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Rumeurs
- Var a tourné le dos à son roi. Il parait que la déesse des Pactes préfère aujourd'hui les grosses faveurs de Frey !

- On dit que depuis que Tyr a pris les fonctions de son frère aîné, personne n'aurait encore osé lui proposer un coup de main .

- A Tromsø, on hésite à dire si la petite Brynja est maudite ou chanceuse, car après avoir manqué de se faire brûler vive par un dragon, elle a manqué par deux fois la noyade, dont une durant les raids !



 
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 LA PROPHÉTIE ϟ Le bûcher d'un roi

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dieu de la victoire

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« I have sacrificed much to achieve peace. So too must a new generation sacrifice to maintain that peace. »


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MessageSujet: LA PROPHÉTIE ϟ Le bûcher d'un roi   Ven 28 Nov - 16:22


Le bûcher d'un roi

La peste soit des Nornes. Les tisseuses de destinées n'étaient bonnes qu'à une chose, reprendre ce qu'elles avaient donné. C'était sans grande peine qu'Odin les imaginait en train de glousser aux racines de l'Arbre Monde, ravies d'avoir mené leur plaisanterie morbide jusqu'au bout. Cesseraient-elles jamais de le mettre au défi ? Elles lui avaient pris son œil, lui avaient demandé de se pendre aux branches d'Yggdrasil pour obtenir la connaissance, lui avaient ravi la confiance de sa femme et l'affection de la plupart de ses enfants... Et en ce jour funeste, c'était le sang de son premier né, celui destiné à protéger les Neuf Royaumes, qu'elles avaient fait couler. C'était à se demander si le trio ne s'était pas lassé de tisser des destins au point de vouloir précipiter la chute de l'Arbre Monde. Eh bien qu'elles se le tiennent pour dit, il ne les laisserait pas ruiner ce qu'il avait mis six millénaires à construire et à préserver ! Et si pour cela il devait abandonner le trône, eh bien soit ! Thor prendrait la relève, si... Thor prendrait la relève, une fois qu'il serait rétabli. Car rien ne pouvait venir à bout de l'Invaincu, pas même l'illustre Gungnir. Après avoir accompagnée Jörd jusqu'à la salle de conseil, et s'être assuré qu'elle n'en bougerait pas, il s'en était retourné aux Maisons de Guérisons, espérant recevoir de bonnes nouvelles d'Eir concernant l'état de leur fils. Les nouvelles, un tantinet rassurantes à défaut d'être bonnes, avaient été précédées par un merveilleux coup de poing décoché par la future reine d'Asgard, Sif, qui tenait décidément bien plus qu'il ne l'aurait pensé de sa grand-mère. Il l'avait laissée faire, l'avait laissée déverser sa peine et sa rage sur sa carcasse, car il savait l'avoir mérité. Il aurait pu l'accompagner au chevet de Thor, mais là n'était pas sa place. Il allait devoir, certainement pour la dernière fois, présider un conseil de guerre – ou plutôt de paix en l'occurrence – et apposer les dernières pierres à l'édifice de son règne. Car à compter de ce jour, il n'était plus le Haut Souverain d'Yggdrasil.

Il le savait, son abdication en ravirait plus d'un, mais elle serait avant tout et surtout une surprise pour la majorité. Car selon toute vraisemblance, les Ases auraient été les vainqueurs de cette guerre, elfes et Vanes seraient rentrés dans leurs royaumes respectifs la queue entre les jambes. Mais les voilà, en quelque sorte, les grands gagnants de l'affrontement. Le Père de Tout a abandonné son trône, n'est-ce pas là ce qu'ils voulaient tous ? Et il n'en doutait pas, c'était sa tête qu'ils allaient ensuite réclamer. Oh, Frey et Freyja pourraient peut-être se contenter de demander l'indépendance de Vanaheim, mais Aegir et Ràn... Ce serait là une histoire bien différente, car ce n'était pas à des fins politiques qu'ils avaient livré bataille sur la plaine de Nornheim. Ils s'étaient battus au nom de leur fille aînée, au nom de la vengeance, sans doute ne se soucieraient-ils guère de ses explications et de ses excuses. Il n'y aurait que le sang de leur sang pour tenter de les apaiser, et si Odin aurait volontiers requis la présence de Sif à ce conseil, elle était plus utile aux côtés de son époux. C'est donc Heimdall, à qui il avait remis Gungnir, plus ou moins en signe de soumission, qui siégeait entre lui et Jörd. Père et mère du Tonnerre n'avaient pas eu l'occasion de revêtir de nouvelles nippes, armures, tissus et peau étaient maculés du sang de leur enfant, et c'était sans compter sur la culpabilité qui les rongeait, l'un comme l'autre. Heimdall n'avait pas pipé mot, s'il avait fait preuve de compassion en prenant silencieusement la main de la Terre dans la sienne, il n'avait pas adressé un regard à son ancien souverain et ami. Il lui avait fait aveuglément confiance des millénaires durant, sa trahison lui était parfaitement insupportable. Il n'était pas sa cadette, il avait bien plus de retenue et de pudeur que Sif, mais il n'en restait pas moins le fils d'Angeya. Et contrairement à sa sœur, il l'avait connue et côtoyée, sa disparition l'avait lui aussi laissé orphelin. Il comprenait qu'Odin n'était pas directement responsable de son trépas mais le mensonge... Il ne pouvait ni le tolérer ni le pardonner.

Derrière le Père de Tout se tenait une petite cohorte d'Einherjar, prêts à faire usage de leurs armes si d'aventure les négociations devaient tourner au pugilat. Les corbeaux Hugin et Munin se tenaient perchés sur les épaules de leur maître, auquel ils faisaient le récit détaillé de la bataille. Et pour la première fois depuis que Fenrir avait avalé la main de son fils, les deux loups d'Odin, Geri et Freki, avaient quitté leur tanière pour retrouver les flancs du premier souverain d'Yggdrasil. Le premier était d'un blanc immaculé, tandis que le pelage du second avait les nuances de la cendre. Immobiles et d'apparence calmes, ils étaient néanmoins à l'affût, prêt à montrer les crocs à quiconque oserait s'en prendre à Odin. Odin, qui allait devoir ravaler son trouble pour faire face à la Terre, au seigneur Elyas, aux jumeaux de Vanaheim, et aux époux tempétueux. Lorsque les pas de ses ennemis commencèrent à résonner dans les couloirs du palais, il se tendit légèrement, se redressa dans son siège, puis échangea un bref regard avec Jörd, qu'il soupçonnait de se ranger du côté des plus hargneux dès lors que seraient entamées les négociations. Les gardes postés devant les battants de l'huis hésitèrent, interrogèrent d'un regard le fils de Bor avant d'ouvrir la voie aux vainqueurs de la bataille. Heimdall se leva alors pour accueillir Aegir et Ràn, et surtout les inviter à s'installer en bout de table, là où ils ne pourraient ni étrangler ni étriper Odin en tendant seulement les mains. D'un murmure, il les informa de l'état de celui qui serait bientôt amené à monter sur le trône, raison de l'absence de leur petite-fille. Quant à Odin, il ne manqua pas de gratifier Freyja, cette traîtresse, d'une œillade assassine tandis qu'elle prenait place autour de la table. Le souverain des elfes, lui, s'empressa d'aller rejoindre Jörd, et ne cacha pas son étonnamment en la découvrant tachée d'écarlate.


the line between grief and guilt is a thin one

All those moments will be lost in time, like tears in rain.
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« Good enough to make the ocean look like it's a pond
Good enough to turn the valleys into mountain tops
And we live like legends now, know that would never die
Oh, we got love, we got love »



WITH WATER AND BLOOD



MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ Le bûcher d'un roi   Mar 2 Déc - 23:46

Le bûcher d'un roi

Le couple des fonds marins se trouvait donc en bout de table, face au Père de Tout, suffisamment éloigné de lui pour ne pas l'égorger à mains nues. Tout était allé très vite après l'arrêt des combats. Encore sonnés par ce qu'ils venaient de vivre et d'apprendre, les dirigeants des armées avaient été immédiatement ramenés sur Asgard pour mettre un terme à cette guerre destructrice. D'un même élan, tous avaient traversé le palais pour se rendre dans la salle du conseil où les attendaient la Terre et la Sagesse, prêts à en découdre et à défendre leurs propres intérêts. La déesse avait profité de ces quelques mètres pour lancer des regards furtifs à la recherche de ses petits-enfants, partis du champ de bataille quelques instants plus tôt. La détresse de Sif l'avait alarmée mais on ne lui avait fourni pour l'instant aucune réponse, ce qui ne faisait qu'augmenter l'état de fébrilité dans lequel elle se trouvait depuis plusieurs jours déjà. Alors que l'histoire touchait à sa fin, la Tempête était bel et bien sur le point d'imploser. Lorsqu'enfin on les avait fait entrer, elle n'avait eut aucun mal à reconnaître l'homme qui accourait vers eux. Le roi félon avait donc tout prévu en demandant à Heimdall de siéger à ses côtés. Sans doute espérait-il calmer les ardeurs de l'Océan et son épouse grâce à cette pirouette, mais la mère des vagues avait été très claire à ce sujet quelques instants plus tôt. Peu importe le choix des siens concernant cette affaire, elle ne courberait pas l'échine et baisserait ni les armes ni la voix devant Odin. Justice serait rendue à son aînée. Ce fut à cet instant que l'Omniscient indiqua à ses aïeux la place qu'ils occuperaient avant de leur glisser un mot quant aux raisons de l'absence de sa jeune sœur. Ràn avait alors posé un regard vers les parents du Tonnerre et prit enfin conscience de l'état lamentable de leurs vêtements, tâchés du sang de leur unique enfant. Silencieuse, elle n'en était pas moins restée tourmentée. Elle savait que cet événement changerait bien des choses car il plaçait Yggdrasil dans un avenir plus sombre et incertain que jamais.

Depuis son arrivée dans la salle du conseil, Ràn n'avait pas lâché Odin des yeux. La mâchoire serrée, le regard dur, elle restait droite et impassible malgré l'orage qui grondait en elle. Mais elle refusait de mettre un terme à ce contact visuel, elle voulait que l'œil unique du souverain discerne la moindre parcelle de rage qui animait ses orbites. Tous s'observaient en chien de faïence, attendant patiemment qu'Odin ou Jörd prennent la parole. Mais la Tempétueuse ne regardait personne d'autre que la cause de tous ses malheurs. Il était enfin là, devant elle, après toutes ces semaines d'attente, elle lui faisait enfin face. Les autres ne comptaient plus. Il n'y avait plus qu'elle et Odin. Le reste ne comptait pas. Le silence devenait pesant, insoutenable. Elle se contenait, sachant parfaitement que ses réclamations n'étaient certainement pas les plus importantes aux yeux des autres protagonistes. Mais la patience n'avait jamais été sa plus grande vertu et les enjeux de cette rencontre était trop importants pour qu'elle se contienne plus longtemps. Elle attendait cet instant depuis ce qui lui semblait être une éternité. « Te voilà bien avancé, Odin. » cracha-t-elle alors d'une voix sourde. « Tu as sacrifié la vie de bien des innocents pour ton royaume. Vois comme il se porte bien. » Jörd, emprisonnée et calomniée. Angeya, assassinée et laissant derrière un clan meurtri. Frigga, la femme bafouée condamnée à élever l'enfant d'une autre. Thor et Tyr, frères devenus ennemis pour servir un destin qui les dépassait. Tous n'étaient que des victimes collatérales au nom de la gloire d'un seul être. La Sagesse. La déesse réprima un rire sarcastique à cette pensée tandis qu'un rictus déformait ses lèvres. Yggdrasil était à présent à feu et à sang par la seule volonté d'un homme que l'on désignait comme le plus sage d'entre tous.

Elle quitta enfin le souverain des yeux pour s'intéresser à la silhouette fantomatique de Jörd tandis que d'autres accablaient Odin. Comment avaient-ils pu en arriver là ? Se battre l'amour d'un fils au point de le laisser entre la vie et la mort. Sa compassion pour la Terre prit un peu plus d'ampleur. Elle voulait prendre de nouveau la parole pour lui démontrer son affection et son soutien mais les mots restèrent bloqués au fond de sa gorge. Car la situation de Jörd la ramenait plus encore vers ce pour quoi elle était là. Oubliant toute retenue, oubliant toute convenance, elle se tourna de nouveau vers Odin. « Comment as-tu pu ? Comment as-tu pu nous regarder sans sourciller ? Tu as osé partager notre douleur, tu as cru bon de nous apporter ton soutien... COMMENT AS-TU PU ? » Elle s'était levée de son siège sans même s'en apercevoir. Elle sentit un frémissement furtif du côté des gardes tandis que les deux loups d'Odin se redressaient d'un même mouvement. « Tu es plus fourbe que le Mensonge lui-même. » Le souvenir de Loki lui revint brusquement en mémoire. Le fils avait été lourdement puni par le père et ce dernier se révélait à présent plus abject encore. Par les Nornes, il paierait. Elle ne le lâcherait pas avant. « Voilà longtemps de cela, j'aurais pu mourir pour toi, j'aurais donné ma vie sans une once d'hésitation. J'aurais volontiers laissé mes filles orphelines et mon époux veuf pour ta seule et unique gloire. Parce que tu étais mon ami le plus sincère avant d'être mon souverain. » Elle n'évoquait que très rarement ces lointains souvenirs, l'époque révolue où elle n'était qu'une jeune déesse prête à tout pour soutenir le seul véritable ami qu'on lui connaissait. « J'aurais donné ma vie pour Yggdrasil mais c'est ma fille que tu as préféré lui sacrifier. Tu n'as sans doute jamais fait plus grande erreur. Les Nornes m'en sont témoins, tu seras seul dans ta chute cette fois-ci. » lâcha-t-elle finalement tout en se rasseyant, frémissante. Elle eut une pensée émue pour Thor. Si Odin lui avait arraché sa fille, elle ne souhaitait certainement pas la même chose au Père de Tout. Trop d'innocents avaient été sacrifiés pour la gloire de l'Arbre Monde, il était temps que les seuls coupables paient.


FICHE PAR ROMANOVA


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war of hearts + I can’t help but be wrong in the dark cause I’m overcome in this war of hearts I can’t help but want oceans to part cause I’m overcome in this war of hearts


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MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ Le bûcher d'un roi   Jeu 4 Déc - 23:47

La Sagesse, déchue, mais à quel prix ? Le seigneur vane ne savourait pas cette victoire autant qu’il l’aurait souhaité ni même espéré. L’amertume des blessures de ses hommes, de ses hommes morts au combat… Le Tonnerre, blessé par son propre père. Cela lui laissait un goût amer en bouche, goût acre, goût haïssable…  Il n’avait certes jamais porté le prince héritier dans son cœur, mais l’acte salvateur qui avait été perpétré par ce dernier avait mérité toute l’estime de la part de la Fertilité. Point de méprise cependant, il n’était pas ici pour pleurer sur le sort de Thor mais bien espérer justice pour ce qui avait été orchestré par la main maligne et putride de celui qu’on appelait – autrefois, dorénavant – le roi d’Yggdrasil. Rancœur. Tel était le qualificatif. Une rancœur envers Odin, dont il rongeait le frein depuis plusieurs dizaines de milliers de lunes déjà, trop emmêlé dans les constrictions incessantes de ces restreintes imposées par son éducation. Il n’avait que trop enduré pour ces valeurs qu’il ne faisait que détester depuis fort longtemps à présent. Las, de voir souffrir son peuple. Fatigué d’avoir des comptes à rendre à une entité nombriliste et égoïste. Les volutes fumantes de sa rage avaient fini par payer – un bien lourd prix –, cependant.

C’était l’attitude hautaine mais fière cependant, qu’il avait pénétré les lieux, accompagné par sa jumelle et les autres vainqueurs de cette funeste bataille. Il avait pris place à côté d’Ægir, tout en suivant le tout d’une oreille attentive. Comme il l’avait redouté, la Tempête ne tarda guère à agresser à juste titre le déchu, crachant un venin corrosif, brassé à partir de millénaires de peine, de questions et enfin, de quelques semaines de vérité, bien plus explosive que le reste des ingrédients, ce malgré la légèreté de son dosage. Il regarda, impassible, la scène tout en mesurant les propos vociférés par Ràn. Tant de haine justifiée… A côté d’elle, ses revendications mineures étaient de la pisse de chat, tout juste bonne à faire plisser les naseaux lorsque l’odeur nauséabonde arrivait à ceux-ci. Son regard passa rapidement à sa jumelle, qui semblait elle aussi assister à la scène de façon réservée, impassible. A quoi pouvait-elle bien penser ? Que se disait-elle, par rapport à sa présence dans la même pièce que celui qui un jour fut celui qu’elle admirait ? Même après ce qu’elle avait fait, une part de Frey gardait rancœur contre elle, pour avoir délaissé son royaume au détriment de celui qui était responsable du joug qui s’abattait sur les terres verdoyantes et luxuriantes qui l’avaient vue naître. Mais il était tout de même heureux.

Frey se réveilla néanmoins et c’est d’une voix grave et ferme qu’il stoppa net le débat.

- « Ràn, doucement. Tes vociférations ne ramèneront point ta fille. Nous sommes ici pour décider de l’avenir de nos contrés et vous deux, demander justice. Vous savez bien, Ægir et toi, que je vous soutiens, cependant il nous faut décider que faire dans l’immédiat et par la suite, nous pourrons discuter du sort de cette vermine, dit-il d’un ton dédaigneux et empli de haine, avec Thor, une fois remis de ses blessures, ne crois-tu pas ? Nous avons des hommes blessés, sur ce champ. Des femmes aussi. Ces personnes se sont battues pour une cause, pour un idéal qu’ils partagent avec leurs chefs et nous nous devons de faire en sorte que des soins leur soient prodigués et savoir que faire d’eux. Il est clair que tant que nous n’aurons pas statufié sur la situation qui va suivre pour Asgard, Vanaheim, Svartalfheim et vos terres, nous ne pouvons pas lancer les négociations concernant la présente Jörd et Angeya. Chaque chose en son temps, après tout, ceci est un conseil de… Paix ? Et puis, je pense que vous n’êtes plus en mesure de décider quoi que ce soit, Odin, je me trompe ? Il est clair que nous allons tous demander votre abdication – si elle n’est point déjà effective.  Alors, pouvons-nous commencer ou d’autres ont-ils encore quelque chose à dire ? »

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MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ Le bûcher d'un roi   Ven 5 Déc - 21:40


I
l a fallu que l’ichor du fils aimé coule pour que les esprits se raisonnent. Statufiée dans sa torpeur, le teint livide et la peau entachée de poussière d’onyx et du carmin séché de son estafilade, Jörd reste saisie sur son assise. Elle a suivi Odin sans mot dire, incapable de protester. Son fils, l’unique être qui peut faire disparaitre le voile pesant de sa souffrance émotionnelle, menace de s’écrouler. En même temps que tout son monde. Elle les perçoit, toutes les victimes qui encrassent son intégrité - tous ceux qui se sont portés garants de son étendard. Elfes, Ases et Vanes qui sont tombés sur le champ de bataille pour honorer son combat. Son fils le lui a fait réaliser, lui qui n’est qu’un martyr de la guerre intestine parentale qui vient tout juste de défigurer Yggdrasil. Jörd redoute de voir les mines sombres de ses comparses, conviés à rejoindre la salle du conseil pour s’entretenir avec le souverain déchu. La bataille est loin de s’être déroulée comme prévue, sûrement d’un côté comme de l’autre. Elle est en partie responsable, comme l’est le roi incriminé pour avoir sacrifié bon nombre de vies au nom de ses rêves de prospérité. Odin ne trahit pas l’once d’angoisse qui doit lui remuer les tripes suite au déluge du destin qui s’est abattu sur sa tête. Pourquoi a-t-il fallu que le Père de Tout veuille l’assassiner sournoisement, espérant que Thor soit assez loin pour lui faciliter la tâche ? Jörd ne sait plus si elle doit être en colère ou effondrée. Elle ne sait plus si les larmes sont bien plus nécessaires que le sang qu’elle aurait aimé voir perler sur le fil de sa lame - celui du roi félon.

Tandis qu’elle est seule, la belle capture son faciès strangulé par le chagrin. Son fils est alité quelque part, se vidant de son sang alors que son épouse ne le sait pas encore. Mais voilà qui vient à changer. Lorsqu’Heimdall prend place entre la Terre et le Père de Tout, cette dernière devine que le message est passé et qu’il ne reste sur la plaine de Nornheim que les dieux et déesses pleurant leurs morts. Jörd ignore tout des détails du dénouement. Elle a été mise dans cette pièce et elle n’en a pas bougé, trop choquée pour réaliser ce qu’il vient de se passer. Tout se termine maintenant, et elle est sur le point de perdre plus qu’elle n’y a jamais songé. C’est le contact de la main d’Heimdall contre la sienne qui extirpe la belle de ses pensées nauséeuses. Le réconfort l’anime d’un souffle fébrile tandis qu’elle gratifie l’Omniscient d’une pression sincère avant de se perdre dans l’ombre d’elle-même et de la culpabilité accablante. Elle s’en veut d’avoir douté de lui fut-il un seul instant. Elle imagine sans mal comme ce doit être difficile pour le fils d’Angeya de supporter la brutale révélation alors qu’il a toujours fait partie de l’entourage du roi, s’en remettant à lui dans une confiance inébranlable. Tout a changé dorénavant, et pourtant, le souverain d’Asgard n’est pas seul contre tous. Les Einherjar qui lui ont juré fidélité se tiennent bien droit, campés derrière lui, tandis que ses loups au pelage singulier flairent avec méfiance en sentant l’assemblée approcher. Dés lors l’huis grince lourdement, Jörd tressaille et incline le chef en direction de ses alliés. Aegir et Ràn, le couple d’amis tempétueux au regard dur - les plus heurtés, meurtris, tout comme elle par la situation actuelle. Le roi Elyas, un brin d’inquiétude froissant ce masque habituellement si impassible. Frey et Freyja, prêts à obtenir leur indépendance au terme des négociations. La Terre croise les prunelles du souverain des Elfes et essuie d’un revers de manche les quelques tâches de sang séché qui encrasse sa joue. Elle a beau tenter de se draper de la dignité qu’il lui reste, les tâches de sang sur sa robe lui rappellent inéluctablement le drame qui s’est produit. Dans un soupir éreinté, la Terre se tord les doigts avant de rendre un faible sourire à Elyas.
« Asseyez-vous mon ami. » Tente-t-elle de le rassurer d’un ton bas. Elle adresse en signe un geste du chef aux jumeaux et au couple de vagues, espérant que le malaise se dissipe. Ràn fulmine, ses yeux clairs foudroyant le souverain d’une féroce amertume. Finalement, la Terre et la Tempête n’ont jamais été si différentes. Au contraire, beaucoup de choses les rapprochent. Elles sont toutes deux mères et rancunières. Jörd puise désespérément dans les ressacs de colère que sa comparse exulte, goûtant une dernière fois à la folie meurtrière qui lui a tamponné la carne jusqu’à maintenant. Dorénavant, Jörd se sent dépossédée. Sa fureur est comme un fantôme qui erre entre les parois de la raison. La voix de la Tempétueuse cingle enfin, brisant ce silence truffé de circonspection accusatrice. Lippes scellées, Jörd assite à l’affront et s’en repait même, intimement satisfaite de voir que sa rancœur est légitime. Et pourtant, celle que doivent ressentir Aegir et Ràn l’est bien plus encore. La belle croise son regard et se perd dans le fracas désordonné des émotions. Colère et chagrin flottent au dessus des tête tel un ciel menaçant. La déesse des Tempêtes s’insurge contre le Père de Tout et lui arrache tous ses prétextes et ses excuses de son verbiage acide. Elle le condamne et elle dit vrai.
Emue par les propos de la belle à la crinière de Jai qui exprime ô combien cette trahison est impensable, Jörd ferme un instant les paupières, rattrapée par l’image d’une Angeya sacrifiée par sa faute. La Terre n’intervient pas - pourquoi le ferait-elle ? Il y a tant de choses qu’elle a craché au souverain d’Asgard, tant de violence qu’elle a voulu extérioriser. Ce n’est plus son heure mais celle des autres dorénavant, car Odin mérite d’entendre ce qu’ils ont à dire.

C’est Frey qui intervient pour tenter de calmer la déesse des vagues. Si le Vane n’est pas connu pour une placidité exemplaire, l’on peut au moins reconnaître qu’il en appelle au calme pour régler cette affaire. Il dit vrai sur un point - beaucoup de blessés ont besoin de soin immédiat et ils ne peuvent se permettre de les faire passer en second plan. Jörd esquisse un geste de tête, se mordant les lèvres en entendant parler de son fils. Elle ignore combien de temps cela va prendre, mais Thor doit survivre. Il le doit ou il ne subsistera plus d’elle que l’on puisse sauver.
« Certaines choses méritent d’être dites... » Articule la Terre dans un murmure acide. Il est normal qu’Aegir et Ràn ne puissent mettre de côté leur désarroi. « Il n’y a rien de pire que de perdre un enfant, n’est-ce pas ? » La question est étrange, rhétorique, évasive. Jörd soupire, une main plaquée contre sa bouche. L’idée de perdre le sien lui donne la nausée. Elle déglutit difficilement et s’incline vers Elyas pour l’interroger. « J’espère que votre fils vous a été rendu mon ami. » Yeux plissés, la belle se fend d’une expression confuse. « Je suis navrée pour vos pertes. Je suis navrée que l’on ait du en arriver là... » Elle s’exprime auprès de tous, réellement désolée d’avoir plongé Yggdrasil dans un conflit sans précédent. Et pourtant, au fond d’elle, la Terre sait que cela était nécessaire.


Par un soir ténébreux de l'arrière-saison. Dans un coup de rafale une graine emportée, tombant contre les murs d'une haute prison, entre de vieux pavés mal joints s'est arrêtée. Alors, comme sortant d'un funèbre sommeil, Elle émerge à grand'peine et s'exhausse de terre, et d'un suprême effort aspirant au soleil elle frémit d'espoir, la pauvre solitaire.
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MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ Le bûcher d'un roi   Dim 7 Déc - 1:30




My father's name


LLaisser Sif seule en proie à son désarroi lui avait été douloureux, mais certaines causes prévalaient sur le reste et la cessation des hostilités engendrait désormais un tout autre combat. Seigneurs et Dames s’étaient réunis au cœur de la plaine, et c’est à leurs côtés que le Prince s’en était retourné au palais. Une fois dans ses murs, il nota comme l’atmosphère y était étrange, suspendue, comme si l’air lui-même exsudait les changements à venir. Escortant silencieusement les protagonistes, il laissa son esprit mécanique décortiquer les probabilités et estimer les dangers. Car il ne s’agissait pas là de réunir en un point quelques obscurs Divinités sans pouvoirs, non. C’était tout un Panthéon qui se trouvait là, du haut de leurs innombrables millénaires, et dont il faudrait conjuguer les densités afin de ne pas les laisser transformer le tout Yggdrasil en petit bois d’allumage…

Et lui-même dans tout cela ?
L’intervention de Sif au cœur de la bataille lui avait ôté toute certitude, tant est qu’il en ait jamais ressentit la moindre. Sa position avait toujours été celle que l’on prend par défaut, faute de savoir à quel Saint se vouer. Et il se retrouvait une fois de plus aux prises entre deux mâchoires, sans réussir à déterminer par laquelle il serait finalement dévoré. Son éternelle Guerre intérieure.
Durant tout le temps qu’avait duré ce conflit, il avait souffert de son incapacité à choisir un camp. Désormais, tout comme Sif, Hermod et Balder avant lui, il réalisait que c’était en fait là l’unique solution viable. L’unique Justice. Était-il le seul à noter cette charmante ironie ? Cette douce leçon d’humilité que les Nornes croyaient bon d’infliger à ces Antiques Divinités, ces êtres nés du fond des âges,… rappelés à l’ordre par quelques bambins de même pas deux millénaires. Cette passation de couronne en était le plus beau symbole selon lui.

Et c’est donc avec la ferme intention de ne prendre aucun parti qu’il se posta non loin de la porte, à seules fin d’intervenir au cas où les négociations tournaient à l’aigre.

Quelques instants plus tard seulement, toutes ses belles résolutions d’émancipations volaient en éclat comme la colère de Ran éclatait également.
Jamais de sa vie il n’avait entendu quiconque s’adresser à son Père de cette manière, et jamais encore il ne l’avait vu se faire appeler vermine en toute impunité. Et le spectacle de son Géniteur et Roi, seul, drapé dans une fierté maculée de sang, l’éviscérait plus que les mots ne pourraient jamais l’exprimer. Le voir abandonner le trône, Tyr voulait bien l’accepter. Le voir prendre le blâme de ses actes incompréhensibles, cela aussi il pouvait l’accepter. Mais il était hors de question qu’Odin termine son règne dans l’humiliation. Hors de question qu’il affronte tous ces doigts accusateurs sans une once de soutien. Pas seulement car il était son Père, son Souverain, le Héro de ses jeunes années, son mirage inaccessible. Mais parce que c’était Juste. Assurément, il avait fauté, mais avaient-ils oubliés tout le reste ? S’il fallait qu’il se fasse la mémoire des anciens, s’il fallait que de Juge il devienne Avocat, alors soit. Puisqu’il n’y avait pas réellement d’Innocent autour de cette table, et puisqu’ils étaient plusieurs ici à appeler la Justice dans leurs cœurs, il quitta son recoin pour venir s’assoir avec eux.

Il prit place aux côtés de son père, adressant un regard placide à l’assemblée. S’il concevait parfaitement que le parti adverse réclame rétribution pour les griefs causés au nom d’il ne savait quel secret paternel, il refusait l’idée de voir son Roi fustigé sans réagir.

(c) Bloody Storm



Tyr.
He asks for neither praise nor glory, boasts not with mighty words in the Hall. He asks nothing but stands firm, steering His way clearly through murky waters. He is mighty, this God, His glory found in His sword and the hand He sacrificed. I will hail Him as He faces the wolf, this warrior who betrays for honor’s sake.
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« I have sacrificed much to achieve peace. So too must a new generation sacrifice to maintain that peace. »


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MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ Le bûcher d'un roi   Dim 21 Déc - 17:27


Le bûcher d'un roi

La véhémence de Dame Tempête n'était guère étonnante, de sa part Odin ne s'attend guère à moins. C'était ce même tempérament, eh bien, tempétueux qui lui avait coûté la place de cheftaine des valkyries. Mais à présent qu'il faisait face à la trahison de Freyja, son choix ne lui semblait plus aussi judicieux qu'il l'avait jadis été... Ah, ils n'avaient pas fini de démêler les fils de cette pelote de laine ! Le sort des vierges guerrières d'Asgard n'était pas encore décidé, mais si la fille de Njörd escomptait les rapatrier à Vanaheim elle se fourvoyait et se mettait le doigt dans l’œil et jusqu'à la cervelle, encore qu'elle semblait avoir égaré celle-ci lorsqu'elle avait quitté le Royaume Éternel pour celui de son jumeau. De tous, les enfants de Njörd étaient sans conteste les plus arrivistes, leurs griefs étaient des plus illégitimes... Qu'importe. Frey et Freyja avaient tenu à jouer avec le feu, ils s'y brûleraient bien davantage que les doigts. Il était bien beau de parler de la vanité des Ases, encore ne fallait-il point omettre l'avidité des Vanes. L'air grave et fier, Odin laissa Ràn lui cracher son venin, car il n'était pas exempt de fautes, encore qu'il soit facile de toutes les lui attribuer. Mais la douleur d'une mère, il pouvait l'entendre et la comprendre, plus qu'elle ne pouvait se l'imaginer. Plus encore à présent que le sort de son fils était incertain, de tout son saoul il priait pour la survie non seulement du nouveau souverain d'Asgard, mais pour son enfant bien aimé. Il n'était point le seul dont le cœur se tordait à la simple pensée de la mort du Tonnerre, il suffisait d'observer la Terre pour voir combien elle aussi souffrait d'avoir vu le jeune dieu se sacrifier pour mettre un terme à leur querelle. Que croyaient-ils, tous autant qu'ils étaient... ? Ils ne voyaient que le parjure, l'amant cruel et le souverain menteur, ils étaient tous bien prompts à oublier que c'était lui qui avait maintenu l'équilibre des Neuf Royaumes au prix du sang des Ases, au prix de l'amour des siens ! Ses sacrifices leur avaient permis de mener leurs vies comme ils l'avaient entendu. S'il ne devait être qu'un traître, eux ne seraient que des ingrats à la mémoire courte.

Après Ràn, ce fut au tour de Frey de s'exprimer et cela avant qu'Aegir ou même Heimdall n'aient pu appuyer le discours de la Tempête. Si le Père de Tout était capable de faire preuve de suffisamment de respect pour ne point interrompre le seigneur de Vanaheim, il ne se priva pas de le remettre à sa place une fois qu'il eut terminé. Par les Nornes, où croyait-il être ? « Tiens ta langue, Frey. Tu te trouves en ma demeure et en mon royaume. Le sang a bien suffisamment coulé pour aujourd'hui, mais ne crois pas que j'hésiterais à vous jeter en pâture à Nídhögg ta traîtresse de sœur et toi si par malheur l'un ou l'autre, vous franchissez les limites de ma tolérance. » Ils n'étaient pas moins responsables que lui du sang versé au nom de la paix et de la justice. Justice... Avant que le Père de Tout n'ait pu reprendre la parole, les battants de l'huis s'ouvrirent sur son second fils. Tyr. Odin dissimula sa surprise quant à l'apparition soudaine du prince, car à la vérité il ignorait sincèrement quel parti le Juste pourrait bien prendre au crépuscule du conflit. Il fut profondément touché, pour ne point dire parfaitement ému, lorsque le jeune dieu vint prendre place à ses côtés. Si la situation ne permettait pas les grandes démonstrations sentimentales, il adressa néanmoins un signe de tête respectueux à son cadet. Plus qu'il ne se félicitait de son soutien, il était bien heureux de le voir bien portant après la bataille. Si les relations entre le père et le cadet étaient pour le moins froides, ils n'en restaient pas moins unis par les liens du sang. Tyr représentait un allié inespéré, qui peut-être saurait pacifier les esprits. Cela étant, rien n'était certain, car les revendications des Vanes et du couple des océans semblaient pour le moins considérables, sinon grotesques. Odin lança un bref regard écœuré en direction des jumeaux de Vanaheim, avant de s'adresser de façon personnelle à Aegir, Ràn et Heimdall, sur un ton à mi chemin entre la confession et le regret. « Rétablissons la vérité, avant qu'elle ne soit une fois de plus déformée par la rancœur et le chagrin. Je n'ai pas touché à un seul des cheveux d'Angeya, jamais. Pas plus que je ne l'ai sacrifiée au nom de mon secret, tout du moins telle ne fut jamais mon intention. Elle savait où j'avais emprisonnée Jörd, elle m'a demandé de la libérer et j'ai refusé. Mon refus l'a conduite à emprunter un passage secret vers Svartalfheim, où elle escomptait libérer la mère de Thor elle-même. Je n'ai été informé que trop tard de son départ, je suis arrivé trop tard pour la secourir des elfes. Je ne vous ferai pas d'excuses, car vous ne les accepterez pas. Sachez néanmoins que j'ai offert des funérailles décentes à votre fille, sur les flots de Midgard, et j'ai personnellement veillé à ce que son âme rejoigne le Valhalla. » Il ne leur ferait pas l'affront de leur dire à quel point l'aînée des Vagues avait été brave, cela ils le savaient.

Ceci étant dit, il eut vite fait de retrouver son air austère de souverain, et c'est ainsi qu'il s'adressa de nouveau à l'assemblée toute entière. « Que les choses soient limpides, mon abdication fut effective à l'instant même où elle fut annoncée par Heimdall. Cependant, vous seriez naïfs de penser que nous allons laisser Asgard, et Yggdrasil, sans Haut Roi. Notre nouveau souverain se trouvant dans... l'incapacité... de prendre ses fonctions dans l'immédiat, il me faudra assurer la régence jusqu'à son rétablissement. » A l'autre bout de la table, Heimdall haussa un sourcil. « Et la nouvelle souveraine ? » « Penses-tu que Sif soit en état d'assurer la régence à ma place ? » La réponse était toute trouvée. Le Gardien du Bifröst se frotta la barbe et soupira, puis il secoua la tête. Il ne fallait présentement pas compter sur sa petite sœur. « Je ne suis toutefois point aussi stupide et sénile que vous semblez le penser. Il me semble évident que chacune des minutes que je passerai sur le trône vous semblera être une minute de trop, c'est pourquoi en tant que régent d'Asgard, je ne posséderai aucun réel pouvoir décisionnel. » Il s'adressa directement à Frey, qui n'allait sans doute guère apprécier la suite – non pas que le Père de Tout se soucie de heurter ou non l'ego du Vane. « Ainsi donc, pour toutes les demandes concernant Vanaheim, c'est avec mon fils qu'il vous faudra converser. Il en va de même pour Alfheim. Car c'est bien aux elfes d'Alfheim que tu faisais allusion, n'est-ce pas... ? Je doute que les elfes de Svartalfheim aient des revendications particulières, si ce n'est notre disparition à tous. » A moins que tous les elfes ne paraissent semblables au fils de Njörd... ? Il y avait tout intérêt à ce que son erreur ne soit qu'un lapsus, car depuis qu'il avait prononcé le nom du royaume de Svartalfheim, au lieu de celui d'Alfheim, le roi Elyas n'avait plus cessé de dévisager le dieu. Et à ce propos... « Les elfes ont-ils des demandes à soumettre à Asgard... ? » Elyas se redressa, adressa un regard à Jörd, puis secoua humblement la tête. « Aucune, Votre Altesse. Mon fils a été libéré et m'a été rendu en parfaite santé par le prince Balder, Dame Jörd est libre. Je ne souhaite plus voir le sang des miens couler, pas plus que je ne souhaite voir la guerre perdurer. Je n'aspire qu'à la paix entre nos deux royaumes, à présent. » Louées soient les Nornes, faillit soupirer Odin. Enfin un être sensé dans ce capharnaüm sans nom. « Au nom du peuple d'Alfheim, je vous remercie d'avoir ouvert vos Maisons de Guérisons aux miens. » « Elles ont été ouvertes à tous, sans regard d'origines. » Ases, Vanes, elfes... Tous bénéficieraient des meilleurs soins possibles.

Alors que la conversation était bien engagée, et alors que l'ordre que nul ne les importune avait été donné, pour la seconde fois, les énormes battants de bois s'ouvrirent. La silhouette qu'elles dévoilèrent était des plus inattendues, si bien qu'Odin eut un léger sursaut, et les croassements rauques de Hugin et Munin emplirent la pièce. Frigga. La reine d'Asgard se tenait dans l'embrasure de la porte, les yeux bouffis, les traits tirés et les cheveux défaits. Les tremblements de son corps étaient difficilement maîtrisés, impossible de dire si elle était au bord de la pâmoison ou de l'explosion. Droite et fière malgré son trouble évident, elle s'avança dans la pièce et avant même de s'être exprimée, balança un objet de première apparence circulaire sur la table, sur laquelle il rebondit deux ou trois fois avant de s'arrêter devant Tyr. Il s'agissait d'un casque argenté orné d'une paire d'ailes, le casque de Thor. « Balder... Mon plus jeune fils... Balder portait ceci pendant la bataille. Si ce n'est pas là un bien beau message nous étant adressé, j'ignore de quoi il s'agit. » Car il était de nature publique que le benjamin de la fratrie Odinson n'avait besoin de nulle protection. Aurait-il eu la lubie de déambuler sur le champ de bataille nu comme un ver et les yeux clos qu'il ne lui serait rien arrivé. « Et c'est sous cet étendard qu'il se battait. » Et à la stupéfaction générale, la souveraine étala une bannière dorée, quoique tachée de boue et de sang, en travers de la table. Une bannière qu'elle avait elle-même confectionnée pour la Rébellion dans le plus grand secret. « N'est-ce pas là le signe de notre décadence, que nos enfants, grands dieux ils sont si jeunes, aient jugé bon de s'allier sous la bannière de Thor avant même qu'il ne soit désigné nouveau roi... ? Ils sont des centaines, peut-être des milliers, à s'être alliés à ceux qui prônaient l'arrêt du massacre. À s'être alliés contre la folie de leur aînés... ! Et vous êtes là, à vous lancer la pierre, à faire voler les insultes... Si vous saviez comme Elles se rient de nous ! » Elles ? Les Nornes, bien sûr. « Elles n'ont guère eu à tisser nos délires, elles se sont faites spectatrices et je puis vous assurer qu'elles n'ont pas encore fini de se gausser ! » Furieuse, la souveraine ? Et comment !

« Je reviens des Maisons de Guérison... Combien... ? Combien d'innocents sont morts par vos fautes, à tous ? Les plus chanceux sont déjà au Valhalla, mais combien d'autres vont-ils mourir des suites de leurs blessures et s'en aller errer pour l'éternité dans l'Helheim ? » Frigga secoua la tête, puis ses yeux se posèrent enfin sur Dame Nature. Elle la voyait enfin, en chair et en os. Elle comprenait sa peine, mais comme elle pouvait lui en vouloir... Une épouse bafouée, une amante trahie, mais deux mères blessées – trois, si l'on comptait la Tempête. Savaient-ils seulement que son époux n'avait agi que pour le bien d'Yggdrasil, qu'il avait agi en souverain avant d'agir en père ? Frigga l'avait compris, aussi accablée qu'elle avait été de voir son premier né souffrir de l'ombre de l'enfant d'une autre, elle avait compris. Mais ici, nul n'avait écouté, et nul n'écouterait plus. D'une démarche peu assurée, la reine alla se placer derrière son fils, ses deux mains se posèrent sur ses épaules. « J'ai déjà perdu l'un de mes fils... Un second ne passera peut-être pas la nuit... Que le Ginnungagap m'avale si je dois laisser un autre de mes enfants souffrir de nos sottises. C'en est assez. Nous avons sacrifié suffisamment d'innocents au nom d'une prétendue Justice qui n'est rien de plus que vos vendettas personnelles contre Asgard ou mon époux. Il est grand temps de cesser d'agir en égoïstes, et de reprendre les rênes d'Yggdrasil avant qu'elles ne nous soient définitivement, et légitimement, arrachées par les plus jeunes. Ne les accablons pas davantage, je vous en conjure. »


the line between grief and guilt is a thin one

All those moments will be lost in time, like tears in rain.
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Good enough to turn the valleys into mountain tops
And we live like legends now, know that would never die
Oh, we got love, we got love »



WITH WATER AND BLOOD



MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ Le bûcher d'un roi   Lun 29 Déc - 21:52

Le bûcher d'un roi

Dès l'instant où elle avait ouvert la bouche pour accabler le Père de Tout, elle s'était attendu à être reprise à l'ordre. Par son époux ou Heimdall qui savaient tous deux garder leur calme quand la Tempête devenait la plus terrible des furies. Dans les deux cas, elle aurait ravalé sa hargne pour les laisser prendre la parole. Ils sauraient sans doute exprimer leurs griefs avec bien plus de tact. Elle s'attendait également à voir Odin lui-même la couper dans son élan destructeur, ce qu'elle aurait eu bien du mal à admettre et qui l'aurait faite exploser plus rapidement encore. Mais ce qui arriva, au contraire lui cloua le bec tant elle ne s'y attendait pas. Pour la première fois depuis le début des négociations, elle se détacha complètement du roi d'Asgard pour adresser un regard noir et stupéfait au seigneur de Vanaheim. Il était parfois aussi exaspérant que sa jumelle. Comment pouvait-il se permettre de la rabrouer comme une enfant ? Pour parler de paix ? Grands dieux, n'avait-il pas été là, au même titre qu'Odin, lorsqu'il avait fallu admettre la disparition d'Angeya ? N'avait-il pas supporté la déchéance du royaume des mers ? N'avait-il pas maintes fois affronté la colère de la déesse qui n'avait trouvé que ce moyen pour taire son chagrin incommensurable ? Et maintenant qu'elle pouvait enfin laisser éclater toute sa douleur, maintenant qu'elle pouvait enfin mettre au piloris le responsable de ce drame, il décidait de la museler ? Qui était-il enfin ? Elle s'apprêtait à lui répondre d'une manière cinglante, lui rappelant simplement qu'il pouvait difficilement lui offrir ce genre de remarques alors qu'il ignorait tout de la situation, lui qui n'avait encore aucun enfant. Cette réaction aurait évidemment été des plus stupides, Frey était un ami sincère avec qui elle n'avait aucune envie de se brouiller. Et s'opposer à l'un de ses alliés alors que tous devaient faire bloc face à Odin n'aurait pas été plus malin. Mais dans l'état actuel des choses, Ràn n'était pas la mieux placée pour faire preuve d'intelligence. Tel le ressac de l'océan, la douleur et la rage l'emportaient sur toute autre chose.

Ses remarques acerbes restèrent cependant au fond de sa gorge, Odin l'ayant prise de vitesse. Entendre Freyja ramenée au titre de traîtresse aurait pu lui offrir une très grande satisfaction en d'autres circonstances mais la remarque du Père de Tout la laissa étrangement de glace. Qu'il semblait loin le temps où elle se délectait de voir l'Amour ainsi épinglée. Après avoir remis les jumeaux de Njörd à leur place, Odin se préparait certainement à faire de même avec la déesse des tempêtes. Du moins, c'était ce que la mère des vagues attendait avant que le fils prodigue ne vienne mettre son grain de sel. Lorsque les portes s'ouvrirent à la volée pour laisser entrer le deuxième-né d'Odin, la Tempétueuse se crispa. Elle n'attendait pas Tyr à cette assemblée et le voir se placer aux côtes de son père la fit grincer des dents. Si la Justice se plaçait du côté de la fourberie alors que leur restait-il ? Mais en cet instant il n'avait certainement de Juste que le titre, il n'était finalement qu'un fils prêt à tout pour sauver aveuglément l'honneur de son père. Ses propres enfants n'auraient-elles pas agi de la même façon ?

Et enfin, la Vérité fut mise à nue, douloureuse et salvatrice tout à la fois. Enfin ce qu'elle redoutait et attendait depuis quinze siècles lui était révélé. Les derniers instants de sa première-née. Les mots d'Odin étaient autant de lames qui lui transperçaient le cœur et pourtant seules les Nornes pouvaient savoir ce qu'elle ressentait à présent. Ce n'était ni du chagrin ni de la colère. La gorge nouée par l'émotion, elle baissa la tête, masquant ses yeux embués de larmes derrière sa crinière d'ébène. Non, pendant un court instant, il n'y avait plus ni chagrin ni colère. Ces larmes n'exprimaient rien de tout cela. C'était avant tout du soulagement, du soulagement après ces siècles d'errance. Enfin ils savaient. Le nom d'Angeya ne tomberait pas dans l'oubli. Le plus grand soulagement était de savoir où elle se trouvait à présent car cette question hantait toutes les nuits de Ràn depuis quinze siècles. Avec un soulagement certain elle savait qu'elle la rejoindrait un jour, lorsque son heure viendrait. Sa fille était au Valhalla là où se trouvaient les plus grands et les plus braves. Elle n'avait jamais eu besoin de cette annonce pour se sentir fière, mais à présent elle ne pouvait plus le nier. Oui, plus que du chagrin, de la colère ou du soulagement c'était bel et bien la fierté qui serrait sa gorge. La Tempétueuse ravala ses dernières larmes tout en redressant la tête, levant les yeux au ciel comme pour adresser une dernière prière à sa fille. La question de la régence était désormais soulevée, le point qui intéressait la grande majorité de l'assemblée peu disposée à s'éterniser un peu plus sur l'injustice faite à l'aînée des Vagues. L'idée de laisser Odin sur le trône une minute de plus révulsait Ràn mais tout comme lui, elle savait la proposition du fils d'Angeya insensé. Sans Thor à ses côtés, inutile de compter sur Sif, c'était encore trop tôt. « Et votre épouse ? » se risqua-t-elle alors, la gorge encore nouée par des larmes qui ne viendraient plus. « Ne peut-elle assurer la régence ? » Frigga avait à ses yeux toutes les capacités pour reprendre le flambeau et contrairement à son époux elle lui faisait une confiance aveugle. Cette éventualité permettrait sans doute à tous les partis de s'entendre, l'épouse d'Odin n'étant pas Odin. Mais la déité marine ne s'attendait pas à voir l'intéressée prendre pleinement part à ces négociations. Pourtant, c'était bien la reine d'Asgard qui venait de pénétrer dans la salle du conseil, les traits tirés et la silhouette plus frêle que jamais. Elle était au bord de la rupture et pourtant elle se tenait face à eux avec toute la prestance d'une grande dame. Accablée, c'était avec un ton dur qu'elle s'adressa à toute l'assemblée qu'elle n'hésita pas à pointer du doigt pour tout le mal qui avait été fait.

Devant ce discours moralisateur mais ô combien juste, la Tempétueuse se contenta de courber l'échine. Elle n'avait aucune envie de se battre contre la Maternité. Elle avait beaucoup trop de respect pour faire d'elle une victime de sa colère. Frigga parlait avec sagesse, bien plus que la Sagesse personnifiée, à tel point que la volcanique déesse eut vite fait de se sentir bien morveuse face aux réalités évoquées. Elle qui s'était toujours sentie au dessus de tout, se sentait à présent plus petite qu'un grain de poussière. Les yeux baissés, elle ne réagissait pas, recevant les remarques de Frigga sans rien dire. Cet affrontement avait finalement fait plus de mal que de bien mais il ouvrait également la voie à une nouvelle ère. Yggdrasil n'était pas encore perdu et Ràn en était persuadée, il échappait même à la damnation vers laquelle les Nornes semblait vouloir le diriger. Ces harpies ne cesseraient jamais de s'amuser du malheur de tous mais il était temps de se relever et leur prouver que tout n'était pas encore perdu. « Comme je le disais un peu plus tôt, je ne vois que vous, Frigga, pour sauver Yggdrasil en attendant le rétablissement complet de votre... » Ses yeux allèrent furtivement de la Maternité à la Nature. « Fils. Il se rétablira. N'est-il point l'Invaincu ? » assura-t-elle alors en adressant un regard sûr aux deux mères du Tonnerre. « Et je suis certaine que Dame Jörd sera de mon avis, en ces funestes instants une mère ne peut avoir confiance qu'en la Maternité elle-même. Je ne vous demande pas de cautionner les griefs que chacun d'entre nous puissions avoir contre votre époux. Je ne vous demande pas non plus de pardonner nos agissements. De mon côté je les assume, vous me connaissez tous parfaitement ici et savez que si nous devions revivre cette situation, j'agirais sans aucun doute de la même façon. Je suis bien trop vieille pour être changée. » lâcha-t-elle avec un demi-sourire. « Je ne vous demande ni de cautionner ni de pardonner. Je ne vous ferais pas l'offense de m'épancher avec vous sur tout ceci, vous avez mieux à faire. » A quoi bon faire choir Odin dans l'estime de son épouse ? La chose n'était d'ailleurs pas la plus aisée et ne serait que perte de temps. Ràn émit un long soupir. « Vérité m'a été offerte et Justice vient d'être rendue à ma fille bien-aimée mais malgré cela je ne peux plus accorder ma confiance à un homme qui l'a ainsi piétinée sans aucun scrupule. Je vous demande de comprendre cela, simplement. Je serais prête à poser un genou à terre et à baisser les armes si vous consentiez à accepter le trône. » S'il y a bien une chose qu'elle ne pouvait enlever à Odin c'était l'amour incommensurable qui l'unissait à son épouse. Elle les connaissait depuis toujours et savait que malgré tout ce qu'elle pouvait lui reprocher elle avait une chance qu'il se range de son côté pour cette fois-ci. Du moins l'espérait-elle. Qu'avait-il de mieux à proposer de toute façon ? Elle adressa un regard vers Heimdall et Jörd, espérant avoir un soutien de l'un ou de l'autre, bien qu'elle sache la position de Dame Nature des plus délicates. Mais de son côté la Tempête était prête à tous les compromis pour mettre un terme définitif au règne d'Odin.


FICHE PAR ROMANOVA


war of hearts + I can’t help but be wrong in the dark cause I’m overcome in this war of hearts I can’t help but want oceans to part cause I’m overcome in this war of hearts


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MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ Le bûcher d'un roi   Jeu 1 Jan - 20:18


I
l y a tant de désaccords, tant de colère et de rancoeur que le temps semble suspendu dans l’angoisse perpétuelle d’une nouvelle bataille. Mais le souverain d’Asgard est plus protégé que jamais et tous savent ici présents qu’il serait complètement inconscient d’attenter à sa vie. Malgré toute la hargne que Jörd a pu ressentir à son égard, l’acidité dévastatrice qui l’a poussé à mener tous ses alliés sur le front pour le déchoir de son trône, il ne subsiste dorénavant qu’un profond désarroi quant à savoir la suite des évènements. Jörd a lamentablement échoué - elle n’a pu s’en prendre à Odin, elle s’est même faite balayée comme une vulgaire poupée du chiffon. Elle a été impuissante et pourtant, aujourd’hui, Odin est sur le point de rendre son trône.
Frey ne badine pas avec les réflexions méprisantes à l’égard du Père de Tout, et la Victoire ne tarde d’ailleurs pas à réprimander le « traître » d’un rogomme brutal. L’huis s’ouvre à la volée, interrompant dés lors les regards d’amertume que lance Ràn au seigneur de Vanaheim. Tyr, celui qui aurait du être l’héritier du trône d’Asgard, pénètre dans la pièce sans dire quoi que ce soit et vient se placer aux côtés de son père. Le regard qu’il leur lance a beau l’air froid et implacable, la Terre devine qu’au-delà, le fils ne pourrait supporter que l’on piétine le portrait patriarcal qui a cimenté les branches d’Yggdrasil depuis tout ce temps. Circonspecte, effacée, Jörd suit le regard de l’incriminé qui offre une confidence aux couple des Vagues et au fils d’Angeya. Il semble sincère et contrit lorsqu’il évoque celle qui s’est battue pour extirper la mère éplorée de sa geôle. La Terre se sent incapable de douter de sa franchise, bien qu’il lui ait menti à elle, qu’il est allé jusqu’à commettre l’irréparable. La Terre ferme les yeux puis s’avachit légèrement, la tête maintenu par un bras ancré contre l’accoudoir sculpté. L’échange intimiste prend fin et la belle se sent incapable de détailler l’expression des parents heurtés. Les paroles du bourreau pourront peut-être atténuer leur colère mais le chagrin demeurera tenace et seul le temps pourra les mener au dépit. Odin ne tarde pas à reprendre voix pour l’assemblée, mentionnant l’incapacité du nouveau roi à assumer ses fonctions pour l’instant. Lorsqu’il affirme compter assurer la régence jusqu’à ce qu’il soit rétabli, la Terre visse ses prunelles glaciales sur le portrait masculin. Elle n’est pas la seule à se crisper sur son siège. Heimdall évoque immédiatement la souveraine, lady Sif, mais le Père de Tout met en doute ses capacités en ces temps sombres. Et il a raison. Pour le peu qu’elle ait côtoyé la princesse, Jörd sait qu’elle fera une reine digne d’Asgard, mais avec la naissance de sa fille et l’état préoccupant de son époux, tous peuvent se douter qu’il faut la ménager de toutes nouvelles inquiétudes. Odin, devant les grimaces désapprobatrices, précise qu’il n’aura aucun pouvoir décisionnel et que c’est Thor qui se chargera des négociations concernant les royaumes et leurs doléances. Cela sous-entend donc une patience qui pourrait faire défaut à certains. Le duel de regard entre le Père de Tout et le souverain de Vanaheim s’étend au fil du verbiage de la Victoire et l’atmosphère semble bien plus pesante tout d’un coup. Mais Odin ne tarde pas à détourner l’attention sur les Elfes de Lumière, demandant au roi Elyas de s’exprimer sur leurs exigences. Aussi modeste que l’est leur attachement à la bienveillance et à la quiétude, sire Elyas témoigne ne rien attendre de plus qu’une paix certaine entre les royaumes. De l’entendre prononcer de vive voix que la certitude de voir la Déesse de la Terre libre satisfait ses ambitions émeut la concernée. Au contraire des Elfes Noirs qui se sont servis d’elle pour atteindre la sphère du pouvoir asgardien et des Vanes qui se battent pour leur indépendance, les Elfes de Lumière ont tout donné à Jörd pour la soutenir dans son combat - ils sont probablement les seuls à s’être sentis réellement concernés par l’injustice qu’elle a subi. La Terre offre un sourire au souverain des Elfes avant d’incliner le chef en direction de la lourde porte qui s’est de nouveau ouverte sur une silhouette féminine, à la fois téméraire et profondément affectée. Surprise, sûrement tout autant que la plupart des individus présents dans la salle, Jörd reste muette mais plus réceptive que jamais à la douleur qu’affichent les traits tirés de la reine d’Asgard. Frigga. Jörd aurait aimé lui parler de mère à mère, avant que le conflit ne s’envenime mais le temps les a pris de court et les opportunités se sont faites rares. Le silence s’installe tandis que la reine prend la parole, déroulant la bannière de la rébellion, mettant le doigt sur leur manque de discernement à tous. Jörd se redresse légèrement sur son siège, nouant ses mains contre son ventre. Sa gorge se serre, la culpabilité se terre et elle préfère clore ses lippes, incapable de trouver quels mots pourraient être un prétexte alors que bon nombre d’Ases, de Vanes et d’Elfes ont perdu la vie dans cet affrontement. Jörd comprend la colère de Frigga, mais elle lui en veut aussi de leur étaler ce discours moralisateur alors qu’elle a coudoyé Odin lorsqu’il a fait les pires choix possibles. Sourcils froncés, la belle vrille un regard vers la mère éplorée - une parmi tant d’autres - et acquiesce brièvement face à son discours. Oui, tout ça est insensé. Oui, tout ça est déraisonnable. Mais tout ça aurait pu être évité. Frigga parle de son fils, de leur fils, et Jörd se sent davantage accablée. Ràn soulève un brin d’espoir quand à Thor, et tous aimeraient probablement y croire, elle y compris. La mère des Tempêtes semble attendre une approbation lorsqu’elle propose de voir Frigga prendre les rênes du royaume, au moins le temps que le Tonnerre soit rétabli. Jörd redresse le chef, repose lentement ses mains contre les accoudoirs qu’elle agrippe férocement puis trouve la force de se redresser malgré l’accablement.
« Dame Frigga, malgré l’admiration que je vous porte, je ne peux nier vous avoir longtemps envié. Mais je vous suis sincèrement reconnaissante aussi, d’avoir pris soin de Thor, d’avoir su lui donner une famille... Vous êtes quelqu’un de réfléchi et de juste, et à votre place, sûrement aurais-je fait la même chose. Je rejoins Ràn sur l’idée de vous soumettre la régence, au moins jusqu’à ce que Thor soit rétabli. Vous en êtes digne, vous en êtes capable et vous représentez ce dont le royaume a besoin pour l’instant. » Tempérance et miséricorde. Jörd vacille un instant et ses mains se plantent contre la table pour retrouver stabilité. Elle lève ses yeux vers la Déesse de la Maternité et articule sur un ton bas. « Mais je dois savoir une chose... L’aviez-vous su un jour ? » La question reste quelques secondes en suspend. « Pour mon sort, pour celui d’Angeya... Vous, incarnation de la clairvoyance, l’avez-vous su un jour ? » Elle sait très bien que ce n’est pas le moment d’évoquer ce sujet et pourtant, elle n’a pas pu s’en empêcher. Car si la reine a su un jour ce dont son époux s’est rendu coupable, alors elle se doutait que tout ceci arriverait. La guerre, les sacrifices et les pertes - c’est le revers de la médaille, les conséquences irréversibles de la moindre bévue lorsque l’on porte une couronne.



Par un soir ténébreux de l'arrière-saison. Dans un coup de rafale une graine emportée, tombant contre les murs d'une haute prison, entre de vieux pavés mal joints s'est arrêtée. Alors, comme sortant d'un funèbre sommeil, Elle émerge à grand'peine et s'exhausse de terre, et d'un suprême effort aspirant au soleil elle frémit d'espoir, la pauvre solitaire.
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Il est le second fils d'Odin et le premier fils biologique de Frigga ◘ Il préside les batailles, qu'elles soient juridiques ou à coups de haches ◘ Il connait toutes les lois jamais écrites ◘ Il est le Premier stratège du Royaume ◘ Sa main droite à été dévorée par Fenrir le loup, fils de son frère adoptif Loki ◘ Il a un loup tatoué sur chaque épaule ◘ Il possède une prothèse magique forgée par les nains qui remplace sa main manquante lors des combats.

GUERRE & JUSTICE


« Study Justice & Strategy over the years and achieve the spirit of the warrior. Today is victory over yourself of yesterday; tomorrow is your victory over lesser men. »



MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ Le bûcher d'un roi   Sam 3 Jan - 18:38




My father's name


Le récit sur la mort tragique d’Angeya conforta le Prince quant à la place qu’il avait choisi d’occuper lors de cet ultime épisode du conflit. Cette partie du problème lui avait dès le départ tout particulièrement pesé car c’était l’aînée des vagues qui avait offert Sif au monde. Et à lui surtout, un peu plus égoïstement sans doute. Imaginer son propre Père assassiner froidement celle qui lui avait donné la vie aurait à jamais souillé les relations étroites qu’elle avait depuis toujours entretenues avec la famille Royale. Cette idée l’avait révulsé chaque fois qu’il avait laissé son esprit envisager le pire. Un pire qu’il avait envisagé pour rien car il savait désormais, qu’il ne s’était pas acharné et aveuglé pour rien. Il s’était systématiquement obligé à croire que son géniteur avait agit selon un code bien précis, et tandis qu’Odin narrait quel triste destin avait été celui d’Angeya, Tyr lui, se félicitait intérieurement de ne pas avoir lâché prise. Les détails de l’affaire au complet restaient nébuleux, mais le Prince pouvait sentir que le Roi avait agit selon des desseins qui ne pourraient certes pas l’excuser, mais tout du moins Justifier ses actes.

Car c’était bien là ce que chacun attendait ici. Justice. Ils n’avaient plus que ce mot-là en tête, Tyr pouvait le sentir aussi clairement qu’une braise au creux de sa paume unique. Le réel problème venait du fait qu’ils en avaient tous une conception différente. Justice avait autant de visages qu’il n’y avait de protagoniste. L’unique cause qui pourrait unir chacun ici présent se résumait donc à la toute simple Vérité. Malheureusement, le puis-né n’était pas certains d’avoir la crédibilité nécessaire aux yeux de toutes ces antiques Divinités pour s’en faire la voix à lui seul.

Les Nornes lui envoyèrent donc de l’aide en la personne de sa Mère et Reine. En la voyant ainsi débarquer, Tyr avait aussitôt bondit sur ses pieds, se redressant de toute sa haute stature. Durant quelques fractions de seconde, il avait mit son apparition sur le compte d’une nouvelle funeste et terrible à annoncer, mais ses mots furent tout autres et tandis qu’elle se lançait dans une tirade poignante, lui-même se rasseyait doucement, peut-être un rien penaud.
Lui-même n’avait rejoint la rébellion qu’au tout dernier instant, en constant de ses propres yeux le massacre. Personne ne l’avait mit dans la confidence avant cela, sans doute car ses cadets avaient craints qu’il ne s’obstine, voir, qu’il ne tente de les arrêter. Au final, il ignorait comment prendre la chose. Il ne pouvait nier que ces réactions auraient en effet put être siennes, mais d’un autre côté, comment faire preuve de la moindre clairvoyance si tous les partis persistaient à lui dissimuler la vérité ? Il avait gardé sa fidélité paternelle intact malgré que celui-ci n’ai jamais daigné lui fournir la moindre explication sur rien, pas plus que ne l’avaient fait Sif, Balder, Hermod et tous les autres, y comprit sa propre mère et même Saga, d’après ce qu’il avait tout récemment apprit.

Comme bien souvent, il se retrouvait seul au milieu des autres, comme celui qui ne se range nulle part et dont on ne sait pas vraiment quoi faire. Il en avait souffert longtemps mais la résignation ayant prit le pas, il se contentait de le constater avec lassitude. Il lui aurait de toute façon été bien impossible d’en vouloir à la Reine pour quoi que ce fut. La voir si bouleversée l’affectait, et les mots qu’elle débitait tout autant. Comme elle se trouvait dans son dos, les mains tremblantes sur ses larges épaules, il pouvait sentir irradier d’elle une aura de force et de fragilité mêlées et qui l’enveloppait tout entier tel un bouclier invisible.

La voir assurer la régence ne lui avait pas encore traversé l’esprit, il n’en n’avait guère eut le temps, mais si une telle décision était prise, il n’envisageait pas de s’y opposer. Elle pourrait sans attendre induire un sentiment de sécurité au sein des Royaumes, ce que son géniteur n’était désormais plus réellement capable d’obtenir. Du moins plus de manière unanime.

Tout ce qui le dérangeait au fond, c’était l’idée d’exposer sa Mère à un poids qu’elle n’était peut-être pas en état de porter, tout comme Sif. D’ailleurs, la dernière question de Jörd lui hérissa le poil. Que cherchait à faire la Nature ? La blâmer, la plonger dans un gouffre de culpabilité ? Pointer ses erreurs ? Ses mensonges par omission ? Il s’interposa aussitôt :

« Et quelle importance, qu’elle l’ait su ou pas ?! il répliqua, le ton sec. J’ai bien du mal à voir l’intérêt de cette question lorsque tant d’autres – autrement plus importantes – restent en suspens sans que personne ici ne daigne les soulever. Je ne pensais pas avoir à vous l’apprendre, mais lorsque l’on Juge une âme sur ses supposés crimes, il faut tout d’abord se pencher sur le mobile et les motivations avant tout autre chose, or je n’ai encore entendu personne ici, se demander tout simplement … pourquoi »

L’on parlait d’Angeya, de captivité, de maternité volée, de promesses bafouées, mais le pourquoi de la chose n’avait pas été évoqué, du moins pas à sa connaissance. A quoi bon menée toutes ces intrigues ? A quoi bon jouer avec tous ces Destins ?

« Je suis certains … qu’il y a une bonne explication » hésita le Prince en tournant un regard qu’il voulait encourageant vers son Souverain de père.

Et de cette phrase, il résumait également sa position toute entière, l’idée à laquelle il s’était accroché tout au long des troubles. Forcément, son père n’avait pas agit par simple caprice, ou pour une quelconque histoire de coucherie qui se termine mal. Il devait obligatoirement avoir une bonne raison. Il le fallait.


(c) Bloody Storm



Tyr.
He asks for neither praise nor glory, boasts not with mighty words in the Hall. He asks nothing but stands firm, steering His way clearly through murky waters. He is mighty, this God, His glory found in His sword and the hand He sacrificed. I will hail Him as He faces the wolf, this warrior who betrays for honor’s sake.
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MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ Le bûcher d'un roi   Dim 11 Jan - 18:33


Le bûcher d'un roi

Tous rabroués comme des enfants par la Maternité, il sembla s'écouler une éternité avant qu'aucun n'ose reprendre la parole après son discours ô combien émouvant et juste. Frigga était la voix de la Sagesse et de la Paix à la place des parlementaires des nations, qui n'avaient su jusque là que chercher à rugir plus fort les uns que les autres. Exception faite, peut-être, du roi des elfes qui avait prouvé une fois de plus sa sagacité, lui qui ne s'était engagé dans le conflit que par pur souci de Justice. Il valait bien mieux que Frey, qui ne semblait avoir qu'un seul mot à l'esprit et à la bouche, Indépendance. Savait-il seulement ce que cette "liberté" coûtait ? Il était facile de l'oublier lorsque l'on avait bénéficié de la protection d'Asgard si longtemps. Les taxes sur les Vanes étaient certes conséquentes, mais une armée comme celle du Royaume Éternel coûtait des montagnes d'or... Par les Nornes ! À présent qu'il y songeait, d'autres et non des moindres allaient demander le paiement qui leur avait été promis pour participer à la bataille au côté d'Asgard. Les Nains, et Nídhögg lui-même. Le dragon ne s'en retournerait pas aux racines d'Yggdrasil avant d'avoir obtenu son trésor, et c'était encore s'il ne réclamait pas la jolie tête de Freyja, puisque la déesse lui avait crevé un œil. S'il l'avait pu, c'était sans hésiter qu'il lui aurait offert les jumeaux de Njörd en pâture, il était fort dommage que leur survie soit essentielle à l'équilibre de l'Arbre-Monde... Encore que, le dicton ne disait-il pas "nul n'est essentiel" ? Si les Nornes et sa propre expérience personnelle lui avaient affirmé le contraire, pour ces deux là il aurait été prêt à tenter le sort...

Ràn fut la première à reprendre la parole, et sa requête étonna Odin autant que la principale intéressée, vers laquelle son époux se tourna. Frigga, assurer la régence... ? C'était une éventualité à laquelle le Père de Tout n'avait jamais songé, et cela sans que cela ait quoi que ce soit à voir avec les capacités à régner de son épouse. Il s'agissait simplement de lui éviter de se retrouver avec le poids du monde sur les épaules. Cependant, elle avait toujours été là pour le soutenir et l'épauler, et cela même lorsqu'elle n'approuvait pas ses décisions. Elle avait toujours été la meilleure épouse qui puisse être, il avait bien souvent regretté de ne pas avoir eu foi en ses capacités à lui assurer une descendance, et cela même s'il n'aurait changé le passé pour rien au monde, Thor lui étant bien trop précieux. La situation avait beau être malheureuse, et les tensions présentes, mais l'attitude parfaitement assumée de Ràn prêtait le souverain à sourire. En dépit de tout ce qui les avait opposés, il l'appréciait pour son caractère franc et son assurance à toute épreuve. Il était fort regrettable qu'il ait à la fois perdu sa confiance et son amitié, mais après tout, qu'était-ce qu'un sacrifice de plus... ? Sa requête, sa suggestion, soulevait toutefois bon nombres de questions, auxquelles Odin ne pouvait répondre seul. Il était prêt à endosser bien des responsabilités en attendant le rétablissement de son aîné, cependant il ne lui appartenait pas d'en accabler son épouse sans qu'elle y consente. L'air grave, Frigga balaya l'assemblée d'un regard, ses doigts raffermirent leur prise sur les épaules de Tyr. Elle resta longuement silencieuse, pesant le pour et le contre, interrogea l'avenir quant à la meilleure décision pour les Neuf Royaumes et pour les siens. Partager la couronne était une chose, devoir la supporter seule en était une autre, et cela quand bien même ce ne serait que temporaire. Finalement, elle hocha légèrement la tête... Sans pour autant entièrement céder à la demande de l'assemblée. « Je consens à partager la responsabilité de la régence. Partager seulement, mais n'y voyez point là une quelconque lâcheté de ma part. Notre société est, et je suis certaine que les dames présentes ici rejoindront mon opinion, malheureusement essentiellement phallocrate. Croyez-vous sincèrement qu'Asgard garderait sa crédibilité si le pouvoir se retrouvait spontanément entre les mains d'une femme... ? Croyez bien que cela me désole, et je compte bien sur notre nouvelle reine pour remettre quelques esprits à l'endroit... Cependant il en est hélas encore ainsi. De plus, et même en ayant l'appui de mon fis, je serais bien incapable de prendre une quelconque décision martiale en pleine connaissance de cause. Je suis une mère et une magicienne, pas une stratège, et encore moins une guerrière. »

Si cela n'aurait pas alimenté les tensions, Odin aurait souri. Elle était bien plus finaude qu'elle n'y paraissait au premier abord, loin de n'être qu'une reine digne et délicate, Frigga savait manier les mots – et les esprits – tout aussi bien que son époux, si ce n'était mieux car l'on ne se méfiait pas de la Maternité. Tout comme Tyr, elle soutenait son époux dans les derniers moments de son règne. Qu'ils n'oublient pas, tous, qui il était et tout ce qu'il avait construit et fait pour eux... « Bien. Nous partagerons donc la régence, et j'accepte de remettre les décisions finales entre les mains de mon épouse, dans l'éventualité où nous devrions assurer la régence sur une longue période. » Que les Nornes entendent Ràn et aident Thor à se remettre au plus vite... Ils auraient pu en rester ainsi, si Jörd n'avait pas repris la parole pour poser à Frigga une question qui la fit blêmir encore davantage. Avait-elle été au courant du sort que lui avait réservé son époux... ? Sans doute était-ce une question que la Terre brûlait de lui poser depuis bien longtemps. Une question à laquelle elle s'était préparée à répondre, cependant elle n'en eu pas l'occasion. Tyr, plus furibond que ses parents ne l'avaient jamais vu, coupa l'herbe sous le pied – pardonnez l'expression – de sa mère en rabrouant la Terre et en rappelant à tous qu'il y avait plus important à discuter. Lentement, Odin quitta son siège, sans attendre que tous l'imitent comme autrefois, mais avec la même ferme intention d'en finir avec ces pseudos négociations qui n'étaient rien sinon stériles. « Une bonne explication, il y en a une, en effet. Mais il ne convient pas à toutes les oreilles de l'entendre. » Froidement, il toisa Frey et Freyja. Ces deux là n'avaient plus rien à faire ici. Quant à Aegir, Ràn et Heimdall, sans doute méritaient-ils d'entendre toute l'histoire, mais plus tard. Plus tard, lorsque les esprits seraient moins échauffés, plus tard, lorsque les principaux concernés sauraient le fin mot de l'histoire. Autrement dit, Jörd ainsi que Tyr. Quittant sa place, suivi de très près par les deux loups, Odin rejoignit les abords de son épouse et de son fils, avant de s'adresser à l'assemblée. « A présent, si vous le... permettez... nous allons nous retirer. Nous n'avons pas seulement un royaume dont nous devons nous soucier, mais également une famille. Vous feriez mieux de nous imiter et rejoindre les vôtres. » Il enjoignit son épouse et son fils à le suivre, puis ils quittèrent la salle tous les trois, sans se soucier des besognes des autres.


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the line between grief and guilt is a thin one

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MessageSujet: Re: LA PROPHÉTIE ϟ Le bûcher d'un roi   Ven 16 Jan - 14:19

Lapsus. Sa langue avait fourché, il s’en mordait dès à présent les doigts. Malgré cette non-victoire plus ou moins, il devait l’admettre qu’il se sentait petit face à Odin. Il ne pouvait plus l’ouvrir de façon à rabaisser l’ex-souverain en devenir – si ce n’était pas déjà le cas – d’Asgard. Ce fut humble qu’il écouta alors Odin remettre Frey à sa place. Excès de zèle, parfois il oubliait qu’il avait 1000 ans de moins que les Anciens à cette table et même s’il avait une amitié entre les Seigneurs des mers, il était clair qu’autour de cette table, ils étaient tous présents en tant que qualité de dirigeant. Il l’écouta terminer et poursuivre, s’expliquer auprès d’Ægir et Ràn. Il tourna nonchalamment la tête vers Odin lorsqu’il parla des revendications du royaume vane. Il ne put qu’approuver, de surcroît c’était son intention primaire, il ne souhaitait guère discuter de cela avec Odin. Il connaissait les idées opiniâtres d’Odin, peut-être, malgré leur quelques différents, cela se passerait-il mieux avec Thor ? La voix plus humble, il répondit.

- « En effet, cela n’a été qu’un lapsus de ma part, nous sommes tous fatigués et à cran, c’est pour cela que je m’excuse auprès du seigneur d’Alfheim et de vous, j’ai fait preuve d’un excès de zèle. Cependant, je n’en pense pas moins, vous vous en doutez. Tout comme je sais que vous nous, parlant des jumeaux de Njörd, haïssez autant que je vous hais. Mais bien évidemment, il m’était clair depuis le début qu’à l’issue de cette guerre, ce serait auprès de Thor – pour qui je ne souhaite qu’un prompt rétablissement, Jörd, sincèrement – que je devrais plaider ma cause, non auprès de vous. Mais même si cela m’écorche de l’avouer, je suis d’accord avec Odin, Sif n’est pas en mesure d’assurer la régence pour l’instant. Son mari est grièvement blessé, elle vient d’être mère… Elle n’a pas la tête à cela. »

Il suivit le reste de la conversation, placide, pensant aux excuses qu’il devrait encore présenter auprès de la tempête, au vu du regard noir qu’elle lui avait lancé. Mais chaque chose en son temps, il viendrait un jour où il s’excusera, dans un futur très proche. La discussion prit un tournant très intéressant, là où Jörd affirmait qu’elle admirait Frigga, où elle lui en était reconnaissante d’avoir pris soin de Thor, elle lui demanda s’il n’eut jamais une quelconque vision du futur qu’il dans le passé attendait la défunte première vague et elle-même. Une sage question, qui fut tranchée par la protection filiale de Tyr. Frey ne put qu’intervenir.

- « Tyr, je pense que c’est important pour elle, afin de savoir si quelqu’un aurait pu empêcher un si funeste sort. Afin de savoir si quelqu’un autre qu’Odin, même une seule personne était au courant de ce qui arrivait, leur arrivait. Afin de savoir si quelqu’un aurait pu éviter la délicate situation dans laquelle nous nous trouvons tous actuellement. Elle pense quand même aux problèmes autrement plus graves, je pense que tu peux comprendre le double sens de sa question, non ?»

Il retourna à sa placidité, sans attendre de réelle réponse du fils d’Odin. Il suivit le reste de ce conseil de paix calmement sans l’ouvrir, trouvant que la régence partagée jusqu'au rétablissement de Thor lui convenait. Il resta dans son mutisme jusqu’à ce qu’Odin les mit à la porte, bien gentiment, chose qu’il prit.

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