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Rumeurs
- Var a tourné le dos à son roi. Il parait que la déesse des Pactes préfère aujourd'hui les grosses faveurs de Frey !

- On dit que depuis que Tyr a pris les fonctions de son frère aîné, personne n'aurait encore osé lui proposer un coup de main .

- A Tromsø, on hésite à dire si la petite Brynja est maudite ou chanceuse, car après avoir manqué de se faire brûler vive par un dragon, elle a manqué par deux fois la noyade, dont une durant les raids !



 
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 No love is greater than that of a father for his son

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MessageSujet: No love is greater than that of a father for his son   Jeu 9 Avr - 14:33


No love is greater than that of a father for his son

Les rivalités fraternelles étaient aussi vieilles qu'Yggdrasil lui-même. Elles n'étaient pas nées avec les dieux, et ne mourraient certainement pas avec eux. Les récits de frères prenant les armes pour lutter les uns contre les autres remplissaient les sagas, les tristes mémoires de fratricides s'alignaient sur les étagères des bibliothèque. Fraternité ne rimait que trop bien avec rivalité, amour et haine étaient les deux faces d'une même pièce. Existait-il une seule fratrie heureuse ? Des frères savaient-ils s'enlacer sans avoir l'envie de se poignarder mutuellement ? Ah ! Qu'il était compliqué, de faire rimer famille et amour... Les liens du sang étaient indéfectibles, cela était indéniable. Mais ils étaient également d'une complexité sans pareille, c'était à se demander si les Nornes elles-mêmes n'emmêlaient pas leurs fils lorsqu'elles liaient des frères entre eux. À l'amour se mêlait la haine, à l'admiration la jalousie, à la solidarité l'égoïsme. Avait-on jamais vu deux frères jouir du même pied d'égalité ? Pas de mémoire d'homme, ni de mémoire de dieu. L'un semblait toujours voué à écraser l'autre de sa superbe, de la même façon que la lumière du Soleil brillait plus fort que celle de la Lune. Après tous, les astres gémellaires n'étaient-ils entre les mains d'une sœur et d'un frère... ?

Cette bien triste vérité, Odin ne la connaissait que trop bien. Lui qui avait sué sang et eau pour bâtir les royaumes tels que chacun les connaissait à présent n'avait jamais autant souffert que lorsque ses frères s'étaient opposés à lui, ou lorsqu'il avait dû s'opposer à eux. À Vili, tout particulièrement, duquel il se serait sans le moindre douté débarrassé tant il représentait un obstacle sur son chemin, si dans ses veines n'avait pas coulé le sang et l'héritage de Bor et Bestla. L'Histoire semblait l'avoir oublié, mais le Père de Tout n'avait pas été le seul à tirer Yggdrasil du Ginnungagap. À ses débuts, Vili et Vé avaient été à ses côtés, ils avaient été une trinité redoutable et auraient continué à l'être si les divergences d'opinion entre l'aîné et le cadet ne s'étaient pas multipliées. De par sa condition de benjamin, Vé n'avait jamais cherché à s'élever plus qu'on ne l'autorisait à le faire, et avait été pour Odin et Vili la voix de la raison, celui qui cherchait à résoudre les conflits par la force des mots plutôt que celle des armes. Et puis, Vé avait péri... Sa disparition avait laissé un trou béant dans la poitrine de ses aînés, qui avaient finalement décidé de prendre des chemins différents. Le sang ne faisait pas tout, pas plus que l'amour n'était pas la panacée de l'univers. Certaines rivalités étaient trop profondes pour s'effacer, marquées à l'encre indélébile sur les cœurs des concernés.

Il était navrant de constater que quelques de ces rivalités étaient héréditaires.
Odin et Vili. Thor et Tyr.

Ah, Thor... N'était-il pas merveilleux, le Tonnerre ? De bâtard, il s'était élevé au rang de Prince Doré, avait ravi les cœurs des dieux comme des hommes, et raflé les titres avec autant d'aisance qu'un enfant cueillait des fleurs. À présent Haut-Roi d'Yggdrasil, le poids de l'Arbre-Monde et de ses millions d'âmes pesait sur ses épaules. Il avait surpassé, et de bien loin, tous les espoirs que son paternel avait placé en lui, il semblait bel et bien être le Sauveur que les Nornes lui avaient présenté lorsqu'il s'était rendu jusqu'à elle. Hélas... Hélas, pour élever Thor, il lui avait fallu sacrifier Tyr. Un sacrifice auquel Odin avait consenti, et à l'époque sans le moindre sursaut de conscience, sans le plus petit des remords. Il avait agi non pas en tant que père, mais en tant que roi. Un roi qui n'avait point laissé ses sentiments personnels l'influencer, un roi qui avait choisi Yggdrasil plutôt que la chair de sa chair. Ce n'était que bien plus tard qu'étaient venus les regrets. Point d'avoir agi comme il le fallait, mais d'avoir condamné son enfant à une place bien peu confortable. Celle de puîné. Pis encore, il avait privé son héritier légitime de la totalité de son héritage. Il lui avait préféré un bâtard, et n'avait pas même fait l'effort de lui accorder le même temps qu'à ce dernier. Il aurait pu, pourtant. Aurait , sans le moindre doute. Mais à quoi bon élever Thor et Tyr ensemble, à quoi bon s'éreinter à leur prodiguer les mêmes enseignements, alors qu'il n'y avait qu'une place sur le trône... ? Il ne l'avait réalisé que bien trop tardivement, mais il était avait lui-même été la flammèche qui avait allumé l'incendie de rivalité entre ses deux premiers enfants. Et il n'avait pas cherché à l'éteindre, il l'avait laissé se propager, sans prendre conscience qu'un jour, le brasier le dévorerait lui aussi.

Il ne s'en était pas caché, Thor était et resterait incontestablement son favori. Pour autant, et s'il n'était pas aisé de le deviner... Il aimait Tyr d'un amour tout aussi inconditionnel. Il ne savait simplement pas comment le lui faire comprendre, preuve s'il en fallait qu'il ignorait parfaitement comment s'y prendre avec son cadet. Si Odin n'était qu'une figure distante et froide, l'inverse n'était pas moins vrai. Il semblait cependant plus que temps d'enfin enterrer la hache de guerre, de briser le mur de glace que les siècles avaient érigé entre eux. Ainsi, alors que Nótt commençait toujours à étendre sur voile de ténèbres sur les mondes, Odin avait fait mander le jeune dieu dans ses appartements. Frigga s'était éclipsée au moment qu'elle avait jugé le plus opportun, laissant son époux se tenir droit devant l'immense fenêtre de leurs appartements, dos au reste de la pièce, les mains jointes dans le dos. Silencieux et le cœur lourd comme une pierre, Odin avait attendu l'arrivée du jeune dieu, presque inquiet à l'idée que celui-ci ne daigne lui faire l'honneur de sa présence. Après tout, il n'était plus son roi, seulement son père. Un père qui méritait bien peu d'égards.

Et pourtant... Il sentit la présence du prince avant qu'on ne l'ait annoncé, brusquement l'atmosphère de la pièce sembla plus lourde, chargée d'amertume. Un sourire emprunt d'une tristesse millénaire étira les lèvres du père, qui ne fit pas volte-face immédiatement. « Tu as toujours été un enfant silencieux. Le plus silencieux de ta fratrie... Même lorsque tu n'étais qu'un nouveau-né, c'était à peine si tu larmoyais. Bien au contraire de ton frère, qui rendait sourdes toutes ses nourrices et nous avec. Tu étais si silencieux que ta mère ne cessait de se pencher au dessus de ton berceau pour s'assurer que tu allais bien. Ton calme était déconcertant... » Lui et Thor avaient toujours été de parfaits contraires, depuis le jour même de leurs naissances respectives. Un profond et long soupir plus tard, Odin se retourna pour faire face au dieu. Modeste et mesuré jusque dans son apparence physique, Tyr contrastait avec ses frères, particulièrement Thor et Balder, desquels semblait émaner une vive lumière en permanence. Ce que dégageait Tyr était différent ; sérénité et tempérance. Sans oublier une prestance sans pareille, car il ne fallait pas moins en attendre de la Justice personnifiée. D'un large geste du bras, Odin désigna les sièges qui se présentaient à eux, autour d'une petite table de bois et de bronze, sur laquelle se trouvait une coupelle de pommes d'or. « Je ne suis plus ton roi », commença-t-il sur un ton qui se voulait posé, quoique sa voix ne trahisse une étrange nervosité. « Ce qui veut dire que j'ai enfin le droit de reprendre la place que je n'ai que trop longtemps négligée. Celle de père. Je n'en ai été qu'une grotesque imitation pour toi, et ta mère fut contrainte d'assumer ce rôle en plus du sien. » Les Nornes savaient à quel point il les louait d'avoir un jour mis Frigga sur son chemin. « Il me semble qu'en plus d'excuses, je te dois des explications. Tu les trouveras probablement tardives, mais il vaut mieux tard que jamais, et je ne puis plus supporter le poids de ma conscience et des remords qui l'accompagnent. Aussi répondrai-je avec sincérité à la moindre de tes interrogations, je ne doute pas que tu en aies une pléthore... Mais avant tout autre chose, le plus important. Tu es mon fils, Tyr. Aussi mauvais parent que je sois, je n'en reste pas moins un, et je puis te le jurer, je t'aime autant qu'il est possible pour un père d'aimer son fils. Tu es ma chair, mon sang, et si je ne nie pas avoir fait un étalage exagéré de mon affection pour ton aîné, tu ne la possèdes pas moins. »


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MessageSujet: Re: No love is greater than that of a father for his son   Sam 18 Avr - 22:09




No love is greater than that of a son for his father


Les écuries du palais étaient un endroit paisible et à l'atmosphère réconfortante, du moins l'étaient-elles pour lui qui s'était toujours senti plus à son aise en compagnie des bêtes qu'en compagnie de ses semblables. Sans doute car les relations que l'on pouvait entretenir avec un animal étaient somme toute bien moins complexes et sujettes aux déceptions.

Contrairement à ce que l'on pouvait penser en observant son bras trop court, Fenrir n'avait pas entièrement échappé à cette règle qui était sienne. Longtemps, Tyr avait été la main qui nourrit, la main qui se tend, comme si tout n'était pas déjà écrit, comme si le cours des choses avait la moindre chance d'être altéré. Et cette main, il avait fini par la lui céder pour de bon, en échange de sa liberté. La boucle s'était ainsi bouclée, et lorsque l'on observait l'histoire dans son ensemble, on y trouvait rien d'autre qu'une implacable logique, comme si chaque événement n'avait été qu'un pavé de plus sur le même chemin.

Que cela soit avec Thor ou avec Sif, Tyr ne parvenait pas à distinguer le moindre chemin. Ce n'était que brume et incertitude, d'interminables tergiversations faites de hauts trop hauts et de bas trop bas qui s’emboîtaient à peine les unes avec les autres. Depuis les récentes conversations qu'il avait entretenues avec l'un et l'autre juste avant le couronnement de son aîné, son esprit prolixe n'avait eut de cesse d'analyser et de décortiquer jusque dans leurs moindres détails ces quelques scénettes un rien houleuses. C'est à nouveau ce que son esprit s’attelait à faire tandis qu'il brossait vigoureusement la crinière sable de son étalon, en quête d'un peu de quiétude qu'il ne serait décidément pas destiné à trouver, ni maintenant ni avant longtemps.

-Mon Prince ? l’interpella un domestique pour lui annoncer que son Père le mandait dès à présent.

L'information ne manqua pas d'étonner le guerrier, dont l'esprit avait tant et si bien été accaparé par Sif et son frère, qu'il en avait presque oublié le vieux. Tout d'abord, méfiant à dire vrai, il s'interrogea sur les raisons de cette invitation, et aussitôt - l'habitude sans doute - il en vint à blâmer mentalement Thor. Il s'imagina que cet idiot avait rapporté à Odin leur fameuse dernière discussion et que celui-ci le mandait pour le réprimander de son indécrottable manque de tact et de coopération. Il reconnaissait humblement que c'était la vérité (après tant de temps passé à y réfléchir il valait mieux) mais tout de même, si jamais Thor avait tout rapporté à Odin comme un enfant, il irait lui demander réparation dès son entretien avec leur géniteur terminé.

Il réalisa qu'il était complètement dans le faux dès qu'il eut posé un premier pied dans les appartements de ses parents. Il était rentré telle une ombre, et sur la défensive, persuadé qu'il était de ses idées préconçues. Néanmoins dès qu'il eut passé la porte, l'atmosphère le déconcerta, et il le fut plus encore lorsque ses yeux bleus nuit rencontrèrent le dos et la chevelure d'argent de son père. Il y avait quelque chose d'inédit dans ce que dégageait cette rencontre, et les premières paroles prononcées par Odin le lui prouvèrent.

Déconcerté, il le fut plus encore, et comme souvent dans ces cas-là, il observa un parfait mutisme, le dos droit comme une flèche et le fasciés indéchiffrable. Tout stratège qu'il était, il fut incapable de prévoir vers quoi se dirigeait son père avec une introduction pareille, et c'est sans doute pour cette raison que le premier sentiment à se dégager clairement en lui fut de la crainte. Et la suite ne fut pas pour le rassurer.

Le prince doutait rarement de ses oreilles mais c'était présentement le cas. Plusieurs scénarios saugrenus lui passèrent par la tête. Que Thor avait fait demander son exil et qu'il laissait le soin à Odin de le lui annoncer. Que Loki s'était introduit jusqu'ici et qu'il se présentait à lui sous l'apparence de leur père afin de le moquer de la plus cruelle des manières. Mais il frôlait la paranoïa et c'était en soit risible que de pareilles élucubrations lui semblent pourtant plus vraisemblables que la plus simple des vérités. Celle qu'il avait attendue de tout temps et qui surgissait pourtant de nulle part sans qu'il n'ait rien vu venir.

Ébranlé, il fut compliqué de conserver une mine neutre et ce malgré son savoir faire en la matière. Ses sourcils se crispèrent et ses épaules s'affaissèrent quelque peu. C'était idiot. Ce dialogue, il l'avait eut mentalement un bon milliard de fois, un bon milliard de fois il s'était imaginé ce moment utopique où son père se rendrait enfin compte de son existence, et toutes les innombrables choses qu'il aurait alors à lui confier. Des reproches, des regrets, des remontrances, bien sûr, mais pas que. Loin de là. Sif avait été l'unique personne qu'il était parvenu à aimer plus qu'il n'aimait Odin. Et comme celui-ci le faisait lui-même remarquer, il était vrai qu'il avait également de bien nombreuses questions à poser. L'unique problème c'est que pour le moment, il revenait encore de sa surprise et se trouvait la tête bien vide.
C'est qu'au fond, il s'était joué tous ces dialogues mais n'avait jamais un seul instant envisagé que le moment s'encre un jour dans la réalité.

Avant d'ouvrir la bouche, il se laissa donc tout d'abord tomber sur l'une des chaises que lui avait tout juste désigné son père. Il parlait de remords, de conscience, d'excuses et d'explications, tous ces mots s'entrechoquaient tant et si bien dans son crâne qu'il fut presque tenté de déguerpir. Une part de lui brûlait d'aller de l'avant dans cette discussion aux accents uniques, et une autre part craignait plus que tout ce que son père allait bien pouvoir lui confier. Pour lui, cela ne faisait aucun doute : si Odin prenait la peine de s'adresser à lui de cette manière... c'est que ce qu'il avait à lui dire serait pénible à entendre. C'est du moins ce que ses peurs lui soufflaient sournoisement à l'oreille et c'est justement pour s'en débarrasser qu'il ouvrit la bouche.

-S'est-il... s'est-il passé quelque chose Père ? ... Je ne peux me défaire de l'impression que vous vous apprêtez à m'annoncer un drame, confia-t-il d'un ton soucieux. Quel genre de questions voudriez-vous que je pose ?

En soi, c'était une toute première question qu'il n'était pas inutile de poser, même si la remarque pouvait sembler un rien idiote. Des questions, il en avait en effet des tas, mais elles concernaient tant de sujets divers et variés qu'il était bien inimaginable qu'Odin ait prévu de répondre à chacune d'entre elles. Ils en auraient eut pour des années, sans exagération.
Non, il y avait un but plus ou moins précis à cette rencontre, et comme son père lui avait confié bien des choses bouleversantes, mais n'avait pas jugé bon de lui dire clairement ce qu'il fichait là, il lui fallait d'abord le comprendre.

Reprenant un rien ses esprits, sa logique se remit en marche et la meilleure probabilité lui apparue enfin :

-Faites-vous référence à Jord ?

(c) Bloody Storm



Tyr.
He asks for neither praise nor glory, boasts not with mighty words in the Hall. He asks nothing but stands firm, steering His way clearly through murky waters. He is mighty, this God, His glory found in His sword and the hand He sacrificed. I will hail Him as He faces the wolf, this warrior who betrays for honor’s sake.
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MessageSujet: Re: No love is greater than that of a father for his son   Jeu 30 Avr - 4:01


No love is greater than that of a father for his son

De tous ses enfants, Tyr était celui qu'Odin ne parvenait pas à cerner. D'aucuns jugeaient la Justice d'une simplicité affligeante, mais son paternel savait pertinemment qu'il n'en était rien. Son puîné affichait toujours le même air sévère derrière lequel nulle émotion ne transparaissait, et le silence semblait être un bouclier dont il ne se séparait que trop rarement. En somme, Tyr était parfaitement indéchiffrable, et son père n'avait qu'une idée trop vague de la façon dont il fallait s'adresser à lui. Cette triste situation, il n'y avait guère qu'à lui-même qu'il pouvait la reprocher. Il n'avait jamais pris la peine de converser avec Tyr autrement que pour l'entretenir de sujets des plus sérieux, ceux qui ne laissaient guère de place au sentimentalisme ou à la légèreté. Une erreur de plus à ajouter à une liste qui n'en finissait plus de s'allonger... Tyr n'était hélas pas un cas isolé dans sa fratrie. Il n'y avait qu'une exception, qu'un sur sept qui avait échappé à l'indifférence apparente du Père de Tout. Celui qui siégeait à présent fièrement sur le trône d'Asgard, celui pour lequel les Neuf Royaumes s'étaient déchirés. L'exception avec laquelle la Justice n'avait jamais fait que se quereller. Il était étonnant qu'il soit le seul à être plein de ressentiment à l'encontre de Thor, car il n'était certainement pas le seul à avoir souffert de l'absence et du détachement de son souverain et père. À présent, s'il n'était plus l'un, il restait l'autre, et ses fautes lui apparaissaient plus clairement que jamais. Ses fautes de père étaient ses responsabilités de roi, les décisions prises pour les royaumes à l'encontre du bien-être des siens. Il était à l'origine du manque de cohésion dans sa propre famille, à l'origine de ces drôles de clans qui s'étaient formés entre les frères et la sœur. Il ne se souvenait pas de la dernière fois où tous s'étaient retrouvés assis autour d'une même table pour partager un repas, c'était un passé si lointain qu'il lui semblait révolu et perdu. Divergences d'opinion associées aux diverses rancœurs qui animaient chacun ne faisaient pas bon ménage, si la paix régnait à présent sur Yggdrasil, il n'en était rien pour la famille royale, et sans doute n'était-ce pas prêt d'évoluer. À moins que, peut-être, il ne prenne le temps de réparer ce qui avait été brisé avec chacun de ses enfants. Recoller les morceaux d'enfances et d'espoirs brisés prendrait du temps, et nécessiterait de la patience, mais quoique les cicatrices seraient toujours visibles... Cela ne valait-il pas la peine de s'acharner ?

La méfiance et l'incompréhension de Tyr, Odin ne les comprenait que trop bien et il ne pouvait les lui reprocher. Par sa barbe, il aurait été bien surpris que le jeune dieu accueille cet entrevue autrement qu'avec scepticisme ! Un long soupir soucieux échappa à la Sagesse alors que son fils s'adressait à lui sur un ton pour le moins précautionneux. Il se gratta la barbe un instant, avant de secouer négativement la tête, un air tout aussi grave que celui de son puîné figeant ses traits. « Rassure-toi, je n'ai nullement l'intention de t'annoncer un quelconque drame, nous en avons et bien assez depuis l'hiver dernier. » Il espérait bien sincèrement qu'ils n'auraient plus à souffrir d'aucune tragédie avant au moins des siècles, non content de devoir cicatriser, les cœurs et les esprits des Ases devaient également s'apaiser. « Tes questions... Ah, sans doute ferais-je bien de t'expliquer ce que tu fais assis en face d'un roi déchu avant de te noyer dans un océan d'incompréhension. » Cela n'aurait pas été la première fois, mais il était cette fois-ci déterminé à faire en sorte que les choses soient limpides pour le jeune dieu. L'évocation de Jörd faillit le faire grimacer, ce nom à lui seul symbolisait sa plus grande réussite comme ses plus grands échecs. « Jörd... Jörd, Thor, Frigga, moi-même, les royaumes... Si je t'ai demandé de venir me retrouver, c'est pour répondre aux interrogations que tu es trop poli et trop respectueux pour m'adresser. » Mais il n'était pas dupe ; à la place du jeune dieu, lui-même n'aurait pas résisté si longtemps à l'envie d'accabler son propre paternel de reproches virulents et de questions impatientes d'obtenir des réponses. Il n'avait jamais eu à le faire, car à l'instar de Thor avec lui-même, il avait été le favori de Bor. « Sans doute as-tu passé ces quinze derniers siècles à te demander pourquoi je t'ai préféré un enfant illégitime. » Bâtard était un mot qu'Odin avait banni de son vocabulaire le jour où Thor était venu au monde ; pour autant c'était bien à celui-ci que Tyr devait songer. Le récit de l'altercation entre ses fils à Vanaheim près d'un an auparavant était parvenue à ses oreilles, et quoiqu'il n'ait jamais confronté l'un ou l'autre à ce sujet, il savait quelle insulte avait échappé au puîné, tout comme il savait qu'un véritable drame n'avait été évité que grâce à Sif.

Odin détailla longuement son fils de son unique œil, puis il soupira longuement. « L'histoire que je m'apprête à te conter est la même que j'ai offerte à Thor lorsqu'il est venu me trouver après que Jörd se soit adressée à lui. Elle t'apportera, je l'espère, les réponses que tu attends. Mais il me faut tout d'abord te prévenir : la vérité, quoique valant mieux que le plus doucereux des mensonges, peut être bien cruelle... Mais tout comme ton aîné, je gage qu'elle te satisfera davantage que les non-dits et autres dissimulations dont je me suis rendu coupable. » Il se tut un instant, laissant à Tyr quelques instants pour se préparer aux révélations sur le point de suivre. S'être déjà confessé à Thor ne rendait guère les choses plus facile la seconde fois, bien au contraire. Il s'était attendu à la colère et à la déception du Tonnerre, mais il ignorait tout bonnement si Tyr daignerait faire autre chose que hausser un sourcil circonspect. « J'ai presque régné cinq mille ans avant que mon premier enfant ne voie le jour. Cinq mille ans. J'aime à penser que je suis un homme patient mais vois-tu, après tant de temps, ma patience s'est muée en crainte... La crainte qu'aucun héritier ne vienne au monde, la crainte que ma lignée s'achève à ma personne. Il paraissait cruel de la part des Nornes de n'accorder aucun enfant à la Maternité personnifiée, mais leur perfidie n'est plus à prouver. » Le ton était lourd, tout comme l'étaient ses paroles. « Tu n'ignores évidemment pas que ton frère et toi êtes nés à seulement quelques semaines d'intervalle. Un premier né illégitime et un puîné légitime... Un sac de nœuds sans pareil, qu'il me fut particulièrement difficile de démêler. J'ai fauté, je et cette faute, je l'ai toujours assumée. Je ne voulais cependant pas voir mes enfants en payer le prix, pas après tant de millénaires à vous attendre. » Il soupira longuement, comme s'il cherchait à expirer la peine qui lui tordait les entrailles. « Hélas, il me fallait faire un choix... Faire de l'un de vous mon héritier. Crois-moi, ce choix ne fut pas aisé, je n'envisageais alors pas de te priver de ton héritage, pas plus que je n'avais l'intention et l'envie d'humilier ta mère. » L'histoire avait été écrite depuis, c'était Thor qui portait la couronne et non pas Tyr.

« En tant que père, j'étais parfaitement incapable de choisir, de préférer l'un à l'autre. Je me suis donc rendu aux racines d'Yggdrasil pour rencontrer les Nornes. Je désirais qu'elles m'éclairent quant à l'avenir, mais avec ces harpies, rien n'est jamais gratuit. » Un petit rire triste le secoua, avant qu'il ne tapote son cache-œil d'un doigt. « J'ai sacrifié mon œil pour la connaissance, certes... Mais avant tout pour toi et ton frère. Je désirais savoir lequel de vous deux ferait le meilleur souverain. » Sa phrase s'était achevée sur un murmure, il était presque honteux d'adresser ces paroles à Tyr, car ce qu'elles sous-entendaient pour lui était terrible. Ce pan de l'histoire, il l'avait volontairement omis lorsqu'il s'était adressé à Thor, tout comme il omettrait à présent ce qui concernait ce dernier, certains détails leur appartenant personnellement. « Je ne dis pas que tu aurais été un mauvais roi, loin s'en faut. Cependant... Tu n'aurais pas été celui dont Yggdrasil a besoin. Ton sens de la Justice, ta perspicacité et tout ce qui fait de toi le meilleur dieu de la Guerre dont les Neuf Royaumes peuvent rêver aujourd'hui auraient coûté ta perte, et ta chute aurait entraîné celle de tout Yggdrasil... Je le dis, et je le répète encore, mais le titre de prince n'est en rien semblable à celui de roi. Et puis... Tu aurais été malheureux. Je te prie de me croire, la vision de ton malheur me fut plus difficile à supporter que la chute d'Yggdrasil. Tu es mon enfant, et tu n'étais pas encore né qu'il aurait fallu que je te condamne à une existence pitoyable et solitaire... ? » Il secoua vivement la tête. « Grands dieux, non. J'ai préféré te priver du titre d'héritier, m'attirer ton mépris et donner naissance à la jalousie que tu éprouves pour ton frère plutôt que cela. Quand bien même tu ne penses sans doute pas être le plus heureux des hommes aujourd'hui, quand bien même tu crois avoir été injustement privé de tout ce qui te revenait de droit par ton aîné, tu es infiniment plus chanceux que tu ne l'aurais été si je t'avais légué la couronne. » Odin ferma les yeux une poignée de secondes, comme épuisé son discours, et les émotions qui le submergeaient par vagues. « J'ai agi autant en tant que souverain qu'en tant que père. En choisissant Thor comme mon héritier, je le sauvais d'une vie de sauvage en compagnie de Jörd, et j'offrais aux royaumes le souverain qui repousserait le Ragnarök des millénaires durant. Et en ne te choisissant pas, je t'épargnais une existence de misère et t'offrait une chance de gagner le bonheur et la sérénité que je souhaite pour chacun de mes enfants. Ne crois pas que j'aie nié toute ta valeur en accordant la couronne à ton frère. Au contraire, je n'ai voulu que la sauver. »


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MessageSujet: Re: No love is greater than that of a father for his son   Sam 2 Mai - 19:38




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Odin eut beau lui assurer qu'il ne serait pas l’annonciateur d'un drame, Tyr ne put faire que conserver l'air soucieux qui plissait son front et durcissait sa mâchoire. A raison d'ailleurs car l'introduction du père de tout vint aussitôt réveiller d'antiques malaises qui sommeillaient en lui depuis des siècles et qui firent vibrer jusqu'aux racines inconscientes de son esprit. Pourquoi lui avait-il préféré un bâtard ... ?
La réponse à cette seule question avait quasiment régit son destin tout entier. Peu importe donc, que le récit soit dramatique ou pas. Quoi que lui révélerait son père, il en ressortirai forcément ébranlé.

D'un profond soupir, il s'arma donc le coeur, et sans l'interrompre une seule fois, laissa son géniteur l’entraîner lentement là où il avait enterré tous ses plus vieux démons. L'observer les déterrer un à un le mortifiait et en même temps, quelque chose en lui avait parfaitement conscience de la nécessitée absolue de l'opération.
Ce n'est que lorsque la question de l'héritage fut abordée que Tyr se mit à découvrir des détails inattendus et un pan de l'histoire qui lui était jusque là inconnu. C'était en tout les cas la toute première fois qu'il entendait clairement son Père affirmer qu'il l'avait privé de ses droits sur le trône. Jusque là, jamais cette question n'avait été abordée de vive voix, du moins pas avec lui. De son côté, cela n'avait jamais été qu'une déduction, quelque chose de tacite qui lui était apparu très tôt et avec lequel il avait toujours vécu comme étant sa normalité.

Sa réaction fut plus vive lorsque Tyr réalisa dans quel contexte Odin avait fait don de son oeil, et aussitôt son coeur s'emballa tel un cheval fou et sa bouche se fit plus aride que Svartalfheim.
Le meilleur souverain. Ces quelques mots à eux seuls résumaient la réponse dans son ensemble. Odin aurait presque put s'en tenir à cela, du moins c'est ce que songea son fils, car c'est ce qu'il avait toujours soupçonné et il en avait à présent la confirmation.

La suite du discours d'Odin se perdit dans le sifflement aigu de ses oreilles et ne lui apparu que comme de vaines tentatives d’adoucir les angles tranchants de ses révélations. La pièce cruciale avait été donnée, le reste n'était qu'un brassage de vent parfaitement inutile et qui ne l'atteignit pas le moins du monde, même si chaque mot avait tout de même été entendu et compris. Sa confusion rendait ses pensées chaotiques et le sang dans ses veines semblait s'être transformé en glace, pourtant quelque chose de logique et d’implacable continuait de fonctionner quelque part en lui.

Le regard qu'il adressa à son père à cet instant aurait pu sembler hagard ou lointain, mais il soulignait surtout l'intense réflexion qui était sienne tandis que se révélaient à lui toutes les ramifications de cette histoire. Par lui-même, il tirait les conclusions et faisait les connexions entres les différents événements, passés et récents, qui avaient résultés de tout cela. Jord, Angeya, l'affrontement dans les plaines de Nornheim, tous ces troubles, ces vies déchirées ou tronquées, les coeurs endeuillés, toutes ces conséquences qui avaient ébranlés Yggdrasil jusque dans ses fondements...

-Je n'aurai jamais dû naître..., réalisa le jeune Dieu comme s'il venait de mettre le doigt sur une vérité fondamentale. C'est limpide à présent. Je n'aurai jamais dû naître, cela aurait été bien plus simple pour vous. Pour tous le monde. Vous n'auriez pas eut à faire tout cela, vous n'auriez pas perdu votre oeil, Jörd n'aurait jamais eut à subit plus d'un millénaire d'enfermement et d'oubli, les neufs vagues seraient toujours neuf et toutes les vies perdues lors de la bataille auraient été épargnées. Puis relevant ses yeux bleus nuit sur le fasciés buriné du vieux Dieu, la voix de Tyr se fit presque un murmure : Et vous seriez toujours roi... Déglutissant péniblement, il laissa la culpabilité se répandre dans son système tel un poison douloureux avant de reprendre : ... vous auriez dû me tuer dès la naissance, c'aurait été un bien moindre mal.

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Tyr.
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MessageSujet: Re: No love is greater than that of a father for his son   Dim 10 Mai - 3:32


No love is greater than that of a father for his son

Ils étaient trop différents. Trop différents pour se comprendre, trop différents pour s'entendre. Si la vérité avait fait office de révélateur pour Thor, elle ne serait que destructrice pour le puîné qui semblait avoir une aussi piètre estime de lui-même que de son aîné. Le moindre effort de réconciliation était-il donc voué à l'échec... ? Tyr était aussi borné qu'il était navrant, aussi touchant qu'il était désespérant. Sans doute avait-ce été une erreur que de lui offrir la vérité dénudée de tout embellissement... De toute évidence, le jeune dieu n'était pas plus prêt à l'entendre qu'il ne l'était à l'accepter. En fin de compte, il s'était fourvoyé, à vouloir traiter ses fils de façon équitable, il avait fait une erreur... Égalité n'était pas Justice, mais aurait-il réellement été plus juste de laisser Tyr se torturer éternellement de questions auxquelles il n'y avait que son paternel pour lui apporter les réponses ? Une fois de plus, Odin s'était trouvé avec un sac de nœuds entre les pattes, et n'avait pas été capable de le démêler correctement. Par les Nornes, il était bien plus difficile d'être père qu'il ne l'avait jamais été de gouverner les Neuf Royaumes ! Il espérait sincèrement que Thor n'aurait jamais à faire face aux mêmes soucis avec sa progéniture, sans quoi il aurait lui aussi des cheveux blancs avant l'heure. Il semblait déjà avoir posé de bien meilleures bases avec sa fille, et son épouse par la même occasion. Épouse sur laquelle Tyr n'avait jamais cessé de lorgner, Odin ne le savait que trop bien... Par la barbe de Bor, existait-il quoi que ce soit que ces deux là ne s'étaient pas disputés ? Thor et Tyr étaient comme un lion et un ours qui n'avaient de cesse de s'affronter, et entre la fierté disproportionnée de l'un et le désenchantement total de l'autre, il y avait de quoi en perdre la raison.

Les quelques paroles que prononça le fils outrèrent à ce point le père que celui-ci ne put s'empêcher de frapper brutalement du point sur la table, à la fois pour le faire taire et lui signifier son mécontentement. « Que Fenrir me bouffe avant l'heure si j'entends davantage de ces inepties ! As-tu perdu la tête, fils ? N'as-tu rien écouté de ce que je t'ai raconté... ? Ma parole, toi et ton frère êtes plus semblables que vous ne voulez bien l'admettre, aussi bornés dans vos idées l'un que l'autre ! » Et ce n'était pas de leurs mères respectives qu'ils avaient hérité de ce trait, hélas. Odin se leva si brusquement qu'il manqua d'en renverser son fauteuil, et appuya ensuite ses poings sur la table, dominant ainsi son fils de toute sa hauteur. Sourcils froncés, il posa son unique œil sur la mine dépitée de son cadet, qu'il se retint de secouer par les épaules dans l'espoir de lui remettre les idées en place. « As-tu perdu l'esprit ? Je me pose sincèrement la question, car il semblerait que tu aies égaré ta raison et ton bon sens en cours de réflexion ! Faut-il que tu sois bourré de fausses idées et d'une bien piètre opinion de toi-même pour en arriver à pareille conclusion ! » Odin grogna à la manière d'un lion agacé par le comportement de son lionceau, puis il se massa longuement l'arrête du nez en secouant la tête. « Si ta mère t'entendait, elle t'aurait expédié au Valhalla d'une bonne paire de claques ! Te tuer à la naissance ? Ne manque plus qu'une déclaration d'amour de Loki et j'aurais tout entendu ! » Il avait eu bien moins de peine à composer avec la rage de Thor qu'il n'en aurait à raisonner un Tyr à ce point désillusionné qu'il en venait à la conclusion que sa mort prématurée aurait tout arrangé. « J'ai sacrifié mon œil avant ta venue au monde, j'ai pris la décision d'enfermer Jörd avant également... Rien de tout ceci n'a quoi que ce soit à voir avec toi, vif ou mort, les conséquences de mes décisions nous auraient conduits jusqu'à la guerre. Certaines choses sont inévitables, ce qui doit être sera, c'est ainsi depuis l'aube des temps ! » Et cela le serait même après que le Ragnarök ait ravagé les mondes.

Avec brusquerie, Odin saisit Tyr par le col pour le mettre sur ses pieds. Le contact était loin d'être affectueux, mais le jeune dieu semblait avoir besoin de fermeté plus que de tendresse. « Es-tu un homme ou un gamin jaloux et pleurnichard ?! » La question était purement rhétorique, quoi qu'il ne soit pas toujours évident de le voir à la première impression. « Cesse donc de te comparer à ton frère, veux-tu bien ? Tu ne prendras jamais ta place, pas plus qu'il ne prendra un jour la tienne ! Certes, Thor était mon héritier, Thor est à présent roi, Thor est aimé des peuples et a épousé Sif... Il n'y a rien d'étonnant à ce que tu aies une si piètre opinion de toi-même si tu ne fais que te mettre en compétition avec lui ! J'ai ma part de responsabilités, j'en ai bien conscience, mais vous deux tout autant ! Tu n'es pas personne, de quelle façon dois-je te le dire ? » En haussant le ton et en le vitupérant comme un enfant, de toute évidence. « Tu es fils du Père de Tout et de la Reine Mère, prince d'Asgard, dieu de la Guerre et de la Justice... T'en faut-il davantage encore ? Si tu n'étais pas à ce point focalisé sur ton aîné, tu entendrais les louanges que l'on chante en ton honneur, tu entendrais les peuples louer ta bravoure et ton sens de l'honneur... Nul n'a oublié que tu fus le seul suffisamment courageux pour affronter Fenrir, et plus récemment le Fléau d'Aegir... Tu ne peux être à ce point sourd et aveugle ! » Il s'écarta soudain, et afficha un air profondément navré et déçu à la fois. « Cesse de te sous-estimer parce que tu as la place de second. Il n'y a nulle honte à être second. As-tu jamais entendu Balder se plaindre de sa place de dernier... ? Assez, Tyr, assez. Pour chaque pas vers toi que ton frère fait, tu en fais deux en arrière. Que feras-tu, lorsque tu seras dos au mur, hm ? Laisse ta rancœur de côté avant qu'elle ne finisse par t'étouffer comme de la mauvaise herbe étouffe un rosier. Sois un homme, un prince, un fils et un frère. »


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MessageSujet: Re: No love is greater than that of a father for his son   Mar 12 Mai - 16:20




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Le poing que son père abattit sur la table le transperça d’un éclair glacé par la surprise. Elles devaient se compter sur les doigts de son unique main, les fois où Odin avait élevé la voix de cette manière avec lui. Il avait de tout temps été l’obéissance même, trop sage, trop effacé pour s’attirer les foudres paternelles. Il l’avait bien souvent vu réprimander Loki ou bien Hermod, mais l’ancien roi n’avait jamais eut besoin d’hausser la voix avec le puîné. Ce temps était vraisemblablement révolu et le ton coléreux que prenait l’entrevue emplissait Tyr d’un malaise honteux. Comme Odin le surplombait maintenant de toute son imposante stature, il lui semblait avoir perdu plus de mille ans et ne plus être qu’un gamin prit en faute. Un sentiment qu’il n’avait connu que dans le principe et jamais dans la pratique jusqu’à ce jour. D’ailleurs, le fils ne fut pas capable de soutenir le regard impérieux du père bien longtemps. Il lutta quelques longues secondes pour garder ses iris campées dans celles de son géniteur, mais fini par capituler et par laisser son regard se perdre lentement dans un vide qu’il ne voyait même pas. Ses yeux ne lui servaient pour l’instant plus à rien, son attention, son être tout entier n’était plus tourné que vers la voix tonnante d’Odin et l’essence de ses mots.

Comme toujours, il se retrouvait partager entre deux avis opposés. Une part de lui buvait les paroles de l’antique Dieu, car très honnêtement, il n’était pas fâché que son père prenne la peine de le contredire et de balayer les affreuses pensées de mort qui vibraient en lui actuellement. La seconde part, la plus belliqueuse, et peut-être pour le coup, la plus avisée, songeait qu’il manquait encore bien des informations et des explications à Odin pour que celui-ci se rapproche de la vérité.
Pour bien des choses, il n’avait pas tord, mais il se ratait complètement sur les motivations de son fils. Tyr aurait pu l’écouter ainsi des heures durant sans desserrer les lèvres pourtant. Seulement une phrase en particulier heurta ses oreilles et aussitôt, ses épais sourcils se froncèrent.
Son père avait dit quelque chose qui lui semblait tout particulièrement injuste. Et ce sentiment d’injustice l’obligea à sortir de son sempiternel mutisme. Ce n’était sans doute pas pour un mal, car des choses à dire, il en avait des tas, encore fallait-il qu’il les articule.

« Pour chaque pas vers toi… ? répéta-t-il d’un ton plus que dubitatif. De quels pas parlez-vous au juste ? lança Tyr avec autant d’agacement que d’incompréhension. Il avait bien du mal à se souvenir du moindre pas fait vers lui, si ce n’est tout récemment. Pourtant à écouter Odin, ce pauvre Thor lui avait tendu mille perches qu’il s’était bêtement et méchamment entêté à refuser, vil rabat-joie qu’il était. Voilà qui l’aidait à redorer son soi-disant égo malade et qui prouvait une fois de plus l’éternel parti prit d’Odin pour son cher héritier. Puis aussitôt, Tyr laissa tout simplement tomber, se passant la main sur le visage en un soupir lourd et découragé. Il était parfaitement inutile de creuser en ce sens, ou de provoquer une escalade de colère en se mettant sur la défensive. Il ne voulait pas quitter cette pièce dans les cris et la rancœur, car il faudrait qu’il le porte par la suite, et l’idée même lui semblait déjà bien trop lourde. Non, oubliez… Cela n’a pas d’importance. Aucune importance … il secoua la tête à la négative, puis releva les yeux sur son géniteur. S’il vous plait, rasseyez-vous, reprit le jeune Dieu d’une voix à nouveau calme, voir terne. Une fois que son père se fut exécuté, il chercha les mots justes, une manière d’exprimer ce qu’il voulait exprimer et qui ferait justice à l’idée qui se tenait derrière. Mais Odin allait-il seulement comprendre ? C’était là la vraie question, et Tyr n’avait aucun pouvoir là-dessus. Observant l’antique Dieu quelques instants comme s’il avait été une statue que l’on scrute, à nouveau il secoua la tête, par dépit cette fois-ci. J’ignore même comment vous expliquer dans quelle mesure vous vous méprenez. Il prit une courte pause avant de s’élancer : Je ne veux pas du trône. Je n’en n’ai jamais voulu. Pas vraiment du moins… Tout ce que je lui ai jamais jalousé c’est … il chercha le mot exact, se triturant les méninges et la barbe, avant que l’évidence ne lui apparaisse : … vous. C’était une évidence toute simple, presque idiote, et qui crevait les yeux selon lui. Pourtant dans le discours de son père, cet aspect des choses n’apparaissait nulle part. C’était néanmoins le cœur du problème. Il n’avait jamais vraiment été question que de cela en réalité… J’ai toujours fais absolument tout ce que vous m’avez toujours demandé, j’ai fais en sorte que vous n’ayez jamais quoi que ce soit à me reprocher, j’ai toujours cherché à vous satisfaire, à faire ce que vous attendiez de moi et plus encore, je n’ai jamais posé la moindre question ni rien fait pour vous embarrasser, dès que j’ai été en âge j’ai essayé de vous assister au mieux dans vos fonctions, d’assumer mes responsabilités, mais… il haussa légèrement les épaules, désarmé, cela n’a jamais été suffisant. Peu importe ce que je pouvais dire ou faire … il secoua la tête d’un air dépité qui termina à lui seul sa phrase. Puis il baissa les yeux sur la table. Par la suite je suppose que j’ai démissionné en quelque sorte. J’ai fini par penser que s’il y avait eut quoi que ce soit à voir chez moi, vous plus que tout autre l’auriez vu. C’était il y a longtemps, avant que je ne comprenne … qu’il vous arrive parfois d’avoir tord, ou de faire des erreurs. C’est quelque chose que je n’ai réellement compris que très récemment, et que je n’ai pas encore totalement accepté. Quoi qu’il en soit, à l’époque, c’était toute ma vérité. Il se laissa quelques courtes secondes de pause. Avec Loki, ça n’a jamais été la même chose mais… plus tard, quand Hermod est arrivé, j’ai fini par me dire que ce n’était peut-être pas totalement ma faute, que tout bêtement, ma seule, notre seule erreur c’était… de n’pas être Thor. Ce n’est pas quelque chose que je peux changer ou améliorer pour vous plaire, je l'aurai fait sinon, donc… il haussa doucement les épaules, jaloux de Thor ? Peut-être. Mais seulement parce que… les gens que j’aime le plus semblent avoir la fâcheuse habitude de ne voir que lui… »


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MessageSujet: Re: No love is greater than that of a father for his son   Sam 23 Mai - 7:52


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Sans doute était-ce la première fois en plus de quinze siècles qu'il vitupérait Tyr ; et il l'avait fait comme si le jeune dieu n'était qu'un enfant dont la jalousie fraternelle rendait fou son parent. Et si en un sens, c'était le cas, ce n'était malheureusement qu'un nœud parmi une pléiade de fautes et de méprises emmêlées les unes aux autres. Alors qu'il dominait encore le prince de toute sa grandeur, Odin se surprit à regretter l'absence de son épouse. À n'en point douter, Frigga aurait été en mesure d'expliquer clairement et calmement les choses à leur fils, et cela sans qu'il n'ait l'impression d'être une fois de plus dévalorisé face à son aîné. C'était à ne plus savoir quoi faire, il avait cru bien faire en empoignant le taureau par les cornes, mais de toute évidence il aurait dû se contenter de lui flatter l'encolure. Mais à présent que l’abcès était percé, il avait bon espoir de voir la situation se pacifier... A défaut de pouvoir empirer. Simplement parce que son fils le lui demandait, il reprit place sur son siège en soupirant longuement, comme s'il cherchait à expirer tous ses tracas – il aurait volontiers donné son second œil pour que les choses soient aussi aisées. Sa sacro-sainte Connaissance, il l'avait de toute évidence égarée lorsque ses deux premiers enfants étaient venus au monde à seulement quelques semaines d'intervalle, et la Sagesse n'avait pas tardé à suivre. Le Père de Tout pouvait se vanter de bien des choses, mais certainement pas d'être un parent exemplaire pour ses propres enfants, une situation qui ne manquait pas d'ironie mais qui aurait au moins eu le mérite de lui rappeler ce qu'était l'humilité, en plus de sa propre faillibilité.

Il haussa un sourcil sceptique lorsque le jeune prince confia n'avoir jamais voulu du fardeau qu'était le trône. Eh bien... ? Il l'avait perdu en cours de réflexion ; comment pouvait-il reprocher à Thor de lui avoir spolié son héritage s'il n'en voulait pas ? Tyr était décidément un mystère qui restait entier, que lui seul serait en mesure d'éclaircir, son paternel n'ayant guère envie de sacrifier ce qu'il lui restait de raison dans l'exercice. L'aveu du puîné acheva de le clouer au fond de son siège, il écarquilla son unique œil et afficha une mine profondément étonnée, et son cœur se serra d'affliction. Claquemuré dans un silence parfait, il écouta les confessions de Tyr avec la plus grande attention, chacun des mots du prince étant comme un surin qu'il enfonçait dans sa poitrine. Par les Nornes ! Il avait brusquement envie de se pendre au chandelier, accablé par la culpabilité de son ignorance. À trop vouloir le préserver, il s'était finalement rendu coupable de son malheur, était devenu source de ses plus grandes peines et cela sans jamais en prendre conscience. Silencieux, Odin le resta longuement, comme s'il s'était perdu dans ses pensées à mesure que le discours du jeune prince s'éternisait, mais il n'en était rien. S'il était bien perdu, c'était cependant dans les méandres de ses échecs. Plutôt que son fils, c'est le mur qui lui était opposé qu'il fixa d'un air absent, aussi immobile et pâle que les statues de marbre que l'on trouvait dans les jardins de son épouse. D'interminables minutes s'écoulèrent, sans que ni l'un ni l'autre n'ose énoncer la moindre parole. Près de six millénaires d'existence, et c'était les quinze derniers siècles qui l'accablaient...

« Tyr », soupira-t-il finalement faiblement, à l'instar d'un vieillard sur le point de rendre son dernier souffle. « Je suis profondément navré. » Des excuses ? Trop tardives, sans doute, et pathétiques par la même occasion. Ce n'était pas la vérité qu'il devait à son puîné, mais de véritables excuses qu'il n'avait que trop attendues. « Navré que mon attitude à ton égard t'ait poussé à croire que tu n'avais pas la moindre valeur. Cette distance entre toi et moi, entre tes frères et sœur et moi n'est point de votre fait, de votre responsabilité... Et cela n'a strictement rien à voir avec ce que vous êtes ! Grands dieux, non. Je suis un piètre parent, mais pas au point de dénigrer les qualités évidentes de mes enfants. Crois-tu sincèrement que je t'aurais nommé déité de la Guerre et de la Justice si tu n'étais qu'un incapable... ? Je l'ai fait parce que dès ton plus jeune âge, tu as montré d'exceptionnelles qualités en ces deux domaines. » Un sourire, empli d'une certaine fierté, étira les lèvres de l'ancien souverain. « Comment as-tu jamais pu douter de ta valeur, quand ton nom a su si rapidement trouver sa place dans le cœur des hommes ? N'est-ce pas ton nom qu'ils invoquent avant chaque bataille ? Toi qui préside leurs assemblées ? » La perception de Tyr était altérée, à trop jalouser son frère, il était passé à côté de ses propres qualités. Il s'était rendu aveugle, et si Odin était à blâmer, il n'était cependant pas le seul. Tout grand homme qu'il soit devenu, c'était la jalousie d'un enfant que Tyr ressentait et avait laissé le persuader de choses qui n'étaient vraies que dans son esprit de fils délaissé. « Ni toi, ni tes frères, ni ta sœur, n'avez jamais commis la moindre erreur. Mon affection vous a fait défaut, mais je t'interdis de douter de mon amour pour vous. » Il secoua la tête, leva les yeux au ciel. « Par Ymir, pourquoi crois-tu que j'ai été incapable d'exécuter Loki... ? Qu'il soit de mon sang ou non, qu'il me haïsse ou non, il reste mon fils. Mon plus grand échec, certes... Mais mon fils tout de même. » Certainement aurait-il mieux fait de ne jamais révéler ses véritables origines au garçon, cela avait été une erreur monumentale... Loki avait toujours été un farceur avéré, ses plaisanteries étant parfois à la limite du mauvais goût, mais tout n'avait réellement changé qu'après qu'Odin lui ait avoué être le fils des plus grands ennemis d'Asgard. Le sang que le Jötun avait sur les mains, c'était Odin qui avait dû l'essuyer.

« Crois-tu sincèrement qu'il soit plus aisé d'être l'enfant illégitime du roi que son puîné ? Hm ? Thor est peut-être mon premier fils, mon héritier, mais pendant des siècles, il n'a été que mon bâtard. » Le qualificatif arracha une grimace à l'homme. « Un bâtard promis au trône d'Asgard. Ce n'est pas par préférence pour lui que je lui ai accordé toute mon attention. Je la lui ai accordé parce que préparer un homme à monter sur le trône de l'univers prend du temps. Des siècles. Ton frère et toi, vous êtes aussi différents que Sól l'est de Máni. Inutile de le nier, il est aussi impatient que tu es patient, aussi peu diplomate que tu l'es, et plus prompt à charger qu'à négocier... Mais c'est un homme bon, généreux et bien plus sensible qu'il n'y paraît... Je t'en prie, ne laisse pas mes erreurs fausser votre relation. Vous êtes frères, vous êtes tous deux de mon sang et rien ne me peine davantage que de vous savoir si opposés l'un à l'autre par ma faute. » Il se gratta la barbe un instant, songeur. « Je sais qu'il a cherché à te tendre la main après que tu l'aies... ramassé dans nos couloirs. » Il avait encore bien du mal à visualiser la scène ; qu'importe que Frigga la lui ait décrite une centaine de fois. « Je sais que Sif a fait de même, peu de temps après... Je sais que tu les as repoussés l'un et l'autre. » Ah, Sif... Comme si la situation n'était pas suffisamment compliquée, il avait fallu que les Nornes mêle une femme à l'affaire. « Mon frère Vili... Était épris de ta mère. Je crois qu'il ne m'a jamais pardonné de la lui avoir... . Non pas que l'on puisse voler une femme, par les Nornes, elles ne sont pas du bétail... Peu importe... Je sais combien elle t'était précieuse. Combien tu l'aimais. Peut-être même l'aimes-tu encore, mais je n'oserai pas te poser cette question, ton cœur ne regarde que toi. » Il soupira. « L'amour est une chose compliquée, je n'y ai jamais rien compris, je crois que les femmes y voient plus clair que nous dans ce domaine... Il ne m'appartient pas de te guider concernant Sif, aussi vais-je me contenter de te conseiller quant à ton frère. Pardonne-le, vous le méritez autant l'un que l'autre. Soutiens-le, il aura besoin de ta sagesse à l'avenir, sans doute plus que de la mienne. Je ne compte pas disparaître, mais il est grand temps que je laisse la jeunesse régner. Et tant que je serai là, Thor aura bien trop tendance à se tourner vers moi. Ce que je te demande, c'est de prendre ma place de conseiller. Ce que je te demande, c'est de l'aider à soutenir les Neuf Royaumes. Il est trop fier et ne te redemandera pas ton appui de si tôt, alors je m'en charge pour lui. Prends la place qui te revient de droit à ses côtés. Abandonne tes griefs... Autorise-toi à passer du temps à ses côtés sans rancœur. À profiter de la compagnie de Sif sans laisser la jalousie et les regrets t'étrangler. As-tu rencontré ta nièce ? Je suis certain qu'elle saurait t'arracher au moins un sourire. Notre famille est en miettes depuis bien trop longtemps... Aide-moi donc à reboucher le fossé qui nous sépare tous au lieu de le creuser davantage. Je t'en prie. »


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MessageSujet: Re: No love is greater than that of a father for his son   Dim 7 Juin - 17:24




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Voir son père à ce point accablé empli Tyr d'une profonde tristesse teintée de culpabilité. Sa vie durant, il avait mit un point d'honneur à ne jamais être un poids pour son géniteur, il avait déployé une énergie folle afin de ne jamais faire peser sur lui le moindre tracas le concernant. C'était ironique de penser que c'était finalement la vérité qui deviendrai leur fardeau.

Pourtant, et malgré l'air désolé qu'il oubliait de dissimuler, il aurait pu écouter ainsi Odin des heures durant. Non pas par réserve, comme c'était souvent le cas, mais bien car il avait attendu ces mots-là toute son existence. Il n'y avait guère assouvissement plus libérateur que celui de la concrétisation d'une trop longue attente, et celle qu'il expérimentait actuellement était aussi grisante qu'elle était épuisante.

Les yeux tristes de fils ne cessèrent de scruter le visage du Père de Tout, absorbant chacune de ses paroles sans en laisser une goûte, du moins ce fut le cas jusqu'à ce que ses dernières incartades avec Thor et Sif ne soient évoquées. Aussitôt sa mine se rembrunie et d'un petit grognement sourd, il détourna le regard d'un air buté.

Il y avait toujours tellement de colère en lui lorsque tout cela était évoqué, tellement de regrets furieux, de remords teintés de mélancolie. Mais surtout de la colère, car évidemment qu'il l'aimait toujours. Pas comme il l'avait aimé autrefois, du temps où elle était encore à ses côtés. A cette époque il l'avait aimé comme on aime la première fois, pleinement et sans limites. Aujourd'hui, c'était un amour complexe, plus douloureux que le contraire et dont il se serait volontiers déchargé, s'il avait seulement su comment s'y prendre. La théorie ne lui manquait pas, c'était la pratique qui en était le plus ardu. Pardonner, comme le suggérait très bien Odin, était sans doute l'unique échappatoire possible s'il souhaitait un jour sortir des méandres de sa morosité. C'était simplement bien plus facile à dire qu'à faire...

Ou peut-être pas tant que cela, car dans la bouche de son père, les choses semblaient si aisées, le tableau dressé paraissait si tentant. N'était-ce pas là ce qu'il avait toujours si chèrement désiré ? Pouvoir coexister avec eux tous sans jamais avoir à en souffrir à nouveau ? Présenté sous cet angle, on était en droit de se demander comment le geste ne lui était pas venu plus tôt. Pourquoi s'entêter alors que partout autour de lui s'agitaient presque désespérément les drapeaux blancs ?

Un soupir las vint troubler le silence pensif qui s'était subtilement installé après le discours de l'ancien Roi. Je t'en prie, avait-il conclu. C'était bien la première fois qu'Odin s'adressait à lui de cette manière. Pour lui déjà qui se retrouvait bien incapable de lui refuser quoi que ce soit... c'était une torture de lui céder, mais c'en aurait été une plus grande encore que de lui nier ce qu'il semblait si ardemment désirer.

-Ma sagesse... répéta-t-il d'un ton tout aussi dubitatif que dépité, son regard incertain à présent revenu sur le patriarche. J'ignore ce qui a mené tout le monde à croire que la sagesse fait partie de mes vertus... mais si l'on pouvait m'entendre penser je crois que l'on supprimerait définitivement la sagesse de l'auguste liste de mes qualités, fit-il remarquer, non sans une pointe d'ironie désenchantée qui lui était propre. Il eut un pâle rictus d'ailleurs, avant de reprendre : C'est sans doute là ma plus grande sagesse que d'en être parfaitement conscient. Il prit une courte pause ensuite, car il terminait cette parenthèse et s'apprêtait à en aborder une autre, plus délicate encore. Pour cette raison, il s'exprima lentement, pour être certains du choix de chacun de ses mots : Je n'ai pas 'repoussé' Thor. Je lui ai même répondu que j'acceptais de le conseiller, parce qu'il est mon Roi et que je me plierai à ce qu'il demande, comme je l'ai toujours fais avec vous. Ce que j'ai ... 'repoussé' c'est ... et déjà il fut à court de mots, s'agaçant de cette éternelle frustration du verbe qui était sienne. J'ai été pris de court, il n'avait jamais eut cure de me montrer cet aspect de lui auparavant, qu'étais-je sensé faire ? Oublier les quinze derniers siècles en quelques secondes, car il me le quémande gentiment - et faire table rase sans même la moindre réelle discussion sur le sujet ? Mes excuses, mais je n'étais pas d'humeur à l'écouter avant d’acquiescer docilement, ma sagesse à semble-il ses limites... Cela étant dit, ... il se racla doucement la gorge. J'ai eu le temps d'y réfléchir à présent. Je sais qu'il s'agit sans doute de la décision la plus saine pour nous tous, de la décision la plus sage... surtout pour moi-même sans doute car j'avoue être fatigué, ou usé je suppose. Maintenant que je sais que c'est cela que vous souhaitez, si vous pouvez obtenir un peu de paix de cette manière alors... je le ferai père. J'irai voir Thor et je lui dirai - j'ignore totalement ce que je lui dirai mais, je ferai ce qu'il faut je puis vous l'assurer.

Et l'exprimer à voix haute lui procura la même sensation de soulagement qu'un soupir, qu'il poussa d'ailleurs juste après, discret mais sincère.

Du moins l'était-ce pour Justice, car c'était un grondement de rage qu'aurait voulu pousser Guerre pour se soulager. Odin lui demandait de capituler sans avoir la moindre idée de ce que cela pouvait représenter pour lui, de l'effort titanesque qu'il devrait fournir afin de définitivement enterrer les griefs qui le liaient à son frère et à Sif, entre autres. Il allait devoir ravaler puis digérer des siècles, près d'un millénaire et demi de bile et d'injustice, et il serait son propre ennemi durant cette entreprise. Il était presque dérangeant pour lui de noter si crûment l'injustice profonde du pardon, car l'effort devait être fourni par celui qui avait déjà souffert. S'il parvenait à faire cela, alors assurément pourrait-on le qualifier de sage. En attendant, sa position lui semblait particulièrement ingrate une fois de plus et cet état de fait lui donnait envie de mordre et de se débattre. Son visage soudainement durci vint souligner un ton plus sec et tranchant :

-N'en reste pas moins vrai que je vous connais tous deux bien mieux que vous ne me connaissez. Vous semblez en savoir plus que je ne me l'imaginais mais vous restez loin du compte, et vous vous fourvoyez une fois de plus si vous pensez que je me résume au silence et à mon apparente patience. Une part de moi souhaite ardemment cette réconciliation que vous évoquez, et j'entend la laisser remporter la partie puisque tous semblent y tenir. Mais il y a une autre part... dit Tyr en teintant son regard d'une lueur qui aurait presque pu paraître défiante, une part qui réclame rétribution et a attendu des siècles durant qu'un moment comme celui-ci arrive, le moment où l'un de vous nécessiterait mon aide, où l'un de vous me tendrait la main, et où je pourrai enfin répondre non... vous ne l'auriez pas volé, il laissa un bref silence faire son office, le temps de laisser tout le poids de ses mots prendre leur sens, avant de reprendre pour conclure : Ce n'est pas ce qui va se passer. Je n'ai pas peur des sacrifices... mais vous devez savoir que la tentation est grande, et qu'il va me falloir ... un certain temps, pour parvenir à la museler complètement. Vous pouvez m'y aider, en évitant de me laisser dans le questionnement et le flou. Je veux connaître toute l'histoire, je veux savoir avec exactitude ce que vous avez vu lorsque vous avez visité les Nornes. Je veux savoir... je veux comprendre quel rôle je suis supposé tenir dans toute cette histoire. Que veulent-elles de moi ? Y'a-t-il seulement un sens à tout cela ?

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MessageSujet: Re: No love is greater than that of a father for his son   Ven 19 Juin - 3:45


No love is greater than that of a father for his son

C'était de loin la conversation la plus solennelle qu'il ait jamais eue avec aucun de ses enfants. Avouer à Thor qu'il lui avait menti toute son existence n'avait pas été une chose aisée, cependant il connaissait Thor, il avait su quelles réactions anticiper de la part de son aîné. Avec Tyr, c'était tout le contraire. Le jeune homme pouvait exploser ou se contenter de serrer nerveusement du poing en portant sur lui un regard accusateur, c'était du pareil au même pour son paternel, il ne savait tout simplement pas à quoi s'attendre. Si c'était fort triste, il l'était plus davantage encore de constater que Tyr n'était pas une exception. Pouvait-il se vanter de mieux connaître son benjamin, Balder ? Sa seule et précieuse fille, Saga ? Et Hermód, et Bragi... ? Il n'était pas même pensable de mentionner Loki, le Jötun était son plus grand échec, celui qu'il ne parviendrait jamais à se pardonner. Nul besoin de se le demander, ses enfants devaient tous avoir une bien piètre opinion de lui, il était fort ironique d'hériter du titre de Père de Tout lorsque l'on n'était pas fichu d'être un père pour sa propre progéniture. C'était tout juste s'ils ne devaient pas se considérer orphelins de père... Ces malheureux enfants avaient au moins eu la chance d'avoir la meilleure des mères des Neuf Royaumes, Frigga avait su leur accorder l'attention et l'amour dont il n'avait pu s'embarrasser. Ces fautes-ci, il lui faudrait bien davantage qu'un bref entretien avec son puîné pour les expier. Il n'était pas même certain que le reste de ses enfants avaient la volonté de le pardonner. Et qui était-il pour le leur reprocher ? La seule chose qu'il avait jamais faite pour la majorité, c'était leur accorder un titre. Dieu de la Guerre et de la Justice. Dieu Messager. Dieu de la Poésie. Déesse des Contes. Dieu de la Beauté et de la Lumière. De bien beaux titres, certes, mais qu'étaient-ils, comparés à l'amour d'un père ? Trop peu, bien trop peu... Et quoi qu'il puisse en dire et en penser, il aurait certainement pu trouver le temps de prendre soin de ses enfants. Ne serait-ce qu'en leur accordait un centième de l'attention qu'il avait offerte à Thor. Il n'y avait rien d'étonnant à ce que le dieu ait été dépendant de ses conseils et avide de ses avis pendant quinze siècles, puisque c'était à peine s'il l'avait laissé penser par lui-même. Les autres ? Les autres avaient dû chercher une autre figure paternelle. Loki, Hermód et Balder l'avaient trouvée en Thor, Bragi et Saga en Tyr.

Si Odin retint sa respiration après le point final de son discours, Tyr, lui, soupira longuement. Avant que le guerrier ne reprenne la parole, son père prit le temps de l'observer longuement. Quoique tout aussi jeune que Thor, Tyr paraissait légèrement plus âgé, plus mûr. Plus sombre. La lassitude se lisait sur ses traits, et son être transpirait une certaine lassitude, accompagnée d'une mélancolie séculaire. Au contraire de son aîné, il manquait de légèreté et d'allégresse, il était... Presque trop sage, trop sérieux. Était-ce le poids de ses responsabilités ? Ou le contrecoup de quinze siècles de mensonges et d'interminables conflits inter-familiaux ? Une fois de plus, il n'avait aucun moyen de l'apprendre autrement qu'en écoutant ce que le jeune homme avait à dire. Il haussa d'emblée un sourcil lorsque Tyr commença par lui dire que la sagesse ne faisait définitivement pas partie de ses qualités. Un rire bref secoua l'ancien souverain, qui secoua légèrement la tête. « Eh bien, je suppose que dans ton cas, ton silence a été confondu avec de la sagesse... » Balivernes, songea-t-il, bien qu'il n'en dise rien. Paradoxalement, reconnaître son manque de sagesse, n'était-ce pas une preuve même de sagesse ? Il se garda de toute autre remarque, écouta patiemment les paroles du jeune dieu, et cela jusqu'à leur terme. Ce n'est qu'après, une fois qu'il eut digéré le discours qu'il s'autorisa à y répondre. « Ton frère... Par ma faute, ton frère a bien trop longtemps été centré sur lui-même. Si Thor est loin d'être égoïste, il n'en reste pas moins Thor, et cela implique une fierté exacerbée. Inévitable, lorsque l'on peut se vanter d'être le guerrier invaincu d'Asgard et l'héritier du trône d'Yggdrasil... S'il ne t'a jamais accordé beaucoup d'attention, ni même d'apparente affection, je ne pense pas qu'il s'agisse de mauvaises intentions de sa part, simplement... » Odin se gratta la barbe un instant, pensif. « Simplement, vous avez toujours été imperméables l'un à l'autre. Tu lui es toujours apparu comme le cadet trop sérieux, jaloux et ennuyeux, quant à lui, il n'est pour toi que l'aîné arrogant à qui les Nornes ne cessent de sourire, celui qui t'a volé ton héritage, ton père et la femme que tu aimes. Vous possédez pourtant de nombreuses qualités, l'un comme l'autre... Mais vous semblez incapables de voir au delà de votre ressenti personnel. » Le dieu leva une main, comme pour dissuader son fils de nier. « Je ne puis affirmer avec certitude les raisons qui ont poussé ton frère à faire un pas vers toi, mais je suppose qu'il veut seulement mettre un terme à quinze siècles de conflit silencieux. Mon sang coule dans vos veines, vous êtes frères. Les maux des siècles passés ne trouveront pas de remède miracle, mais si vous y mettez du votre, vous parviendrez à trouver un terrain d'entente, j'en suis persuadé. Et si je suis en mesure de vous aider à trouver ce chemin de réconciliation, je le ferai. La démarche doit être sincère, cependant... Si la moindre note d'hypocrisie devait se glisser dans vos intentions... » Il claqua des mains en secouant légèrement la tête et en levant son unique œil vers le plafond. Il n'était pas nécessaire d'en dire davantage.

Il se tut, laissant à Tyr le loisir de reprendre la parole. Il n'était guère étonné d'entendre le jeune dieu lui avouer qu'une part de lui désirait obtenir un semblant de vengeance ; cependant, puisque la Vengeance était l'opposé de la Justice, il ne s'y abandonnerait pas. Le jeune dieu était en définitive bien plus sage qu'il ne le pensait, toutefois Odin n'en dit rien, quoiqu'un léger sourire plein de fierté étire ses lèvres et illumine sa figure. Las, il désenchanta radicalement lorsque Tyr lui demanda de lui conter avec exactitude la vision des Nornes, celle d'un futur qu'Odin avait préféré avorter plutôt que de lui laisser ne serait-ce qu'une infime chance de voir le jour. Tyr s'acharnait à lui demander de déballer une vérité à laquelle il n'était peut-être pas préparée, et qui ne ferait certainement que le blesser plus qu'il ne l'était déjà, mais était-il en droit de la lui refuser... ? Non, et cela bien qu'il eut préféré garder ce qu'il avait vu pour lui, personne d'autre, et certainement pas Tyr. Néanmoins, il soupira longuement, avant de prendre une profonde inspiration. « Si tu étais monté sur le trône... Tu aurais perdu l'esprit. La couronne t'aurait rendu fou. Inapte à régner. » Une grimace déforma les traits du père, ses poings se serrèrent. « Les Nornes n'ont pas jugé utile de me montrer quelles circonstances t'auraient fait basculer dans la folie... Cependant, quelques détails ne m'ont pas échappé. » Son regard se fit fuyant, il fixa le mur derrière Tyr plutôt que ce dernier. « La perte de ta main... La libération, puis la fuite de Fenrir... Le décès prématuré de Saga, le chagrin inconsolable de ta mère... » Odin se massa l'arrête du nez et ferma l’œil une poignée de secondes. Dans ce triste monde, Balder ne voyait pas le jour. « Puis la trahison d'Alfheim et de Vanaheim et enfin... » Il se racla nerveusement la gorge, le sujet était sensible. « La disparition soudaine de Sif, après qu'elle ait refusé de devenir ta reine. De ce que j'ai vu, dans ce futur-ci, ta perception de la Justice aurait été... altérée. Alors elle se rend dans les montagnes, accompagnée d'Heimdall, te privant ainsi de son omniscience et de sa sagesse. Là bas, elle y rencontre un Thor bien plus sauvage que celui que nous connaissions, sans que cela ne les empêche de... »[/b][/color] Un nouveau soupir lui échappe, tandis qu'il se force à planter son regard dans celui de son fils. Il avait avoué à Thor que Sif et lui n'auraient jamais été mariés dans cet autre futur, et il n'avait pas menti ; il s'était juste contenté de passer brièvement sur le sujet. « Ta perception de la Justice aurait été altérée par ta souffrance, pour ne pas dire parfaitement détruire. Elle se serait résumée à "innocent", ou "au bûcher". Le roi aux flammes éternelles, aurais-tu été surnommé... Petit à petit, tu aurais perdu le soutien de tes frères, le mien, celui de ta mère, des peuples... Enfin, Fenrir aurait dévoré les astres à la place de Sköll et Hati, et le Ragnarök aurait été précipité. La fin est toujours la même, à ce sujet les Nornes ne semblent pas vouloir changer d'avis... Mais j'ose espérer que tu seras de mon avis, le plus tard sera le mieux. »

Avec une lenteur et une précaution démesurées, Odin tendit la main à travers la table et se saisit de celle de son fils. « Ce que les Nornes attendent de toi, ou de n'importe qui d'autre, je l'ignore. Ce que je sais en revanche avec certitude, c'est que moi, en tant que père, je ne souhaite que ton bonheur. C'est une notion vague, et étant donnée ta situation actuelle, tu dois avoir l'impression que c'est un bel échec... Mais si tu avais vu ce futur, tu ne l'aurais pas voulu plus que moi. Aujourd'hui, tu as l'opportunité d'être l'homme que tu mérites d'être, et non une pâle copie de celui-ci, une farce ambulante des Nornes... Tu n'es pas un tyran. Tu es un homme bon, un digne prince d'Asgard et tu as beaucoup à offrir à Yggdrasil, sois-en certain. Ton rôle, il t'appartient de le définir. Affirme-toi. Sors de l'ombre de ton père et de ton frère. Toi aussi, tu as ta place dans la lumière. »


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MessageSujet: Re: No love is greater than that of a father for his son   Lun 29 Juin - 15:31




No love is greater than that of a son for his father


La lumière.
Sans doute y avait-il en effet sa place. Sans doute qu'une part de lui ne languissait de rien d'autre. Sa part de lumière, sa part de repos et de paix. Il lui semblait parfois ne rien désirer d'autre au monde que cela, et pourtant il avait aujourd'hui la preuve qu'au contraire de ses père et frère, la lumière ne lui était pas innée. Elle était un choix.
Parce qu'il avait également sa place dans l'ombre et maintenant que la vérité lui avait été délivrée, il lui était impossible de le renier ou de le nier. Quelque chose en lui aurait d'ailleurs souhaité s'indigner, hurler au mensonge, jurer sur sa vie que ce scénario de cauchemar n'était qu'une tromperie de la part des Nornes, une imposture odieuse qu'on avait révélée à Odin dans le seul but d'influencer son choix au détriment de sa personne.
Heureusement, il avait trop de dignité que pour s'abaisser à un tel cinéma. Il s'était déjà si souvent voilé la face au cours de son existence, il lui était devenu impossible de ne pas se rendre compte lorsqu'il tentait de se berner lui-même.

C'était peut-être ça le pire en quelque sorte, car le récit de l'ancien roi était lugubre, tacheté de sang et de cendres, et pourtant en entendant les mots, Tyr savait au plus profond de son coeur et de ses tripes qu'ils étaient vrais. Il les sentaient vibrer jusque dans ses os, et faire écho dans son esprit comme l'auraient fait d'antiques souvenirs estompés par le temps. Et plus il creusait dans les recoins sombres de son âme, plus les mots trouvaient leur sens et leur place, et plus cette version alternative et malfaisante de lui-même se révélait à celui qu'il était aujourd'hui.
Il était là, dans ses recoins les plus obscurs, il l'avait toujours été. Il était la graine de folie qui n'avait pas encore germée, il était la colère incendiaire, celui qui s'obsède d'une idée, d'une femme, d'une peur, et qui plus jamais ne s'en délivre.
Et lorsque Tyr s'interrogea mentalement : Pourquoi le fuir ? Pourquoi Sif ne s'était-elle pas contentée de lui dire non ? Pourquoi l'abandonner ? l'Incendiaire lui fournit aussitôt l'évidence : Parce que tu l'y aurais contrainte bien sûr.

Cette idée le révulsa aussitôt, douloureuse et répugnante. Et pourtant Tyr savait qu'il ne se mentait pas. Pis encore, si celui qu'il était aujourd'hui frissonnait d'horreur devant tant de chaos et de tragédie, l'autre au contraire, se voyait teinté d'une espèce de fierté aigre et bilieuse, d'une satisfaction macabre à l'idée d’entraîner l'Arbre tout entier dans le feu de ses propres tourments. Il trouvait même une certaine consolation dans l'idée tortueuse qu'il n'aurait pas simplement été 'moins bon' que son frère. Il n'aurait tout simplement pas connu la bonté du tout, et son règne aurait été tout aussi noir et bref que le règne de Thor serait doré et prospère.
Aucun problème d'envergure finalement. Simplement, une absence totale de lumière, si ce n'est celle qui émane des brasiers.

Il eut tout d'abord envie de rire aux éclats, puis de retourner la table avec rage, puis de fuir cette pièce avant d'aller s'écrouler dans un coin. Finalement il ne fit rien, stoïque, figé plutôt. L'espace d'un instant il songea qu'il avait été idiot de demander plus de détail à son géniteur, qu'il aurait mieux valu qu'il reste ignorant, puis il se rappela que sans la vérité, son esprit ne serait jamais parvenu à lâcher prise. Mieux valait souffrir d'une seule et unique version de la réalité plutôt que de toutes ses versions en même temps, quand bien même la bonne était aussi la pire.

La main d'Odin sur la sienne décentra l'attention que Tyr s'était jusque là porté à lui-même. Assurément, il endossait l'un des rôles les moins enviables de cette histoire, mais il était loin d'être le seul et se lamenter de manière égoïste ne lui apporterait à coup sûr que plus de culpabilité encore. Par cette vision qu'avait eut son père, bien des destins s'étaient scellés, et d'autres avaient endurés bien plus de souffrances que lui au court de ce millénaire et demi. Jusque là, Odin l'avait éclairé sur son propre sort mais il était impossible de comprendre la toile de l'araignée si l'on observait qu'un seul de ses fils.
Il fallut pourtant quelques moments au prince avant qu'il ne récupère sa voix, et lorsqu'il reprit enfin la parole, plusieurs minutes d'un silence épais et asphyxié s'étaient écoulées. Son premier essai fut d'ailleurs trop enroué et il dû se racler la gorge avant d'essayer à nouveau :

-Je désire savoir ce que vous avez vu d'autre... est-ce qu'Angeya était en vie ? Pourquoi Thor vivait-il dans les montagnes ? Pourquoi avoir séquestré la Nature ? Il s'interrompit quelques instants, réalisant que chacune de ses phrases était une question, songeant qu'il était peut-être mal venu d'assaillir son père avec toutes ses interrogations. L'instant d'après, il envoyait balader sa retenue. Il lui semblait avoir attendu des réponses sa vie entière, et puisqu'Odin pour une fois semblait enclin à les lui fournir, il n'entendait pas laisser une énième fois passer sa chance : Avez-vous raconté cela à qui que ce soit d'autre ? Je voudrai simplement comprendre pourquoi ... pourquoi les choses devaient être ainsi et pas autrement. Les sacrifices manquent de sens si on ignore pourquoi on les fait...

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MessageSujet: Re: No love is greater than that of a father for his son   Jeu 16 Juil - 12:23


No love is greater than that of a father for his son

Il aurait aimé ne pas avoir à causer tant de peine à son puîné, mais si le passé lui avait appris une chose, c'était que les mensonges avaient toujours de terribles conséquences, immédiates ou futures. Le mensonge lui avait coûté Loki, avait manqué de faucher Thor ; il n'était pas question qu'il emporte Tyr. À défaut d'avoir la conscience tranquille, il aurait au moins la certitude d'avoir fait ce qu'il fallait, ce qui était juste. Il n'avait que trop manqué de respect à son second fils au cours des quinze derniers siècles, c'en était bien assez. Thor sur le trône, il était déchargé de bien des responsabilités, et quand bien même il n'avait nulle intention d'abandonner le jeune dieu à ses nouvelles fonctions, à présent qu'il avait l'occasion de se consacrer davantage au reste de ses enfants, il n'allait pas la laisser lui échapper. Il ignorait encore comment aborder les choses avec Hermód, Bragi, Saga et Balder, mais sans doute l'inspiration viendrait-elle une fois qu'il en aurait terminé avec Tyr. Chaque chose en son temps, chaque enfant à son tour, songeait-il. Précipiter les choses n'était d'aucune utilité, les erreurs accumulées étaient déjà légion, il ne servait à rien de verser du sel sur des plaies déjà à vif. Qui plus était, nul de ses enfants ne devait s'attendre à de quelconques excuses, tous étaient bien trop habitués à l'absence de leur père pour espérer un tel miracle. Ce qui, en soi, n'était pas un mal. Cela lui permettrait de se préparer plus ou moins correctement à chaque confrontation, certaines promettant d'être plus ardues que d'autres.

C'était à peine si Odin pouvait imaginer quelles tempêtes devaient faire rage dans l'esprit de la Guerre, dont la carapace semblait se fissurer peu à peu, car il n'était point envisageable qu'il ne soit pas touché par les révélations de son paternel. Cruelle était la vérité du futur qui aurait pu être si Odin avait choisi autrement. Cruelle, insupportable à entendre, et pourtant, elle était la justification du pourquoi il lui avait préféré Thor, du pourquoi c'était ce dernier qui était assis sur le trône en dépit de sa bâtardise alors que le puîné légitime devait s'agenouiller devant lui. Face aux Nornes, les devoirs du roi et les souhaits du père s'étaient mêlés, et les défaire les uns des autres s'avérait être une tâche plus délicate qu'elle n'y paraissait – si elle n'était pas parfaitement impossible. Pour ne rien faciliter, le jeune dieu semblait bien décidé à lui arracher jusqu'au dernier détail de son triste récit. Espérait-il apaiser ses tourments en ayant – littéralement – le dernier mot de l'histoire ? Sans doute, il ne trouvait point d'autre explication à pareille curiosité, qui était selon lui comparable à une certaine forme de torture. Affligé, le paternel soupira longuement, son unique clos, avant de secouer légèrement la tête. Il ne pouvait refuser à Tyr chaque parcelle de vérité, pour autant les mots lui brûlaient la langue à mesure qu'il les prononçait. « C'est la toute première fois en quinze siècles que je conte ceci. Ta mère n'ignore rien de ma rencontre avec les Nornes, mais elle est la seule qui soit au courant. Il s'agit de ton histoire, Tyr. Il n'appartiendra qu'à toi de la dévoiler ou de la tenir éternellement secrète, sache que je n'en dirais pas un traître mot à quiconque. » Les faits étaient bien assez sombres, il n'était pas nécessaire de les dévoiler et d'ainsi risquer de mettre en péril la réputation irréprochable du prince. À Tyr, l'on ne pouvait rien reprocher, il était un homme d'une droiture et d'un sens moral parfaits, il était le Juste. Que ce soit lui que les Nornes mettent ainsi à l'épreuve l'avait toujours laissé pantois, car il ne s'était rendu coupable que d'un règne de terreur hypothétique, que son père avait pris soin de tuer dans l'oeuf.

« Je ne saurais dire ce qu'il serait advenu d'Angeya, les Nornes n'ont pas jugé utile de me la montrer. Mais je n'ai pas davantage entrevu son réel sort... Si j'avais su ce que l'avenir lui réservait, j'aurais fait mon possible pour la sauver, crois-le bien. » Et quand bien même il aurait entrevu son sort... N'aurait-il pas consenti à la sacrifier pour le bien de la majorité ? Bien évidemment que si, et là reposait l'entièreté de la tragédie. « Si j'avais laissé Thor grandir avec Jörd pour mère, il serait devenu comme elle. Non pas que sa nature soit mauvaise, je suis bien navré d'avoir eu à la briser, mais... Mais Yggdrasil n'aurait eu que faire d'un dieu préférant le calme des bois à la rage d'une bataille, et la faune aux habitants des Neuf Mondes. Yggdrasil avait besoin d'un guerrier capable de fendre un monde en deux d'un simple coup de marteau, et c'est ce que je lui ai donné. » Et Tyr devrait se contenter de cette simple réponse, car s'il n'avait pas révélé à Thor son sort, il en ferait de même pour ce dernier. S'ils voulaient converser de ce qui était et aurait pu être ensemble, grand bien leur fasse ; il ne serait pas celui qui lèverait le silence. « Tu as sans doute encore bien des questions, mais j'ai peur de ne pas avoir toutes les réponses qu'il te faille... » Songeur, il se frotta la barbe un instant, avant de reprendre très sérieusement. « J'ai bien peur que les seules personnes en mesure de te dire tout ce que tu désires savoir ne soient les Nornes. Je ne t'encouragerais pas à aller à leur rencontre, le chemin qu'il faut emprunter se trouve hors au delà des frontières de nos royaumes, et est semé d'épreuves... Qui plus est, les Nornes n'accordent jamais la connaissance gratuitement... Ces harpies seraient fichues de te réclamer la main qu'il te reste en échange de quelques paroles floues et dénuées de sens. » Il secoua la tête, se racla la gorge. « Il me semble que tu as bien assez souffert... Ne t'accable pas davantage. Les quinze siècles qui se sont écoulés ne se rattraperont pas, mais le reste de l'éternité s'offre à toi. Saisis-la. »


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MessageSujet: Re: No love is greater than that of a father for his son   Mer 29 Juil - 19:06




No love is greater than that of a son for his father


Ne pas s'accabler d'avantage, voilà qui n'était guère son genre, lui qui s'accablait du moindre oisillon mort dans les Neufs Royaumes. Pour autant, l'idée de visiter les Nornes n'avait pas été envisagée pas plus qu'elle ne le serait à l'avenir. Autant pour sa propre intégrité mentale que pour l'intégrité physique des trois concernées.
Cette pensée lui soutira un rictus aigre.

-Rassurez-vous père... s'il me prend un jour l'envie de faire la route jusqu'à elles, ce n'est pas moi qui y perdrai des membres. Si je peux bouter le feu au tout Yggdrasil je peux sans doute venir à bout de ces trois vicieuses.

L'image de leurs vieilles caboches plantées sur des piques était plaisante, pourtant la mine décomposée du prince ne s'estompa nullement. Quoi qu'il en soit, les réponses qui lui semblaient nécessaires avaient été fournies par Odin, et s'il pouvait effectivement cerner la situation dans toute sa complexité à présent, il n'échappait malheureusement pas au profond sentiment de silence et de vide qui l'assaillait.
Sa nature raisonnable le poussait à se répéter en boucle qu'ils vivaient présentement le meilleur scénario possible pour chacun, que son géniteur n'avait pas accompli tout cela pour rien puisque Thor était désormais sur le trône, promit à un avenir et un règne doré. Le pire avait été évité et des millénaires d'une paix relative attendaient encore d'être vécus par le plus grand nombre.

Il n'empêche...
Il n'empêche qu'il avait vécu toute cette guerre de bout en bout, persuadé de n'être rien de plus que l'éternel figurant, avant de se retrouver finalement propulser au coeur même du problème. Il n'empêche qu'Angeya n'était plus et que Jörd avait perdu plus d'un millénaire de son existence en captivité. Il n'empêche que ce pire ayant été évité n'était autre que lui, et que c'était bien là ce qui le révulsait le plus. Il n'y avait guère plus angoissante expérience que de se retrouver étranger à sa propre personne, et celui qu'évoquait Odin lui était inconnu. Pire, c'était un tyran aliéné qui le répugnait. Et pourtant c'était lui. Ils ne faisaient qu'un. Et même s'il n'existait aujourd'hui qu'à l'état de spectre, ses actes et ses flammes avaient bel et bien eut leur influence au travers des choix paternels.

Tyr se réconforta quelques instants que tout cela soit resté strictement secret. Pour l'instant, il lui apparaissait impossible d'affronter le regard de ses pairs, peu importe qu'ils accusent ou compatissent. L'un comme l'autre lui semblaient intolérables et pourtant, comme il relevait ses propres yeux sur le visage d'Odin, il réalisa avec tristesse que les accusations lui étaient évitées parce que son père consentait à les assumer seul. Car en acceptant de conserver le silence sur les raisons ayant guidés ses choix de souverain, il acceptait l'injustice terrible d'être dépeint en tyran, alors même que ses actions avaient sauvés plus de vie qu'il était possible de le concevoir. L'unique réel tyran de cette histoire n'existait que dans l'esprit de Tyr.

-Vous avez tord, finit-il par reprendre soudain après quelques courtes minutes d'un silence épais, cette histoire n'appartient pas qu'à moi. Elle appartient aussi à Jörd, Aegir, Ran, Heimdall ... tous les autres. Puis sur un ton légèrement plus hésitant : Et ... c'est aussi votre histoire père. Tout en l'observant, il chercha les mots. Je... j'assume que vous êtes prêt à laisser le reste du monde dans l'ignorance si tel est mon souhait mais... par là, vous vous condamnez vous-mêmes au mépris et aux médisances de nos semblables alors que vous mériteriez plutôt leurs prières et leurs remerciements d'avoir tant sacrifié. C'est - c'est ingrat, et injuste, conclut-il d'un voix rendue plus sèche par l'exaspération. Vous savez pertinemment que je ne pourrai pas me faire l'éternel témoin silencieux de telles iniquités... Il faudra bien que cela se sache ... un jour. Il adressa une moue coupable au paternel avant de grattouiller brièvement sa tignasse brune. Les concernés méritent en tout cas des réponses même si... même si je préférerai que Thor n'en sache rien. Pour l'instant en tout cas.

A part lui-même, personne n'était plus concerné que son frère, et étrangement, c'était exactement pour cela qu'il lui paraissait si pénible de le savoir au courant de tout. Il souhaitait ardemment que les victimes collatérales de cette guerre trouvent un peu de repos en résolvant enfin les questions restées trop longtemps sans réponses, mais le prix à payer serait élevé. Thor se taillait une fois de plus la part belle et Tyr devait prendre sur lui pour ne le blâmer de rien. Il n'y aurait rien eut de logique à cela, Thor n'avait rien choisi lui non plus. Pourtant il y avait beaucoup de colère en lui et une bonne part cherchait à se tourner vers le jeune Roi.

D'un soupir profond mais bref, Tyr chassa rapidement la chaleur cuisante de la rancœur qui couvait en lui, puis observa son père une fois de plus. Il fut presque étonné lui-même par cette nouvelle vague d'émotion qui le submergea alors. De la gratitude notamment, mais également du soulagement et un peu de fierté, des ressentis apaisants qui n'étaient pas de refus au beau milieu de sa tempête intérieure.

-Des mois durant, je me suis obstiné à croire que vous aviez forcément de bonnes raisons d'agir comme vous l'avez fais. J'ai gardé la foi et maintenant... maintenant je sais que je ne me suis pas trompé, je sais que j'ai bien fais de placer ma confiance en vous. Je n'imaginais simplement pas la place qui était mienne dans cette histoire... une vague désemparée lui plissa les traits avant qu'il ne la chasse aussitôt pour redresser la tête : Je vous serai toujours fidèle père, je ferai n'importe quoi pour vous, et pour Asgard... vous pouvez le voir à présent, n'est-ce pas ?

Après tout, il ignorait si son père garderait cette attitude envers lui, peut-être n'était-ce qu'un éveil éphémère avant que l'indifférence ne reviennent au galop de l'habitude. S'il voulait dire et s'entendre dire quoi que ce fut, mieux valait s'y prendre maintenant car il n'avait guère de quoi se raccrocher que ces quelques maigres consolations.

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Tyr.
He asks for neither praise nor glory, boasts not with mighty words in the Hall. He asks nothing but stands firm, steering His way clearly through murky waters. He is mighty, this God, His glory found in His sword and the hand He sacrificed. I will hail Him as He faces the wolf, this warrior who betrays for honor’s sake.
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MessageSujet: Re: No love is greater than that of a father for his son   Mar 18 Aoû - 12:27


No love is greater than that of a father for his son

Ses épaules étaient-elles déchargées du poids de la culpabilité... ? Certes pas, mais il avait au moins acquis la certitude d'avoir fait ce qui était juste, d'avoir offert à son puîné la vérité qu'il méritait d'entendre depuis près de quinze siècles. Cette même vérité qu'il avait conservée comme l'on jalouse un secret, cette vérité qui avait servi à maintenir la paix et à sauver des vies pendant près de mille cinq cent ans, avant de finir par devenir la cause de la guerre qui avait pris ces mêmes vies qu'il s'était acharné à préserver. Les Nornes, de toute évidence, débordaient d'énergie lorsqu'il était question pour elles d'obtenir ce qu'elles désiraient. Le mal était fait, il ne restait plus qu'à éponger le sang et panser les plaies. Quel gâchis... Ce qui était fait était fait, il ne servait à rien de s'appesantir sur un passé qui demeurerait inchangé, quels que soient leurs regrets. Ils devraient avancer, et ils devraient le faire dans l'unité. Si Odin n'osait guère se bercer d'illusions, il avait bon espoir de voir ses fils se réconcilier un jour, ou au moins arriver à une entente cordiale. Après tout, ils avaient l'éternité pour y arriver, et bien des proches pour les encourager à le faire. Leur père n'était pas le seul à être las de leurs querelles, Frigga ne s'était jamais réjouie de la discorde entre les deux aînés, pas plus que le reste de la fratrie qui s'était toujours trouvée entre le marteau – parfois littéralement – et l'enclume. Durant l'année écoulée, Thor s'était sensiblement assagi, et à présent qu'il était sur le trône, il n'aurait d'autre choix que de continuer sur cette voie-ci, quand bien même il ne perdrait pas les caractéristiques qui faisaient de lui l'homme qu'il était. Le Père de Tout espérait très sincèrement voir son puîné imiter le jeune roi, plus encore à présent qu'il connaissait toute la vérité.

« Mépris et médisances sont ds choses auxquelles je suis habitué depuis des millénaires, mon fils. Elles accompagnent, hélas, chaque souverain. » Mais elles ne lui avaient jamais fait courber l'échine, quoi que l'on ait pu cracher à son sujet. Si un bon souverain ne pouvait ignorer la voix de son peuple, certaines paroles n'étaient que du vent, une brise inopportune à laquelle il ne fallait prêter aucune attention. « Cette vérité t'appartient. Certes, d'autres mériteraient certainement de l'entendre, mais pour le moment, chacun sait ce qu'il a à savoir, et ce qui importe le plus. Libre à toi de l'offrir à quiconque tu jugeras bon de le faire, mais tu n'as aucune obligation. » Il comprenait qu'il n'ait guère envie d'exposer ce pan de leur histoire à Thor ; après tout cette vérité était lourde à avaler, sans doute lui faudrait-il un long moment avant de parvenir à faire la paix avec l'homme qu'il aurait pu être, et avait hélas le potentiel d'être, et du futur qui était advenu en conséquence du seul choix de son père. Il ne lui appartenait pas de discuter les choix de Tyr, qui était bien assez âgé et bien assez sage pour prendre des propres décisions. Sans doute était-il préférable de laisser le feu s'éteindre plutôt que d'y jeter de l'huile, chacun ayant eu plus que sa dose de peines et de déconvenues.

Un léger sourire étira les lèvres du dieu, du père, tandis que Tyr lui jurait son éternelle fidélité. Il était incapable d'en douter, il avait fait le bon choix. Il l'avait sauvé, l'avait aidé à devenir l'homme honorable qu'il était devenu, et cela valait toute la douleur et tous les sacrifices d'Yggdrasil. Ce qu'il avait fait pour Thor et Tyr, il l'aurait fait pour n'importe lequel de ses enfants, car tout piètre père qu'il soit, il n'en restait pas moins un. Sincèrement, il espérait que chacun de ses enfants soit meilleur parent qu'il ne l'avait été. « Je l'ai toujours vu. Pas une seule fois je n'ai douté de toi, ton courage, tes valeurs et ton cœur. Je n'ai peut-être pas su te le montrer, mais sois-en certain, j'ai toujours eu conscience de ta force. » Il ne l'avait pas nommé Dieu de la Guerre et de la Justice par obligation, mais parce qu'il le méritait, et avait toutes les qualités nécessaires pour assurer cette fonction, et bien plus encore. Tyr n'était pas le premier des badauds, il était son fils, il était un dieu, et un homme bien plus important qu'il ne le pensait. Sans un mot de plus, Odin se contenta d'étendre le bras pour presser doucement l'épaule de son fils, avec une certaine tendresse, que le jeune homme ne soupçonnait sans doute pas. En ce jour, des plaies avaient été recousues. La cicatrisation ne serait pas instantanée, mais le processus de guérison était entamé.


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