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Rumeurs
- Var a tourné le dos à son roi. Il parait que la déesse des Pactes préfère aujourd'hui les grosses faveurs de Frey !

- On dit que depuis que Tyr a pris les fonctions de son frère aîné, personne n'aurait encore osé lui proposer un coup de main .

- A Tromsø, on hésite à dire si la petite Brynja est maudite ou chanceuse, car après avoir manqué de se faire brûler vive par un dragon, elle a manqué par deux fois la noyade, dont une durant les raids !



 
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 We all dream of things we cannot have

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reine d'asgard

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« I could recognize him by touch alone, by smell. I would know him blind, by the way his breaths came and his feet struck the earth. I would know him in death, at the end of the world. »



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MessageSujet: We all dream of things we cannot have   Lun 8 Déc - 22:08


We all dream of things we cannot have

TYR & SIF
FLASHBACK ≈ 300 ANS PLUS TÔT

Les flocons s'accumulaient lentement sur le rebord de la fenêtre, formant une pellicule cotonneuse et immaculée, qui scintillait comme du cristal sous les rayons de l'astre diurne. L'hiver était confortablement installé à Asgard depuis presque deux lunes, drapant le royaume de son manteau neigeux. L'air était froid, les cristaux de glace jalonnaient les pavés, aux soieries avaient succédé les fourrures, et la cité semblait plongée dans une douce léthargie dont elle ne sortirait qu'au retour du printemps. Les Ases ne s'attardaient plus guère dans les rues, ni même dans les somptueux jardins de la reine, visibles depuis cette fenêtre des appartements princiers. Les arbres étaient recouverts de neige et de givre, au bout de leurs branches pendaient de drôles de fruits semblables à tes stalactites de quartz que la moindre brise pouvait briser. L'eau des fontaines avait gelé, les bancs abandonnés par les dames et les amants, ne restaient plus que les rosiers enchantés de Sa Majesté Frigga pour embellir ce paysage somptueux mais bien terne de quelques teintes de couleur. Nulle teinte ne contrastait plus violemment avec la blancheur virginale de l'hiver que le vermeil de l'hémoglobine. Une hémoglobine récemment versée par le plus Juste de tous au nom de la sacro-sainte sécurité des Ases, dans une indifférence qui frôlait le mépris. La main de la Justice avait été amputée, sectionnée par les crocs du fléau qu'était Fenrir afin de pouvoir l'enchaîner et protéger les royaumes de sa fureur dévastatrice. Mon cher Tyr, le fils d'Odin et éternel second dans la place de son père, avait sacrifié sa main pour nous permettre à tous de dormir sur nos deux oreilles à présent que le fils de Loki n'était plus libre. Son offrande si généreuse avait été moquée, pointée du doigt par bon nombres d'imbéciles trop arrogants pour en comprendre le sens.

Quand bien même aurais-je été à ses côtés, je n'aurais rien pu faire pour l'empêcher d'offrir sa main au loup en gage de la bonne foi des Ases. S'il m'arrivait parfois d'élever ma voix contre celle de Tyr, j'avais appris à ne pas m'interposer entre lui et sa soif insatiable de Justice, à respecter ses décisions et à le soutenir en toute circonstance. Le prince n'était pas seulement mon commandant sur le champ de bataille, il était mon confident et mon ami, c'était avec lui que je passais la plupart de mon temps, et cela depuis déjà une paire de siècles. Notre amitié avait vu le jour au cœur des combats et avait perduré dans les couloirs du palais, pour mon plus grand bonheur. Tyr n'était pas de ceux qui remettaient en question mes aptitudes guerrières pour le simple fait que j'étais une femme, mais pas l'une des valkyries de Dame Freyja, quant à moi je le voyais pour l'homme qu'il était, je n'étais pas aveuglée par la lumière – un brin excessive à mon goût – qui émanait de son frère aîné. Et alors que nous étions si proches, j'avais failli à ma promesse d'être à ses côtés quoi qu'il advienne. Terrassée par d'incessantes visions auxquelles je ne parvenais pas à donner le moindre sens, j'avais été forcée de garder le lit le temps que mes nausées disparaissent, et si Tyr était venu me voir avant de s'en aller piéger Fenrir avec le Gleipnir, je n'avais rien pu faire d'autre que l'implorer d'être prudent. Il avait promis, il promettait toujours, et était parti... La nouvelle du drame m'avait été apportée par mon père, et m'avait poussée à m'extirper de mes draps pour me rendre au chevet de Tyr au plus vite. J'avais été horrifiée de le découvrir inconscient et mutilé, les explications quant à la raison de cette abominable blessure m'avaient été offertes à la hâte, et l'on m'avait fait comprendre que je gênais Eir dans sa tâche. Je m'étais donc trouvée à attendre que la Médecine incarnée ait terminé de s'occuper de lui, dans le corridor de ses appartements, en compagnie de Frigga et Saga, tout aussi inquiètes que moi. Odin était brièvement passé s'enquérir de l'état de santé de son fils, la colère de Thor avait résonné dans tous le palais en même temps que l'orage grondait, Hermód, Bragi et Balder avaient timidement pointé le bout de leur museau et Loki... Loki semblait s'être vaporisé dans l'air, certainement craintif quant aux répercussions de l'acte sauvage de son enfant lupin.

Ce n'était qu'une fois la reine et la princesse retournées le cœur serré à leurs occupations que j'avais pris ma place auprès de Tyr. Son inconscience était pour le mieux selon Eir, elle aiderait son corps à récupérer le temps que la douleur s'adoucisse au moins au moins jusqu'à devenir supportable. Je m'étais dans un premier temps installée auprès de lui, puis après une poignée d'heures j'avais migré vers la fenêtre pour pour contempler la chute régulière des minuscules étoiles givrées. Le spectacle était si monotone que sans m'en rendre compte j'avais commencé à somnoler, ma tête se faisant de plus en plus lourde contre ma paume. Il suffit toutefois d'une légère mouvance du prince alité pour que me sens s'éveillent, je quittai ma place pour rejoindre le chevet direct du prince. Assise au bord du lit, je pris la main de Tyr, à présent orpheline de jumelle, entre les miennes et la serrai doucement tandis qu'il ouvrait laborieusement les yeux. Légèrement penchée au dessus de lui, j'attendis patiemment qu'il reprenne conscience et retrouve ses esprits, les lèvres étirées en un sourire que je voulais rassurant. « Hé... Te voilà enfin de retour parmi nous. J'ai bien cru que tu avais décidé d'hiberner pour l'hiver... » Une pointe d'humour, peut-être malvenue, pour tenter de dédramatiser une réalité à laquelle il ne pourrait malheureusement pas échapper une fois qu'il aurait retrouvé l'usage de ses sens. Sans doute serait-ce terrible, et tout ce que je pourrais faire était l'aider à surmonter cette épreuve, à accepter la condition qui était à présent la sienne. « Comment te sens-tu ? » Mal, à n'en point douter, mais cette question était une convention stupide, posée à chaque malade ou blessé qui émergeait de la tourmente. J'apposai le dos de ma main sur son front pour m'assurer qu'il n'avait pas de fièvre, puis lorsque je fus rassurée, j'effleurai doucement sa joue. « Je suis là, d'accord ? Je suis là. » Et je n'avais l'intention d'aller nulle part, ni maintenant ni jamais.


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Il est le second fils d'Odin et le premier fils biologique de Frigga ◘ Il préside les batailles, qu'elles soient juridiques ou à coups de haches ◘ Il connait toutes les lois jamais écrites ◘ Il est le Premier stratège du Royaume ◘ Sa main droite à été dévorée par Fenrir le loup, fils de son frère adoptif Loki ◘ Il a un loup tatoué sur chaque épaule ◘ Il possède une prothèse magique forgée par les nains qui remplace sa main manquante lors des combats.

GUERRE & JUSTICE


« Study Justice & Strategy over the years and achieve the spirit of the warrior. Today is victory over yourself of yesterday; tomorrow is your victory over lesser men. »



MessageSujet: Re: We all dream of things we cannot have   Dim 14 Déc - 19:39




We all dream of things we cannot have


Quel Royaume était-ce là, fait de noirceur et d’ombres, où l’écarlate était l’unique couleur capable de percer le voile crasseux et charbonneux des cauchemars ? Quel Royaume est-ce là, morbide et aride, de poussière et de cendre, de glace et de pierre ? Où donc s’était-il perdu ? Vers quoi errait-il depuis ce qui lui semblait être le temps d’une vie ? Quelle folie avait-il commise qui méritait si cruel châtiment ? Le néant moribond qui s’étalait à perte de vue lui semblait une vision plus terrible encore qu’un labyrinthe. Point d’issue, point d’échappatoire. Plus rien que ce néant chaotique et nocturne, ce vide accablant qui s’agitait telle une bouche immense, une mâchoire gigantesque et affamée vers la quelle il chutait inexorablement. Jusqu’à s’en retrouver dévoré tout entier, éclaboussant les ténèbres de giclées rubicondes et visqueuses.

Ainsi le corps du guerrier reposait sur la couche, immobile et blême, mais son esprit se voyait privé de tout repos, harcelé qu’il était par les crocs acérés de l’impitoyable vérité. Son état n’était pourtant pas grave au point que la conscience le déserte plusieurs jours d’affilés, il s’était plutôt gardé lui-même dans cet état de latence, afin de retarder le moment où il lui faudrait pleinement assumer les conséquences de son sacrifice.

Odin n’avait-il pas offert son œil aux Nornes ? N’avait-il pas sacrifié une part de lui afin de s’élever ? C’est fort de cette pensée qu’il avait accepté de jouer le jeu tortueux du loup. N’était-il pourtant pas bien placé pour savoir que la bête avait hérité de son abject géniteur toute la duplicité de ce monde ?

Avant d’être cette bête sauvage et vorace, Fenrir n’avait été qu’un chiot, une bizarrerie esseulée, un prototype monstrueux créé au nom d’il ne savait trop quelle nouvelle lubie malsaine – sans doute, tout simplement, celle de leur nuire. Comme souvent, ce cher Loki avait fait mouche et les années leur avait révélées un animal incontrôlable et sanguinaire, indomptable et pourtant doté d’une cruelle intelligence. Durant tout ce temps, Tyr avait fait son possible pour le détourner de cette voie car malgré son engeance douteuse, Fenrir avait possédé en lui le potentiel d’être autre chose qu’un monstre, autre chose qu’une bestiole enragée et avide de chaos.

Autrement dit, le produit manufacturé d’un Père égoïste.

Jusqu’au dernier moment, Tyr avait voulu croire qu’il était possible de dépasser sa nature profonde. Que Fenrir, comprenant le sérieux de leurs intentions, les sacrifices qu’ils étaient prêts à faire pour le museler, ferait le choix de s’assagir afin de conserver sa précieuse liberté.
Malheureusement, la prophétie semblait inéluctable, et le loup avait choisi de renier à jamais sa part d’humanité pour ne plus être qu’une bête. Et cette bête venait se venger jusque dans ses songes, le harcelant de ses propres lamentations, là-bas, isolée dans ses montagnes, Gleipnir pour seule compagnie devant l’éternel, et elle le harcelait de sa rage aussi, de sa colère dévorante et de son insatiable faim, à tel point qu’en ouvrant les yeux, Tyr ignorait s’il était homme, ou s’il était loup.

Tout d’abord il fut aveuglé par quelques reflets d’or, une teinte qu’il lui semblait presque avoir oublié dans sa torpeur. Il réalisa ensuite qu’il s’agissait d’un visage encadré d’une chevelure solaire. Derrière les brumes froides qui l’embourbaient encore, il perçu l’écho d’un timbre chaud qui termina de le guider vers un état de conscience véritable.

La toute première sensation fut évidemment la douleur.
Elle irradiait si fort qu’il avait l’impression que son côté droit tout entier avait été écrasé, martelé et démantelé. Une sueur glacée le traversa de part en part et il en fut aveuglé durant quelques instants, avant que la vague de souffrance n’opère son reflux et qu’il n’en termine pratiquement suffoqué. Il lui fallut quelques instants pour faire face et s’habituer à l’affreuse sensation. Quelque chose en lui appelait, hurlait même, à ce qu’il baisse les yeux, et ce afin de constater par lui-même les dégâts. Il s’y essaya mais fut incapable de terminer le geste, préférant braquer son regard vitreux sur Sif.

L’observant quelques instants, il fut prit d’un doute qui lui fit froncer les sourcils.

« Est-ce que tu es réelle ? » la questionna-t-il avec grand sérieux.

Tout semblait si dramatiquement terne à côté d’elle, il émanait une telle lumière de sa silhouette, du moins c’est ce qui lui semblait de puis le gouffre où il se trouvait coincé. Il voulait s’assurer qu’il n’avait pas perdu l’esprit en même temps que sa dextre…

(c) Bloody Storm




Tyr.
He asks for neither praise nor glory, boasts not with mighty words in the Hall. He asks nothing but stands firm, steering His way clearly through murky waters. He is mighty, this God, His glory found in His sword and the hand He sacrificed. I will hail Him as He faces the wolf, this warrior who betrays for honor’s sake.
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MessageSujet: Re: We all dream of things we cannot have   Sam 20 Déc - 22:33


We all dream of things we cannot have

TYR & SIF
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Si j'étais réelle ? Inclinant légèrement la tête sur le côté, j'offris un sourire triste au dieu alité. La douleur associée aux brumes de l'inconscience rendait l'interrogation légitime, quoique déconcertante. Évidemment que j'étais réelle, je l'étais bien davantage que n'importe lequel de ses cauchemars, n'importe lequel de ses délires enfiévrés. Je n'étais pas une chimère, j'étais un être de chair, de sang et d'os, et je n'avais nulle intention de me volatiliser. « J'ignore si je dois me vexer que tu penses que je ne suis qu'une manifestation immatérielle de ton inconscient... », répondis-je finalement sur un ton badin, comme une nouvelle tentative de le distraire, de détourner ses pensées de la douleur qui n'allait sans doute pas manquer de se réveiller en même temps que son intellect. « Je suis réelle, Tyr. Et je suis là. » Où aurais-je pu être, sinon à ses côtés ? J'aurais été une bien piètre amie et camarade d'armes si je n'avais pas été à son chevet quand il en avait le plus besoin. Non pas qu'il soit seul et abandonné des siens, grands dieux non, mais mes obligations ne m'obligeaient en rien à me tenir loin de lui, au contraire de ses parents et frères et sœur. Ce qui ne les empêchait nullement de venir prendre de ses nouvelles régulièrement, qu'il s'agisse du jeune Balder ou plus étonnement de Thor. Décidément, il n'y avait que Loki qui manquait à l'appel, et sans doute était-ce pour le mieux car d'aucuns le jugeraient principal responsable de la situation. Car après tout, Fenrir n'était-il pas né de ses batifolages avec la géante Angerboda ? La jötun avait donné naissance à de bien drôles de créatures, un serpent géant et une poupée de porcelaine dont la moitié du corps était en putréfaction en plus du loup à présent enchaîné. Une engeance pour le moins singulière, mais qui ne surprenait guère lorsque l'on connaissait son géniteur. Loki était, de façon remarquablement ironique, le seul des fils d'Odin à lui avoir offert des petits-enfants, une descendance dont le tout Asgard, et probablement Yggdrasil, se serait volontiers passé. Je ne portais pas le Chaos dans mon cœur, et suite à cet épisode désastreux, nos relations ne s'arrangeraient pas.

J'égarai une caresse sur la joue du dieu, puis posai la paume de ma main sur son front. La fièvre subsistait quoiqu'elle ait baissé, je quittai donc un instant le chevet de Tyr pour aller remplir une coupelle d'eau fraîche, dans laquelle je trempai un linge propre, que j'essorai avant de l'appliquer sur le front de mon ami. « Ils sont tous venus te voir », commençais-je timidement, avec une hésitation certaine. Je ne savais que dire en pareille situation, j'ignorais si les mots pourraient de quelque façon apaiser ses tourments. « Frigga et Saga étaient là il n'y a encore pas si longtemps. Elles n'ont eu d'autre choix que de retourner à leurs occupations, mais elles étaient terriblement préoccupées par ton... état. Bragi et Balder n'ont pas oser rester pour ne pas risquer de t'importuner, mais ils étaient là eux aussi. Thor est venu lui aussi, ainsi que votre père. » Les deux derniers avaient été les plus discrets, mais il m'avait suffi d'un regard pour remarquer que l'inquiétude marquait leurs traits, et pendant une fraction de seconde j'avais entrevu une part plus douce de la personnalité du Tonnerre... Une fraction de seconde, et puis il s'était remis à tempêter dans les couloirs, et je n'avais évidemment pu m'empêcher de rouler des yeux.

Lorsque je jugeai qu'il n'était plus nécessaire de continuer à tamponner le front de Tyr à l'aide du linge humide, j'abandonnai celui-ci sur un coin de table de chevet. Sur celle-ci trônait une carafe en cristal remplie d'un liquide dont la teinte ambrée était semblable à celle du miel, sans toutefois qu'il ne s'agisse d'hydromel. Bien au contraire, c'était là un remède concocté par Eir à l'attention du dieu amputé. Le silence pesant qui avait précédé l'éveil de Tyr reprit sa place dans la pièce, et c'est tout juste s'il fut perturbé par un léger frémissement liquide lorsque je versai de la boisson dans une coupe, que je tins bêtement entre mes doigts sans trop savoir quoi en faire. Un soupir navré m'échappa, puis je fis la grimace en m'adressant à Tyr. « C'est une infusion censée apaiser la douleur... C'est du moins ce que j'ai compris lorsque Eir a tenté de m'expliquer... J'admets ne pas avoir prêté une oreille très attentive à son discours... Je vais t'aider à t'asseoir. » Avec la plus grande précaution, j'aidai Tyr à se redresser, et même une fois la manœuvre terminée je laissai une main dans son dos, au cas où la tête lui tournerait. La coupe en main, je blêmis en réalisant que j'avais été sur le point de la lui tendre le plus naturellement du monde. Je restai figée, les yeux baissés sur le récipient et le liquide qu'il contenait. Une forte odeur médicamenteuse s'en dégageait, ce qui me fit froncer les narines avant que je ne reprenne un air sérieux. « Je suis désolée... », soufflai-je une première fois sans le regarder. Puis je relevai la tête, Tyr méritait bien davantage que ma compassion aux airs si pernicieux de pitié. « Je suis sincèrement désolée. Pour tout... » Que nous ayons dû en arriver là pour entraver Fenrir, de ne pas avoir été auprès de lui... « Comment... Comment est-ce arrivé, Tyr ? J'ai entendu bien des versions de ce que chacun prétend être la réalité... J'aimerais entendre la tienne, si tu le veux bien. » Et dans un même élan, je lui tendis la coupe et posai doucement la main sur son bras amputé. Quoi qu'il arrive, je serais là, il fallait bien plus que deux mains pour faire un homme, un dieu.


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MessageSujet: Re: We all dream of things we cannot have   Lun 5 Jan - 23:39




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La sensation soyeuse et fraiche de sa paume sur son front lui confirma bel et bien que la Dame n’était pas qu’une apparition. Cette certitude fit poindre un bref sentiment de chaleur dans la poitrine du jeune Dieu qui, le regard encore voilé, se contenta durant quelques instants d’observer la belle et de se laisser bercer par le suave de son timbre. Il ébauchait presque un sourire tandis qu’elle s’empressait d’énumérer tous ses si nombreux visiteurs et d’expliciter avec beaucoup de tact leur fiévreuse inquiétude à son égare, tout en justifiant au passage leur absence tandis qu’il revenait à lui. Oui car, si Tyr notait dument leur intérêt, il notait surtout que comme souvent, comme toujours même, ils étaient nombreux à passer, mais il n’y en n’avait jamais qu’une seule pour rester.
Toujours la même. Et c’était elle, qui s’échinait à lui répéter qu’elle était là, alors qu’elle était l’unique pour qui la chose ne faisait aucun pli.

Ce qu’il retenait donc, c’est qu’il trouvait le geste touchant, et il fut quelque peu attendrit de la voir si affectée. Il la savait affectée car d’ordinaire, sa Dame Sif n’était pas exactement un modèle de douceur. Pourtant là, elle se faisait aussi délicate qu’une fleure.
Ce n’était pas la première fois qu’elle l’aidait à se relever, loin de là. D’ordinaire, c’était après avoir reçu l’une ou l’autre claque de troll ou d’elfe sombre. Et d’ordinaire, elle vous empoignait par la maille pour vous secouer et vous crier ‘debout guerrier !’ d’un air impérieux. Cette fois-ci, grimée d’un air navré et soucieux, elle le manipulait comme s’il eut été taillé dans le verre.

Cela ne l’empêcha pas de rouler des billes lorsque son amie lui répéta qu’elle était désolée. Il était inutile qu’il s’épuise à lui expliquer qu’il n’aimait pas cela, elle le connaissait assez pour le deviner elle-même. Il ne lui en voulait aucunement. Les mots venaient sournoisement malmener sa fierté tronquée, mais lui aussi la connaissait, et il savait que ses mots étaient certainement le fruit de sa propre culpabilité, plutôt que ceux d’une quelconque pitié mal placée.

Au fond, il n’avait cure qu’aucun membre de la famille ne soit resté pour le veiller. Il n’y accordait pas la moindre attention et n’envisageait certainement pas de s’en plaindre. La seule qu’il aurait souhaité à son chevet s’y trouvait, et c’était le plus important. C’est sans doute pour cela qu’il consenti docilement à ingurgiter cette mixture immonde que Sif venait de lui tendre, et qui avait tout intérêt à faire effet rapidement. Des élancements cinglants lui vrillaient la chaire jusque dans son flanc et une migraine affreuse lui malmenait la cervelle.

Il n’osait toujours pas regarder son bras d’ailleurs. Il préférait la fixer elle, comme une excuse, comme un leurre, pour nier quelques instants encore.

En lui rendant le récipient de sa main valide et tremblante, il fit naître une claire grimace de dégoût sur ses traits parcheminés, accompagnés d’un grognement gutturale.

« Ca goûte la pisse de troll, maugréa-t-il dans sa barbe, sans doute pour retarder un peu le récit qu’elle lui demandait de faire et qu’il n’avait aucune envie de fournir. Combien de siècles ais-je dormi dis-moi, pour qu’il existe déjà ‘bien des versions’ ? J’ose espérer qu’il se prépare déjà quelques chansons sur le sujet, il me tarde d’entendre quelle rime vont oser nos artistes avec ‘main’ et ‘manchot’. Et comme pour lui rappeler qu’il était bien inutile en l’état, de déverser pour rien tant de fiel, son bras l’élança affreusement, tellement qu’il en fut aveuglé l’espace de quelques instants. Après plusieurs grimaces crispées, il reprit, quant bien même lui manquait le souffle : Il n’y a rien qui valle réellement le récit Sif. Simplement ce qui arrive… lorsqu’on veut se montrer plus rusé que la ruse. Le bougre voulait une preuve de bonne fois – presque malgré lui, il échappa un petit rire – c’en est cocasse. Mais son rire se fana aussitôt, laissant ses yeux cernés dévier sur le vide et un bref silence suspendre le temps : après tout… c’est par ma main qu’il fut nourri tout ce temps… la boucle est bouclée, je suppose… »

Son discours ne répondait que peu aux interrogations de la prophétesse, mais ses pensées bousculées et embrumées se gonflaient d’aigreur et d’amertume à mesure qu’il reprenait ses esprits. La réalité ne se montrait pas plus douce que ses cauchemars, et même si Sif n’était pas la cible de ses remarques acerbes, elle était la seule oreille qui pouvait les entendre. Pas uniquement car elle était la seule présente, mais plutôt car elle était la seule avec qui il pourrait assumer ses regrets, la seule avec qui il ne se sentait pas obligé d’agir comme s’il assumait ce corps mutilé qui était désormais le sien.

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MessageSujet: Re: We all dream of things we cannot have   Jeu 15 Jan - 22:41


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FLASHBACK ≈ 300 ANS PLUS TÔT

Faire preuve de compassion et de délicatesse n'était pas dans mes habitudes les plus notables, j'étais connue davantage pour mes coups de poings que pour mes discours poignants d'émotion. Je n'étais pas coutumière de la docilité, douceur, sensibilité et autres sentiments que l'on attribuait généralement – et bien souvent à tort – à la gent féminine. J'avais la furie guerrière dans le sang, une femme dans un milieu d'hommes ne s'imposait qu'à travers sa hargne, tout aussi bonnes que puissent être ses capacités. Je l'avais compris bien tôt, lorsque j'avais choisi la cour des Einherjar plutôt que celles des Valkyries pour apprendre les arts du combats. Que je sois la fille du Capitaine Vidar n'avait strictement rien changé, j'avais été jugée pour ce que j'étais : une frêle jeune femme. J'avais bien rapidement eu à me faire violence pour ne pas laisser les commentaires désobligeants m'atteindre, pour ne pas baisser les bras et m'en retourner à des activités plus seyantes pour une jeune femme de mon rang. Il m'avait fallu un certain temps pour comprendre ce qui me différenciait d'une valkyrie, tout n'était qu'une fichue question de statut et de chasteté – comme si aucun homme dans le royaume pouvait se vanter d'avoir jamais posé un doigt sur moi ! Tout aussi sauvage et encore allergique à la simple idée de laisser un homme partager ma couche que je sois, il me paraissait ridicule, et un brin misogyne d'exiger des valkyries qu'elles sacrifient une grande part de leur féminité pour pour pouvoir prétendre à un certain rang, quand les Einherjar étaient parfaitement libre de prendre une épouse et d'assurer leur lignée. C'était par fierté féminine que je continuais à refuser les offres de Freyja, qui semblait estimer que je ferais honneur à son ordre. C'était flatteur, certes, mais pas autant que de rester maîtresse de mes décisions. Parmi tous les mâles du royaume, Tyr était l'un des rares à me respecter et à m'apprécier pour ce que j'étais réellement, jamais n'avait-il essayé de faire de moi ce que je n'étais pas, ni même prétendu de mieux valoir.

Voilà pourquoi je me devais d'être à ses côtés alors qu'il traversait ce qui serait peut-être le moment le plus difficile de son existence. Mon calme apparent devait lui paraître étrange, lui qui était habitué à me voir traverser les halls du palais animée par la rage d'un berserkr. J'étais en colère bien sûr, furieuse que pareille atrocité lui soit arrivée, mais à quoi bon fulminer en sa présence ? Cela ne serait pas de la moindre utilité ; si j'étais prompte à user de mes poings je n'étais pour autant pas dénuée d'esprit. Les lèvres pincées, j'observai d'un œil presque trop inquisiteur mon ami ingurgiter le remède, que j'espérais miraculeux, d'Eir. Un rire léger m'échappa lorsqu'il commenta la piètre saveur du breuvage, je haussai un sourcil. « Je ne suis pas certaine de vouloir savoir comment tu peux savoir que cela a ce goût là... ! » Je récupérai alors la coupe vide, que je déposai sur la table de chevet non loin de là. Puis sans aucune gêne, je grimpai sur le lit pour m'installer à côté de Tyr, qui se demandait déjà ce que l'on pouvait raconter à son sujet. « Tu n'as dormi que quelques heures. Mais tu connais Asgard, la moindre nouvelle se répand comme une traînée de poudre, et il y a toujours quelques imbéciles pour chercher à y mettre le feu. J'ose cependant espérer que Bragi composera une ode qui te mettra à l'honneur, et que les récits de Saga ne seront pas altérés par les mauvaises langues. » Je préférais ne pas songer aux ménestrels qui tourneraient son sacrifice en dérision, faute de quoi je perdrais mon sang-froid plutôt que je ne le voulais. « Je ne m'en suis jamais cachée, je n'ai jamais compris pourquoi l'on s'acharnait à garder Fenrir en vie, tout fils de Loki qu'il soit. Mais j'ai toujours été la première à reconnaître que ce que tu faisais pour lui était brave... J'ai parfois dit que c'était aussi stupide, et je le pense toujours, mais c'était aussi très brave. Qu tu aies été victime de sa nature sauvage alors que tu es le seul à jamais avoir été bon avec lui démontre bien que l'on ne peut pas dompter une telle bête. » Et encore moins si celle-ci était issue de la matrice d'une Jötun qui n'avait rien trouvé de mieux à faire que s’accoquiner de Loki. « Mais je maintiens que tu as fait preuve de la plus grande bravoure, nul n'aurait mieux fait. Et ils feraient tous bien de le comprendre, sans quoi je le leur rentrerait dans le crâne à renfort de grandes claques. »

Un long soupir m'échappa, puis j'offris un regard compatissant quoique dénué de pitié à Tyr, avant de l'inviter à venir se blottir contre moi. Je n'étais généralement pas friande des étreintes, mais Tyr... Eh bien, Tyr était Tyr, il était mon plus proche ami et confident, j'avais une confiance aveugle en son sens du respect. Et puis, ce n'était pas comme s'il y avait quoi que ce soit d'indécent dans cette simple étreinte. « La boucle de ton histoire avec Fenrir est peut-être bouclée, mais il en reste un nombre incalculable d'autres à entamer. Il ne tient qu'à toi de faire rimer manchot avec héros. Et tu sais que je serai toujours à tes côtés pour pour t'épauler si besoin, non... ? »


FLASHBACK ≈ 200 ANS PLUS TÔT

« … Hum, les gars ? Vous faites une montagne pour rien. C'est un troll pas un dragon. La pauvre créature est certainement plus bête que ses pieds. » « Chut ! Je réfléchis ! » « Alors par pitié, Dagmar, réfléchis plus vite ! Je perds patience. » « Tu n'as jamais été patiente, nuance. » Roulant des yeux au point que je m'étonnai de ne pas avoir un aperçu de ma cervelle, je relevai légèrement la tête au dessus du bosquet, pour mieux voir notre cible. Non contents d'être imbéciles, la plupart des trolls avaient une ouïe terrible, raison pour laquelle nous n'avions pas encore été repérés. Nous ? Le grand Tyr Odinson, un trio d'Einherjar et amis qui nous accompagnaient souvent dans nos escapades – Dagmar, Kóri et Alfrid – et moi, Dame Sif. Les plus fines lames d'Asgard, et nous étions là à nous traîner dans la terre pour ne pas être vus par ce maudit troll qui tracassait un village de Vanaheim et dont personne n'avait encore réussi à se débarrasser. « … Bon. Qu'attendons-nous, au juste ? » « Que Dagmar ait une brillante idée. » « Dagmar, il vous emm– » « Ton langage. Il y a une Dame ici. » « Ah bon, où ça ? » « Hilarant. » Un large sourire étira mes lèvres, puis je me tournai vers Tyr, que je trouvais bien silencieux comparé à nos compagnons. « Tu sais... Ce n'est pas que je n'aime pas tes stratégies, bien loin de là, mais... Ce troll est littéralement en train de manger des pissenlits par la racine, je ne pense pas que nous ayons besoin d'un excellent plan d'attaque... D'autant plus que je commence à avoir faim. » Quatre paires d'yeux se tournèrent vers moi, je haussai les épaules. « Oh, ne faites pas les innocents !Le ventre de Kóri gargouille tellement fort qu'on dirait un tremblement de terre. » « Hé !! » Un grognement surpris échappa au troll, qui se tourna vers nous brièvement, et nous voilà tous écrasés au sol de façon parfaitement pathétique. « Alfrid, si tu tiens à pouvoir faire des folies avec ta jolie maîtresse ce soir, je te conseille d'enlever ta main de ma cuisse. » « … Toutes mes excuses, ma Dame. » Dagmar pouffa, puis couina lorsque mon coude s'enfonça dans ses côtes.

« … Rappelez-moi pourquoi Sa Majesté n'a pas envoyé Thor lui régler son compte ? » « Pour que notre cher Heimdall puisse se réjouir de nous voir nous ridiculiser. » « N'empêche que, un bon coup de Mjölnir... » « C'est ta tête que je vais utiliser pour cogner le troll si tu continues à parler pour ne rien dire ! » Bla bla bla. Et l'on osait dire que les femmes sont toutes de vraies commères ? Ah, quelles sornettes ! Secouant légèrement la tête face à tant de bêtises, je me tournai vers Tyr qui, je le savais, ne me rabattrait pas les oreilles de stupidités. « Il y a une rivière, en contrebas un peu plus loin. Les trolls ne savent pas nager, ils sont bien trop lourds et coulent comme des pierres... Le pousser depuis la falaise serait bien trop compliqué, en revanche on peut le pousser à nous suivre, un troll n'est pas plus malin que ne le serait un gros mouton. Donc... » Donc, pour la première depuis pas si longtemps que cela, et au plus grand dam de mes amis, je quittai ma cachette en quittant subitement ma cachette, une petite pierre à la main. Ni une, ni deux, je la balançai dans la nuque du troll, qui sursauta, et se tourna vers moi. « Hé, tête de caillou ! » « Huh ? » « Oui, c'est à toi que je parle, espèce d'imbécile décérébré ! Tu sais que tu es drôlement laid ? Enfin, je veux dire, plus laid qu'un troll normal. Tu t'es mangé un arbre, peut-être plusieurs ? Mon pauvre, ça ne doit pas être simple d'être la créature la plus laide d'Yggdrasil. » Le temps que les insultes montent au cerveau et soient traduites, le troll me fixa de ses grands yeux vides de toute intelligence. Et pendant ce temps là, mes compagnons se redressèrent, un petit rire moqueur me secoua, Dagmar joignit les mains bruyamment les mains en secouant la tête. « Cette femme, soit je vais la tuer, soit l'épouser. »

« Et maintenant ? » « Maintenant ? On court. » « Quoi ? » « Hein ? » Nul temps à perdre en explications, le troll, tout à coup furieux, poussa un hurlement furieux et s'élança en notre direction. J'offris une large risette à mes amis, après tout j'étais fière de mon coup, et filai sans demander mon reste en comptant sur eux pour m'imiter. C'était tout juste si je ne riais pas aux éclats en entendant la créature monstrueuse grogner et trébucher en nous poursuivant, sans compter sur Alfrid qui soufflait comme un bœuf tant il était mauvais à la course. « Je paie une barrique du meilleur hydromel d'Asgard au premier qui arrive à la falaise ! » « Mais bon sang, quelle falaise ?! » Pas de réponse, je zigzaguais entre les arbres, souches et autres obstacles sur mon chemin, lançant de temps à autre un regard à l'un ou l'autre de mes frères d'armes. Je ne doutais nullement des capacités de l'un ou de l'autre, et certainement pas de celles de Tyr, mais il fallait cependant rester prudents. Après quelques minutes d'une course folle, l'orée de la forêt fut enfin visible, mais surtout la falaise, à hauteur toutefois plus que raisonnable de la rivière. « Tout le monde saute ! » Les exclamations de mes compagnons furent tout sauf heureuses, entre pure exaspération et effroi total. Il n'y avait plus qu'à espérer que le troll ferait lui aussi le grand plongeon. L'adrénaline faisait battre mon cœur à un rythme extraordinaire, et c'est littéralement en poussant un cri de joie que je me lançai dans le vide, suivie de près par Tyr, Dagmar, Kóri, Alfrid... et le troll. Ce dernier s'écrasa à la surface de l'eau comme s'il était tombé sur de la roche, les remous furent tel que je fis quelques tourbillons aquatiques qui chamboulèrent toutes mes idées. Je retrouvai l'air frais de la surface rapidement, et pendant une seconde je craignis pour mes compagnons. Mais non, un à un ils remontèrent, les couleurs de leurs faciès variaient du blanc à l'écarlate. Hilare, je nageai jusqu'au rivage, sur lequel je m'étendis comme une astérie échouée sur la plage.

Ma poitrine se soulevait rapidement, et ce bien que je luttais pour retrouver mon souffle, j'étais hilare, plus joyeuse que je ne l'avais été depuis la mort de Père, quelques mois plutôt. À côté de moi, Kóri rampa laborieusement hors de l'eau, maugréant dans sa barbe rousse. « Folle... complètement folle... parfaitement... irrémédiablement... folle !! » Peut-être bien. Mais en attendant, le problème du troll était réglé, en voilà un qui n'ennuierait plus les Vanes. « J'ai bien réfléchi... », commença Dagmar en s'agenouillant, « Je préfère laisser un fou furieux t'épouser. Je vais... Je vais passer mon tour. » « Oh, non ! Et moi qui étais prête à accepter... ! » Soupirant de bonheur, je me décidai enfin à me relever. J’essorai rapidement ma crinière à présent noir d'obsidienne, courtoisie de Loki, et en tentant d'ignorer la sensation désagréables de mes vêtements qui me collaient à la peau, je rejoignis Tyr, et m'appuyai nonchalamment contre son épaule. « Alors ? Notre dernier bain remontait à trop longtemps, non ? »


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I DON’T NEED YOU TO FIGHT MY BATTLES, I JUST NEED FOR YOU TO BE THERE WHEN MY HANDS BEGIN TO TREMBLE AND MY VOICE BREAKS, TO HELP ME STEADY MY SWORD AND TEACH ME HOW TO ROAR.
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MessageSujet: Re: We all dream of things we cannot have   Dim 1 Fév - 0:30




We all dream of things we cannot have


LAccroupi dans la position du penseur grecque, Tyr avait observé la cible un moment, l’œil voilé par ses profondes réflexions et les sourcils tellement froncés qu’ils n’en formaient plus qu’un seul. Et sans doute était-il resté figé dans le silence de cette position un rien trop longtemps au goût de ses turbulents camarades. Leurs compagnies lui étant désormais plus que familière, il était simple pour un cerveau tel que le sien d’en faire totalement abstraction dès lors qu’il se mettait au service de la stratégie. Après, pour être honnête, le dit cerveau s’était quelque peu perdu en conjonctures au milieu de ses réflexions, laissant une pensée prolifique en entrainer une autre pour l’éloigner lentement du problème présent. Ainsi donc, sans trop savoir comment, il s’était retrouvé à méditer aux plans complexes d’une machine d’assaut au lieu de réfléchir à l’élimination du troll. Ca pouvait arriver à tout l’monde.

Malheureusement le délai vis-à-vis de la moindre décision laissa à Sif toute latitude dans la prise d’initiative. Sachant qu’en toute connaissance de cause, il était relativement dangereux voir nocif pour la santé de laisser la Lady Sif prendre une quelconque initiative. Surtout lorsqu’il s’agissait d’un troll. Mais bref. Trop tard. Au moment où il ouvrait enfin la bouche pour commencer à éventuellement émettre l’hypothèse d’une première ébauche d’idée (il n’était pas du type hâtif), Sif l’interrompit, prenant la parole pour mentionner la rivière. Aussi résigné que bien élevé, Tyr referma la bouche pour l’écouter jusqu’au bout. Lorsque ses mots se tarirent, à nouveau, il ouvrit calmement la bouche pour réfuter l’idée. A nouveau Sif décida de l’interrompre, mais par le geste cette fois. Avant même d’avoir comprit ce qui se passait, le troll s’était déjà reçu un galet en pleine nuque.

Tandis que Sif débitait un impressionnant chapelet de quolibets très colorés, Tyr releva un regard morne sur la déesse qui se tenait maintenant debout à côté de lui. Dès lorsqu’il l’avait entendue se mettre à beugler, il avait su de quelle manière se dérouleraient les choses. C’est donc à nouveau armé de toute la résignation du monde qui se redressa enfin sur ses longues jambes pour se mettre à courir de concert avec ses compagnons. Silencieux au sang froid devant l’éternel, il n’émit ni rire ni cris durant tout le temps que dura la course, préférant se concentrer sur ses foulées et sur ses différents signes vitaux. Sans rapport avec la moindre promesse d’hydromel, il fut le premier à atteindre la falaise et n’hésita pas un instant avant de sauter, pieds en avant, bras en croix contre sa poitrine, piquant vers le bas comme le trait d’une flèche.

Rapidement, il pénétra la masse aquatique et lorsque sa chute fut pleinement amortie et qu’il s’apprêtait à remonter vers la surface, un roulis incroyable l’envoya valser en tout sens, ses peaux et ses ferrailles l’encombrant affreusement. Avant de retrouver le moindre sens de l’orientation parmi toutes ces bulles d’air qui lui brouillaient la vue, il songea que Sif méritait bien qu’on lui balance un caillou dans la nuque elle aussi.

Une fois à la surface, il but un rien la tasse avant de patauger jusqu’au rebord, son éternelle grande cape de fourrure pendouillant lamentablement sur son dos et lui donnant des airs de chien mouillé. Rapidement, il prit appui contre un arbre légèrement déraciné sur le rivage, secouant sa crinière fauve et arrosant tout le périmètre de gouttelettes froides. L’énième allusion au mariage lui fit lever les yeux au ciel. Il prenait toujours grand soin de ne surtout pas relever ce genre de blague, mais elles avaient le don de l’échauder quelque peu parfois. Jaloux, lui ? Si peu.

Cela ne l’empêcha pas d’adresser un regard lourd de sens à la dame de ses pensées lorsque celle-ci vint prendre appuie contre lui. Sa seule réponse fut de lui recracher un filet d’eau dans la figure… Proutch ! Ca se passait de tout commentaire. Mais comme il savait que l’épisode n’était pas terminé, il voulu se fendre de quelques mots d’avertissement pour ses camarades.

Sauf que décidemment, tous les protagonistes étaient bien décidés à ne pas le laisser en placer une aujourd’hui. Sa voix n’eut pas le temps de sortir de sa gorge qu’un véritable geyser les arrosa à nouveau. C’était l’effet que faisait un troll lorsqu’il émergeait de l’eau comme un fou furieux. Ce qui était parfaitement normal puisque la rivière en question avait un fond de roches et de caillasses et qu’il avait suffit à cet idiot de marcher vers la surface… Maintenant il dardait vers eux avec rage et levant ses longs bras démesurés en l’air, il tenta d’écraser Kori et Alfrid qui s’étaient avachis sur un large rocher tout au bord de l’eau. Ils roulèrent chacun d’un côté pour éviter l’assaut et le rocher explosa sous la force du coup, arrosant cette fois les cinq guerriers d’une pluie de gravier et de cailloux. L’arroseur arrosé…

Poussant un rugissement tonitruant de son affreuse gueule déformée, le troll toisa les guerriers qui s’étaient hâtivement alignés en position défensive, dégainant épées et haches tel un seul homme…

Un peu plus d’une longue et douloureuse demi-heure plus tard, cinq silhouettes s’alignaient à nouveau, cette fois assises côte à côte sur le dos d’une imposante dépouille de troll. Autour d’eux, des rochers sinistrés et des arbres déracinés par poignées.

« Par Odin !
-Que s’passe-t-il ? sursauta Kori.
-Je crois… que je viens d’avaler l’une de mes dents »

Un concerto de grognements compatissant s’éleva vaguement de l’assemblée. Une assemblée fourbue, courbaturée, contusionnée et en bien piteux état. C’était précisément pour éviter ce genre de débâcle qu’il aurait été bon d’établir un plan légèrement plus subtile que celui de Sif. Mais bon, en homme de résultat, Tyr retenait surtout que le troll était mort, que la mission était remplie, et qu’il n’avait perdu personne. Si le but était atteint, qu’importe le chemin pour y arriver ? C’était un chemin qui avait plu à Sif, c’était le principal. Ils avaient rit, ils avaient courus, ils s’étaient battus et ils avaient gagnés. Une excellente journée selon leurs critères à tous dès lors qu’on mettait de côté les méthodes plus que douteuse employées pour en arriver là.

« C’était tout de même bien essayé tu sais Sif, lança finalement Tyr dans le long silence douloureux qui les étreignaient tous après l’effort qu’ils venaient de fournir tous les cinq. Le ton était légèrement trop indulgent et léger pour être honnête cela étant dit. Le coup du caillou, c’était plutôt ingénieux, aucun de nous n’y aurait pensé. Pas vrai les gars ?
-Ouais.
-C'est sûr !
-Surtout que tu l’as appelé tête de caillou juste après. C’était vraiment bien envoyé.
-J’ai trouvé aussi.
-Ouais j’en ai pris de la graine.
-C’est très ironique en plus tout cela car le pauvre s’est réellement mangé un arbre au final. Tu mérite ton titre de prophétesse.
-Il pouvait pas dire qu’elle ne l’avait pas prévenu !
-Je suis bluffé ! rajouta Dagmar
-Non vraiment Sif c’était vraiment bien joué… »

Ou pas.
Du coup, ce fut à son tour de rire.

(c) Bloody Storm



Tyr.
He asks for neither praise nor glory, boasts not with mighty words in the Hall. He asks nothing but stands firm, steering His way clearly through murky waters. He is mighty, this God, His glory found in His sword and the hand He sacrificed. I will hail Him as He faces the wolf, this warrior who betrays for honor’s sake.
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« I could recognize him by touch alone, by smell. I would know him blind, by the way his breaths came and his feet struck the earth. I would know him in death, at the end of the world. »



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We are a Universe



MessageSujet: Re: We all dream of things we cannot have   Lun 2 Fév - 22:52


We all dream of things we cannot have

TYR & SIF
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Si c'était bien joué ? Évidemment ! Hum, j'en étais du moins persuadée. Mon merveilleux plan comportait une faille, et non des moindres : si les trolls étaient effectivement de bien mauvais nageurs... Ils étaient en revanche capable de retenir leur respiration longtemps, et pour un peu qu'ils ne soient pas trop loin du bord, les bougres étaient fichus de marcher jusqu'au rivage. Si nous étions tombés au beau milieu de l'océan, la créature n'aurait pas eu une chance de s'en sortir, seulement... Seulement la falaise, de laquelle nous nous étions littéralement jetés, ne donnait que sur une rivière. Profonde pour nous, pas suffisamment pour le troll. Mais cela, je n'y avais nullement songé, je m'étais contentée d'une stratégie vague et bien loin d'être peaufinée comme elle aurait dû l'être. Voilà pourquoi il était toujours bon d'interroger le Premier Stratège d'Asgard avant de se lancer... Seulement voilà, en dehors d'un champ de bataille, Tyr était mon ami avant d'être mon supérieur, et une fois mon petit jeu commencé, nous aurions eu bien du mal à convaincre le troll de nous donner quelques instants pour parler stratégie avant de poursuivre. Ce n'était pas la première fois que mes folles idées – ou celles de mes compagnons, il fallait être honnête, je n'étais pas la seule à accoucher de plans plus qu'approximatifs – nous conduisaient dans une situation embarrassante, et me connaissant ce ne serait certainement pas la dernière fois. À Helheim la prudence ! Nous étions jeunes, dans la force de l'âge, et les plus fines lames d'Asgard. Nous pouvions nous permettre d'être insouciants, nous avions l'éternité pour être sérieux. Du moins, nous aurions l'éternité si nous n'étions pas piétinés par un troll furibond.

Le moins que l'on puisse dire c'est qu'un troll émergeant des eaux était tout sauf gracieux. Il avait même plutôt l'air ridicule, mais bien trop en colère pour que l'on perde du temps à se moquer de lui. « Eh mer – » « LANGAGE ! », s'était écrié Kóri depuis son rocher, duquel il n'avait eu d'autre choix que de sauter, tandis qu'Alfrid roulait au sol avec la grâce d'un pachyderme pour éviter d'être réduits en bouillie par le troll. Naturellement, mon premier instinct fut de tirer mon épée de son fourreau, et une fois réunie avec mes compagnons, nous dûmes nous rendre à la triste évidence que nous allions devoir affronter le colosse au corps à corps. Si les trolls n'étaient pas particulièrement intelligents, ils avaient la peau dure, et la taille de leurs membres compensait celle de leur cerveau. Des rochers fut fracassés, des arbres déracinés, et Alfrid et moi eûmes le droit à un baptême de l'air improvisé. Cependant, le troll s'épuisa plus vite que nous, petit à petit nous prîmes le dessus sur lui, et c'est au terme d'une lutte plus courte qu'elle ne l'avait paru qu'il s'effondra finalement, raide mort. Essoufflée, ayant mal partout mais encore tout à fait hilare, je m'étais laissée tombée sur les genoux de Dagmar, qui avait laissé sa tête tomber contre mon épaule en grognant. Un fou rire monstrueux me prit lorsqu'Alfrid se plaignit d'avoir avalé l'une de ses dents. « Alfrid l’Édenté ! Voilà un sobriquet qui passerait merveilleusement bien dans une chanson de taverne, ou encore une poésie... Je crois que je vais en toucher un mot à Bragi ! » Il allait de soi que je n'en ferais rien, j'aimais me moquer gentiment de mes camarades, mais je n'aurais jamais osé les humilier à la face d'Asgard. « Le titre de prophétesse se mérite, non mais ! » Évidemment, j'avais été loin de me douter que cet imbécile de troll foncerait tête la première contre un chêne en tentant de m'écraser, mais cela ajoutait encore un peu plus de charme à notre aventure.

« Bon, parlons peu, parlons bien. Auquel d'entre vous est-ce que je dois la barrique d'hydromel ? » Dagmar pointa Tyr du doigt en soupirant. « C'est parfaitement injuste. De nous tous, c'est lui qui boit le moins. » « Que tu crois ! Tyr est simplement un ivrogne plus classe que toi, quand l'alcool lui monte à la tête il va s'asseoir dans un coin. Il ne roule pas sous les tables, lui. » « Oh ça va, c'est arrivé UNE fois ! » « Et personne ici ne te laissera l'oublier. À moins que ce ne soit le fait que Thor ait trébuché sur ta carcasse... ? » Je me fendis d'un ricanement moqueur, avant de secouer la tête. « Bon, et c'est bien parce que je vous aime, je vais aller demander à Beyla une barrique de son meilleur hydromel pour chacun de vous. Contents ? » « C'est trop tard pour t'épouser ? » « Tu as loupé ta chance. » Je tapotai l'épaule de Dagmar avec une commisération feinte, avant de me remettre sur mes pieds avec difficulté pour ensuite m'adresser à Tyr. « Et si nous rentrions, hm ? Je crois qu'un petit passage par la case Maisons de Guérison s'impose. Eir va être ravie de nous voir. » Un bras passé autour des épaules de Tyr, je levai simplement les yeux vers le ciel, et la lumière du Bifröst nous happa tous les cinq.


LE PRÉSENT

Dans un léger sursaut, je m'éveillai. Les images sombres et floues d'une prémonition dansaient derrière mes paupières encore closes, mon cœur battait la chamade et ma respiration était quelque peu erratique. Lorsque j'ouvris les yeux, la lumière du jour sembla me brûler les rétines, je fronçai les sourcils avant d'enfouir mon visage entre mes mains en inspirant longuement. Il me fallut une poignée d'instants pour me souvenir d'où j'étais ; je m'étais tout bonnement assoupie après avoir partagé un moment tranquille avec mon époux et notre fille. Thor n'avait pas jugé bon de me réveiller avant de repartir à ses occupations, une bien délicate attention pour son épouse absolument éreintée. M'asseyant au bord du lit, je passai une main dans ma chevelure en bataille et baillai à m'en décrocher la mâchoire. La culpabilité de m'être endormie tandis que Thor faisait face à ses toutes nouvelles responsabilités me frappa de plein fouet, ce n'était pas une souveraine oisive que je désirais être, loin s'en fallait. Que lui et d'autres me répètent que l'on attendait davantage de moi que je prenne soin de Thrúd n'y changeait rien, je ne voulais pas l'abandonner à ses responsabilités et me tourner les pouces dans nos appartements en attendant qu'il vienne me retrouver une fois le soir venu. Je voulais être pour lui ce que Frigga était à Odin, une reine avec laquelle il pourrait partager ses responsabilités. Être son épouse et la mère de son enfant était une chose, être la femme avec laquelle il allait régner sur Yggdrasil en était une autre. Deux rôles bien différents, mais d'importance certaine. Ce n'était pas parce que la couronne me faisait peur que j'allais me cacher dans l'ombre du roi, ce n'était pas le genre de femme que j'étais.

Un soupir épuisé au bord des lèvres, je jugeai bon de me lever avant d'être rattrapée par le sommeil et mon premier instinct fur d'aller me pencher au dessus du berceau de Thrúd. Elle ne dormait pas, elle était parfaitement éveillée et alerte, mais paisible. Elle jouait à attraper ses pieds en babillant gaiement, et un large sourire fendit sa figure lorsqu'elle me vit. Je caressai les fines mèches blondes qui recouvraient son crâne poupon un instant, puis la quittai un instant à contrecœur afin de me vêtir plus convenablement. La mort dans l'âme, je troquai la si confortable large chemise empruntée à Thor pour une robe bleu nuit aux broderies dorées, bien plus seyante, que ce soit à ma silhouette ou à mon nouveau statut. En revanche, je ne m’embarrassai pas d'une coiffure compliquée, je me contentai de ramener mes cheveux en une longue tresse floue sur le côté. Cela irait bien pour la journée, après tout si je n'avais pas l'intention de buller dans nos appartements, je n'avais pas non plus dans l'idée de participer à une quelconque assemblée officielle. Les Ases devraient s'y faire, leur nouvelle reine n'avait pas l'âme coquette. De retour auprès de ma fille, lorsque je me penchai cette fois-ci au dessus de son berceau ce fut pour l'en sortir, il n'était évidemment pas question de la laisser seule pendant que je partais en vadrouille. Et aussi tentée que je puisse être de le faire, je ne pouvais malheureusement pas la garder avec moi. « Tu vas aller voir grand-mère, oui ? Juste le temps que maman aille s'occuper de choses... ah, terriblement ennuyeuses, avec des gens bien moins intéressants que toi... Tu n'auras qu'à fermer les yeux et t'endormir, et quand tu les rouvriras, papa et moi serons là, c'est promis. » J'embrassai son front avec toute la tendresse maternelle que je possédais, puis je l'enveloppai dans sa couverture pour lui éviter d'avoir froid dans les couloirs si larges qu'ils étaient impossibles à chauffer convenablement du palais. Je n'oubliai pas sa petite peluche de velours blanc à l'image d'un lion, que Balder avait fait confectionner pour elle pour fêter son arrivée dans la famille. Elle l'agrippa fermement de ses petits doigts lorsque je l'agitai devant son nez. Et puisqu'il était justement question de lion blanc, Tollak émergea de sa pile de coussin et s'étira longuement avant de venir se frotter à mes jambes ; c'était à se demander qui n'avait pas profité du calme pour s'assoupir.

Ma princesse entre les bras et talonnée de près par l'énorme fauve d'opale, je quittai notre cocon paisible pour prendre le chemin des appartements de Frigga, qui se trouvaient plus loin dans l'aile réservée à la famille royale. C'était encore l'une des rares parties du palais où l'on croisait peu de monde, Einherjar et domestiques mis à part, et ceux-ci avaient appris à faire profil bas et à ne point nous importuner inutilement. Le calme de l'endroit était reposant, pour ne pas dire salutaire, et contrastait furieusement avec le reste du palais et de la cité. Être ballottée de bras en bras et de pièce en pièce ne semblait pas déranger Thrúd outre mesure, il en était ainsi depuis sa naissance, et cela bien que Thor et moi nous acharnions à faire tout notre possible pour passer le plus de temps possible à nous occuper d'elle. Ainsi, plutôt que de larmoyer elle babillait joyeusement et agitai ses petits poings, manquant à plusieurs reprises d'écraser sa peluche contre ma figure. Peluche qui finit par passer par dessus mon épaule après un geste un peu trop brusque. « Eh bien, au moins elle ne tombera pas plus bas. » Je fis volte-face pour ramasser le lion, mais au lieu de le trouver au sol, ou même un Tollak fier de lui avec la peluche entre les crocs, c'est sur une paire de bottes que je posai les yeux. Et lorsque je relevai le regard, je reconnus Tyr, la peluche entre les doigts. « Oh, merci. Et bonjour... » Surprise, presque gênée, voilà près d'un siècle que je ne savais plus comment saluer Tyr et m'adresser à lui. Notre relation s'était dégradée à ce point qu'il me semblait que nous devions tout réapprendre, que chacun des pas que l'on faisait l'un vers l'autre demandait un effort conséquent, comme c'était le cas pour un bébé qui apprenait à marcher. « Je ne pensais pas te croiser ici à une telle heure de la journée. Non pas que j'aie une quelconque idée de ton emploi du temps, mais Thor m'a parlé d'un conseil visant à améliorer la sécurité du royaume... Est-il terminé ? À moins qu'il n'ait été ajourné... ? Grands dieux, je ferais sans doute mieux de me concentrer sur la politique du royaume, au lieu de laisser la toilette de ma fille m'obnubiler. » Je possédais de sérieuses lacunes en la matière, tout comme Thor je m'étais bien trop souvent contentée de suivre les ordres sans jamais chercher à les discuter.

Certainement agacée de ne pas voir ce qu'il se passait, Thrúd me fit savoir son mécontentement en geignant doucement, alors je l'allongeai dans mes bras, et c'est un regard franchement impressionné qu'elle lança à Tyr – ce qui ne fut pas sans m'arracher un rire léger, presque timide. « J'allais l'emmener à ta mère pour quelques heures, le temps que je m'occupe de quelques affaires... Rien qui ne concerne la politique, j'espère... Tu... Tu voudrais m'accompagner ? »


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MessageSujet: Re: We all dream of things we cannot have   Jeu 12 Fév - 17:29




We all dream of things we cannot have


C’est à ses propres appartements que s’en retournait le Prince, drapé de son éternelle cape de fourrure argentée qui se mouvait au rythme régulier de son pas décidé. Malgré ses lourdes bottes de cuir et la stature imposante de leur porteur, ceux-ci ne produisaient aucun son, pas même l’ombre d’un couinement sur le dallage impeccable des couloirs. Il évoluait donc entre les hautes colonnades, tel un spectre silencieux, se complaisant dans cette invisibilité factice que lui prodiguaient les lieux. Ainsi, les tâches administratives de sa journée enfin terminées, il projetait de troquer son accoutrement de magistrat contre son habituelle tunique de cuir brute et de rivets ternes destinée à l’entrainement - et qu’il portait la plus part du temps. De tous les princes d’Asgard, il était de loin celui qui fournissait le moins d’effort en la matière et ce détail qu’il jugeait d’une superficialité dérangeante faisait pourtant partie intégrante de l’image qui lui était renvoyée. Les guerriers tendaient à louer sa sobriété vestimentaire, tandis que les autres préféraient y voir une preuve de sa rudesse et de sa sévérité. Selon la population à laquelle il avait affaire, l’humilité était tantôt une preuve de force, tantôt une preuve de faiblesse, ce qui ne l’avait jamais empêché d’être lui-même. Il préférait la souplesse de ses simples tuniques de soldat plutôt que les tissus étriqués qu’il se devait de porter pour faire face à la cour. A son sens, les artifices ne servaient qu’à dissimuler la vraie nature.

Et comme pour conforter ses pensées, au détour d’un couloir ses yeux perçants s’aimantèrent à ce que la simplicité et le naturel avaient fait de plus beau en ce monde. Elle était de dos et pourtant il avait apprit par cœur cette silhouette et l’aurait reconnue entre mille. Son premier réflexe fut bien sûr à l’immobilisme, pour que la Belle continue son chemin dans l’ignorance de sa présence. Pourtant intérieurement, il brûlait de la héler et d’attirer son attention, quant bien même il ignorait quoi lui dire. Les Nornes répondirent aussitôt à ses tergiversations intérieures et lorsque le jouet de l’enfant atterrit au sol, il sut que la confrontation était inévitable - même si la présence de ce maudit lion le contrariait légèrement. Tyr se soupçonnait d’être trop intrinsèquement canin pour pouvoir un jour cohabiter avec Tollak. Mais soit. La peluche en main, il ne fallut que quelques instants à Sif pour s’apercevoir de sa présence.

Comme toujours maintenant qu’elle appartenait à Thor, la nervosité le gagna rapidement. Plus encore cette fois-ci, car la jeune princesse héritière se trouvait dans ses bras et qu’il fut aussitôt submerger par quelques vagues qu’il ne connaissait désormais que trop bien. De la rancœur, de la jalousie, de la frustration, mais plus que tout autre chose : du regret. Des montagnes et des océans de regret aussi cuisants que glacés. Et cette fois, ces sentiments là n’étaient pas destinés qu’à la jeune mère, mais également à son adorable progéniture qui gazouillait dans ses bras. Elle était belle et souriante, on ne pouvait faire que l’aimer dès lors qu’on posait sur elle son regard. Il aurait fallut un cœur de pierre pour qu’il en soit autrement. Et à travers elle, il pouvait presque entrevoir quelle joie et quelle fierté auraient été siennes, si les deux déesses qui se trouvaient là avaient été siennes également.

Il avait toujours projeté des enfants avec Sif. Pas plus de deux ou trois, pour pouvoir leur accorder chacun l’attention que se devait de recevoir un enfant, en partie car il s’était juré d’être un père bien plus attentif et méritant que ne l’avait été le sien. Il les aurait assurément tous aimé de la même manière, sans faire de différence, pour ce qu’ils étaient, et par ce qu’ils étaient : l’alliance ultime de sa chaire et de la chaire de la femme qui possédait son âme.

Ah… mais à quoi bon songer à tout cela ? Il se torturait en vain, il le savait très bien. Mais les regrets perduraient, et il dut y mettre tout son courage pour les faire taire et se draper d’un faible sourire, de ceux qu’il convenait d’afficher dans les circonstances.

Lorsqu’elle le salua, le Prince s’inclina légèrement, lui rendant promptement le jouet avant de ramener son bras valide sous la cape. Il n’avait ainsi pas à se demander quoi en faire, il pouvait simplement se demander quoi répondre, ce qui était un embrassement suffisant selon lui. Il ne desserra d’ailleurs les lèvres qu’au moment où la nouvelle Reine lui proposa de l’accompagner jusqu’aux appartements de l’ancienne. Prit au dépourvu, sa réponse intérieure fut un non tranché qu’il ne se permit pourtant pas de prononcer. Tout comme avec Thor, les événements récents l’obligeaient à réviser son comportement avec elle. Elle était sa Reine à présent et le serait sans doute jusqu’au Ragnarok. Il ne pouvait décemment plus rejeter sa compagnie, quand bien même sa compagnie réveillait en lui des plaies qu’il abhorrait et des souvenirs qu’il aurait adoré s’extirper du cerveau à coups de hache. Cela étant dit, une autre part de lui regrettait sincèrement qu’il en soit ainsi. Cette part aurait largement préférer ne voir en Sif que ce qu’elle était, et non pas ce qu’elle aurait put être. Sa vie serait certainement bien plus simple et bien moins terne si cette part là réussissait un jour à prendre le dessus. Sauf que l’on n’oubliait pas plusieurs centaines d’années de sentiments aussi forts en quelques lunes à peine malheureusement…

« Hem. Oui, bien entendu. C’est sur mon chemin de toute façon. Le Conseil vient à peine de se terminer, je m’en allais passer quelque chose de plus confortable »

A nouveau, il ébaucha un sourire à l’intention de la prophétesse, lui faisant rapidement signe de passer la première. Il lui emboîta le pas aussitôt et lentement, ils continuèrent de traverser l’interminable hall vide. Du coin de l’œil, la Justice scruta brièvement le visage de l’enfant. Celle-ci ne gazouillait plus vraiment maintenant et se contentait de l’observer d’un regard fixe et rond, ce qui eut le don de le déranger, voir de l’agacer quelque peu. A sa naissance bien sûr, il avait accompli son devoir et s’était rendu jusqu’à son berceau pour la voir et la reconnaître, car c’est ainsi que fonctionnaient leurs coutumes et qu’il n’était pas homme à négliger les contingences. Mais cette obligation accomplie, il n’avait plus jamais croisé la route de l’enfant. Elle avait déjà bien changée depuis le temps de sa venue au monde, et l’on ne pouvait nier qu’elle était charmante. Tyr ne pouvait pas nier non plus qu’il était certainement tout aussi intimidé qu’elle…

« Elle te ressemble, admit-il finalement. Assurément, l’on décelait surtout de nombreuses ressemblances avec Thor, mais ce n’était pas les traits de Thor que cherchaient les yeux de Tyr dans le visage poupon. Tout le monde ne parle plus que d’elle en tout cas. Ce n’est pas un mal, cela détourne l’attention des récents conflits de manière efficace »

Si elle manquait de cœur, la remarque ne manquait pas de pragmatisme, mais comme toujours, l’art de la conversation ne faisait pas partie de ses compétences et c’était là l’unique pensée qu’il avait jugée assez opportune pour être changée en mots.


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Tyr.
He asks for neither praise nor glory, boasts not with mighty words in the Hall. He asks nothing but stands firm, steering His way clearly through murky waters. He is mighty, this God, His glory found in His sword and the hand He sacrificed. I will hail Him as He faces the wolf, this warrior who betrays for honor’s sake.
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MessageSujet: Re: We all dream of things we cannot have   Mar 17 Fév - 10:19


We all dream of things we cannot have

TYR & SIF
LE PRÉSENT


Le passé me manquait. Du moins, notre complicité passée me manquait. Tout était différent entre Tyr et moi depuis que j'avais épousé Thor, et rien ne semblait pouvoir venir à bout de cette distance qui s'était imposée entre lui et moi. Nous agissions comme de parfaits étrangers, de manière gauche et incertaine, comme si nous ne nous étions jamais côtoyés pendant des siècles. Même après cent années, une certaine amertume me serrait la gorge lorsque je songeais à tout ce qui avait été gâché et perdu. Il avait été mon plus proche ami, mon plus fidèle compagnon, j'avais davantage partagé avec lui qu'avec quiconque auparavant... Et puis, plus rien. Un baiser, un mariage, et notre amitié avait volé en éclats. J'avais bien essayé d'en ramasser les morceaux pour ensuite les recoller, mais rien n'y faisait, les stigmates ne disparaissaient pas et certains fragments restaient manquants. Le deuil de notre première relation, je ne l'avais fait qu'avec grande difficulté et après plus d'un siècle à ne se regarder que par dessus l'épaule, tout espoir de voir quelque chose de magnifique renaître entre nous semblait perdu, mais... Je m'y accrochais néanmoins, car aussi complexes et déroutantes que les choses puissent être, mes sentiments pour lui restaient les mêmes. J'étais toujours navrée de l'avoir fait souffrir comme je l'avais fait, et cela bien que je n'aie jamais regretté d'avoir épousé son aîné. Je n'avais pas eu un seul instant l'impression de faire un choix, car la nature des sentiments de Tyr à mon égard m'était restée inconnue, et quand bien même l'aurais-je su... Les pensées que je ressassais aux rares occasions où je me trouvais en présence de Tyr demeuraient les mêmes, à ce point que je me demandais si je n'essayais pas simplement de noyer ma culpabilité dans un océan de logique imparable. Cela ne résolvait rien, mais cela occupait mon esprit en l'absence d'une quelconque réelle conversation, ou entre deux interminables silences.

J'ignorais s'il avait accepté mon invitation par réelle envie de mettre du baume sur nos plaies, ou s'il s'agissait simplement de politesse. Après tout, je n'étais plus seulement l'épouse de Thor, j'étais la future souveraine d'Asgard, et c'était bien malgré moi que j'allais gagner en supériorité hiérarchique. Si cela ne devait tenir qu'à moi, je ne m'embarrasserais pas de tout ce protocole qui me donnait le tournis, et je me passerais bien volontiers des manières et autres coutumes pompeuses qui allaient avec le titre de reine. Les choses étaient bien suffisamment compliquées entre nous sans qu'il ne faille en rajouter, et plus que jamais je craignais que mes nouvelles fonctions n'achèvent de nous éloigner l'un de l'autre. En sa présence, je ne voulais être ni princesse, ni prophétesse, ni future reine, ni épouse de son frère... Je ne voulais qu'être Sif, la Sif qu'il avait toujours connue et avec laquelle il avait traversé tant de siècles. Sans doute était-ce là le nœud du problème, ces souvenirs dont l'on ne pouvait se défaire, et qui pour moi avaient été saupoudrés d'amertume lorsqu'il m'avait révélé la véritable nature de ses sentiments à Vanaheim. Je lui en avais voulu pendant un temps, j'avais comme eu l'impression qu'il avait tout gâché, sali, quand bien même il n'y était pour rien, pas plus que Thor et moi. Tout n'était qu'un malheureux concours de circonstances et de sentiments, contre lesquels l'on ne pouvait hélas rien faire. Un état de faits qui ne rendaient pas les choses plus aisées à accepter, comme pouvait en témoigner le dernier siècle écoulé. Je n'aspirais plus qu'à la paix des esprits et des cœurs, tout en ayant conscience que nous venions à peine de nous engager dans le long chemin que nous devrions parcourir pour seulement tenter d'y parvenir.

La présence de Thrúd, à présent bien silencieuse, n'arrangeait sans doute rien. Après tout, qu'était-elle pour Tyr, sinon la preuve de chair et de sang de mon union avec Thor ? Il eut sans doute été aisé pour Tyr de la haïr, pour ce qu'elle représentait et non pour ce qu'elle était... Mais il valait bien mieux que cela, détester une enfant dont le seul crime était d'être venue au monde ne lui ressemblait en rien. Mais tout aussi innocente que Thrúd soit, elle était une barrière de plus entre Tyr et moi. Et cela quand bien même j'étais bien incapable de dire lequel des deux était le plus impressionné... Si Thor était capable de se trouver des affinités avec n'importe quel bambin qui se trouverait sur sa route, à présent que j'y songeais de plus près, il ne me semblait pas avoir jamais vu son cadet s'entourer d'enfants pour les amuser et leur conter ses exploits. Grands dieux, ces deux là différaient vraiment en tous points, il n'y avait guère que le sang qui coulait dans leurs veines pour en faire des frères. Cela... et peut-être bien leur entêtement qui me donnait parfois envie d'en prendre un pour taper sur l'autre. Les premières paroles que Tyr m'adressèrent, et qui n'étaient pas des politesses, pour lancer la conversation et nous éviter un énième silence pesant me surprirent et me touchèrent, quand bien même il ne s'agissait que de quelques malheureux mots. Thrúd me ressemblait. Je le savais, évidemment, mais quiconque la regardait était bien plus prompt à noter sa ressemblance avec son père qu'avec moi, car il fallait bien avouer que les traits de Thor étaient omniprésents sur la figure encore pouponne de notre fille. Mais pas Tyr. C'était avec moi que Tyr notait la ressemblance, car ce n'étaient pas les caractéristiques de son frère qu'il recherchait. Bien sûr que non... Une part de moi se demandait s'il lui arrivait de se dire que Thrúd aurait pu être sa fille et non celle de Thor, sans trop savoir quelle serait ma réaction s'il l'admettait à haute voix.

« Je suppose que l'on pourrait dire qu'elle est venue au monde au plus opportun des moments, si sa naissance détourne les esprits des horreurs qui ont ravagé le royaume... » Les doigts de Thrúd s'accrochèrent aux miens avec fermeté, sans pour autant qu'elle ne quitte son oncle des yeux. « Mais que le moment ait été opportun m'importe peu, à vrai dire j'aurais aimé pouvoir la mettre au monde dans de plus sereines conditions, et ne pas avoir à chasser de nos appartements des conseillers furibonds qui n'ont pas eu une once de considération pour l'enfant qui venait de voir le jour. » Sa naissance avait été une aventure digne d'être contée par Saga tant elle avait été farfelue, que ce soit parce que Thor n'avait eu d'autre choix que de me trimballer d'un royaume à l'autre, parce qu'elle était arrivée plus tôt que nous ne l'attendions, ou parce qu'un groupe d'Ases en colère s'étaient introduits dans la chambre alors qu'elle n'était âgée que d'une poignée d'heures. « Cela n'a plus grande importance, à présent. Elle est princesse, héritière au trône d'Asgard... Que son nom soit dans toutes les bouches ne m'enchante guère, pas plus que la perspective de devoir porter la couronne si tôt, mais ce sont des choses que j'ai acceptées lorsque... » Je me tus promptement et me mordis la lèvre ; Tyr n'avait rien d'un idiot et devinerait bien seul la fin de ma phrase, et à qui je faisais référence. Un instant, je fis mine de m'intéresser de très près au visage de ma fille, qui décidément n'en finissait plus de l'observer. « Je n'ai pas encore eu l'occasion de te remercier... Pour ce que tu as fait, à Nornheim. » Les souvenirs de ce jour ne m'enchantaient pas le moins du monde, et particulièrement les derniers instants de la bataille, que j'avais fait de mon mieux pour oublier dans un coin reculé de mon esprit. « Alors... Merci. D'avoir été là pour m'épauler en dépit de tout ce qui s'est glissé entre nous au cours du dernier siècle écoulé. Tu as été là pour moi quand personne d'autre ne l'était, et sans prendre en considération nos différends... Et je n'ignore pas que tu étais également là pour ramasser mon entêté de mari lorsqu'un trop-plein d'orgueil l'a conduit à se vautrer dans les couloirs du palais. » Un soupir quelque peu résigné m'échappa, je n'essayais plus guère de convaincre Thor de se reposer depuis qu'il était en état de quitter le lit, c'était peine perdu et je préférais ne pas gaspiller ma salive à converser avec un mur d'obstination. « Cette maudite guerre aura au moins eu le mérite de me faire réaliser certaines choses... Et l'une d'entre elles, et non des moindres est... Oh, par les Neuf Vagues, tu me manques, Tyr. Terriblement. Plus que je n'en avais conscience, me voilà enfin débarrassée des œillères que je portais. Je suis lasse de prétendre que tout va pour le mieux et que cette situation n'est pas pesante. Je suis morte de peur à l'idée de devoir régner après une souveraine comme ta mère, ainsi j'aimerais... J'aimerais t'avoir de nouveau à mes côtés, j'aimerais reconstruire quelque chose pour toi et moi... Je suis prête à construire tout l'édifice s'il le faut, pourvu que tu veuilles bien y apposer la dernière pierre. »


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MessageSujet: Re: We all dream of things we cannot have   Dim 8 Mar - 19:51




We all dream of things we cannot have


Il était vrai que la naissance de cette petite tête blonde concordait particulièrement bien avec les récents troubles, un peu comme si, depuis le giron protecteur de sa mère, l’enfant avait prit sur elle de venir au monde sans attendre, afin de compenser le sang versé sur les plaines d’un peu d’espoir et de candeur. Lui qui ne jurait que par les Nornes, il y voyait effectivement là un message, bien qu’il n’ait pas la vanité de prétendre l’avoir décodé. Il était plutôt de ces sages qui laissaient au temps, celui de se faire comprendre. Après tout, elle était l’héritière directe au trône comme le soulignait Sif, ce qui lui promettait d’emblé un grand Destin. De cela comme de beaucoup de choses, il ne doutait pas.

Tout à son écoute attentive, les pensées de Tyr dévièrent pourtant comme déviait également le discours de son interlocutrice. De sujets aux allures plus ou moins neutres et sans réelle grande charge émotionnelle, la belle glissait lentement mais sûrement vers des thèmes bien plus intimes qui firent aussitôt sonner les cors d’alarme à l’intérieur de la tête broussailleuse du Guerrier. Sa mine sérieuse et ses sourcils réunis en un seul ne dévièrent pas du marbre brillant qui défilaient sous ses lourdes bottes à mesure qu’ils avançaient dans le couloir, comme s’il eut été concentré sur l’un ou l’autre thème laborieux qui méritait toute sa réflexion. Ce qui était un peu le cas soit dit en passant. Peut-être bien plus encore que ne le serait jamais n’importe quelle assemblée juridique ou n’importe quel conseil de guerre.

Aux remerciements déjà, une pierre sembla lui plomber l’estomac. Non pas qu’il rechignait à un merci bien qu’il ne soit pas bien certains de ce à quoi elle faisait référence. Il n’avait pas l’impression d’avoir fait grand-chose si ce n’est couper quelques têtes qui ne le méritaient pas, trolls non inclus. Rien de bien glorieux en cela quoi qu’il en soit, et le reste ne lui paraissait que bien trop retardataire pour être mentionné. Il n’avait même pas eut l’idée de faire cesser les hostilités lui-même, il avait fallu qu’on le lui souffle plus ou moins explicitement. A vrai dire Sif l’avait presque supplié ce jour-là, et le fait qu’il ne la déserte pas tandis qu’elle encaissait la nouvelle de la blessure de Thor ne lui semblait pas non plus particulièrement épatant. Il avait fait ce qui était Juste, ce qui était bien, certes, mais pas assez pour réellement compenser quoi que ce fût, ou mériter une quelconque reconnaissance.

L’évocation de Thor ne lui fit pas plus de bien. Au simple souvenir de cette conversation, la pierre de son estomac s’était remplumée de quelques kilos supplémentaires. C’était sans doute à cause de cet épisode d’ailleurs, que Tyr aurait souhaité ne pas croiser la route de l’épouse du tonnerre. Il en avait eut sa dose récemment, et ce qui s’était dit ce jour-là, il lui faudrait un moment encore avant de ne plus en ressentir le trouble. Il avait entendu des choses qu’il n’aurait jamais, de toute son éternité, songé entendre de la bouche de son frère. Et lui-même avait laissé échapper des choses qu’il n’avait jamais songé confier, surtout pas à Thor lui-même. Pour l’instant, il n’était pas encore question de bon ni de mauvais ressenti, simplement la réalisation fébrile du pas qui avait été fait, et le chaos qui en résultait. Sa nature était telle qu’il lui faudrait un moment maintenant, pour mettre de l’Ordre dans tout cela, et surtout dans sa relation avec Thor.

Croiser Sif maintenant, il l’avait su dès le début, c’était le risque de se retrouver plonger au cœur d’une seconde conversation déterminante, et comme il n’avait pas encore commencé à digérer la première, en assumer une seconde lui paraissait aussi vertigineux qu’une chute libre.
Surtout que de toute évidence, son idiot de frère avait la langue bien pendue et lui avait raconté l’épisode qui précédait la conversation. S’il lui avait raconté le passage du couloir, que lui avait-il dit sur le reste ? Lui avait-il tout confié également ? L’idée obligeait Tyr à se sentir à découvert et cette impression ne lui convenait guère.

Pourtant cette impression là n’était rien comparée à la nudité affective totalement horrible dans laquelle fut plongée Tyr avec la fin du discours de la jeune mère. Ses yeux s’étaient arrondis et sans la barbe qui lui mangeait une bonne partie du visage, il y a fort à parier que ses joues auraient pris quelques couleurs. Il s’était instinctivement mit à marcher plus vite, ses longues jambes multipliant les foulées, avant de s’arrêter brusquement tandis que Sif reprenait enfin le silence. En réaction elle s’arrêta également, son regard perçant braqué vers lui, sans doute dans l’expectative de ses réactions. Celles-ci ne se firent pas attendre. Mal à l’aise, prit au dépourvu, et dans une situation qui impliquait plus d’intimité qu’il ne pouvait le supporter, ce fut forcément une réaction abrupte qui émergea la première.

« Si tu veux une pierre je peux tout aussi bien m’ouvrir le gosier pour te donner celle qui s’y trouve ! éructa-t-il d’une voix agressive et basse, avant qu’un grognement ne s’échappe de sa gorge tandis qu’il se détournait d’elle pour piétiner sur place. Pourtant il confronta à nouveau : rah, tu sais quoi ? Finalement vous êtes si magistralement assortis, Thor et toi, que je me demande comment cela ne m’est pas apparu plus tôt ! C’est tout simplement plus fort que vous, vous déballer sans retenue tout ce qui vous passe par la tête, tout ce que vous avez sur le cœur, sans considération aucune pour ceux qui – ceux qui n’ont pas … il fit un geste de sa main valide puisqu’il était incapable de trouver le bon mot, qui partait de lui et se dirigeait vers elle. Un geste qui se passait de tout commentaire de toute façon. C’est facile pour vous, vous pensez ou ressentez quelque chose et le monde entier doit le savoir !! Mais ce n’est pas ainsi pour tout le monde Sif, je ne fonctionne pas de cette manière, tu le sais non ? Tu ne peux pas juste … me croiser dans un couloir et m’affirmer après tout ce temps que je te manque et que tu veux reconstruire quelque chose ! C’est trop… c’est trop brusque ! D’accord ? En plus ton bébé est là et n’arrête pas de me regarder, elle a peur de moi je le vois bien ! On dirait que tu le fais exprès, enchaina-t-il de but en blanc, tu choisi le pire endroit, le pire moment et la pire manière pour que je sois ensuite celui à blâmer, celui qui continue de nous gâcher à tous l’existence et refuse de faire table rase. Mais ce n’est pas ça, tu le sais non ? Ce n’est pas que je ne veux pas, bien au contraire, mais… ce n’est pas comme ça que je fonctionne, c’est tout. Si tu veux un résultat il va falloir commencer à le prendre en compte de temps à autres … et ne pas me tomber dessus avec ce genre de … ce genre de sujet lorsque je n’y suis pas préparé surtout… » conclut-il d’un ton qui était finalement devenu plus pataud et incertain qu’autre chose tandis que son regard fuyait désormais celui de la future reine sans trop savoir où s'encrer.


(c) Bloody Storm



Tyr.
He asks for neither praise nor glory, boasts not with mighty words in the Hall. He asks nothing but stands firm, steering His way clearly through murky waters. He is mighty, this God, His glory found in His sword and the hand He sacrificed. I will hail Him as He faces the wolf, this warrior who betrays for honor’s sake.
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MessageSujet: Re: We all dream of things we cannot have   Sam 14 Mar - 10:21


We all dream of things we cannot have

TYR & SIF
LE PRÉSENT


Les élancées sentimentales étaient de loin ce que je détestais le plus, et je savais que sur ce sujet là au moins, Tyr partageait mon avis. Ni lui ni moi n'avions jamais été très friands de ces grands moments pleins d'émotions où l'on s'épanchait ; le silence valant parfois tous les discours. Il n'y avait guère qu'avec Thor que je m'autorisais à joindre la parole aux pensées, et il m'avait fallu près d'un siècle de mariage pour y parvenir sans rougir de honte. Tyr et moi avions traversé des siècles côte à côte, et pas une seule fois je n'avais ressenti le besoin de m'exprimer à travers de longs discours embarrassant, pour l'un comme pour l'autre. Nous n'avions pas besoin de mots, il suffisait d'un geste, d'un regard... Cent années à peine étaient passées, mais il me semblait que c'était une éternité qui s'était écoulée, tout ne semblait plus qu'être un lointain souvenir, dont les détails se perdaient peu à peu. Il était bien loin le temps où je m'effondrais de fatigue dans ses bras, où nous élaborions stratégie après stratégie sans nous soucier des heures qui défilaient, où nous croisions le fer sur la plaine de Nornheim... Ces mémoires étaient d'une autre vie, où tout était bien plus aisé et léger. De jumeaux guerriers nous étions passés à parfaits étrangers, et l'amour s'était mué en amertume... Triste destinée que la notre, et cela me fendait le cœur de constater que mes efforts n'aboutissaient qu'à des échecs. J'ignorais jusqu'à quel point Tyr refuserait d'entendre ce que je lui disais ; et pendant combien de siècles encore il m'en voudrait. La rancœur qu'il nourrissait à mon égard surpassait certainement celle qu'il vouait à Thor, et si d'aventure je me fourvoyais à ce sujet, l'on ne pouvait pas affirmer que Tyr était un homme facile à lire. Il l'avait été, autrefois...

La mine qu'il m'offrit à la fin de ma tirade n'augurait rien de bon, je l'avais pris au dépourvu et s'il y avait bien une chose qu'il détestait, c'était ne pas être préparé. Mais à quoi bon me taire, ou patienter davantage ? Il m'évitait comme les mortels évitaient la peste, c'était à peine si nous échangions des politesses, comment aurait-il pu se préparer à une entrevue... ? Sa propension à tout vouloir contrôler faisait de lui un homme particulièrement difficile à surprendre, mais lorsque cela arrivait, il fallait s'attendre à une tempête émotionnelle qui aurait fait pâlir mon aïeule elle-même. Je n'aurais pas attendu de Tyr qu'il me tombe dans les bras comme si je venais de lui offrir le salut éternel, je savais qu'il pouvait s'emporter, mais c'était un risque que j'avais accepter de courir, trop fatiguée par notre querelle séculaire pour vouloir prendre des précautions. La première attaque ne se fit pas attendre, mais face à son agressivité passive, je ne pus que faire la moue. J'aimais autant qu'il me crache au visage tout ce qu'il avait sur le cœur avant que le mal ne le gangrène, si c'était un mal pour un bien je consentais bien volontiers au sacrifice. La patience ne m'étant pas innée, je dus redoubler d'efforts pour ne pas l'interrompre, et le laisser vider son sac en une seule fois. Ses propos acerbes étaient bien vite devenus incertains, je l'avais troublé bien plus que je ne l'avais voulu, je n'avais pas mesuré l'impact de mes mots, je n'avais pas réalisé que je l'avais une fois de plus frappé en plein cœur. Je mourrais d'envie de l'enlacer, sans avoir la moindre idée de ce que pourrait bien être sa réaction si je le faisais, aussi était-ce une bonne chose que mes bras soient occupés par Thrúd. Thrúd, qui représentait malgré elle un obstacle de plus entre son oncle et moi, un auquel je n'aurais pas songé si Tyr n'avait pas noté le fait qu'elle l'observait avec de grands yeux ronds.

Je gardai le silence encore quelques instants, avant de finalement soupirer. « Tu reconnais finalement que Thor et moi sommes assortis, nous avançons... » L'on ne pouvait pas affirmer que le ton employé était particulièrement enchanté, mais les mots étaient sortis de sa bouche. À présent tout aussi gênée qu'il l'était, je préférai garder les yeux sur ma fille. « Ne comprends-tu donc pas... ? Je suis désolée, Tyr. Plus désolée que je ne saurais jamais l'exprimer avec quelques mots. Je n'avais nulle intention de te brusquer, encore moins de te mettre dans une position embarrassante... Tu m'évites autant que tu le peux, et quand tu t'es enfin trouvé sur ma route, je ne pouvais pas laisser passer l'opportunité de te parler... Je sais comment tu fonctionnes, je ne l'ai pas oublié. Mais crois-moi, il est parfois bon de se laisser aller à ce que l'on ressent au lieu de chercher à tout raisonner... » En cela, Tyr était bien le fils d'Odin, la raison toujours avant la passion ; un choix qui n'était pas toujours aussi sage qu'il semblait l'être. « Je suis désolée. Je ne t'ai jamais présenté d'excuses, j'aurais cependant dû commencer par cela. La liste de mes erreurs est bien trop longue pour que je t'en fasse l'énonciation, mais si tu ne devais savoir qu'une seule chose... » Je relevai finalement la tête, dans l'espoir de croiser son regard, sans rencontrer un franc succès. « Je n'ai jamais voulu te briser le cœur. Ni t'humilier. Ou encore t'abandonner... Tu as toutes les raisons d'Yggdrasil de m'en vouloir, je ne m'attends pas à recevoir ton pardon de si tôt. Je pense tout ce que j'ai dit. Je suis prête à faire tous les efforts nécessaire pour combler le fossé qui nous sépare. Pardonne mon empressement... De nous deux, je ne suis pas celle qui réfléchit le plus avant d'agir. En cela, je n'ai pas changé. » J'ignorais jusqu'à quel point je différais de la femme qu'il avait connue. De guerrière j'étais passée à princesse, et de princesse je passerais bientôt à reine... Une telle ascension n'allait pas sans changements.

« Il semblerait que j'aie bien assez abusé de ta patience pour la journée, sans doute as-tu mieux à faire que t'emporter à cause de ma sottise. » Un sourire navré ourla mes lèvres, et pour la première fois en un siècle, j'osai laisser un désir bien particulier l'emporter et c'est ainsi que je déposai un baiser sur sa joue, pour m'éloigner ensuite précipitamment, rattrapée par la gêne.


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MessageSujet: Re: We all dream of things we cannot have   Sam 11 Avr - 17:34




We all dream of things we cannot have


Lui-même n'était pas certain que les mots prononcés à l'instant par ses soins soient réellement le reflet de sa pensée. Ce qui se passait actuellement au sein de son esprit était bien trop chaotique pour qu'il puisse envisager de les exprimer fidèlement avec de simples paroles. D'ailleurs, dès qu'il eut terminé de parler, la Justice se mit à éprouver des regrets. Ce qu'il avait dit à la Dame n'était en réalité qu'une infime fraction des ressentis qui l'assaillaient à présent et systématiquement, il faisait le choix quelque peu stupide de n'exprimer que les choses ternes et négatives, en omettant - délibérément ou pas - de prononcer les mots qui faisaient du bien, ceux qui soignent. Il lui avait malheureusement toujours été bien plus aisé de dispenser critiques et remarques, alors qu'en matière d'affection et d'amour, il se retrouvait plus démuni qu'un moineau face à la tempête. Et la Tempête l'avait d'ailleurs toujours emporté dans son cas précis...

Jamais il n'avait désiré quelque chose ou quelqu'un comme il avait un jour désiré Sif. Aujourd'hui, ce désire était mort, ne restait que son fantôme et le vide qu'elle avait laissé derrière elle. Et il avait toujours fait le choix de continuer à vivre avec ce spectre plutôt que d'essayer de construire autre chose. Ce n'était pourtant pas de place dont manquait son coeur, organe plutôt vide et bien souvent inutile, voir nuisible puisqu'il ne lui renvoyait sempiternellement que déconvenues et déceptions.

Pourtant, c'aurait été mentir que d'affirmer qu'il avait de tout temps vécu dans le malheur. Il avait jadis connu bien des moments allègres dont il continuait à chérir le souvenir, et Sif peuplaient bons nombres de ces dit-souvenirs. Non pas comme une compagne ou une épouse, mais plutôt comme une camarade fidèle, une soeur. Tyr souhaitait ardemment retrouver un peu de cette légèreté d'autre fois, ou tout était simple et spontané. Mais persistait en lui cette cuisante amertume, ce fantôme envahissant dont il ne savait que faire. Il l'aurait volontiers tué de ses mains s'il avait pu l'atteindre physiquement, mais l'on ne pouvait pas tuer une idée, à son grand désarroi.

C'était une décision à prendre. Rien de plus, rien de moins.

Et maintenant que Sif lui avait ouvert son coeur, il ne savait que trop bien que l'unique chose qui le séparait encore de la guérison, c'était lui-même. Ce serait lui-même qu'il devrait convaincre, et c'était avec lui-même que la vraie discussion devrait être tenue. Le débat promettait d'être long et affreusement éreintant, mais il apparaissait à Tyr qu'il n'avait plus le choix. Les Nornes en avaient visiblement décider ainsi, le Prince en était persuadé car l'univers tout entier semblait tendre vers cette nouvelle aire, ce tout nouveau cycle, qui prenait peu à peu vie dans les cendres du précédent.

Tous ces changements l'effrayait un peu, dusse-t-il mourir avant de l'avouer. Pourtant c'était vrai. C'était maintenant que se déciderait la place qu'il tiendrait dans le Royaume et au sein de sa famille, et ce pour les siècles à venir. Tout ce qu'il avait à faire, bien que la tournure soit bien désuète en comparaison de la prouesse exigée, c'était de tout simplement ... pardonner.

Sif semblait l'avoir fait elle, car contrairement à ce qu'elle semblait affirmer, ses inclinaisons obtuses n'avaient jamais fait que gâter toujours plus les relations, et s'il avait eut plus de jugeote, lui aussi lui aurait fait part de ses regrets. Malheureusement, ou heureusement peut-être la future reine était partie trop vite. Elle avait furtivement déposée ses lèvres sur sa joue broussailleuse et la sensation de ce bref contact demeurait sur sa peau tel un écho réconfortant.

L'observant partir, il resta là, prostré tel un pantin, l'esprit ébranlé et le coeur en chamade. Lorsque sa silhouette eue disparue, un long soupir de soulagement s'échappa de sa gorge. L'intensité du moment lui avait sans doute bouffé quelques années de vie, c'était heureux qu'il soit justement immortel. Une part de lui trouvait bien idiot de ne pas l'avoir rattrapée, de n'avoir de nouveau pas fait le choix de prononcer les mots nécessaires à leur réconciliation. Et peut-être était-ce un mal pour un bien dans le fond, car il faudrait tout d'abord qu'il réfléchisse longuement aux paroles de la déesse avant de pouvoir lui faire face à nouveau.

FIN ♥

(c) Bloody Storm



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