lienlien
Rumeurs
- Var a tourné le dos à son roi. Il parait que la déesse des Pactes préfère aujourd'hui les grosses faveurs de Frey !

- On dit que depuis que Tyr a pris les fonctions de son frère aîné, personne n'aurait encore osé lui proposer un coup de main .

- A Tromsø, on hésite à dire si la petite Brynja est maudite ou chanceuse, car après avoir manqué de se faire brûler vive par un dragon, elle a manqué par deux fois la noyade, dont une durant les raids !



 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | .
 

 Having a soft heart in a cruel world is courage, not weakness. (Sigyn & Gersimi)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
déesse des richesses

ϟ MESSAGES : 540
ϟ INSCRIPTION : 14/12/2013
ϟ LOCALISATION : Vanaheim
ϟ HUMEUR : Combative



♛ RICHESSE ET BEAUTÉ ♛
Joyau de Vanaheim
Trésors des Vanes




If only you can be my forest love, and me your forest lass.





MessageSujet: Having a soft heart in a cruel world is courage, not weakness. (Sigyn & Gersimi)   Mar 10 Fév - 21:51

Having a soft heart in a cruel world is courage, not weakness.

«La Fidélité et les Richesses. »


Gersimi, ma sœur, sang de ma mère.
Je ne puis te faire parvenir quelque missive, quelque prose de ma main, car nulle personne en ces terres n'a ma confiance. Je n'ai guère besoin de la protection de quelque richesse, car mon plus précieux bien m'a été arraché. Or, tes conseils et ta sagesse apaiseront mon agonie, j'en suis sûre.
Si tu le peux, rejoins moi au confluent de la rivière qui borde la Forêt de l'Ours, en Midgard. Je t'y attendrai.


La déesse des richesses laissa tomber son ouvrage en entendant la voix de sa sœur résonner dans sa tête. Sigyn. Un court instant elle demeura les mains dans le vide, s’interrogeant sur la véracité des paroles qui étaient parvenus jusqu’à elle. Sigyn. Pauvre enfant, rejetée par sa propre mère. Pauvre épouse, souillée par les fautes de son mari. Pauvre mère, portant avec eux la honte et le déshonneur. Depuis son mariage Sigyn inspirait l’admiration mais également l’incompréhension pour aimer le dieu de la ruse. Elle avait essuyé les moqueries, les critiques et depuis l’enlèvement d’Idunn et l’exil de Loki, elle avait également essuyé les injures. Mais pire que tout elle avait été la cible d’un acte odieux, une attaque mesquine et lâche contre sa personne et ses enfants, Vali et Narvi mais aussi l’enfant à naître qu’elle portait en son sein. La colère avait envahi Gersimi lorsqu’elle avait appris l’évènement. N’importe quelle personne avec une once de bon sens savait pertinemment que jamais Sigyn n’était associée aux actes malicieux de Loki. Lui porter atteinte était incompréhensible. La petite déesse avait voulu courir auprès de son aînée mais cette dernière avait disparue. Les recherches s’étaient montrées infructueuses. Loki était le plus habile dissimulateur des dieux et s’il souhaitait cacher son épouse, nul ne pourrait la retrouver.

Ainsi donc le semeur de trouble avait choisi Midgard pour se dissimuler de l’attention divine. Il n’était pas le premier à le faire mais il avait déjà prouvé qu’il pouvait habilement cacher son frère et son épouse, le nouveau roi Thor et la reine Sif. Le trésor des Vanes n’hésita guère plus longtemps. Sa sœur l’appelait à l’aide, elle lui porterait secours. Otant sa robe de soie couleur mordorée, elle enfila des vêtements plus humbles et convenables pour une marche en forêt. D’un pas vif et résolu, elle prit le chemin du Bifröst. Le pont arc-en-ciel la mena en quelques instants sur la terre des hommes, à plusieurs pas de la Forêt de l’Ours. Ne souhaitant pas perdre davantage de temps, elle utilisa sa vélocité divine pour rejoindre le lieu du rendez-vous. Elle n’attendit guère longtemps avant de distinguer la frêle silhouette de sa sœur.

« Sigyn...» murmura-t-elle comme si elle ressentait le besoin de prononcer son nom pour la rendre réelle.

La petite déesse posa la main sur la joue pâle de la dévouée épouse et en caressant la peau froide.

« Tu sembles si épuisée ma tendre sœur. Ta place n’est pas dissimulée parmi les mortels sous un faux nom, sous un faux visage. Ta place est auprès de ta famille, de ceux qui t’aiment et qui ne te demanderont jamais de te cacher. Pourquoi Loki te fait-il subir tant de souffrances ? Hélas ton amour est trop grand ma douce sœur, il te rend aveugle. Admirable est ta force d’aimer, ton courage et ton espoir de toujours croire en lui. Mais si je ne doute pas de son amour, je doute de sa raison. Or nul autre que toi ne peux lui faire entendre raison. Relève le front Fidélité car ton nom n’est pas synonyme de vain sacrifice. En amour on donne mais on reçoit à part égale. Il est temps de réclamer ta part. »

Ainsi avait parlé la glorieuse fille de la mariée des Vanes, elle qui ne connaissait rien à l’amour entre un homme et une femme, elle qui n’avait jamais été liée à un homme par les liens sacrés du mariage. Que connais-tu de la fidélité, enfant ? Que sais-tu du fragile équilibre et de la secrète harmonie d’un couple ? As-tu jamais connu les promesses silencieuses et les serments invisibles échangés sans un mot par un homme et une femme ? Non tu ne sais rien. Mais pourtant tu parles. Elle pensait agir pour le mieux, avoir choisi les mots justes pour convaincre sa sœur, laissant son cœur s’exprimer avec sa maigre connaissance de l’amour et de l’union sacrée.

© Chieuze




you saw her beauty but not the iron underneath
Because she shone like a thousand pearls ✻ “You are a queen. You are a dragon. You are a warrior. You are a wolf. You are an enchantress. You are a bump in the night. You are a goddess. You are the last thing they see in the darkness. You are all of these things and more.”
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
déesse de la fidélité

ϟ MESSAGES : 1178
ϟ INSCRIPTION : 08/01/2014
ϟ LOCALISATION : Asgard, en secret.
ϟ HUMEUR : Funeste.



« together, we will live forever »


MessageSujet: Re: Having a soft heart in a cruel world is courage, not weakness. (Sigyn & Gersimi)   Mar 24 Fév - 3:47

Gersimi; à la fois tumulte et accalmie; s’il y avait eu trop peu d’interactions entre les demi-sœurs, liées par le sang de leur mère Freyja, au cours des dernières années, c’est vers elle que Sigyn se tournait alors que sa raison menaçait de la déserter. La justification de sa supplique n’était guère évidente, et elle-même ignorait ce qui l’avait poussée à faire appel à sa tempétueuse contrepartie – Nanna aurait été sans nul doute un choix plus logique. Or, Sigyn s’évertue depuis la naissance de la rouquine de la protéger, et non pas de lui faire subir ses malheurs. Gersimi, bien que reconnue pour sa tête brûlée, n’hésiterait pas non plus à lui venir en aide avec la douceur nécessaire, mais risquait bien moins de se voir transcendée par quelque émotivité déplacée.

Le froid mordant aurait dû lui arracher un frisson, mais il n’en était rien. L’hiver de Midgard n’était rien comparé aux neiges éternelles de Jötunheim, qu’elle avait brièvement rencontrées; et même les pics glacés de la lande des géants n’auraient guère su égaler le désert d’indolente froideur qui emplissait la poitrine de la déesse. Un vide si amorphe qu’il aurait pu l’engloutir toute entière. Certes les richesses de sa demi-sœur ne pouvaient guère l’aider, mais c’était plutôt l’opulence de ses conseils et de son soutien qu’elle recherchait. Elle ne se fit que peu attendre, la douce déesse au crin aussi somptueux que sa quintessence; dès qu’elle l’aperçut, Sigyn pressa le pas vers elle afin de la serrer doucement dans ses bras. Une étreinte emplie d’amour, mais également de désespoir. Les doigts hyalins de sa demi-sœur furent la seule chose qui la fit frissonner – pas le froid, mais bien la tendresse causait ainsi sa détresse. La Fidélité osa un sourire, qui ne se révéla que bien trop faible. Elle n’avait guère la force d’être joviale malgré que Gersimi ait accédé à sa requête.

Les paroles de la Vane étaient véridiques, dans un sens. Sigyn, la tête retournée par ces événements tragiques, qui se faisaient néanmoins de plus en plus distants, ne savait plus où poser ses priorités. Il semblait évident que la protection de ses fils était ce qui la tenait en vie. La guérison miraculeuse de sa plaie béante qui, bien qu’elle ne fut pas achevée, était due autant à sa résolution à assurer le bien-être des gémeaux qu’à ses capacités divines – quoi qu’on en dise, si les baumes de la sorcière apaisaient la douleur lancinante, ils ne faisaient guère se refermer la blessure. « Ma famille est ici, Gersimi », furent les premiers mots qui passèrent la bouche de l’aînée. « Vous avez mère; la seule personne qui ait eu besoin de moi est déjà grande. Nanna n’a plus besoin de moi. Et mes fils sont trop jeunes pour que je leur impose un retour à Asgard aussi vite. » Peut-être se mentait-elle; ils avaient été braves alors que leurs parents combattaient tant bien que mal ceux qui leur voulaient du mal. Mais pour Sigyn, ils seraient toujours ses petits; il était déjà suffisamment difficile de laisser partir Nanna, et d’envisager qu’elle n’aurait jamais la chance de protéger ce troisième enfant… qu’avant même qu’il n’ait inspiré pour la première fois, elle ait déjà failli à sa tâche.

« Loki a sa propre façon d’aimer, je te l’accorde, » fit-elle après un silence marqué. Cet amour singulier dont elle ne saurait guère se passer, mais qui laissait parfois le reste du royaume perplexe. « Mais il sait ce qui est le mieux pour moi, j’en suis sûre. Et pour nos fils. » La Fidélité inspira. « De quelle chose devrais-je le convaincre, dis-moi, Gersimi? Je me fie à son jugement pour me guider dans la pénombre comme dans la lumière. » Peut-être qu’elle s’appuyait un peu trop sur son époux; or, elle se fiait à ses capacités autant encéphales que magiques pour décider de ce qui était le mieux pour leur famille. Celle-ci était, après tout, tout ce qu’elle avait. « Crois-tu que je devrais agir autrement? Dis-moi, je t’en prie. » Elle n’avait pas appelé la déesse simplement pour se plaindre, après tout – elle recherchait sincèrement conseils et soutien afin de se sortir de ces méandres confus.

Code by Silver Lungs


do I dare disturb the universe
Qui ne sait pas que tous nos amours sont de la démence? Que tous nous laissent à la bouche la cuisante absinthe de la duperie? — Barbey d’Aurevilly.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
déesse des richesses

ϟ MESSAGES : 540
ϟ INSCRIPTION : 14/12/2013
ϟ LOCALISATION : Vanaheim
ϟ HUMEUR : Combative



♛ RICHESSE ET BEAUTÉ ♛
Joyau de Vanaheim
Trésors des Vanes




If only you can be my forest love, and me your forest lass.





MessageSujet: Re: Having a soft heart in a cruel world is courage, not weakness. (Sigyn & Gersimi)   Jeu 2 Avr - 19:40

Having a soft heart in a cruel world is courage, not weakness.

«La Fidélité et les Richesses. »


La protectrice des richesses ferma les yeux pour savourer pleinement l’étreinte que lui offrait sa sœur. Il y avait un charme particuliers dans les touchers de la Fidélité. Le vent glacé des prémices de l’hiver ressemblaient à une douce brise d’été dans ses bras. Tant de chaleur, de douceur, de tendresse et de grâce en la personne de Sigyn. Et de désespoir aussi, comme un appel à l’aide, une plainte silencieuse mais pourtant bien perceptible. Mais dans l’esprit de Gersimi sa sœur était déboussolée et il lui importait de lui rappeler certaines vérités.

« C’est nous ta famille. » lâcha-t-elle en réfrénant avec peine un grincement de dents.

La petite déesse brisa l’étreinte fraternelle en serrant sa mâchoire. Pourquoi fallait-il que ses aînées choisissent de suivre leur époux ases et renient leur famille de naissance ? Les liens du mariages prévalaient-ils réellement sur les liens du sang ? Elles étaient sœurs, elles avaient grandi dans le même ventre, élevées par la même mère. Les liens du sang n’étaient pas les plus puissants ? Le trésor des Vanes commençait à sérieusement douter des effets de l’amour qui lui semblait plus dévastateur et corrosif. Etait-ce donc cela l’amour chanter par les poètes ? Un sentiment qui supplantait tout autre lien, qui brisait toute autre forme d’aimer ?

« Loki et tes fils ne sont pas ton unique famille. N’oublie pas d’où tu viens. Nous aurons toujours besoin de toi car nous t’aimons, nul besoin de chercher une autre raison à ton retour. Vali et Narvi n’ont pas à revenir à Asgard, ils seront accueillis à Vanaheim avec la plus grande sympathie. »

Gersimi avait toujours éprouvé une profonde tendresse pour ses neveux. Sans doute car leur âge était proche, son attitude envers eux alternait entre la tante bienveillante et la camarade de jeux malicieuse. Mais elle était bien loin de pouvoir rivaliser avec la malice des jumeaux et elle était parfois la victime de leurs farces. Rien de bien méchant cependant mais elle était toujours aussi surprise qu’ils puissent la prendre pour cible, elle qui se croyait immunisée contre leurs jeux.

« Ton amour pour lui est si puissant Sigyn qu’il me fait peur. Comment peux-tu lui accorder une confiance si aveugle ? Ne vois-tu pas qu’il ne te laisse jamais le choix ? Loki décide pour toi et pour vos enfants. Ne le laisses pas être le seul maître de vos destinées. »

La déesse aux yeux pers observa son aînée avec fascination. Sigyn n’usurpait en rien son statut de déesse de la Fidélité. Loki ne pouvait avoir meilleure compagne et Gersimi espérait avec une rage silencieuse qu’il en était parfaitement conscient et qu’il lui rendait au moins la moitié de sa dévotion.

« Que veux-tu toi ? Du plus profond de ton cœur, désires-tu vraiment demeurer sur la terre des Hommes, dissimulant ton aura flamboyante pour toujours tandis que ton époux vaque à ses obscures occupations ? Acceptes-tu de ne jamais choisir rien d’autre que de le suivre ? Ne crois-tu pas avoir à parler toi aussi, à décider pour vous deux ce qui est le mieux à faire ? Rentre avec moi Sigyn, tu ne seras en sécurité et heureuse à Vanaheim. Reviens moi, reviens près de nous qui t’aimons. Je te dirais bien te partir sur le champs sans te retourner mais je n’écouterais là que mon propre cœur. A son retour parle-lui sans détour. Explique-lui ce que toi tu veux. Dialoguez. Argumentez chacun votre tour et décidez ensemble de ce qui est le mieux. Ne le laisses pas choisir pour toi. »

« Et reviens surtout. » pria-t-elle en son fort intérieur. Mais la Fidélité n’avait pas invoqué les Richesses pour entendre des remontrances et des impérieuses incitations à quitter son époux. Gersimi se devait de conseiller sa sœur et non lui exposer les raisons pour lesquelles Loki n’avait pas pleinement grâce à ses yeux. La Malice se reposait trop sur l’amour absolu de la Fidélité sans jamais douter. Du moins c’était le ressenti de la jeune déesse mais elle savait en réalité que l’esprit de Loki lui était totalement inconnu. Il n’y avait pas plus mystérieuses et incompréhensibles que les intentions du dieu. En revanche elle était certaine que Sigyn devait cesser de ne jamais s’interroger sur les choix de son époux. Il y avait une différence entre confiance et obéissance.


© Chieuze




you saw her beauty but not the iron underneath
Because she shone like a thousand pearls ✻ “You are a queen. You are a dragon. You are a warrior. You are a wolf. You are an enchantress. You are a bump in the night. You are a goddess. You are the last thing they see in the darkness. You are all of these things and more.”
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
déesse de la fidélité

ϟ MESSAGES : 1178
ϟ INSCRIPTION : 08/01/2014
ϟ LOCALISATION : Asgard, en secret.
ϟ HUMEUR : Funeste.



« together, we will live forever »


MessageSujet: Re: Having a soft heart in a cruel world is courage, not weakness. (Sigyn & Gersimi)   Ven 15 Mai - 4:47

Sa famille. Le simple fait que leur mère, la pourtant grande et adorée Freyja, conserve son nom dans ses plus noirs carnets faisait en sorte que Sigyn ne s’était jamais attardée à ce que ses demi-sœurs pouvaient penser d’elle. Certes, elles avaient une relation cordiale; avec Hrund aussi. Avec Lofn et Sjöfn également. Or, elle s’était toujours attardée à sa relation frigide et tempétueuse avec sa mère et Idunn, et à son amour indicible pour sa cadette.
Mais Gersimi avait raison; même si elles ne partageaient guère un père, elles n’en étaient pas moins des sœurs. Sigyn était si empêtrée dans sa propre vision de famille qu’elle n’avait jamais pris le temps de souder de véritables liens avec le reste de sa fratrie – jusqu’à maintenant. La déesse au crin de blé parlait de les rapatrier à Vanaheim; pour elle, ç’aurait sans nul doute été préférable. Sans doute sa mère s’y était-elle tapie, mais elle estimait qu’elle avait, désormais, plus d’ennemis que d’amis dans le Palais d’Or. Ébranlée par l’attentat, sans doute, mais elle ne savait plus à qui faire confiance sinon à celle qui se tenait devant elle et celles qui partageaient son rang de sœur. Même la silhouette d’Idunn aurait été réconfortante en cet instant. Aussi froide puisse être leur relation, elle avait su mettre de côté – temporairement, certes – leur mésentente lorsque son aînée avait été rapatriée à Asgard.
Si c’était parce qu’elle avait pitié ou parce qu’elle avait eu peur, elle ne saurait dire. Peut-être était-ce parce qu’elle se sentait coupable des agissements de Loki, même si elle n’avait rien à voir avec les stratagèmes qui fomentaient dans l’inaccessible esprit de la Malice.

« Je… » Elle ne savait que dire. Vali et Narvi seraient en meilleure compagnie à Asgard. Ils n’avaient jamais mis les pieds à Vanaheim. Accepteraient-ils de partir? Était-il préférable qu’ils restent tous à Midgard? « Je ne sais pas si Vanaheim est la destination idéale. » Elle avait terminé dans un soupir, baissant les yeux. Elle portait des haillons qui n’avaient rien des soieries d’une princesse et les grands cercles noirs qui couraient sous ses yeux ne faisaient qu’accentuer sa fatigue; sa détresse. « Je ne sais plus quoi faire. Je me sens coupable de me tourner vers toi – vers vous – alors que, de toute évidence, j’ai été une sœur ingrate pendant l’entièreté de ma pauvre existence. » Son regret était sincère, mais il y avait autre chose qui la retenait d’accepter avec entrain ce que Gersimi sous-entendait. Qu’est-ce Loki en penserait? Lui qui avait fait tant d’efforts pour les dissimuler à tous – même à Heimdall – afin d’assurer leur sécurité?
Comme si elle avait entendu ses pensées, la déesse des richesses avait repris, tentant de la convaincre. Ses arguments étaient là, même si sa mention de l’amour qu’elle jugeait effrayant fit rire doucement la Fidélité, qui releva brièvement les yeux. Malgré les remontrances, sa poitrine s’emplissait d’une chaleur diffuse à la simple mention du dieu. Avait-elle tort?

Elle ouvrit la bouche pour renchérir mais Gersimi la coupa. La blonde était terre-à-terre, réaliste – sage, même, sinon tempétueuse. Ce qu’elle désirait? Elle l’ignorait. Simplement vivre une vie tranquille, faire son devoir, veiller sur les Hommes. Peut-être était-ce pourquoi elle laissait à Loki une grande influence sur son existence – peut-être était-ce parce qu’elle avait confiance qu’il savait mieux. Si la déesse souhaitait que son aînée la suive sans un second regard, elle modéra ses propos par la suite, proposant un dialogue entre le couple. Sigyn ignorait combien de temps elle pourrait tenir tête à Loki, mais cela valait peut-être la peine de tenter. Un sourire s’afficha sur ses lèvres. « Ce n’est certainement pas de Mère dont tu tiens cette sagesse, ma sœur. » La brune passa une main tendre sur la chevelure dorée de sa cadette. « Qui sait si j’y arriverai, mais tu m’as convaincue. Midgard n’est guère inhospitalière, et les jumeaux semblent s’amuser – de vrais enfants, si seulement tu les voyais à travers les villageois… » Elle avait eu l’occasion de visiter le village le plus proche à quelques occasions et elle avait pu constater que Tromso était un endroit plus que décent.

Elle s’était dit convaincue, or, Sigyn hésitait toujours. Elle tenta néanmoins de dissimuler ses appréhensions derrière un voile d’enthousiasme à moitié feint. « Merci d’avoir répondu à mon appel, Gersimi. Cela me touche plus que je ne pourrais l’exprimer. »

Code by Silver Lungs


do I dare disturb the universe
Qui ne sait pas que tous nos amours sont de la démence? Que tous nous laissent à la bouche la cuisante absinthe de la duperie? — Barbey d’Aurevilly.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
déesse des richesses

ϟ MESSAGES : 540
ϟ INSCRIPTION : 14/12/2013
ϟ LOCALISATION : Vanaheim
ϟ HUMEUR : Combative



♛ RICHESSE ET BEAUTÉ ♛
Joyau de Vanaheim
Trésors des Vanes




If only you can be my forest love, and me your forest lass.





MessageSujet: Re: Having a soft heart in a cruel world is courage, not weakness. (Sigyn & Gersimi)   Ven 24 Juil - 14:32

Having a soft heart in a cruel world is courage, not weakness.

«La Fidélité et les Richesses. »


« Une ingrate ? » s’exclama avec surprise le joyau de Vanaheim. Il y avait bien des mots pour qualifier la Fidélité mais ingrate n’en faisait absolument pas partie. « Sigyn... » commença-t-elle avec douceur tout en prenant la main de son aînée. « Tu n’es nullement une ingrate. Tu as été un roc pour nous. Une mère de substitution pour Nanna, Hnoss et moi-même. Tu as été douce, bienveillante, encourageante et aimante alors que notre mère, quand bien même nous l’aimons car elle nous a porté en son sein, ne nous a montré que froideur et déception. Sans toi nous aurions été si mornes… Nous te devons tant. »

Mais Sigyn avait peut-être raison sur un point. Vanaheim pouvait ne pas être le lieu de refuge idéal. Aux yeux de Gersimi il n’y avait pas maison plus sûre et rassurante mais il n’en était pas de même pour tous. Malheureusement où qu’elle aille Sigyn serait toujours associée à son époux. Et les dieux n’étaient pas prompts au pardon pour les actes du Malicieux. Sur la terre des Hommes, le couple et leurs enfants avaient le droit à un nouveau départ. Bien loin du faste et du confort de la cité dorée mais libérés du poids des jugements, des regards emplis de reproches et des murmures houleux. Les jumeaux pouvaient agir librement et connaître une certaine insouciance, bien plus qu’il ne leur serait permis sur les autres branches d’Yggdrasil. C’était peut-être le mieux pour eux. Nul ne pourrait à nouveau lever la main sur eux pour les faire expier d’un crime dont ils n’étaient en réalité que les victimes.

Oui c’était au final une solution valable. Mais la place des dieux était-elle réellement sur la terre des hommes ? Il était difficile pour Gersimi de voir sa sœur habillée si modestement, elle qui ne méritait à ses yeux que de porter les soieries les plus fines et les bijoux les raffinés. Le doré lui allait parfaitement, mettant en valeur ses grands yeux sombres mais le vert lui convenait également à merveille et le noir lui donnait un air magnifiquement tragique. Lorsqu’elle était enfant, elle adorait observer sa garde-robe, laissant glisser ses mains sur les fins tissus brodés, essayant avec délicatesse ses couronnes et ses bijoux. Les bagues étaient toujours trop grandes, de même que les bracelets aussi elle tenaient ses bras relevés par peur de les voir glisser ce qui lui donnait une allure totalement loufoque. Mère ne la laissait jamais essayé ses bijoux, tout juste si elle était autorisée à venir dans sa chambre. Midgard était un refuge mais cela ne pouvait être une solution durable. Un havre de paix éphémère tout au plus.

Sigyn sourit et passa une main dans les cheveux de sa cadette en louant sa sagesse qu’elle ne tenait certainement pas de leur mère. Freya était-elle sage ? Peut-être mais en tout cas elle n’avait jamais prouvé qu’elle pouvait être de bon conseil. L’Amour n’écoutait que son cœur et son intime conviction, faisant fi des autres avis et demandes de dialogue. Gersimi se souvenait encore trop bien des discussions houleuses entre ses parents, les rares fois où ils s’adressaient encore la parole. Le compromis n’existait pas pour la première des valkyries. La petite déesse ne préféra pas s’aventurer sur ce terrain glissant que celui de Freya. Elle préféra se concentrer sur ses neveux.

« Ho je les imagine aisément. C’est étonnant à quel point ils grandissent vite, même pour des dieux. En cela nous sommes finalement proche des hommes, l’enfance est toujours si fugace. »

La Fidélité la remercia pour sa venue et ses conseils ce à quoi elle répondit : « Tu as été si présente pour moi au cours de ses longues années, ce n’est qu’une maigre contribution que je t’apporte en retour. »

Le petit trésor n’était pas dupe pour autant. Ce n’était pas une seule conversation qui mettrait fin à des années de confiance aveugle de sa sœur envers Loki. Et peut-être après tout ne pouvait-elle rien changer. L’Amour existait sous tant de formes variées et aucune n’était en réalité plus légitime qu’une autre.

« Prend ton temps ma très chère sœur. Les vents de la tempête ne sont pas encore tout à fait calmés. Mais un jour ou l’autre il te faudra revenir et je serais là pour t’accueillir. »


© Chieuze




you saw her beauty but not the iron underneath
Because she shone like a thousand pearls ✻ “You are a queen. You are a dragon. You are a warrior. You are a wolf. You are an enchantress. You are a bump in the night. You are a goddess. You are the last thing they see in the darkness. You are all of these things and more.”
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: Having a soft heart in a cruel world is courage, not weakness. (Sigyn & Gersimi)   

Revenir en haut Aller en bas
 

Having a soft heart in a cruel world is courage, not weakness. (Sigyn & Gersimi)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» [5.0] Heart of the World :Patch Note
» [5.0] Heart of the World : Transfert de compte.
» [Bit TV] RETRO GAME TEST Alex Kidd in Miracle World.
» [Bit TV] RETRO GAME TEST Super Mario World.
» World Eaters

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
war of the gods :: Neuf royaumes :: Midgard :: les alentours du village :: la forêt de l'ours-