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Rumeurs
- Var a tourné le dos à son roi. Il parait que la déesse des Pactes préfère aujourd'hui les grosses faveurs de Frey !

- On dit que depuis que Tyr a pris les fonctions de son frère aîné, personne n'aurait encore osé lui proposer un coup de main .

- A Tromsø, on hésite à dire si la petite Brynja est maudite ou chanceuse, car après avoir manqué de se faire brûler vive par un dragon, elle a manqué par deux fois la noyade, dont une durant les raids !



 
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 Friends are the siblings God never gave us

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viking - jarl

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MessageSujet: Friends are the siblings God never gave us   Mar 6 Jan - 19:36

Friends are the siblings God never gave us
HAGEN & THOR

Des mois étaient passés depuis son unique séjour à Asgard et pourtant jamais ce souvenir ne le quittait. La cité d'or était de ces merveilles réservées à l'imaginaire, inaccessible au commun des mortels. Elle avait nourri les rêves du jeune jarl durant son enfance et la réalité avait été plus grandiose encore que tout ce qu'il avait pu imaginer. Il avait eu un an pour se remettre de cette étonnante découverte et pourtant cela ne l'empêcha pas d'avoir des étoiles plein les yeux lorsqu'il progressa de nouveau dans les longs dédales de la Cité Éternelle. Lui qui était la plus grande figure de Tromsø se sentait ridiculement petit dans cet environnement. Comme sa mère le lui avait si souvent répété les mortels n'étaient que des grains de poussière dans ce vaste univers. Et de tous les royaumes, Asgard était sans aucun doute le plus intimidant aux yeux du jeune jarl. Thialfi était venu le chercher quelques instants plus tôt alors que Hagen se remettait à peine de sa chasse au dragon en lui transmettant une invitation de Thor à le rejoindre sur Asgard. Voilà plusieurs semaines que le Tonnerre, sous son identité mortelle de Rym, s'était évaporé dans la nature sans donner signe de vie. Accompagné de son épouse, alors enceinte jusqu'aux yeux, il avait fui le village au beau milieu de la nuit et les deux déités n'étaient pas réapparues. Si Hagen savait pertinemment qu'ils s'en étaient retournés à Asgard il lui était difficile de satisfaire la curiosité des villageois qui se demandaient tous où avaient bien pu se volatiliser le colosse et sa compagne. Depuis qu'il était revenu de Fortriú, il avait entendu bien des histoires abracadabrantes sur cette affaire, chacun possédait sa propre petite hypothèse qu'il prenait pour vérité et qu'il se faisait un plaisir de partager à la moindre occasion. Si cette situation avait été son unique préoccupation, Hagen l'aurait trouvé particulièrement cocasse. Mais en vérité, il regrettait sincèrement le départ de Thor. Trop de questions étaient en suspens. Cette visite à Tromsø avait tout d'une fuite dont le prince doré n'avait voulu donner aucun détail. Hagen avait ensuite quitté la Norvège pour partir en raids et était finalement revenu avec davantage d'interrogations. La fuite du Tonnerre sur Midgard, un Kraken perdu en pleine mer, un dragon mettant la forêt de Tromsø à feu et à sang... Que se tramait-il sur Yggdrasil ? Le jeune jarl avait volontiers suivi Thialfi, espérant obtenir des réponses salutaires à ses questions. Il avait remis la responsabilité du village entre les mains de Hans, lui assurant qu'il reviendrait vite et espérant que rien de dramatique n'arriverait durant son absence. Il avait ensuite emprunté le pont arc-en-ciel pour le deuxième fois de son existence.

Abandonné dans un couloir qui menait aux appartements royaux, Hagen avait l'esprit en ébullition. Thor l'avait affublé du titre de héraut des mortels sur Asgard mais cela ne faisait pas de lui un invité privilégié de la cité des ases. La plupart du temps, Thor appréciait se rendre sur Midgard et faisait volontiers le voyage jusqu'à Tromsø. Le jarl ne comprenait donc pas son ami l'avait convoqué sur Asgard pour lui faire part des nouvelles le concernant. A moins qu'elles ne soient pas bonnes ? Mais quel malheur pouvait bien frapper l'Invaincu, songea Hagen en haussant les épaules. « Mon maître va vous recevoir. » Thialfi avait fait de nouveau son apparition dans le couloir adressant un sourire au jarl avant de lui indiquer la porte qu'il avait volontairement laissé entrouverte. Hagen pénétra alors dans la pièce où l'attendait le Tonnerre. « Voilà enfin notre fuyard ! Depuis mon retour je n'entends parler que de la disparition mystérieuse de Rym et de son épouse, de quoi faire passer notre expédition sur les terres de l'Ouest pour de simples banalités ! » commença-t-il avec un rire franc. Il trouvait ces situations toujours aussi étranges. Il priait Thor depuis qu'il était en âge de parler, il avait frôlé la syncope lorsqu'il apprit l'intérêt que lui portait le dieu. Et pourtant depuis, dès qu'ils se retrouvaient le Tonnerre redevenait Rym avec une facilité déconcertante. Il avait fallu toute la détermination du dieu pour que le mortel cesse de le mirer avec des yeux de merlan-frit mais par la force des choses Hagen prit vite conscience que Thor et son alter-ego mortel n'était finalement qu'une seule et même personne, bien que dans ses atours divins le gaillard était plus intimidant encore. Le cœur du jarl battait d'ailleurs à tout rompre mais cela ne l'empêcha pas d'adresser un sourire large et franc à son ami légendaire. « Quelle joie de te revoir, mon ami. Comment te portes-tu ? » conclut alors Hagen en lui offrant une accolade fraternelle qui sembla crisper le Tonnerre. « Cesse donc de me charrier, ma poigne n'a jamais effrayé le robuste Rym, je doute qu'elle puisse abîmer le grand Thor ! »


FICHE PAR ROMANOVA



F
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MessageSujet: Re: Friends are the siblings God never gave us   Ven 9 Jan - 0:06

   


S
eul dans l'une de la pléiade de chambres qui était à la disposition de son couple, Thor s'était claquemuré dans un mutisme trop humble pour lui ressembler, et une sacro-sainte intimité qu'il ne voulait importunée par quiconque si ce n'était son homme-lige, qu'il avait investi d'une mission dont il aurait tôt fait de s'acquitter. En attendant que son hôte ne lui vienne, il avait aspiré à une once de calme, lové dans une faille atemporelle pour ne plus songer qu'à un fait, parmi bien d'autres, qui le tarabustait au plus haut point. La disparition de Loki et de sa famille – de leur famille, car si d'aucuns dans ce royaume les jugeaient de la pire espèce qui soit, lui, se distinguait toujours comme l'aîné, le beau-frère, et l'oncle. Il avait appris ce qui s'était produit tandis que les troupes guerroyaient sous le firmament enténébré, la plus abjecte trahison avait introduit ses appendices jusqu'au sein même du palais régalien, alors déserté de la plupart de ses braves, et donc, de sa sécurité. Plus il y pensait, plus il se persuadait que s'il s'était rendu à Svartalfheim seulement quelques instants plus tard, il aurait potentiellement pu garrotter l'ignominie orchestrée au nom d'une prétendue majorité qui se cachait bien. La bigue avait été jusqu'à altérer la loyauté d'Einherjar, et l'on ne parlait plus que de corruption, de précarité et d'une nouvelle forme de félonie. Pis encore, certains osaient considérer les scélérats qui avaient agi dans la pénombre et l'occultisme comme de bons samaritains, prompts à sa maculer les mains là où les figures royales se complaisaient dans l'inertie, faute d'affects développés à l'encontre du perfide Obsidien. Des susurres qui meurtrissaient l'emblème doré autant qu'ils le lestaient d'une ire ineffable, d'une envie impérieuse de faire taire les persiflages et de remémorer que le fils de Farbauti n'en était pas moins son frère. C'était cet amour qu'il lui vouait qui l'avait toujours mis en porte-à-faux, sans qu'il ne s'en soit jamais soucié, aveuglé par la ferveur d'une fraternité particulière et pernicieuse. Prétendre qu'il était à l'instant t inquiet aurait été un euphémisme, tant et si bien que le Tonnerre personnifié avait pétri sa fierté de ses tourments pour en faire un viaduc traversant l'Arbre-Monde, dans lequel il glissa une patenôtre qui, il en était sûr, atteindrait les tympans de son cadet, peut-être à défaut d'atteindre son coeur. Les prières du Fils Prodigues n'étaient pas si fréquentes, et pour cause, qu'aurait-il eu à envier à quiconque ? A circonstances exceptionnelles, actes exceptionnels.

Après quoi, le palpitant appesanti et l'esprit embrumé, il s'était rendu à la fenêtre pour, providentiellement, observer l'arrivée de Thialfi et du Jarl de Tromsø. La vision de ce dernier parvint à lui arracher un sourire en coin, il était plus que temps de battre sa coulpe envers l'homme qui l'avait soutenu tout en affamant sa curiosité. Un moment plus tard, son subordonné vint le trouver et tous deux échangèrent quelques mots, avant que le convive de sa future Majesté ne soit invité à venir à sa rencontre. Nul doute que ce conciliabule changerait de ceux qu'ils avaient coutume d'avoir sur Midgard, car même s'il ne portait ni sa cuirasse ni sa mythique cape vermeille, sa prestance était celle d'un divin et ses atours n'en demeuraient pas moins princiers, bien loin de la modeste facture dont il se nippait lors de ses fugaces passages chez les humains. Toutefois, si la frontière esthétique était criarde, leur amitié allait aujourd'hui bien au-delà de ces trivialités superficielles, et les autres ases devraient s'en accommoder. Les premières paroles d'Hagen donnèrent la tonalité et lui provoquèrent un malheureux ricanement, vraisemblablement navré, quoi qu'amusé par la perspective de folles conjectures parmi la plèbe. « Mystérieuse, tu pèses tes mots, j'aurais davantage dit ubuesque... » Nonobstant une frêle appréhension, il répondit à l'accolade et, comme il s'y était attendu, se crispa au fulgurant élancement qu'il ne fut visiblement pas le seul à sentir. D'ordinaire, il aurait ri, mais la grimace qui se perpétua sur son faciès fit montre d'un malaise tangible et tenace, d'autant plus lorsque sa paluche vint se poser à hauteur de son abdomen qui le faisait souffrir. « Ce n'est pas elle qui me tiraille j'en ai peur, j'ai vécu... quelques désagréments depuis notre dernière rencontre, qui laisseront probablement leurs stigmates... » La flammèche qui bondit des prunelles diaphanes du guerrier serait intelligible pour le terrien, qui le connaissait mieux que nombre d'asgardiens infiniment plus âgés que lui. Quelque chose n'allait point, en témoignèrent le teint encore pâle et la fatigue marquée du lion qui, en dépit de sa propension à guérir plus vite, peinait à la convalescence.

Mais il se redressa, le râble droit et le menton haut, il n'était pas question de forfaire à son honneur même devant un ami, qu'il contempla un court instant. « Je suis content de te voir. C'est avec joie que je serais descendu te rendre visite, mais la situation actuelle m'en empêche. Nous avons dû faire face à une pléthore de rebondissements, qui va d'ailleurs changer nombre de choses dans notre royaume. » Il se frotta l'arrière du crâne, certainement gauche dans son récit qui restait décidément sibyllin pour quelqu'un comme Hagen, qui n'était au fait de strictement rien. Par où débuter ? Là était toute la difficulté de l'exercice, et tort lui avait fait de ne pas y réfléchir plus avant. « J'ai tellement à te dire... à t'apprendre, et tant à me faire pardonner. Si je t'ai officiellement convoqué à Asgard, tu te doutes que ce n'est pas seulement pour te présenter mes excuses et ergoter sur ce que nous t'avons fait vivre avec mon épouse. Je m'adresse à toi en tant que camarade, mais aujourd'hui, je te parlerai aussi en tant que dieu. » Ce qu'il n'avait fait qu'une seule et unique fois, lorsqu'il avait fallu se rendre sur Svartalfheim pour y récupérer l'une des pommes d'or abandonnée là, après le kidnapping d'Idunn. En l'occurrence, une telle solennité augurait des nouvelles substantielles, ne restait plus qu'à découvrir si elles étaient bonnes ou mauvaises. « Je n'ai pas envie de perdre mon temps à gorger vos völva de visions ésotériques, même si ma mère s'y appliquera certainement, et il faudra que tu te débrouilles pour ne pas passer pour un dément ou un affabulateur à ton retour auprès des tiens. Je te fais confiance sur ce point, tu n'es pas dénué d'imagination. » Se disant, il convia son interlocuteur à le suivre, et tous deux sortir des appartements pour se hasarder à travers le dédale de corridor de l'immensurable demeure.

Sur leur chemin, domestiques affairés et courtisans ébaubis d'apercevoir un éphémère dans leur glorieuse Cité, fort heureusement, les badauds étaient autrement moins nombreux que ce qu'ils pouvaient être usuellement. Et quand bien même, aucune curiosité prompte à importuner le prince qui marchait fièrement aux côtés de son comparse, que quelques-uns reconnaîtraient peut-être comme étant l'élu de leur héritier il y avait plusieurs lunes de cela. Après un instant de silence circonspect durant lequel Thor sembla profondément immergé dans ses pensées, son phonème résonna derechef, guttural mais placide. « Tu me pardonneras mes manières, je t'offrirai dignement le pain et le sel après que nous nous soyons entretenus, c'est important. » Jugea t-il bon de préciser dans l'hypothèse où le mortel ne l'aurait pas encore compris. Caboche obvié dans sa direction, il reprit. « Avant que je ne t'embourbe dans mes logorrhées et en attendant que nous arrivions à destination, raconte-moi, les raids. » Il les avait honteusement manqués, bien malgré sa volonté d'être une déité présente pour ses ouailles, là encore, il s'agissait d'être digne de sa réputation et des titres qui le nommaient protecteur privilégié de Midgard. « C'est non sans opprobre que je t'avoue ne pas m'y être intéressé, faute d'en avoir eu l'opportunité... J'ai craint que tes prières n'aient réussi à m'atteindre, mais je t'aurais assurément croisé dans la file des Einherjar si tu avais été fauché, ce qui m'a rassuré sur ton sort. Pour autant, vos rapines sont toujours pleines d'écueils, et tu as sûrement maint à me conter. »


by the light of this lonely lantern I hold aloft,
I'll safeguard the wandering and lost
I'll keep you in my sight, I'll ward away the dark and fright. I'll keep you from harm within my arms, hat circle round your shaking form. No need for tears or wide eyed alarm, my arms will shield you from the storm.
   
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MessageSujet: Re: Friends are the siblings God never gave us   Mer 25 Fév - 15:32

Friends are the siblings God never gave us
HAGEN & THOR

La grimace de son camarade interpella grandement le Jarl de Tromsø qui ne l'avait de sa vie jamais vu geindre de quoique ce soit. Thor porta aussitôt sa main à l'abdomen, perpétuant alors la moue de douleur qui se peignait sur son visage. Hagen posa alors sur lui un regard empli de suspicion. Qui avait bien pu réussir à vaincre l'Invaincu ? Devant les paroles impénétrables du divin, il ne pouvait rester de marbre. Quel était l'avenir d'Yggdrasil si Thor lui-même devenait vulnérable. Hagen songeait aux Jötuns, au Kraken, au dragon et il prit alors conscience que Midgard ne pouvait être le seul royaume en proie à ces forces malfaisantes. Il n'imaginait pas la cité des dieux dévastée par une quelconque tragédie mais il avait visiblement beaucoup à apprendre. La douleur qu'il put lire au fond des yeux du Tonnerre le chamboulèrent plus qu'il ne l'admettrait jamais. L'Invaincu terrassé. Jamais de toute sa vie il n'aurait osé imaginé, même en plein cauchemar, une telle intrigue. Cela aurait frisé le blasphème. Et pourtant, la réalité était bien là, le divin souffrait. Les mortels avaient encore tant de choses à apprendre sur leurs protecteurs. « Tu me vois navré de te découvrir dans un tel état. » se contenta-t-il de répondre encore troublé par cette vision. Rym avait de nouveau disparu, son comparse était de nouveau incapable de voir un autre que le Tonnerre abattu par un ennemi plus aguerri que lui, chose encore impossible à ses yeux quelques minutes auparavant. Les paroles du prince doré étaient aux yeux de son ami plus sombres que le plus épais des brouillards. Il ne parvenait pas à démêler les pensées troublantes qui l'envahissaient alors. Qui va changer nombre de choses pour notre royaume. Que s'était-il passé ici ? « Asgard a dû subir bien des déconvenues pour te trouver ainsi. A vrai dire, je le soupçonnais depuis ton arrivée impromptue à Tromsø en compagnie de dame Sif mais...je n'osais y croire. Ce royaume est encore pour moi le joyau inébranlable d'Yggdrasil. » ajouta-t-il avec un sourire contrit. Thor semblait aussi confus que le mortel qui comprit sans mal que le dieu ne savait par où commencer dans son récit. Hagen songea alors aux plus simples habitants de Tromsø qu'il devait toujours ménager pour que ses explications soient comprises. A Asgard il devenait l'un d'eux, tant de choses dépassaient son entendement.

Il le comprit d'autant plus lorsque son ami lui indiqua sa volonté de s'adresser à lui de dieu à mortel et non plus comme des compagnons d'armes. Aussi étrange que cela puisse paraître, cela lui ressemblait bien peu. Hagen ne pipait mot, attendant que le brouillard se dissipe mais celui-ci devenait de plus en plus épais, bien au contraire. Les dernières paroles du prince coupèrent le souffle et la voix du mortel. Déconcerté, il ferma d'instinct la bouche, incapable de répliquer quoique ce soit. Quelle mission allait-il lui confier qui pouvait mettre en péril sa dignité ? La confiance que lui accordait Thor allait bien au-delà de l'entendement car le mortel doutait fortement de sa capacité à convaincre tout Midgard. Il ignorait encore tout de sa mission mais l'avertissement de Thor en disait déjà long. Et Hagen le savait, peu importe ses efforts, il passerait forcément pour un dément ou un affabulateur. Mais il garda ses réserves pour lui, encore sonné par ces paroles et se contenta donc de suivre l'Odinson dans les dédales du palais d'or. Le mortel capta quelques regards curieux à son égard et il ne put empêcher un malaise le ronger. En dehors de Tromsø, il n'avait pas pour habitude d'être ainsi la cible privilégiée des regards. Au village il était le personnage le plus éminent à des lieues à la ronde et il s'accommodait parfaitement de ces égards. Dans la cité d'or en revanche, il n'était rien, strictement rien et cela le mettait mal-à-l'aise. La plupart de ces badauds n'avaient sans doute jamais croisé la route d'un mortel. Cela les troublaient-ils autant que la réciproque ? Car si Hagen se tenait fièrement aux côtés de Thor depuis plusieurs lunes, la présence des divins restait encore une bien étrange nouveauté.

Sur le chemin qui les menait vers une destination inconnue du Jarl – il se demandait d'ailleurs pourquoi le prince doré faisait tant de mystères – son ami s'enquit de la réussite des raids. Un sourire fugace traversa la trogne du mortel. Les raids. Un sujet bien déroutant pour les oreilles divines qui passeraient par là, il en était persuadé. « Ma foi, nous avons obtenu plus que nous pouvions espérer. Les terres de l'Ouest nous offrent toujours tant surprises. De quoi permettre à Tromsø de survivre jusqu'aux prochaines rapines. » Malgré son sourire franc, son œil vint à s'assombrir aussitôt. La question était bien plus délicate et impliquait bien plus que quelques richesses. Il hésitait à partager ses craintes avec le Tonnerre qui avait visiblement des affaires bien plus importantes à régler. Il se rembrunit pourtant avant de continuer. « Cependant, le voyage a été bien plus ardu. Malgré nos prières, l'Océan a lâché sur nous le monstrueux Kraken. Sans doute avait-il ses raisons. » acheva-t-il précipitamment. Il ne voulait pas se montrer discourtois envers un dieu aussi ancien et puissant qu'Aegir dont il connaissait et craignait depuis longtemps l'humeur changeante. « J'ai perdu bien des hommes durant cette traversée mais fort heureusement ton frère est venu jusqu'à nous pour nous porter secours. Sans doute étais-tu au courant. » Revoyant les tentacules gigantesques dansant devant ses yeux, il les ferma un instant afin de chasser cette vision d'horreur. « Notre retour s'est révélé être tout aussi délicat. Nous devons faire face à un dragon niché au beau milieu de la forêt de Tromsø. La bête est tout aussi monstrueuse que son acolyte des profondeurs. Il pourrait raser le village en quelques assauts seulement. » Il soupira longuement. « Il semblerait que des forces obscures se tournent avidement vers Midgard. » Loin de lui l'envie d'ennuyer Thor avec tout ceci mais c'était plus fort que lui. La présence de ce dragon le tourmentait depuis longtemps. Il avait échappé de justesse à ses assauts enflammés et les villageois tremblaient de peur à l'idée de voir leur famille et leur foyer arrachés par le monstre. Tous les doigts étaient pointés en sa direction mais le malheureux Jarl se trouvait impuissant. « Yggdrasil semble plongé dans la tourmente. » acheva-t-il, énigmatique. « J'ignore ce que vous avez pu vivre sur Asgard mais compte sur moi pour te venir en aide malgré la petitesse de ma condition de mortel. Je suis né sous l'égide du Tonnerre et je n'hésiterais pas à donner ma vie pour l'Arbre Monde, n'en doute pas. »[/color][/b]


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MessageSujet: Re: Friends are the siblings God never gave us   Lun 23 Mar - 14:40

   


C
es rapines mortelles, il en avait tant observées, juché sur le faîte de l'Arbre-Monde, et si les batailles des midgardiens n'étaient pas aussi inouïes que ne l'étaient celles de leurs déités, elles n'en demeuraient pas moins intéressantes. Les vikings étaient dignes de leur hoirie qu'était la Terre, eux qui vivaient par des traditions immémoriales sans jamais rien égarer de leur ferveur, celle-là même qui les faisait galoper dans les bras de la Mort sans qu'il n'en ait la moindre peur. Honneur et gloire, tel était l'héraldique qu'ils brandissaient haut dans le firmament lorsque leurs drakkars prenaient la mer, sans jamais la certitude d'un jour revoir leur belle Scandinavie. Une véracité d'autant plus exacte lorsqu'un hôte surprise se conviait aux réjouissances, sadisme dantesque et appendices colossaux, le Fléau des océans avait vraisemblablement jugé bon de musarder sur la route des guerriers partis en croisade. Thor tiqua, ardu de dire ce qui le courrouçait le plus entre les dommages et les pertes qu'avait probablement dû occasionné le Kraken et le fait qu'il avait ignoré son assaut jusqu'à ce que le Jarl lui en fasse confession – Aegir et ses dames s'étaient bien gardés de le lui apprendre ! Pourquoi avaient-ils relâché leur animal de compagnie en pareilles circonstances ? Les catastrophes s'étaient suffisamment amoncelées sans que les monstruosités délétères de la nature n'y ajoutent leur participation, mais la déconvenue ne semblait point avoir empêché les braves bretteurs de pérégriner jusqu'en contrée méridionale, où succès et richesse les avaient étreints comme des amantes s'étant languies depuis des lunes. Il osait de ce fait croire que l'histoire restait anecdotique, surtout en apprenant – une fois encore – que Tyr, car il subodorait qu'il s'agissait de la Justice, s'était lancé en héraut des cieux. Voilà qu'Hagen semblait plus en savoir que lui-même sur ce qui se tramait chez les dieux, aussi, offensé de son impéritie, il n'affirma ni n'infirma sa connaissance des évènements contés. De même qu'Il, était censé être l'égide divine de Midgard, un rôle dans lequel il avait également failli, ce qui n'était point pour dulcifier l'amertume qui écumait d'ores et déjà son être – ou peut-être était-ce l'âcreté des remèdes qu'Eir lui faisait avaler qu'il sentait sur ses papilles ?

Et puisqu'une mauvaise nouvelle venait généralement escorté d'un bel arroi, l'éphèbe poursuivit sur les vicissitudes qui rudoyaient directement sa bourgade. Le dragon. Le Tonnerre se sentait subito maculé d'opprobre, il avait vécu plusieurs semaines à l'orée de Tromsø, et il avait totalement occulté ce « détail » d'envergure dont il avait pourtant déjà entendu parler. « Le dragon, il est vrai... » Se souvint-il dans un souffle tout aussi las que navré. « J'en avais eu des ouï-dires à l'époque, Brynja me l'avait confirmé la dernière fois que je l'ai vue à la taverne. » Mais il n'avait malheureusement guère eu l'opportunité d'en faire sa besogne, tout n'avait été que trop tumultueux depuis plusieurs mois. Son regard obvia ensuite en direction de son interlocuteur qui, fort d'un zèle intrinsèque, lui déclama derechef sa loyauté et son vouloir d'être le séide de sa cause, et de celle d'Yggdrasil de façon plus large. Un rappel qui fit office d'onguent bienfaiteur sur les plaies suintantes du blondin, dont le faciès se détendit en un frêle sourire reconnaissant. « Je le sais mon ami, c'est bien pour cela que tu es ici. » Extrêmement rares étaient les humains qui avaient eu le privilège d'être mandé à même la Cité Eternelle par le prince doré en personne, ceux-ci pouvaient se compter sur les phalanges d'une main, en plus de quinze siècles d'existence. Un semblant d'amitié probe était lénitif, et il aurait besoin de toute la volonté de l'univers pour s'immerger dans le récit des lunaisons passées, car c'était une véracité qu'il devait bien au fils de Hrothgar. « Je suis navré que vous vous soyez sentis abandonnés, mais, je gage que tu comprendras la raison de tout ceci dès lors que je t'aurai narré ce qui nous a frappé. Je tiens à confier entre tes paumes une vérité qu'il te faudra chérir, car tu seras l'un des seuls, sur la surface de la Terre, à la connaître avec exactitude. » L'instant était solennel, ils pénétraient à présent une sphère sibylline pour tous les Ephémères. « Sens-toi de ce fait libre de me poser toutes les questions que tu souhaites, j'y répondrai sans simagrées. »

Presque fortuitement, ils passèrent alors dans un corridor qui surplombait une partie des jardins de la reine, une coïncidence qui n'en était pas une aux yeux de l'Inexpugnable qui ralentit leur rythmique. Il s'immobilisa non loin d'un balcon, et contempla la magnificence florale et verdoyante de ce lieu d'ataraxie. Plusieurs secondes s'écoulèrent, durant lesquelles Thor paraissait lutter contre lui-même, les calots poudroyant de ce que l'on pourrait supputer être des regrets, des remords, et une pléiade d'affects lancinants. « J'ignore ce que vous savez, croyez savoir et ignorez sur Midgard, j'ai conscience que plus de six mille ans d'histoire ajoutée à la complexité de notre société et à notre nature mystique tend à outrepasser les créatures de passage que vous êtes. Je vais donc tenter d'être le plus limpide possible. » Faussement concentré sur le décors, il prit une inspiration et entonna. « Je suis fils d'Odin, mais... Frigga n'est pas ma mère biologique. » Les prémisses de sa vie, et l'exposé de faits qu'il abhorrait plus que le plus abject de ses antagonistes. « A l'origine, je suis... un enfant adultérin. Un bâtard, d'aucuns diraient, le véritable héritier aurait dû être Tyr, qui est né peu de temps après moi. Mais notre père m'a légitimé dès ma naissance, et m'a octroyé mon droit d'aînesse envers et contre tout. Nonobstant les griefs qu'elle aurait pu avoir, la reine m'a accueilli et élevé comme son propre fils, et par la suite, j'ai suffisamment prouvé pour que tous omettent ma marque d'illégitimité. Pour la plupart j'ai toujours été un prince d'Asgard à part entière, la condition de ma venue au monde n'incommodait que ceux qui me jalousaient dans l'ombre. » Il sourcilla. « Celle qui m'a donné la vie est la Terre personnifiée, la déesse Jörd, que je n'ai jamais connue petit puisqu'elle a soudainement disparu pendant plus de quinze siècles. Elle s'est extirpée des ténèbres de l'oubli il y a quelques temps, son retour aura été... fracassant, et porteur d'une houle de changements comme nous n'en avons jamais vue même ici. »

Il pivota vers Hagen pour s'assurer qu'il ne l'avait pas égaré dans ses explications – explications dont il connaissait peut-être déjà quelques pans, il n'en avait pas la moindre idée, et dans le doute, il préférait ne rien lui épargner. De nouveau, il lui fit signe de le suivre, et tous deux reprirent leur marche, ainsi que leur discussion. « Elle a accusé le Père de Tout de moult maux et s'est chargée de positionner ses pions sur l'échiquier. Les Elfes de Lumière, usuellement si pacifiques, ont rompu notre alliance ancestrale pour prendre son parti, promptement suivis par Freyja, qui a emporté les valkyries dans son sillon, ainsi que Vanaheim, sous les armoiries d'un Frey désireux d'indépendance. Ceci, sans compter la volte-face des nains, et la participation de nul autre que Nidhögg, tous loués par espèce sonnante et trébuchante. » Il observa évasivement les badauds qu'ils rencontraient sur leur sentier cossu. « Les huis d'Asgard et son pont arc-en-ciel ont été scellés, la paranoïa s'est installé, les espions et félons pouvaient se tapir à chaque encoignure, tout n'était que suspicion et délation – j'étais d'ailleurs le premier sur le front, jusqu'à apprendre que... mon père n'était pas étranger à l'exil de Jörd. Disons... qu'il a cherché à se débarrasser d'elle, sans avoir le courage de l'occire. » Il opina négativement du chef, les paupières closes. « C'est en apprenant qu'il m'avait menti depuis mon plus jeune âge que j'ai déserté, littéralement. Ce même soir, j'ai cogné à ta porte pour quémander un refuge, je n'avais plus la force d'être Thor, je ne savais plus si j'avais encore envie de l'être. »

Ils s'arrêtèrent devant de grandes portes gardées par des Einherjar, qui se mirent plus droits qu'ils ne l'étaient déjà en apercevant l'Orage. D'amples gestes, ils leur ouvrirent le passage sur un hall immensurable, sa taille semblait d'autant plus vertigineuse qu'il n'était peuplé que de factionnaires aux aguets. A leur antipode, se tenait le Trône d'Or, le siège régalien de l'Arbre-Monde où toutes les décisions avaient été prises, où l'Histoire, s'était écrite. Lentement, ils s'en approchèrent, la distance étant bien assez pour que le flavescent parachève son allocution. « Nous avons dû rentrer le jour où Sif a accouché, je ne pouvais sciemment pas l'obliger à donner naissance sur Midgard, alors que la Maternité incarné n'attendait que nous. Si j'ai passé encore de nombreux jours à ignorer les horreurs qui se produisaient autour de moi, j'ai finalement dû émerger de mon inertie lorsque la guerre a eu lieu. Un affrontement, qui a opposé les plus grands royaumes d'Yggdrasil, une bataille qui restera à jamais sculptée dans les mémoires. Il m'a fallu m'interposer entre mes parents, je refusais de les voir s'entretuer, et... je me suis dressé sur la trajectoire de Gungnir avant qu'il ne soit trop tard. » Sa paluche se porta à son abdomen qui le tiraillait, où sous les atours, se cachait une meurtrissure digne de l'arme d'exception qui l'avait causée. Ceci justifiait cela, Hagen savait désormais pourquoi son démiurge apparaissait faible et incommodé dans chaque mouvance. Le binôme atteignit finalement les escaliers menant à la chaise royale, vide, et qu'ils mirèrent depuis leur position. « Mon abnégation a persuadé Odin de mettre fin à la guerre. Les termes de sa résignation ont été discutés parmi les Grands, mais tout est encore récent, nous devons encore faire de l'ordre dans les bouleversements qui ont été imposés. » Ses iris azurées se perdurent dans les pourtours du siège en hauteur, il fut un moment songeur, puis se tourna complètement vers le Jarl. « Mon père renonce au trône. » Une tirade qui avait  inexorablement plus d'impact que l'ensemble de sa logorrhée, car elle signifiait plus que ce qu'aucun dialecte ne serait à même de traduire.


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MessageSujet: Re: Friends are the siblings God never gave us   Ven 8 Mai - 14:06

Hagen était un privilégié parmi les Hommes, de cela il en était persuadé depuis longtemps. Rares étaient ceux qui atteignaient la plus haute position de la société viking et beaucoup s’entretuaient pour atteindre un tel statut. Né pour devenir Jarl, le jeune homme avait toujours été un privilégié. Plus encore depuis que son ami le plus sincère se révéla être la divinité vénérée entre toutes. Que le grand Thor ait un jour décidé de révéler son identité à son ami mortel, un privilège de plus auquel Hagen ne s'attendait simplement pas. Par la suite il eut même la chance de se battre aux côtés des divins, d'héberger le prince doré et son épouse en fuite sur Midgard. Et le voilà à présent au sein même de la cité des dieux prêt à recevoir une vérité qui ne devait pourtant pas concerner le commun des mortels. Il n'était plus le commun des mortels désormais, c'était une réalité qu'il peinait encore à réaliser mais qui était pourtant indéniable. Et l'éphémère qu'il était entreprit donc d'écouter religieusement toutes les révélations de son ami divin. Ainsi donc la Maternité n'était pas mère du Tonnerre, cela s'était déjà entendu sur Midgard mais il existait tant et tant d'histoires à propos de ces dieux inaccessibles qu'il n'était pas rare de voir Terre et Maternité réunies pour ne former qu'une seule mère. Il existait tant et tant d'histoires que la plupart se perdaient dans le murmure des mémoires. Divinations de prophétesses ou récits de vieillards, tout n'était qu'oral et il était facile de se perdre parmi toutes ces rumeurs. Hagen ne gardait de ces histoires que ce qu'avait pu lui raconter sa propre mère lorsqu'il était enfant et celle-ci, comme bien des femmes, tenait la Maternité en si haute estime que le jeune homme avait toujours identifié Frigga comme étant la génitrice de Thor. Mais il savait que certaines versions différaient et s'en était toujours très bien accommodé. Les dieux étaient des êtres mystiques et leur histoire était un sac de nœud indémêlable pour de simples mortels. Que le prince doré en personne lui offre la clé pour dénouer ces mystères était un honneur pour lequel Hagen pouvait se sentir fier et reconnaissant. D'autant plus lorsqu'il prit conscience du ton adopté par le Tonnerre. Celui-ci se voulait le plus concis et le plus clair possible mais ses explications semblaient lui coûter davantage qu'il ne voulait le laisser paraître. Toute une vie à tenter d'effacer une bâtardise dont nous n'étions pas responsable, toute une existence à tenter d'accepter un abandon inexplicable et inexcusable. Les Hommes étaient plus que jamais à l'image de leurs dieux songea Hagen avec un sincère élan de compassion pour son ami. Il n'en laissa cependant rien paraître et continua de se concentrer sur le récit du dieu. Ainsi donc Dame Nature avait quitté son exil en bouleversant tout l'échiquier politique sur son passage. La Sagesse personnifiée face à la Terre. Le dieu de la Vie en guerre pour une simple affaire d'indépendance. L'affaire avait de quoi donner le tournis au jeune Jarl. Tous ces grands noms étaient encore si lointain pour lui voilà si peu de temps. Il était encore bien incapable de leur donner un visage et des émotions, ils n'étaient que des auras mystiques qui veillaient sur les Hommes qui les vénéraient. Et voilà qu'ils étaient animés des mêmes désirs que leur progéniture mortelle. C'était à en perdre la tête !

Mais aussi étourdissantes pouvaient être ces révélations, Hagen y voyait étrangement plus clair. Tout prenait désormais un sens dans son esprit. Il comprenait bien mieux l'arrivée impromptue du Tonnerre et de Lady Sif dans sa demeure des semaines plus tôt. Thor avait fui. L'idée était encore inconcevable pour le mortel mais c'était pourtant bien la vérité. Mais comment lui en vouloir ? Qui n'aurait pas agi de la même façon en apprenant que l'homme que vous admiriez le plus vous avez élevé sur des mensonges ? Le Tonnerre si fier et indépendant avait sans doute eu l'impression d'être une marionnette entre les mains de son père. Une nouvelle idée bien étrange dans la tête du jeune homme mais il devait s'y faire. Il n'était pas au bout de ses surprises lorsqu'il posait les pieds à Asgard. Hagen se contenta de hocher la tête, compréhensif. La fuite de Thor et son retour fracassant sur Asgard, tout avait un sens et personne ne pouvait le blâmer d'avoir agi ainsi. La suite du récit fut sans doute plus difficile à avaler pour le guerrier qui ne pouvait désormais plus masquer sa stupeur. Gungnir... Le Tonnerre avait été transpercé par la lance d'Odin et il en avait réchappé ! L'exploit était indescriptible. Le Jarl baissa instinctivement son regard vers la blessure de Thor. Même un dieu ne pouvait réussir un tel exploit. Malgré toute sa bonne volonté cette information l'avait quelque peu éloigné du récit de son ami qu'il n'écoutait désormais que d'une oreille. Mais il perçut clairement la conclusion et l'étonnement ne tarda pas à se lire sur son visage. « Le Père de Toute Chose renonce au trône ? » répéta-t-il incrédule comme si cette nouvelle prenait davantage de sens sortie de sa propre bouche. Fondateur d'Asgard, père des Hommes. Odin avait élevé tout ce que l'on connaissait d'Yggdrasil et voilà qu'il renonçait à tout cela. Comment était-ce possible ? « Ma condition de mortel a bien du mal à admettre une telle chose et je n'ose imaginer les changements qui découleront d'une telle chose. » Et soudain il interrompit le fil de ses pensées et tourna un regard plus stupéfait que jamais en direction du Tonnerre. « Attends une minute... Si sa Majesté Odin renonce au trône...cela signifie que... Par les Nornes ! » Et sans demander son reste, il posa un genou à terre tout en fixant soigneusement le sol dallé qui se trouvait sous ses pieds. « Je vous aurais volontiers félicité de votre paternité nouvelle votre Majesté mais dans ma simple condition de mortel, j'ignore tout bonnement comment s'adresser au Haut Roi d'Yggdrasil. » Un sourire contrit se dessina malgré tout sur ses lèvres. Il avait eu bien du mal à admettre que Rym était en réalité le prince doré d'Asgard. Thor avait du faire bien des efforts pour que son ami accepte une telle réalité. Haut Roi d'Yggdrasil ! Le fossé était désormais si grand qu'il en devenait infranchissable. « Quoiqu'il en soit j'ai toujours offert mon soutien, mon épée et ma vie au Tonnerre personnifié. Cela ne changera nullement, bien au contraire. » acheva-t-il toujours agenouillé et incapable de relever la tête en direction du dieu. Il s'entretenait désormais avec le souverain d'Asgard, père protecteur de tous les royaumes d'Yggdrasil. Il devenait plus privilégié qu'il ne l'aurait jamais imaginé dans ses rêves les plus fous. Et cela lui donnait le tournis et le terrifiait tout à la fois, il devait bien l'admettre.

Spoiler:
 



F
rom the lands of the Norsemen comes freedom, freedom comes from death on the battlefield. Then go to Valhalla, where Odin has wisdom. We died when a sword crashed onto shield. Don’t be sad ‘cause this is what we long for, this is how we must end our long voyage. To pay tribute to them we give a roar, the reason why, this is our heritage. Just remember, trust in the gods, they're strong. Valhalla is where we all must belong.
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MessageSujet: Re: Friends are the siblings God never gave us   Mer 20 Mai - 19:03

   


O
din abdiquant le trône universel, celui-là même qu'il avait érigé de ses propres mains, celui depuis lequel toutes les décisions substantielles de ces six derniers millénaires avaient été prises, celui qui n'avait jamais connu qu'un souverain, et que l'on ne pensait point voir accueillir un autre que le Père de Tout avant encore... une période incommensurable. Si les divins eux-mêmes peinaient encore à prendre conscience de la situation, qu'en diraient les éphémères, eux pour qui ils n'étaient que des noms mirifiques, des figures absconses qu'ils n'avaient pas tous la chance de rencontrer au cours de leur vie ? Il leur fallait parfois patienter jusqu'à ce que le trépas ne les fauche pour obtenir cet honneur, et coudoyer le panthéon d'Asgard, ou les anciens dieux au Valhalla. Ce verbiage sonnait encore invraisemblable même venant de ses lippes, mais viendrait un moment où le choix ne lui serait plus laisser d'accepter la véracité, et surtout, l'hoirie à laquelle il était depuis toujours destiné. Il n'était à dire vrai guère certain que son interlocuteur ait compris le sens complet de son monologue, quand bien même ne pouvait-il être plus limpide qu'il ne l'avait été, il concédait que ce n'était pas chose aisée que de saisir toute la teneur du quotidien immortel. Il ne fut donc ni pantois et encore moins mortifié de constater que sa péroraison avait été ce qui avait le plus retenu l'attention du Jarl – et pour cause, la nouvelle était inopinée, pour le moins impensable. Et pourtant, l'expression qu'arborait le blondin ne laissait pas l'once d'un doute, il aurait été fort inopportun et malséant de badiner sur pareil sujet. Puis, après l'effarement de l'abdication de la Victoire incarnée, le syllogisme de l'héritage se fit dans l'esprit du terrien, qui en arriva à une conclusion toute logique. Nonobstant le fait qu'il ne méritait pas encore que l'on fasse courbette devant lui en louant son statut royal, Thor ne se mut pas, ni ne réagit d'une quelconque façon le temps que son plus loyal séide lui renouvelle naturellement un serment dont il pouvait attester de la puissance. Infrangible promesse, et fierté portée à son paroxysme de l'humain qui avait l'ineffable chance de converser avec celui voué à régner sur les Neuf Royaumes et au-delà. Ce ne fut qu'à l'aboutissement de plusieurs secondes qu'un sourire s'ébaucha sur le museau du Tonnerre, dont le poitrail fut secoué par un ricanement flatté.

« Debout Hagen. » Demanda t-il en illustrant ses dires d'un geste de la main. En tant que l'une des déités fondamentales de la confession scandinave, il aurait eu matière à sommer qu'on le couvre de dithyrambes et révérences obséquieuses, en particulier venant d'un être que d'aucuns jugeraient inférieur. Et s'il était vrai que l'orgueil de l'Odinson aimait à se gondoler, il était tout aussi avéré que son serviteur ci-présent avait moult fois fait preuve de sa déférence, tant et si bien que par-delà leur lien métaphysique, l'amitié les transcendait. Quelque part, le dieu était admiratif de son féal, même s'il lui demeurait nombre d'épreuves à affronter à l'avenir. « Je ne suis pas encore roi, les circonstances pour le moins inusuelles dans lesquelles nous nous trouvons retardent mon couronnement. Cela ne saurait tarder, mais pour le moment, je suis toujours prince héritier, quoi que régent officiel... Donc, à bien y songer, ne me manque que la coiffe pour avoir l'apparence d'un souverain. » Son rire fit écho dans la salle immodérément cossue. L'apparence seulement, car être monarque, cela signifiait bien davantage que d'avoir le crâne ceint de jolies gemmes et le séant installé sur un piédestal d'or.
Sa paluche se posa alors sur l'épaule de l'éphémère, qu'il gratifia d'une mimique sémillante. « C'est un grand tournant pour l'Arbre-Monde tout entier, et c'est ta génération qui aura la chance de porter le flambeau de ce changement à celles futures. Bientôt, l'orage résonnera sur Midgard, cette nuit-là, vous boirez et vous mangerez, vous vous esclafferez, vous vous souviendrez que des mains de mon père vous êtes nés... et que par les miennes, vous vivrez. » Il pétrit affectueusement le trapèze qu'il tenait entre ses phalanges, avant de le relâcher. « Mais n'aie nulle crainte, Odin n'en restera pas moins Odin, il ne s'évanouira pas dans le néant pour autant. Bien, suis-moi maintenant, nous avons une dernière chose importante à faire avant de nous consacrer à un huit-clos moins solennel. »

Et une fois n'étant pas coutume, il lui fit signe de le talonner comme il l'avait fait depuis son arrivée à la Cité Eternelle. Ils sortirent de la salle du trône, sous les oeillades fureteuses des Einherjar qui, semblait-il, n'avaient pas bougé d'un iota. Ils refirent le chemin inverse pour se rendre derechef du côté des appartements royaux, notamment ceux privatisés de l'Inexpugnable et de sa Prophétesse. Bien plus loin dans le corridor, ils s'immobilisèrent fugacement sur le pas d'une porte gardée par un étonnant cerbère : un énorme lion à la robe virginale qui, pataud mais éveillé, leva sa gueule vers le binôme en rauquant légèrement. « Pousse-toi de là veux-tu, espèce de gros balourd. » Somma Thor, manifestement tout sauf anxieux face à la créature qui, bon gré mal gré, finit par obéir. Tollak fit quelques pas sur le côté où il s'avachit de nouveau, non sans porter un regard rutilant de curiosité sur le midgardien. Celui-ci vit son démiurge faire volte-face dans sa direction avec l'index sur les lèvres, procédé pour lui faire comprendre de faire preuve de discrétion à compter de ce seuil. Ils entrèrent enfin, dans les entrailles d'une chambre pastellisée, dans laquelle flottait une fragrance lénifiante. Les deux nourrices inclinées sur un berceau se redressèrent et, front tourné vers le sol en signe de respect, s'écartèrent silencieusement pour laisser place au futur monarque qui revêtait subitement ses atours de parent. L'adonis fit signe au fils de Hrothgar d'approcher jusqu'à ce qu'il puisse distinguer, assoupie et entourée de quelques Nisse contemplatifs, une doucereuse perle.

« Cher mortel, j'aimerais que, de tes yeux, tu vois celle qui porte mon sang et celui de Dame Sif. Puisses-tu contempler la nouvelle génération royale d'Asgard dans ses beaux jours de bourgeon. Sois certain que de tous tes semblables, tu seras le seul et l'unique à la rencontrer sous sa forme pouponne. » Les terriens qui auraient l'opportunité de la voir n'étaient guère encore de ce monde, car s'écouleraient plusieurs siècles avant qu'elle ne devienne une déesse à part entière, et surtout, avant qu'elle n'ait l'agrément officiel de pérégriner sur les ramures d'Yggdrasil. Obviant ses orbes azurées sur le plus précieux de ses trésors dont il effleura la joue ronde, il reprit, une indicible risette de félicité ornant sa figure. « Thrud, premier enfant du Tonnerre, descendante de la lignée d'Odin et princesse du Royaume des Ases. »


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