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Rumeurs
- Var a tourné le dos à son roi. Il parait que la déesse des Pactes préfère aujourd'hui les grosses faveurs de Frey !

- On dit que depuis que Tyr a pris les fonctions de son frère aîné, personne n'aurait encore osé lui proposer un coup de main .

- A Tromsø, on hésite à dire si la petite Brynja est maudite ou chanceuse, car après avoir manqué de se faire brûler vive par un dragon, elle a manqué par deux fois la noyade, dont une durant les raids !



 
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 Yours is an empty hope

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viking - bondi

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ϟ LOCALISATION : Dans les ruines de Tromsø, elle fait de son mieux pour taire ses angoisses et venir en aide à ceux qui ont eu moins de chance qu'elle.
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« Having a soft heart in a cruel world is courage, not weakness. »



« She wasnt exactly sure when it happened. Or even when it started. All she knew for sure was that right here and now, she was falling hard and she could only pray that he was feeling the same way. »





MessageSujet: Yours is an empty hope   Lun 30 Mar - 6:30

Yours is an empty hope
MADS & BRYNJA

Louées soient les Nornes, les hommes étaient partis chasser. Louées soient-elles encore, Hagen faisait partie de l'excursion. Le jeune Jarl ayant quitté le village, Brynja s'était enfin autorisée à recommencer à respirer, et s'était également décidée à mettre un pied hors de la demeure d'Ivar, dans laquelle elle avait trouvé refuge dès le lendemain de la fête organisée dans celle du chef de Tromsø. Évitait-elle le guerrier ? Parfaitement, et c'était bien parce qu'elle le savait absent qu'elle était sortie de sa cachette. L'air était glacé, piquant, de petits flocons tombaient, et l'épaisse couche nuageuse à travers laquelle les rayons de Sól peinaient à percer était annonciatrice d'une tempête prochaine. Rien dont les villageois n'avaient pas l'habitude, en somme. Cet hiver ci ne serait guère plus doux que les précédents, une réalité à laquelle tous s'étaient faits – faute d'avoir le choix. Tout aussi appréciative qu'elle soit de la saison chaude, Brynja retrouvait dans l'hiver une beauté, une quiétude et une poésie dans lesquelles elle se reconnaissait. Aussi frigorifiée qu'elle puisse être, elle appréciait déambuler au milieu des bois enneigés, tout comme elle aimait s'asseoir sur le ponton du port pour rêvasser devant l'étendue marine gelée. Au cœur de l'hiver, tout était silencieux, engourdi, et cela lui correspondait à la perfection. Là où d'autres priaient Bertha de se montrer clémente avec eux et comptaient les lunes qui les séparaient de l'été, elle se complaisait parfaitement dans cet univers immaculé et froid. Elle n'était donc pas mécontente de pouvoir emplir ses poumons d'air frais, peu lui importaient les aiguilles gelées qui semblaient les percer à chaque inspiration. Le vent mordait ses joues déjà rougies par le froid, ses cheveux parsemés de tresses voletaient doucement devant son visage, et cela tandis qu'elle traversait les allées du village, presque désertes. Quand bien même il était tôt, de nombreux hommes s'étaient absentés pour aller à la chasse – la jeune femme espérait sincèrement qu'ils n'aient pas le malheur de devenir les proies du dragon, les mères gardaient leurs enfants à l'abri de la morsure parfois mortel du frimas, et le reste des habitants semblait s'être terré chez soi. À l'exception de quelques Skjaldmös qui s’entraînaient aux arts guerriers sur la plage, que Brynja admira quelques minutes, envieuse, avant de reprendre son chemin. Où allait-elle ? Elle-même n'en savait trop rien, elle avait simplement besoin de se dégourdir les jambes et de s'aérer l'esprit. Bien qu'attachée plus que de raison à Ivar et aux siens, elle reconnaissait bien volontiers que l'ambiance au sein de la demeure du pêcheur pouvait devenir pesante, tout particulièrement lorsque Eyvindr et Sindri se trouvaient à proximité l'un de l'autre.

Sa progression rêveuse au cœur de Tromsø reprise, la jeune femme sursauta lorsque, au détour de la demeure du Jarl, elle manqua de heurter de plein fouet un petit groupe de villageois, au milieu duquel elle reconnut l'un des membres du Thing, Eiríkr – un géant à la carrure massive et aux longs cheveux blond cendré. Une longue cicatrice barrait son visage, et ses yeux gris vous fixaient toujours avec une intensité à en faire pâlir même un dieu. Cependant, malgré son air pour le moins bourru, c'était un ours au cœur tendre. « Ah, Brynja ! Ma toute belle, tu tombes, eh... mal, plutôt mal, oui... » Il se gratta la barbe en faisant la moue ; la jeune femme fronça les sourcils. « Enfin non, c'est pas toi qui tombes mal, c'est... Disons que le moment est mal choisi, à ta place, je n'irais pas plus loin, la grande place est plutôt, hem... » Un vieux viking roula des yeux. « Sanglante. Ma chère, ce que notre bon Eiríkr essaie de te dire, c'est qu'une exécution vient d'avoir lieu. » « Par la barbe d'Odin ! Hallr ! » « Cessez donc tous de la traiter comme une gamine. C'est tout de même pas la vue d'un peu de sang qui va la faire tourner de l’œil. » Brynja échangea un regard avec Eiríkr ; tous deux s'accordèrent silencieusement pour dire que le vieillard faisait là preuve de beaucoup d'optimisme. Cependant, le pourquoi d'une exécution intéressait plus la jeune femme que l'éventualité d'un malaise, aussi interrogea-t-elle l'ancien du regard. « Bah, une sordide histoire de plus ! Gyda s'est rendue compte que cette pourriture de Steinn abusait de sa gamine... J'aime autant dire que ça a pas plu au Thing, qui a décidé qu'il était grand temps de le raccourcir d'une tête. » L'image était suffisamment claire et se passait de tout commentaire superflu. « Par Thor, j'ai bien cru qu'Hagen et Aldarik allaient se charger eux-mêmes de son sort ! Et je les comprends, on touche pas aux gosses. C'est indigne d'un homme, indigne des dieux. J'espère de tout mon cœur que l'enflure croupira dans les bas-fonds d'Helheim pour l'éternité ! » Brynja avait le cœur tendre, et savait pardonner bien des choses, mais ce genre d'atrocité n'en faisait certainement pas partie. Elle approuvait la décision du Thing de se débarrasser du scélérat, et ne pouvait qu'espérer que sa petite victime parviendrait à se remettre des abus endurés. « Enfin, tout cela pour dire que même si Mads a fait un travail propre, tu ferais mieux de passer ton chemin. » « Tu pourrais aller attendre notre bon Jarl dans son plumard, je suis sûr qu'il apprécierait de t'y retrouver en rentrant de chasse ! » L'intervention d'un troisième homme la fit rougir jusqu'aux racines de ses cheveux, si bien qu'elle rebroussa chemin promptement pour échapper à d'autres remarques du même genre. Elle eut toutefois le temps d'entendre Eiríkr rabrouer son compagnon, et le son caractéristique d'une bonne claque sur le crâne.

Quoique terriblement embarrassée, c'eut été mal connaître Brynja que de croire qu'elle allait sagement s'en retourner chez Ivar. Au lieu de cela, elle disparut derrière une petite chaumière et attendit que les vikings ne passent leur chemin pour ressurgir. À présent, elle savait très bien où aller, et qui rencontrer. Mads. Bourreau du village et cousin emporté du Jarl, Mads n'était malheureusement pour lui pas le plus adoré des villageois. Cependant, Brynja s'était prise d'affection pour lui aussi, tout comme elle affectionnait grandement Eyvindr, Aldarik, Valdimárr... A croire qu'elle était irrésistiblement attirée par les grandes têtes de mule ! Mais Mads était le plus compliqué de tous. Elle avait beau être sa confidente, c'était tout juste si elle parvenait à le cerner, à le comprendre. Elle avait mis le doigt sur la jalousie qu'il éprouvait à l'égard de son cousin et chef, mais c'était bien là tout ce dont elle était certaine à propos du bourreau. Être sous les ordres de l'homme que l'on enviait n'était sans doute pas la plus aisée des conditions, encore moins associée à celle d'exécuteur de Tromsø. Une position grandement décriée, et cela bien que nul ne puisse se vanter de ne point avoir de sang sur les mains... Et puisqu'il était question d'hémoglobine, son odeur métallique et agressive prit Brynja à la gorge lorsqu'elle échoua finalement sur la place où avaient lieu exécutions et autres sacrifices en l'honneur des dieux. Le rouge vif du sang contrastait tragiquement avec le blanc pur de la neige, à présent souillée. Dieux merci, le cadavre du condamnée avait été déplacé – sans doute pour être enterré rapidement dans un recoin de la forêt. Restait toutefois à nettoyer le terre-plein avant que le bois ne se gorge de trop de sang. Mads s'attelait déjà à la tâche, seul, pour ne rien changer aux mauvaises habitudes du village. Bien que fortement incommodée par l'odeur et le tableau, Brynja s'avança jusqu'à la plate-forme et s'empara des vieux chiffons à proximité. Elle y grimpa ensuite par les petits escaliers, et après avoir offert un regard et un franc sourire à Mads, s'agenouilla à ses côtés pour l'aider à éponger le sang. Les jupons de sa robe ne tardèrent pas à se maculer d'écarlate, mais elle n'y prêta pas attention. Si les mots lui manquaient, certaines actes valaient un millier de dialectes. La condition de Mads lui fendait le cœur, mais au moins lorsqu'elle était à ses côtés, il n'était pas seul, pas tout à fait.


FICHE PAR ROMANOVA.


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MessageSujet: Re: Yours is an empty hope   Mar 31 Mar - 4:48

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Son empire était en déclin total et il semblerait que le Bourreau n’aurait jamais la reconnaissance qu’il méritait. Pourtant, il était certain que son apparition à la fête d’hier dans la demeure du Jarl lui avait permis de se faire oublier par plusieurs. Il aurait dû se douter que le septicisme auquel il avait eu droit hier se transformerait à nouveau au matin. Car le regarder, lui offrir ne serait-ce qu’une mince possibilité qu’il ne soit pas qu’un simple déchet du village, lui offrait toute la gloire qu’il avait prié. À la souvenance des rires qu’il avait eu en jouant au jeu d’hachettes, il avait bien le droit d’éprouver de la mélancolie à l’heure où il tenait à nouveau une hache entre les doigts. Aucune sensibilité de transparaissait dans le visage du sombre personnage accomplissant son fardeau. La décision avait été prise assez rapidement, mais il fallait avouer que le Thing n’avait pas à discuter très longtemps sur ce genre de cas. Steinn avait été accusé d’abus sur son enfant et même si Mads n’en avait pas, il pouvait s’imaginer ce qu’il aurait voulu faire à son père s’il avait fait subir ces atrocités à ses sœurs. Pour les vikings, il n’y avait pas deux poids deux mesures et l’homme devait mourir pour ce qu’il avait fait. Il n’avait aucune expression sur son visage tout simplement puisqu’il n’avait pas de relation qui l’unissait avec celui qu’il arracherait au Valhalla. Il ne méritait pas de mourir en bataille et en réalité, il se faisait un plaisir à le priver de ce destin. Peut-être qu’on aurait pu davantage plaindre le viking s’il avait agi différemment avec son statut de Bourreau. Si au début, il avait juré qu’il n’accomplissait pas cette occupation toute sa vie, sa vision avait changé. Ce n’était pas seulement par habitude, mais bien par solitude et tout ce qui avait été ancré dans la tête du jeune homme depuis son enfance. Il n’était pas quelqu’un de social, timide, il s’ingérait dans les affaires du village seulement à travers ses techniques de combat. Si sa conscience ne cessait encore aujourd’hui de lui rappeler que les hommes qui le méritaient devaient mourir au combat, la plupart des condamnés avaient parjurés les Dieux en accomplissant des crimes divers. Il n’avait pas besoin d’être aussi cruel, de développer des techniques de torture qui arrivait à faire grimacer le plus solide guerrier de Tromsø .

Aujourd’hui était une journée où il revêtait son masque de Bourreau pour le bien du village. Ceux-ci n’avaient que faire de cet homme, si ce n’était qu’il exécute qui ont le décidait. Ses doigts jouaient doucement sur le bois de son arme, la tournoyant sans cesse et la rattrapant malgré le fait que celle-ci soit déjà maculée de sang. Pourquoi? Parce que le coup qu’il allait lui porté n’était que la finale. En ce matin froid, plusieurs minutes s’étaient déroulées dans les respires forcés des villageois, souvent entrecoupé de plaintes momentanées des quelques femmes présentes. Si elles ne pouvaient observer la scène, qu’elles retournent dans leur chaumière à préparer le dîner pour leurs hommes partis à la chasse. Il avait fait duré l’exécution de cet abuseur comme il se devait, histoire de donner un spectacle à ceux qui, au contraire de d’autres, en redemandaient. Quand le sang couvrait assez les vêtements de Mads, il s’empara de la grande hache pour se rapprocher de Steinn. Ce dernier était inconscient, ce qui força le vikin à le frapper avec force au visage pour qu’il se réveille. Il n’attendit pas plus longtemps pour se positionner de côté, en levant l’arme pesante qui lui semblait pourtant plus légère que les nuages qui empêchaient les rayons de Sol de venir égayer le moment. La hache fendit l’air ainsi que la tête de Steinn, qui tomba au sol dans un bruit sourd. Mads se recula pour observer son œuvre, rapidement des hommes s’emparèrent du corps du défunt pour l’enlever de la vue des villageois. Il s’empara ensuite du saut qu’il avait amené quelques instants plus tôt. Il dût percer la fine glace qui s’était formée au-dessus, plongeant ses mains dans le liquide glacé et entrepris de nettoyer l’autel comme il le faisait à chaque fois. À genoux, il ne remarqua pas tout de suite qu’une personne pris place près de lui. Quelques secondes plus tard, il sentit le regard de quelqu’un et il se força ainsi à lever la tête, croyant qu’il aurait à faire à une âme amère, comme souvent. Au lieu de cela, son regard s’adoucit à l’instant où ses prunelles croisèrent le visage de Brynja. Il sourit, heureux qu’elle soit là pour l’aider. Cette pensée le fit rire et il ne put s’empêcher de dre : « Merci. Mais s’il-te-plait, si tu prévois de rendre ton déjeuner, tu peux le faire ailleurs que sur l’autel? » Moqueur, il pouvait déjà deviner que son amie ne faisait pas cette tâche avec bonheur, mais plutôt parce qu’elle avait un grand cœur. Au même moment, un flash des événements de la soirée lui revint de plein fouet : Brynja et son cousin étaient partis à l’abri des regards intimes quand il arrivait dans la demeure. Cette pensée lui fit l’effet d’un coup en plein ventre et il se laissa tomber sur ses fesses, pour dévisager sa confidente, sans doute un peu trop longtemps avant de prendre la parole : « Hier… Avec Hagen. C’était prévu? » On pouvait déceler la douleur dans sa voix, Mads considérait Brynja comme une amie, celle qui comptait le plus en réalité. Il se demandait si elle s’était jouée d’elle, comme le faisait tout le monde.







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MessageSujet: Re: Yours is an empty hope   Mar 31 Mar - 12:59

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L'odeur du sang était agressive. Les élans ferreux, mêlés à ceux beaucoup plus salés, la prenaient à la gorge, aussi tâchait-elle de retenir sa respiration autant qu'il lui était possible de le faire. Les dieux en soient remerciés, le froid engourdissait son museau et par la même occasion, son odorat. C'était là un parfum qu'elle abhorrait parfaitement, ce n'était que par solidarité qu'elle acceptait de le respirer. On le lui disait bien souvent, elle avait l'âme trop douce et trop délicate pour être considérée comme une véritable femme du Nord. Les guerrières ne craignaient pas plus l'odeur de l'hémoglobine que sa vue ; c'étaient elles qui la versaient ! Guerre et mort faisaient partie intégrante du quotidien viking, à ce point que mourir l'arme au point était le plus grand honneur qui puisse leur être offert. Brynja ne se faisait point d'illusions, à moins d'un miracle, ce n'était pas au Valhalla que son âme échouerait. Quoique envieuse des Skjaldmös, elle n'en serait jamais une... A moins qu'elle ne parvienne à réunir suffisamment de courage pour demander à Gerda de lui enseigner l'art de manier l'épée, mais cela ne semblait point être pour le lendemain. Ainsi, impossible de ne point noter l'ironie du prénom dont l'avait baptisée feu Ragnar. Brynja. Littéralement, armure. La principale intéressée savait bien qu'il ne l'avait nommée ainsi qu'à cause de l'éternel silence qui l'entourait, son mutisme agissant parfois comme un bouclier contre le monde et ses habitants. Mais il était difficile de passer à côté de l'ironie qui y restait associée, que l'on connaisse ou non les origines de son appellation. Pour beaucoup, la jeune femme restait un mystère entier ; elle-même n'était pas tout à fait certaine de savoir qui elle était réellement, ni quel était son but. Thilda le lui avait affirmé, les dieux attribuaient à chacun sur Midgard un destin lui étant propre, elle n'avait qu'à suivre sa voie pour le rencontrer... Une voie pour le moment semée d’embûches, lorsque ce n'étaient point kraken et dragon qu'elle affrontait, c'était les regards curieux des villageois, qui ne savaient pas quoi penser de son flirt inattendu avec le Jarl. Brynja n'avait pas plus de réponses qu'eux, de la bête histoire de coucherie ou de l'idylle naissante, impossible de voir laquelle de ces deux hypothèse était la plus plausible. Les deux lui semblaient tout autant embarrassantes, raison pour laquelle elle s'appliquait à éviter Hagen comme l'on évitait un mal transmissible par un simple toucher.

Une situation qui ne durerait pas, car non contents d'être voisins et amis, Hagen était également le chef de Tromsø, ainsi étaient-ils voués à se croiser tôt ou tard. Mais en attendant que les dieux ne mettent le jeune homme sur son chemin, Brynja n'avait nulle intention de forcer le destin, car elle ignorait tout à fait quel comportement elle pourrait bien adopter en sa présence. Et elle n'avait pas envie d'y consacrer plus de pensées que cela, convaincue que la confrontation viendrait bien assez – trop – tôt. Elle était présentement trop occupée à éponger le sang qui souillait le bois pour songer à Hagen. Rester impassible alors qu'elle mourrait d'envie de faire la grimace lui demandait plus de concentration qu'à n'importe qui d'autre... Elle se surprenait cependant, tout aussi incommodée qu'elle soit par le liquide poisseux et écarlate, sa vue ne lui donnait pas envie de rendre gorge, pas plus que son contact. Force était de constater que les épreuves traversées l'avaient endurcie, l'hiver précédant, elle n'aurait-pas même eu le courage de monter sur l'autel. Et la voilà qui s'attelait à la tâche sans y réfléchir à deux fois, simplement pour donner un coup de main à un ami bien trop souvent dénigré par le reste de la communauté. La remarque, légèrement moqueuse, du bourreau lui fit lever les yeux au ciel un instant – si elle avait eu l'intention de vomir, elle l'aurait déjà fait. Et en plus de cela, elle n'avait encore rien avalé de la journée, il n'y avait donc rien à régurgiter ! Secouant doucement la tête, Brynja rinça ses chiffons dans le seau d'eau à moitié gelée qui se trouvait entre Mads et elle avant de reprendre sa besogne, avec une concentration parfaite et une vigueur certaine ; plus vite ils en auraient fini avec le sang de l'exécuté et mieux ce serait.

Elle se figea aussi sûrement que si elle avait été soudainement transformé en une statue de pierre lorsque Mads lui posa une question qu'elle aurait préféré ne jamais entendre, et cela bien qu'il eut été judicieux d'anticiper ce genre d'interrogations. Plutôt que de s'empourprer, elle pâlit et préféra garder les yeux rivés sur ses linges ensanglantés, avant de brusquement se débarrasser de ceux-ci, se rincer les mains et se remettre sur ses pieds. Si elle avait prévu d'échouer dans les draps de son cousin ? Mais quel genre de question était-ce... ? Elle même n'en revenait pas, elle bénissait l'alcool qui avait privé Hagen de certaines de ses facultés masculines, et cela tout en se surprenant à éprouver une certaine frustration quant à cette étreinte avortée. Freyja seule savait ce qu'il serait advenu si elle avait attendu que le Jarl ne s'éveille au lieu de filer comme une voleuse à peine ses sens retrouvés. Embarras, incompréhension et désirs inassouvis se bousculaient dans son esprit, ce qui avait un sens autrefois n'en avait plus aucun, il y avait de quoi en perdre la raison. Lorsque Brynja se décida enfin à regarder Mads, elle semblait tout aussi contrariée que perturbée par la question qu'il venait de lui poser, pour la simple et bonne raison qu'elle ne savait pas quoi lui répondre. Aussi se contenta-t-elle de hausser les épaules dans un premier temps, l'air de dire « ce ne sont pas tes affaires ». Et après tout, c'était bien vrai ! Hagen et elle étaient les seuls que cela regardait, tant pis s'ils avaient décidé de se comporter comme des bambins en s'évitant ! À moins qu'elle ne soit seule à l'éviter... ? Peu importait, l'essentiel était que personne ne fourre son nez dans leur histoire – et cela quelle qu'elle soit !

Pendant une poignée de secondes, Brynja songea à planter Mads là où il se trouvait plutôt que de devoir endurer un interrogatoire – elle avait bien assez à faire de ce côté-ci avec Eyvindr. Elle avait déjà commencé à dévaler les marches du terre-plein lorsque sa conscience la rattrapa, et elle s'immobilisa de nouveau. Un long soupir affligé lui échappa et elle se laissa retomber sur une planche de bois gelée, qui craqua légèrement. Elle connaissait Mads aussi bien qu'il était possible pour quiconque de le connaître, elle savait à quel point il jalousait Hagen. Évidemment qu'il allait lui demander si il y avait quelque chose entre son cousin le Jarl et elle. Selon les apparences, et selon le passé, elle et Mads étaient bien plus proches qu'elle ne l'était avec Hagen, et cela bien qu'elle considère les deux hommes comme ses amis. Elle avait franchi les limites de l'amitié avec l'aîné, même elle en était pantoise, alors il y avait de quoi se demander ce que le bourreau pouvait bien en penser. Comme tous, il ignorait qu'Hagen et elle n'avaient pu s'abandonner à la passion charnelle pourtant ardemment désirée sur le moment, et même si elle avait pu lui dire qu'il ne s'était presque rien passé entre eux, loin d'elle l'envie de jeter l'opprobre sur la virilité du Jarl. Mais d'un autre côté, elle n'était pas plus à l'aise avec l'idée que Mads soit persuadée que son cousin et elle soient passés d'amis à amants. De nouveau, elle soupira, et ramena ses jambes contre sa poitrine avant d'adresser un regard penaud à Mads. Puis elle secoua la tête. Non. Non, rien n'avait été prévu, envisagé, ni même fantasmé entre Hagen et elle. Certaines choses sortaient du néant non annoncées, comme Yggdrasil avait jailli du Ginnungagap des millénaires plus tôt. Mais annoncées ou non, elles étaient, et gravées éternellement sur l'écorce de l'Arbre-Monde.


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MessageSujet: Re: Yours is an empty hope   Mer 1 Avr - 5:06

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L’humidité rendait le froid encore plus mordant, la fourrure du Bourreau était gelée par endroits. Celles qui avaient été touchés par les éclats de sang de Steinn, de l’eau qu’il avait utilisé pour le nettoyer ou encore de sa respiration. Dans ce pays nordique, il fallait ne faire qu’un avec le froid, sinon on était toujours malheureux. Loin d’être dépressif, il appréciait les maigres rayons de soleil qui arrivaient jusqu’à Tromsø. Après toutes ses années, on s’habituait à vivre le ciel couvert et la buée qui sortait de la bouche. Désormais, il était gelé, sa sueur ayant mouillé ses vêtements qui l’empêchaient de se réchauffer. Son ultime but était de se réfugier chez lui ou dans un quelconque endroit où il y aurait un feu dans peu de temps s’il ne voulait pas souffrir d’hypothermie. Il s’attardait particulièrement à sa tâche, essayant de récurer les planches rendues violacées à travers les années. Lorsqu’il avait aperçu Brynja à ses côtés, il n’avait plus l’idée de quitter l’autel aussi vite, voulant profiter du moment qu’il aurait avec son amie. Il pouvait se retrouver seul des journées complètes lorsque sa sœur partait en expédition de chasse. S’il n’avait pas à se rendre à la demeure du Jarl pour une réunion du Thing, il était de coutume que l’homme n’est pas de rencontre avec quiconque. Parfois, il lui semblait que sa timidité était presque forcée, si bien que ces instants où il était avec Brynja étaient aussi précieux qu’un saphir. Mads ne sut expliquer pourquoi cette femme restait près de lui, avait passé toutes ses années à l’écouter. Bien qu’elle ne puisse pas lui crier des injures à la figure, il savait que la jeune viking était différente de toutes les autres personnes de ce village. Encore une fois, ce n’était pas dû à son mutisme, encore moins de ses facultés presque magiques d’être maladroite. Brynja avait un grand cœur, elle s’était taillé une place de choix avec sa force. Elle connaissait les plus grands secrets du Bourreau, les bons comme les mauvais et elle se retrouvait tout de même près de lui en cet instant précis. Elle ne pourrait jamais les divulguer, mais ce n’était pas pour ça qu’il lui avait ouvert son cœur. Le fait qu’elle se retrouve ici dans ce froid mordant, à nettoyer le sang frais d’un défunt prouvait une fois de plus qu’elle était sa meilleure amie.

Amie qu’il venait froisser sans s’en rendre réellement compte. D’accord ces sentiments étaient partie intégrante de la vie du viking qui avait posé ces questions dans le but de connaître la vérité. Sa réaction fut si violente que Mads arrêta de nettoyer le sol pour observer la muette. Il voulait seulement savoir si Brynja lui avait caché éprouver des sentiments pour son cousin. Il n’y avait pas de mauvaises intentions derrière tout ça, la sincérité se trouvant au palmarès de ses priorités. Il n’éprouvait aucun sentiment de ce genre pour la jeune femme, il ne fallait pas se tromper là-dessus. Il ne l’avait toujours vu que comme une grande amie, voire comme une sœur qui faisait partie de sa famille. Lui qui lui disait tout, il souhaitait découvrir si son amitié ne fonctionnait que d’un côté. Il crut que son cœur allait exploser lorsqu’elle se leva. S’il le laissait seul, sur cet autel, il craignait qu’il le soit pour le reste de ses jours. Avec ne serait-ce que quelques mots, avait-il été en mesure de mettre fin à toute leur amitié? Apeuré, ses prunelles ne lâchaient pas le corps de Brynja qui avait cessé tout mouvement depuis ce qui lui semblait une éternité. Le sable du temps coulait trop doucement, lui permettant de regretter amèrement ce qu’il venait de lui dire. Après tout, était-ce vraiment grave si la femme avait souhaité lui cacher une relation avec Hagen? Surtout qu’elle savait à quel point il avait pu jalouser son cousin. Son choix de se taire avait peut-être été uniquement pour prévenir Mads d’être déçu à nouveau. Qu’elle ait décidé de se rendre sans aucune gêne avec Hagen dans une pièce à part lors de la fête d’hier ne lui causait plus aucun trouble. Contre toute attente, elle finit par se retourner et vint s’assoir sur le bois. Il remercia les Dieux, ses yeux se fermant quelques secondes. Lorsqu’il les rouvrit, elle lui faisait non de la tête et son soupire s’unit à celui de la femme. Il ramassa les deux linges pour les jeter vaguement dans le seau d’eau. Il remettrait cette séance nettoyage à plus tard. Il s’approcha d’elle, son épaule à quelques centimètres de la sienne. S’il détenait un tant soit peu plus de tact, il aurait sans doute passer un bras vaillant autour de son corps pour lui prouver qu’il ne lui en voulait pas. Jamais.. « Si tu avais remarqué la tête que j’ai fait quand je vous ai vu vous éloigné, tu n’aurais plus été capable de t’arrêter de rire, j’te jure. » Il essaie de ramener la situation à la blague, elle est la seule à pouvoir lui faire dire de telles choses. Il positionna ses pieds sur les escaliers de l’autel, de sorte qu’il put poser ses coudes sur ses cuisses. Les doigts de ses mains se croisèrent, venant se positionner en un seul poing sous son menton. « Ce matin a du être difficile pour toi… Enfin. » Il fronça les sourcils, peu certain d’où il voulait en venir, ou s’il voulait savoir tout simplement. « Maintenant que l’alcool n’est plus dans ton système, crois-tu qu’il s’agit d’une bonne idée?» Si Brynja avait agit sous les effets de l’alcool, il se ferait un plaisir d’aller affronter le Jarl, ça lui donnerait la seule raison qu’il méritait d’entres tous…





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MessageSujet: Re: Yours is an empty hope   Ven 3 Avr - 3:33

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De toutes les personnes auxquelles Brynja aurait pu vouloir se confier à propos de son aventure – était-ce d'ailleurs bien de cela qu'il s'agissait ? – avec Hagen, Mads aurait dû être le dernier. Les cousins n'entretenaient pas la plus idyllique des relations, tout ne semblait tourner qu'autour du statut d'Hagen et de la jalousie éprouvée par le bourreau. Elle ne s'était toutefois jamais mêlée de leurs affaires de trop près, désireuse de garder ses distances avec le conflit qui se tenait entre eux. Elle avait bien assez à faire avec Sindri et Eyvindr, et n'avait nulle envie de devoir choisir entre le bourreau et le Jarl, qu'elle considérait tous deux comme de grands amis. Du moins, c'était ce dont elle avait été persuadée jusqu'à ce que Hagen lui propose de l'épouser, et qu'elle se jette à son cou en guise de réponse. Une scène qui n'avait échappé à personne, ivres ou non, tous les vikings présents se souviendraient longtemps des baisers passionnés échangés entre leur Jarl et la muette du village. Rien que d'y songer, elle avait le rouge aux joues, plus encore lorsqu'elle se souvenait à quel point la fougue du guerrier lui avait plu, à quel point elle l'avait désiré. Et n'était-ce pas des plus agréables de se sentir désirée en retour... ? Ce qu'elle avait ressenti dans les bras d'Hagen, elle ne l'avait jamais ressenti auparavant, pour personne, et elle ignorait s'il s'agissait d'un simple manque d'opportunités, de timidité maladive, ou plus simplement de quelque chose si profondément enfoui en elle qu'elle n'avait point réalisé son existence plus tôt. Chaque nouvelle hypothèse était plus troublante que la précédente, et aucune ne paraissait plus légitime qu'une autre. Pour l'occasion, elle n'était pas mécontente d'être muette, quand bien même il fallait de toute évidence qu'elle s'attende à une pléthore de questions et de remarques, elle n'aurait pas à exprimer ses sentiments confus à travers un discours qui ne le serait que davantage. De par son mutisme, elle était bien plus douée pour écouter les confessions de ses amis que pour en faire. Et pour cause, s'il était aisé pour elle se se faire comprendre pour les choses simples de la vie, elle n'avait jamais eu le plaisir de pouvoir de confier à quiconque ; certaines pensées et sentiments étaient impossibles à traduire par de simples gestes ou même à travers le langage des runes.

Tout aussi entourée qu'elle soit, la jeune femme était finalement bien seule. L'aura de mystère, que d'aucuns qualifiaient de mystique, qui l'entourait était tout sauf volontaire. Évidemment qu'elle apparaissait comme une figure secrète, puisqu'elle ne pouvait parler à personne ! Bien que parfaitement habituée à son mutisme, il n'en était pas moins pesant pour elle. Il y avait certains mots qu'elle rêvait de pouvoir prononcer, mais qui resteraient éternellement coincés au fond de sa gorge. Combien de fois avait-elle prié les dieux de lui rendre sa voix... ? Une pléiade, mais force était de constater que certaines oraisons étaient vouées à être ignorées. Cette impossibilité de s'exprimer était incontestablement l'une des raisons qui la poussaient à éviter Hagen. Comment pourrait-elle lui faire comprendre qu'elle n'avait pas la moindre idée de ce qui lui était passé par la tête, et qu'elle ignorait quoi faire de sa proposition – en supposant qu'elle ne soit pas le fruit de son ivresse –, de leur étreinte avortée et de la frustration qui l'accompagnait ? Qu'il était rageant de ne point pouvoir exprimer les pensées qui bouillonnaient en elle... ! Elle soupira, profondément contrariée, lorsque Mads vint s'asseoir à ses côtés. La contrariété laissa place à l'hilarité lorsque le bourreau lui avoua avoir fait une drôle de tête lorsqu'il l'avait vue quitter la pièce principale au bras de son cousin. Imaginer sa moue hébétée suffit à lui arracher un rire silencieux, puis elle lui donna un gentil coup d'épaule. De tous les visages surpris, c'était celui d'Arnórr qu'elle aurait voulu voir... A n'en point douter, s'il y en avait bien un que son rapprochement inattendu avec le Jarl ennuierait, c'était bien lui. Contrairement aux autres villageois, Brynja savait que le pisteur n'était point mu par les meilleures intentions, elle ne se souvenait que trop bien du meurtre dont elle avait été le témoin, et des coups qui avaient brisé ses côtes et peint sa peau de teintes bleuâtres et violacées. Rien que d'y penser, elle en avait des frissons, et croiser le regard fourbe de l'ancien thraell suffisait à lui faire perdre tous ses moyens. Par les Nornes, il fallait qu'elle trouve le moyen de prévenir Hagen...

Mais dans l'immédiat, ses pensées étaient tournées vers un tout autre problème, bien plus personnel. Si le réveil avait été difficile ? D'une certaine façon, oui, bien qu'elle ne puisse nier que les premiers instants – avant que sa conscience ne sorte de sa léthargie – avaient été plaisants. Se réveiller dans les bras d'un homme, aussi chaste qu'ait été la nuit, était fort agréable, inutile de le nier... Tout comme il ne servait à rien de nier qu'elle croyait à présent être couverte d'opprobre tant ses agissements à la fête différaient de son comportement habituel. D'autant plus que, contrairement à ce que semblait penser Mads, l'alcool n'avait strictement rien à voir là dedans. Elle avait bu, certes, mais à peine. La quasi totalité de sa première chope avait fini sur le parquet, et la seconde avait avalée d'un trait avant qu'elle ne se jette au cou du Jarl. Elle était fragile, ce n'était un secret pour personne, mais certainement pas au point d'être plus ronde qu'une barrique de bière après une seule et malheureuse chopine. Ses actions ne pouvaient en aucun cas être justifiées par une consommation abusive d'alcool, et c'était bien là le nœud du problème. Nerveusement, elle fit tourner entre ses doigts l'anneau doré qui ornait son annulaire gauche, et se perdit dans sa contemplation pendant une poignée de secondes, avant qu'elle ne se décide à adresser une œillade perdue au bourreau avant de secouer la tête. Bonne idée, mauvaise idée... Elle n'en savait rien, et était certaine que les choses ne seraient pas claires avant qu'Hagen et elle aient une conversation. Et si Brynja n'appréciait guère l'idée de rester dans le brouillard, sa future – car vraisemblablement inévitable – confrontation avec le Jarl la mettait dans tous ses états. Et même avec toute la bonne volonté du monde, Mads ne pourrait rien faire pour elle à ce sujet. Comme elle le lui avait déjà bien fait comprendre, l'affaire ne comportait que deux protagonistes.

Et bien trop de spectateurs. « Hé, Mads ! » Brynja sursauta, et lorsqu'elle détourna le regard de son ami, ce fut pour mieux découvrir un viking planté devant eux, les bras croisés sur le poitrail. « Tu ferais pas mieux de t'occuper de nettoyer tes saloperies au lieu de fricoter avec la nouvelle conquête de ton cousin ? » Il y avait tant d'insultes et d'insinuations dans une si courte phrase que Brynja ne put s'empêcher de se lever brusquement. « Quoi ? C'est bien vrai, non ? Notre bien-aimé bourreau ne vas pas se vexer pour si peu. » Sans doute pas, car Mads avait pour triste habitude de devoir composer avec les remarques désobligeantes des villageois. Ils avaient beau avoir tous autant de sang que lui sur les mains, si ce n'était plus, ils semblaient tous prendre un malin plaisir à le déprécier. Ce que la jeune muette ne comprenait pas plus qu'elle ne l'appréciait. « Et toi, tu ferais mieux de surveiller tes fréquentations. Crois-moi, vaut mieux échouer dans le plumard du Jarl que dans la niche du bourreau. » Profondément affligée par tant de bêtise et de cruauté gratuite, Brynja se massa l'arrête du nez en fermant les yeux. Une remarque cinglante de sa part aurait sans doute été la bienvenue, hélas... Une fois de plus, il n'y aurait que le silence pour répondre aux piques. Du moins, de son côté.


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MessageSujet: Re: Yours is an empty hope   Mar 12 Mai - 0:59

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La rudesse était souveraine de tout ce que le Bourreau représentait. Pourtant, lorsqu’il se retrouvait en compagnie de Brynja, son indélicatesse disparaissait dans son regard azuré. La muette était l’une de ses amies les plus fidèles, pour ceux qui savaient l’accepter assez pour discuter plus de quelques minutes en sa compagnie. En effet, il offrait en général autant de paroles que celle qui lui faisait face, on ne pouvait donc pas dire que cela convenait à toutes les situations. Timide, il s’était toujours camouflé derrière ses airs de guerrier, de garçon peu commun qu’on pointait du doigt. Ses différences l’avaient sans aucun doute forcé à se rapprocher de la belle Brynja, qui n’était pas tout à fait comme les autres non plus. Il avait bien remarqué qu’elle était à l’écoute, que ses discussions de cruauté ne l’intéressât pas et il eût appris avec le temps discuter avec elle d’autres sujets était tout aussi facile à faire. Si elle avait envie de deviner ce qu’il venait de faire subir au dernier traitre du village, elle aurait été présente lors de l’exécution, voilà tout! Il appréciait sa compagnie qui le calmait, sa discrétion plus qu’extrême sur laquelle il pouvait compter. Non, le genre de femme qui lui faisait face ne courrait pas toutes les rues et à bien y penser, il n’aurait pas imaginé une meilleure personne comme compagne à son cousin. Ça, il ne le dirait jamais, même brûlé vif par ce satané dragon qui rôdait sans cesse! Qu’empêche, il avait été heurté d’apprendre qu’une histoire se dessinait entre Brynja et Hagen sans qu’il ne s’en rende compte. Heureusement, elle lui confia que rien n’était dessiné et que même les Nornes n’avaient pu prédire le changement.

Il l’observa attentivement, tandis qu’elle semblait se livrer un combat interne. Si Brynja avait agi sous les effets de l’alcool et qu’elle ne souhaitait pas marier son cousin, il ferait tout en son possible pour faire son bonheur. Quitte à s’opposer à lui. Mais n’était-ce pas de toute façon son sport favori? Cette pensée le fit sourire, perdu dans ses pensées lui aussi. On l’avait privé de tout, on lui avait enlevé son innocence et un avenir prometteur lorsque l’ancien Jarl l’avait associé à celui d’Exécuteur du village. Il en retiendrait toujours une dent, même envers Hagen qui n’avait pas été des plus présents auprès de son cousin, malgré leur enfance relativement heureuse. Forcé à baisser la tête et à être stigmatisé, il avait l’impression de toujours être perdant. Certes, il ne manquait de rien, pas physiquement et monétairement étant donné son occupation qui était bien payée. Mais quand on est Bourreau, on ne change pas du jour au lendemain et qui voudrait marier sa fille à ce monstre? Il avait plus de chance de se trouver épouse dans le village voisin, sans doute la fille d’un bourreau, que de trouver bonheur à Tromsø. Il finit par se concentrer à nouveau sur son amie, il regarda lui aussi l’anneau qui ornait son doigt, signe qu’elle était plus que jamais promis à un avenir glorieux. Son regard en dit long sur ses pensées, elle avait l’air aussi peu certaine que lui sur ce qu’il ferait le lendemain, à quelle gorge il devrait couper le mois prochain. Il pinça sa lèvre inférieure en haussant lui aussi les épaules, comme si cela expliquait la suite. Ils verraient. Avaient-ils un autre choix? « D’accord. Parce que tu sais que j’aurais tout fait si tu ne le souhaitais pas. Je… » Toujours en train de protéger son amie, celle qui comptait à ses yeux, mais on finit par l’interrompre. Une voix tonitruante se fit entendre et força Mads à détourner les prunelles. Ils n’avaient même pas fini de nettoyer le sang. Qui venait donc le déranger pendant ce temps-là? Ah oui, peut-être quelqu’un d’idiot qui le cherchait. Et qui se rendait compte mieux que lui qu’il ne faisait plus son travail!

« Hé, Mads ! Tu ferais pas mieux de t'occuper de nettoyer tes saloperies au lieu de fricoter avec la nouvelle conquête de ton cousin ? » Il serre les dents si fort qu’un goût de sang se faufile sur sa langue. Pour qui se prenait-il? Il n’était pas membre du Thing, ne faisait surtout pas partie de la famille et lui avait parlé peut-être deux fois dans toute son existence. « Quoi ? C'est bien vrai, non ? Notre bien-aimé bourreau ne va pas se vexer pour si peu. » Il se lève pour se donner de l’importance, sur le piédestal il dépasse à peine l’homme qui les dérange. Pourtant, Mads n’était pas quelqu’un de petit! « Ta gueule!! Si t’as des plaintes à faire, je te conseille d’aller directement en parler à mon cousin. Quand je partirai d’ici, l’autel sera prêt pour la prochaine exécution et si tu ne veux pas m’en rajouter une couche… » Ses menaces ne semblèrent pas l’atteindre puisque le viking s’en prit ensuite à Brynja et ça, Mads ne le permettait pas. « Et toi, tu ferais mieux de surveiller tes fréquentations. Crois-moi, vaut mieux échouer dans le plumard du Jarl que dans la niche du bourreau. » Cette fois, il ne perd pas du temps à ouvrir la bouche et profite du fait qu’il ne l’observe pas pour lui envoyer son poing directement sur le nez. Le salopard grogne, le sang coulant déjà en se mêlant à la boue. Quand il relève la tête, la fureur déforme ses traits et le Bourreau n’a pas le temps de réagir que la Montagne l’agrippe par le collet et le jette un ou deux mètres plus loin. Autour d’eux, plusieurs personnes s’intéressent à leur cas et forment un cercle pour être aux faits de la bataille. Mads se relève malgré les douleurs sur sa côte, près à combattre. Sa hache siège derrière le bourru, il se demande si sa rapidité sera assez. Les deux se font face, le Viking lui donne un autre coup et le Bourreau l’évite en lui envoyant un autre crochet. Cette fois, quand il relève la tête, il use de son pied pour l’envoyer dans son ventre. Mads gémi, au sol, alors que la Montagne s’avance vers lui, prêt à le frapper à nouveau. « Ça fait des lustres que j’ai envie de voir si les Dieux te protègent assez pour te faire saigner! »







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MessageSujet: Re: Yours is an empty hope   Ven 12 Juin - 12:32

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La jalousie, la haine, le mépris... Autant de sentiments que Brynja n'avait pas l'habitude de ressentir, sa nature trop douce se trouvant indisposée par le moindre émotion négative. En revanche, elle était hélas habituée à voir ses comparses se cracher des insultes au visage, à se déprécier les uns les autres et à échanger des regards torves. Parfois – trop souvent au goût de la jeune femme – l'esprit de communauté faisait cruellement défaut aux vikings. Attendre qu'ils soient tous magnanimes et ouverts d'esprit était une utopie, elle en avait conscience, cependant elle ne pouvait s'empêcher de grincer des dents à chaque fois qu'elle assistait à une triste scène d'intolérance ; plus particulièrement lorsqu'elle en était le déclencheur involontaire. Par tous les dieux, ne pouvaient-ils pas laisser ce pauvre Mads en paix ? Il ne leur avait jamais causé le moindre tort, bien au contraire, il était celui qui acceptait de se salir les mains exécution après exécution pour que d'autres n'aient pas à le faire. Elle n'avait pas souvenir de l'avoir jamais entendu se plaindre à ce sujet, et pourtant il en aurait eu le droit. Mads gardait son ressenti pour lui, et c'était pour cette même raison qu'elle l'admirait... Elle était visiblement la seule. Si elle avait su qu'elle le mettrait dans l'embarras en lui apportant son aide, elle se serait abstenue et aurait passé son chemin. Pourquoi fallait-il qu'un imbécile soit resté derrière au lieu de se rendre utile et accompagner les autres hommes à la chasse ? C'était tout à fait leur veine, le seul idiot laissé derrière était bien évidemment celui qui devait leur chercher des noises... Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'était pas très futé. Comme beaucoup, prompt à juger en ne se fiant qu'aux apparences, sans avoir une seule idée de ce qu'était la vérité... Encore un qui aurait mieux fait de se mêler de ses affaires au lieu de mettre son nez dans celles des autres ! N'y avait-il pas assez d'ennuis à Tromsø pour qu'il fasse davantage d'histoires ?

Elle regrettait déjà son escapade, et surtout les conséquences de cette dernière. Si elle était de nature à courber l'échine et à encaisser sans broncher les brimades, elle savait pertinemment que Mads était bien loin de posséder un tel niveau de patience. Inconsciemment, elle se raidit lorsque le jeune homme se remit sur pieds, tout son corps tendu comme si elle se préparait à recevoir un coup, quand bien même elle savait que nul n'oserait lever la main sur elle – à moins de vouloir perdre la main en question. Cependant... Si les hommes n'osaient généralement point s'en prendre à leurs compagnes, ils n'avaient pas le moindre problème dès lors qu'il s'agissait d'échanger des coups entre mâles. Brynja vit le coup partir, s'écarta instinctivement du bourreau et eut un léger sursaut lorsque le poing de ce dernier rencontra la mâchoire du viking qui l'avait insulté avec un crack qui n'annonçait rien de bon. Surprise au moins autant qu'horrifiée, la jeune femme resta immobile où elle se tenait, yeux écarquillés et mâchoire décrochée. Si la violence ne résoudrait pas leur différend, de toute évidence ce n'était pas cela qui allait les empêcher de se mettre en pièces, et cela sous le regard mortifié de Brynja qui n'avait certainement pas la force physique nécessaire pour les séparer. Toutefois, lorsqu'elle voit Mads s'envoler et atterrir de façon peu glorieuse et sans doute douloureuse au sol, elle reprend ses esprits. Elle avait beau être taillée comme une brindille, cela ne devait pas l'empêcher de s'interposer. Si il y avait bien une chose dont elle avait horreur, c'était le son des poings et pieds qui faisaient craquer les os et arrachaient des gémissements au malheureux cogné. En l'occurrence, Mads, qui n'en menait pas bien large face à la montagne de muscles et de rage qui se dressait devant lui. Les poings de Brynja se serrèrent, et sans y réfléchir plus d'une seconde, elle s'élança entre les deux hommes, prête à recevoir le coup réservé à Mads.

Le poing fermé du viking s'arrêta si près de sa figure qu'elle fut presque étonnée de ne pas être touchée ; quoiqu'elle ne soit pas passée loin de voir sa pommette éclater sous l'impact. Apparemment, Mads n'était pas le seul que les dieux ne voulaient pas voir saigner. L'homme semblait tout aussi surpris qu'elle l'était de ne pas l'avoir touchée, son bras retomba mollement le long de son corps, et il renifla de façon bien peu élégante avant d'essuyer son visage ensanglanté d'un revers de manche. « T'as de la chance, bourreau. » Brynja haussa un sourcil circonspect. Tout dépendait du point de vue. « C'est quand même bien dommage que t'aies besoin d'une bonne femme pour te défendre. Ce serait une skjaldmö, je dis pas, mais... » Si jeter de l'huile sur le feu était un sport, cet imbécile en serait le champion. Sans doute attendait-il de Brynja qu'elle s'écarte, qu'elle lui laisse le champ libre, mais elle ne bougea pas d'un pouce et resta plantée ou elle était, l'air résolue et sans baisser les yeux. Leur petite lutte avait attiré quelques spectateurs, aussi le viking n'osa-t-il pas la brusquer pour s'en reprendre à Mads. Pour autant décidé à humilier ce dernier jusqu'au bout, il cracha au sol, manquant de peu le visage du jeune homme, ce qui arracha une grimace dégoûtée à Brynja. « Crois pas qu'on en ait fini, toi et moi », adressa-t-il au bourreau encore au sol, avant de se détourner et de s'éloigner en pestant à haute voix.

La jeune femme ne perdit pas une seconde pour faire volte-face et s'agenouiller auprès de son ami, les traits déformés par l'inquiétude. Mais il semblait aller bien, en dépit des coups reçus. Brynja soupira longuement, avant de lui tendre une main pour l'aider à se relever. Elle qui voulait simplement profiter de l'absence du Jarl pour prendre un peu l'air discrètement... Raté, et ce n'était rien de le dire. Cela ne l'aurait pas dérangée outre mesure si Mads n'avait pas eu à souffrir de sa petit sortie. À n'en point douter, son petit flirt avec Hagen n'était pas prêt d'être oublié, elle commençait toujours à souffrir de ses conséquences... Merveilleux. Par les Nornes, elle aurait mieux fait de s'étouffer avec une tranche de pain, cela lui aurait épargné bien des déconvenues ! Les traits déformés par une grimace, elle attrapa Mads par le bras, et sans se soucier plus davantage de la petite foule qui les regardait, l'entraîna loin de l'endroit où ils se trouvaient, et tant pis pour l'autel qui resterait ensanglanté pour au moins la prochaine heure. Une chance pour les jeunes gens, la petite demeure de la jeune femme se trouvait non loin, à l'intérieur de laquelle ils purent disparaître rapidement – et tant pis pour ceux qui n'auraient rien de mieux à faire que de lancer de nouveaux ragots. Il n'y faisait pas bien chaud, mais au moins ils y seraient en paix. D'un geste de la main, Brynja désigna un siège à Mads, tandis qu'elle s'agenouillait auprès de l'âtre pour y allumer un feu auprès duquel ils pourraient se réchauffer. Le tout en pestant silencieusement après les villageois, sa propre bêtise et puisqu'elle y était, les dieux et Nornes eux-mêmes.


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