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Rumeurs
- Var a tourné le dos à son roi. Il parait que la déesse des Pactes préfère aujourd'hui les grosses faveurs de Frey !

- On dit que depuis que Tyr a pris les fonctions de son frère aîné, personne n'aurait encore osé lui proposer un coup de main .

- A Tromsø, on hésite à dire si la petite Brynja est maudite ou chanceuse, car après avoir manqué de se faire brûler vive par un dragon, elle a manqué par deux fois la noyade, dont une durant les raids !



 
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 LA PROPHÉTIE ϟ La Bataille des Cinq Armées

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queens of fate

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MessageSujet: LA PROPHÉTIE ϟ La Bataille des Cinq Armées    Mer 29 Oct - 14:29


la bataille finale
la bataille des cinq armées

Ils sont dix-mille à se tenir droits, fiers et silencieux. Ils sont dix-mille, et ils sont prêts. L'éclat doré des armures asgardiennes est perceptible à plusieurs lieues, aveuglant. L'armée d'Asgard ne semble être qu'une mer d'or compacte qui ondoie à peine. Le silence domine, à peine perturbé par les bannières qui claquent au vent et les hennissements nerveux des montures. Aux premières lueurs du jour, les Ases accompagnés de leurs alliés ont fait route jusqu'à la plaine de Nornheim, là ou aura lieu l'affrontement qui déterminera l'avenir des neuf branches d'Yggdrasil. C'est il y a trois millénaires de cela que l'armée des Ases s'est déplacée pour la dernière fois, et les Vanes n'ont sans doute pas oublié leur défaite cuisante associée de leur capitulation ce jour là. Odin ne doute en rien de l'issu de cet affrontement ; Asgard sera une fois de plus victorieuse. Est-ce la raison pour laquelle le souverain disparut avant même l'arrivée de leurs ennemis, laissant à son puîné et au capitaine de la Garde Royale les rênes de l'armée ? Nul n'est en mesure de le dire, mais son départ fut escorté par une vague de murmures interloqués. Que pouvait-il y avoir de plus important à faire que mener son armée... ? Ils sont dix-mille, mais beaucoup d'entre eux voient leurs cœurs saisis par le doute. Cette guerre est-elle réellement justifiée ? L'armée des Vanes n'est pas faite que d'ennemis. Ils sont nombreux à redouter de voir un père, un fils, un frère ou un ami dans l'armée du fils de Njörd. Maudite soit la Terre ! Songent-ils avec amertume. La Terre, Jörd, c'est encore elle qu'ils accusent de tous leurs maux. Car le Père de Tout n'a pas encore avoué ses fautes. Cependant, il faut bien avouer que la présence dans les rangs ennemis de nombreux dieux a de quoi éveiller les soupçons. Des traîtres et des ingrats, c'est ce que se contente de cracher le Capitaine Ove à la moindre interrogation – il doit, lui aussi, préserver le jeu des apparences. Car si la chute d'Odin lui siérait, il n'en serait rien de celle du Royaume Éternel.

Sans aucun signe avant-coureur, le soleil disparaît. L'astre semble s'être décroché de la voûte céleste, les Neuf Royaumes se trouvent plongés dans les ténèbres. « La peste soit de Sól ! », grogne Bard, qui se tient auprès d'Ove, lui-même à la droite du Dieu de la Guerre. « Allumez les torches. Si la Dame de Feu croit que sa lumière est la seule en mesure de nous éclairer, elle se trompe. » Aux ordres du capitaine, des centaines de torches s'embrasent et des dizaines de sphères lumineuses s'élèvent dans le ciel. « Bénie soit la magie de la reine ! » Un sourire sinistre étire les lèvres du Capitaine Ove. Frey et ses alliés croyaient-ils sincèrement que les priver des rayons du soleil les déstabiliserait ? Pathétique. Nul besoin de se demander pour quelle raison les Vanes ne furent jamais capable de remporter la première guerre. « Préparez les catapultes. Accueillons ces alliés comme il se doit. » On distingue alors le galop d'un cheval, qui se rapproche de l'armée asgardienne. « Ils arrivent ! » s'écrie l'éclaireur, qui se range aux côtés du Dieu de la Guerre, qu'il salue comme il se doit. Ove hausse un sourcil. « Combien sont-ils ? » « Trop peu pour nous vaincre. »


Les armées de Vanaheim et Alfheim avancent côte à côte, deux entités indépendantes dont les buts ne se rejoignent que trop peu. Auprès des gracieux Elfes de Lumière, les Vanes semblent presque gauches et désorganisés. Sir Elyas et Dame Varda chevauchent en tête de l'armée, dont les bannières flottent fièrement derrière eux. Quant aux Vanes, ils sont guidés par les enfants de Njörd, venus réclamer l'indépendance de leur royaume. Les elfes sont venus prêter main forte à la Terre et exiger la libération de leur prince, les Vanes escomptent bien faire choir Odin de son trône et mettre fin à l'assujettissement de Vanaheim, qui dure depuis près de trois millénaires. Trois millénaires de trop. Lorsque le soleil disparaît, les armées n'arrêtent pas leur progression pour autant. La Déesse du Soleil est de leur côté, priver leurs ennemis de lumière faisait partie de leur stratégie. Cependant, il faut croire que les Ases s'attendaient à la trahison de Sól, car au loin les hommes et les elfes distinguent presque aussitôt torches et orbes de lumière. Le roi Elyas fronce les sourcils. Un bien mauvais pressentiment l'étreint, cependant il ne saurait en expliquer la raison. Il lance un regard en arrière vers ses troupes, puis observe l'armée de Vanaheim d'un œil sombre. Il n'est là qu'au nom de Jörd, il n'a nulle intention de saccager Asgard et prendre des vies innocentes. La simple perspective de cette bataille le répugne. Cependant, il a fait une promesse à la déesse bafouée. Et il doit secourir son fils.

Tandis que les elfes et les Vanes se rapprochent de leur ennemi commun, l'on se met à battre les tambours de guerre. Pour tenter d'impressionner les Ases ou pour motiver les troupes, impossible de le déterminer avec certitude. Cette soudaine clameur fait battre les cœurs plus vite et affole les montures. Les elfes restent impassibles, si le combat les effraie ils n'en laissent rien paraître. Ce sont des êtres bien mystérieux... Les Vanes n'ont jamais combattu avec eux, pas plus qu'ils n'ont eu l'occasion de les observer sur un champ de bataille, ils ignorent ce dont ils sont capables – ils espèrent que leur réputation n'est point exagérée. Les deux armées s'immobilisent, à quelques deux cent mètres des Asgardiens. Il n'y aura nulle négociation, les précédents échanges entre les deux camps ne laissent aucun doute à ce sujet. Reste néanmoins à savoir quel commandant aura le courage de lancer l'assaut et de prendre sur lui le blâme pour le début de ces hostilités. Sir Elyas et Dame Varda talonnent leurs montures pour venir prendre place aux côtés de Frey et Freyja. Il est important que l'ennemi croit à leur entente parfaite, mais les Ases sont loin d'être dupes.


Un grondement furieux fait sursauter les presque vingt-mille âmes rassemblées sur la plaine de Nornheim. Un grondement que chacun connaît, celui du Tonnerre. Des milliers de paires d'yeux se lèvent vers le ciel ; quand bien même Máni aurait-il voulu remplacer son aînée en éclairant la plaine des rayons de la lune, ceux-ci n'auraient pu percer les nuages qui s’amoncellent au dessus des armées. Les éclairs zèbrent le ciel, la foudre frappe la parcelle de terre qui sépare les Ases des Vanes et des elfes. Devraient-ils y voir là un mauvais présage ? Le roulement du tonnerre s'intensifie et bientôt, les nues déversent des trombes d'eau sur Nornheim et les combattants. Ce n'est pas un mauvais présage. C'est une mise en garde.


Sir Elyas prend une profonde inspiration. « Tangado a chadad ! » D'un seul mouvement, mille cinq cent archers elfes encochent une flèche et bandent la corde de leur arc. Face aux interrogations des Vanes, Elyas se justifie avec brio. « Si nous laissons à nos hommes l'occasion de s'interroger quant à la présence de Thor dans les rangs ennemis, nul ne voudra prendre le risque de lui faire face. Je suggère qu'Aegir et vous prépariez vos hommes. » Dame Varda toisa les jumeaux longuement, avant de leur offrir un sourire presque moqueur. « Je gage que vous n'avez pas oublié que les Ases ont pour habitude de charger les premiers. Il serait bon de faire en sorte que dix-mille hommes ne nous heurtent pas de plein fouet. » Sir Elyas acquiesça. « Pardonnez l'impudence de mon amie... Elle a cependant raison. Ne les laissons pas prendre trop d'élan. » Elyas s'incline respectueusement face aux Vanes et s'en retourne ensuite au devant de ses troupes en compagnie de Dame Varda. Les archers n'ont pas bougé d'un pouce, l'effort ne les fait pas même sourciller. L'offensive sera donc lancée par Alfheim. Une véritable tragédie selon le souverain. « Hado i philinn ! » Les cordes sont lâchées, et mille cinq cent flèches s'envolent en direction de l'armée d'Asgard. Les six cent archers de Vanaheim ne tardent pas à imiter leurs homologues elfes.
    Tangado a chadad = archers en position
    Hado i philinn = tirez



« Comme c'est aimable à votre frère de se joindre à nous... spirituellement. » Ove offre un regard lourd de sous-entendus aux fils d'Odin ; c'est à peine s'il dissimule son mépris pour l'héritier du trône. Les torches ont été éteintes, ne laissant que les sphères lumineuses et les énormes projectiles enflammés des catapultes pour éclairer l'armée. Le martellement de la pluie sur les armures serait presque assourdissant, et que dire du tonnerre qui continue de gronder ? Il semble que le jeune dieu brillera lui aussi par son absence, comme son paternel, ce qui n'est guère rassurant pour les troupes, qui ont hélas pris l'habitude de se battre derrière lui. « Et ce cher Balder, a-t-il disparu lui aussi ? Nous aurions bien eu besoin de l'Invaincu et de l'Invulnérable en ce jour... Eh bien... Peu importe, nous ferons sans eux. » « Seigneur Tyr ! Capitaine ! Une volée... ! » Le Capitaine hausse un sourcil. « Ah ! Les elfes et leurs archers... BOUCLIERS ! » La mer de combattants ondoie, chacun s'agenouille et lève son bouclier pour se protéger de la pluie de flèches qui s'abat sur l'armée asgardienne. Quelques minutes s'écoulent avant que les Ases, presque sans exceptions, ne se relèvent. Les Alliés allaient maintenant goûter à leur propre médecine. « Archers en position ! » Quelques secondes passent. « Feu ! » Une nouvelle volée de flèches file à travers le ciel, cette fois en direction des alliés. Puis, les lanciers s'écartent brusquement, et la masse de cavaliers s'engouffre dans l'ouverture pour chevaucher au galop vers l'ennemi. Une volée de flèches, voilà qui annonçait la première charge asgardienne. Les Einherjar se joignent aux cavaliers, menés au front par leur capitaine. Les lanciers referment les rangs et mettent le genou au sol, lances en avant. Le prince Tyr est laissé en arrière avec le reste de l'armée – cette première charge menée par les cavaliers et les Einherjar n'a que pour but de détourner l'attention de l'ennemi du vrai danger, encore dissimulé aux yeux de tous. Les Ases se réjouissent d'avance – leur allié surprise, ni les Vanes, ni les elfes ne s'attendront à le voir surgir. Personne ne s'y attendrait.

Cependant... Les Ases eux aussi sont sur le point d'être surpris. Derrière les milliers de guerriers restés en position s'élèvent les hurlements on ne peut plus reconnaissables des loups. Des loups et des wargs par dizaines surgissent de la sylve, accompagnés d'animaux en tous genres, mais surtout... D'Arbres Penseurs mesurant plusieurs mètres, talonnés par près de trois cent Elfes Sombres et de trolls de pierre. Ces ennemis là, Asgard ne les attendait pas. Mais peu importe, ils peuvent les dérouter, ils ne sont qu'un contretemps. Les valkyries font volte-face pour mieux pouvoir se mesurer à eux, et les catapultes sont réorientées. Ne dit-on pas que les créatures de la forêt et les elfes de Svartalfheim craignent la chaleur et les flammes ? Cela se vérifiera très vite. Tandis que les valkyries chargent cette armée inusuelle depuis la terre ou les airs, les catapultes relâchent leurs projectiles ignés.


La Bataille des Cinq Armées vient de débuter.

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MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ La Bataille des Cinq Armées    Mer 29 Oct - 14:29


la bataille des cinq armées
les règles à suivre

Avant toute chose, veuillez bien lire ce sujet pour vous renseigner sur les différentes armées présentes sur la plaine ! ϟ Il n'y a pas de maximum de mots imposés cette fois-ci, mais un minimum de 400 mots. Ce n'est pas grand chose ! ϟ Vous avez au maximum 72heures (trois jours) pour répondre après chaque intervention du PNJ. Mais si vous sautez un tour, pas de panique, vous pouvez poster au suivant ! keur ϟ Si vous avez la moindre question concernant le déroulement de la bataille, ou si vous avez un doute quant à la plausibilité de l'une de vos actions, contactez Sif Vidardóttir !

BONNE BATAILLE, BASTONNEZ BIEN fire

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MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ La Bataille des Cinq Armées    Mer 29 Oct - 23:16

L
'heure avait sonné. Mais laquelle ? Celle de la Justice qui l'emportera enfin sur l'Iniquité après plus de quinze siècles de censure ? Celle du point d'orgue d'une époque, celle des prémisses d'une nouvelle ère ? Elle craignait que ce soit davantage un glas qui sonne, celui de cet Arbre-Monde à la frondaison étrangement ternie, tristement caduque. Elle avait toujours su les dieux emprunts de vanité et de bellicisme, mais elle n'aurait jamais imaginé goûter à un tel paroxysme de pugnacité en si peu de temps parmi eux. Elle prenait conscience que l'existence qu'elle avait menée sur Midgard n'était qu'une kyrielle de douceurs et de trivialité en comparaison à ce qui s'apprêtait à se produire. La guerre, elle n'en avait finalement connu que de vulgaires brandons, et si elle s'était vouée jusqu'aux tréfonds de son essence à la voie des armes, elle n'était pas prête pour la bataille dont elle entendait le funeste cantique. Non, non... voilà seulement quelques lunaisons qu'elle pouvait s'enorgueillir de son titre de valkyrie, une poussière dans l'immensité qu'était l'éternité, elle ne valait pas mieux qu'une pouponne fraîchement cueillie dans la vie aux yeux de toutes ces déités et créatures fantasmagoriques rassemblées. Ce n'était point l'incertitude qui se fichait en elle, cette fois, c'était une peur croissante que seule la nitescence de ses mirettes diaphanes trahissait. Sa place n'était pas ici, quelle opinion une ancienne midgardienne pouvait-elle donc brandir ? Aucune, elle n'était et de loin pas qualifiée à cela. Elle avait longuement contemplé les Fiers et les Opiniâtres se préparaient, la rage aux tripes, le désir d'en découdre plus rutilant que l'astre solaire lui-même. Mais que venait-elle faire au coeur de cette conflagration...

Sváfa s'était mêlée à ses consoeurs, l'angoisse en guise de couronne d'épines. Et de là où elle se trouvait, elle mirait cette immensurable armée leur faire face. Elle comprenait à présent mieux la raison pour laquelle les mortels étaient élevés dans la déférence de ces entités, outrageusement plus féroces que ne le disaient déjà les mythes et légendes. La mort, elle l'avait expérimentée lors de l'attaque des jötuns sur Tromsø, et si elle ne regrettait en rien de s'être offerte en pâture à l'ennemi, s'y risquer une seconde fois ne figurait pas dans ses envies imminentes. A presque l'antipode de la masse vanes et elfique, elle distingua le galbe tout de cuirasse vêtu de Freyja. La désappointer constituait un péril tout aussi nocif, et la cheftaine avait été limpide sur le sujet : aucune exception chez les filles qui lui restaient, toutes sur le pont, prêtes à périr pour ce que d'aucuns appelaient la pérennité d'Yggdrasil. « Par... les Nornes... » Son eurythmie galopait comme mustang à travers plaine, si elle n'avait pas l'intention de s'esbigner, grands dieux, ce champ était le dernier endroit où elle voulait être. Et soudain, comme pour jumeler ce qui naissait en son sein, le firmament s'enténébra, et à compter de ce point, tout s'enchaîna à une allure fulgurante. La première salve fut délivrée par les ouailles du roi Elyas, et comme il fallait s'en douter, la réponse ne tarda pas à sourdre des rangs antagonistes en un parfait mimétisme. Les projectiles fendirent la voûte céleste, et réflexe de survie oblige, la jeune femme se dissimula sous sa rondache ornementée de futhark en contracturant les mâchoires. Un grognement lui échappa lorsqu'un heurt manqua de la déstabiliser, une flèche plantée sur le bord ouest de son bouclier, et ce n'était là que l'aube des réjouissances. Car au loin, les sabots se mirent à labourer le sol, ce fut une véritable marrée qu'elle vit se diriger droit vers eux, et le fait qu'elle soit loin dans les rangs n'était diantrement pas un soulagement. « Qui est-on censé prier quand c'est contre les dieux qu'on guerroie ?! » A qui voulait bien l'entendre, si quelqu'un avait une réponse, elle était preneuse.
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What did you give me to make my heart bleed out my chest?



MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ La Bataille des Cinq Armées    Jeu 30 Oct - 1:25


la bataille des cinq armées


▽ you should always take responsabilities for your actions.
Elle avait choisi son camp à l’instant où elle avait appris la vérité concernant la mort d’Angeya. Contrairement à ce qu’elle avait pensé, l’être pour qui elle s’était battue durant des millénaires était un imposteur, mais surtout un meurtrier. Var avait quitté Asgard en un temps record, puisqu’elle savait qu’Odin tenterait de la garder de son côté de tous les moyens possibles. Elle était puissante, sa magie avait été enseignée par nulle autre que Frigga, ce qui la rendait redoutable. Sa fidélité avait pourtant été la seule chose de sure sur ce royaume depuis si longtemps, qu’encore aujourd’hui elle avait du mal à se faire à l’idée de se retrouver contre sa mère patrie. Les semaines étaient passées, les unes après les autres sans qu’elle ne retrouve Silke. Elle avait été pourtant certaine qu’elle avait rejoint Midgard avant son départ… Cela lui laissait l’affreuse impression que sa petite sœur n’était pas du bon côté de la bataille désormais et ça, la déesse ne se pardonnerait jamais de lui faire du mal. Rien ne l’empêchait pourtant de se retrouver face aux immenses portes d’Asgard, le palais doré brillant encore au loin. Plus pour longtemps, car dans leur armée se retrouvait la déesse du soleil qui plongea le royaume dans un noir le plus total. Ses convictions étaient de plus en plus réelles à chaque instant qu’elle posait son regard sur chacune des huit vagues restantes. Si elle se battait ici aujourd’hui, c’était pour restaurer tous les mensonges qui avaient été dits, mais aussi pour se venger. Quel sentiment était-il plus connu de la part de la déesse des Pactes, chargée de punir les parjures, si ce n’était celui-ci? Elle ne se laisserait plus affaiblir par des paroles tant et aussi longtemps qu’elle pourrait en connaître la vérité. L’esprit de cruauté qu’elle arborait en cet instant lui rappelait son jeune temps, celui où elle n’avait rien à craindre. Ils étaient moins nombreux, mais somme toute, elle faisait confiance aux gens qui l’entouraient en cet instant précis. Elle avait commis tant d’erreurs à cause du Père de Tout qu’elle donnerait sa vie dans cette bataille si cela pouvait restaurer sa gloire. Au dessus d’eux, le tonnerre grondait, priant que Thor ne soit pas du côté des Ases puisque Sif serait là aussi. Elle était à cheval, dans la première ligne d’attaque. Devant elle se trouvait Frey, Freya, Ràn, Aegir qui commandaient l’armée. Ils étaient tous – ou presque – les personnes sur tous les sept royaumes confondus qui comptaient le plus à ses yeux. Elle était fière de se battre à leur côté, tout en sachant qu’ils auraient l’aide des Elfes d’Alfheim et de l’armée de Jörd. Les archers commencèrent leur attaque en premier, prenant par surprise les Ases. Ils ne prirent pas beaucoup de temps avant de riposter et la fille de Leif se rapprocha un peu des commandants pour lever la main et de sa magie, fit éclater en mille morceaux les flèches qui s’approchaient trop d’eux. La cruelle Var était sur le champ de bataille et elle ne laisserait personne faire du mal aux gens qu’elle aimait. Des rugissements, un vrombissement se fit entendre au loin et un sourire s’immisça sur le visage de la belle. Jörd était arrivée, son armée était des plus hétéroclites, mais elle serait aussi primordiale pour gagner la guerre. Prête à tout, Var profita de sa proximité des dirigeants pour s’adresser à la famille de la mer : « Pour Angeya! »


(c) AMIANTE





oaths goddess; punishes the perjurers
i know i'm not the only one ✻ For months on end I've had my doubts, Denying every tear. I wish this would be over now, But I know that I still need you here. You say I'm crazy.
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Il est le second fils d'Odin et le premier fils biologique de Frigga ◘ Il préside les batailles, qu'elles soient juridiques ou à coups de haches ◘ Il connait toutes les lois jamais écrites ◘ Il est le Premier stratège du Royaume ◘ Sa main droite à été dévorée par Fenrir le loup, fils de son frère adoptif Loki ◘ Il a un loup tatoué sur chaque épaule ◘ Il possède une prothèse magique forgée par les nains qui remplace sa main manquante lors des combats.

GUERRE & JUSTICE


« Study Justice & Strategy over the years and achieve the spirit of the warrior. Today is victory over yourself of yesterday; tomorrow is your victory over lesser men. »



MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ La Bataille des Cinq Armées    Jeu 30 Oct - 2:19




WAR


Il avait toujours trouvé une beauté singulière à ces quelques minutes qui précèdent la bataille. Ces quelques moments où flottaient dans l’air, dense et poisseuse, l’exaltation typique des grands instants décisifs. C’était tant et tant de Destins qui se joueraient là, dans le vide parfait de cette immense plaine. Et dans l’attente de ce chaos : le silence et l’ordre.
Dix milles têtes, dix milles cœurs, dix milles vies, c’était tout cela qui s’alignait dans son dos, et ce serait sans doute presque autant qu’ils devraient affronter. Asgard avait connu bien d’autres fameuses batailles celle-ci, mais pas lui. Il avait mené bien des combats, bien des armées, mais jamais encore n’avait-il prit part à un événement d’une envergure si décisive que même lui, le stratège, se retrouvait bien incapable de prédire. Tyr avait bien souvent aspiré à ce qu’on lui confie un jour le commandement d’une telle armée. Jeune guerrier, il s’était imaginé un million de fois se tenir là, fier et droit sur sa monture à la robe d’obsidienne, flanqué d’une nuée ardente, alignée comme elle l’était là, sous une aube nuageuse barbouillée d’or. A cela près que les épées auraient été tirées au nom de la bravoure, du courage, de l’unité, ou tout du moins au nom de la Justice.

La Belle Justice. Cette maîtresse facétieuse et trompeuse, qui possédait tout autant de facettes qu’il y avait de bouches pour en parler. Cette Belle Justice, revendiquée par tous et pourtant systématiquement confondue. Justice n’était ni Vengeance, ni Amertume, ni Fidélité, ni Vanité, ni Ambition. Toutes ces choses là auraient leurs places aujourd’hui.

Mais de Justice il n’y en n’aurait point. Ce n’était pas justice qui se trouvait là.
C’était Guerre.

Et si Justice dédaignait profondément que ses nobles aspirations d’antan se voient ainsi irrémédiablement bafouée par quelques cruels caprices des Nornes, Guerre lui, avait simplement décidé de mettre un terme à cette histoire. Gagner ou perdre, vivre ou périr, ces choses là ne relevaient plus que du détail. Il y avait pire Chaos qui se terrait là-bas dans les plus sombres Royaumes, et leurs stupides querelles intestines les rendaient pathétiquement faibles. Si une réunification passait par le champ de bataille, alors ce serait plutôt deux fois qu’une. Tout comme Fenrir, c’était l’une de ces causes qui nécessiterait sacrifice…

Cela étant dit, Tyr misait sur son propre camp. Son esprit calculateur lui soufflait que les pronostiques étaient bons, et ce même lorsque Sol décida de marquer clairement son allégeance, au cas où qui que ce soit en aurait encore douté.
La foudre elle, parvint tout de même à lui soutirer un roulement las des billes – comme souvent lorsqu’il était question de Thor. D’ailleurs, familier au langage de son frère, il comprit sans mal ce que l’intervention signifiait, ce qui ne fit que l’enorgueillir un peu plus et le conforter dans son idée.

Elborg, son bouclier, fit sans mal rebondir les quelques traits qui l’atteignirent lors de la salve des traitres, et c’est sans un commentaire que le jeune Dieu observa la cavalerie charger avec force et fracas, exactement comme prévu avec le Capitaine.

L’imprévu se situa juste après. Mais l’imprévu pouvait aisément se prévoir. Il suffisait de tout envisager, et c’était bien là le nerf de sa fonction. Honnêtement, il se serait peut-être retrouvé déçu de ne voir aucun warg pointer sa truffe aujourd’hui. Par-dessus le grondement du tonnerre, il percevait leurs hurlements et son visage s’anima aussitôt d’un demi-sourire tandis que comme cette marée de soldats, il se détournait pour faire face. Grisé par l’apparition étrange mais belle d’une faune et d’une flore en pleine charge, Tyr décida de tout d’abord leur répondre.

« Faites sonnez les cors »

En échos, on reprit l’ordre et bientôt, l’air se mit à trembler et les cors à chanter leur note unique, se mêlant aux grondements du ciel, aux cris des hommes et aux hurlements des fauves.
Son bras droit comme toujours dissimulé sous sa cape, le gaucher tira l’épée pour la pointer avec défis vers les nuages qui compliquaient la voute nocturne.

« POUR ASGARD »

Et bientôt le martellement des pas se joignit à la symphonie mortelle.

(c) Bloody Storm



Spoiler:
 


Tyr.
He asks for neither praise nor glory, boasts not with mighty words in the Hall. He asks nothing but stands firm, steering His way clearly through murky waters. He is mighty, this God, His glory found in His sword and the hand He sacrificed. I will hail Him as He faces the wolf, this warrior who betrays for honor’s sake.
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MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ La Bataille des Cinq Armées    Jeu 30 Oct - 9:58


La bataille des Cinq Armées
Nous y étions. La grande bataille que je redoutais était là, sous nos yeux. Au retour de la Terre, ils étaient nombreux à sentir le vent tourner. Mais pour nous, Valkyrie, il y avait eu Freyja. Notre Cheftaine adorée, notre mère de cœur, notre guide… qui avait décidé de tourner le dos à Asgard en nous enfermant à Vanaheim. Si nous étions toutes bourrées d’affection pour l’Amour, notre allégeance première était envers Odin, notre père spirituel. Il y avait ce mélange de regret et de peur qui bouillonnait dans ma poitrine, tant et si bien que mes articulations devenaient blanches en serrant la lance. Je mirais d’un regard mes sœurs d’armes, beaucoup manquaient au rendez-vous et l’idée de me retrouver face à l’une d’entre elles ne me plaisait guère. Certes, nous avions déjà combattu en nous affrontant, mais ça n’était que lors d’entraînement et nous n’avions jamais cherché à nous nuire. Pourquoi aujourd’hui, je devrais être l’auteur du trépas de mes sœurs ? Pourquoi elle plus que moi ? Si j’ai toujours été excitée et impatiente de croiser le fer lors des batailles, celle-ci m’arrachait plutôt une douleur viscérale au ventre. La peur. Celle de mourir comme une félonne aux yeux de Freyja. D’infliger à une sœur, le remord d’avoir retiré la vie d’une Valkyrie. Comment est-on supposé garder la tête droite et accéder aux faveurs du Père de Tout, lorsqu’on ne se sent pas à sa place ? Combien je souhaiterais que Gylda soit ici, car elle m’inspirerait courage et vaillance ; elle qui ne s’encombre jamais de ses émotions. Une seule fois et ça lui a été funeste. Mes prunelles azurites se tournèrent sur Hedda, attrapant sa main. Jure-moi de ne pas m’abandonner aujourd’hui. Jure-moi de survivre… » Son sourire fut un fugace instant, le réconfort dont j’avais besoin. Puis, la clarté solaire de Nornheim, disparu subitement. Sól venait de montrer sa position dans cette bataille, pensant nous soumettre aux ténèbres et perdre un certain avantage. Mais les torches s’illuminèrent accompagnées par des sphères lumineuses. Mais s’il n’y avait qu’elle… C’est à ce moment précis, lorsque le Tonnerre gronda que la question flotta jusqu’à mon esprit ? Pourquoi Odin n’était pas avec nous ? Où était-il ? Nous aurions pu aussi nous questionner sur l’Invaincu et son épouse, mais en pareilles conditions, j’aurais osé sermonner la Princesse Sif de retourner à ses appartements plutôt que de brandir ses armes.

« BOUCLIERS » Mes mirettes captèrent les pointes lumineuses qui arrivaient sur nous. Je soulevais ma protection en rempart des flèches. Puis, le Capitaine de la Garde lança l’offensive. Cependant, l’inattendu provint des forêts où la faune de Jörd venait nous rendre visite. Rien d’agréable, je présumais, mais je préférais me mesurer aux créatures qu’à mes consœurs. Sans attendre, toutes les Valkyries leur firent face pour attaquer. Il y avait bien assez d’hommes pour s’occuper de l’armée de Vanaheim. Mon dernier regard fut pour Hedda, avant de me lancer dans l’offensive. Poignards en mains, lance dans le dos prête à être saisie pour trancher les chairs des loups et des wargs. Nous sous-estimions souvent la force et la brutalité de ces derniers, mais j’avais encore un souvenir amer de ces bêtes et je ne comptais pas les laisser nous affaiblir. Maudite créature ! » Je ne comprenais pas pourquoi Jörd s’acharnait ainsi, que voulait-elle ? Pourquoi s’en prendre à tous si seul Odin était son désir de vengeance ? Les rumeurs allaient bon train dans la cité d’Asgard et il nous était même parvenu, jusque dans la cour des Valkyries qu’Odin serait responsable du trépas et de la disparition d’Angeya, la mère de son amie Sif. Est-ce que la plupart des rumeurs qui circulaient étaient fondées ? Sans doute pas, car je doutais que le Père de Toute Chose ait véritablement aidé l’Amour avec un corset, lorsqu’on songeait aux évènements actuels.
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MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ La Bataille des Cinq Armées    Jeu 30 Oct - 19:20


I don't know how will be the end, but i can't go back.

I'll fight!
© Joy

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Ainsi venait de naître une des grandes batailles du monde Divin. Freyja, belle certes, mais surtout guerrière en cet instant, se plaçant au devant d'une armée que son jumeau et elle-même menait en partie. Elle ne se tenait pas seule mais ses alliés n'étaient guère à l'image de sa fidélité. L'animosité habituelle qui pouvait les unir devait cependant être de côté afin que leur force soit à leur apogée et que ce combat qui s'assurait être épique et destructeur soit davantage en leur faveur qu'en celle d'Asgard. Etre face aux siennes, aux autres Valkyries qui avaient décidé de la trahir, être face aux Dieux qui furent à ses côtés tout un temps, elle ne pouvait rester de marbre. Mais faillir était impossible, son visage était désormais impassible, ses émotions inaccessibles exceptées celles se rapprochant de la rage et de l'esprit vengeur qu'elle se devait de mettre en avant. Depuis combien de temps ne s'était-elle pas tenue aux côtés de son frère dans une harmonie que l'on pouvait croire fictive et pourtant qui ne l'était guère. Elle ne se souvenait pas avoir jamais été aussi proche de lui. Ils se tenaient tous deux fièrement, représentant de Vanaheim, en futur gagnant même devant eux se dressait une armée tout aussi puissante voire, avec sincérité, peut-être davantage. Il manquait cependant les pièces maîtresses, du moins jusqu'à nouvel ordre et pour ce faire, il avait un avantage qu'ils ne pouvaient nier. Son coeur fermé ne prenait pas la peine de s'attarder sur les visages anciennement importants de son entourage. Elle, dont l'amour débordait pour les siens, était cependant animée principalement par la détermination que cette bataille quémandait de sa part. Une victoire qu'elle se devait d'acquérir pour prouver tant à ses Valkyries qu'à elle-même que son choix avait été judicieux, réfléchi et que les intérêts qu'elle voyait pouvaient potentiellement être approuvés et appropriés par ses filles.

Le tonnerre qui gronda dévia vivement son regard vers ce ciel rageur. Elle espérait de tout coeur que ce n'était point un signe annonciateur du retour du sauveur d'Asgard. Elle ne voulait pas faire face à Thor car l'issue de la bataille serait bien différente et elle en était parfaitement consciente. Jetant un bref coup d'oeil à son frère, elle se contenta de regarder les forces adverses lorsqu'Elyas prit la parole et surtout Dame Varda qu'elle aurait volontiers transpercée de son épée pour son insolence. Mais le temps n'était plus aux pourparlers. La slave de flèches marqua les débuts des hostilités. Dressée fière sur son destrier, vêtue de sa cuirasse personnelle sur laquelle trônait son manteau de plume nécessaire à une transformation ailée. Elle aurait peut-être besoin. La réponse des Asgardiens ne se fit pas attendre et comme sa troupe, elle usa de son bouclier pour protéger ce premier assaut. Son épée rangée dans son fourreau en fut retiré car déjà la deuxième attaque se profilait à l'horizon. Les Ases n'étaient pas des personnalités à tendance passives, elle le savait pertinemment et c'est ce qui avait entraîné son désir d'en faire partie. Son respect pour Odin avait été jusqu'à son apogée mais elle s'était sentie trahie par les informations qu'elle avait dernièrement apprises avec Jörd, et plus encore, elle estimait qu'il était peut-être temps que cet illustre homme laisse sa place. Le bruit des loups, des wargs et même des Arbres vinrent se mêler à ces sabots qui foulaient la terre de ceux qui étaient désormais leurs ennemis. « Valkyries !! » s'écria-t-elle alors que son frère ne tarderait pas à en faire de même avec ses hommes. Il était temps d'avancer à leur tour et d'aller guerroyer. L'heure était venue, il n'était plus possible de reculer et se fut sans l'ombre d'un doute qu'elle s'élança d'un talon bien placé, en accord avec nombreuses autres foulées à ses côtés, sur le champ de bataille qui se jaugerait bientôt de sang à foison.
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MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ La Bataille des Cinq Armées    Ven 31 Oct - 21:52

Si vous n'êtes ni Balder, ni Hermód, ni Havardr, ni Hel,
ne prenez pas ce post en considération dans vos réponses !
keur


La Bataille des Cinq Armées
TOPIC COMMUN

Aux tambours de guerre faisait écho le martellement furieux de mon cœur, tandis que je traversais les couloirs du palais d'or d'un pas assuré, la tête haute et l'arme au poing. À mes côtés, Balder, et derrière nous, une cohorte d'Einherjar fidèles à notre cause. Tout avait été minutieusement préparé, dans le plus grand secret, jusqu'à ce que soit venu le moment de faire annonce de l'existence d'une rébellion, et d'appeler les plus braves à la rejoindre. Ceux qui ne voulaient pas se battre au nom d'Asgard ni de Vanaheim, mais au nom de la paix avaient rejoint nos rangs. Ils étaient maigres, mais avec le soutien de la reine Frigga et d'Heimdall, j'avais bon espoir que nous parvenions à faire entendre raison aux commandants des armées, afin d'éviter un massacre sans précédant. Un espoir cependant aliéné par notre échec avec Thor, que nous n'étions pas parvenus à convaincre de son importance dans le dénouement de son conflit. Je n'étais pas très fière d'avoir profité d'un instant où toute son attention était retenue par notre fille pour échapper à sa vigilance le temps de retrouver Balder, avec lequel j'avais tout planifié, et enfiler mon armure, mais il ne m'aurait jamais laissée partir s'il avait su où j'allais. Toutefois, un mauvais pressentiment doublé d'une intuition parfaite l'avait conduit jusqu'à moi, et c'est naturellement qu'il avait essayé de me convaincre de renoncer à mon entreprise. J'avais refusé, Balder m'avait soutenue et peut-être pour la première fois en cinq cent ans, le petit frère avait tenu la tête au grand. J'avais quitté Thor le cœur lourd, mais convaincue de faire non seulement ce qui était juste, mais également ce qui le ferait réfléchir et le pousserait à agir. Le voilà au pied du mur, poussé dans ses derniers retranchements. Thor était tout sauf un lâche, savoir son épouse et son petit frère sur un champ de bataille devrait être une motivation suffisante pour le décider à reprendre cape et marteau. Cela et son éternelle envie de faire le bien, je refusais de croire que les mensonges d'Odin aient pu annihiler son courage.

Pour l'occasion, Balder et moi avions jeté sur nos épaules une cape de la même teinte écarlate que celle de l'Invaincu d'Yggdrasil, j'espérais que d'autres auraient eu cette même brillante idée. C'était l'étendard de Thor, tissé par Frigga pour cette occasion bien particulière, que nous brandirions sur la plaine de Nornheim, pour qu'il soit clair que nous ne nous battions ni pour Odin, ni pour Jörd. Mais avant de nous rendre jusqu'au Bifröst, où Heimdall ouvrirait pour nous un passage, nous avions une première mission à accomplir. Libérer le prince des Elfes de Lumière, Elorin, qui croupissait dans les geôles d'Asgard injustement depuis trop longtemps. Le prince à nos côtés, nous pourrions certainement convaincre les troupes d'Alfheim de rejoindre notre cause. Cela amputerait Frey de la moitié de sa force de frappe, suffisamment peut-être pour que lui aussi rappelle ses hommes. Ce n'était pas tant Elyas et Frey qui m'inquiétaient, mais bien le Capitaine Ove et Tyr lui-même. Ove ne me portait pas dans son cœur, et Tyr... Eh bien, notre dernière conversation avait tourné au règlement de compte, et depuis nous ne nous étions plus adressés la parole.

Escortés par notre petite troupe, Balder et moi arrivâmes jusqu'à un corridor sombre, non loin des cachots, où nous attendaient d'autres hommes, dont Hermód faisait partie. Nous nous saluâmes tous rapidement, nous n'avions pas de temps à perdre. « Bien. Encore une fois, afin que les choses soient bien claires… Derrière l'huis massif qui garde l'entrée des cachots se trouvent des Einherjar, que nous allons devoir neutraliser pour arriver jusqu'au prince. N'oubliez pas, il est essentiel que nous ne tuions personne, cela dénoterait avec notre objectif. Balder et moi allons nous frayer un chemin jusqu'à Elorin et le délivrer, ensuite il s'agira de rejoindre Heimdall au Bifröst. La plupart de nos alliés nous y attendent... Ainsi que Hel, qui a répondu à notre appel et vient nous prêter main-forte, une ou deux centaines de spectres l'accompagnent. Ne paniquez pas, gardez votre sang-froid quoi qu'il arrive, et cela même si vous tombez sur une connaissance. Le sort d'Yggdrasil repose peut-être entre nos mains… » Ce n'était pas rassurant, mais il était essentiel que nous ne perdions pas de vue notre objectif. « En attendant que Thor intervienne, nous sommes les seuls à brandir l'étendard de la paix. » « Vous êtes certaine qu'il fera quelque chose, votre Altesse ? » « … Certaine. » Je devais l'être. « Hermód, Havardr, vous monterez la garde en attendant que nous ayons libéré le prince. Si nous tardons trop à revenir, rejoignez le Bifröst, Heimdall saura quoi faire. Et si par malheur davantage d'autres gardes venaient prêter main-forte à ceux que nous allons déranger dans l'exercice de leur fonction... Eh bien, usez de vos talents de charmeurs. Sinon, j'ose espérer que vos entraînements ont payé. »

Je fis signe à Balder de me suivre, et c'est tout d'abord seuls que nous approchâmes de la paire de gardes qui gardaient l'huis. « Vos Altesses ! » « Mon prince, princesse... Que faites vous ici ? » « Eh bien, nous... nous... Hum. Je n'avais pas pensé à cela... Hm... Oh, et puis mince. » J'assénai un violent coup de bouclier dans le menton du premier garde, qui s'effondra sans avoir eu le temps de comprendre ce qui venait de lui arriver, et le second subit le même sort. Le tout avant que Balder n'ait eu le temps d'ouvrir la bouche. « Quoi ? Ne me dis pas que toi aussi tu t'imaginais que la maternité avait fait de moi une petite fleur délicate ? » Je lui adressai un sourire un peu forcé, puis fis signe à nos alliés de s'approcher. Ensemble, nous ouvrîmes les deux énormes battants bardés de métal qui gardaient les geôles, surprenant les Einherjar qui se trouvaient de l'autre côté. « Souvenez-vous... Aucun mort. » Un ordre d'une simplicité déconcertante... restait à espérer que nos "ennemis" auraient le même cas de conscience que nous. Peut-être aurais-je dû me contenter d'envoyer Balder libérer le prince Elorin, il aurait certainement été capable de le faire sans même froisser ses nippes.


the warrior queen of asgard
I DON’T NEED YOU TO FIGHT MY BATTLES, I JUST NEED FOR YOU TO BE THERE WHEN MY HANDS BEGIN TO TREMBLE AND MY VOICE BREAKS, TO HELP ME STEADY MY SWORD AND TEACH ME HOW TO ROAR.
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MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ La Bataille des Cinq Armées    Sam 1 Nov - 21:42



L’acier rutilait sous un hélianthe patent. Pourtant, les déités faisant office de leur dévouée présence sur les plaines vallonnées de Nornheim allaient déjà devoir se défaire de ce confort éphémère. De lumière galvanisante, la déesse dorée plongea le cimetière en devenir dans l’obscurité d’une nuit matineuse. L’astre ambré fut décroché de l’empyrée malgré le zénith du jour, affirmant les limpides desseins de Sol. A la tension suintant à travers chaque pore du fieffé guerroyeur vint dès lors s’ajouter l’inconfort de la sorgue inopinée. Pas rafraîchie pour autant, l’aérosphère irradiait sous les milliers de carnes aspirant de pressantes goulées d’air. Les lèvres se rétractaient sous un afflux commun d’adrénaline, autant que les tendons d’Achille soutenaient avec conviction le poids des armures encore vierges de sang. Pour l’instant. Mêlées dans la masse des forces militaires s’opposant à celles d’Odin, quelques vagues se tenaient un peu en retrait des grandes figures de l’armée de Vanaheim. A quelques mètres derrière l’illustre rangée de puissances parmi lesquelles se comptaient le seigneur de Vanaheim, la chef des Valkyries ainsi que ses propres parents, Hefring contenait mal sa nervosité. Aborder une immuabilité faciale, certains le faisaient avec aisance. Elle non. Comme la vague prise entre deux remous adjacents, les émotions guettaient la cadette de la fratrie avec une intensité usuelle. La colère grondait en sa poitrine d’une fièvre ignescente. Et ce, depuis le jour récent où le dieu des mers et la Tempétueuse avaient acculé l’entièreté de leur progéniture face à l’invraisemblable Vérité. Celle qui fait mal. Celle qui détruit les fondements d’un jugement bâti sur de multiples siècles successifs d’admiration. Du moins pour la plus jeune des vagues. Longtemps, à vrai dire depuis sa lointaine jeunesse, elle avait louangé le père de l’ami cher avec qui elle s’était habituée à jouter et à brocarder autour d’une pinte. Autrefois, défendre le père de toutes choses, et essentiellement celui de son vieil ami Thor, aurait été un honneur. Longtemps elle eut souhaité rejoindre le rang des célestes guerrières d’Odin. D’un désir profond et dévorant, elle l’eut ardemment souhaité. Au risque même de heurter ses parents, à ce qui à leurs yeux, paraîtraient comme un affront face aux obligations qui l’enlaçaient à la mer. Aujourd’hui, il ne restait plus rien de ce respect ancestral qu’elle avait pu détenir pour le seigneur d’Asgard. Que des cendres. Une poussière bousculée par les flammes d’une ire mal étouffée. Sous son armure souple mais robuste, la vague brûlait d’émotions. Odin avait sacrifié Angeya! Cette vieille charogne ! Une perspective de la triste vérité qu’elle n’avait jusqu’alors jamais envisagée, et qui lui faisait mal. Encore maintenant, la flave guerrière avait encore du mal à digérer la nouvelle, tout autant que l'enchaînement d'évènements qui l'avait finalement, comme bon nombre, amenée en ce territoire esseulé d'Asgard...

Heureusement, la présence de ses quelques valeureuses aînées suffisait à assagir la boule de nerfs qu'elle pouvait être en certaines - fréquentes - occasions. Dans l’ombre de la septième vague, Hefring mirait toute son attention vers le vaste horizon de forces ennemies. Bigre. A leur tête ne pouvait se dresser que le dieu de la guerre. Tyr. Autrefois, ils s’étaient battus côte à côte à de nombreuses reprises. Aujourd’hui, les deux camarades s’affrontaient dans des camps opposés. L’anxiété se nourrissait de cette optique. Celle de devoir croiser l’estoc contre celles de bons camarades. Jusqu’à ce que le sang de l’un coule à flot… Ses saphirs bleus basculaient des armées d’Odin aux forces alliées. Le silence claquemurait chacun dans un profond raptus. Ce, jusqu'à ce que le ciel se mette à gronder de colère à son tour. Des éclairs déchirèrent la noirceur uniforme des cieux en même temps que les Wargs s’échappèrent des boyaux de la sylve pour épauler leurs troupes. Hefring frémit sous la teinte de cette cacophonie mortifère. Ses cuisses se serrèrent davantage contre les flancs de son destrier agité, alors qu’elle s’accordait une pensée inquiète envers le dieu de la foudre. Contre qui allait-il mettre son grain d'électricité? Une pensée rendue éphémère par le soudain mouvement des troupes vers l’avant.

Ça y est
. Le signal est lancé, l’inéluctable affrontement semblait maintenant inévitable. Hefring aurait beau se targuer d’être une guerrière émérite, jamais jusqu’alors elle n’avait assisté à pareille campagne. Elle n’était pas de ces anciens dieux à avoir goûté aux épopées sanguinolentes du passé. Certaines de ses sœurs s’y comptaient, mais pendant ces deux derniers millénaires, les macrocosmes divins n’avaient plus connu pareil affrontement. Et la probabilité de se mesurer à de vieux amis n’étaient pas pour la rassurer, malgré la rage qui pouvait pomper les centilitres d’adrénaline dans sa carne assoiffée de vengeance. Oui, elle avait besoin d’éteindre cette émotion, de l’essouffler en faisant ployer la carne de l’insoupçonné bourreau. Mais entre eux et Odin se dressaient les armées de ce dernier. Ceux qui, malgré les récents évènements qui ont su dévoiler la face sombre du Père de tout, avaient gardé une fieffée dévotion pour protéger leur souverain. Qu’importe à présent, les camps ont su dévoiler les trahisons et les choix de certains. Un retour en arrière impossible, la steppe encore sèche se vit marteler de violents coups de sabots par milliers. La neuvième vague avança au rythme de la masse alliée, ses doigts pétrissant les lanières avec fermeté, sa hargne plus vivace que jamais. Elle pourrait presque honorer Vidar de par la stridente vengeance qui écumait son esprit en cet instant. Calquant son mouvement aux autres, la vague galopait, le cœur frémissant d'émoi, chaque muscles bandés à l'extrême, l'épée prête à être brandie de son fourreau.

Bientôt, la plaine se verrait gorgée du sang des vaincus…




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MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ La Bataille des Cinq Armées    Dim 2 Nov - 8:21

La bataille des cinq armées


L’épée est lourde; son museau mord la poussière sans que la dextre, engluée sur la garde, ne réussisse à la soulever de terre pour adopter une posture plus convenable. Il y a dans cette lâche oisiveté une absence de volonté à vouloir faire valser la lame, à souhaiter faucher des existences. Pourtant, ce n’est point la première rencontre de sa main à son arme; à maintes reprises il s’en est servie – avec une mirifique habileté qui plus est – pour peindre ses horizons de taches amarante. Aujourd’hui, le corps est en conflit avec l’esprit, lequel est prisonnier d’un carcan de soudaine torpeur qui l’empêche de réagir à son environnement plus qu’hostile. Nonobstant les deux pieds dans la fange, les paluches arrimées au poids de la Mort et les tympans assaillis par le tumulte des armées, le rideau de chair s’abat sur les âtres d’acier qui embrassaient, une seconde plus tôt, le panorama, et devient le dernier rempart à cette troublante réalité. Darakan est subito pris d’envie de s’esbigner dans ses rêves pour chasser ce cauchemar, motivé non point par la couardise, loin s’en faut, mais par le présage d’hécatombes qu’il flaire aux prémices de l’affrontement. Combien, dans cette foule, seront forcés au sommeil pour des desseins qui ne sont guère leurs ? Cette pensée l’attriste, et ça le chagrine davantage de sentir la charge de son armure peser comme un lourd fardeau sur ses épaules, et sa main tenir avec fermeté la poigne de son épée, car dans ces unions il se sait signer un engagement, soit celui de combattre. Si risquer sa peau pour sa sœur est loin de représenter un écueil, il ne réalise qu’à cet instant précis les coûts qu’engendrera sa dévotion entière, payés par le sang de ses frères et sœurs. Odin doit mourir, mais son trépas doit-il être précédé par celui d’une armée entière ? Le rêveur en doute, et il s’en veut énormément d’avoir fait preuve d’aveuglement avant ce chapitre. Sa clairvoyance coutumière congédiée par ce qu’il pense être de la colère pour les affronts essuyés lui revient au visage dans la plus terrible collision. Sa lucidité est alors mise à nue pour libérer un cortège de doutes qui lui triturent l’esprit, mais le cœur, plus fort que la raison, trouve en l’amour un argument invincible pour l'empêcher de faire marche arrière.

Il sait que tout ceci n’est que démence, même lorsqu’il rouve les yeux pour constater que les premières flèches dévorent la distance vers l’armée d’Odin, ou lorsqu’il constate qu’on a troqué la volée pour une pluie de feu, laquelle s’abat en retour sur la légion dont il fait partie. Et quand, délesté de sa langueur, il réussit à soulever bouclier comme épée, il continue de savoir au plus profond qu’il a fait une erreur de venir ici, et qu’il en commettra une pléthore en surplus jusqu’à ce que ce combat se solde par sa mort ou celle du dernier de ses frères et soeurs…
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MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ La Bataille des Cinq Armées    Dim 2 Nov - 23:00

La bataille des cinq armées


Le seigneur Vane se trouvait au premier rang d'une armée d'un peu plus de sept mille hommes et femmes. Le moment tant attendu, le moment fatidique où enfin, non seulement lui mais une myriade d'autres personnes pourraient enfin prendre leur vengeance sur ce tyran bedonnant et nombriliste qu'était Odin. Le visage fier et impassible, il était là, sur sa monture au pelage noir et luisant. Il sentait sa respiration et ses côtes se gonfler puis se dégonfler contre ses pieds. Un sentiment de plénitude régnait en sa personne. Personne en cette armée n'eut pu le dire mais une légère angoisse resserrait tout doucement ses griffes autour de son être, l'angoisse de ne pouvoir guère accomplir ce pour quoi il avait milité ardemment ces derniers temps. Mais il savait qu'entouré d'êtres chers comme il l'était aujourd'hui, d'alliés aussi puissants que les elfes et les créatures de Jörd, ils avaient presque tout autant de chances de vaincre que l'armée d'Asgard en avait. L'angoisse se dissipa et il joua presque machinalement avec une mèche de crin de son cheval. Bientôt, ils furent plongés dans l'obscurité quasi-totale comme convenu avec la déesse Sol et il sut que le début était proche, mais l'armée d'Asgard avisa et s'éclaira comme elle peut. La voix de Sir Elyas s'éleva et la première salve partit. Il fit fi de la remarque de Dame Varda, dont il aurait bien embroché la tête sur une pique pour cette dernière et observa la foultitude de flèches décochées partir.

Il se retourna pour regarder derrière lui, regarder ses troupes une dernière fois avant de charger et ne put s'empêcher de s'attarder sur deux visages en particuliers, sur deux êtres à qui il vouait une affection presqu'incommensurable. Il regarda Var, admira le visage de la femme qui était sûrement la personne la plus proche de lui avec ce vieux croûton d'Aegir. Il regarda Hefring et ne put apercevoir qu'une belle et jeune guerrière pourtant digne de faire partie des Valkyries, parmi qui elle se trouvait actuellement. Sa tête se dirigea cette fois-ci vers sa sœur. Un signe de tête qui voulait tout dire, un signe de tête qui signifiait qu'il était heureux qu'en cet instant présent, leur relation soit plus forte que jamais, qu'ils puissent à eux deux mener l'armée de leur royaume. Enfin, son ami de toujours… Son allié de dernière minute. Bien qu'il eut au départ fait en sorte que cette bataille soit pour l'indépendance de son royaume, la missive qu'il avait reçu de ce dernier avait fait basculer ses convictions ; à présent il ne se battait plus seulement pour Vanaheim mais pour rendre justice à Aegir et Ràn, pour venger la mort d'Angeya. Frey talonna doucement sa monture et s'avança légèrement et se retourna pour faire face à l'armée. Il était temps de lancer l'assaut et de réduire en charpie de l'asgardien. Il regarda Aegir droit dans les yeux.

- "Vengeons Angeya. Vengeons Jörd. Faisons payer à ces fumiers tout ce qu'ils nous ont fait et à l'issu de ce combat… Nous auront réparation. A l'issu de ce combat, le roi d'Asgard sera à tes genoux, je t'en fais le serment. Je vous en fait le serment!" Sa dernière phrase, il l'avait adressée d'un ton plus général à toute son armée.
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MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ La Bataille des Cinq Armées    Lun 3 Nov - 5:48

Revenge has a price. Memories written in blood.

crédit: centaureamontana
Vengeance.

Voilà ce qu'il voulait. Voilà ce que son coeur tambourinant dans sa poitrine lui réclamait. Il n'avait que ce mot en tête. Tout son être l'avait pressé à acheter sa propre paix intérieure par la voie de la guerre. Des heures durant, il avait monté sa micro armée qui s'était greffée à celles de Frey, Freyja et Jörd, ainsi que celle des elfes. Ses lettres l'avaient libéré, lui qui étouffait sous la mer loin du meurtrier de sa fille. Il s'était félicité d'avoir enfin pris la décision de se joindre à ses amis de toujours, bien que ce choix lui avait été imposé par cette nouvelle vérité qu'on lui avait dévoilée. Il lui semblait que les derniers temps s'étaient révélés être la fin d'une époque où il se croyait au-dessus de tout. Il se vantait de tout savoir, d'avoir des sources partout et pourtant, l'avenir lui avait réservé un bien triste éveil. On avait retiré ce voile d'ignorance qui l'avait aveuglé depuis des siècles et il se délectait maintenant de cette nouvelle vision du monde qui lui permettrait de réclamer en toute impunité la tête du Roi déchu. C'était son droit de père, sa croisade était légitime. Aegir se répétait ses mots comme on adresse une prière, mais il n'aurait su à qui adresser ces paroles. Les Dieux étaient déjà là, à ses côtés ou dans le camp adverse. Angeya, il n'y avait qu'elle qui l’entendrait peut-être. Il l'espérait, tout comme il souhaitait ardemment recevoir son accord ou, à tout le moins, son pardon. Elle n'aurait certes pas approuvé cette bataille, même s'il s'agissait de la guerre vengeresse qu'on lui dédiait. Elle n'aurait pas voulu cela. Et pourtant, ses alliés le supportaient, prononçaient ce prénom qui rouvrait à chaque fois son coeur saignant de père bafoué. Au fond du regard de ses hommes, il pouvait lire cette fierté de servir leur maître, de venger la famille de la mer envers et contre tous. Une fierté qui se reflétait également dans le regard des vanes que la soif de liberté animait. Unis pour une même cause, sous un même étendard. Ensemble, vers une mort probable.

Les coups de tonnerre avaient su le tirer de ses pensées qui le distrayaient de son but. La noirceur ne le dérangeait pas, ni même cette épaisse pluie qui venait perler sur son visage. Le ciel agité par Thor pleurait pour lui. Ses larmes, il se gardait de les offrir en spectacle à cette armée, il les avait déjà laissé couler encore et encore, avant tout ceci. C'était plutôt un regard froid que seule la colère réchauffait fiévreusement qu'il arborait, droit sur sa monture. Quand Var s'adressa à lui, il n'eut qu'un soupir méprisant comme réponse, la regardant de haut. Il regrettait déjà sa réaction, d'autant plus qu'elle venait de détruire les projectiles qui allaient s'abattre sur lui. Il aurait pu lui même protéger les siens, mais il ne refusait pas le soutient de ses alliés. Pourtant, il ne sentait pas le besoin de lui donner un quelconque signe d'amitié depuis qu'elle l'avait accusé de trahison envers le Père de tout. Elle les avait tous pointé du doigt, cette famille qu'elle avait toujours aimée et qu'il lui avait rendu au centuple cette affection. Elle, son amie. Au final, elle n'avait eu que quelques mois d'avance. Il faudrait bien plus qu'un combat à ses côtés pour racheter cette faute.

Il détourna rapidement son regard de son amie en probation pour trouver toutes se filles, une à une alors que sa monture s'agitait nerveusement. La vue des vagues en armure ne lui ramenait que de mauvais souvenirs. Cet arrière goût que laissait la guerre, il le devait à Odin. Encore. Il était bien le seul fautif dans toute cette histoire. Il lui ferait bien payer, à la fin de tout ceci, si le Dieu de la mer survivait. Oh comme il voulait vivre, simplement pour voir son nemesis périr. Il n'y aurait pas de justice plus légitime que celle de son épée achevant ce vieux fou régnant sur Asgard. C'était ce que Frey venait de lui promettre, devant toutes les âmes qui avaient pu l'entendre. « Oui, la vengeance sera nôtre, mon ami. Il n'y a pourtant qu'Odin qui m'importe. Il n'y a que lui qui mérite de périr en ce jour. C'est une honte qu'il préfère voir mourir son peuple que d'affronter les conséquences de ses actes passés. Il est un meurtrier doublé d'un lâche. Il n'a plus rien de ce Dieu sage et victorieux que nous avons connu. Il est grand temps de mettre un terme à sa tyrannie qui a déjà fait trop de victimes. » Ses paroles convainquantes n'avaient eu que bien peu d'effet sur sa propre personne. Il doutait, encore et toujours. Odin serrait défait et la victoire serait leur, mais à quel prix? Il en revenait toujours à cette même question qui le faisait frissonner bien plus que la pluie, le tonnerre et les hurlements des bêtes envoyées par Jörd qu'il n’apercevait nulle part. Il avait un bien mauvais pressentiment. Si cette guerre semblait toute gagnée sur papier et dans le coeur de ses alliés, il lui apparaissait que plusieurs pièces importantes manquaient à cet échiquier alors que d'autres le faisaient craindre les dégâts à venir.

Il s'approcha légèrement de ce gamin qu'il voyait désormais comme un homme. L'ancien einherjar avait fière allure sur sa monture et il faisait plaisir au Dieu de se voir si bien entouré en cette journée victorieuse. « Mon cher Asbjörn, je souhaite ardemment que ta cousine ait préféré rester auprès de la jeune Thrúd plutôt que de venir se joindre à l'armée ase, auquel cas nous devrons être aux aguets. Tâchons de préserver la descendance de celle pour qui nous nous battons aujourd'hui. Il ne faudrait pas qu'on s'en prenne aux nôtres. » Il avait prononcé ces dernières paroles avec un ton plus élevé, espérant que ses hommes entendent bien sa requête. Aegir ne savait pardonner Odin pour le meurtre froid et calculé de sa fille Angeya, mais il ne répondrait plus de lui si on venait à lui enlever sa petite-fille également. Yggdrasil ne serait pas assez grand pour cacher le pauvre bougre qui aurait levé la main sur Dame Sif. Il connaîtrait une fin aussi atroce que celle du fils de Bor.

« Hommes de la mer, tenez-vous prêts ! »

Au dernier instant, il avait lancé un regard inquiet à sa partenaire qui savait tout de ses tourments. Il n'avait pas à tenter de se cacher derrière un masque de froideur et de dédain, elle savait. Elle savait toujours. « J'aurai enfin fait honneur à ma tempétueuse épouse avec ma colère vengeresse. Il n'aura pas de repos tant que nous n'aurons pas obtenu réparation, ma douce. Je te le jure. Personne ne peut s'en prendre à la mer et à la tempête sans se noyer dans une abysse agitée par nos soins. Il ne reverra plus jamais la lumière du jour, j'en fais le serment. » La simple vue de sa femme avait su inspirer ce monologue enflammé. Ràn avait toujours été son rempart, sa vie et ils resteraient ensemble jusqu'à la fin.
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Ami, vous revenez d'un de ces longs voyages qui nous font vieillir vite, et nous changent en sages au sortir du berceau. De tous les océans votre course a vu l'onde - Hélas ! et vous feriez une ceinture au monde du sillon du vaisseau.

Le soleil de vingt cieux a mûri votre vie. Partout où vous mena votre inconstante envie, jetant et ramassant,pareil au laboureur qui récolte et qui sème, Vous avez pris des lieux et laissé de vous-même quelque chose en passant !

~Viktor Hugo



MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ La Bataille des Cinq Armées    Lun 3 Nov - 10:11


The tragedy of war



Silencieux comme un fantôme collé aux flancs du seigneur de la mer, Asbjörn se forçait à demeurer parfaitement impassible. Le visage fermé, la main ferme sur les sangles de sa monture, le regard lointain, il se demandait comment on avait pu en arriver là. Dans l’attente des armées qui se toisent, et du grondement de sabots mêlés aux frottements métalliques des armures, le silence prenait une résonnance qui inquiétait plus que tout l’ase. Avait-il réellement fait le bon choix ? Prendre parti, prendre part à cette guerre, quand la solution la plus sage aurait été de disparaitre, mais voilà, on ne pouvait pas échapper à quelque chose d’aussi grand, vainqueurs et vaincus allaient impacter l’ordre même des choses. Il sentait en son cœur qu’il ne pouvait pas suivre ses frères d’armes, et même si la perspective de se battre contre des hommes qu’il osait appeler amis le faisait vaciller, sa loyauté envers le seigneur des mers en resterait intact. Il serait la main de la vengeance, cette dangereuse raison pour mener une guerre. Il aurait prétendre à plus noble cause, comme la libération de Vanaheim, mais devant une mort prochaine, c’était l’honnêteté envers soi-même qui important plus que toute chose.

Son regard se posa sur les cieux, et vit disparaitre la source de lumière. Était-ce donc dans les noirceurs et froideurs de la nuit qu’ils trouveraient leur salut ? Action, réaction, alors que sonnaient les premiers cors et que les mots des généraux faisait vrombir les rangs d’une effervescence fiévreuse nécessaire pour aiguiser les lames des soldats, il voyait au loin des lumières s’élever, il n’en attendait pas moins des grands stratèges ases. Son regard se posa sur Aegir quand il s’adressa à lui, un geste qu’il appréciait grandement, il savait que cela n’était pas un geste nécessaire. Sa cousine avait été dans son esprit depuis qu’elle avait quitté Asgard, et aujourd’hui, il espérait grandement qu’Aegir ait raison. Il offrit à Aegir un hochement de tête, que pouvait-il dire, les mots ne seraient que perte d’un souffle dont il avait cruellement besoin pour plus tard. Cependant, il doutait de trouver Sif parmi les Ases, certes elle ne resterait pas en retrait, il était même impensable de l’empêcher de se mêler activement dans ce conflit, mais le soldat connaissait sa cousine, elle ferait toujours passer la paix et Thor et leur enfant avant toute chose et de ce fait ne contribuerait jamais à une destruction aussi massive des leurs. Le tonnerre qui fit sursauter sa monture, comme la pluie froide et abondante qui suivit, ne fit que conforter Ásbjörn dans cette idée. Il ne pouvait se permettre de rêvasser à de telles possibilités, car il était temps d’agir. Il prit entre ses doigts un collier appartenant à sa mère et qu’il ne quittait jamais , le baisant et priant pour un dénouement autre qu’une mort certaine pour les siens avant de s’emparer de son épée , prêt à se jeter dans les flots d’acier au signal donné.


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MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ La Bataille des Cinq Armées    Lun 3 Nov - 11:38

Si vous n'êtes ni Sif, ni Hermód, ni Havardr, ni Hel,
ne prenez pas ce post en considération dans vos réponses !


La Bataille des Cinq Armées
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Est-ce que vouloir sauvegarder la paix faisait de ce petit groupe des traîtres ? Balder se posait encore la question. Il avait rejoint Sif, au détriment de Tyr. Pourtant, lors du conseil avec Odin, il s'était tout naturellement juré de se battre pour son père contre tous ces félons. Et il avait suffi que Sif réapparaisse pour qu'il modifie ses plans. Oh il avait été fou de joie de la revoir, de découvrir qu'elle avait donné naissance à une adorable petite fille. Bien sûr, il ne s'était pas gêné pour lui faire ses reproches. Il avait été blessé que Thor et elle s'enfuient ainsi, dans le plus grand secret. Il s'était fait un sang d'encre pour eux et s'était senti trahi qu'on ne lui fasse pas confiance. Il n'avait pas compris son aîné sur ce coup là. Qu'avait donc fait Odin ?

Ce qui ternissait le tableau, c'était l'absence de Thor. Sif était bien présente, mais sans son époux qui ne semblait pas vouloir prendre part au conflit. C'était fort regrettable, car si quelqu'un pouvait mettre tout le monde d'accord, c'était bien Thor. Mais nulle trace de lui. Il était apparu pour retrouver sa femme qui lui avait filé entre les doigts, planifiant la rébellion et il avait tenté de la convaincre de renoncer. Même si Balder était fou de joie de revoir son frère, il n'en avait pas pour autant oublié les enjeux. Il s'était opposé à son aîné, ç celui qui l'avait élevé, se rangeant aux arguments de Sif. Il ne l'avait pas fait de gaieté de cœur et il avait senti ses jambes tremblées quand Thor était parti, les abandonnant à leur folle entreprise.

Ce n'était pas que parce que c'était Sif qu'il s'était rangé à ses côtés. Naturellement, il était fidèle à la jeune femme. Premièrement, en venant avec elle, il pouvait veiller sur elle, pour son frère qui refusait de venir. Il ne se pardonnerait pas qu'il lui arrive quoique ce soit. Deuxièmement, même si Balder était jeune et bouillonnant et qu'il mourrait d'envie de faire ses preuves sur le champ de bataille, surtout alors qu'il ne risquait absolument rien, il n'oubliait pas que ce n'était pas le cas de tous les autres. Il y aurait des morts. Au nom d'un conflit qui ne concernait qu'une poignée de personnes. Enfin, se battre avec Odin, c'était se battre contre Freyja, la mère de Nanna. Pour son épouse, il penchait naturellement vers une résolution moins sanglante du conflit. La Lumière souhaitait réellement l'apporter sur ces mondes qui allaient sombrer dans les ténèbres. Ils étaient peu à y croire, mais ils étaient soutenus par Frigga et Heimdall, de quoi assurer Balder de la justesse de ce combat. Pourvu qu'Odin et Tyr lui pardonnent un jour.

Il cheminait aux côtés de Sif, escortés d'Einherjar qu'ils avaient su convaincre. Ils avançaient droit vers les cachots, où se trouvait le prince Elorin. Quelle ironie que Balder vienne le délivrer alors qu'il avait été le principal instigateur de son emprisonnement. Ils firent une pause où Sif leur rappela le plan et les dangers. Délivrer Elorin, aller au Bifröst, retrouver leurs alliés. Contre toute attente, Hel, la fille de Loki et Sigyn s'était joint à eux, avec son armée de morts. De quoi faire frissonner n'importe quel valeureux guerrier. Balder, lui, était surtout curieux de voir ça. Sif tentait de rassurer tout le monde sur le choix que ferait Thor. Les rejoindrait-il vraiment ? Il le pensais aussi. Pour sa femme, pour son frère, pour la justice, tout simplement.

Il s'engouffra alors avec Sif vers les cachots. Ils n'étaient que deux pour neutraliser les gardes et récupérer Elorin. Mais Sif était une redoutable guerrière et Balder... était invulnérable. Il aurait aussi bien pu y aller seul. Ils se retrouvèrent devant les premiers gardes, étonnés de les voir là, surprenant Sif qui régla rapidement le problème sous le regard médusé du jeune dieu. Il se fendit d'un sourire quand elle l’interpella.

« Oh non, loin de moi cette idée ! Je suis quand même heureux d'être invulnérable, je peux te taquiner sans me manger un bouclier. »

Son sourire s'élargit alors que son regard pétillait de malice. Ils avancèrent encore et une fois la lourde porte ouverte, les choses sérieuses commencèrent. Il y avait là la fleur des gardes d'Odin, autant dire qu'ils n'étaient pas des adversaires faciles. Ils purent compter sur l'effet de surprise pour les premiers, mais une fois celui-ci éventé, le combat se fit plus rude. Mais que pouvait-on bien faire contre un adversaire que nulle arme ne pouvait toucher ? Rien. Les Einherjar présents l'apprirent à leurs dépends. Quand tous furent assommés, Balder balaya l'endroit du regard :

« Tout le monde va bien ? »

Quelques uns avaient été blessés malgré tout. Il fit signe à Sif et ils continuèrent, essuyant encore quelques escarmouches avant d'arriver jusqu'à la cellule du prince elfe qui les regarda, surpris. Ah ce n'était pas tous les jours qu'on voyait un prince d'Asgard et une princesse faire mordre la poussière à des geôliers pour libérer un prisonnier. Balder récupéra les clés sur un des gardes et ouvrit la cellule du prince, avec un demi-sourire.

« Mon cher Elorin, il semblerait que je vous ai méjugé. Vouloir voler Odin était une très mauvaise idée, mais je peux comprendre vos raisons. Actuellement, votre père, aux côtés de Vanaheim et de la Déesse Jörd se battent contre Odin et ses troupes. Nous allons les arrêter. Sif, un petit résumé au prince avant de partir ? Rapide, le temps nous est compté, mais j'adore t'entendre plaider notre cause ! »
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MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ La Bataille des Cinq Armées    Lun 3 Nov - 15:00


la bataille finale
la bataille des cinq armées

Le fracas des lances, masses et épées sur les boucliers est assourdissant. Déjà, les hurlements plaintifs des blessés bientôt trépassés s'élèvent dans la plaine de Nornheim, dont la terre se rougit du sang des vaincus. L'ordre lancé, les cavaliers de l'armée asgardienne accompagnés des Einherjar s'élancent à la rencontre des armées de Vanaheim et d'Alfheim, tandis que les créatures sylvestres surgissent derrière l'armée d'Odin pour la mettre à mal. La clameur des combats est audible depuis Asgard, Asgard qui retient sa respiration, dans l'atteinte du dénouement de l'affrontement. Le Royaume Éternel n'a jamais eu à essuyer la moindre défaite, ni à subir la moindre invasion – jötuns égarés mis à part. Cependant, jamais menace ne fut aussi grande. La moitié des divinités se sont retournées contre le Père de Tout, et l'autre doute à présent de lui. Odin vit-il ses dernières heures en tant que souverain d'Asgard ? L'avenir le dira, c'est sur les terres désolées de Svartalfheim que le Père de Tout livre son propre combat, contre la Terre. C'est ainsi que le conflit aurait dû se résoudre depuis le début, la Terre contre la Victoire. Hélas, c'est Yggdrasil tout entier qui est ébranlé par la haine d'une femme bafouée et les choix difficiles d'un souverain.

Les mâchoires des wargs et autres loups claquent, certaines se referment sur les membres des soldats et valkyries. Les Arbres Penseurs fauchent quiconque se trouve sur leur passage, rugissant furieusement lorsque épées et haches entament leur écorce. Les serpents mordent et crachent leur venin, le brame des cervidés fait écho aux hennissements des chevaux, les rapaces jouent de leurs becs et de leurs serres pour crever les yeux de leurs assaillants, les racines rampent et s'enroulent autour des Ases pour mieux les étouffer. C'est toute la forêt qui se ligue contre les ennemis de la Terre, sans distinction aucune. Quant aux Elfes Sombres, bien peu leur importe la cause, en fin de compte, ils ne sont là que pour faire couler le sang des dieux. Cependant, lorsque que des grognements enragés se font entendre, comme les créatures de la sylve, ils s'écartent. Ils s'écartent pour faire place aux trolls de pierre qui s'avancent vers l'armée asgardienne. Ils sont des dizaines, golems rocailleux et furibonds. Certains se sont fait d'un tronc d'arbre déraciné une masse, d'autres ne se serviront que de leurs poings. À leur vue, les montures ailées des valkyries paniquent, certaines mettent leurs cavalières à terre pour prendre la fuite. Les trolls sont dangereux, certes, mais également aussi décérébrés qu'il est possible pour une créature de l'être. Pour s'en défaire, il n'y a que la force brute et la ruse.


« Tangado haid ! » Si les Vanes se lancent à la rencontre des Ases, ce n'est pas le cas des Elfes de Lumière. Sous les ordres de Sir Elyas et Dame Varda, l'armée d'Alfheim campe sur ses positions. Les elfes sont connus pour leur intellect, leurs stratégies parfaites. « Tangado a chadad ! » Les archers encochent de nouveaux leurs flèches, cependant Sir Elyas ne donne pas l'ordre de tirer immédiatement. « Dartho... Dartho... » Ce qu'ils attendent ? Que les Ases soient si proches que les archers ne pourraient manquer leurs cibles. Et lorsque les cavaliers et les Einherjar sont suffisamment près, une pluie de flèches s'abat sur eux. « Hado ribed ! Hado ribed ! » Ils sont des dizaines à être fauchés par les tirs elfiques. À la première salve de flèches suit une seconde, cette fois-ci enflammées – courtoisie de la déesse Sól. Un semblant de victoire pour les alliés de la Terre, cependant l'euphorie ne dure pas. Car ils sont encore des centaines, peut-être un peu plus d'un milliers à foncer droit vers eux. Mais ce n'est pas tout. Derrière les cavaliers et les Einherjar, une nouvelle vague d'assaillants se met en mouvement. Sur son destrier, Dame Varda siffle entre ses dents. Les Nains. Ces vermines de Vanaheim se sont jointes aux Ases. Est-ce étonnant ? Diantre, non, leur cupidité finira par les conduire à leur perte. Les épées et les lances remplacent les arcs, et de nouveaux ordres sont donnés. Cette fois-ci, les elfes n'attendent pas que leurs ennemis se rapprochent. « Herio ! » Et à leur tour, les elfes s'élancent dans la bataille.

    Tangado haid = maintenez vos positions
    Tangado a chadad = archers en position
    Dartho = attendez
    Hado ribed = feu à volonté
    Herio = chargez


Au tonnerre font écho de curieux grondements qui semblent venir de la montagne. Un sifflement reptilien, couvert par le fracas de la bataille fait trembler d'effroi les elfes, sans pour autant que les Ases, Vanes et Nains ne l'entendent. Les créatures sylvestres se figent brusquement, les plus faibles prennent la fuite. Il arrive. Il arrive, et Il amène la mort et la désolation avec Lui.

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MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ La Bataille des Cinq Armées    Lun 3 Nov - 18:33

Si vous n'êtes ni Sif, ni Balder, ni Havardr, ni Hel,
ne prenez pas ce post en considération dans vos réponses !


La Bataille des Cinq Armées
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Hermod ne s'était pas vraiment posé la question de son allégeance. Elle avait toujours été claire dans sa tête, bien qu'il ne l'ait jamais mentionné en dehors d'un cercle très restreint de personnes. Il ne fallait pas être particulièrement malin pour se rendre compte que le prince n'était que bien peu attaché à son père et les derniers évènements n'avaient fait que l'antagoniser un peu plus. Il ne devait rien à ce Père de Tout qui avait été tout sauf un père à ses yeux. Il avait beau refuser de s'élever contre lui, ce n'était que parce qu'il estimait la paix plus que tout. Jamais il ne se vit comme un rebelle, comme un traître. Il oeuvrait pour Asgard, comme il l'avait toujours fait. Et aujourd'hui, son père menait Asgard vers sa destruction.

Non, si Hermod avait toujours accepté de suivre quelqu'un ce n'était pas son père. S'il ne concevait pas qu'il soit renversé et n'aurait jamais accepté de participer à une quelconque action dans ce but, il ne faisait pourtant bien qu'attendre la succession. Celle de Thor. Il estimait que le temps d'Odin était révolu et qu'il devait céder sa place. Son ainé avait les épaules, et le soutien du peuple, ce que Tyr n'avait pas. Il était bon, et avait été formaté pour être un jour à la tête d'Asgard, et Hermod avait toujours été dans l'attente de ce jour. Pourtant, il n'était pas aveugle et voyait le fardeau de cette responsabilité peser un peu plus chaque jour sur les épaules de son frère, mais il le savait capable de le porter. Après tout n'était-il pas le seul à pouvoir soulever Mjollnir ?

S'il n'avait jamais envosagé de trahir son roi ou de le remplacer, la situation était telle qu'elle en appelait aux mesures extraordinaires. Ces dernières semaines, ces derniers mois avaient été un calvaire pour Hermod toujours par monts et par vaux, aux premiers rangs du massacre diplomatique et voyant venir aux premières loges cette guerre. Il connaissait ceux qui l'avaient encouragé, et pour certains les comprenaient. Pourtant, il avait tenu aux côtés de sa famille, parce que sa place y était. Pas derrière son père, mais derrière certains de ses frères. Quand Balder et Sif étaient venus le chercher, cela avait été comme une évidence. Il ne pouvait choisir un camp, il ne pouvait accepter le massacre. Et puis, malgré les leçons d'Aldis, malgré les entraînements, il n'était pas un guerrier, et tenait à sa vie maintenant qu'elle avait un sens à ses yeux.

Hermod n'avait guère hésité, même au dernier moment, alors qu'il descendait dans les cachots, et avait jeté une cape écarlate sur ses épaules. Il sourit à la pensée que quelques décénnies auparavant, il se serait fait gentiment savonné par son ainé d'avoir voulu le copier. Il savait que son frère ne viendrait pas, mais il avait confiance. Jamais il ne laisserai sa fille risquer d'être orpheline de mère, la leur comptait bien trop à son coeur pour accepter une telle chose. Il viendrait, le moment venu, pour apporter la victoire. Hermod y croyait dur comme fer, et plein de cette résolution c'est le coeur léger et même un léger sourire au lèvre qu'il accueillit son petit frère et sa belle-soeur, mais resta silencieux, concentré et conscient de l'importance du moment. Il acquiesça aux paroles de Sif, il était prêt comme l'étaient les Einherjars à ses côtés à faire en sorte que le plan se déroule sans anicroche... et sans pertes. Il partageait parfaitement les convictions de Sif sur ce point, tout comme sa certitude de voir Thor intervenir. Il regarda Sif et Balder pénétrer dans les cachots avec quelques autres hommes et resta en arrière où il avait bien plus sa place. Le combat à main nues n'était pas vraiment sa spécialité et il risquait plus de se mettre stupidement en danger qu'autre chose, alors qu'avec sa tchatche il était plus utile à dissuader d'autres Einherjar d'intervenir.

Hermod tint donc son poste, encadrant avec Havardr l'entrée des cachots. Le couloir était des plus tranquilles, malgré les bruits, heureusement de plus en plus distants d'armures s'entrechoquant. La tension était palpable, mais Hermod gardait bonne figure. Lorsqu'un Einherjar en patrouille passa devant le cachot et sursauta aux bruits et à la présence des deux hommes, Hermod lui fit signe de se taire. On entendait encore des bruits et des grognements étouffés. Il lui fit un clin d'oeil complice

- Shhhh, on a ramené un cadeau aux copains... On les ramène dans la salle commune dans une heure ou deux.

L'Einherjar partit d'un rire gras et acquiesça, au grand soulagement d'Hermod. une fois celui-ci hors de vue, il se tourna vers son comparse et complice. Havardr était parmi les Einherjar qu'Hermod estimait, et sa présence à ses côtés le rassurait. Il avait beau être un mortel et être sur Asgard depuis peu, il estimait ses capacités et le courage qu'il devait posséder pour ne pas devenir fou, précipité à Asgard comme cela.

- J'espère qu'ils vont en avoir vite fini, je préfèrerai ne pas trop m'attarder...

Hermod était nerveux, et tapotait la poignée de son épée, priant pour ne pas avoir à s'en servir...

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MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ La Bataille des Cinq Armées    Lun 3 Nov - 22:06

I've come to burn your kingdom down

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Quatre millénaires, c'était ce qu'il m'avait fallu pour trouver ma place sur un champ de bataille. Depuis les cieux, j'avais assisté à la guerre qui avait opposé les Ases aux Vanes, cependant je n'avais pas bougé de mon char. À l'époque jeune déesse, je me considérais encore comme une mortelle esseulée, une mortelle que l'on finirait pas libérer de son fardeau... La libération n'était jamais venue, pas plus que les excuses et les remords. Quatre millénaires, c'était ce qu'il m'avait fallu pour comprendre que le Père de Tout n'était le père de rien, qu'il n'était qu'un imposteur, un tyran qu'il était grand temps de jeter à bas de son trône. Le retour de la Terre avait marqué le début d'une nouvelle ère, qui se ferait sans Odin. Six mille ans de règne, c'était bien assez pour le vieillard sénile qu'il était devenu. Il n'avait plus sa place sur le trône, n'avait plus sa place à Asgard. Il méritait de pourrir dans les tréfonds du Ginnungagap, d'être l'éternel supplicié du dragon Niddhög, le Dévoreur de Chairs. Douces chimères que voilà, je me contenterais volontiers de voir sa tête au sommet d'une pique. Le vieux lâche n'avait pas encore pointé le bout de son nez sur Nornheim, et il osait se prétendre Dieu de la Victoire ! C'était une mascarade sans fin, par les Nornes, comment avions-nous pu être si nombreux à nous faire emberlificoter par ses mensonges et ses tromperies ?

La pluie détrempait déjà la plaine, et à chaque fois que le Tonnerre retentissait, je mourrais d'envie de rouler des yeux jusqu'à pouvoir en apercevoir ma cervelle. Eh bien, le Prince Doré jouait-il lui aussi à cache-cache ? Ah ! Tel père, tel fils, après tout. Ce n'était pas son crachin qui aurait raison des flammèches qui serpentaient sur mes bras et animaient ma chevelure. Montée sur mon fidèle Alsviðr, je pus apercevoir les cavaliers d'Asgard charger, accompagnés par la Garde Royale. Je ne m'étais pas attendue à ce que notre volée de flèches ne heurte l'armée asgardienne, à dire vraie j'avais même regretté cette perte de temps alors que nous aurions pu charger les premiers et la coincer entre les armées jointes de Vanaheim et Alfheim et celle de Jörd. Il fallait au moins reconnaître cela aux Ases, ils étaient d'excellents stratèges... Mais nous avions la rage de vaincre et de nous venger, cela devait au moins compter pour quelque chose. Voyant que les elfes ne chargeaient pas, je talonnai Alsviðr pour rejoindre leurs abords, et lorsqu'une nouvelle volée de flèches fila vers les Ases, je les embrasai à l'aide d'une pluie d'étincelles. Les dégâts seraient minimes, les flammes probablement très vite éteintes par la pluie, mais un guerrier brûlé était un mauvais guerrier, puisque distrait par la douleur.

J'abandonnai alors les elfes à leur bataille contre les nains pour m'en aller prêter main-forte à Freyja et ses valkyries. Au milieu de la mêlée, la violence était inouïe, les valkyries méritaient les éloges que l'on faisait d'elles, mais leurs adversaires étaient tenaces, et frapper des femmes ne semblait pas leur poser le moindre problème. Cependant à leur décharge, s'ils voulaient avoir une chance de survivre, ils avaient tout intérêt à ne pas se laisser avoir par les préjugés quant à la délicatesse féminine. Mes seules armes étaient des boules de feu de taille et d'intensité variables que je projetais sur les soldats et Einherjar qui avaient l'audace de s'approcher de trop près, sans jamais effleurer les valkyries et leur cheftaine autrement que pour leur sauver la vie.


Mais arrêtez de me piquer mes codes, zut de flute larmes


I promised you the Sun

But in the end, it's only a passing thing, this shadow. Even darkness must pass.
A new day will come. And when the sun shines it will shine out the clearer.
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MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ La Bataille des Cinq Armées    Lun 3 Nov - 22:15

Si vous n'êtes ni Sif, ni Hermód, ni Balder, ni Hel,
ne prenez pas ce post en considération dans vos réponses !


Bataille finale
Nombreux sont ceux qui vivent et méritent la mort. Et certains qui meurent méritent la vie. Pouvez-vous la leur donner ?

Havardr est embarrassé. L’expression se retrouver le cul entre deux chaises marcherait plutôt bien pour lui. Devoir prendre part à une bataille qui ne le concerne pas est quelque chose, il s’était engagé après tout. Un soldat n’est pas là pour prendre parti et se croiser les bras si la guerre qu’on lui propose ne lui plait pas. Mais le problème ici n’était pas tant la guerre elle-même que son problème d’allégeance. Havardr a juré fidélité à la garde royale d’Odin, mais de l’autre, sa loyauté est entière à Thor … qui ne prend pas parti. Où est sa place dans cette histoire ? Havardr s’est ainsi servi de sa récente présence au sein d’Asgard pour demander à demeurer au Palais Royal. Son Capitaine en avait profité pour le railler, il ne marque pas de point auprès de lui, c’est certain. Mais pour ce qu’Havardr en a à faire. Ce qu’il avait pensé faire pendant la bataille ? Attendre, surveiller, protéger. Histoire de mettre un peu d’ordre dans ses idées parce que toute cette histoire le mettait à mal. Il a encore du mal à savoir où est sa place.

Puis Sif s’était préparée pour le combat et l’avait sommé de venir avec elle. Se battre pour la paix, le concept est étrangement paradoxal. Et bien qu’il avait décidé de ne pas intervenir, il s’était laissé entrainer à sa suite. Parce qu’il n’imaginait pas la tête que ferait Thor s’il avait refusé son soutien à son épouse. Non pas que Sif ne soit pas capable de se débrouiller seule – elle lui sauverait sûrement plusieurs fois la mise avant qu’il n’ait plus dire ouf – mais juste pour le principe. Il suppose. Soit, il aimait beaucoup trop Sif que pour la laisser y aller sans lui, qu’il serve à quelque chose ou pas – après tout, la troupe qu’elle est parvenue à rassembler n’était pas faite que de bras cassés. Hermod, Balder, Hel, … Bon sans dire qu’il était ravi pour Hel, son aide n’était pas de refus. C’est donc sans discuté et toujours aussi mal à l’aise vis-à-vis d’Odin qu’Havardr se laisse à suivre Sif. S’il ne regrette pas son choix, il restera toujours perplexe sur la question de sa loyauté directe. Si Thor et Odin lui donnaient un ordre contraire, à qui obéirait-il ? Il n’avait plus qu’à prier les Dieux pour que ça n’arrive jamais.

Havardr suit la Princesse de près, dans sa quête pour aller délivrer le Prince Elorin, jusqu’à ce que celle-ci lui ordonne ainsi qu’à Hermòd de monter la garde devant l’huis. Il n’a qu’un hochement de tête pour la princesse, il est entré dans son rôle de garde. Simple et efficace. Ca ne l’empêche pas de plaisanter un peu avec son acolyte. « Leur faire un numéro de charme. J’espère que les hommes vous trouveront à leur goût Sire Hermód, je crains de ne pas beaucoup plaire à mes collègues. » C’était connu, Havardr, l’étranger à la peau burinée, et à l’humour quelque peu douteux par moment, n’était pas vraiment le préféré des Einherjar. Ainsi quand un garde sursauta à leur présence, Havardr retient son souffle, il ne fallait pas que cela alerte d’autres gardes. Mais le Dieu à ses côtés le renvoya à sa ronde sans peine. Soupir de soulagement. Il ne connaissait pas beaucoup le jeune Dieu, mais il le tenait en grand respect, et puis il existait des points communs entre les deux hommes qui n’étaient pas à négliger. Les femmes par exemple, tous deux aiment apparemment beaucoup trop les femmes. Il sourit à la remarque d’Hermód. « Je vous avoue que je ne suis pas non plus à l’aise à l’idée de m’en prendre à des gens que je côtoie régulièrement, qu’ils m’apprécient ou pas n’a pas d’importance, mais pour le coup, je préfère leur bottin le train devant les autres qu’isolé de la sorte. » Un peu de philosophie Havardrienne en ce jour. Le ton léger du garde ne trahit pas sa nervosité. Pourtant, la tension est palpable. Concentré à sa tâche, Havardr surveille les alentours, prenant la pose statuaire des Einherjar en fonction, pour moins attirer l’attention. Mais il faut avouer qu’un Dieu faisant une ronde était un peu plus voyant, comme l’atteste l’arrivée de quelques gardes dans leur direction. La main d’Havardr se crispe sur sa lance qu’il garde pourtant plantée droite sur le sol. Un des gardes prit la parole, mais ne s’adressant qu’au Dieu, laissant Havardr dans son rôle de subalterne. Ne pas attirer l’attention. « Sire Hermód, si je puis me permettre, que vous vaut cette visite incongrue dans les geôles ? Nous avons ordre de ne laisser personne s’approcher de ces lieux. » Havardr ne bouge pas, il attend le signal du Dieu pour faire quelque chose. Prendre la parole maintenant serait rendre la situation plus suspecte qu’elle ne l’est déjà.

(c) AMIANTE
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THE STORM BRINGER

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« Good enough to make the ocean look like it's a pond
Good enough to turn the valleys into mountain tops
And we live like legends now, know that would never die
Oh, we got love, we got love »



WITH WATER AND BLOOD



MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ La Bataille des Cinq Armées    Lun 3 Nov - 23:48

Les tambours de guerre résonnaient au même rythme que le pas lourd des six milles soldats qui avançaient dans la plaine. Si la première goutte de sang n'était pas encore tombée, le goût amer de l'hémoglobine était déjà en bouche. Une bataille sans précédent était sur le point de voir le jour. Ràn connaissait ceci par cœur, elle n'était qu'une jeune déesse fougueuse et pleine d'espoir lorsqu'elle eut sa première épée entre les mains. Près de sept millénaires plus tard, sa fougue et sa hargne ne l'avaient pas quitté mais l'espoir s'était désormais mué en une rage aveugle. Oui, la Tempétueuse connaissait la guerre et ses horreurs mais cette bataille avait une allure bien différente de toutes celles auxquelles elle avait déjà participé. La dernière fois que Ases et Vanes s'étaient opposés, elle avait évidemment marché sous l'étendard d'Odin, comme elle l'avait toujours fait. Longtemps ils avaient été amis, ils avaient grandi ensemble et elle avait aveuglément tout donné à cet homme qu'elle avait admiré et respecté. De l'admiration, il n'y en avait plus depuis longtemps. Et le peu de respect qu'il restait à la terrible souveraine des océans pour son vieux compagnon d'armes venait de voler en éclats. Elle était à présent prête à tout pour faire choir ce vieux bouc du trône qu'il s'octroyait depuis trop longtemps. Au point de faire tomber de vieilles alliances. Au point de marcher sous les couleurs de Vanaheim. Si pendant de longs mois Ràn avait offert son soutien à Jörd uniquement de loin il n'en était plus rien. Elle resterait Ase jusqu'à son dernier souffle mais ne sacrifierait plus rien au nom d'un roi félon. Elle était prête à tout donner, à commencer par sa vie, pour mettre un terme à son règne. Elle se tourna vers ceux qui l'accompagnaient. Elle était évidemment aux côtés de son âme sœur, ils étaient en cet instant plus unis que jamais. Dans leur sillage, leurs vagues réclamaient elles aussi vengeance. La famille de la mer avait bien des défauts mais jamais leur unité ne serait remise en cause. Dans les pires tourments elle formait une entité indestructible. La déesse croisa ensuite les regards de Var, l'amie de toujours et Asbjörn, le fils qu'elle n'avait jamais eu. Deux fidèles d'Odin qui avait finalement choisi de suivre la voie du cœur. Elle était trop fière pour l'admettre mais leur présence était pour elle plus précieuse que tous les joyaux d'Yggdrasil.

Le couple des mers continuait à avancer aux côtés des seigneurs de Vanaheim, suivis de leurs armées respectives. Plongés dans l'obscurité par les bons soins de Sol, ils étaient prêts à en découdre. Jamais une telle rage de vaincre ne s'était emparée de la déesse qu'on rattachait pourtant bien volontiers à cet état d'esprit. L'appel de la vengeance était la plus forte de toutes les colères. Soudain une voix se fit entendre. Une voix que la fille d'Egil eut bien du mal à comprendre tant elle était faible. La guerrière mit du temps à réaliser que cette voix venait uniquement de sa tête, elle n'était qu'une petite voix intérieure avec des allures de conscience. Une voix qu'elle se refusait d'entendre depuis des siècles puisque sa conscience à elle fut pendant longtemps de chair et de sang et qu'elle n'était plus à présent. Dès l'instant où elle avait endossé sa vieille armure, la Tempétueuse y avait songé. Oui, Angeya n'aurait jamais accepté une telle chose, elle n'aurait pas hésité à raisonner les siens et à promouvoir la paix. Mais il n'était plus question de Jörd, il n'était plus question de mettre son nez dans des affaires qui ne concernaient personne d'autres qu'Odin et les siens. Il était temps que la Mer se venge. Il était temps de rétablir la vérité, toute la vérité. Celle de Jörd bien sûr. Mais avant tout, celle d'Angeya. A cette pensée, la main de la Tempétueuse se serra un peu plus autour de son arme. Il faudrait toute la force de persuasion des siens pour qu'elle n'enfonce pas elle-même sa lame dans le cœur d'Odin. Si cette occasion devait se présenter, elle n'avait aucunement l'intention de baisser les yeux. Elle le regarderait s'éteindre comme il avait assisté au dernier soupir d'Angeya. Lui qui lui avait si souvent reproché son arrogance à peine dissimulée recevrait de plein fouet tout le mépris et le dégoût qu'il lui inspirait à présent.

La bataille était plus proche que jamais, la déesse s'était donc plongée dans le silence comme à son habitude lors de moments aussi importants. Mais aux côtés d'Aegir, elle dut déroger à ces précieuses règles. Cette bataille n'avait de toutes façons l'allure d'aucune autre. « Ces paroles réchauffent mon cœur meurtri. Le tuer de mes mains semble à présent la seule délivrance pour mon âme tourmentée. Mais je ne trouverai pas le repos avant qu'il n'ait fait toute la lumière sur ses terribles agissements. Je veux savoir ce qu'il a fait d'elle. » acheva-t-elle à demi-mot afin de n'être entendue que d'Aegir. Elle ravala les sanglots qui affluaient déjà au fond de sa gorge et parvint à conserver le masque de haine qu'elle s'était forgée depuis des jours. Mais l'émotion était palpable entre les deux parents meurtris. La déesse se tourna alors vers les jumeaux vanes qu'elle toisa du regard avant de leur adresser un signe de tête accompagné d'un sourire entendu. Elle savait les paroles de Frey sincères et elle regretta un peu de lui avoir tourné le dos pour préservé les siens. Mais n'aurait-il pas fait de même dans le cas inverse ? Quant à Freyja, la Tempétueuse savait parfaitement que venger la fille de sa vieille rivale était sans doute le cadet de ses soucis. Mais pour Angeya, Ràn était prête à mettre toutes les vieilles rancunes de côté. Une preuve d'amour étonnante pour qui connaissait la mère des vagues. « Odin paiera. Justice doit être rendue à tous ceux qu'il a bafoué durant ces années de tyrannie. Sur ma vie, j'en fais le serment. » Elle faisait également le serment que rien n'arriverait aux siens. Plutôt mourir elle-même plutôt que perdre une nouvelle fille en voulant venger l'aînée. Mais une telle tragédie n'était tout simplement pas envisageable.

Spoiler:
 


war of hearts + I can’t help but be wrong in the dark cause I’m overcome in this war of hearts I can’t help but want oceans to part cause I’m overcome in this war of hearts


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MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ La Bataille des Cinq Armées    Mar 4 Nov - 1:14

E
lle comprenait aujourd'hui mieux d'où venait cette violence intrinsèque à tout viking, ils avaient été façonnés à l'image des dieux, ceux-là même qu'elle observait être des parangons de morgue, de férocité et de bellicisme. Des déités qui guerroyaient contre des déités, c'était irraisonné, aussi ubuesque que deux communautés midgardiennes se livrant bataille pour une question de territoire, mais cela était malheureusement monnaie courante. L'impérialisme n'était pas qu'une affaire de chrétien ou tout autre peuplade apostate, eux aussi, ressemblaient à des meutes de lupins affamés de contrées et biens à conquérir. Incroyable, mais Sváfa avait presque l'impression de découvrir l'essence de sa culture, il fallait dire que tant d'hétérogénéité aussi bien dans les rangs alliés que ceux ennemis l'étourdissait de façon certaine, elle espérait ne commettre aucune bévue et ne pas diriger son arme sur le plastron de la mauvaise proie. Elle ignorait si avoir toutes ces créatures sorties de leurs antres naturels la réconfortaient, en face, ils n'avaient rien de moins que les ouailles du Père de Tout, et même si la majorité des princes asgardiens manquaient à l'appel, elle n'omettait pas que l'illustre Tyr se tenait dans le camp antagoniste. Et cette pluie diluvienne qui n'en finissait pas, elle lapidait les chairs aussi sûrement que la conflagration calcinait les coeurs, pourtant, la guerre ne devait point être une fin en elle-même, et elle ne distinguait aucune allégation valable à toute cette frénésie insensée. Fort heureusement – ou non – que la fièvre de ses comparses s'avérait contagieuse, ou peut-être n'était-ce que cette véracité qui lui susurrait qu'elle ne pourrait de toute façon plus s'arracher au combat qui approchait pernicieusement. Galvanisée par l'atmosphère particulièrement barbaresque, elle hurla à gorge déployée, joignant son cri de berserker à celui de ses consoeurs avant de se jeter dans la mêlée. Dans ces instants de vésanie, mieux valait ne pas songer et être à l'écoute de ses instincts les plus primitifs, si d'aucuns étaient destinés à périr sur ces plaines bientôt diaprées de pourpre, alors, nul ne pourrait rien y faire.

Elle regrettait sa monture ailée restée à Asgard lors de leur fuite forcée à Vanaheim, sous les ordres de Freyja dont elle ne put apercevoir le galbe. D'autant plus que le premier impact se fit électrique, l'épaule d'un ase percuta brutalement la sienne et la contraignit à exécuter une vague pirouette à même le sol pour se retrouver sur ses pieds un peu plus loin. Pas le temps de vagir vendetta, le bougre s'était de toute manière déjà perdu dans la cataracte de bretteurs, et ce fut de justesse qu'elle esquiva le tranchant d'une lame qui l'aurait écourtée d'une tête. Les vociférations qu'elles aient été de douleur ou de résolution étaient assourdissantes, tout ne reposait que sur les réflexes et l'expérience, et il était ardu de rivaliser en la matière lorsque l'on ne croisait le fer avec les divins que depuis une poignet de mois. Cependant, et l'Amour lui en soit témoin, elle ne s'était pas élevée au rang de valkyrie pour des trivialités, et ce fut son âme qu'elle damna à travers chaque mouvance. Son épée ébaucha plaies et estafilades, elle parvint même à anticiper l'assaut d'un Einherjar qu'elle déséquilibra d'un beau jeu de jambes. Elle ne perdit pas une seconde pour lui bondir dessus et ficher son estoc dans son faciès, creusant directement l'oeil jusqu'à ce que la pointe ne se cogne à l'arrière du casque. « A quoi bon... mais par tous les dieux, pourquoi ?! » Ses prunelles croisèrent le quidam devenu macchabée encore chaud sous elle, le cadavre en lui-même n'était pas apte à l'horrifier, ce fut davantage le fait de mirer ce trépas vain en face à face. Un guerrier qui ignorait pour quoi il luttait était le pire des vagabonds, le pire des démons.
Mais vint une intervention inopportune qui lui fit goûter à la fange. Bousculée par un nain, l'Ulfrikdóttir s'était alitée de tout son long, et elle vit les rôles s'inverser lorsque son assaillant se jeta sur elle pour la pourfendre de sa hache. Un duel de force s'entama alors, la donzelle tentait d'éloigner le lame de son minois là où son adversaire désirait lui tronquer le visage – petit, mais incroyablement costaud, et matois qui plus est, puisqu'il lui asséna un coup de poing dans l'espoir de l'assommer pour mieux pouvoir l'occire. De l'aide, ou c'en serait déjà fini d'elle.



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Ami, vous revenez d'un de ces longs voyages qui nous font vieillir vite, et nous changent en sages au sortir du berceau. De tous les océans votre course a vu l'onde - Hélas ! et vous feriez une ceinture au monde du sillon du vaisseau.

Le soleil de vingt cieux a mûri votre vie. Partout où vous mena votre inconstante envie, jetant et ramassant,pareil au laboureur qui récolte et qui sème, Vous avez pris des lieux et laissé de vous-même quelque chose en passant !

~Viktor Hugo



MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ La Bataille des Cinq Armées    Mar 4 Nov - 17:48


The tragedy of war


Les sabots martelaient le sol meuble dans les noirceurs de la nuit interrompues par les boules de feu de Sòl qui illuminaient l’espace de deux secondes d’une clarté cruelle les premiers tombés aux combats. En jeune Ase, Asbjörn n’avait connu de guerre aussi importante, si et là des mutineries ou guerre civile, mais rien de cette envergure. Ce qui changeait ce qu’il était aussi certains de reconnaitre dans les yeux livides des corps brisés des hommes que jadis il avait appelé ses frères. Était-il un traitre ? Cette question le hantait dans un coin de son esprit, il ne voulait pas tuer les siens, mais il ne pouvait laisser cette pensée prendre le dessus , car cela aurait signé son arrêt de mort. La lame qui hésite n’est point une bonne lame, voilà le précepte que son père lui avait appris pendant les années d’entrainement. Il devait se garder d’être homme libre alors qu’il avançait dans la masse à vive allure. Sa monture lui offrait un avantage, renversant, piétinant sur son passage, alors qu’il faisait virevolter son épée pour faucher les pauvres bougres encore debout sur son passage. Mais cette première étape fut rapidement terminée, quand c’est à la bête qu’on fauché les jambes, la faisant dans un cri d’agonie écrouler au sol, laissant tout juste à l’ex Einherjar de se défaire avant de croiser le fer avec un soldat. Sa main trouva rapidement ses anciens réflexes et alors qu’il para une attaque, sa main s’éleva sur la poitrine de son ennemi pour y dessiner une rune et en prononcer le nom et l’usage. Il vit son inconnu d’ennemi être jeté comme un vulgaire chiffon.

Asbjörn se releva, et grimaça, la chute de son destrier avait eu ses effets et sur ce terrain boueux, le froid commençait déjà à engourdir ses membres, pourtant le temps de réflexion n’était point donné, car un voilà qu’il réalisa qu’il était sur la trajectoire d’un wrag qu’il évita de justesse pour ensuite se retrouver confronter à une scène banale de bataille, deux âmes opposées qui essaient d’avoir le pouvoir sur l’autre. Ni de une ni de deux, il se fraya un chemin vers eux, usant d’un effet de surprise, il vint simplement lui briser la nuque dans un craquement sinistre avant de pousser le corps sur le côté. Il observa sans joie le corps gisant ayant encore la rage sur ses traits. Pourrait-on lui pardonner ce genre d’actes ? Pourrait-il se pardonner pour de telles actions ? C’était une guerre sale. Il tendit alors la main vers la valkyrie dont il n’avait pas encore reconnu le visage, car trop pris par ses observations. « Il n’est point le temps de prendre un bain de boue » remarqua-t-il avait une once d’humour noir, que restait-il à part essayer de rire de cette tragédie et de cacher son cœur meurtri à l’autre. Quand elle se releva, et qu’il prit enfin le temps de l’observer, une expression de pure surprise se colla sur sa face. « Toi ? Ici ? » Laissa-t-il échapper. Il ne s’y attendait pas, mais alors pas du tout, et fit la plus belle des grimaces d’étonnement et d’incrédulité. Il sentit derrière lui du mouvement et bougea son bras dans le dos juste à temps pour parer une attaque venant de derrière. Il profita du moment d’arrêt pour donner un coup de coude derrière lui et tourna pour pousser son adversaire avant de lui enfoncer sa lame dans le tronc, puis se retourna vers la valkyrie. « Si nous sortons vivants d’ici, belle enfant, je tiens à ce baiser et à un verre » lui dit-il avec un sourire tout en lui lançant la hache qui quelques minutes plus tôt et resta à ses côtés.
(c) Dribbly




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MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ La Bataille des Cinq Armées    Jeu 6 Nov - 8:47



Crépitement dantesque. La terre tremblait sous la déveine d’un premier impact, semblable à l’écho d’une allumette que l’on craquerait dans la noirceur de la sorgue divine. Fermement flanquée sur son destrier, la flavescente vague s’engageait dans les premières joutes ennemies, le bouclier dressé pour se prémunir des flèches volantes si généreusement offertes pas leurs adversaires en guise d’amuse-bouche. L’acier de son estoc mordit chair et poussière sur son passage, laissant des voltiges épars d’armure défragmentée et de pourpre insaisissable dans son sillage mortifère. Et bien que cavalière émérite, Hefring peinait à se maintenir sur selle. Sous ses jambes pressées contre le tronc de sa monture, la bête s’agitait d’une anxiété croissante au vue des alliés de la forêt qui sillonnaient non loin, expectorant des phonèmes tonitruants, écrasant sans distinction les déités qui osaient se dresser sur leur chemin. Bigre! Quand la nature y mettait du sien, elle ne lésinait pas sur les moyens... Hefring sentirait presque ses entrailles bouger sous les sabots de sa monture. La glèbe exsudant son ire et la laissant gronder en chaque craquelure tellurique. De quoi ressentir une certaine impuissance, même pour le divin. Et si la dernière vague faisait fi de cette agitation terrestre, son destrier, lui, cambra violemment son râble au passage contigu d’un troll farouche qui manquerait de peu d’éjecter l’animal et sa cavalière d’un même coup de dextre balourd. Alarmée mais familière aux retombées de cette aléa prévisible, la Vague ondula d’une glissade latérale sur le bassin crispé de l’animal pour atterrir tout en souplesse au cœur des violentes escarmouches. A peine l’eut-elle délaissé que l’équidé apeuré disparut dans le conglomérat de soldats enlacés dans une danse macabre…

Sa lame, mais aussi ses réflexes hérités de longs entraînements avec l'Océan et la Tempête, lui permirent de parer les premiers coups d’épée lancés hasardeusement à son adresse. Tout n’était plus que nuées de poussière et gouttelettes de sève vermeille dans son pourtour anarchique. C’est à peine si elle savait se localiser sous les boucliers guindés et les épées hérissées. Sans compter les natifs de la forêt qui esquintaient leurs forces à malmener les dieux et ce, sans se chinoiser à faire la distinction entre les différentes troupes. Non, ils fonçaient dans la mêlée sans discrimination, quoique fort heureusement entraînés vers l’avant, mais sans pour autant s’incommoder d’obvier aux Vanes qui sillonnaient dans leur foulée. Râles agressifs, glapissements hurlants, le début de l’affrontement n’était déjà plus que tourbillon de perdition pour maintes âmes désœuvrées. Aspirée dans cette échauffourée largement teintée de pourpre, Hefring faisait valser son épée entre les carnes pour pourfendre celles qui avaient la franche détermination d’attenter à sa vie. L’amazone aquatile n’était déjà plus qu’un parangon de labeur avec son visage barbouillé de sueur et de sang noirci. Quelques éraflures légères venaient agrémenter l’épiderme rougi par l’effort… De duel à duel, l’Impétueuse combattait sans voir sa motivation chanceler - ou presque - au grès des escrimes assassines. Une besogne sans réjouissances... Bien que passionnée de combats, il en était tout autre aujourd'hui, où son devoir rimait plus à triste devoir qu’acte honorable. Cette bataille transpirait la fratricide. Et chaque cadavre abandonné dans sa traînée guerrière lui refilait la nausée. Des visages méconnus qui se dressaient face à elle, arme levée, avec l’intime conviction de faire d’elle une énième victime. Hefring n’était pas sûre de la façon dont elle réagirait face à un adversaire familier. Un camarade devenu ennemi par simple divergence d’allégeance…Pourrait-elle froisser l’acier en faisant fi des amitiés passées ? La réponse était déjà toute écrite...

Certes elle réclamait vengeance. Oh par les Nornes tous puissants, elle la désirait à tel point! La colère s'ameutait en son sein comme la foudre déchirerait la noirceur du ciel de son flambeau comminatoire. Mais pas de cette façon... Pas au travers d’un massacre où le principal concerné était porté absent ! Les désirs de certains avaient su s’associer aux vieux desseins d’autres, si bien qu’à l’heure d’aujourd’hui, alors que sonnait le glas des vieilles rancœurs, le monde divin se voyait tirailler dans un bain de sang où la victoire était aussi incertaine qu’un jour de clémence en pleine mer.

Grisée par les effluves métalliques viciant l’air, Hefring tituba en extirpant sa lame du poitrail d’un preux asgardien. L’odeur de la mort rôdait à présent de sa vaste senteur dans les troupes agglutinées l’une contre l’autre. De quoi annoncer la couleur de cette funeste journée… Prise d’une inexorable inquiétude, l’Aegirdottir tenta de localiser d’un regard soucieux le reste de sa fratrie, poussée par le besoin de soulager cette gangrène émotionnelle. Non loin, elle aperçut Dufa se démener avec une agressivité caractéristique, mais ne dénicha guère les impérieuses silhouettes parentales, ni celles de ses autres sœurs. Dans la foulée d’un examen bâclé, elle remarqua son cher Absjorn porter secours à la jeune mais vaillante valkyrie pour qui elle alimentait une inestimable admiration. Toutefois, elle dut mettre un terme à son introspection lorsqu’une ombre menaçante se profila dans son itinéraire. Ses jambes tremblèrent lorsqu’une lourde épée s’abattit sans crier gardes sur son alfange dressée à temps. Nom d’un Pantoufle enragé ! Depuis quand Tyr recrutait-il pareil colosse ?! Ses genoux plièrent tant sous la force de l’attaque que la belle dut se rouler sur le côté, ramassant de la boue séchée sur sa carne agile dans une dérobade disgracieuse. Et avant qu’une félonne lame ne vienne se ficher dans l’épigastre de la séraphique guerroyeuse, un bond articulé la propulsa sur ses deux solides gambettes. L’estoc ennemi déracina quelques nuages de particules basanées dans son impact manqué de peu. C’était moins une… Une frappe suivit d’une esquive. Vice versa. Ce duel opposait force et agilité. Déjouant de peu les giboulées d’acier, Hefring parvint, après un rodéo long et épuisant dans la cohue guerrière, à administrer un coup néfaste – si pas mortel - dans le gosier de son émule. Mais à s’être trop préoccupé de son « Goliath », épée encore fichée dans la carotide du vaincu, la dryade n’entendit pas le sifflement vaurien d’une lance se rapprocher par derrière, prête à lui briser les vertèbres dans une volée traître.


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MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ La Bataille des Cinq Armées    Jeu 6 Nov - 9:26



Même si Vidar n'avait pas été directement impliqué et empli de rancune à l'encontre d'Odin, l'atmosphère seule l'aurait fait se précipiter sur la plaine de Nornheim pour se joindre au nombre des immortels assemblés. Pas par soif de sang ou de guerre. L'atmosphère seule. L'air était saturé de vengeance et la nature elle-même était empreinte d'une rancune inextinguible qui faisait vibrer l'air d'avant la bataille. Les combattants n'avaient qu'un mot aux lèvres, un souhait à l'esprit. Vengeance. Rarement Vidar ne s'était dans une telle situation appelant de ses vœux son action en temps que dieu de la vengeance, les âmes vengeresses demandant le sang et la justice.
Si cela même n'avait pas suffit à lui donner envie de se mêler au chaos pour butiner cet électrisante atmosphère, il avait de toute façon plus que sa part de se joindre aux combats et de prêter sa lame à lame aux Vanes. Beaucoup devaient avoir de hauts et beaux motifs pour s'opposer ainsi au Père de tout, mais au final tout cela se résumait par un désir de vengeance et de justice.

Il était même étonnant que la situation n'ait pas implosé des siècles auparavant, et l'Ase le regrettait de toute son âme. Il aurait aimé que sa mère, qu'Ingvild puisse profit de cette bataille, qu'elle puisse combattre et se venger elle-même ou du moins assister à l'effondrement du règne d'Odin. Mais cette bataille finale était trop tard à ses yeux, et il ne lui restait plus que le plaisir de la vengeance. Comme tant d'autres femmes, sa mère avait été bafouée par Odin. Les noms qu’égrainaient les lèvres des combattants étaient différents d'une bouche à l'autre, même le même sentiment, la même combativité les habitait. Et elles seraient vengées. Il ne croit pas en la demi-mesure, la diplomatie et les belles paroles, pas ce jour-ci. Cela faisait des mois que la rébellion couvait et que Vidar cherchait à l'exciter par l'usage insidieux de ses dons naturels et par ses paroles doucereuses, faisant ligue commune avec le seigneur de Vanaheim. Et enfin, l'heure avait sonné.

Des armées disparates qui tentent de faire front uni face à l'or d'asgard, l'or de ces armures et de ces orgueils qui toujours se tiennent prêts à mourir pour un couard et un monstre sans cœur. Odin. Comment peuvent-ils encore suivre ce dieu ? Vidar n'était pas entouré par quelques pleutres en haillon ; ils étaient nombreux à se hausser contre Odin, et nombre de dieux importants se trouvaient parmi eux ; n'était-ce pas une preuve qu'ils étaient dans leur bon droit ? Vidar est un dieu entêté jusqu'au ridicule, mais tout de même. Se tenir encore sous la bannière du fils de Bor est un marque flagrante de stupidité. Ceux qui désirent cette guerre fratricide, ce ne sont pas les assaillants, mais ceux qui persistent dans leur erreur et leur fidélité absconde. Odin ne doute jamais de rien, n'est-ce pas ? L'habitude d'être vainqueur l'a rendu naïf et faible, en tous cas aux yeux de Vidar. Le Père de tout n'est pas là. Odin n'est pas là, les elfes et les Vanes marchent de front, et le soleil lui même boude ; si l'astre solaire est contre eux, ne peuvent-ils pas s'apercevoir qu'ils ont tort ?

Quant à lui, il n'aura pas de pité ; Oui, ce sont des Ases en face de lui, et il connaît sans doute un certain nombre. Cela n'arrêtera pas son bras. Vidar n'a jamais été contre les dommages collatéraux lorsqu'il vient l'heure d'accomplir sa vengeance. Et cette vengeance-ci, il la médite depuis si longtemps qu'il ignore ce qu'il restera de son être après qu'elle ait été accomplie et que le moteur de sa haine déchu de son trône de mensonges. Il a du mal à croire que cela a vraiment lieu, que ces fantasmes longtemps rabâchés sont devenus réels. La perspective de mourir face au nombre ahurissant d'ennemis qui se dressent face à eux de l'effleure pas, ne l'inquiète pas. Plutôt mourir que de reculer alors que sa vengeance lui tends les bras.

Saccager Asgard, massacrer les Ases se dressant sur son chemin, cela lui importe peu. Il veut Odin et sa mort. Sanglante, ente et cruelle, si on lui laisse avoir son mot à dire, mais aujourd'hui il y a une longue file pour devenir le meurtrier du Père de tout. Leur camp est hétéroclite, soudain ramené autour d'un même ennemi. C'est peu, mais l'Ase a confiance dans l'unité que confère le désir de vengeance et la haine. Cela serait suffisant. Ils sont dépassés par le nombre, mais chacun des guerriers qu'il aperçoit est émérite, et surtout, déterminé. La belle Ràn, Hefring. Mais ces pensées n'arrivent meme pas à l'esprit de Vidar. Il entend distinctement Frey à quelques distances de lui promettre vengeance et victoire, haranguer les soldats qui les entoure. Le dieu de la vengeance s'autorise un bref rictus satisfait, l'heure à sonner, et malgré la cocasserie de se retrouver d'accord avec les propos d'Aegir...l'heure de la vengeance à sonner et Vidar n'en peut plus d'attendre.

Les archers de Alfheim. Puis de Vanaheim. Puis eux. Il fallait employer la patience et le bouclier avant que les lames n'entrent dans la danse. Patience avant la tempête. L'astre doré qui s'est fait la malle et les assauts furieux de la pluie qui martèlent les armures et les armes. Sinistre jour pour mener bataille, ou temps mythique pour sonner la fin d'Odin ? Vidar aime à penser que cela ne ferait qu'un épique élément narratif, lorsque viendra plus tard l'heure de narrer la chute du Père de tout. Il a appris à aimer la pluie et les éléments tourmentés. Mais ces pensées là, c'était avant que le raz de marée de la guerre ne subjugue ses pensées et les annihilent toutes une à une pour ne laisser que le guerrier ; le temps de resserrer une dernière fois ses doigts sur la poignée de son bouclier, et soupeser sa lame dans sa main avant que la bataille n'atteigne sa position. Vidar abandonne rapidement son cheval pour se jeter à corps perdu dans la mêlée. Il a passé des millénaires à apprendre le métier des armes et l'art de faire couler le sang, à apprendre d'une valkyrie à se battre comme telle, à se battre de toute son âme. S'il est là pour venger sa mère, autant lui faire honneur au passage. Qu'elle est la pire chose qui pourrait arriver ? Mourir au combat ? Un mal pour un bien.

Les ordres tonnent en même temps que les cris, de rage, de douleur et de ralliement. Tout ce qui n'a pas trait à sa survie immédiate – il ne compte pas mourir avant d'avoir atteint son objectif, que tous les autres dieux lui en soient témoins – et le chemin est semé de plus d'ennemis qu'il ne peut en compter. Qu'il ne peut en abattre. Jörd s'est joint à la bataille, mais cela passe très loin au-dessus de la tête de Vidar, contrairement à une flèche qu'il n'hésite que de justesse. Son bouclier accroché à son bras gauche lui semble par instants peser plus qu'il ne peut supporter, mais lui sauve la vie plus souvent qu'à son tour. Esquive, parade, lame qui s'enfonce dans la chair, lame qui tranche et qui coupe, bouclier qui s'entrechoque. Une suite de mouvements, mais Vidar reste plus concentré sur le résultat qu'il espère de son âme que sur le processus presque machinal.

Presque. Parce qu'il n'y a pas d'illusions à se faire. Il a besoin de tout son art et de toute sa concentration, pour un combat auquel il n'a jamais connu d'égal de son existence. Ses cheveux lui retombent, poisseux de sueur et de sang devant les yeux et son souffle court passe difficilement ses lèvres asséchées. Vidar fait jouer son épée dans sa main, resserrant sa prise de ses muscles endoloris alors que son regard passe sur le champ de bataille. Partout, un combat fratricide pour un dieu qui ne joue les abonnés absents. Lorsque les dieux se battent à mort, il y a évidemment du grand spectacle. Et comment manquer tel spectacle quand un guerrier dépasse tous les autres de sa haute taille ?

Hefring. Evidemment. Vidar sent un sourire en coin monter à ses lèvres lorsqu'il reconnaît la guerrière qui tient tête au colosse. Couverte de boue, mais toujours vivante. Elle qui souhaitait rejoindre les Valkyries , sa lame se montre à sa hauteur alors que mort incarnée dans toute sa grâce, elle virevolte dans une danse macabre. Il repousse de son bouclier un ase qui venait à sa rencontre, mobilisant toute sa force pour le repousser sans reculer. Avancer au contraire, vers Hefring alors que celle-ci porte le coup de grâce. Beauté terrible et vengeresse, qui hante le regard et le cœur du dieu. Il a tendance à aimer les femmes capables d'être sa perte, il faut croire.

Sdong. Vidar laisse se ficher dans son bouclier levé au-dessus d'eux la lance destinée à la déesse. Le panneau de bois intercepte le ray mortel avant que le dieu ne baisse le bras protecteur. Vidar rengaine prudemment le temps de briser la lance - A ce rythme, il n'aura bientôt plus un bouclier, mais un hérisson suspendu au bras pour le défendre. Il pose son regard sur Hefring, puis sur son ennemi vaincu et s'autorise un sourire dans cette tempête, posant un court instant, presque irréel, sa main gantée sur le bras de la jeune femme.

«- Je m'en serais voulu de gâcher ton plaisir.»


Puis son regard s'assombrit à nouveau alors qu'il reprend en main son épée et affiche un air sombre qui prédit vengeance et cruauté. Son côté pessimiste pensait que cela ne suffirait jamais. Son côté déterminé, acharné à tendance chien enragé qui ne lâcherait sa proie pour rien au monde avait décidé que cela suffirait coûte que coûte. Quoiqu'il arrive à présent, il est trop tard pour reculer et dans un sens, il n'est pas content de la destinée l'ayant rapproché d'Hefring dans le chaos. Odin. Il veut Odin, et ce avec une haine qui tient de l'obsession malsaine en cette heure.
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MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ La Bataille des Cinq Armées    Jeu 6 Nov - 22:17




IRON FIST


Les sabots gargantuesques de l’étalon avaient arrachés mottes et humus à la terre meuble, envoyant valser les projectiles glaireux au rythme de ses ruades hargneuses de titan. Son cavalier avait ponctué chaque mouvement d’un coup d’épée puissant et déjà, le fil acéré de ce croc unique se couvrait d’écarlate au rythme des vies qu’il fauchait.

Il exhorta d’ailleurs sa monture à s’élancer au galop, piétinant du même coup quelques renards en pleine charge. Profitant du répit que lui prodiguait la vitesse, il évita tout d’abord un lourd roché projeté dans sa direction par un Arbre Penseur avant de se munir du cor de guerre noué à son épaisse ceinture de cuir. Le portant à ses lèvres où perlait un peu d’hémoglobine après l’assaut de quelques rapaces, il en tira une note sourde et courte. Comme souvent, en échos, l’ordre lyric fut reprit par quelques subordonnés attentifs, signifiant ainsi à leur archers qu’il était l’heure de bander leurs arcs à nouveau. Il ne vit pas la salve, trop lointaine et qui se fondait à la pluie battante, mais il perçu tout de même son sifflement ténu et mortel malgré les grondements orageux de la voute.

Toujours projeté à vive allure, qui slalomait entre trolls de pierre, cervidés belliqueux et montures ailées en pleine débandade, il fit porter son regard loin vers la montagne. En d’autres temps, de quelques coups de cor et beuglements bien placés se serait-il déjà chargé de diviser ses forces. Le plan se découpait parfaitement au sein de son esprit quand bien même il ne pouvait le mettre à exécution. Pour les elfes, tout d’abord un harcèlement systématique par les airs avec archers et Walkyries afin de diminuer significativement leur nombre sans devoir croiser de trop près leurs lames mortelles. Puis le coup fatal avec sa cavalerie et la moitié des Einherjars. Pour les Vanes et leurs alliés, une attaque massive avec la presque totalité de ses lanciers, épéistes et ce qu’il restait des hommes de son père, percer leurs lignes et fendre leurs forces en deux pour un abattage systématique.

Au lieu de cela, ils en étaient réduits à faire de l’esbroufe en attendant la vraie charge, et celle-ci n’allait certainement plus tarder.

L’afflux d’adrénaline procurée par ce début de bataille lui avait momentanément fait perdre de vue que tout cela n’avait absolument aucun sens, qu’il ignorait au fond ce qu’ils faisaient là, et que la résignation détachée qui était sienne frôlait de près le pathétique. Observer cette montagne, la laisser lui arracher un frisson, voilà qui le ramenait à la réalité…

Et c’était heureux car cela lui permit de percevoir cet infime mouvement du coin de l’œil. Celui qui précède le choc.
Sans savoir encore ce qui l’avait percuté, il se retrouva désarçonné, vautré dans la gadoue, tout emberlificoté dans sa cape. Chassant une mèche de cheveux dégoulinante d’un brusque mouvement du chef, il redressa celui-ci, juste à temps pour voir fondre sur lui un énorme tronc mort.
Pour l’éviter, il roula de côté, et de ce même tournoiement il fut de retour sur ses bottes, la garde d’Ulfberht au creux de sa main gauche. Mais que pouvait ce cure-dent face à un monstre de pierre ? Le tronc fendit l’air à l’horizontal cette fois, et le Prince fut projeté à des mètres de là. Le temps qu’il soit debout à nouveau, et l’opulente masse de roche s’était élancée vers lui, piétinant au passage une bande de reptiles qui asphyxiaient l’un de ses hommes. Au lieu de rouler de côté comme il aurait été sage, Tyr décida d’assumer ce frontal avec un troll. Campant fermement ses jambes dans la boue, il profita des quelques courts instants avant l’impact pour trouver de quoi s’armer. Epée, hache, bouclier, cotte de maille, tout cela, il avait, mais il lui manquait tout de même l’arme essentielle. Guerre savait que l’on ne se battait jamais aussi bien qu’à la pointe d’une cause…

Ses pensées se dirigèrent tout d’abord vers sa sœur, car c’est par sa main qu’il frapperait, puis elles bifurquèrent sur une chevelure de blé qui se fait d’ébène, avant de s’attarder sur la pluie qui inondait la plaine. Beaucoup devaient la maudire de compliquer encore un peu plus la tâche, alors que lui l’accueillait telle une vieille amie. Combien de fois avait-il croisé le fer sous son manteau ?

C’est donc finalement sur Thor que s’arrêtèrent ses pensées, et c’est l’Invaincu qu’il invoqua au moment de refermer son poing droit pour la première fois depuis des siècles.
Tout comme Sif il y a de cela plusieurs vies, la magie des nains lui conférait aujourd’hui une poigne métallique qui remplaçait le membre arraché par Fenrir. Sa jeune sœur avait prit cette initiative il y a longtemps mais ne la lui avait offerte qu’il y a peu en prévision des troubles actuels. Saga ne lui avait certainement pas fourni cette singulière prothèse dans le but spécifique de pulvériser la grosse caboche d’un troll de pierre, mais ce serait tout de même chose faite d’ici cinq, quatre, trois, deux …

Le prince pria mentalement son aîné de lui octroyer un peu de la force de Mjolnir.

Impact.

Tyr : 1
Troll : 0

(c) Bloody Storm




Tyr.
He asks for neither praise nor glory, boasts not with mighty words in the Hall. He asks nothing but stands firm, steering His way clearly through murky waters. He is mighty, this God, His glory found in His sword and the hand He sacrificed. I will hail Him as He faces the wolf, this warrior who betrays for honor’s sake.
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MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ La Bataille des Cinq Armées    Ven 7 Nov - 14:20


la bataille finale
la bataille des cinq armées

La bataille fait rage. L'hémoglobine se mêle à la boue, les râles des mourants couvrent les hurlements des guerriers, l'ordre a laissé sa place au chaos. Le tonnerre gronde, la pluie inonde la plaine, les éclairs illuminent la voûte céleste comme des serpents d'électricité. La Mort règne en maîtresse sur Nornheim, ils sont des centaines à tomber, cependant les valkyries ne peuvent prendre le temps d'escorter leurs âmes au Valhalla. Nulle bataille ne fut jamais menée à Asgard auparavant, c'est la première fois que le sang souille les terres du royaumes, la première fois que résonnent les cors de guerre et sont vociférés les ordres guerriers. Une malédiction jetée sur la lande des Ases, car c'est sur cette même plaine que, des millénaires plus tard, se jouera la terrible pièce qu'est le Ragnarök. Les dieux se prient les uns les autres, hélas ! Le gros des prières se perd dans la cacophonie ambiante, mais... Certaines suppliques sont plus fortes que d'autres. Un vortex nuageux se forme au dessus du gros de l'armée asgardienne, les bourrasques font claquer capes et bannières, un grondement furieux fait trembler la terre. Et le ciel s'éclaire d'une vive lumière blanche, avant que la foudre ne frappe les trolls de pierre, les réduisant à l'état de tas de pierres fumantes. C'est le Tonnerre qui répond à la Guerre, l'aîné qui répond au cadet. Car lorsque le désespoir et la barbarie sont de mise, les querelles et les griefs ne sont plus. Les frères sont frères.

Au grondement du tonnerre succède un rugissement féroce, vivant, animal. Un rugissement qui glacerait le sang de Hel elle-même et ferait pâlir un spectre d'effroi. La montagne tremble, la roche craque et dégringole à son pied. Les cors de l'armée d'Asgard retentissent, et ce sont tous les Ases qui battent en retraite. Les nains quant à eux hésitent une poignée de secondes, avant de cracher quelques insultes aux elfes et de suivre Einherjar et cavaliers. Un instant, les Vanes croient à la victoire, certains s'enhardissent à pousser quelques cris victorieux... Et puis, c'est le désenchantement. Une masse sombre s'élève au dessus de la montagne, un sifflement strident s'élève et manque de percer les tympans de tous les combattants. Les créatures sylvestres sont nombreuses à prendre la fuite, les montures paniquent et tentent de faire de même. Whoosh. Cela ressemble à une rafale de vent, cela ressemble à un battement d'ailes. Whoosh. Quelque chose d'énorme, de monstrueux, survole la plaine. Quelques ricanements s'élèvent au sein de l'armée des Ases, qui savent. Whoosh. Une odeur de souffre l'accompagne, les cendres se mettent à tomber en même temps que les gouttes de pluie.

L'acuité visuelle des elfes permet à ces derniers de distinguer les premiers la créature qui vole en cercle au dessus du champ de bataille, et c'est dans la langue commune que Dame Varda annonce la bien mauvaise nouvelle aux alliés. « … Un dragon ! Maudit soit le Père de Tout, c'est une fournaise ailée qu'il envoie pour nous détruire ! » Sir Elyas commande à ses hommes de se replier, et le seigneur Frey se voit obligé de faire de même. « Archers, tous en position ! » Les Vanes, les elfes, tous encochent une flèche à la corde de leur arc. Puis une rafale, de celles qui animent les tornades, jette les archers à terre comme s'ils n'étaient que de vulgaires fétus de paille. La bête se pose au milieu des deux armées, un tremblement de terre secoue Asgard de la plaine à la cité. Les Ases reculent, les Vanes et les elfes se pétrifient. Lentement, la créature se redresse. Les écailles qui recouvrent la bête scintillent comme des rubis, ses ailes translucides s'étendent d'un côté à l'autre de Nornheim, ses yeux sont des braises incandescentes animées d'un éclat intelligent. « Dragon ? Je ne suis pas un dragon. Je suis Nídhögg, Celui qui frappe férocement, le Dévoreur de Cadavre, le Bourreau des Parjures. » Nídhögg. Le grand dragon qui demeure aux racines d'Yggdrasil et mangeotte les cadavres des meurtriers, des parjures et des adultères. Le reptile au souffle de feu a remonté les racines et les branches d'Yggdrasil jusqu'à Asgard. À la demande d'Odin, parvenu à l'amadouer avec des montagnes d'or... et de macchabées dont il pourra se repaître une fois la victoire emportée. « Et je suis venu vous renvoyer d'où vous venez, vous qui osez remettre en question la suprématie du grand Odin, Père de Toute Chose, Victoire incarnée ! » Et le dragon de replier ses ailes, de se ramasser sur lui-même tandis que sa gorge semble s'embraser. Bientôt, c'est une rivière de feu qu'il crachera sur les ennemis d'Asgard.

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