plutôt Njall, il espérait que ses camardes avaient trouvé des trésors matériels à la valeur bien plus évidente. L’érudit traversa la pièce et jeta un œil dans ce qui semblait être un bureau isolé. Peut-être une cachette potentielle ? Mais en fouillant rien de tel, néanmoins un tas de petits parchemins soigneusement rangé dans un coffret attira son regard. À la première lecture, cela semblait être une correspondance entre l’un des responsables de ce lieu de culte avec un autre… Pas le temps de les lire ici, il les embarqua aussitôt : peut-être y trouverait-il quelques informations intéressantes sur les affaires de ce royaume ? Avec les données contenues dans les codex en prime, il avait beaucoup à décortiquer à son retour, pour son plus grand plaisir.

Revenant au pas de course dans la salle principale, il eut le temps d’entendre la voix du jarl, visiblement fort enjoué. S’approchant, il vit de loin l’objet de tant d’engouement : un coffre, au contenu aisément imaginable étant donnée la réaction de ses camarades. Njall se sentit soudain plus détendu : les siens avaient autant trouvé leur compte que lui dans ce raid, pouvait-on souhaiter plus bonne fortune que cela ? Certes, l’érudit demeurait toujours perçu comme un marginal, et même lui ne se sentait pas totalement comme « intégré » au village, mais au fil des raids et des hivers passants, il sentait son attachement à Tromsø croitre. Croitre assez pour considérer ce lieu comme sa dernière demeure avant, il l’espérait, le Valhalla ? Peut-être pas encore, mais qui pouvait prédire ce que les prochaines années amèneraient ?

Mais l’heure n’était pas aux pensées divergentes, car les suédois arrivaient et, comme tout à chacun, Njall n’avait que peu de sympathie pour leurs « alliés ». Un léger sourire passa sur ses lèvres en observant Hagen ordonner à Mads, Thorolf et Livia d’emporter ce trésor loin des regards envieux. L’érudit les laissa partir et sortit sur le perron de l’église, tandis que le jarl rencontrait son homologue suédois et endormait sa vigilance de quelques bonnes paroles. Il devait l’avouer, le jeune chef savait s’y prendre. À son ordre, il resserra sa prise sur le sac qu’il transportait et dont il devait être le seul à voir l’intérêt : certains transportaient leur poids en argent, lui se contentait du sien en « vulgaire papier », comme les ignorants pouvaient appeler les précieux documents récupérés ici.

En repartant vers la colline, Njall prit le temps de s’arrêter et contempla l’œuvre des scandinaves. Les flammes dévorantes, la fumée s’élevant vers les cieux, la terre rendue vermeille, les derniers cris et suppliques des villageois encore présents. Il gouta un instant cette vision et murmura :

"Une bien belle contrée que voilà…"

Il se détourna et reprit sa marche aux côtés des autres guerriers, prêts à retrouver leur campement, puis leur navire, et enfin les flots qu’il espérait, cette fois-ci, plus calmes. Il était temps de rentrer à la maison, retrouver la chaleur de sa petite mansarde. Beaucoup de travail l’y attendait, car aucun repos n’était destiné pour l’esprit affamé.

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MessageSujet: Re: LES RAIDS ϟ Les pillages (topic commun)   Mer 26 Nov - 17:04


Il est évident que les Vikings ne sont pas reconnus pour pratiquer assidûment l'onanisme intellectuel, ils foncent et réfléchissent après. Mads en est l'exemple parfait, alors que je venais de dire aux villageois de se tenir tranquilles, il décide de les tuer un à un alors qu'ils auraient pu faire de bons thraeller. Heureusement qu'il n'accompagnait pas le groupe qui m'a ramenée, je ne serais plus de ce monde … Il porte bien son surnom, malgré tout, j'ai encore du mal avec cette cruauté et cette violence qui, pour moi, n'apportent rien au pillage du village. Je me détourne de cette vision horrible, je ne veux pas qu'elle grignote la joie de la découverte de ce trésor qui nous tend les bras. Enfin une bonne nouvelle pour Tromsø, pour notre communauté !

L'autel est vivement débarrassé de tous les objets de valeur qui le parent, et mon sac continue de se remplir à vue d'oeil. Les sourires qui s'affichent franchement sur les visages de mes compagnons, leurs cris de joie qui résonnent dans le silence sépulcral de l'église, sont annonciateurs d'autres trouvailles qui me réjouissent. Mais un écueil de taille se profile, nos alliés provisoires, les suédois, ces parasites qui risquent de réclamer une part de notre butin. Cette alliance entre nos deux peuples me laisse mi-figue, mi-raisin, je ne connais pas trop les usages, ni les accords passés entre les deux Jarl, mais je sais que je n'ai pas envie de partager, pas après cette année désastreuse, cette traversée épique, pas après tous ces malheurs qui se sont abattus sur notre village. J'essaie de trouver les mots adéquats pour en parler à Thorolf, mais mon vocabulaire n'est pas assez encore nuancé, subtil. Je ne veux pas le froisser, ni mettre à mal la confiance totale qu'il a en Hagen.

Un cri de joie éclate soudain et nous attire dans la sacristie, où dans une alcôve Mads est tombé sur un coffre rempli d'or. Trésor du monastère ou collecte de taxes, peu importe, il est à nous ! Et je sens bien à la joie sauvage de mes compagnons que cette prise est inespérée, providentielle. Aux ordres de notre Jarl, je comprends qu'il est déterminé à dissimuler ce butin à nos alliés. Je m'en réjouis, et je réalise que cette alliance entre Suédois et Norvégiens est une supercherie, une union adultère, les tromperies y sont certainement réciproques. Mais aussitôt Thorolf et Mads soulèvent le lourd coffre et empruntent une sortie dérobée à la jonction de l'église et du monastère dont ils longent prudemment l'ombre des murs. Je les suis, croulant sous mon sac de toile ventru comme le seront les cales de nos drakkars après ce raid. Mais avant de passer la porte, je jette un dernier regard en arrière pour apercevoir Hagen qui remonte l'allée centrale. Njall a réapparu, chargé de rouleaux et de parchemins, mais je ne m'attarde pas, je sais qu'ils n'ont plus besoin de nous pour détourner l'attention de nos « amis ».

Traverser les bois, gravir la colline, nous laissons derrière nous la fumée fuligineuse et âcre de la destruction, des ruines jonchées des cadavres de ses habitants imprudents. Je comprends en respirant un air débarrassé de scories et d'odeurs nauséabondes, combien l'atmosphère était viciée au cœur des maisons. Nous atteignons sans heurts nos langskip, Thorolf nous guide jusqu'au Þórgísl, où nous camouflons notre butin. Je n'ai plus qu'une idée en tête : me reposer, je suis si fatiguée, épuisée. L'excitation des combats et du pillage est retombée, la douleur s'est réveillée et me vrille la hanche. J'entends à peine mon géant proposer de monter la garde, mes jambes ne me portent plus, je me laisse mollement glisser contre le bordage et ferme les yeux ...


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MessageSujet: Re: LES RAIDS ϟ Les pillages (topic commun)   Dim 30 Nov - 5:22

Un sourire béat déformait ses traits, du genre que les hommes font lorsqu’ils atteignent le coït . Pour Mads qui n’avait jamais eu de réelles amantes ni même de femmes auxquelles il s’intéressait, la guerre et la richesse représentaient ce qui le faisait vivre. Parfois, on pourrait se demander ce qui intéressait réellement le viking en ce qui concernait les relations. Il n’avait pas beaucoup d’amis au village, autant des hommes que des femmes, mais en général on l’associait comme une figure pratiquement asexuelle. C’était faux, bien sûr que le Bourreau n’était plus puceau, mais il fallait avouer que ses aventures n’étaient pas très glorieuses et représentait quelque chose qu’il voulait tout simplement éviter. Ainsi, de retrouver un tel butin, de l’or à s’en jeter par-dessus la tête, il se sentait comme un ours devant une migration de saumon. Lorsque son cousin arriva dans la petite salle recluse, Mads lui montra tout l’or et sa réaction ne fit qu’enjouer davantage le guerrier. « Oui! Enfin! » Concéda-t-il à la suite d’Hagen, ils avaient vraiment bien faits d’attaquer ce village. Ils revinrent dans la partie principale de la bâtisse. Fébrile, il observa un peu aux alentours et son regard s’arrêta à ses pieds, entouré de ce liquide écarlate. Un bouquet de fleurs avait été piétiné, couvert de sang. L’odeur lui chatouillait les narines, celle qu’il sentait pratiquement chaque jour depuis cinq ans. Heureusement, le Jarl pris parole et il dut lever la tête pour lui redonner son attention. Il avait raison, ils devraient séparer une trop grande partie du butin avec les hommes de Geirstad, ils devaient se garder le coffre. «Avec plaisir, cousin! » Il se rapproche de l’or, ses yeux brillant probablement autant que les pièces sous ses prunelles. Il prend une des poignées du coffre et répond avec contentement : « Allons-y, ils ne mettront pas la main là-dessus! » Ils agrippent l’or et se dirigent vers l’extérieur, mais le brun remarque aussitôt l’arrivée de l’autre Jarl. Grognant, ils bifurquent de justesse et arrivent à trouver une autre sortie. Ils n’auront pas leur or! « Bonne idée. » Répond-il à Thorolf, ils doivent maintenant se rendre jusqu’aux bateaux! Ils s’en vont donc tranquillement vers le bord de l’eau, le Bourreau n’accordant aucun regard vers le village en flamme. Il n’aurait jamais pu mieux rêvé, il avait l’impression d’avoir montré à nouveau sa force de combat. Comme s’il pouvait davantage avoir confiance en lui, ce qu’on lui avait enlevé depuis si longtemps maintenant depuis qu’il était devenu le Bourreau, le Monstre. Il montrait au moins à tous que ses techniques de combats étaient favorables ainsi que ses stratégies partagées avec celles d’Hagen qui leur avait permis de partir avec ce fameux butin. Ils déposèrent le coffre dans un des Drakkar et Mads s’essuya les mains avec contenance. « Ce fut une excellente journée! » Il en profita pour sortir de la poche de sa veste un bout de fromage qu’il avait récolté dans une des maisons. Il avait faim après avoir tué autant d’innocents! Il salua ses amis guerriers, décidant de rejoindre les autres guerriers pour festoyer un peu, il n’était absolument pas fatigué. Ils partiraient déjà demain, retourner à la maison avec tout ce butin. Ils seraient acclamés! Il évita de croiser le regard d’une guerrière de l’autre campement qui le regardait avec tendresse, frissonnant déjà de dégoût.



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MessageSujet: Re: LES RAIDS ϟ Les pillages (topic commun)   Lun 1 Déc - 14:11


Me voilà seul pour monter la garde sur notre or et nos bibelots sacrés, car Mads a préféré se joindre au reste du groupe, sur le plancher des vaches, et Livia s'est assoupie quelques instants à peine après notre embarquement sur le Þórgísl. Ma compagne est épuisée par notre laborieux périple et par la sauvagerie de nos combats, ce que je puis aisément comprendre. On le serait à moins. Mais elle est brave, elle s'habituera à une existence constellée de fureur et de sang, et à cet état de belligérance quasi permanent que nous imposent notre isolement au septentrion, la rigueur de nos conditions de vie, et ce besoin récurrent d'aller grappiller chez nos voisins quelques ressources supplémentaires. Il n'y a rien d'illogique à de telles pratiques, à ce que je sache ! Et en ce qui me concerne, je ne ressens en tout cas aucune honte, aucun avilissement, à user de tels procédés ! Ma crevette n'est certes pas issue d'une lignée de barbares, mais elle s'acclimatera à notre mode de vie, je le sens, je le sais, j'ai toute confiance en ses capacités.

Notre amarrage est sûr, à bonne distance des drakkars suédois, et notre butin est parfaitement dissimulé dans l'épaisseur de l'étrave, en forme de dragon à la gueule béante, mais je me sens soudain confusément inquiet. Tout est calme, nous sommes loin de l'église, loin du théâtre des combats, mais j'ai cru distinguer quelques bruits de pas, discrets et furtifs, sur la terre battue du rivage. Je me dirige aussitôt vers la proue, immobilisée dans l'humus détrempé de la berge, et je me dresse de toute ma hauteur, la main posée sur la poignée de mon épée. Deux Suédois sont arrêtés à une vingtaine de pas du Þórgísl et chuchotent à mots couverts en observant nos embarcations. Ont-ils l'intention de chercher à nous nuire, ou bien sont-ils simplement admiratifs devant le galbe joliment fuselé de nos langskip ? Suis-je exagérément méfiant ? Prendrais-je des vessies pour des lanternes ? Je ne le saurai jamais, bien entendu, car ma présence et mes regards soupçonneux les embarrassent indubitablement et les deux zigotos préfèrent s'éloigner sans m'adresser la parole, mais aussi sans se presser, incarnations vivantes de la plus candide des innocences. Cela me convient très bien. Bon vent !

Rasséréné, je retourne sur le pont, auprès de ma langoustine endormie. La saison des raids coïncide avec le retour de l'été, mais le nord de l’Écosse ne bénéficie pas de chaleurs accablantes, loin s'en faut. Si le village n'est plus qu'un brasier géant, un vent frais s'immisce à travers les balustres de bois du bordage et court partout, vif et espiègle, et les longs cheveux de Livia ondulent sous son souffle perçant. Le tableau serait charmant sans les frissons qui lui couvrent la peau et sans sa blessure, qui me parait bénigne lorsque je l'examine un peu plus attentivement, mais qu'il faudra impérativement soigner lorsque ma compagne se réveillera. Je déniche une couverture traînant sur le pont, je m'installe tout contre ma brindille, et je nous enfouis tous deux sous le tissu épais et rêche, tout en m'efforçant de ne pas la réveiller. Voilà, c'est parfait. Du bout des doigts, je fais pivoter lentement son visage et je le pose contre mon épaule. La nuit va bientôt nous envelopper de sa noire houppelande, nos compagnons vont sans doute rentrer au bercail, et demain, dès l'aube, nous reprendrons notre longue course vers l'horizon fuyant, en espérant, cette fois, que confusion, destruction et épouvante ne seront plus au rendez-vous.



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