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Rumeurs
- Var a tourné le dos à son roi. Il parait que la déesse des Pactes préfère aujourd'hui les grosses faveurs de Frey !

- On dit que depuis que Tyr a pris les fonctions de son frère aîné, personne n'aurait encore osé lui proposer un coup de main .

- A Tromsø, on hésite à dire si la petite Brynja est maudite ou chanceuse, car après avoir manqué de se faire brûler vive par un dragon, elle a manqué par deux fois la noyade, dont une durant les raids !



 
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 In a sea of scars, the first cut is the deepest

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reine d'asgard

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MessageSujet: In a sea of scars, the first cut is the deepest   Mer 31 Déc - 15:45


In a sea of scars, the first cut is the deepest
RÀN & SIF

« Es-tu certain de ne pas pouvoir venir avec moi ? » Les bras croisés sur son large poitrail, Heimdall opina du chef. « Depuis la réouverture du Bifröst, les allées et venues entre les royaumes sont incessantes. Je ne puis quitter mon poste, pas même pour t'accompagner. Navré petite sœur. » Je soupirai longuement, puis affichai un sourire espiègle. « Tu sais, à présent je pourrais t'ordonner de m'accompagner... » Un rire grave secoua mon aîné, qui secoua légèrement la tête avant d'égarer une caresse sur le crâne de Thrúd, que je portais contre ma poitrine. « Que tu sois ma reine ne changera jamais rien entre nous, tu resteras toujours ma petite sœur. » « Hmph. Tu sais à quel point je déteste que tu m'appelles ainsi. » « Parfaitement. C'est d'ailleurs pour cela que je continue à le faire, pour le plaisir de voir ta moue boudeuse. » Comme une enfant agacée, je lui tirai la langue, avant de m'avancer plus en avant sur le pont arc-en-ciel. Baissant le regard vers Thrúd, qui m'observait avec de grands yeux curieux, je m'assurai qu'elle était bien couverte, et par prudence, je la serrai davantage contre moi. Sans doute se demandait-elle où nous allions, elle qui n'avait que rarement quitté le calme et l'intimité des appartements princiers depuis sa naissance. Ce voyage à travers les mondes serait pour elle le premier d'une longue série. Si Thor avait été éveillé et en état de discuter mes décisions, sans doute n'aurait-il pas apprécié que j'emmène notre Merveille aussi loin de lui, dans un autre royaume qui plus est, mais je n'avais pas pris la peine de le réveiller pour lui demander son avis – encore moins sa permission ! « Tu salueras nos grands-parents de ma part. » « Je n'y manquerai pas, c'est promis. » Avec douceur, j'enfouis le visage de ma fille dans mon cou et inspirai profondément ; puis je fis signe à Heimdall que j'étais prête, et il ouvrit le Bifröst pour moi.

Les étoiles défilèrent sous mes yeux durant de longues secondes, imprimant sur mes paupières des dizaines de constellations colorées. Puis ce fut terminé, le pont nous déposa au cœur d'une salle ovale et sombre, la voûte céleste disparut. Le silence des lieux fut rapidement perturbé par les pleurs de Thrúd, qui sans avoir été secouée ne devait pas avoir la moindre idée de ce qu'il venait de lui arriver. Une telle traversée était plus qu'impressionnante pour un nouveau-né comme elle, elle avait été effrayée, tant et si bien que pendant un instant je regrettais de l'avoir arrachée à son cocon de tranquillité. Le temps que j'apaise ses craintes, une paire d'hommes, des gardes très certainement, nous avaient rejointes dans la pièce. Le Seigneur Aegir possédait sa propre garde, qui de ce que j'en savais était principalement composés de marins engloutis par les flots. L'un d'eux s'approcha, et me lança un regard que l'on aurait pu qualifier de dédaigneux, ce qui me fit hausser les sourcils avec un air qui ne l'était pas moins. « Ma Dame, vous ne pouvez pas être ici. Nos souverains ne désirent voir personne, nous ne pouvons vous inviter à entrer dans leur demeure. » Ce fut plus fort que moi, j'éclatai de rire. « Eh bien, dans ce cas je puis passer sans craindre de vous causer le moindre ennui... ! Je ne suis pas personne. Je suis la fille d'Angeya, la petite-fille d'Aegir et Ràn, et l'épouse du nouveau roi d'Asgard. » Mon petit discours eut l'effet escompté, l'homme perdit toutes ses couleurs, s'inclina et se confondit en excuses, le tout tandis que son camarade levait les yeux au ciel et le traitait d'imbécile en maugréant dans sa barbe. « Vous devriez quitter les profondeurs plus souvent mon brave, cela vous éviterait de telles bévues. » Il fallait croire que la bêtise rendait muet, car ce fut le second garde qui m'invita à le suivre dans le dédale du palais sous-marin, où j'espérais pouvoir m'entretenir avec Aegir.

Notre dernier échange avait été épistolaire, j'avais espéré pouvoir le voir lui et son épouse au terme de la bataille de Nornheim, hélas l'état de Thor et mon inquiétude pour lui m'avaient conduite à repousser nos retrouvailles. Mais à présent que son état s'améliorait de jour en jour, le moment me semblait opportun pour me rendre jusqu'à eux. Aegir tout particulièrement, car son épouse m'impressionnant encore plus que de raison. La façon dont elle me regardait, comme si j'étais le spectre de sa fille, m'incommodait, et cela bien que je comprenne parfaitement son attitude, qui était celle d'une mère qui cherchait encore à faire le deuil de son enfant. À présent que j'étais moi-même mère, je concevais bien mieux ce qu'elle devait ressentir depuis la disparition de sa fille. Songer simplement à perdre Thrúd m'était insupportable, il n'était pas naturel pour un parent de devoir enterrer son enfant. Et enterrer était un bien grand mot lorsque l'on parlait de ma mère... Le palais sous-marin était un lieu pour le moins singulier, bien plus lumineux que ce à quoi je m'étais attendue, bien moins oppressant également. J'étais cependant loin d'y être parfaitement à l'aise, trop habituée que j'étais au grand air et aux espaces ouverts, nous savoir sous des quantités à peine imaginables d'eau salée me donnait le tournis. L'élément aquatique n'était pas celui avec lequel j'étais le plus à l'aise, sans m'en tenir farouchement éloignée, je n'avais jamais forcé la proximité et cela en dépit du sang qui coulait dans mes veines. Me couper de l'élément maternel avait été une façon pour moi de faire mon deuil, mais je ne m'étais alors pas rendue compte qu'en agissant ainsi, j'avais négligé le gros de ma famille. Au profit de celle d'Odin, une erreur de jugement qui m'apparaissait à présent comme la plus grandes des imbécillités.

C'est dans une vaste salle, qui devait être le salon de l'un des appartements du palais que l'on nous fit patienter, le temps que l'on informe le Seigneur Aegir de ma présence. Sans doute eut-il été plu judicieux de le prévenir de mon arrivée, chose à laquelle je n'avais pas songé tant ma visite avait été décidée à la hâte. Avec la même curiosité que celle d'une enfant, je m'approchais d'une grande fenêtre qui donnait sur l'océan et sa faune et flore, que j'aurais été bien incapable de nommer si on me l'avait demandé. Poissons et autres créatures aux écailles colorées passaient devant la vitre, certains s'attardant plus que d'autres, attirés par la lumière des lampes qui éclairaient la pièce, pour mon plus grand émerveillement et celui de Thrúd. La silhouette d'un énorme requin la fit soubresauter dans mes bras, quant à moi c'est un tout petit hippocampe qui attira mon regard, machinalement je caressai le bracelet orné du même animal que mon aïeul avait offert à ma fille pour sa naissance, un cadeau pour lequel je n'avais trouvé l'occasion de le remercier. « Votre Altesse ? » Je me détournai de la fresque vivante et m'orientai vers le garde. « Monseigneur Aegir est absent du palais, mais son épouse va vous rejoindre. » Ma mine désenchanta radicalement mais j'acquiesçai silencieusement. Quand bien même je ne m'étais pas attendue à rencontrer Ràn au lieu de son époux, je ne pouvais pas fuir comme une voleuse, l'affront aurait été trop grand. Et puis, sans doute me faisais-je des idées à son sujet, elle ne devait pas être aussi terrible que je me l'imaginais. C'était simplement qu'à mes yeux, elle était une figure tout aussi ancienne et puissante qu'Odin, et si j'avais côtoyé le premier toute mon existence au point de me sentir à l'aise en sa présence, ce n'était pas le cas avec la Tempête. Entre nous, il y avait un mur qu'il était plus que temps de détruire. J'avais emmené Thrúd avec moi dans le but de la présenter à ses arrières grands-parents, il faudrait simplement faire avec l'absence d'Aegir. Je n'étais plus une enfant, j'étais une femme, la future souveraine d'Asgard, il n'était pas question que je me cache plus longtemps aux miens. Si les dernières guerres nous avaient appris quelque chose, c'était bien que les liens du sang étaient d'une importance capitale. Ainsi donc, je me départis de mes craintes et de mes doutes pour afficher un air plus serein, plus doux, tout en espérant que mon aïeule en ferait de même.


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MessageSujet: Re: In a sea of scars, the first cut is the deepest   Dim 4 Jan - 16:47

In a sea of scars, the first cut is the deepest
SIF & RAN

« Ma Dame...» L'arrivée du jeune Eldir surprit la Tempétueuse qui s'était enfermée dans ses appartements depuis le départ d'Aegir, parti comme chaque jour au chevet de leur dernière fille. Ràn n'avait pas souhaité l'accompagner, Hefring se portait de mieux en mieux et avait retrouvé tout son aplomb, n'inquiétant plus aucunement sa mère qui préférait donc la laisser respirer. « Je sais que vous avez demandé à n'être dérangé sous aucun prétexte mais...la nouvelle reine d'Asgard réclame une audience... » commença le jeune ase avec une certaine gêne qui n'échappa aucunement à sa maîtresse. La fille d'Egil se figea en même temps que son serviteur qui semblait craindre de terminer sa phrase. « Dame Sif est ici...seule...enfin...pas tout à fait... » Malgré toute la volonté d'Eldir de prendre des pincettes, l'annonce restait un choc auquel Ràn ne s'était pas préparée, à tort évidemment. Cette rencontre était à prévoir pour bien des raisons mais elle ignorait encore laquelle primait ce jour-là. Était-ce une visite officielle ou une simple visite de courtoisie ? La souveraine d'Asgard venait-elle s'entretenir avec ses sujets de Midgard ou la fille d'Angeya venait-elle découvrir ce palais qui l'avait si longuement ignorée ? Venait-elle pour désapprouver leur attitude durant la bataille de Nornheim, elle qui leur avait demandé de ne point chercher à se venger ? Mille et une raisons pouvaient la pousser à se rendre jusqu'ici mais sa grand-mère était incapable de savoir laquelle. « T'as-t-elle dit ce qu'elle voulait ? » demanda-t-elle avec la raideur d'un paon. Eldir haussa simplement les épaules, signifiant ainsi son ignorance.

Le teint encore blême et la silhouette figée par la stupeur, Ràn se demandait qui pouvait accompagner Sif. Il ne pouvait s'agir de son frère, Eldir n'aurait pas fait tant de mystère si Heimdall avait fait le déplacement jusqu'au palais, le cas étant bien plus courant. Il ne pouvait non plus s'agir de Thor qui devait être encore alité. On ne se remettait pas d'une blessure infligée par Gungnir aussi aisément, tout Invaincu qu'il était. Un instant, la déesse apparenta la gêne d'Eldir à une mauvaise nouvelle. Mais Sif n'aurait pu leur faire l'affront de leur rendre visite en compagnie de son beau-père, malgré toute l'affection qu'elle portait à Odin elle n'aurait pu prendre un tel risque. La fin de la guerre ne mettait pas le Père de Tout à l'abri d'un regain de rage de la part de la Mère des Vagues. C'était encore trop frais et elle savait que s'il osait mettre un pied dans ce palais elle était tout à fait capable de l'étriper. Odin le savait sans doute aussi bien qu'elle et il n'aurait pu faire une telle bêtise. Soudain Ràn tressauta et planta ses prunelles grises dans celles de son serviteur. Thrúd... Évidemment. Comment avait-elle pu oublier ? « Préviens la de mon arrivée, Eldir. Je...j'arrive immédiatement. » Le jeune homme s'inclina avant de disparaître, laissant la sa maîtresse, l'esprit effervescent, le cœur battant et les mains tremblantes. Elle en porta une à sa poitrine, cherchant vainement à retrouver une certaine contenance. Elle n'était pas n'importe qui, enfin ! Elle était l'une des plus anciennes figures du panthéon, souveraine des mondes aquatiques et maîtresse des tempêtes. Elle n'avait jamais courbé l'échine ni devant Odin ni devant son fils aîné, pourquoi devait-elle défaillir en présence de la nouvelle reine d'Asgard. Si seulement elle n'était que cela, songea la Tempête avec amertume. Plus que jamais, elle regrettait l'absence d'Aegir qui aurait sans doute su gérer cette situation bien mieux qu'elle-même.

La reine d'Asgard avait été installée dans l'une des plus belles pièces du palais, le salon dans lequel les dieux marins accueillaient leurs plus prestigieux invités. Il ne fallait rien de moins celle qui bientôt gouvernerait Yggdrasil. Comme toujours lorsqu'elle l'apercevait, sa grand-mère fut emportée par un flot d'émotions. Le souvenir d'Angeya s'effacerait-il un jour ? Ràn s'était battue avec toute la ferveur dont elle était capable pour venger sa fille mais à présent elle devait mener son plus terrible combat, affronter sa petite-fille sans personne à ses côtés. Elle prit une profonde respiration avant de faire son apparition dans la pièce. « Sif, soyez la bienvenue. Veuillez excuser l'absence de mon époux, il aurait aimé vous recevoir lui-même. Mais quoiqu'il en soit vous êtes ici...chez vous. » Le sourire que Ràn adressa alors à la nouvelle reine fut aussi bref que sincère. Si le couple des mers avait pour habitude d'adresser ces mots à leurs invités, jamais ce ne fut plus vrai. La fille d'Angeya était de retour après quinze siècles d'absence. « Vous n'avez certainement aucun souvenir de ces lieux, vous n'étiez qu'un nourrisson lorsque votre mère vous a conduite ici pour la première fois. La dernière également. » acheva-t-elle à regret. La Tempête se souvenait de ce jour avec autant de précisions que s'il avait eu lieu la veille. Quelques semaines après cette visite, l'aînée des vagues disparaissait sans laisser de traces. « Comment se porte notre nouveau roi ? » Le ton était alors bien différent, marquant une distance intolérable entre les deux femmes mais Ràn ne pouvait rien y faire. Refusant de se laisser aller, tous les moyens étaient bons pour retrouver contenance y compris traiter sa petite-fille comme la dernière des étrangères. « J'espère que vous ne nous apportez pas de mauvaises nouvelles, d'ailleurs ? » s'inquiéta-t-elle alors. La mine de Sif ne semblait aucunement révéler un drame quelconque mais si elle lui ressemblait un tant soit peu cela ne voulait rien dire songea-t-elle. Bien qu'aucune des filles de Ràn n'ait réellement hérité de sa froideur à toute épreuve. Sa voix venait de trembler légèrement et la Tempête prit conscience que sa carapace n'était pas aussi solide qu'elle l'aurait souhaité.

Elle redressa donc la tête, préservant sa dignité au péril de son humanité. Mais soudain, un soubresaut au creux des bras de Sif attira l'attention de son aïeule qui baissa instinctivement les yeux vers la petite créature qui se mouvait. « Voici Thrúd, je présume. » Avec une délicatesse peu habituelle de sa part, elle s'approcha du bambin qui la fixait déjà de ses deux grands yeux brillants comme des constellations. « Elle est absolument magnifique. » Et si minuscule que son aïeule craignait de la briser rien qu'en l'effleurant. La fille du Tonnerre et de la Mer. L'union entre deux des plus anciennes familles d'Asgard. Odin et Angeya liés à jamais par cette toute petite chose qui ignorait encore tout du sort de ses grands-parents. L'insouciance de l'enfance avait parfois ses bons côtés. Parfaitement obnubilées l'une par l'autre, la Tempête et la fille du Tonnerre restèrent figées ainsi pendant un court instant qui sembla durer une éternité pour la déité marine. « Puis-je ? » demanda-t-elle alors en regardant de nouveau la mère de l'enfant, réclamant la permission de prendre Thrúd dans ses bras. Ces mots l'étonnèrent elle-même d'autant plus qu'ils lui étaient venus naturellement. Mais elle avait face à elle un nouvel espoir, celle qui pourrait sans doute panser les blessures de toute une famille meurtrie et détruire enfin le mur qui se hissait entre la Mère des Vagues et sa petite-fille.


FICHE PAR ROMANOVA


war of hearts + I can’t help but be wrong in the dark cause I’m overcome in this war of hearts I can’t help but want oceans to part cause I’m overcome in this war of hearts


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MessageSujet: Re: In a sea of scars, the first cut is the deepest   Ven 9 Jan - 19:51


In a sea of scars, the first cut is the deepest
RÀN & SIF

L'océan et ses seigneurs me semblaient à la fois familiers et étrangers. Je savais être intiment liée à l'immensité salée, sans pour autant avoir jamais osé faire le grand plongeon. J'ignorais finalement tout ou presque de mes origines, et c'était un trou béant dans ma poitrine dont je n'avais pris conscience que trop récemment. J'avais gardé les pieds et le cœur sur terre et dans les cieux, et n'avais que trop peu songé à ma famille maternelle. Je m'étais contentée de celle de Père, de celle de Thor, j'avais occulté Angeya et tout ce qui se rapprochait de près ou de loin d'elle, sans doute pour m'épargner la douleur de son absence. Absolument aucun souvenir de son visage ni même de sa voix ne subsistait dans mon esprit, ce que je savais je l'avais appris de la bouche de Père ou de Heimdall, lesquels auraient pu me servir des mensonges que je ne les aurais pas moins crus sur parole. Tu lui ressembles tant, avaient-ils toujours dit avec mélancolie et tristesse, m'accablant inconsciemment du spectre de leur épouse et mère. Cette crainte d'être associée à cette femme qui m'avait mise au monde mais que je ne connaissais pas m'avait sans le moindre doute tenue éloignée d'Aegir, Ràn et leur huit filles survivantes. Mon retour aux origines était tardif, inattendu et soudain, certainement que plus personne n'y croyait après que j'aie passé quinze siècles entourée par la famille royale d'Asgard, et non celle des fonds marins. Des regrets, j'en avais à foison, mais il ne me semblait pas utile d'en faire étalage, car je ne désirais pas m'appesantir sur le passé mais poser de nouvelles bases, plus solides, pour l'avenir. La guerre avait bouleversé bien des choses, et de plus grands bouleversements encore étaient à venir. La couronne d'Asgard ne ceignait pas encore mon crâne, mais le rétablissement de Thor étant sur la bonne voie, cela ne saurait guère trop tarder et je ne voulais pas commencer mon règne sans avoir fait un premier pas vers les miens.

L'apparition de Ràn dans la pièce manqua de me faire sursauter, car à mon plus grand étonnement je ne l'avais pas entendue arriver. À l'instar du Tonnerre, j'avais supposé que la discrétion ne serait pas l'une des qualités de la Tempête, visiblement je m'étais fourvoyée. Doucement, je me détournai du spectacle marin pour accueillir mon aïeule avec un sourire, qui je l'espérais ne trahirait pas toute ma nervosité. Je m'étonnais du calme de Thrúd, qui était d'ordinaire la première à ressentir mon trouble, ce qui généralement lui déplaisait au point qu'elle me le faisait savoir à travers de tonnants larmoiements. Mais elle était tranquille, silencieuse, peut-être bercée par la sérénité des lieux. L'absence d'Aegir allait se faire sentir, à en juger par nos mines nerveuses et la façon dont nous nous tenions "éloignées" l'une de l'autre, Ràn n'était pas plus douée que moi lorsqu'il s'agissait d'exprimer ses plus sincères émotions. Il n'y avait guère qu'avec Thor que j'étais parfaitement décomplexée, et il nous avait fallu un siècle de mariage pour que j'ose verser la moindre larme en sa présence. Toutefois, je notais les efforts que la Tempête faisait pour me mettre à l'aise au plus vite, ils méritaient d'être salués. Aussi peu à l'aise que je puisse être, j'étais chez moi, comme elle me l'affirmait si bien. Naturellement, je ne gardais pas le moindre souvenir de ma première visite au palais sous-marin, mais ma présence en son cœur avec ma propre enfant quand ma mère avait pris la même initiative un millénaire et demi plus tôt prêtait à sourire. Comme à peu près toutes les déités qui croisaient ma route, Ràn s'inquiéta de l'état de santé de Thor, quoique je la soupçonnai d'utiliser mon époux pour éviter qu'un silence gênant ne s'installe entre nous. « Thor va bien. Mieux. Aussi bien que l'on peut se porter après avoir été empalé par Gungnir de la main de son propre père. » Ma colère n'avait pas désenflé. J'aurais pu envisager de comprendre Odin et ses actions, si seulement il n'avait pas gardé le secret quant au sort de ma mère et manqué de me priver du père de ma fille. La guerre n'était certes pas entièrement de son fait, mais il avait attisé son feu.

Dans mes bras, Thrúd leva ses petits poings pour solliciter ma tendresse, et si je baissai aussitôt le regard vers elle comme elle le voulait, je ne fus pas la seule dont elle attira l'attention. Ce fut pour mieux la voir que Ràn s'approcha, et aussitôt Thrúd se tranquillisa pour l'observer de ses grands yeux, du même bleu que ceux de son père. Pour Thrúd, Ràn était davantage qu'une arrière grand-mère, elle était une déité dont la naissance remontait à des temps immémoriaux, une figure intemporelle du panthéon nordique. Moi-même déjà impressionnée par le gouffre générationnel qui me séparait de mon aïeule, c'était à peine si j'osais imaginer ce que Thrúd ressentirait face à une déesse telle que Ràn lorsqu'elle serait en âge de comprendre ce qu'elle représentait. La requête de la Tempête me prit de court, si bien que pendant un instant je la mirai sans trop savoir quoi faire. Au premier abord, Ràn n'était pas de ces femmes qui débordaient de douceur maternelle, elle paraissait froide et austère. Là encore, n'était-ce qu'une façade... ? En y réfléchissant un peu mieux, cela n'aurait guère été étonnant, l'on ne mettait pas au monde neuf enfants et l'on ne partait pas en croisade vengeresse si l'amour maternel n'était pas une part importante de son existence. Mes esprits retrouvés, je déposai Thrúd dans les bras de la Tempête. Si elle ne protesta pas en larmoyant, elle s'agita un instant, certainement inquiète de ne pas savoir pourquoi elle quittait mes bras pour d'autres. Cela ne dura pas, ses prunelles claires accrochèrent celles de Ràn et elle cessa de gesticuler, comme ensorcelée par ce qui se dégageait de la vieille déesse.

« J'aurais aimé qu'Yggdrasil soit en paix pour sa venue au monde... J'aurais aimé pouvoir la mettre au monde dans de plus sereines conditions... », commençai presque à voix basse, plus émue que je ne l'aurais crue par la vision de ma fille dans les bras de ma grand-mère. Je soupirai longuement, très longuement, dans l'espoir d'évacuer mon trop-plein d'émotion. « J'ai failli la perdre lorsque les Jötuns ont attaqué Asgard... J'ai failli la perdre à Alfheim... Elle est venue au monde un mois trop tôt... Depuis sa naissance, je n'ai eu de cesse de m'inquiéter pour elle, de l'isoler et de la protéger. Je n'oserais pas comparer cela à ce que vous avez vécu, mais j'en ai eu un très désagréable avant-goût. » Il ne servait à rien d'ajouter que j'avais été horrifié par cela, par la simple éventualité qu'il puisse arriver quoi que ce soit à mon enfant. La perdre... ? Grands Dieux, autant me damner dans l'Helheim immédiatement. Cela me ferait perdre la raison, et je doutais que ce soit une chose que Thor puisse supporter davantage que moi. Mes doigts se refermèrent autour de la minuscule menotte de Thrúd, avec laquelle je me sentais obligée de garder un contact physique. « J'étais terrifiée à l'idée de devenir mère... C'est une chose que je désirais ardemment, un cadeau que je mourais d'envie d'offrir à Thor, mais... Quand je me suis trouvée enceinte, j'ai craint de ne pas être à la hauteur. Une question que Thor ne s'est jamais posée, que ce soit par rapport à lui-même ou moi... Ce qui était évident pour lui l'était beaucoup moins pour moi. » Je secouai légèrement la tête, les lèvres pincées. « Il me fut particulièrement difficile d'envisager mon nouveau rôle de mère sereinement alors que je n'avais pas la moindre idée de comment une mère doit se comporter avec son enfant. » Vivre auprès de Frigga m'avait certes donné une idée, et j'avais profité de son exemple et de ses enseignements, mais c'était comme une orpheline de mère que j'avais dû grandir. Et toute la bonne volonté de la reine n'avait rien pu changer à cela.


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MessageSujet: Re: In a sea of scars, the first cut is the deepest   Dim 1 Fév - 18:33

In a sea of scars, the first cut is the deepest
SIF & RAN

Lorsque Sif déposa le poupon entre les bras de son aïeule, Ràn se trouva étrangement troublée. Cela faisait bien des siècles qu'elle n'avait pas tenu de nourrissons entre ses bras. Sif et son cousin avaient dû être les derniers à bénéficier des élans cajoleurs de la vieille déesse. Et si ces gestes étaient de ceux qu'on oubliait rarement, il était toujours étrange de les réitérer après tant d'années sans paraître gauche et maladroit. Thrúd s'agita quelques instants, inquiète de savoir pourquoi elle quittait les bras protecteurs de sa mère. Instinctivement, l'antique déité marine la ramena contre son sein et commença à la bercer imperceptiblement. La fille de la Foudre lorgna alors son aïeule et la fixa de son regard bleuté. Hypnotisée, Ràn la dévisagea pendant un court instant qui sembla durer une éternité, incapable de prononcer le moindre mot devant cette toute petite fille promise pourtant à un destin plus grand que celui de n'importe qui, vouée à de grandes choses, vouée à régner sur les ramures de l'Arbre Monde. Un avenir bien pesant pour une si minuscule créature. Mais Thrúd Thordóttir n'était pas n'importe qui. « Je ne saurais dire à qui elle ressemble le plus. » lâcha alors Ràn avec bref éclat de rire. Avec ses beaux cheveux blonds et ses grands yeux azurs, le futur roi d'Asgard ne pouvait nier sa parenté. Cependant... « Elle vous ressemble plus qu'il n'y paraît au premier abord, vous savez. » Ràn n'était pas capable de bien le définir mais la princesse avait quelque chose de sa mère, quelque chose de troublant. Était-ce son front haut ou ses yeux rieurs ? La Tempétueuse ne pouvait le dire avec certitude mais elle avait devant elle, un savant mélange de ses parents. Elle semblait cependant étrangement calme mais elle ne tarderait pas à faire preuve d'un caractère de feu. Il ne fallait pas s'attendre à moins avec la progéniture de Thor, elle en était persuadée – omettant par la même occasion le fait que cette petite partageait également des gênes avec la femme la plus ingérable du panthéon nordique.

Alors que son attention était encore toute au minois de la fille de Thor, Ràn ne s'attendait pas à recevoir ainsi les confidences et les inquiétudes de la future souveraine d'Asgard. Elle leva donc les yeux de son arrière-petite-fille pour revenir vers sa mère, stupéfaite et troublée. La pouponne avait déjà connu bien des malheurs avant même sa venue au monde et sa naissance était également marquée par bien des tragédies. La détresse de Sif, sa grand-mère ne la connaissait que trop bien et ne lui souhaitait en rien connaître la même chose. « Rien n'est comparable à la détresse d'une mère, la vôtre est tout aussi légitime que la mienne. Vous êtes liée à cette toute petite chose, pour l'éternité. Ce n'est pas rien, c'est un sacrifice de tous les instants. Même la plus terrible des femmes a le cœur qui saigne à l'idée qu'il puisse arriver malheur à ses enfants. » Un demi aveu sur ce qu'était sa propre vie depuis plus de six millénaires. Mais plus que la crainte de Sif à l'idée de perdre sa fille c'était sa crainte de ne pas être à la hauteur qui interpella la Tempétueuse. Comment ne pas comprendre ? La malheureuse avait eu beau grandir aux côtés de la Maternité personnifiée, elle avait été privé de mère bien trop tôt pour pouvoir suivre son exemple. Une nouvelle fois, la rancune qu'elle avait pour Odin se réveilla. Par les Nornes, le meurtre d'Angeya cessera-t-il donc un jour de se répercuter sur la vie des siens ? La mère des vagues baissa à nouveau les yeux vers la princesse d'Asgard.

« J'ai moi-même connu ces craintes. Il y a longtemps de cela. Très longtemps. Je n'étais qu'une jeune guerrière, trop insouciante, trop instable pour fonder sa propre famille. Abandonnée par mon père avant même de venir au monde, reniée par ma mère jusqu'à sa mort, me complaisant dans le sang et la guerre. Je n'avais rien de la mère idéale. » Un rire nerveux s'échappa alors de sa bouche. « Je crois n'avoir d'ailleurs jamais réussi à le devenir. Quoiqu'il en soit je n'étais pas prête à devenir mère et je craignais de le devenir par dessus tout. Et elle est arrivée. Ta mère. » C'était la toute première fois que Ràn quittait le vouvoiement pour s'adresser à sa petite-fille, comme si enfin elle considérait celle-ci comme un membre à part entière de cette famille décimée qu'il était temps de reconstruire. Un sourire ému étira ses lèvres tandis qu'elle porta son attention vers les ornements en bronze de la porte qui lui faisait face. Son regard se perdait, examinant les coraux ciselés avec un intérêt songeur. Aussi étrange que cela puisse paraître, elle n'avait plus aucune envie de s'échapper, sans doute apaisée par le contact avec la petite Thrúd « On te l'a certainement beaucoup dit mais c'était quelqu'un de bien. La meilleure d'entre tous. Tu aurais mérité de l'avoir à tes côtés, ce fardeau aurait été bien moins lourd à porter. » Et ces derniers siècles bien plus faciles à vivre songea-t-elle avec amertume. « Mais si tu as un peu d'elle en toi, tu feras à coup sûr une très bonne mère. » Elle sentit alors une petite main empoigner solidement une mèche de ses cheveux ébènes. Thrúd ne semblait pas vouloir lâcher prise et un sourire franc étira les lèvres de son arrière-grand-mère qui la laissa faire sans broncher. Quiconque aurait assisté à cet échange aurait pu manquer de s'étouffer de stupeur. « Je suis sans doute la plus malavisée pour prodiguer quelque conseil que ce soit mais...ne laisse rien passer avant ta famille, Sif. Je ne l'ai compris que trop tard mais une femme n'est rien sans ses enfants. Même une fois couronnée, tu resteras une mère avant d'être reine. » Bientôt les responsabilités pleuvront sur les jeunes épaules de la prophétesse mais sa grand-mère espérait qu'elle n'en oublierait pas l'essentiel.



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MessageSujet: Re: In a sea of scars, the first cut is the deepest   Ven 6 Fév - 16:38


In a sea of scars, the first cut is the deepest
RÀN & SIF

La maternité était un mystère qui ne trouvait de réponse qu'une fois l'enfant venu au monde. Avant que Thrúd ne naisse, avant qu'elle ne soit conçue, comme toute femme j'avais contemplé la maternité d'un œil curieux mais inquiet, me demandant quel genre de mère je pourrais bien être, sans être jamais certaine de pouvoir en être une bonne. Au premier abord, je n'étais pas exactement un modèle de douceur et de délicatesse, ni même d'élégance et de féminité. Que l'on me désigne comme la plus belle des déesses était une chose qui me laissait encore songeuse, j'ignorais ce que les hommes voyaient chez moi qui leur plaisait, cette énigme ci resterait sans réponse, et ce n'étaient certainement pas les compliments énamourés et très subjectifs de Thor qui m'éclaireraient sur le sujet. Non pas que cela ait une quelconque importance, s'il suffisait d'être sublime pour être une bonne mère, bien des femmes ne se rongeraient pas les sangs à la seule pensée de plonger dans l'océan inconnu de la maternité. Ce qui avait été l'évidence même pour Thor ne l'avait pas été pour moi, aussi heureuse et fière que j'eus été de porter notre enfant. Puis Thrúd était née... Elle était née et tout s'était éclairé, tout avait trouvé un sens. Ce petit bout de déesse que j'avais mis au monde était devenue le centre de mon univers, au moment où je l'avais tenue dans mes bras pour la première fois elle s'était installée dans mon cœur de façon définitive. J'avais compris, alors, qu'il n'y avait rien qu'une mère ne ferait pas pour protéger son enfant. J'avais éprouvé un fort instinct maternel et protecteur à la seconde où j'avais su être enceinte, sentiment qui avait grandi en même temps que Thrúd pour finir par être complètement exacerbé lorsqu'elle avait poussé son premier cri.

En fin de compte, je m'étais découverte parfaitement capable d'être mère, d'élever et prendre soin de ma fille. C'était un apprentissage de tous les instants, et le doute était toujours présent, mais Thrúd était en bonne santé, heureuse et épanouie, alors j'en concluais que je n'en sortais pas plus mal qu'une autre. J'avais la chance d'avoir à mes côtés un époux qui était devenu un père formidable, et la guerre terminée tout allait pour le mieux... La seule ombre au tableau était notre couronnement prochain, et prématuré, précipité par les bouleversements qui avaient secoué les royaumes. Mes doigts toujours refermés autour de ceux de ma fille, j'écoutais avec grande attention les paroles de mon aïeule, qui m'avouait avoir partagé mes craintes avant que ma mère ne vienne au monde. À mesure que le temps passait et nos rencontres se multipliaient, je me découvrais de plus en plus de points communs avec la Tempête, ce qui m'aidait grandement à intégrer le fait que nous faisions partie de la même grande famille, que son sang coulait dans mes veines et celles de ma fille. Trois générations étaient réunies dans une même pièce, quatre si l'on comptait le spectre que représentait Angeya, que ce soit pour elle ou pour moi. À défaut d'avoir une grand-mère, c'était une arrière grand-mère que Thrúd aurait, laquelle elle découvrait en l'observant de se grandes billes azurées, et en s'agrippant à sa chevelure du même ébène que la mienne. « Elle me manque... », commençai-je entre deux soupirs. « D'aussi loin que je puisse me souvenir, elle m'a toujours manqué. Le vide de son absence, personne n'a jamais réussi à le combler, et cela même si Père a toujours fait en sorte de jouer le rôle du père et de la mère... Il ne s'est jamais remis de sa disparition, il l'aimait tant... En quinze siècles, je n'ai jamais vu aucune femme à son bras. Savoir qu'il est mort en servant Odin me retourne le cœur. Il était fier de son statut, fier de protéger Asgard... Mais depuis que la vérité a été énoncée, son sacrifice m'emplit d'amertume. » Les circonstances de sa disparition avait été différentes de celles de ma mère, mais lorsque la colère s'emparait de nouveau de moi, je ne pouvais m'empêcher de songer que mes deux parents étaient morts par la faute d'Odin, que c'était de son fait si j'étais devenue orpheline. Une rancœur justifiée et compréhensible, mais non pas moins teintée de maintes erreurs de jugement.

« Devenir reine... Je ne l'ai jamais réellement voulu. Je me suis faite à l'idée, cependant, je savais à quoi m'attendre, je savais que l'amour de Thor ne venait pas sans la couronne d'Asgard. J'espérais simplement avoir plus qu'un seul siècle de mariage derrière moi avant de devoir monter sur le trône... Nous ne sommes pas prêts, du moins, je ne le suis pas. » Le titre de reine, je ne l'avais jamais convoité, je l'avais accepté parce qu'il m'avait été "imposé", et cela non sans une certaine appréhension. Mais à quoi n'aurais-je pas consenti par amour pour Thor... ? « Il n'est pas question, ni pour Thor, ni pour moi, de négliger notre famille au profit de la couronne. J'ignore comment nous pourrions seulement prétendre être de bons souverains si nous ne sommes pas capables de faire attention aux êtres qui nous sont le plus cher... Nul n'est pour moi plus important que mon époux, ma fille... Et vous. » La confession était timide, mais non pas moins sincère. Je caressai la joue de Thrúd avec tendresse, geste auquel elle répondit par de joyeux gazouillis. « Si vous saviez comme je regrette, de ne pas être venue vers vous plus tôt... Nul ne m'en empêchait, j'en ai portant été incapable. Je ne saurais dire si votre famille, notre famille, m'effrayait, ou si je me complaisais tant dans la famille d'Odin que je n'ai pas jugé... nécessaire... de faire le premier pas. Un peu des deux, sans doute. Il m'est difficile de tirer un trait sur le passé, quoi que je puisse à présent ressentir à l'égard d'Odin, ce serait mentir que de dire qu'il n'a pas pris soin de moi. De façon désintéressée ou non, mais je n'ai jamais manqué de rien, j'ai vécu comme une princesse avant d'en être une. » J'eus un sourire, triste mais emprunt d'une certaine nostalgie. « L'on dit de Thor qu'il fut excessivement privilégié, mais je ne l'ai pas moins été... Je ne fus pas malheureuse un seul instant... Mais je regrette. Je regrette avoir oublié d'où je viens, je regrette de n'être pour vous tous qu'une étrangère... Lorsque l'on a l'éternité devant soi, il n'est certes jamais trop tard, mais les siècles et les souvenirs perdus ne se rattrapent pas. Si vous et votre époux me le permettez, j'aimerais que nous puissions travailler ensemble à construire les liens qui n'ont jamais eu l'occasion de naître. Je voudrais que ma fille grandisse en sachant qu'elle appartient tout autant à la Mer qu'à la Terre. »


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MessageSujet: Re: In a sea of scars, the first cut is the deepest   Ven 6 Mar - 13:02

In a sea of scars, the first cut is the deepest
SIF & RAN

Le couronnement prochain se comptait désormais en jours. Avant même que les effluves printanières d'Eostre ne drapent Midgard, Yggdrasil entrerait dans une nouvelle ère. Malgré l'espoir que représentait un tel événement, il s'apparentait également à une plongée dans l'inconnu pour une grande majorité de dieux. Les premiers concernés étaient évidemment les futurs souverains, jetés bien trop prématurément dans la fosse aux lions. Beaucoup semblaient oublier le futur qui attendait le Tonnerre et son épouse, Ràn la première. Bien trop soulagée de voir le Félon éjecté de son trône, elle en oubliait l'essentiel. On avait jeté au visage de ce jeune couple un véritable cadeau empoisonné. Elle n'en avait encore jamais pris conscience avant ce jour. Avant d'entendre les inquiétudes de sa petite-fille. Ils étaient encore bien trop jeunes pour supporter le poids de l'Arbre Monde et cela était tellement soudain qu'ils n'y étaient pas aussi bien préparés qu'on ne l'aurait souhaité. On s'était jeté sur l'occasion d'éjecter Odin de son trône sans prendre une seconde pour songer au futur laissé à son successeur. Le regard de Ràn devint plus sombre. Ils étaient tous de vieux égoïstes. A présent que tout était terminé cette idée la hantait, paranoïa insupportable qui se faisait plus forte de jours en jours. Vieux fous égoïstes qui avaient risqué la paix d'Yggdrasil pour des griefs personnels. Ragnarök avant l'heure. Et c'était à l'aîné d'Odin de réparer ce qui avait été détruit. La tache était bien ingrate. Cela aurait certainement laissé la Tempête bien indifférente si sa propre petite-fille n'était pas destinée à suivre le Tonnerre sur ce chemin tortueux. Dans d'autres circonstances, elle se serait gonflée d'orgueil, impatiente d'écraser le monde avec cette vérité : la Mer régnerait un jour sur Yggdrasil. Mais elle aurait aimé qu'on laisse quelques siècles de plus à la fille d'Angeya pour concrétiser ce dessein. La prophétesse ne se sentait pas prête à supporter le poids de la couronne et on ne pouvait l'en blâmer. Mais dans toute sa bonne volonté, Sif se faisait la promesse solennelle de ne jamais laissé sa famille derrière elle. Au moins ne ferait-elle pas les mêmes erreurs qu'Odin qui avait sacrifié jusqu'à son foyer et celui des autres pour préserver Yggdrasil. Le résultat était pourtant discutable.

Vint ensuite le temps des regrets. L'aveu de Sif coupa le souffle de sa grand-mère. Tous étaient à blâmer dans cette histoire. Odin qui avait arraché à Sif tout ce qu'elle avait, Heimdall et Vidar qui n'avaient jamais eu le courage de traîner l'enfant jusqu'au palais, le clan de la mer qui n'avait jamais pris le temps de se rendre à Asgard pour la rencontrer. Oui, ils étaient tous membres d'une seule et même famille et pourtant ils étaient tous des étrangers. Les regrets laissaient un goût amer sur le palais de la Tempête qui avait une responsable toute désignée. « Il me faudra du temps pour pardonner à Odin, si je m'en montre un jour capable. Malgré tout les griefs que je pouvais avoir à son égard, je me suis toujours montrée reconnaissante de ce que sa famille avait fait pour toi, quand nous-même en étions incapables. A présent, son geste prend tout son sens, malheureusement. Mais cela n'enlève rien au résultat. Ils t'ont offert une famille. Ce rôle n'était pas le leur. A la mort de ton père nous aurions dû venir te chercher. Nous aurions dû t'élever aux côtés de tes tantes. Je crois que c'est ce que tous auraient souhaité. Mais personne n'a osé s'élever contre moi. » Le chagrin tissait sa toile autour des cœurs telles les arachnides autour de leurs proies. Jusqu'à ce que mort s'en suive. La Tempête avait donc préféré taire son chagrin plutôt que de voir celui-ci la détruire. Elle avait sacrifié l'unité de son foyer par crainte.

« Le nom de ta mère...a été trop longtemps banni de ces lieux. » Elle émit un profond soupir. « Par ma seule et unique faute. » Le prénom d'Angeya résonnait de nouveau dans les couloirs du palais d'iode depuis quelques mois à peine. Il fut pourtant proscrit pendant des siècles sous peine de risquer d'affronter la colère froide et sourde de la matriarche. « Tu as certainement entendu bien des remarques peu flatteuses à mon égard durant toutes ces années. La plupart sont justes, inutile de le nier. Je suis une vieille mule irascible dont la fierté pourrait l'étouffer un jour ou l'autre. » Elle fut secouée d'un petit rire sombre. « Personne ne l'a jamais entendu de ma bouche mais la m...la disparition de ta mère a été pour moi une douleur poignante. Ta simple existence réveillait en moi un chagrin que je refusais de ressentir. J'ai fui et j'ai entraîné notre famille entière dans mon terrible acte de lâcheté. Je suis la seule à blâmer dans cette affaire et j'en suis... » Elle se referma aussitôt comme une huître. Le chagrin incommensurable qu'elle ressentait depuis des années n'avait sans doute jamais été aussi présent, pas même lorsqu'elle avait du affronter sa petite-fille pour la première fois. Cette fois-ci les choses étaient bien différentes. Toutes deux avaient été terrassées par une vérité trop difficile à supporter, rendant le spectre d'Angeya plus oppressant encore. Tant d'années gâchées par la faute de mensonges et de prétextes dignes des plus grands couards. Des semaines durant, elle avait pointé du doigt l'incroyable lâcheté d'Odin à leur égard mais la terrible vérité était qu'elle ne s'était pas mieux comporté vis-à-vis de sa petite-fille. Par les Nornes, si on avait un jour soufflé que Ràn Egildóttir ferait preuve de couardise, elle aurait certainement ri au nez des médisants ! « J'en suis navrée, Sif. Sincèrement. » Un acte de lâcheté réparé à demi-mot par un incroyable acte de bravoure. Car en sept millénaires d'existence, jamais la Tempête ne s'était excusée. Elle peinait à accepter ses propres erreurs et même lorsque c'était le cas, il fallait accepter ses silences comme des excuses. Mais après mille-cinq-cents ans d'absence, la fille d'Angeya méritait bien mieux que la légendaire mauvaise foi de son aïeule.

« Vous serez toujours les bienvenues, toutes les deux. » ajouta-t-elle alors en baissant les yeux vers Thrúd qui n'avait toujours pas lâché ses cheveux. « Aegir serait ravi de vous accueillir et il regrettera certainement d'avoir manqué votre visite. » La mine de la Tempête s'assombrit imperceptiblement. Pour le regretter, il le regretterait, elle ne croyait pas si bien dire. « Je crains de ne pouvoir vous offrir la famille que vous méritez mais nous tâcherons d'essayer. Vous trouverez toujours un foyer sous la Mer de Midgard lorsque les obligations qui seront bientôt les tiennes deviendront trop difficiles à supporter. Tu peux d'ors et déjà compter sur notre soutien, Sif. Quant à notre amour...et bien...il ne t'a jamais abandonné. » acheva-t-elle maladroitement. Parler d'amour avec la Tempête, un tableau aussi étrange qu'inhabituel. Ses propres filles pouvaient compter ces conversations sur le doigt d'une seule main. Mais après des siècles d'indifférence, c'était tout ce que la fille d'Angeya méritait.


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MessageSujet: Re: In a sea of scars, the first cut is the deepest   Dim 15 Mar - 12:42


In a sea of scars, the first cut is the deepest
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Si je tenais ma fierté de mon aïeule, nul doute que les excuses et les confessions lui coûtaient autant qu'à moi. Je détestais avoir à m'épancher, c'était me mettre à nu et ce n'était pas une chose que j'appréciais particulièrement. Mon orgueil était mon armure, la hardiesse mon bouclier et la franchise mon épée. Je n'aimais pas me défaire de mes armes pour laisser celles d'un autre me frappait, j'avais appris à mes dépends que les blessures causées par les mots étaient bien plus douloureuses que ne pouvaient l'être celles des lames et prenaient une éternité à cicatriser. Louées soient les Nornes, j'ignorais le mal que pouvait causer la disparition de son enfant, et cela quand bien même j'en avais eu un amer aperçu à Alfheim. Pouvait-on jamais se remettre d'une telle perte ? Si je ne devais en juger que par le comportement de Ràn, la réponse à cette question était négative. Il n'existait pas même de mot pour désigner un parent privé de son enfant, cela suffisait à démontrer l'horreur de la chose. Enterrer l'être auquel on avait donné la vie était contre-nature, et ne pas avoir la moindre idée de ce qui lui était arrivé l'était tout autant. Quinze siècles... Quinze siècles s'étaient écoulés sans que ni Ràn, ni Aegir, ni leur huit Vagues survivantes n'aient la moindre idée de ce qu'il était advenu de ma mère. Ils l'avaient su morte, sans pour autant jamais savoir pourquoi, comment... Un mystère qui n'avait pas été sans conséquences, ni pour le clan, ni pour moi-même. Et au final, il ne l'avait pas non plus été pour Asgard, car les cachotteries d'Odin avaient fini par lui coûter la fidélité de la Tempête et de l'Océan. Cette fidélité, j'espérais sincèrement que Thor serait en mesure de se la réapproprier, en dépit de la mésentente cordiale entretenue avec mes aïeuls. Ma présence sur le trône à ses côtés jouerait assurément en sa faveur, tout comme le fait que je n'avais pas l'intention de les laisser se quereller jusqu'au Ragnarök. Que cela leur plaise ou non, ils étaient unis à travers moi, et à présent à travers Thrúd. Il était plus que temps que les liens familiaux redeviennent tels qu'ils étaient supposés être, et cela quand bien même le sang n'était pas synonyme d'amour. Les querelles qui ne concernaient qu'une poignée de familles avaient bien failli conduire les Neuf Royaumes à leur perte, il n'était pas question que cela arrive une fois de plus.

Il était étrange pour moi d'entendre la vieille déesse se confondre en excuses ; Ràn ne semblait pas être de ces déesses qui s'abaissait à ce genre de choses, mais force était de constater que les aînés n'étaient pas plus à l'abri des remords que les jeunes. Chacun avait sa part de responsabilité dans la création du fossé qui nous avait si longtemps séparés, nous y avions tous été de notre coup de pelle et cela pendant près de quinze siècles. La disparition d'Angeya nous avait éloignés au lieu de nous rapprocher, je m'étais persuadée qu'Odin et les siens étaient ma véritable famille, tandis que les miens niaient mon existence pour rendre plus supportable l'absence de leur aînée. Le chagrin s'était drapé de couardise, ainsi nul n'avait jamais réellement pu faire le deuil de la Vague disparue... Il avait fallu que la vérité nous soit jetée en pleine figure avec une violence et une soudaineté telle que nous n'avions pu l'éviter pour que nous ouvrions tous les yeux. Tardivement, certes, mais lorsque l'on avait l'éternité devant soi, il n'était jamais trop tard. Le temps perdu était perdu, mais il restait des millénaires à traverser ensemble. Les débuts seraient difficiles et maladroits, toutefois cela n'avait aucune importance – il fallait bien commencer quelque part. « La trahison d'Odin me restera en travers de la gorge pour l'éternité... Cependant je ne peux le nier, malgré toute la rancœur que j'éprouve à son égard, je ne puis le haïr. Quand bien même sa générosité n'était que le fruit de sa culpabilité, il m'a offert tout ce dont je rêvais. Il m'a autorisée à devenir une grande guerrière sans les responsabilités d'une valkyrie et a béni mon union avec son héritier... Une part de moi souhaiterais l'abhorrer, mais je ne saurais m'y résoudre. » Ne serait-ce que par amour pour Thor, ou par respect pour le Père de Tout, qu'il resterait malgré tout. En dépit de tous les torts qu'il avait causés, il avait fait bien plus de bien que de mal et s'il fallait poser un regard objectif sur ses actions... Il avait agi comme n'importe quel souverain digne de ce nom se devait de le faire, pour protéger l'avenir de la majorité.

« Je ne me permettrais pas de juger vos actions... Vous avez perdu votre enfant... Je ne peux pas, et je ne veux pas imaginer ce que vous avez traversé après sa mort. » Qui pouvait la blâmer d'avoir préféré fuir l'atroce vérité ? Je comprenais les raisons de sa fuite, si je ressemblais tant que cela à ma mère, j'étais pour elle un spectre, quoique bien vivante et faite de chair, d'os et de sang. Si je perdais Thrúd, sans doute ne supporterais-je pas que l'on me mette sous le nez un poupon qui lui ressemblait. J'en perdrais la raison, de cela je ne doutais point... La douleur n'excusait pas tout, mais elle expliquait bien des choses, et particulièrement les actes les plus irréfléchis... N'avais-je pas manqué de m'ôter la vie lorsque j'avais cru avoir perdu l'amour de Thor ? N'avais-je pas craché les pires insultes au visage de Tyr après qu'il ait traité mon époux de bâtard ? Et combien d'autres erreurs avaient été engendrées par diverses peines ? Je la comprenais... Je la comprenais, car je prenais lentement conscience de notre ressemblance, sur un tout autre plan que le physique. Mon tempérament, je ne l'avais pas hérité de mon père. Vidar était un homme posé, calme et réfléchi... J'étais tout son contraire, et pourtant il s'était acharné à m'apprendre la patience et la douceur. « La... faute... ne repose pas plus sur vos épaules que sur les miennes. La disparition de ma mère était certainement ce qu'il pouvait vous arriver de pire... Je n'ai guère fait preuve de plus de courage en faisant mine d'ignorer votre existence. Cessons de nous blâmer, et félicitons nous enfin pour tendre à une réunification de notre famille. » Les excuses étaient bonnes à prendre, mais à trop les répéter, elles ne feraient que nous entraver davantage au passé.

Un sourire attendri aux lèvres, je me rapprochai du duo formée par ma grand-mère et ma fille, et posai une main sur l'épaule de la première et la seconde sur le crâne de l'autre. « Nulle famille n'est parfaite... Et de toute façon, la perfection serait ennuyeuse. Peu m'importe ce que vous êtes, ce que votre époux et vos filles sont... Vous êtes ma famille. Je m'accommoderai de vos défauts comme de vos qualités, du moment que nous ne laissons plus le sort nous séparer. Je ne laisserai pas ma fille perdre son héritage... Je veux qu'elle aime l'Océan et la Tempête du même amour que le Tonnerre. Tout autant que moi... Il est étrange pour moi de le réaliser si tard, mais vous m'avez toujours manqués. Je n'ai jamais été proche de la mer, je la fuyais tout autant que vous... Je compte bien remédier à cela, et si vous le permettez, j'aimerais vous rendre visite de temps à autre. Tout comme j'aimerais vous voir à Asgard plus souvent... Je vous en prie, venez assister au couronnement, tous. Je ne souhaite en rien me montrer présomptueuse, mais à travers moi vous avez intégré la famille royale... Bien trop l'ont oublié. Bien trop ont oublié que je ne suis pas seulement la fille de l'ancien capitaine de la garde, mais de l'Océan. Je souhaite réaffirmer notre parenté aux yeux de tous, n'en déplaisent à certains – à commencer par mon époux. Je suis fière d'être votre descendante, et je tiens à ce que tous le sachent. J'ai hérité du Tonnerre et du don de voir l'Avenir, mais c'est de la Tempête et de l'Océan que je suis née. » J'étais née pour être bercée par les flots et la pluie, à mes colères faisaient écho le fracas des vagues et le grondement de l'orage. Je n'étais pas une figure de délicatesse, j'étais celle qui s'asseyait au cœur des ouragans sans crainte. Mon sourire se fit malicieux. « Je serai une reine aussi peu délicate que le roi sera humble... » Autrement dit, pas le moins du monde.


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MessageSujet: Re: In a sea of scars, the first cut is the deepest   Dim 19 Avr - 16:04

In a sea of scars, the first cut is the deepest
SIF & RAN

Le visage de la Tempête se ferma imperceptiblement tandis que sa petite-fille venait d'apporter une conclusion aussi juste que sage à leurs épanchements mutuels. Leur fierté commune avait grandement souffert, chacune avait fait un pas en avant, un acte lourd de sens qu'il était bon de perpétrer. Sif avait raison, mieux valait se tourner vers l'avenir prometteur qui s'offrait désormais à leur famille plutôt que de ressasser un sombre passé qui ne pourrait jamais être changé. On la disait aussi têtue que pouvait l'être son aïeule mais elle semblait avoir également hérité des bons côtés de l'Océan également puisqu'elle faisait preuve de plus de sagesse que ne le pourrait jamais Ràn. La déesse prenait enfin conscience de ce que tout cela impliquait. Pour avancer, elle devait enfin se débarrasser des boulets qu'elle traînait péniblement à ses pieds. Elle devait dire adieu au spectre qui l'attachait au passé. Elle aimait Angeya de tout son être, comme chacun des enfants nés de sa chair mais elle ne pouvait rester éternellement prisonnière de son souvenir. Cela finirait par la détruire au même titre que les siens. Ironiquement l'aînée des Vagues était celle qui par son don était restée éternellement prisonnière du Passé, elle était née avec cette particularité avec laquelle elle avait vécu jusqu'à son dernier souffle. Elle l'avait parfois porté tel un fardeau et ce don l'avait d'ailleurs conduit jusqu'à la Mort. Le Passé était un sac de nœud qu'il valait mieux ne pas chercher à démêler au risque d'en perdre la raison. Mais l'Avenir était-il un chemin plus paisible ? Rien n'était moins sûr mais il leur fallait courir ce risque nécessaire. Avancer sans plus regarder en arrière, du moins plus aussi souvent. « Travaillons donc pour retrouver l'unité que mérite cette famille. » Il leur faudrait évidemment travailler laborieusement pour obtenir le résultat espéré mais il était grand temps que le clan des mers retrouve toute sa force. La main de la Prophétesse vint alors se poser sur l'épaule de son aïeule que ce contact laissa étrangement troublée. La dernière fois que ces deux-là s'étaient touchées, Sif ne devait pas être plus grande que sa propre fille à présent. Elle était devenue ne superbe jeune femme que les siècles avaient forgée en guerrière, en princesse et bientôt en reine. Ils avaient manqué tant de choses, enfermés dans leur prison d'indifférence. Ce constat avait de quoi laisser amer et pourtant ce simple contact physique entre la grand-mère et sa petite-fille ouvrait le champ à un grand optimisme. Leur histoire était encore à construire et ils avaient encore l’Éternité pour cela.

Une nouvelle fois, le regard de la Tempête se fit plus sombre et plus dur. Elle reporta son attention vers le poupon installé dans ses bras, cherchant désespérément un moyen de chasser les obscures pensées qui l'assaillaient. Sif venait de faire un pas vers eux en se rendant jusqu'ici. Et elle tenait à perpétrer cet effort en retrouvant cet héritage qui était le sien et qu'elle connaissait pourtant si peu. Et il était donc tout à fait compréhensible qu'elle désire voir les siens faire le même chemin. Mais n'en demandait-elle pas trop ? Se rendre à Asgard était un effort surhumain pour la déité puisqu'il ne concernait pas uniquement sa petite-fille. Trop de choses se joueraient dès l'instant où elle reposerait un pied dans la Cité d'Or et elle n'était pas certaine d'en être encore capable. Les mots de la future souveraine avaient pourtant de quoi la rendre fière. Je suis fière d'être votre descendante, et je tiens à ce que tous le sachent. Le clan des mers réaffirmeraient durablement sa place dans les plus hautes sphères de la société asgardienne mais à quel prix ? S'il fallait pour cela supporter la mine arrogante et les remarques condescendantes du Tonnerre, elle était évidemment prête à se plier à l'exercice. Elle était depuis longtemps habituée au jeu auquel elle s'adonnait avec l'héritier. Elle ne s'en formalisait plus et s'en amusait parfois. L'idée qu'il puisse désapprouver la volonté de son épouse de replacer les siens dans la lumière avait même de quoi la faire sourire. Être la responsable indirecte de ses mauvaises humeurs avait quelque chose de satisfaisant. Le fils aîné n'était en rien un obstacle à sa venue sur Asgard, le reste de la famille en revanche... Voilà une toute autre affaire et bien plus délicate à gérer. Les affronter n'était en rien un problème pour elle c'était davantage la désapprobation des siens qui la freinait car tous savaient quels dégâts pouvaient causer la Tempête lorsqu'elle était déchaînée. Et l'idée que sa petite-fille aient pu hériter de ce tempérament volcanique avait de quoi la faire sourire.

« Peu délicate, dis-tu ? Je n'en attends pas moi d'une femme née de mon sang. » lâcha alors la déesse avec un léger sourire. De toutes les filles qu'elle avait engendré peu étaient connues pour leur délicatesse et tous s'accordaient à dire que la matriarche elle-même était sans aucun doute l'une des femmes les moins délicates de tout l'Arbre-Monde, ce qu'on lui reprochait bien souvent. Les chiens faisaient rarement des chats. « Il est temps de prouver à tous ces phallocrates qu'une femme peut en avoir autant qu'eux dans le pantalon. Je te fais confiance là-dessus. Tu sais, nous ne nous sommes jamais croisées par le passé mais je n'ai cessé de t'observer de loin. Et il va sans dire que j'ai déjà eu bien des occasions d'observer ta...délicatesse toute relative. » Elle rendit à sa petite-fille la malice de son sourire avant de se tourner vers Thrud. « Et il va sans dire qu'avec un héritage tel que le sien cette petite aura certainement son petit caractère. » Son sourire s'effaça pourtant bien vite lorsqu'elle reporta une nouvelle fois son attention sur Sif. « Nous serons au couronnement. L’événement passionne déjà les foules, difficile de le bouder. Et ton attachement à nous voir assister à la cérémonie me touche sincèrement. Cependant...il va nous être très difficile de nous rendre jusqu'à Asgard avec...engouement... Te voir monter sur le trône sera une immense source de fierté, il me sera difficile de le cacher. Tout comme il me sera tout aussi difficile de cacher mon animosité vis-à-vis de certaines autres personnes. Je n'ai jamais été connue pour ma diplomatie et j'ai souvent desservi notre famille pour cela. Avec une certaine fierté parfois, m'estimant trop importante pour devoir faire semblant. Je n'ai aucune intention de te mentir Sif, je vais donc être aussi franche que je l'ai toujours été. Nous assisterons à ton couronnement mais je ne peux t'assurer me conduire convenablement jusqu'à la fin des festivités. Loin de moi l'envie de te causer du tort mais je suis ainsi, entière et souvent aussi peu délicate que tu sembles te dépeindre. Je ferais mon possible pour me tenir convenablement mais...s'il venait ne serait-ce qu'à m'adresser la parole, à faire comme si de rien n'était, je crois que je ne le supporterais pas. » gronda-t-elle en serrant la mâchoire. « Je ne sais pas si notre futur souverain acceptera sans broncher l'idée de voir son père bien-aimé étripé en place publique par les mains de son aïeule par alliance. » conclut-elle avec un sourire sans joie. La colère revenait doucement prendre possession de son corps et cela ne sembla nullement échapper à Thrud qui commençait à s'agiter de nouveau. La déesse resserra doucement son étreinte autour du nourrisson afin de la tranquiliser. Il valait mieux qu'elle découvre le plus tard possible les mauvais côtés de son ancêtre. « Jörd sera-t-elle là ? » demanda-t-elle alors sur un ton plus détaché. Pourtant la question n'était pas anodine. Si la Terre bafouée pouvait faire un effort pour supporter seule la présence d'Odin et les regards de haine du peuple ase alors la Tempête pouvait certainement en faire autant.


FICHE PAR ROMANOVA



war of hearts + I can’t help but be wrong in the dark cause I’m overcome in this war of hearts I can’t help but want oceans to part cause I’m overcome in this war of hearts


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MessageSujet: Re: In a sea of scars, the first cut is the deepest   Sam 16 Mai - 7:27


In a sea of scars, the first cut is the deepest
RÀN & SIF

Une telle invitation n'était pas anodine. Je savais pertinemment qu'il leur en coûterait de se rendre jusqu'à Asgard pour assister à la cérémonie de couronnement, puisqu'ils n'auraient d'autre choix que de se retrouver en présence de celui qui leur avait tant pris. La présence d'Odin n'était malheureusement pas négociable, c'était à lui que revenait l'honneur et le devoir de passer la couronne à son fils. Et à l'épouse de ce dernier, par la même occasion... La perspective de devoir me retrouver face à Odin ne m'enchantait guère plus que mon aïeule. S'il lui avait arraché sa fille, il m'avait arraché ma mère et quand bien même l'on ne pouvait nier qu'Angeya avait sa part de responsabilités dans sa propre disparition, l'implication d'Odin n'en était pas moins indéniable. J'aurais tellement préféré la savoir elle aussi enfermée quelque part, dissimulée aux yeux du monde, mais en vie... Ne pas avoir eu la chance de connaître la femme qui m'avait mise au monde demeurerait mon plus grand regret, car quand bien même j'en apprenais davantage à son sujet à chaque fois que je conversais avec ceux qui l'avaient connue, elle n'en restait pas moins un mystère pour moi. Je n'avais aucun souvenir de son visage, de sa voix... Rien qu'un nom. Et pour tout ce qu'elle était, c'était bien trop peu. J'ignorais s'il me serait un jour possible de réellement faire mon deuil, si je pourrais penser à elle avec tendresse et non tristesse ; à l'instar de ses parents. La douleur qui était la leur surpassait la mienne en tous points, c'était à peine si je pouvais concevoir ce que l'on pouvait ressentir lorsque l'on perdait un enfant. Son premier, pour ne rien arranger... Je ne doutais pas que Ràn et Aegir portent un amour équitable à toutes leurs filles, mais l'enfant aîné était toujours un symbole, le plus attendu ou inattendu, le premier à tout changer... Thrúd avait littéralement bouleversé mon univers, elle en était devenu le point central, imaginer la perdre suffisait à me mettre dans tous mes états, je n'avais jamais eu aussi peur que lorsque j'avais cru être sur le point d'accoucher prématurément à Alfheim. Alors, j'avais cru qu'Yggdrasil s'effondrait sur lui-même, et je ne l'avais encore jamais tenue dans mes bras... Perdre un enfant après des millénaires passés à l'aimer devait être une douleur indescriptible. Je ne pouvais qu'admirer mes aïeuls, qui avaient su faire face et tenir bon en dépit de l'horreur de leur situation.

« Thor sait parfaitement de quoi son père s'est rendu coupable », commençai-je en caressant tendrement la joue veloutée de Thrúd pour la tranquilliser. « La guerre qui a ébranlé les royaumes aura au moins eu le mérite de lui ouvrir les yeux sur Odin. Certes, je doute qu'il apprécierait de vous voir l'étriper, mais il n'ignore plus rien de ses fautes. Il ne sera plus question de suivre aveuglément les ordres et conseils de son père... Je puis vous le garantir. Je ne peux évincer Odin de ses côtés, malgré tous ses torts il n'en reste pas moins le fondateur d'Yggdrasil tel que nous le connaissons, et je n'oublie pas les millénaires de paix qui ont précédé cette guerre... Mais je puis m'assurer que ce sera de sa propre voix que Thor parlera, et non de celle de son paternel par son intermédiaire. Aussi peu douée en politique que je sois, j'ai bien l'intention d'être aux côtés de Thor pour régner aussi souvent qu'il me sera possible de le faire. Je n'ai ni la délicatesse, ni le tact de Frigga, mais je ferai de mon mieux pour épauler mon époux. » Un rire léger me secoua. « De nous deux, je suis la plus raisonnable... » J'étais bien loin d'être une figure de raison, certes, mais Thor était encore plus borné que je ne l'étais. Il tenait à ses idées et à ses principes, et s'il avait tout mon respect pour cela, je savais également que certains étaient bien peu réceptifs à son attitude qui pouvait parfois paraître trop présomptueuse. Non pas qu'il n'ait pas tous les droits d'être arrogant, après tout... « Je doute qu'Odin soit présent aux célébrations d'après couronnement. Il n'est pas stupide au point de s'exposer à une foule furieuse. » Du moins, je l'espérais sincèrement. Je n'avais nulle envie de voir ce jour si spécial pour Thor – et le reste des royaumes par la même occasion – ruiné par un pugilat dont Odin sortirait vainqueur quoi qu'il advienne. Déchu ou pas, il restait l'homme le plus puissant d'Yggdrasil, j'en avais conscience et je n'étais certainement pas la seule. Ce n'était pas par hasard qu'il était resté six millénaires au pouvoir, et qu'il avait gagné chacune des guerres qu'il avait livré. Il avait abdiqué de son plein gré, l'idée était venue de lui, et ce n'était que grâce à l'intervention de Thor à Svartalfheim que les armées de Vanaheim et Alfheim n'avaient pas été décimées.

Soupirant longuement, je me tournai vers l'immense fenêtre qui donnait sur l'océan. Je restai un instant silencieuse face à l'éternel pièce qui se jouait derrière le verre, les bras croisés sous ma poitrine, avant de reprendre sur un ton hésitant. « Jörd est invitée... Mais j'ignore si elle voudra se joindre à la foule... Bien qu'elle ait été victime d'Odin, elle n'en est pas moins celle qui a déclenché la guerre qui a coûté la vie à des centaines d'innocents. Sa position est... délicate. » Et c'était là un bel euphémisme la concernant. « Je comprends sa peine, et à sa place j'aurais mis les neuf royaumes à feu et à sang pour retrouver mon enfant... Ceux qui ont perdu un être cher dans sur le champ de bataille ne seront sans doute pas aussi prompts que vous et moi à la pardonner. Je ne sais pas de quoi son avenir sera fait. Je sais que Thor la veut à ses côtés à présent, ce que je puis aisément comprendre. Je l'envie, d'une certaine façon... »[/b][/color] Un petit rire nerveux me secoua, avant que je ne retourne vers Ràn. « C'est une bien étrange famille que la nôtre... La mienne ? Avec toutes ces alliances, je ne sais plus... Peu importe... Je suis rassurée de savoir que vous assisterez à la cérémonie. Sans doute n'est-ce pas sage de ma part, mais j'ai l'intention de me parer de vos couleurs plutôt que d'or et d'écarlate. Une décision qui déplaira à certains, mais après tout... Une reine fait bien ce qu'elle désire, non ? » Un sourire un brin arrogant étira mes lèvres, avant que je ne m'approche de Ràn pour reprendre Thrúd contre moi, puisqu'elle tendait ses petites menottes vers moi en gémissant doucement. « Et puis, le bleu me va bien mieux au teint. » Je pris place sur un confortable divan et berçai doucement Thrúd contre ma poitrine ; sans doute était-elle fatiguée, elle se frottait les yeux avec insistance. « J'aimerais beaucoup revenir vous voir, si vous me le permettez. J'apprécierais de rencontrer mes tantes, c'est à peine si je les connais... Thor est plus proche d'Hefring que je ne l'ai jamais été, si ce n'est pas là ironique... C'est une chance que nous ayons des millénaires devant nous pour rattraper les quelques siècles que nous avons perdus. »


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