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Rumeurs
- Var a tourné le dos à son roi. Il parait que la déesse des Pactes préfère aujourd'hui les grosses faveurs de Frey !

- On dit que depuis que Tyr a pris les fonctions de son frère aîné, personne n'aurait encore osé lui proposer un coup de main .

- A Tromsø, on hésite à dire si la petite Brynja est maudite ou chanceuse, car après avoir manqué de se faire brûler vive par un dragon, elle a manqué par deux fois la noyade, dont une durant les raids !



 
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 In the eye of the storm

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déesse des tempêtes

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MessageSujet: In the eye of the storm    Jeu 26 Fév - 11:39

In the eye of the storm
AEGIR & RAN

L’œil vif et sombre, la Tempête ruminait, tentant vainement de ravaler l'orage qui grondait en elle. Sif avait pris congé de sa grand-mère depuis quelques heures à peine laissant l'antique déité assaillie par des émotions aussi troublantes que paradoxales. Le gouffre qui les séparait depuis des siècles semblait doucement se résorber mais il faudrait encore bien des efforts pour réunir enfin le clan de la mer. En présence de Thrud, son aïeule s'était sentie curieusement chamboulée. Une nouvelle génération s'ajoutait à leur famille, rendant la matriarche plus vieille qu'elle ne l'admettrait jamais. Le temps était bien peu de chose lorsque vous aviez l'éternité devant vous mais après sept millénaires à errer sur Yggdrasil il prenait une saveur particulière, plus amère que de coutume. Émue par la visite de la chair de sa chair depuis longtemps éloignée de la mer ; amère face au temps qui défilait devant ses yeux sans qu'elle ne puisse l'arrêter. Elle ne savait quel sentiment allait finalement l'emporter. Et si c'était cette colère sourde qui grondait, comme d'accoutumée ? La raison de son courroux, elle l'aimait depuis plus de six mille ans mais ce jour-là l'envie de l'étriper de ses mains la tiraillait. Aegir absent et c'était tout le palais qui perdait de son éclat. Elle avait tenté de de garder contenance devant sa petite-fille mais elle n'était pas dupe. Depuis leur retour d'Asgard, l'Océan brillait par son absence. Il quittait le palais dès l'aube naissante pour ne revenir qu'au crépuscule évanescent. Chaque habitant de la demeure subaquatique se complaisait dans la solitude ces dernières semaines, Ràn la première. Mais cette situation ne pouvait durer. Elle avait tenté à plusieurs reprises de raisonner son époux mais elle se heurtait bien souvent à un mur infranchissable. Il était temps de le détruire. Aegir ne put accueillir Sif lui-même, il laissa la Tempête affronter seule ses démons les plus terrifiants. C'était aux yeux de la déesse un manquement impardonnable. Il l'avait abandonnée à la merci de ses plus grandes angoisses, elle qui d'ordinaire balayait la peur d'un revers de main. Elle n'ignorait pas les raisons de ces errements quotidiens, lui aussi fuyait ses spectres. Une épouse dévouée lui aurait laissé le temps de panser ses blessures mais Ràn n'avait rien d'un modèle de dévotion. Égoïstement, elle lui en voulait.

Sa rage enflait à vue d’œil. Longtemps, elle avait cru Aegir à Vanaheim auprès de Frey. Mais elle avait finalement découvert où l'Océan se cachait. Aux côtés des mortels, il se fondait dans la masse cherchant du réconfort auprès des éphémères sur lesquels il était censé veiller. Jamais Ràn ne se serait abaissé à un tel acte, elle qui méprisait la race humaine au plus haut point. Lorsqu'elle se confondait avec eux c'était la plupart du temps dans un but bien précis, certainement pour panser de vieilles plaies. Elle valait mieux que cela. Son époux aussi. Elle fixait la mer d'un œil noir, un rictus peint sur ses lèvres. Tout semblait calme, les marins se prélassaient sur leurs esquifs sans s'inquiéter de quoique ce soit. Ils ignoraient tout de la tempête qui les menaçait. L'Océan devait rentrer parmi les siens, son comportement devenait intolérable aux yeux de sa volcanique compagne qui n'hésiterait pas à noyer chacun de ses nouveaux camarades pour le lui faire comprendre. Les vagues commencèrent à s'agiter, créant une couronne d'écumes encerclant l'embarcation malmenée. Les mortels s'agitaient cherchant à sauver leurs biens et leur vie de la tempête qui grondait. Ils imploraient les déités marines sans savoir que l'Océan se trouvait parmi eux. Ràn attendait sa réaction avec impatience. Allait-il sauver ses compagnons d'infortune des griffes de son épouse ou allait-il enfin se décider à la rejoindre ? Le ciel s’obscurcissait à vue d’œil tandis que les vagues devenaient de plus en plus menaçantes. Un marin finit par succomber, un malheureux manchot qui tentait vainement de retirer les voiles qui restèrent donc bien en place, faisant désormais plus de mal que de bien. Le temps était compté avant que l'esquif ne cède sous les assauts meurtriers de la Tempête. Son regard avide lançait des éclairs, elle ne leur laisserait aucun répit tant qu'Aegir ne réapparaîtrait pas. La surface saline se colora bientôt de pourpre, vestiges des cadavres ensanglantés qui déjà rejoignaient les profondeurs. Dans sa rage meurtrière, la déité ne percevait plus la crinière argenté de son bien-aimé. Elle ne distinguait plus rien à vrai dire en dehors de sa colère dévorante. Il reviendrait. De gré ou de force, il reviendrait.


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MessageSujet: Re: In the eye of the storm    Ven 27 Fév - 19:43


Après le vacarme assourdissant des champs de bataille, le calme et le silence qui règnent dans les couloirs du palais sous les flots, sonnent comme la plus discordante des symphonies. La plaie ouverte barrant son cœur ne pourrait se refermer s’il restait confiné dans un tel lieu. L’habitude était venue d’elle-même, pernicieuse et enivrante pour se glisser dans l’âme de l’Océan. Et aujourd’hui, ce n’est pas dans le luxe opulent de sa demeure qu’Aegir s’éveille. Mais dans la sobriété d’une demeure de bois, sombre et dépourvue du moindre artifice. Si son besoin pressant de solitude l’a toujours conduit sur les sentiers de sa demeure dès le déclin de Sol, il n’a pas eu le cœur à y revenir cette nuit-là. Il a troqué la splendeur des tissus et des joyaux dont il se pare, abandonnant son statut de divinité pour s’affubler de vêtements grossiers. Le port altier de l’Océan perd de sa superbe à mesure qu’il se fraye un chemin au-dehors de la bâtisse, il courbe l’échine, ses épaules se voutent et sa taille imposante n’est plus qu’un murmure. L’argent de sa chevelure, vagues légères lui léchant d’ordinaire les reins, se retrouve contenu dans une tresse toute aussi grossière que le reste de sa tenue. Aegir l’Etincelant se perd dans la grisaille d’une vie mortelle. Il n’a jamais manifesté la moindre animosité à leur égard. Sa bienveillance le poussant à faire preuve d’un certain attachement envers ceux qu’il se devait de protéger. Il s’oublie dans cette errance qui est la sienne depuis la fin du conflit. Il s’oublie pour mieux ignorer la douleur qui le ronge. Il se complait à se convaincre. A se dire que cet égarement n’est uniquement dû au souvenir de sa première vague. Qu’Angeya est la seule qu’il pleure. La réalité en est toute autre et c’est cela qui l’effraye le plus. Les sentiments, quels qui soient l’ont toujours mis mal à l’aise. Tout aussi bien capable de faire preuve d’une tendresse étouffante comme d’une colère assassine, Aegir s’obstine à brider ses passions. A rester sourd aux appels de ses instincts.

L’Océan, perdu au milieu des pêcheurs. Il était normal qu’il aille s’égarer sur les rivages de Kvaløya et qu’en cette aube brumeuse, il se mêle aux marins et sillonne ces eaux qu’il contrôle. Le calme ne lui a toujours inspiré que méfiance. Et lorsque ses camarades s’attèlent déjà à leur tâche, Aegir, lui, pose son regard sur l’écume léchant le navire. Ce n’est d’abord qu’un infime froncement de sourcil, un tressaillement sur la surface lisse de son visage. Il connait ses vagues, sait les reconnaître dès les prémices de leur venue. Et la tempête qui s’annonce ne peut être le fruit que d’une seule. Le calme impérieux de l’Océan bouillonne dans ses veines, se rue contre sa chair lorsque les éléments se déchaînent enfin et que les prières abondent. Il ne fera rien. Sous peine de se trahir, il préfère adopter une attitude qui se veut similaire à celle des marins apeurés. Mais lorsque les flots déchaînés se parent d’écarlate, le bleu glacé des prunelles du dieu change de teinte. Vire à l’orage. L’esquif succombe sous les assauts de l’océan en furie dans un craquement sourd, engloutissant tout son équipage. C’est dans un coup menaçant de tonnerre qu’Aegir reprend possession de sa demeure et qu’il franchit à grandes enjambées les couloirs du palais pour rejoindre son épouse. Trempé, une estampille pourpre lui barre la joue. « - Cesse immédiatement cette folie. » L’Océan n’a nul besoin de hausser le ton pour que sa voix devienne de fer et résonne dans toute la pièce. La colère le caresse, mais il n’en laisse rien paraître. Il s’avance de quelques pas en direction de sa tempétueuse épouse, se redresse de toute sa hauteur sans pour autant abandonner la noirceur du regard qu’elle lui lance. « - Tu as toute mon attention… » Il sait, que cette tempête n’est qu’un rappel à l’ordre. Une menace pour le contraindre à abandonner sa douloureuse retraite. Et l’idée que des vies innocentes se retrouvent condamnées par sa faute laisse un arrière-goût de souffre sur sa langue. Aegir est un guerrier, cette évidence n’est plus à nier, mais les morts hors des champs de bataille l’insupportent et le brisent. Il pourrait faire taire l’orage et apaiser la marée d’un simple geste de la main. Ordonner aux vagues de retourner dans leur lit sans prononcer un mot mais il n’en fera rien. Il a conscience que cela représenterait un affront de plus aux yeux de Ràn. Alors Aegir reste immobile, impassible, sourd aux prières de ceux qui se sont échoués sur les rivages détrempés. Et la douleur de cette ignorance vient peu à peu tirer ses traits.


Hail, Lord of the Sea-Foam, host of Aegirheim, Husband of the Robber-Queen, Father of the Nine Waves. May you forgive our carelessness with the great cold kingdom that is your realm.
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MessageSujet: Re: In the eye of the storm    Jeu 12 Mar - 22:35

In the eye of the storm
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Les mâchoires serrées et l’œil noir et aiguisé, elle observait son œuvre, totalement impassible. Elle n'avait nullement l'intention de reculer. Tandis que les vagues se faisaient plus dures et meurtrières à chaque assaut, son courroux enflait à vue d’œil. D'ordinaire ces accès de rage lui permettaient de retrouver un semblant de sérénité mais à présent rien n'y faisait. Tandis que la mer se déchaînait, sa rage la consumait. Elle ne ressentait aucun scrupule, aucun remord à voler injustement la vie de ces innocents. Elle l'avait déjà fait tant et tant de fois. Cela était devenu un rituel à ses yeux. Ses colères légendaires ne trouvaient écho que dans la violence de ses tempêtes. Mais celle-ci se devait d'être mémorable car elle devait rappeler à ses côtés le moins impressionnable des dieux. Les colères de Dame Tempête, il les pratiquait depuis si longtemps qu'il s’émouvait de plus en plus rarement. S'il calmait parfois ses ardeurs afin de sauver la vie de quelques innocents ou préserver sa propre tranquillité, ses interventions se faisaient de plus en plus rares. Or en ce jour il devait intervenir. C'était tout ce qu'elle cherchait. L'affrontement.

Un frisson parcourut son échine tandis qu'elle recevait les prières vaines des naufragés condamnés. Tandis qu'elle se complaisait devant cette vison de chaos, elle sentait ses forces lui revenir. Oubliées les faiblesses de la matinée, oubliés les tourments provoqués par la visite de Sif et de sa fille. Le Chaos était son élément et tandis qu'il prenait possession des flots, elle redevenait la plus terrible des furies, prête à affronter le responsable indirect de tout ceci. Elle ne l'entendit pas arriver immédiatement. Si elle se complaisait dans l'excès, il avait fait sien l'art de la discrétion. Lorsque l'ordre tomba, sec et sans appel, elle comprit cependant qu'elle avait réussi à ramener la brebis égarée au bercail. Mais celle-ci semblait s'être changée en loup menaçant. Il en fallait cependant davantage pour impressionner la Tempête qui n'avait nullement envie d'obéir. Continuant de tourner le dos à son époux, elle admirait toujours son œuvre, l’œil brillant de colère et d'excitation. Les derniers restes du navire se fracassaient contre les vagues meurtrières qui avaient emporté la totalité de l'équipage. Elle s'attacherait à ce qu'aucun homme ne survive à ce naufrage. Qu'ils périssent tous jusqu'au désert glacé de Helheim ! Aegir rompit de nouveau le silence qu'elle lui imposait volontairement et sa dernière tirade manqua presque d'étouffer sa terrible épouse. Elle avait donc toute son attention ! Étrange, elle n'en avait pas vraiment eu l'impression ces derniers jours.

Elle se tourna vers lui avec une désinvolture proche du dédain, un sourire sarcastique étirant ses lèvres tandis qu'il la fixait de toute sa hauteur. Elle remarqua vite l'estafilade qui venait à ternir ce si beau visage, mais elle n'en fit pas grand cas. Voilà tout ce qu'il méritait. Au même rythme que lui, elle se rapprocha également, aussi droite que possible, les traits figés par la colère excepté ce sourire sardonique qui ne la quittait plus. « Je mérite donc désormais toute ton attention ? Quelle veinarde, je fais ! » lança-t-elle alors avec une ironie qu'elle ne souhaitait même pas masquer. Un rire acerbe s'échappa de sa gorge tandis qu'elle dévisageait la victime de son courroux avec un regard plus noir que jamais. Il serait sans doute ardu pour l'Océan de ramener sa tempétueuse moitié à la raison mais il y était évidemment habitué. La dureté de son ton ainsi que la noirceur de son regard courroucé n'avaient nullement échappé à Ràn mais elle n'avait aucune envie de reculer. Qu'il se mette en colère s'il le souhaitait, peu lui importait, elle en avait vu d'autre. Et elle était prête à essuyer toutes les tempêtes tant qu'elle pouvait emporter la bataille. « Visiblement, les tiens ne méritaient pas tant d'égards quelques heures plus tôt. Mais tes nouveaux camarades ont finalement touché le fond et voilà que nous regagnons quelque intérêt à tes yeux. Nous voilà bénis ! » Elle crachait son venin avec une véhémence inouïe, plus froide qu'Utgard elle-même. La glace qui l'avait forgée devenait flamme dans sa bouche tandis qu'elle assaillait son époux de reproches égoïstes. « Je ne sais qui est ce couard qui fuit son foyer mais ce n'est certainement pas l'homme que j'ai épousé. Il est temps de reprendre ta place Aegir. Et elle n'est certainement pas sur une misérable barque entouré de mortels insignifiants. » La sentence était sévère mais elle la savait vraie. Il ne pouvait fuir éternellement ce palais qui tombait à l'abandon sans lui. La matriarche régnait sur le monde maritime avec autant d'ardeur que possible et elle gérait les affaires souveraines avec autant de dévouement. Ils représentaient tous deux une entité indissociable qui faisait la force l'océan. Il était naïf et imprudent de croire que Ràn n'était qu'une faire-valoir comme tant d'autres épouses sur Asgard. Elle avait passé sa vie à prouver le contraire et s'en était plutôt bien tirée. Mais la tempérance et la force d'Aegir étaient de nécessité absolue pour que ce palais survive et cela faisait beaucoup trop défaut ces derniers temps. Les bras croisés sur sa poitrine, elle le fixait avec un regard dur et sévère. Peu importe ce qu'il lui en coûterait, elle le ramènerait.


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MessageSujet: Re: In the eye of the storm    Mar 17 Mar - 19:40


La surprise que son entrée provoque chez son épouse brille dans les pupilles de l’Océan. C’est un changement fugace dans l’éclat bleuté de ses prunelles avant que le sérieux et la colère ne reviennent prendre leur droit. Le dédain que la Tempête lui offre fait courir d’infimes frissons le long de l’échine du Dieu. Ce qu’il peut lire sur ces traits familiers le blesse presque autant que le mal qu’il a pu faire à Ràn. Au fond de lui, il sait, que sa colère est amplement justifiée, mais Aegir ne parvient pas à trouver une quelconque justesse à ce déchaînement. La démesure a pourtant toujours fait partie de leur existence. Si aujourd’hui l’Océan se complait dans une existence juste et sage, il n’en a pas toujours était ainsi. Les yeux ancrés à ceux de son épouse, Aegir ne bouge pas. Il reste digne, plus immobile et droit qu’un rocher en pleine tempête. En cet instant, ils jouent sur le même tableau. Elle comme lui. La colère les ronge, pour des raisons certes différentes, mais le résultat reste le même. Il s’insurge, s’indigne devant la futilité de ce comportement et des conséquences désastreuses qu’il est en train d’avoir. Et l’ironie qui vient l’accabler pousse le dieu à serrer la mâchoire. Il se fait violence pour ne pas céder à l’élan de rage pure qui vient se fracasser contre son cœur au même titre que les flots déchaînés. Aegir est connu pour son calme et sa capacité à apaiser les esprits. Mais il reste avant tout un être aussi changeant que l’élément qu’il contrôle. Et avec la plaie ouverte qui continu de lui dévorer le cœur, ses nerfs se retrouvent bien plus à fleur de peau que d’ordinaire. Il se retient néanmoins, de s’engager sur la même voix que son épouse.

« - Ne prend pas ce ton là avec moi. Et épargne moi tes sarcasmes, tu perds ton temps. » Lâche-t-il enfin. Sa voix aussi grave que les échos des vagues. Elle se brise contre les murs de la pièce et fait trembler l’air vicié qui s’étend au-dessus de leur tête. Il n’appelle pas à la discussion et n’a aucunement l’intention d’offrir à son épouse le plaisir de se jeter dans la bataille qu’elle a démarré. S’il affectionne l’effusion des champs de bataille, les ravages de la dernière guerre se lisent encore sur son visage. Et un conflit sous son propre toit serait de trop pour lui. C’est pour cette raison qu’il s’est efforcé de fuir son propre palais. Afin d’apaiser ses maux et de retrouver cette paix qui lui fait tant défaut. « - Je n’ai jamais délaissé ma place, et tu le sais parfaitement. Mes blessures ne peuvent se cicatriser en un seul battement de cils et ce lieu n’aide en rien la guérison. » Il lève la main, solennel, et désigne d‘un geste évasif la pièce dans laquelle ils se tiennent. Et par extension, c’est tout le palais aquatique qu’il couvre par ce simple geste. Ses prunelles abandonnent la noirceur de celles de Ràn, se réfugient à demi derrière la barrière de ses cils. La glace de son timbre fond. Elle se pare d’éclats amers et du vibrato typique de la peine. « - Tu partages mes maux, toi plus que personne est à même de comprendre. » Le murmure flotte au-dessus d’eux et l’Océan repose son regard sur sa tempétueuse épouse. Un froncement de sourcils vient perturber le visage d’Aegir. Il se perd dans le silence, se renferme dans les méandres de son propre monde. Le tiraillement qui sévit sous sa peau le laisse perplexe. Contrairement à son épouse, les mortels ont toujours occupés une place importante pour lui. Insignifiants… Sans cette insignifiance, ni lui, ni Ràn, ni tous les autres dieux ne serait là. Sans ces mortels pour croire en eux, que seraient-ils ? Il ravale ses questionnements et abandonne la retraire silencieuse dans laquelle il s’est enfermé.

« - Tu n’as nullement besoin de teinter les flots d’écarlate pour attirer mon attention. Ta colère est juste, mais tu la déverses sur les mauvaises personnes. » Et il lui en veut pour cela. Ils ont connu tant de douleur. Tant de peine, dont certaine perdure encore. Alors l’Océan perd de sa droiture. Il abandonne l’air austère venu se poser sur ses traits, et se retrouve soudain rattrapé par le poids des millénaires qui pèsent sur ses épaules. « - Ràn, je te le redemande, cesse tout ceci… » Cette nouvelle supplique n’est qu’un bref soupir. Et à la parole, il joint le geste. Brise la distance entre eux et laisse le dos de sa main venir caresser la joue de son épouse avec une tendresse infinie. « - Ce n’est qu’un homme que tu as épousé, tu as toi-même la réponse. J’en possède les faiblesses et les déraisons, mais ma place reste à tes côtés. J’ignore comment tu peux encore en douter. » La colère s’échappe peu à peu de son timbre, abandonne les reflets gris de ses pupilles pour leur redonner un peu de chaleur. Aegir renoue avec le calme tendre qui est le sien. En surface, car sous la peau, son cœur distille dans ses veines les remous de la fureur. Il s’oblige à se montrer raisonnable, à ne pas s’engager sur la voie de la destruction. Il s’oblige à le faire, mais il redoute que Ràn ne l’entende pas de cette oreille. Et il redoute de voir perdurer la tempête. Il redoute d’accueillir de nouvelles âmes dans les abysses de sa demeure, et cette possibilité le fait frissonner. A moins que cela ne soit dû au contact de la peau veloutée de son épouse contre ses doigts.


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MessageSujet: Re: In the eye of the storm    Lun 6 Avr - 18:52

In the eye of the storm
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Bien plus qu'une tempête c'était un cataclysme qui dévastait à présent son esprit. Elle aurait souhaité qu'il n'en soit pas ainsi. De tout son cœur, elle l'aurait voulu. Mais taire sa colère et sa douleur pour apaiser et comprendre celle d'autrui n'avait jamais été dans ses cordes, qu'en bien même il s'agisse de son mari. Elle n'était que démesure et plus rien ne la changerait désormais. Libérée du poids terrible de l'Ignorance concernant le sort de son aînée, apaisée par cet avenir prometteur aux côtés des descendantes d'Angeya, elle n'en restait pas moins la même. La terrible et excessive Dame Tempête qui ne se complaisait que dans le Chaos le plus total. Et malgré ce qu'elle pouvait laisser entendre, rien n'avait changé. Sa rencontre avec Sif le lui avait douloureusement rappelé. Malgré tous ses efforts le mal lancinant qui hurlait au fond de sa poitrine ne s 'effacerait jamais. Comme depuis quinze siècles, il se ferait plus doux par instants pour revenir plus pernicieux que jamais. L'absence d'Aegir qu'elle continuait de vivre comme un lâche abandon avait été la preuve de plus, s'il en fallait une, qu'il était encore trop tôt pour panser cette plaie à peine rouverte. Ràn saignait encore et plutôt que de s'effondrer préférait suivre sa propre voie de guérison. La plus destructrice d'entre toutes. La seule qu'elle connaissait. Sa favorite. La colère.

Les remarques acides d'Aegir ne firent que déchaîner encore davantage les éléments bouillonnants dans l'esprit de son épouse. Elle détestait par dessus tout se voir rabrouer comme une enfant, chose qu'elle se plaisait pourtant régulièrement à faire subir aux autres. Mais l'orgueilleuse déité ne supportait pas qu'on lui fasse subir le même sort. L'orage qui agitait ses prunelles ne fit donc que s'intensifier. Mais plus insupportable encore que le blâme de son époux, ce fut le reste de sa manœuvre qui agaça Ràn. Elle ne se sentait plus simplement attaquée. Elle se sentait vulnérable. Guerrière dans l'âme, elle ne craignait pas les attaques auxquelles elle répondait toujours avec force (et bien peu de tact). Mais si l'une d'entre elles venait à la placer dans une position de faiblesse, elle devenait plus féroce que jamais. Aegir la poussait dans ses retranchements, tentant vainement de lui faire prendre conscience du ridicule de ses agissements. Lorsqu'il lui intima de mettre un terme à ses élans destructeurs, elle ne put que lui répondre par un bref rire ironique. « Si cela était aussi simple. » En vérité, elle n'avait aucune envie de se plier à sa volonté. Elle n'était prête à faire aucun effort. Elle ne voulait pas le laisser emporter la bataille. Pas lorsqu'elle savait sa colère légitime. Excessive, certes. Mais indéniablement justifiée. Parfaitement hermétique à la propre souffrance de son époux, elle refusait catégoriquement de céder à ses tentatives d'apaisement. Aussi lorsqu'il s'avança vers elle pour caresser son visage du bout des doigts, elle eut un geste de recul. Elle refusait pour le moment tout contact physique, plus froide que la glace de son royaume d'origine elle ne voulait pas être touchée par cet homme qui savait si bien la calmer d'une simple caresse. Elle était glace et feu bouillonnant à la fois et elle se plaisait dans ce paradoxe qui lui était si caractéristique. Les mots tendres qui suivirent ce geste d'affection broyèrent le cœur déjà fragilisé de la Tempête. Bien sûr que sa place était encore à ses côtés. Et jusqu'à présent, elle n'en avait jamais douté. En cet instant ce n'était d'ailleurs pas un véritable doute qui l'assaillait. Mais le sentiment d'abandon qu'elle avait ressenti à l'arrivée de Sif ne parvenait pas à s'estomper. Elle voulait de tout son cœur accéder au désir silencieux de son époux et mettre un terme expéditif à cette sombre dispute. Mais comme toujours en matière de conflits, elle en était incapable.

« Nous avons eu de la visite durent ton absence. » lâcha-t-elle plus abrupte que jamais. « Je connais mieux que quiconque les raisons de ton odieuse fuite. Je sais aussi à quel point ce lieu, aussi étincelant soit-il, peut être oppressant lorsque le souvenir de notre fille vient le hanter. » Elle s'arrêta un instant pour accrocher plus encore les prunelles de son époux. Elle voulait qu'il puisse deviner chacune de ses pensées, qu'il puisse déchiffrer chacun de ses traits figés dans un masque sévère pourtant fissuré par cette souffrance permanente dont elle peinait à s'accoutumer. « Alors tu comprendras aisément que je ne peux supporter l'idée d'affronter seule notre petite-fille venue présenter sa propre descendance. Pourtant tu m'y as contrainte bien malgré moi. » Son ton était amer et le sourire sardonique qu'elle adressa à l'Océan ne trompait personne. Il l'avait abandonnée. Peu importait les circonstances, peu importait ses excuses. Il l'avait laissée en arrière affronter des spectres qui la hantaient continuellement. Aegir n'avait fait que ce que chacun en cette demeure tentait vainement de faire. Il avait voulu panser ses plaies loin du palais subaquatique. Aucune personne suffisamment compréhensive ne pouvait lui en vouloir. Mais son épouse n'était pas de ceux-là. Aveuglée par sa propre peine et enfermée dans sa prison d'égoïsme, elle refusait de jeter l'éponge. « En ce jour, tu as fui ton foyer. Tu nous as abandonnés, Aegir. » Enfin, le mot était lâché, dur et terriblement lourd de conséquences. Sans doute la Tempête regretterait-elle un jour la dureté de ses paroles mais en cet instant ce mot hantait beaucoup trop son esprit pour qu'elle le taise plus longtemps. « Tu m'as abandonnée. Et cela, je ne puis l'accepter. »


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MessageSujet: Re: In the eye of the storm    Mer 15 Avr - 19:54


Elle le repousse, et l’affront se pare sur les lippes du dieu. Il n’en attend pas moins d’un être aussi imprévisible que son épouse. Il sait l’impact que peut avoir un tel geste sur elle. Il sait, que la tempête qui sévit au-dehors et derrière les prunelles sombres ne se calmera pas avec une simple caresse. Aegir retire ses doigts, comme si la peau de la déesse venait de les lui brûler. La main reste suspendue un instant au-dessus du vide, puis vient se reposer près de son flanc. La contrariété venue se poser sur ses traits se renforce un peu plus. Marque son front de ce pli si caractérise des tourments qui le dévorent. De la visite ? La chose n’a rien de surprenante. Mais c’est bien la suite des paroles qui se frayent un chemin jusqu’à ses oreilles qui l’interpelle. Il ne sait pas comment prendre la nouvelle. Tiraillé entre une profonde joie et ce besoin latent d’ignorer l’annonce. L’Océan oscille entre un calme limpide et une tempête d’affection. « - Elle est venue ici ? » Les mots s’échappent difficilement de sa gorge serrée. Il sonde les pupilles de son épouse, espère qu’au fond, il se méprend. Qu’il n’a pas entendu ce qu’il pense avoir entendu. Un trouble certain est venu se poser sur les épaules d’Aegir. Il ne cherche pas à le cacher. Il ne pourrait pas le faire. Pas quand son cœur se serre avec tant de force. Pas quand il est question de sa propre chair. D’Angeya. Si Ràn use d’un ton acerbe et d’une froideur aussi glaciale que les flots de Midgard, l’Océan tempère ses paroles. Tente de conserver dans sa voix les échos chaleureux qui la caractérise d’ordinaire. « - Crois-tu vraiment que j’ai choisi de quitter ce lieu pour te laisser affronter seule la venue de Sif ? » Le prénom cisaille sa langue, fait trembler sa voix. Il recule d’un pas dans un raclement de gorge. Pose son regard sur le décor qui l’entoure avant de tourner le dos à son épouse pour s’enfermer dans ses propres pensées le temps de quelques battements de cœur. Le temps pour lui d’apposer sur son visage le masque d’impassibilité qui était en train d’en glisser.

« - Tu m’accuses comme si tout ceci était calculé. Et tu sais très bien que ce n’était pas le cas. » La blessure entaille sa peau. Celle sur sa joue n’était plus qu’un souvenir douloureux, mais une autre, plus profonde venait de s’ouvrir. Cachée sous la peau, il était le seul à la sentir et à en souffrir. « - Toutes les paroles du monde ne seront pas suffisantes pour apaiser tes doutes et ta fureur. Et promettre de ne pas quitter à nouveau ce lieu, n’est pas une chose que je puisse faire. » Tu as fui ton foyer… Plus que tout le reste, cette accusation sonne le glas de ses bonnes intentions. L’abandon. Un autre mot pour apposer sur son front l’étiquette acerbe du lâche. Les mâchoires se serrent, les traits se crispent. Sous les vêtements encore humide, la peau se parsème de frissons. Et l’orage au-dehors se suspend. La trêve est éphémère, les vagues se brisent contre les récifs pour mieux s’en retirer. L’océan se retire, s’apaise et dans un seul fracas, la houle revient se heurter contre le sable détrempé. Les vagues de la Tempête n’étaient qu’un avant-goût, un aperçu de la puissance du couple marin. L’Océan lui-même vient de prendre le relai. Il abandonne son calme, brisé dans les tréfonds de son être par des paroles qui l’indisposent et éveillent son courroux. Aegir fait subitement volte-face, rompt l’espace d’une infime enjambée. Sa main s’élance et s’arrête à quelques infimes centimètres de la gorge de son épouse. Il ne la touche pas, l’effleure à peine mais la menace est bien présente.

« - J’ai fui mon foyer ? Ma propre demeure ? Je suis celui qui est le plus à même de s’octroyer ce droit. De faire ce que bon me semble en ce lieu. Tu n’as en aucun cas le droit de me traiter de lâche. » Les graves enflent, la voix s’élève jusqu’à la voûte au-dessus de leurs têtes. Et en écho, le tonnerre gronde. Il n’a pas élevé la voix, jamais. Juste parer son timbre ces notes intimidantes, ajoutant à ses mots la hauteur de sa stature, il accable son épouse de cette colère sourde qui le dévore. Ses pupilles incendient les indécentes. Mais au milieu des flammes de l’emportement, vacille la lueur d’une tristesse qui jure avec ce que l’Océan renvoie en cet instant. L’assurance de ses phalanges s’estompe dans un soupir. Sa main tremble et enfin elle revient effleurer la peau laiteuse de la déesse. Les phalanges déposent des escarbilles de feu contre la gorge offerte, dessinent le relief des os saillants avant de reculer une fois de plus. Le geste est infime. A peine perceptible mais il est bien présent. Du bout des doigts, l’Océan ordonne aux flots de s’apaiser. « - L’abandon n’existe pas si la pensée d’un retour l’accompagne. » Il murmure dans un simple souffle, ses pupilles se dissimulant derrière le rempart de ses cils. Il s’en veut, pour avoir céder aussi aisément à la colère. De s’être laissé submerger par des mots venus marquer sa peau au fer rouge. Il en souffre encore, c’est une évidence pour qui sait regarder.


Hail, Lord of the Sea-Foam, host of Aegirheim, Husband of the Robber-Queen, Father of the Nine Waves. May you forgive our carelessness with the great cold kingdom that is your realm.
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