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Rumeurs
- Var a tourné le dos à son roi. Il parait que la déesse des Pactes préfère aujourd'hui les grosses faveurs de Frey !

- On dit que depuis que Tyr a pris les fonctions de son frère aîné, personne n'aurait encore osé lui proposer un coup de main .

- A Tromsø, on hésite à dire si la petite Brynja est maudite ou chanceuse, car après avoir manqué de se faire brûler vive par un dragon, elle a manqué par deux fois la noyade, dont une durant les raids !



 
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 FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard

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queens of fate

ϟ MESSAGES : 426
ϟ INSCRIPTION : 20/11/2013



MessageSujet: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Dim 3 Mai - 11:44


FIRESTORM
première partie

Une légère odeur de souffre et de cendre flotte dans l'air glacé de l'hiver. Sól entame tout juste sa course, et les premiers rayons du soleil atteignent tout juste Midgard, et peinent à en réchauffer la terre gelée. Le silence règne à Tromsø, tout juste perturbé par le sifflement du blizzard et les aboiements des chiens de garde. Les habitants du village dorment encore à poings fermés, lovés dans leurs fourrures et blottis dans les bras de leurs compagnes et compagnons. C'est une aube des plus ordinaires qui se lève sur le village, une journée tout aussi banale qui s'annonce... Si l'on ne sait rien du prédateur qui rôde dans l'ombre. Un prédateur qui n'a, lui, rien de commun. Depuis la montagne, il observe le village de ses yeux reptiliens, un grondement semblable à celui du tonnerre naissant au fond de sa gorge. Ah, les mortels... Bien plus arrogants qu'il ne l'aurait cru, bien plus intrépides qu'il ne l'avait espéré lorsqu'il était venu s'installer dans les monts surplombant ce petit village d'apparence inoffensive. Mais non. Il a fallu qu'une poignée d'entre eux s'introduisent dans son antre, et qu'une autre le ridiculise tandis qu'il les chassait. L'ignorent-ils donc... ? Les dragons sont des créatures susceptibles. Les dragons ont la vengeance facile. Et en plus de cela, il a faim. L'hiver ne sied pas au jeune reptile. Non contents de piller sa demeure, les vikings lui volent ses proies. Ses proies. Il a fait des environs de Tromsø son territoire, et il n'apprécie guère qu'on lui subtilise ce qui lui revient de droit. Il est plus que temps qu'il donne une leçon à ces mortels impudents. Il se redresse lentement, étend ses immenses ailes, et un rugissement furieux s'échappe de sa gorge brûlante. Lorsqu'il prend son essor, les roches se fendent et les arbres plient. Il plonge vers le village endormi, au dessus duquel il plane quelques minutes ; il recherche la cible parfaite. Quelques badauds, levés en même temps que le soleil, l'aperçoivent... Il n'est rien qu'ils puissent faire sinon hurler d'effroi. Le dragon n'y prête nulle attention, il a trouvé sa première cible. Le port. Des vagues de flammes s'abattent sur les embarcations et les pontons, qui s'embrasent presque aussitôt. Glace et métal fondent, le bois craque, les braises s'élèvent dans l'air comme des tornades de feu. Il n'en faut pas davantage pour que soit sonnée l'alarme, et les vikings tirés de leur sommeil.

Il pourrait aisément réduire le village et ses habitants en cendres, mais il ne le fait pas. Quel amusement en tirerait-il... ? Il veut voir les mortels s'agiter comme des fourmis dont on aurait piétiné la fourmilière. Il sait qu'ils ne peuvent rien contre lui, il sait qu'ils n'ont aucun moyen de le vaincre. Peut-être sous-estime-t-il encore une fois, les hommes, dont la valeur et la bravoure ne sont plus à prouver... Mais la fierté d'un dragon est sans le moindre doute sa plus grande faiblesse. Il se pose brusquement au milieu des habitations, et d'un grand et violent coup de queue en fracasse une paire, sans le moindre égard pour les malheureux qui se trouvent à l'intérieur. Un nouveau jet de flammes, et ce sont plusieurs demeures dont les toits s'enflamment. À ses rugissements furibonds ne tardent pas à faire écho les hurlements affolés et horrifiés des villageois, qui ne s'attendaient certainement pas à être tirés de leurs lits par le dragon. La chaleur des flammes fait fondre neige et glace, une chaleur presque insupportable enveloppe le village et des fumées toxiques prennent les mortels à la gorge. Un nouveau grondement échappe au dragon, semblable à... un rire moqueur et malsain. Le feu de joie ne fait que commencer.


quelques précisions

Le nombre maximum de mots est de 700.
La première partie de l'event est réservée aux mortels. Si les dieux intervenaient immédiatement, la fête prendrait fin bien trop vite huhu Mais ne vous inquiétez pas petits dieux... Vous ne serez pas en reste, vous aussi vous aurez de quoi vous amuser green En attendant votre tour, profitez bien du barbecue
→ C'est la panique, donc n'hésitez pas à jouer là dessus ! Interagissez avec tout le monde, et n'ayez pas peur de décrire les dégâts au village, on ne vous donne que les grandes lignes pour que vous puissiez vous amuser au maximum ! Et torturer vos personnages par la même occasion green
→ Il faut aller vite, alors postez futurs petits marshmallows grillés, postez fire
→ Ne vous en faites pas, on viendra vous sauver Mais au cas où, on vous conseille de prier les dieux. Quelques prières pourraient sauver vos miches avant qu'elles ne soient totalement flambées héhé huhu


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viking - bondi

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ϟ INSCRIPTION : 09/01/2014
ϟ LOCALISATION : Dans les ruines de Tromsø, elle fait de son mieux pour taire ses angoisses et venir en aide à ceux qui ont eu moins de chance qu'elle.
ϟ HUMEUR : Un brin traumatisée.



« Having a soft heart in a cruel world is courage, not weakness. »



« She wasnt exactly sure when it happened. Or even when it started. All she knew for sure was that right here and now, she was falling hard and she could only pray that he was feeling the same way. »





MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Dim 3 Mai - 12:46

Firestorm
SUJET COMMUN

C'est à peine si Brynja réagit au premier grondement, qui fit pourtant trembler la terre. Plus endormie qu'éveillée, elle ouvrit les yeux, un long et profond soupir lui échappa lorsqu'elle réalisa que le jour commençait tout juste à se lever. Il était encore bien trop tôt pour seulement songer à quitter le lit. Elle étendit le bras à travers la couche et tâtonna jusqu'à trouver Hagen, vers lequel elle glissa pour se blottir contre lui et poser sa tête contre sa poitrine. Il lui avait fallu bien moins de temps qu'elle ne l'aurait soupçonné pour se faire à la présence du guerrier dans son intimité, un changement aussi bouleversant qu'il était plaisant ; c'était à se demander pourquoi il y avait fallu vingt-et-un ans pour se laisser tenter. Patience était mère de vertu, disait-on, et il y avait une raison à tout, les pas de chacun étaient dirigés par les Nornes, les destins tracés d'avance et immuables. Aussi malchanceuse et malheureuse qu'elle ait été, Brynja se satisfaisait pleinement de ce qui lui avait été récemment accordé. Il aurait fallu qu'elle soit bien difficile pour ne pas apprécier la tendresse que le Jarl lui offrait, en plus de sa protection et d'un statut auquel elle n'avait jamais même rêvé. Quoique leur relation n'en soit encore qu'à ses balbutiements, elle s'imaginait aisément s'éprendre de lui, ce qui n'était pas sans lui déplaire et la rassurer quant aux années à venir. Il ne lui aurait guère fallu bien longtemps avant qu'elle ne replonge dans un sommeil béat et tranquille, si un second grondement immédiatement suivi par un vacarme tonitruant, qui aurait pu tirer les morts de Helheim de leur repos éternel, n'avait pas résonné. La jeune femme sursauta si violemment qu'elle manqua de heurter la tête de lit, imitée par son compagnon qui n'avait plus qu'elle anticipé réveil si brutal. Le cœur au bord de l'implosion, il lui fallut quelques instants pour rassembler ses esprits et prendre conscience de son environnement. Elle interrogea Hagen d'un regard inquiet plus par réflexe qu'en réelle quête de réponses, il semblait évident que le jeune homme n'en saurait pas plus qu'elle quant au nouveau drame qui saisissait le village. Ils n'eurent toutefois pas à attendre longtemps avant que des hurlements par dizaines ne s'élèvent, et qu'un mot qui revenait systématiquement leur donne toutes les réponses. Dragon. Là où l'effroi en aurait pétrifié d'autres, Brynja bondit hors du lit sans attendre, et se précipita dans le hall de la demeure, puis vers les grands battants de bois massif qui fermaient les lieux. Elle n'eut pas les temps de les pousser, on le fit à sa place, et elle recula de plusieurs pas et plaqua ses paumes contre ses lèvres lorsqu'un homme entra en titubant dans la demeure du Jarl. Brynja avait été confrontée à bien des horreurs, mais jamais à pareille atrocité. La moitié du visage et du corps de ce pauvre homme étaient brûlés, peau et vêtements semblaient avoir fondu pour ensuite fusionner, et l'odeur de chair brûlée et de sang mêlés était si forte que c'est tout juste si Brynja ne rendit pas gorge dans l'instant. « Dragon... le port... les navires... plus rien... rien... » Il tomba à genoux, et si dans un premier temps Brynja eut le réflexe de s'écarter, elle s'agenouilla ensuite à ses côtés et posa une main tremblante sur son épaule à peu près intacte. « Perdus... nous sommes perdus... tous... ils nous ont abandonnés... maudits soient-ils... maudits... » Un sifflement rauque et guttural accompagnait chacun de ses mots, et l'ultime regard qu'il lança à la jeune femme avant de s'écrouler face contre le plancher lui glaça le sang. Le cœur au bord des lèvres, Brynja se laissa tomber assise, pâle comme si Hel l'avait elle aussi importée. Le regard brillant de larmes qu'elle lança à son tour à Hagen lorsqu'il la rejoignit était vide de tout sauf de l'horreur la plus totale. Le mort avait raison, ils allaient tous périr dans le brasier du dragon. Ils étaient mortels, que pouvaient-ils bien face à la fureur d'une telle créature ? À quoi bon fuir, à quoi bon lutter ? Les dieux, semblait-il, ne donnaient que pour mieux reprendre ensuite.

FICHE PAR ROMANOVA.


nothing haunts us like the things we don’t say

You never know what goes on in the mind of a silent person.
They might have a storm brewing in their mind and we would never know.
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viking - leysingi

ϟ MESSAGES : 695
ϟ INSCRIPTION : 15/11/2014
ϟ LOCALISATION : Quelque part entre les vestiges du village et la sylve.
ϟ HUMEUR : La mousse aux lippes, enragé mais déterminé.



« La colère vide l'âme de toutes ses ressources, de sorte qu'au fond paraît la lumière. »



MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Dim 3 Mai - 13:36

U
n râle pataud résonna dans le logis, et le seul mâle de l'antre de s'extirper des épaisses fourrures qui composaient les couvertures de la couche. Celle-là même dans laquelle se mit sensiblement à mouvoir la silhouette dénudée de l'une des trois nymphes qu'il pouvait compter comme compagne, la plus jeune, au crin aussi ignescent qu'un âtre flamboyant. Elle darda sur son époux qui enfilait ses nippes une oeillade plus entichée qu'elle ne l'aurait jamais dû, sans que l'intéressé n'y prête grande attention. Sans les exécrer autant qu'il abhorrait la plupart des autochtones du Septentrion, ses affects demeuraient inféconds concernant celles qui partageaient son quotidien, quand bien même pouvait-il tacitement confesser le contraire en présence d'autrui. A quelle hauteur s'élevait le semblant d'affection qu'il leur vouait ? Lui-même ignorait la réponse, et n'en était pas en quête. « Où est-ce que tu vas ? Nulle part. Juste faire un tour. » Il lui octroya une lorgnade nonchalante, puis s'affaira à mettre un canon de cuir orné de runes sur son avant-bras. « Je n'ai pas prévu d'excursion de plusieurs jours si c'est ta question. Je n'ai rien dit... Ca t'évitera de dire quelque chose alors, tu t'inquiètes toujours inutilement. Il pourrait se passer n'importe quoi – tu pourrais te faire tuer à même la place du village, on n'sait jamais ! Ha. Tout ce que je risque c'est crever d'ennui, je sens que cette journée va ressembler à celle d'avant, et celle d'avant encore. » Il soupira, maussade à l'idée de s'embourber dans une monotonie qui finirait par le faire pérégriner dans les bourgades voisines pour y chercher un tant soit peu de délassement. Il attacha son arme à son ceinturon pour conclure sa préparation et prit la direction de la sortie sans plus de cérémonie, encore incertain de l'endroit où ses pas le mèneraient alors que l'astre diurne s'éveillait seulement.

Une fois à l'extérieur, il s'immobilisa à deux coudées de son logement, et prit le temps d'observer les alentours encore assoupis comme si lui-même était encore à demi lové dans ses songes. Il voulut s'étirer, mais son élan fut brusquement étêté par un résonnement sourd, et bientôt, l'immensité d'une ombre qui voletait dans le firmament. Arnorr redressa ses prunelles mordorées avec une lenteur qui témoignait de l'invraisemblance de l'instant, et aperçut le reptile dont lui et d'autres hardis avaient tenté de piller les richesses. La mâchoire manqua de lui en choir, et si d'autres se mirent aussitôt à clabauder, lui, fut incapable de faire autre chose que suivre attentivement l'arabesque aérienne de la créature qui se lança alors à l'assaut. L'explosion du port eut au moins le mérite de faire réagir le pisteur, qui après un indicible soubresaut, se hâta à l'intérieur de sa masure. « DEHORS, DEHORS !! » Sa seconde femme ne se fit point prier pour sortir, quant à la troisième, encore à moitié nue, il l'empoigna et la bouscula en dehors au même moment où une activité sismique annonça l'atterrissage du dragon non loin de là. Il glaviota son feu, emporta et embrasa une partie de la maison de l'Ormfrid qui eut tout juste le temps de bondir pour éviter d'être calciné. Pour autant, il roula dans la poussière, assailli par plusieurs douleurs qui lui affirmèrent que son réflexe n'avait pas été suffisant. Sur son faciès, quelques coupures sans gravité, mais sur son bras, une sévère brûlure lui mangeottait le derme et les vêtements. « Par tous les dieux d'Yggdrasil ! Aaaargh... ! » Il serra les dents, autant étourdi par le mal lancinant que par le chaos ambiant, et se mit subitement à se confondre en patenôtres pour toutes les déités de leur panthéon : Thor, Tyr, Aegir, Sol, Ràn, tous ceux susceptibles de leur venir en aide, car face à cette menace, ils périraient jusqu'au dernier.Sa prière se fit susurre uniquement lorsque le nom de son prince déchu étreignit ses pensées. « Loki, par pitié... que ta glace me garde du brasier... »



җ җ җ җ җ җ җ җ җ җ
« J'ai ce besoin de détruire ce qui m’entoure. Ce n'est pas parce que c'est plus facile que de construire, non, car en vérité, construire n'est pas bien ardu non plus. C'est d'entretenir qui est complexe, et totalement impossible quand on voit les choses en grand. Alors je détruis sans vergogne. Je sabote les fondations même, afin que celles-ci s'effondrent et que de ces amas ne puisse rien ressurgir. Je ne suis qu'un saboteur, et c'est la seule chose que je sais faire sans erreur. »
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viking - jarl

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ϟ INSCRIPTION : 10/10/2014
ϟ LOCALISATION : Dans un charnier nommé Tromsø
ϟ HUMEUR : Combative mais terrifiée


ϟ L'HOMME SAGE N'EST JAMAIS LOIN DE SES ARMES ϟ



MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Dim 3 Mai - 16:34

Ce fut le contact de la peau de Brynja contre son torse qui éveilla d'abord le Jarl qui ne prit cependant pas la peine d'ouvrir les yeux. Aucune lumière vive ne vint forcer ses paupières closes, l'aube venant à peine de se lever et tout en enlaçant machinalement sa compagne d'un bras protecteur, il ne tarda pas à sombrer de nouveau dans un demi-sommeil. La petite muette avait investi la demeure du Jarl depuis quelques jours à peine et pourtant tous semblaient bien s’accommoder à cette situation pourtant surprenante. Il y avait encore bien du chemin à parcourir mais l'avenir paraissait prometteur. Lui qui, à trente ans passés était devenu aux yeux des siens parfaitement incasable avait finalement pris tout le monde de court. Il ignorait encore quelles forces mystiques l'avaient poussé vers Brynja mais il se persuadait que les dieux avaient enfin décidé d'illuminer son destin si particulier. Et c'est ainsi que son esprit divagua tout en se plongeant doucement dans les abysses du Sommeil. Hagen ignorait le temps que dura cette douce léthargie lorsqu'un grondement l'en tira brutalement. Il manqua presque de tomber à terre et remarqua que le bruit assourdissant avait eu le même effet sur le sommeil de Brynja. Le regard inquiet qu'elle lui lança lui confirma ses premiers doutes. Il s'était passé quelque chose d'anormal et de grave. Mais toutes ses pensées étaient bien en deçà de l'horrible réalité. Hagen eut à peine le temps d'enfiler une tunique lorsqu'on fit irruption dans la demeure. L'homme était dans un état épouvantable et son corps meurtri et calciné dégageait déjà une odeur putride. Et dans un dernier effort avant d'expirer son dernier souffle, il annonça l'horreur de la situation au Jarl du village. Le dragon venait de détruire le port et volait sans aucun doute vers le village. Svenja lâcha un cri d'horreur tandis qu'elle s'agenouillait aux côtés de Brynja près du mourant.

« Il faut sonner l'alerte ! VITE ! » De nombreuses voix paniquées s'élevaient à l'extérieur de la demeure. Le village venait de sombrer dans l'épouvante. Qu'étaient-ils pauvres mortels face à la colère dévastatrice d'un dragon ? Le soleil n'était pas même pas entièrement levé qu'il avait déjà réduit le port à néant. Il ne tarderait pas à faire de même avec le village dans son intégralité. Ce que Hagen redoutait tant depuis que le monstre s'était installé était sur le point de devenir une terrifiante réalité. Ils étaient tous perdus. Pourtant, il ne devait en aucun cas montrer ses doutes et son angoisse. De tous les hommes présents il devait être le dernier à flancher. Ce n'était pas le moment de perdre ses esprits. Il se tourna vers les deux jeunes filles restées près de lui, leur visage toujours marqué par la peur. Le Jarl saisit alors Brynja par les épaules. Son visage était déformé par la terreur, elle semblait plus vulnérable que jamais. Comme ils l'étaient tous. « Rassemblez les villageois, les femmes, les enfants, les vieillards. Il faut les mettre à l'abri. Quittez le village. Fuyez. Et restez ensemble. » Il adressa un regard lourd en direction de Svenja. A peine plus âgée que Brynja, toutes deux avaient grandi ensemble mais à présent la situation était toute autre. La petite muette faisait désormais partie intégrante de ce foyer et il était de son devoir de la protéger au même titre que sa sœur. La perte de l'une comme de l'autre serait une douleur inexpugnable pour le jeune Jarl. « Allez vous mettre à l'abri, par pitié. Et toi tu viens avec moi. Il faut rassembler tous les hommes encore en état de se battre. » Le cœur au bord des lèvres, il entraîna Klaus à sa suite. Il se tourna une dernière fois vers Brynja et déposa ses lèvres contre son front. Mourir ce matin ou un autre n'avait que peu d'importance pour un viking prêt à mourir au combat mais l'idée que cette étreinte puisse être la dernière laissait un goût de cendres dans la bouche du Jarl. Se détournant bien vite des deux jeunes femmes qu'il pressa une nouvelle fois de fuir, il se précipita au dehors. Enfin il découvrit ce qu'il était advenu de son village. La bête venait d'atterrir lourdement au milieu des habitations et ne tarderait pas à transformer le tout en charnier. Une odeur de souffre se répandait déjà. Une odeur putride qui vous donnait envie de rendre gorge. Et avant de s'élancer plus en avant, le Jarl lança une prière silencieuse en direction de tous les dieux du Panthéon. Pourquoi les avaient-ils abandonnés une nouvelle fois ?



F
rom the lands of the Norsemen comes freedom, freedom comes from death on the battlefield. Then go to Valhalla, where Odin has wisdom. We died when a sword crashed onto shield. Don’t be sad ‘cause this is what we long for, this is how we must end our long voyage. To pay tribute to them we give a roar, the reason why, this is our heritage. Just remember, trust in the gods, they're strong. Valhalla is where we all must belong.
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viking - bondi

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"Le monde est dangereux à vivre"




MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Dim 3 Mai - 21:43

Comme bien des soirs, Egil ne parvenait pas à garder, si ce n'est trouver le sommeil. Assis au bord du Fjord non loin de sa maison, une bouteille d'Hydromel presque vide à sa gauche, il s'occupait comme il pouvait en faisant ricocher les galets qui passait à sa portée.

Est-il si difficile de reprendre une vie normale après avoir vécu de si longues aventures loin de chez soi ? Il avait désormais sa réponse. Étrangement, rien n’avait réellement changé à Tromso, hormis. Quelques nouveaux venus, nombre de ses camarades avaient grandis ou péris, et certains enfants étaient même devenus, à ce qu'on lui avait dit, de redoutables guerriers.
Et il y avait lui, ruminant ses mésaventures passées, le seul à avoir survécu au naufrage du Drakkar ou nombre de ses amis perdirent la vie.

De rage, il lançât un énième caillou qui enchaînât quatre contrecoups avant de s'enfoncer définitivement dans l'eau limpide. Il demeurait ainsi, 3 heures durant, sans vraiment prêter attention au temps qui passait.

Le soleil venait de se lever qu'il vit une silhouette passer au-dessus de lui, accompagné d'un monstrueux rugissement et d'un vent qui faisait plier les arbres et frémir l'eau du Fjord. Surpris, il cherchât l'ombre gigantesque du regard avant de la voir, belle et monstrueuse, déversant des feux e rages sur le port du village.
Il ne pouvait le croire. Il avait entendu parler de cette bête qui c'était installée non loin de là, mais jamais, au grand jamais, il n'aurait imaginé le voir déverser sa colère de ses propres yeux.

Il se relevât et accourus en direction du village, ramassant au passage la hache plantée dans une bûche. Dans tout les cas, une arme lui serrât toujours utile. Il sprintât vers Tromso, en direction du port. Il courut à perdre haleine, avant de constater l’étendue de l'horreur causée par le monstre : partout autour de lui des habitations brûlaient, des cadavres calcinées jonchaient le sol. A ses pieds gisait un cadavre encore dont il ne parvenait même plus à distinguer le sexe. Plus loin une mère pleurait ce qui avait dût être son enfant. Plus il progressait et plus l'horreur s'accentuait.

Il reprit sa route, à la recherche de survivant, jusqu'à croiser un groupe de femmes, d'enfants e de vieillards fuyaient, sans savoir où. Il interpellât Emma, une femme d'une quarantaine d'année, son jeune fils dans les bras. La pauvre était en pleur et n'arrivait pas même à articuler une phrase cohérente.

-Partez vers l'est et longez les rives jusqu'à chez moi, c'est la seule maison à plusieurs lieux d'ici. allez vous-y cacher jusqu'à ce que tout soit finit.


Il adressât un regard au vieil homme qui les accompagnait, armé d'une hache et d'une épée.

-Emmenez-y chaque survivants que vous croiserez, je vous-y rejoindrait plus tard. Vous y trouverez de quoi vous occuper des blessés, faîtes vite.

Il s'était choisit pour mission de mettre un maximum de personnes en sûreté. Sa maison étant à l'extérieur du village, c'était probablement l'un des meilleurs endroit pour rassembler les fuyards. Au loin, le monstrueux reptile c'était posé sur les toits du village, fendant l'air avec sa queue. Il accourut vers lui, empruntant plusieurs détour afin d'y débusquer d'autres survivants à qui il donnait les mêmes consignes qu'à Emma. Mais plus il avançait, plus il voyait le nombre de victimes augmenter, l'odeur de chair brûlée lui emplissant les narines jusqu'à la nausée. Il vit le Jarl et d'autres guerriers, postés, silencieux, devant le vers, avant de le charger.
Lui restât immobile ne sachant que faire. Pouvait-ils bien faire face à un monstre de cette taille ? L'attaquer de front comme le faisait le Jarl était pure folie, et s'il voulait les prévenir, les supplier de retenir leur rage, aucun mot ne parvint à sortir de sa bouche.

Que les dieux, quels qu'ils soient, leur viennent en aide.
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viking - bondi

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ϟ LOCALISATION : Dans ses écrits, ou perdu dans le blizzard.

MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Lun 4 Mai - 11:26


Des nuits de recherches sur l’artefact dvergr avaient mise à rude épreuve la patience de Njall. Aussi, le regard cerné de l’érudit se redressa férocement vers la porte de sa demeure lorsque les premiers échos du chaos au dehors lui parvinrent. Ne pouvait-on pas lui accorder un peu plus de tranquillité ? Se reconcentrant sur sa tâche, il tenta de déchiffrer une énième fois les runes inscrites sur le cube. Mises à part quelques phrases clairsemées, il n’y comprenait pas grand-chose. A croire que cette expédition dans l’antre du dragon n’aura finalement été pas si utile que ça…

D’autres bruits étranges au-dehors. En rien les sons habituels de la cacophonie quotidienne née de l’activité de ses congénères. Quelque chose de bien plus violent. L’érudit fronça les sourcils et se décida à ouvrir la porte pour vérifier l’origine de ce dérangement. Devant ses yeux, l’enfer se dévoila. Le village en feu, des cris partout et, au milieu, un dragon. Le dragon. L’excitation de rencontrer la mythique créature s’envola bien vite : celle-ci n’était pas là pour converser. La destruction par le brasier était son seul objectif. Rapidement, Njall retourna à l’intérieur et se concentra. Que faire ? Sa mansarde étant un peu à l’écart, elle était mieux à l’abri que d’autres, mais quand bien même… Il vida en tout hâte ses étagères, rassemblant tous ses écrits : tablettes de cire, rares papyrus, morceaux d’écorces et de pierre gravés, puis les rangea tous dans la petite cache creusée sous son plancher. Pourvu que cela suffise. Pourvu qu’ils survivent à ça. songea-t-il. Maintenant, que faire ? Fuir ? Après tout, il pouvait très bien quitter cette désolation et trouver un nouveau village où poursuivre ses recherches. Et pourtant, malgré son isolement, il s’était attaché à Tromso et à ses habitants. De plus, il avait un certain honneur. Que ce soit en bien ou en mal, tous l’avaient accueilli ici. Non, le choix était clair. Il allait devoir plonger comme les autres dans cet enfer.

Dans un coffre, son épée qu’il glissa à la ceinture. A côté, un bouclier sur lequel il avait entamé un long travail d’enchantement runique, sans doute destiné à ne jamais être terminé. Peu importait l’importance de ce projet de longue haleine, l’urgence de la situation exigeait toutes les armes. Ainsi équipé, il se figea sur le seuil de sa maison, jeta un dernier regard sur sa demeure puis leva les yeux au ciel.

« Divins d’Asgard et de Vanaheim… Tous, autant que vous êtes… » Il hésita un instant, semblant se forcer. Jamais une prière de sa part n’avait été si sérieuse, si paniquée, si sincère, si dénuée de toute considération d’ego. « Venez-nous en aide. »

Il s’élança vers le centre du village, plongeant dans le chaos. Un pas, une gerbe de flammes passant non loin. Un pas, des villageois fuyant. Un pas, d’autres allant tout comme lui au cœur de l’enfer. Un pas, une maison détruite d’un coup de queue, des éclats de bois allant se figer sur le bouclier de Njall. Un pas, plusieurs personnes prises dans des décombres, vite aidées et dégagées par les guerriers présents. L’avancée en elle-même était une épreuve à laquelle l’érudit n’était pas préparé, et derrière son air concentré, la panique guettait. Quel idiot avait-il été de vouloir rencontrer le dragon, imaginer pouvoir discuter avec cette créature intelligente. Discuter ? Quelle idiotie. Quelle vanité. Qu’avait-il cru ? Il n’était rien pour un tel monstre. A présent, il n’était plus question que de survie.

Contournant par une ruelle encore en état, il chercha un point de vue vers le flanc de la créature. Des très rares informations tirées de l’artefact dvergr, il savait deux choses utiles : le ventre de la bête était sa partie la moins épaisse, et sa queue était tout aussi dangereuse que sa gueule. Au même moment, une nouvelle gerbe de flammes, suivie d’un ricanement cauchemardesque. Sa main serrant avec force son épée trembla un instant. Il savait ces deux choses, certes, mais en quoi cela pouvait-il être d’une quelconque aide en cet instant ? Comment imaginer ne serait-ce qu’approcher un peu du ventre de cette créature ? Il cherchait, se questionnait, mais aucune solution ne lui venait. Il ne pouvait qu’être présent, faire du mieux qu’il pouvait, et chercher du regard les autres guerriers et, surtout, le jarl. Il fallait trouver une stratégie, faire quelque chose. Mais eux, simples mortels armés uniquement de leur courage, que pouvaient-ils faire ?

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viking - bondi

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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Mar 5 Mai - 9:23


Tout d'abord, du fond des ténèbres, naquit l'odeur. Sournoise. Insidieuse. Ciguë mortelle se frayant un chemin à travers un réseau complexe de veines. Serpent annelé d'or et de feu s'insinuant en silence entre les pierres moussues des collines.

Puis, progressivement, l'odeur insista. Taquine. Chatouilleuse. Intrigante. Et mon nez fut le premier à donner l'alerte au haras. Sans doute, comme le dit ma crevette lorsqu'elle est d'humeur canaille, parce que j'ai la narine accueillante, surdéveloppée, et donc particulièrement réceptive. Ce qui signifie, apparemment, que j'ai un gros nez, ce que je ne peux d'ailleurs nier, et ce à quoi je rétorque le plus souvent qu'il est préférable d'être affublé d'un gros pif que de deux petits, non ?

En conséquence, terminés les ronrons ensommeillés sous les peaux d'ours, terminé le ballet malicieux de mes paluches noueuses se muant en mains de velours pour gravir, à pas de loup, les mamelons couleur cerise de dame « salicoquine », ma précieuse voisine d'oreiller. Terminés. Car l'odeur, toujours présente, et devenant même à chaque instant plus perceptible, s'est trouvée un allié de taille. Le tumulte. Les cris. Et pas des hurlements joyeux, imbibés de bière et d'alcool, comme à la fête chez le Jarl, non, c'est l'effroi de tout un village qui s'exprime de la sorte !

- Un incendie, ma tourterelle ! Tu sens ? Tu entends ce remue-ménage ? Tromsø est en feu ! Vite, allons voir ce qu'on peut faire !

Le matin, je suis souvent lent à abandonner ma couche, car la chaleur des draps, associée à celle de ma langoustine, me manquent dès que je les quitte, mais, sapristi, pas question cette fois-ci de lambiner, car je pressens que le sinistre est gigantesque ! En un même élan je bondis dans mes braies et dans mes bottes de cuir, et je file vers l'écurie en tirant derrière moi une Livia empressée qui réalise l'exploit de se vêtir en courant. Nous attelons de concert la vieille carriole, et nous filons à la vitesse de la foudre vers les ruelles menant au village, et plus précisément vers un coin de ciel tourmenté où dansent vives flammes et fumées noirâtres, telles un rideau mouvant masquant le charme rugueux du paysage s'étalant à l'arrière-plan.

Nous parvenons aux premières maisons, si l'on peut encore donner ce nom aux tas de gravats et de planches carbonisées d'où s'échappent d'épaisses fumerolles, dont l'âcre parfum nous prend aussitôt à la gorge. Les rescapés, rassemblés face aux ruines, n'ont qu'un seul et même mot à la bouche : le dragon. Ainsi, c'est encore cette satanée bestiole qui est à l'origine de l'épouvantable chaos ! N'en serons-nous donc jamais débarrassés ? Mes yeux inquiets se mettent aussitôt à fouiller l'azur bigarré. Ce monstre hideux crache t-il sa colère de là-haut, ou bien s'est-il vautré sur un toit pour y distribuer son fiel autour de lui ? Sans doute cette seconde hypothèse est-elle la bonne, car l'infâme prédateur paraît avoir abandonné les cieux. Je fais part de cette probabilité à ma compagne, qui y adhère d'emblée. Nous le chercherons donc au ras des pâquerettes. Il y a cependant un léger souci : dans notre empressement, ignorant que le dragon était l'instigateur de tout ce foutoir, nous avons quitté le haras en n'emportant que deux simples épées et une hache, il s'agira donc de nous montrer extrêmement prudents, car ce démon pourrait surgir de n'importe où.

Un mur qui, héroïquement, tenait encore debout, s'effondre soudain non loin de nous, et se répand dans la venelle, nous enveloppant d'un nuage de poussière et de cendres. Ce ne sont que quelques décombres supplémentaires, mais ils nous interdisent le passage, du moins avec les chevaux et la carriole. Nous voici contraints d'enjamber les éboulis pour poursuivre notre exploration. Ma crevette et moi nous nous mettons d'accord : la priorité est de dénicher Hagen. Sans doute est-il déjà occupé à rameuter les villageois afin d'organiser les secours et d'assurer la protection des quartiers encore intacts. S'il y en a.



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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Mer 6 Mai - 15:06


C'est une aurore pourpre qui recueille mon premier regard, encore embrumé de sommeil, un grondement sourd se fait entendre, bien plus sonore que les ronflements habituels de Thorolf, encore endormi tout contre moi. Puis un second rugissement m'éveille tout à fait, faisant poindre une peur primitive au creux de mon ventre. Une odeur piquante de fumée, de cendres, de mort me prend à la gorge, des hurlements résonnent, alors que nous sautons hors de notre couche douillette.

- Feu ? Mais ... mais comment ? Toi entendu drôles de grondements ? Oui, dépêchez-nous !
Moitié courant, moitié enfilant à la hâte mes pantalon, chemise et veste de laine, je suis mon viking. Les bottes à la main, je saute dans la carriole que Thorolf a attelée précipitamment. À l'arrière, il y a jeté nos épées, dont nous nous séparons rarement, et une hache imposante que lui seul pourra manier. J'y ajoute des seaux et des couvertures, récupérés dans le débarras adjacent aux écuries.
Dans le ciel encore ténébreux rougeoient des flammes immenses qui dévorent notre malheureux village. Comment le feu a-t-il pu se répandre aussi vite ? Et faire autant de dégâts sans que personne ne donne l'alerte ?
Les premiers rescapés que nous croisons répondent involontairement à ces questions. Hagards, couverts de cendres, certains marqués par des brûlures sévères, d'autres les vêtements en lambeaux, ils courent vers nous en criant que c'est le dragon le responsable. Ce chasseur incendiaire s'attaque à Tromsø ! Jusqu'à présent, il se bornait à prélever ses proies sur les différents élevages, ou bien sur le gibier de la forêt. Qu'allons-nous devenir face à ce monstre ? Une prière muette au panthéon nordique monte à mes lèvres. Je n'ai pas la présomption de me faire entendre de l'un d'entre eux, moi, l'étrangère, j'espère juste qu'unies à celles des villageois, nos prières parviennent aux oreilles de ces dieux si protecteurs envers notre village.

Puisque nous sommes stoppés dans notre avancée par l'effondrement d'un mur, nous décidons de céder notre carriole à un petit groupe de blessés afin qu'ils puissent se mettre à l'abri et nous partons à pied à la recherche de notre Jarl. Mais les lieux sont méconnaissables, nos repères habituels ont disparus, noyés sous un brouillard de cendres et de fumées âcres. Les flammes ont beau s'élever haut dans le ciel, des volutes grisâtres s'enroulent autour de nous, pour nous aveugler, l'air est irrespirable, et les malheureux que nous rencontrons sont aussi noirs qu'une nuit sans étoile, si bien que je ne parviens pas à mettre un nom sur leurs visages. Pourtant, le plus difficile à endurer, ce sont les cris d'angoisse, les appels désespérés pour retrouver un proche, les hurlements de souffrance des brûlés. Et puis ces ronflements furieux du feu qui engloutit sans pitié les habitations pleines ou vides, et nos fiers esquifs qui s'abîment en pièces dans les flots fuligineux.

- Entendez-moi, ô dieux et déesses tout-puissants, par pitié, venez à notre secours ! Jamais nous ne viendrons à bout de ce monstre gigantesque sans votre aide! Je vous en prie !
Comment retrouver Hagen au milieu de toutes ces ombres, de tous ces décombres ? Avec horreur, je découvre que le fautif n'est pas retourné dans son antre. Non. Il est là, au milieu de Tromsø, certainement à admirer son forfait, puisque Njall nous a expliqué que les dragons étaient doués d'une certaine intelligence. Les ronflements que j'attribuais à l'incendie, sont en réalité issus de la gorge de l'animal, dont je peux apercevoir la tête et le long cou, au-dessus des toits encore entiers. Il est encore plus grand que dans mon souvenir ! Notre érudit avait raison sur toute la ligne, c'est bien à un jeune spécimen que nous avons à faire. Il est déjà énorme, quelle taille aura-t-il adulte, quels dégâts fera-t-il alors ? Comment allons-nous l'éloigner d'ici ?
J'attrape le bras de Thorolf pour le ralentir, nous devons progresser avec prudence, qui sait à quelle distance ce monstre est capable de nous détecter. Quand enfin, au détour d'une ruelle, j'aperçois un groupe d'hommes et de femmes armés, réunis autour de Hagen :

- Regarde Thorolf ! Hagen là-bas, nous aller aider. Faut trouver idée pour chasser dragon, ou attirer lui loin de Tromsø. Lui trop gros, trop dangereux, pour nous le tuer … Que les Dieux pouvoir faire ça, non ?
Le dragon a-t-il seulement un point faible ? Une faille dans sa carapace où une arme pourra s'engouffrer pour le tuer ? Qui osera tenter une telle folie ?
- Faut mettre blessés à l'abri, chez nous peut-être, ou dans maison éloignée, faire partir enfants et femmes aussi … Que les Dieux nous viennent en aide … Je peur que dragon gagner sinon …


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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Mer 6 Mai - 21:55





Firestorm





Une nuit plus paisible que les autres. Une nuit vide de tout songe, de tout rêve, et même de tout cauchemar. Un trou béant, le néant, rien d'autre et un sommeil plus que bienvenu après tant de nuits à très mal dormir. Le sursaut est donc violent quand un grondement se fait entendre. Durant quelques secondes, j'ai du mal à savoir où je suis, puis mes idées se mettent en place doucement. Je suis dans mon lit, dans ma maison, je me souviens m'être couchée, particulièrement fatiguée en m'attendant cependant à me réveiller à plusieurs reprises mais en fait, je viens seulement d'ouvrir les yeux et uniquement parce qu'il y a eu... Ce bruit, qu'est-ce que c'était exactement ? Je me frotte le visage, me redresse et m'étire avant de faire quelques pas à l'intérieur de la maison. Je tends l'oreille et m'éloigne finalement de la porte pour m'en retourner vers ma couche, décidée à me recoucher en fait car cette nuit paisible, j'aimerais bien la terminer, pour une fois que je parviens à trouver un semblant de paix... Cependant, je n'ai pas le temps d'atteindre ma couche qu'un nouveau grondement se fait entendre suivi d'un vacarme qui ne peut qu'alerter quelqu'un de réveillé et réveiller quelqu'un d'endormi. Je fonce jusqu'à la porte et sors de la maison et c'est en voyant la fumée et les flammes au loin que je comprends, que je saisis ce qui est en train de passer : le dragon, il attaque... Non. Non, non, non. Je ne l'ai pas vu... Bien sûr que je n'ai pas vu, je n'ai plus aucune vision depuis des semaines maintenant mais ça... Ils auraient dû me le montrer, ils auraient dû... Les hurlements qui parviennent jusqu'à moi me pétrifie sur place pendant quelques instants puis, je parviens à reprendre mes esprit et je retourne à l'intérieur de la maison. J'empoigne ma sacoche en tissu et je parcours les étagères pour embarquer le plus d'herbes et plantes possibles, celles que je sais utiles en cas de brûlures ou d'hémorragie ou de difficultés à respirer. Mon esprit fonctionne vite malgré la panique, malgré la peur. Ma famille ? Mes amis ? Ont-il était touchés ?

C'est sur cette pensée que je quitte la maison pour m'engouffrer dans les rues du village, au milieu des cris, des pleurs et des blessés. Certains me lancent des regards pétrifiés, d'autres des regards courroucés et mon cœur se serre et se tord à chaque regard : c'est ma faute. C'est ma faute... Je m'arrête soudain en apercevant au loin l'immense silhouette menaçante du dragon. J'observe la bête et les larmes me montent aux yeux. En abaissant le regard, je vois les hommes autour, j'aperçois Morten et nos regards se croisent l'espace d'un instant avant qu'il ne se détourne de moi. Puis, j'aperçois Hagen et enfin, un peu plus loin, Brynja. Ma meilleure amie, celle sans qui je n'aurais jamais pu me relever après la mort de Tomas, celle dont la vie est en danger parce que je n'ai pu voir la menace, parce que j'ai été trop amère pour prier les Dieux comme j'aurais dû le faire. Mes doigts se resserrent autour de ma sacoche en tissus et je lève mes yeux remplis de larmes vers le ciel tout en me laissant tomber à genoux. Les battements de mon cœur me font mal à la poitrine tant ils sont rapides et violents. Ma respiration devient difficile et la tête me tourne mais je tiens debout, je reste droite, le visage levé vers le ciel, l'esprit et l'âme tournés vers Ceux que j'ai longtemps reniés à cause de ma douleur. Ainsi, au milieu de la rue, je sais que je suis en danger mais je n'en ai que faire : je dois les prier, les appeler, les supplier. Je dois le faire car trop de gens sont sans aucun doute déjà morts par ma faute. Le sang que j'ai sur les mains ne pourra pas être retiré mais c'est en les appelant de toutes mes forces que je peux éviter davantage de victimes. Ce lien qui m'a longtemps été si cher, ce lien si puissant, il doit bien être encore là, juste éteint et il me suffit de le raviver comme on ravive la flamme d'un feu dont la braise a presque totalement disparu.

« Divins d'Asgard, je vous en conjure, venez-leurs en aide. J'ai failli, je me suis détournée de vous et s'il faut prendre une vie supplémentaire, prenez la mienne mais épargnez-les, je vous en prie. Par pitié... Ne les abandonnez pas... »

Je ferme les yeux.

« De l'aide... Envoyez-nous de l'aide... »

Ils en ont le pouvoir, ils sont notre seul espoir car même si les hommes savent se battre, contre un dragon, seuls les Dieux seront de taille.


© charney



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ϟ HUMEUR : Un brin traumatisée.



« Having a soft heart in a cruel world is courage, not weakness. »



« She wasnt exactly sure when it happened. Or even when it started. All she knew for sure was that right here and now, she was falling hard and she could only pray that he was feeling the same way. »





MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Jeu 7 Mai - 10:01

Firestorm
SUJET COMMUN

Son instinct lui hurlait de fuir, de mettre autant de distance que possible entre elle et la bête qui s'apprêtait à réduire Tromsø en cendres tant qu'elle en avait encore l'occasion. Et pourtant elle était figée, incapable de bouger, accablée par la certitude qu'elle allait mourir brûlée vive, ou étouffée par les fumées et les cendres. Comment elle se retrouva sur ses jambes, elle n'en avait pas la moindre idée, et ce ne fut que lorsque Hagen la saisit brusquement par les épaules qu'elle retrouva ses esprits, et réalisa par la même occasion qu'elle tremblait comme une feuille en automne. Rassembler les villageois, fuir, rester avec Svenja. Les instructions étaient simples, en théorie aisées à suivre et elle bénissait le jeune homme de les donner, car elle n'était de toute évidence pas en état de raisonner. Le plus dur restait cependant à faire... Elle sursauta lorsqu'elle comprit qu'Hagen n'avait pas l'intention de venir avec elle et Svenja, et son premier réflexe fut de s'accrocher à sa manche en secouant vivement la tête. Non. Non, ne reste pas, viens avec nous, viens avec moi... Il était Jarl, il ne pouvait pas fuir son village et son peuple, c'était à lui que revenait la lourde tâche de les protéger de son mieux... Mais face à une telle créature, que pouvait-il bien faire sinon mourir ? Le baiser qu'il déposa sur son front avait un cruel et amer arrière goût d'adieu et d'un futur mort avant même d'avoir vu le jour. Elle en était persuadée, jamais elle n'aurait l'occasion d'épouser Hagen... Mais elle n'allait pas rester là à larmoyer sur son sort tandis que des vies pouvaient être sauvées. La gorge serrée autant par l'angoisse que par la soudaine chaleur étouffante, Brynja se saisit de la main de Svenja, qu'elle entraîna à sa suite à l'extérieur après avoir pris une profonde inspiration qu'elle regretta aussitôt que les cendres lui brûlèrent la gorge. À l'extérieur de la demeure, c'était l'horreur la plus totale, une scène apocalyptique qui donnait l'impression d'évoluer en plein cauchemar. Les cendres voletaient dans l'air comme une imitation lugubre de neige, les fumées brûlaient les yeux et les poumons, les flammes s'élevaient hautes depuis les toits des maisons que les malheureux habitants évacuent comme ils le peuvent... Et au milieu de ce champ de flammes, celui qui semblait être le gagnant tout désigné de la bataille. Sa première rencontre avec le dragon, la jeune femme ne l'avait pas oubliée, quand bien même elle n'avait pas eu le déplaisir de se trouver si près de lui, elle avait suffisamment craint pour sa vie lorsqu'elle, Hagen, Aldarik et d'autres s'étaient trouvés chassés par la bête. Ce jour là, ils n'étaient pas passés loin d'être dévorés, ils avaient échappé aux crocs du dragon de justesse... Il faudrait cette fois-ci un miracle pour qu'ils échappent à son brasier. Ne le regarde pas, songea-t-elle en se détournant du dragon qui incendiaient les habitations. Rassembler les villageois... Elle aurait bien voulu, mais tous couraient en tous sens, paniqués et ce n'était pas tout à fait comme si elle pouvait les héler... Faute de mieux, elle indiquait à tous ceux qui se trouvaient sur son chemin de fuir vers les bois. C'était leur seule échappatoire, à présent que le port et les drakkars avaient été détruits, et quand bien même le reptile pourrait facilement réduire la sylve en cendres, ils bénéficieraient d'une certaine couverture... C'était, de toute façon, la solution de la dernière chance. Une chance vers laquelle elle se serait élancée sans perdre une seconde de plus si les pleurs d'une enfant qu'elle connaissait bien n'avaient pas attiré son attention. Faisant volte-face, elle ne tarda pas à apercevoir Aldarik au beau milieu de la foule, portant dans ses bras une Sunniva terrifiée qui sanglotait de façon incontrôlable. Elle ne pouvait pas la laisser là... Pas au milieu de ce chaos, par alors qu'elle pouvait entendre son père appeler Hagen. Si Aldarik voulait se battre, il semblait évident qu'il ne pourrait pas le faire avec sa fille entre les bras. Une seconde, c'est le temps qu'hésita Brynja avant de pousser un peu brusquement Svenja en directement du bois avant de faire demi-tour avant que celle-ci n'ait le temps de protester. Hagen leur avait bien clairement dit de rester ensemble, et voilà qu'elle ignorait ce conseil pourtant plein de bon sens. Elle se heurta à la foule agitée, mais déterminée à rebrousser chemin pour atteindre son ami, Brynja ignora les coups de coude involontaires et autres bousculades, et surtout elle se fit sourde aux rugissements du dragon. Ces quelques mètres lui paraissent interminables, jusqu'à ce que, enfin, elle puisse agripper la manche d'Aldarik. Puis le dragon donne un violent coup de queue dans la bâtisse la plus proche, et c'est tout juste si elle ne manque pas d'ensevelir les trois comparses lorsqu'elle s'effondre.

FICHE PAR ROMANOVA.


nothing haunts us like the things we don’t say

You never know what goes on in the mind of a silent person.
They might have a storm brewing in their mind and we would never know.
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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Jeu 7 Mai - 19:05

Le village s'agite. Tromsø est, dès le maintenant, soumis aux assauts d'un dragon qui fait hurler et pleurer les habitants du village. Depuis plusieurs semaines maintenant, les Vikings de Tromsø ont assisté, impuissants, à l'installation de ce dragon dans les environs de leurs habitations. Les prières de Svenja sont alors allées régulièrement aux Dieux, les suppliant de les protéger. La jeune femme, depuis l'attaque des Jötuns, quelques mois plus tôt, est encore plus pieuse. Elle le sait, le salut ne peut venir que des Dieux et il faut donc leur demander, encore et encore, de venir aider les Mortels. Bien sûr, cela n'empêche nullement les humains de faire de leur mieux pour régler le problème. Mais certains soucis sont insolvables sans une aide divine.

En attendant, les Dieux n'étaient pas là alors que les habitants de Tromsø en avaient besoin. Alors qu'elle dormait paisiblement, Svenja avait été réveillée par les cris des habitants et l'odeur de brûlé qui régnait désormais sur le village. Encore endormie, la jeune femme n'avait pas tout de suite compris de quoi il retournait. Mais elle n'avait pas eu besoin de longtemps pour tout comprendre. Après des semaines de calme, le Dragon s'était décidé à attaquer leur paisible communauté. Et visiblement, il ne ferait pas dans la dentelle.

Se levant à toute vitesse, elle sortit de son lit. Hagarde, Svenja se demanda où était passé le reste de sa famille. «-Hagen, Brynja ? » Elle murmurait plus qu'elle ne criait, en vérité. Sortant de sa chambre, elle ne tarda pas à arriver à l'entrée de la maison où une vision d'horreur la saisit. Un homme calciné, essayait de marcher comme il pouvait. Poussant un cri d'effroi, la jeune femme ne sut que dire de plus. Le malheureux... Il s'effondra sur le sol et Svenja s'approcha.

Son frère ne tarda pas à donner les instructions aux deux femmes et Svenja hocha la tête. L'heure n'était clairement pas à la discussion. Svenja sourit à son frère, malgré la crainte qui la dévorait. « -Nous ferons tout ce qu'il faut, Hagen, ne t'inquiète pas. » Elle le pensait. Brynja et elle réussiraient à faire ce qu'il fallait pour aider les autres, comme toujours.

Seulement quand les deux femmes sortirent de la maison, il leur apparut rapidement qu'elles ne pourraient pas vraiment rassembler qui que ce soit, ainsi que leur demandait son frère aîné. Les gens couraient dans tous les sens, les uns blessés, les autres apeurés et Svenja était absolument incapable de régler ce problème dans l'instant, elle le savait. Apercevant une ou deux connaissances, elle les interpella tout de même «-Il faut quitter le village, le Jarl vous l'ordonne, suivez-moi, je vous en prie ! » Et alors que Svenja comptait attendre sa belle-sœur pour se rendre dans les bois, pour s'abriter, elle ne vit soudainement plus Brynja. Celle-ci, après l'avoir envoyé en direction du bois d'une brusque secousse, était partie sans que Brynja n'ait eu le temps de protester, malheureusement.

Alors qu'elle allait définitivement partir, elle aperçut Tora, une jeune femme de son âge, à genoux au sol. Courant jusqu'à elle, Svenja la prit par le coude. «-Il faut fuir, je t'en conjure, suis-nous ! » Elle tirait à elle la jeune femme, ne souhaitant qu'une seule chose, que celle-ci vienne avec elle. « -Hagen veut que nous allions nous réfugier dans les bois. Vite. » A quelques mètres de là, le dragon était visiblement toujours présent, détruisant beaucoup sur son passage.
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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Jeu 7 Mai - 20:22

U
ne gerbe de fumée d'obsidienne engloutit fugacement le galbe alité du pisteur qui, après une quinte de toux digne de le faire glavioter ses bronches, amoncela son courage et se redressa dans un rauquement. Il osa quelques pas gauches, puis s'arc-bouta rapidement au macchabée d'une charrette renversée pour recouvrir ses esprits. Il se souvint subitement de sa discussion avec Njall lors de l'avènement du nouveau monarque d'Yggdrasil – qui, décidément, manquait une fois encore à l'appel. Les déités étaient-elles à ce point repues de mansuétude pour pardonner aux mortels leurs péchés et les sauvegarder d'un sort aussi innommable que le brasier ? Si ceux qui les gouvernaient depuis le firmament – sur lequel il obvia un regard diapré à la fois de courroux et d'espérance – avaient agi plus tôt en chassant ce maudit dragon de leurs landes, ils auraient évité ce drame qui sourdait des viscères du destin. C'était à se demander s'il s'agissait d'un défi pour les midgardiens ou pour les ases, il aurait été bon de savoir laquelle des deux catégories méritait le plus la seconde. Cependant, ce n'était pas en vouant les divins aux gémonies qu'il sauverait sa peau déjà écorchée – d'ailleurs, il aperçut plusieurs guerriers s'élancer à travers les ruelles pour prendre part à un combat perdu d'avance. Lui ? Il aurait été bon qu'il montre l'exemple, mais si le reptile désirait se bâfrer de ces infects vikings, qu'il s'en donne à cœur joie ! Pas question qu'il se convie à une danse avec les flammes pour le moment, même s'il lui faudrait veiller à musarder un tant soit peu sous le nez du Jarl pour lui montrer sa présence – fallacieusement active.

« Arn... Arnorr... ! Par ici... ! » Le jeune homme redressa le chef, puis se dirigea vers le phonème pour découvrir un homologue, manifestement en mauvais état et coincé sous les décombres de ce qui fut naguère son logis. Les lippes tremblantes, il leva une poigne implorante. « Aide-moi... » L'Ormfrid vérifia que nul ne se trouvait dans les environs, puis il darda un œil nouvellement dédaignant sur son interlocuteur. « Pourquoi ferais-je une chose pareille ? » Le meurtri en resta pantois, tandis que l'abject quidam évasa un sourire carnassier. « Je t'ai jamais vraiment apprécié de toute façon, et t'en fais pas, je consolerai ta veuve. » Se disant, il appuya sur une lourde poutre encore à demi-debout pour la faire choir sur le pauvre scandinave, qui n'eut pas même la force de clabauder quoi que ce soit avant de rendre l'âme. Un ricanement narquois plus tard, et le rugissement de l'immense créature eut tôt fait de le rappeler à l'ordre, ce qui suffit à l'éclaireur pour reprendre son chemin avec plus de vélocité.

Nonobstant la cohue, il reconnut soudain deux galbes graciles, le premier tirant le second à lui. « Svenja ! Tora ! » Il les approcha, le visage chamarré de son propre sang dû à la pléiade de coupures qui s'y trouvait et un bras soutenant l'autre. « Völva, c'est le moment d'y mettre tout ton soûl pour nous sortir de ce merdier, que foutent nos dieux ?! » Il se pencha pour tousser, puis aperçut un linge déchiré dans la fange. Il le récupéra et le plongea dans l'eau diaphane d'un fût encore intact et à proximité. « Fous-moi ça rapidement autour du bras tu veux... » Celui qui n'avait presque plus de tissu pour le vêtir, mais à la place, une sérieuse brûlure qui semblait continuer à lui mangeotter la chair. Un pansement de fortune, mais cela ferait office de lénitif le temps de véritables soins.


Spoiler:
 



җ җ җ җ җ җ җ җ җ җ
« J'ai ce besoin de détruire ce qui m’entoure. Ce n'est pas parce que c'est plus facile que de construire, non, car en vérité, construire n'est pas bien ardu non plus. C'est d'entretenir qui est complexe, et totalement impossible quand on voit les choses en grand. Alors je détruis sans vergogne. Je sabote les fondations même, afin que celles-ci s'effondrent et que de ces amas ne puisse rien ressurgir. Je ne suis qu'un saboteur, et c'est la seule chose que je sais faire sans erreur. »
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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Ven 8 Mai - 13:25

Egil s'en était allé, abandonnant le Jarl, son frère et les quelques guerriers présents à leur sort. Trop impressionné par l’immensité de la bête furieuse, il n'avait put faire un seul pas vers elle, ou articuler un seul cris. De rage il avait frappé contre le mur d'une maison calcinée avant de reprendre ses recherche, , éloignant ses oreilles du rugissement assourdissant du vers doré.

Il se trouvait lâche d'avoir agit ainsi, lui qui avait traversé l'europe, eu raison de certains de ses plus grands guerriers, gravit ses plus haut sommets : le voilà réduit à la fuite. il devait relativiser : que pouvait-ils faire, simples mortels, face à une créature qui ne devaient les considérer pas mieux que des insectes ? Rien.

Sa pauvre hache de bûcheron ne lui était d'aucune utilité contre un tel monstre, mais sa maison pouvait accueillir ceux qui avaient réchappé aux flammes : l'avantage étant que celle-ci se situait entre le Fjord et la forêt. Sauver un maximum de personne était pour la l'instant la première priorité.

Il continuait de parcourir ces ruelles qui n'en étaient plus, enjambant main cadavre dont ou pouvait à peine deviner l'âge ou la maturité, plaquant sa manche contre a manche afin de se protéger de l'air vicié gorgé de cendres brûlantes.
D'épais nuages de fumée l'empêchait de distinguer clairement ou il allait, marchant au hasard parmi les ruines des maisons, sa hache rasant le sol afin d'écarter les gravats et les cadavres qui lui faisaient obstacles, jusqu'à parvenir à un endroit ou la fumée se faisait nettement moins épaisse et l'air toujours plus respirable qu'au départ et, malgré les rugissements toujours aussi furieux de la bête, il parvenait désormais à ouïr les plaintes environnantes. Sa hache heurte une carcasse de cheval à la nuque brisée. L'entourant, poutres et pailles fumante : les restes d'une maison qui c'est écroulée sur la pauvre bête. Attachée à elle une carriole dont la majorité des occupants ont succombé.

Il entend des gémissements : à seulement quelques pas, un homme profite d'une jeune fille d'à peine 16 ans aux jambes cassées, incapable de se défendre, la baillonant avec sa main et la pénétrant sans nul remord.
Son ultime plaisir, avant que le rictus de la hache d'Egil dans le creux de son épaule qui le traînât en arrière avant de l'achever de trois violent coups au visage, mettant aussi bien fin au calvaire de la pauvre enfant qu'aux cris insupportable de son violeur. Le sang perlait le long du fil de sa lame, giclures écarlates ornaient désormais la tunique du bûcheron.

Il se penchât vers elle afin de lui venir en aide : elle ne respire plus, depuis un bon moment déjà.
Le fou baisait un cadavre. Comment peut-on en arriver à de telles ignominies ? Ecoeuré, l'air grave, le roux se relevât et crachat sur le cadavre de celui qu'il venait d'exécuter et qu'il se répugnait à devoir nommer « homme ». Un tel chaos ne suffit en rien à justifier un acte pareil.

« Svenja ! Tora » Il se tournât ver la voix qui venait de prononcer ces noms. La sœur du Jarl était dans les parages, peut-être en vie. Il accourut en direction de l'homme qui venait de parler, et apperçus Svenja accompagnée de Tora et d'Arnorr, un homme dont il ignorait tout si ce n'est que celui-ci siégeait au Thing. Ce rapprochant du groupe, il dit:

-Ne restez pas là, il faut partir !

Il marquât une pause et reprit.

-Je vous emmène en sûreté chez moi : d'autres personnes nous attendent làs-bas, il y aura de quoi panser vos plaies.

C'est un lors quelque chose l'interpellât :Svenja était la sœur du Jarl, vivant avec celui-ci ainsi qu'avec Brynja, celle que l'on savait son amante. Ne pas la voir à ses côtés, alors qu'elles avaient probablement dût fuir ensemble fi naître en en lui un soupçon d'inquiétude.

-Ou est Brynja ?

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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Ven 8 Mai - 15:24





Un bruit sourd m’arracha à mon sommeil, en sursaut. Les murs tremblaient, tout comme chaque meuble présent autour de moi. Les hurlements ne tardèrent pas retentirent, dont ceux de Sunniva, dont je perçus aussitôt les pleurs. Je m’échappais dans mon lit avec hâte afin de la retrouver. Terrorisée, elle n’osait faire le moindre mouvement. Je m’empressais d’ôter de son lit afin de la prendre dans mes bras. Je n’étais pas certain de ce qu’il se tramait dehors, mais j’avais une idée plutôt précise. Le dragon était venu chercher sa vengeance. Nous l’avions offensé quelques temps plus tôt, terrible erreur. L’Homme récolait ce qu’il semait. « Ne t’en fais pas ma belle, tout ira bien, je te l’assure. » Lançai-je à Sunniva afin de la rassurer, vainement. Je n’avais nullement l’intention de lui offrir un classique « je te le promets ». Je ne me pardonnerai jamais de lui servir un potentiel mensonge. J’avais appris à mes dépends à vivre de malchance. Elle fût la première once de réel bonheur dans ma vie, avec Sól. Mais si une chose était sûre, c’est que je ferai tout pour la protéger des malheurs en cours et à venir. Rapidement je quittais la demeure, Sunniva fermement accrochée à mon cou. J’entamais une course au travers du village, essayant de me frayer un chemin, tandis que j’étais bousculé à chaque pas. Je cherchais hâtivement et furieusement Hagen du regard, ou encore Brynja, qu’importe. Il fallait que je trouve les personnes que je savais capable de garder la tête sur les épaules dans ce genre de situation. Mais plus important encore, je devais confier Sunniva à quelqu’un. Brynja, montre-toi je t’en prie… Il fallait évacuer un maximum de personnes. Et je devais aider à cette quête. Mais avoir Sunniva dans les bras allait m’en empêcher… Et je devais la savoir en sécurité, coûte que coûte. « Papa… J’ai peur… » Lâcha Sunniva, en sanglots. « Je sais ma chérie… On va trouver Brynja, d’accord ? Tu l’aimes tante Brynja, hein ? » Fis-je à l’enfant terrifié, le visage enfoui dans mon cou. « Oui… Mais où… Où est maman ? » Demanda-t-elle subitement. Je m’arrêtais net, frappé par cette évidence. « Elle… Elle va arriver, je te le promets. » Me décidai-je finalement à lui offrir. Elle devait arriver. Il le fallait… Je repris ma demi-course, tout en prenant une profonde inspiration. Les flammes naissaient de toute part. Les demeures s’effondraient sous les coups du dragon enragé. La terreur s’était installée en une fraction de seconde. La créature semait le chaos avec brio, son courroux le rendant plus féroce que jamais. Sól pouvait nous aider. Combattre le feu par le feu… Je rassemblais toute ma foi en un seul point, mon cœur, prêt à le laisser parler plus sincèrement que jamais. « Sól, mon amour… Le village a besoin de toi… Le dragon répend sa terreur. La mort plane sur nos têtes… Viens vite, aide-nous… Nous sommes tous en danger… Ta fille, Sunniva, a besoin de toi. J’ai besoin de toi. » Priai-je intérieurement… Je ne savais pas comment procéder, n’ayant jamais été un fervent admirateur des Dieux. Mais j’avais appris à aimer Sól, qui n’était autre qu’une Déesse, et certainement celle la plus capable de nous venir en aide. Probablement la preuve pour moi-même que les Dieux pouvaient être plus ou moins bons… Dans la mesure où cette fois-ci ils entendent nos prières. Quelqu’un s’agrippa à ma manche. Je me retournais aussi vite que possible. Je vis enfin le visage de Brynja, horrifié et apeuré. Enfin. Au final, elle me trouva et non l’inverse. C’est alors que la demeure la plus proche manqua de nous ensevelir suite à un nouveau passage de la créature de feu. On s’écarta le plus rapidement possible du danger imminent. « Brynja, enfin… Où est Hagen ?! J’ai besoin de toi… Il faut que tu t’en ailles au plus vite, avec Sunniva. Je dois aider à évacuer le village… Mais je dois savoir Sunniva en sécurité, et tu es celle en qui j’ai le plus confiance pour cela… Promets-moi de quitter les lieux rapidement. Je t’en prie… » Demandai-je les larmes aux yeux à la jeune muette. « P’pa… Tu vas me laisser ? » Demanda l’enfant en écartant son visage afin de me regarder dans les yeux. « Je dois aider, ma chérie, le village a besoin de moi. Brynja va prendre soin de toi, tu verras… Dès que j’ai terminé, je te rejoins, d’accord ? » Fis-je à Sunniva avant de la déposer dans les bras de Brynja. Je ne pouvais hésiter à le faire, ou j’allais finir par céder… Ce geste m’arracha le cœur, mais je sentais que c’était la bonne chose à faire. Je ne pouvais simplement prendre la fuite. J’avais des responsabilités ici, une dernière action à faire avant de… Rejoindre Asgard, et de voir ma famille réunie.




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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Ven 8 Mai - 16:11

Le monde qu'il connaissait, le village qu'il chérissait était devenu un brasier innommable. Le dragon venait à peine de débarquer et pourtant Tromsø faisait déjà peine à voir. C'était une véritable cohue, les gens hurlaient, pleuraient et se précipitaient en tout sens. Ils ne suivaient aucune logique, chacun semblait se battre pour sa peau sans se soucier nullement du voisin. S'ils pouvaient se piétiner pour s'en sortir nul doute qu'ils le feraient sans ménagement. Ils avaient connu bien des horreurs ces derniers mois. Des jötuns, un Kraken, désormais un dragon. Et le résultat était toujours le même. Pour certains le courage légendaire des vikings ne signifiait pas grand chose, ils préféraient vivre encore quelques années sur Midgard avant de rejoindre le Valhalla pour l'éternité. Quitte à terrasser le voisin pour cela. L'homme en proie à ses pires angoisses était lui aussi une véritable menace pour ses congénères. Et il y avait les autres, ceux pris de folie à l'approche de cette mort imminente et qui se sentaient incapables de fuir. Hagen aperçut une vieille femme qu'il connaissait bien. La pauvre était veuve depuis longtemps et avait perdu ses trois fils lors des raids estivaux. Il ne lui restait plus rien en dehors de la modeste bâtisse que venait de détruire le dragon d'un simple coup de queue. Toute une vie balayée en quelques secondes seulement. Et la malheureuse restait là, abattue, assise simplement sur ce qu'il restait de toute son existence. Sans réfléchir le Jarl se précipita à ses côtés et la saisit par le bras, l'obligeant à se relever. « Lève toi, Helga. Va-t-en, rejoins les autres, ton heure n'a pas sonné alors fuis tant que tu le peux. » « Jarl Hagen, il est temps pour moi de retrouver mes garçons. C'est un signe divin. Les dieux ne nous veulent plus sur Midgard, nous devons accepter leur sentence. » « Sors toi de là et cesse tes inepties immédiatement ! Gyda, retrouve Svenja et Brynja, elles fuient en direction des bois à la recherche d'un abri sûr. Et emmène ta tante avec toi avant qu'elle ne perde la tête. » Il laissa la vieille femme aux bons soins d'une jeune fille au regard apeuré qui pourtant obtempéra sans demander son reste. La fuite, voilà ce qu'il y avait de plus sûr pour chacun d'entre eux. Il était fou et suicidaire de vouloir se mesurer au dragon. Hagen avait bien du mal à l'admettre mais il devait se rendre à l'évidence. Il fallait abandonner Tromsø. Il serait évidemment le dernier à abandonner le navire, il devait s'assurer avant toute chose que personne ne resterait en arrière. Il fallait venir en aide aux infirmes et aux blessés. « Tu as raison Livia. » acquieça-t-il aux paroles pleines de bon sens de la jeune thraell qui venait de le rejoindre. « Il faut évacuer le village, nous n'avons d'autres choix pour le moment. Il faut fouiller les maisons encore sur pieds, tout le monde n'a peut-être pas eu la jugeote de prendre la fuite. » La vieille Helga lui revint en mémoire, combien d'autres préféreraient mourir sous les gravats de leur maison plutôt que de sauver leur peau ? La panique était telle que personne ne ferait attention à eux. On ne pouvait pourtant les laisser en arrière. Hagen tenta d'apercevoir sa sœur et sa promise parmi la cohue dévastatrice mais ne parvint nullement à remarquer l'une ou l'autre. Peut-être étaient-elles déjà loin. Il en doutait mais il l'espérait cependant. Il les connaissait l'une et l'autre et savait à quel point elles pouvaient se montrer têtues. Toutes deux étaient dotées d'un grand cœur et d'une grande force d'âme mais il fallait espérer qu'en ce jour cela ne les conduise pas à leur perte. Parmi la foule, le Jarl aperçut alors le visage de son plus vieil ami qu'il interpela aussitôt. « Aldarik ! Aladrik ! Par tous les dieux, ton aide ne sera pas de trop pour sortir tout le monde de ce charnier. Merci... As-tu réussi à mettre Sunniva à l'abri ? » Un terrible grondement mit vite un terme à sa tirade et lui glaça le sang. Le monstre était plus près qu'il ne l'aurait imaginé. Il l'avait déjà vu de plus près encore mais ce jour-là il ne mettait pas en pièces son village. « Sans les dieux à nos côtés nous ne parviendront jamais à venir à bout de cette bête. » souffla-t-il à demi-mot pour n'être entendu que de ses plus proches alliés. Les villageois étaient suffisamment paniqués, inutile d'en rajouter en révélant tout haut ce que tout le monde savait ; sans l'aide divine ils étaient perdus. Hagen leva alors les yeux au ciel, s'adressant au seul qui pourrait les tirer de ce terrible charnier. « Tonnerre personnifié, souverain d'Yggdrasil, grand protecteur des hommes. Thor, mon ami, viens nous en aide. Si les divins nous oublient, il semblerait que nous ne sortions pas vivants de ce charnier. Plus que tout je rêve de trinquer à tes côtés au Valhalla mais il me reste encore bien des choses à accomplir parmi les vivants. Je t'en prie, épargne Tromsø de la fureur de ce monstre. »



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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Dim 10 Mai - 7:08


FIRESTORM
première partie


C'est presque amusant, de les avoir s'agiter en tous sens comme des fourmis dont on aurait piétiné la fourmilière. De pauvres et stupides fourmis, c'est tout ce que sont les humains pour le reptile incendiaire qui se délecte de leurs hurlements terrifiés et grimaces douloureuses. Voilà qui leur apprendra à se jouer de lui et à farfouiller dans son antre... ! Il n'a nulle intention d'en laisser un seul s'échapper, bien plus qu'une simple attaque, c'est une extermination. Fier de ce qui lui semble être sa toute-puissance, il se gave de sa propre arrogance et en oublie qu'il n'est pas le maître d'Yggdrasil, pas même le maître des lieux... Mais qui viendra mettre fin à son jeu, qui ? Il se rit des prières envoyées aux divins, persuadé que ceux-ci n'ont que faire d'une poignée de mortels. Après tout, pourquoi ne pas être venu le déloger plus tôt, sinon... ? Un coup de queue, un battement d'ailes, et ce sont une dizaine d'habitations qui s'effondrent sur leurs habitants et autres fuyards. Il entrouvre les mâchoires et c'est un jet de flammes qui monte et s'échappe du fond de sa gorge. Les plus chanceux meurent carbonisés en quelques secondes, les autres ont les chairs brûlées si profondément qu'ils succomberont de leurs blessures dans d'atroces souffrances, après une agonie bien trop longue, qu'importe sa durée. Mort et désolation sont tout ce que méritent ces vermines.

Au milieu du crépitement des flammes, des cris et autres gémissements, un rire rauque et animal s'élève soudain. « Courez petits rats, courez ! Éparpillez -vous, la chasse n'en sera que plus savoureuse ! » De nouveau, le dragon prend son essor, il plane au dessus de Tromsø pendant ce qui semble être une interminable minute avant de plonger de nouveau vers le port ravagé. Entre ses pattes, il saisit ce qu'il reste de deux navires avant de s'élever vers le ciel. Il vole si haut qu'il disparaît, comme happé par les rayons du soleil qui se lève à peine... Et lâche les carcasses des deux drakkars, qui retombent sur le village comme deux énormes boules de feu, dans une explosion cataclysmique qui fait trembler la terre. Les braises incandescentes qui retombent sont bien plus dangereuses que les flammes elles-mêmes, car impossibles à éviter. Pis encore, le dragon vient ainsi de bloquer un large passage vers les bois, forçant des dizaines de fuyards à rebrousser chemin. La cohue est telle que certains trébuchent, et sont piétinés par ceux ont perdu tout sens d'honneur et d'entraide. Vieillards et enfants sont les premières victimes de la bousculade, et cela en dépit des mains qu'enfants et parents leur tendent pour les aider à se relever. C'est pareille catastrophe qui distingue les héros des lâches et des opportunistes, face à la mort tous les hommes ont peur, mais certains préfèrent s'armer de courage plutôt que de couardise.

Le dragon se pose avec fracas au milieu de la masse paniquée, ses griffes déchirent les chairs, ses crocs broient les os et bientôt, l'odeur du sang ne tarde pas à se mêler à celle du souffre et des fumées toxiques. Mais soudain il s'arrête, relève la tête et renifle l'air, puis ce qui ressemble à un sourire carnassier étire ses traits reptiliens. « N'est-ce pas là l'odeur des impudents qui ont osé pénétré en ma demeure ?! Vermines... ! Vous allez payer votre effronterie au centuple ! » Il rugit furieusement et traverse le village, chacun de ses pas faisant trembler les habitations encore debout. De nouveau il hume l'air, secoue son long cou rougeoyant. « Je peux vous sentir... Vous n'avez nulle part où vous terrer... Priez et supplier comme bon vous semble, vos dieux sont sourds, vous êtes indignes de leur miséricorde ! » Et de la sienne, par la même occasion. D'un coup de queue, il envoie quelques malheureux dans le décor, leurs glapissements lui arrachent un nouveau rire grave. « Envoyez vos femmes, vos enfants et vos faibles aussi loin que vous le voulez, les bois deviendront leur prison de flammes une fois que j'en aurai terminé avec vous ! » Et le dragon de s'élancer vers ceux qui ont assez de cran pour se dresser contre lui, sans pour autant qu'il ait la moindre envie de les épargner. Ces mâchoires se referment tout près de ce qui semble être le chef du village – raté, pour cette fois-ci. Le reptile n'y prête aucune attention, mais soudain, l'air se charge d'électricité et d'humidité, le soleil disparaît et des nues orageuses s'amoncellement au dessus du village, accompagnées du grondement caractéristique... du tonnerre.


quelques précisions

→ Le nombre maximum de mots est de 700.
→ Ce second tour est encore réservé aux mortels. Patience petits dieux, c'est bientôt à vous, vous ferez une entrée aussi fracassante que celle du dragon, n'ayez crainte green
→ Vous avez deux options : faire partie 1) du groupe de fuyards qui essaient d'échapper aux flammes (enfants, femmes, vieillards... lâches green) ou 2) du groupe qui affronte directement la bête. En sachant que les plus chanceux ne sont pas toujours ceux auxquels ont pense en premier huhu
→ Le soleil vient de disparaître, mais vous avez encore les flammes pour vous éclairer, tout va bien mdr



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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Dim 10 Mai - 17:27



Ainsi que ma crevette et moi l'imaginions en rejoignant la tourmente, notre Jarl est déjà sur place, cherchant à organiser la résistance mais aussi à orchestrer un brin la panique générale. Devant l'ampleur du désastre, effectivement, chacun se débrouille à sa manière, privilégiant sa propre survie, et celle de ses proches. Ce qui engendre une débandade générale. Et d'ailleurs, quelles sont les possibilités ? Invoquer l'aide divine, résister farouchement à l'horrible bestiole, disparaître au fond d'un trou de souris, ou décaniller à toute vitesse en tricotant des pinceaux, à la manière de ces poulets dont on a coupé la tête et qui courent encore vers leur agonie finale. Voilà, à mon sens, les quatre options imaginables, mais laquelle d'entre elles offre-t-elle le plus d'espoir de s'en tirer sans trop de casse ? Ma foi, je l'ignore. D'ailleurs, à dire vrai, je ne suis pas certain que l'une d'entre elles soit réellement efficace. Il faut se rendre à l'évidence, seule une intervention de nos déités protectrices sera de taille à nous sauver la mise, mais viendra t-elle ? Et ne sera t-elle pas trop tardive ? Le village sera t-il encore debout ? Restera t-il âme qui vive ?

Pendant que je me triture désespérément le sac à neurones afin de trouver une idée de génie, pendant qu'autour de moi Livia, Hagen et bien d'autres prient, notre fossoyeur ailé en remet une couche. Ce démon me stupéfie. Où va t-il chercher tant de malice ? N'est-il qu'un animal rusé ou bien dispose t-il de capacités extraordinaires ? Il a soudain repris son envol, réintégré les cieux obscurcis par la fumée de l'incendie, et le voilà soudain qui propulse sur nos couennes d'énormes fragments de drakkars, de véritables boules de feu qui tournoient un instant puis explosent au contact du sol en précipitant sur nous une salve de débris incandescents qui allume aussitôt de nouveaux foyers et barre la route à des cohortes de fugitifs. Je ne suis qu'un gueux, je n'ai aucun savoir exceptionnel, mais de tels agissements me semblent totalement inexplicables. La haine, dit-on, prend parfois le pas sur la peur, et sans doute est-ce vrai, lorsque l'ennemi qui nous accable n'est pas un phénomène surnaturel, une fantasmagorie. Mais aujourd'hui, que pouvons-nous faire, à part haïr ce monstre ?

- Viens ! ... soufflai-je à ma compagne que je saisis vivement par la main. Il est inutile de demeurer sous ce torrent de lave ! Cherchons un abri, et attendons que cet orage de feu se calme ! Mais attention ! Prenez garde ! Le voilà qui redescend ! ... beuglai-je alors de toutes mes forces, car le dragon met soudain un point final à son envolée meurtrière et revient nous harceler au sol, déchiquetant sans la moindre pitié tous les malchanceux qui sont restés à sa portée. Puis, bizarrement, l'infâme bestiole interrompt le massacre. Blotti derrière un mur calciné puant le souffre et la mort, je l'observe. C'est insensé, c'est incompréhensible, mais ce monstre rugissant semble tout-à-coup arborer un sourire triomphant, tout en guettant les alentours de ses horribles yeux globuleux. Et il parle ! Par Thor, et par tous les dieux de l'univers, il parle ! Mon cœur fait un bond dans ma cage thoracique. Que se passe t-il ? Il affirme qu'il désire se venger des expéditions dirigées contre lui et contre son antre. Non, une telle chose est impossible, même dans les pires cauchemars. Ce que nous vivons là est irréel.

Pourtant, l'énorme géant d'écailles s'élance en direction du groupe que je viens d'abandonner, et ses fabuleuses mâchoires claquent à quelques pas de Hagen. Raté. Deux ou trois autres vikings s'affalent dans un amas de ruines, et l'un d'eux me paraît vraiment mal en point. Je me jette, je l'empoigne par un bras et le tire à l'abri. Nous sommes saufs. Provisoirement. Ma pirouette, cependant, m'a éloigné de Livia. Je me décroche le cou pour l'apercevoir. Où est-elle ?



When I say I love you, please believe it's true. When I say forever, know I'll never leave you. When I say goodbye, promise me you won't cry, Because the day I'll be saying that will be the day I die.

Merci Thor ! keur
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ϟ HUMEUR : Un brin traumatisée.



« Having a soft heart in a cruel world is courage, not weakness. »



« She wasnt exactly sure when it happened. Or even when it started. All she knew for sure was that right here and now, she was falling hard and she could only pray that he was feeling the same way. »





MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Lun 11 Mai - 3:09

Firestorm
SUJET COMMUN

Brynja avait rebroussé chemin dans le seul et unique but de secourir une petite fille chère à son cœur, parfaitement consciente des risques qu'elle prenait en agissant ainsi, parfaitement conscience que ce soudain élan de courage pourrait éventuellement lui coûter la vie si elle n'évacuait pas les lieux aussi vite que possible avec Sunniva. Aldarik veut lui aussi rester pour aider Hagen à évacuer le village... Un instant, Brynja maudit leur sens de l'honneur et leur bravoure, horrifiée à l'idée de perdre l'un ou l'autre, car elle sait que face à la bête, ils ne peuvent rien ou presque. Il ne servirait à rien de tenter d'entraîner Aldarik avec elle, il est aussi borné que son ami. Tout ce qu'elle peut faire, c'est prendre Sunniva dans ses bras, offrir un sourire qu'elle veut rassurant au père de cette dernière avant de s'élancer dans la direction opposée. Sunniva s'accroche à ses épaules mais elle hurle, elle hurle après son père, à moitié étouffée par de violents sanglots. Brynja aurait voulu pouvoir prendre le temps de la rassurer, mais elle ne le pouvait pas. Il fallait qu'elles quittent le village, qu'elles rejoignent Svenja, Tora et les autres fuyards. Quoique toute fluette, Sunniva pesait son poids, mais Brynja refusait de la poser au sol, car même si la fillette la ralentissait dans sa course, elle était toujours plus rapide qu'elle, et il n'était pas question qu'elle laisse quoi que ce soit lui arriver – elle ne se le pardonnerait pas. Elle accéléra le pas lorsque l'orée du bois fut enfin visible, persuadée qu'il s'agissait là de leur chance de quitter Tromsø. Où aller ensuite, elle n'en avait pas la moindre idée, mais elle ne pouvait se permettre de penser trop en avant, elle avançait à l'instinct de survie, et faisait aveuglément confiance à celui-ci pour guider ses pas. En pareille situation, il ne servait à rien de tenter de raisonner, tout n'était plus qu'une question de vie ou de mort, une question de survie. La jeune femme pouvait sans doute s'estimer heureuse de ne pas faire partie des premières victimes de la colère incendiaire du dragon, pour autant elle n'était pas sortie d'affaire pour autant... Et l'idée qu'elle puisse survivre alors que ses proches n'auraient peut-être pas cette chance lui donnait envie de hurler comme continuait à le faire Sunniva. Distraite, à la fois par les pleurs de la petite et l'attention portée à chacun de ses pas, elle ne vit que bien trop tard les débris des drakkars tomber du ciel comme d'énormes boules de feu. Son premier instinct fut de faire brusquement volte-face et se recroqueviller pour protéger Sunniva des débris enflammés qui s'écrasèrent au sol avec un fracas assourdissant. Pas assez loin pour être tout à fait sauves, la jeune femme et l'enfant furent soufflées par l'explosion, à l'instar d'autres malchanceux qui atterrirent dans les décombres. Le choc fut rude, à tel point que Brynja perdit connaissance pendant quelques secondes. Elle retrouva brusquement conscience, secouée par une Sunniva presque hystérique. « Réveille-toi, Brynja, réveille-toi réveille-toi !! » L'intéressée battit des paupières un instant avant de se redresser tout de go, pour être immédiatement assaillie par une douleur lancinante dans le flanc gauche. Ses côtes étaient douloureuses, la peau écorchée, contusionnée et brûlée par les braises qui pleuvaient encore et contre lesquelles le fin tissu de sa robe ne pouvait rien. « Tu saignes, tu saignes, tu saignes !! » Sunniva plaqua sa petite main contre la pommette enflée et entaillée de Brynja, qui se força à secoua la tête, l'air de dire je vais bien. C'était tout le contraire en réalité, mais elle ne devait pas céder davantage à la panique en la présence de l'enfant. Serrant les dents, elle récupéra une Sunniva miraculeusement intacte entre ses bras et reprit sa course vers la sûreté, traversant une allée surpeuplée de cadavres et de débris, jusqu'à déboucher dans une autre ruelle. Elle aurait presque pu soupirer de soulagement en apercevant enfin Svenja et Tora... Si seulement Arnórr ne s'était pas trouvé en leur compagnie.

FICHE PAR ROMANOVA.


nothing haunts us like the things we don’t say

You never know what goes on in the mind of a silent person.
They might have a storm brewing in their mind and we would never know.
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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Mer 13 Mai - 15:20


Il réfléchissait, observait, analysait : il y avait forcément un moyen de s’en sortir, une faille dans la monstrueuse puissance de cette bête infernale. L’érudit cherchait, allant d’une ruelle à une autre, bougeant sans cesse, changeant de point de vue dans le maigre espoir de discerner une ébauche de stratégie. Mais rien ne venait. Et le monstre ricanait, jouissant du carnage qu’il propageait, avant de s’envoler à nouveau, s’attaquant une deuxième fois au port. Njall resta un instant figé, cherchant à comprendre les desseins de la créature… Jusqu’à ce que le danger ne se dévoile dans toute son horreur. Les deux bateaux envolés, véritables météores enflammés, vinrent s’écraser sur la ville, avec dans leur sillage une myriade de braises tout aussi mortelles. L’érudit se recroquevilla rapidement au sol, le bouclier dressé au-dessus de sa tête. Pendant un instant, un vague espoir lui traversa l’esprit : l’enchantement runique gravé sur ce dernier pourrait peut-être réussir à la protéger ? Quelle idiotie. Celui-ci était inachevé, et en vérité, il n’avait jamais pensé le voir fonctionner malgré ses nombreuses connaissances : il avait le savoir, mais en aucun cas le don. Mais peut-être que…

Comme pour confirmer ses craintes, des débris retombèrent, et plusieurs vinrent se fracasser sur son bouclier. Le choc d’une violence rare plaqua l’érudit au sol et résonna dans tout son être. Ses yeux se fermèrent, les échos du chaos l’enveloppant. Pourquoi lutter ? Il n’avait qu’à se laisser ainsi glisser dans les ténèbres, si accueillantes, si confortables. Son corps semblait être en feu, la douleur cuisante parcourant tout son être, la chaleur des flammes autour l’étouffant. Dormir. Longtemps. Quitter cet enfer. Et soudain, la voix sourde de la créature s’élèva à nouveau. Lui. Elle parle de lui, et Thorolf, Livia, Arnorr, Aina, le deuxième groupe… Eux qui se sont infiltrés sans encombre dans son antre, en ressortant les bras chargés de quelques trésors, sans véritable peine. À présent, le dragon réclamait vengeance, se délectant de leur solitude face à son pouvoir.

"Discuter avec le dragon…"Il toussa plusieurs fois, puis éclata de rire. "J’aimerais mieux qu’il la ferme finalement…"

Njall se redressa, son bouclier grandement abimé semblant ne pouvoir subir qu’un ou deux assauts de plus, son épée nonchalamment tenue par son bras ballant. Il s’élança soudain, ignorant les alertes lancées par son esprit sur son état actuel méritant d’aller se planquer quelque part en attendant la fin de la tempête. Mais le nordique n’en avait que faire : il pouvait marcher ? Lever les bras ? C’était tout ce qui comptait. Alors il courut, à travers les dernières braises brûlantes volant ça et là, et c’est un érudit maculé de suie et de sang qui parvint jusqu’à un visage familier : Thorolf. Réfléchir vite. Le voir. L’informer ? Informer les autres ? Est-ce vraiment utile ? Il s’approcha du guerrier et, le souffle court, lança :

"Thorolf, le… le dragon ! Son ventre, c’est la partie de son corps la moins protégée !"Il fit un tour sur lui-même, repérant d’autres camarades dans la zone, la créature poursuivant son œuvre de destruction non loin. Il répéta, criant cette fois-ci : "Le ventre du dragon est son point faible !"

« Point faible » était un bien grand mot mais, après tout, quelle autre cible avaient-ils ? Presque tout le corps du reptile était aussi résistant que l’acier, et sa queue aussi meurtrière que sa gueule. Ce n’était qu’une faible information, mais avaient-ils mieux ? Quelques secondes après, le tonnerre résonna, poussant l’érudit à lever les yeux au ciel. Serait-ce… Avaient-ils été entendus ? Non, à cet instant, ils étaient livrés à eux-mêmes, et c’était à eux de réagir. Reportant son attention sur Thorolf, les yeux de l’érudit s’écarquillèrent soudain. Le guerrier était seul. Il manquait une certaine personne, l’une des rares pour lesquelles Njall pouvait réellement s’inquiéter. Ce n’était pas normal.

"Où est Livia ?"demanda-t-il tout en regardant alentours, son regard acéré analysant chaque détail, chaque mouvement, réfléchissant à toute vitesse. À quoi servait un esprit brillant dans une situation aussi apocalyptique ?

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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Mer 13 Mai - 17:30

La situation n'était pas loin d'être catastrophique. Svenja et les autres habitants du village, dont son frère était le Jarl, étaient tous soumis à la violence d'une créature cruelle. Le Dragon qui rôdait autour d'eux depuis des semaines s'était visiblement décidé à passer à l'action et le moins qu'on pouvait dire était qu'il n'y était pas allé avec le dos de la cuillère, n'hésitant en effet pas à fondre sur tout un chacun, brûlant les maisons, détruisant les navires et endommageant durablement le port de Tromso. Malheureusement. La jeune femme essayait de ne pas céder à la panique qui semblait gagner beaucoup d'entre eux. Ainsi, elle avait fait se relever Tora, une de ses amies de toujours, afin qu'elle vienne avec elle se mettre à l'abri dans les bois. C'était la meilleure solution, lui avait dit Hagen. Et c'était bien pourquoi Svenja faisait respecter cet ordre. Son frère était un homme sage, sa nomination au poste de Jarl avait été une bénédiction pour tous.

Alors que les deux femmes se dirigeaient donc vers la forêt, une voix les appela. Arnorr. Svenja le connaissait bien sûr. Il la taquinait sans cesse, la provoquait, avant de faire comme si il plaisantait. Mais Svenja le pensait sérieux, dans ces remarques. Quoi qu'il en soit, le voir vivant était déjà une bonne nouvelle, n'est-ce-pas ? C'était du moins ce que disait la jeune Viking pour se donner du courage. Arnorr lui demanda de l'aider à se soigner et Svenja ne se fit pas prier, appuyant le linge trempé dans l'eau, l'appliquant de manière délicate et réussissant à le faire tenir autour du bras de Arnorr. Elle avait été rapide, ne souhaitant pas s'attarder. «-Voilà, cela devrait tenir ! » lança-t-elle.

Egil arriva sur ces entrefaites et Svenja écouta ses instructions. Il disait pouvoir les emmener chez lui. Seraient-ils en sécurité là-bas ? Svenja l'espérait. Elle hocha la tête. Mais alors qu'ils allaient partir, une dernière question la fit se remettre en question. Brynja ! Comment avait-elle pu ne pas se demander plus tôt où était son amie ? «-Elle est partie subitement, tout à l'heure. Je crois qu'elle voulait aller aider Sunniva.» Mais évidemment la muette ne lui avait rien dit : elle ne le pouvait pas. Regardant furtivement autour d'elle, Svenja espérait pouvoir apercevoir soudainement son amie et sa future belle-sœur. Mais non, rien du tout. Elle n'arrivait pas. «-J'espère qu'elle va bien...» lâcha-t-elle dans un soupir, se demandant même si quelqu'un allait l'entendre. Brynja avait bon cœur et elle avait donc voulu sauver la petite Sunniva, pour aider Aldarik. Brynja ferait une mère exceptionnelle, avait pensé Svenja, confusément, en la voyant courir, sans même pouvoir la retenir. Peut-être un jour ? Mais ce n'était pas le moment d'y penser. Car peut-être aucune femme de Tromso n'aurait l'occasion de donner la vie, si le Dragon détruisait tout.

Puis reprenant ses esprits, elle s'adressa à Egil. «-Allons-nous mettre à l'abri. Il le faut. Nous devons sauver tous ceux que nous pouvons, Hagen l'a ordonné. » Elle paraissait décidée et déterminée. Interrogeant Egil, elle lui demanda. «-Il faut que nous y allions... Vite ! » La panique n'était jamais bien loin dans ces circonstances.

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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Mer 13 Mai - 21:04


Pitoyablement, les humains vulnérables que nous sommes, pataugent dans une mélasse de cendres collante qui ralentit nos déplacements. Les maisons en ruine qui s'effondrent en flammes, les débris qui jonchent le sol nous contraignent à louvoyer entre les obstacles, alors que le dragon, lui, garde sa vélocité, et surtout sa capacité à voler pour nous surprendre à tout instant. Avec horreur, je l'observe disparaître dans les fumées qui nimbent le ciel, les pattes chargées des restes des drakkars qu'il vient de happer dans le port ravagé. Et lorsqu'ils retombent sur nous, nos esquifs ne sont plus que bombes incendiaires, meurtrières qui dévastent un peu plus le village, mon village. La colère, la haine, mais aussi une peur viscérale me submergent, et je ne sais laquelle écouter.
Notre Jarl a donné l'ordre d'évacuer vers les bois, mais le monstre d'écailles déjoue nos plans en bloquant l'accès à la forêt. Et c'est une débandade cruelle, un chacun pour soi qui s'est emparé des vikings qui tentent d'échapper à la pluie de braises incandescentes. Sonnée par le spectacle affreux de ce chaos, je reste figée sur place, si bien que Thorolf est obligé de m'entraîner par la main, à l'abri, derrière un pan de mur. Ce sont les effluves de souffre et la présence rassurante de mon viking qui me sortent de mon hébétude juste à temps pour me protéger des brandons qui s'abattent sur nous. Ils brûlent inexorablement la moindre once de peau qu'ils atteignent, enflammant aussi nos vêtements, si bien que nous voilà en train de nous taper dessus pour asphyxier la moindre flamme.

Mes prières me semblent bien dérisoires face à ce serpent hideux, pourtant, de tout mon cœur, je continue d'appeler les Dieux à notre rescousse. Terrée derrière ces quelques pierres calcinées, je n'ai pas honte de dire que j'éprouve une terreur indicible à l'idée qu'Ils ne nous entendent pas. De toute mes forces, de toute mon âme, je m'accroche à mes croyances, toutes nouvelles soient-elles, priant avec ferveur. Cependant l'effroyable apocalypse n'est pas terminée ! Le monstre revient à la charge, et cette fois, il atterrit au milieu de la masse des fuyards qui ont du rebrousser chemin se jetant dans sa gueule impitoyable. Il écrase, démembre, déchiquette, sans état d'âme. Je ferme les yeux me refusant à en voir plus, blottie tout contre Thorolf. L'odeur métallique du sang se mêle désormais à celle du soufre et des ruines, des chairs carbonisées jusqu'à l'écoeurement. La violence des raids n'est rien face à l'orgie de cruauté, à la sauvagerie de l'horrible bête.

Soudain une voix tonitruante s'élève, couvrant les cris, les bruits. Le dragon parle ! Njall avait raison, il parle ! Et les mots qui me parviennent me glacent les sangs ! Il nous a sentis, repérés ! Il nous a reconnus, nous qui avons oser pénétrer dans son antre en raflant une partie de son trésor. Il s'avance au sein du village broyant dans ses gigantesques mâchoires tous les obstacles, vivants ou non. Sous mes yeux effarés, il manque de peu Hagen, avant de s'en prendre à un imprudent qui tentait de lui asséner un coup de hache à la patte. Le pauvre homme est coupé en deux avant même que quiconque n'ait pu réagir. Un autre, bousculé par la queue hérissée de piquants, a atterri non loin de nous, Thorolf s'est immédiatement porté à son secours le tirant tant bien que mal à l'abri.

Et moi, moi, je n'en peux plus de rester là, impuissante. J'ai peur, peur de mourir ici entre les crocs de ce monstre si intelligent, peur de voir mon colosse adoré perdre la vie, peur que tous mes amis finissent dans la gueule de ce maudit monstre ! Inconsciemment, je me suis déplacée le long du mur branlant, cherchant désespérément sous les restes d'un toit, un abri plus sûr, comme s'il pouvait me dissimuler au flair du dragon. Affolée, je constate soudain mon isolement, et cherche des yeux la silhouette massive de Thorolf que je découvre, penché sur l'homme couvert de contusions, essayant de comprimer la plaie béante de son bras. Un autre viking est à ses côtés, gris de cendres : c'est Njall ! Il est vivant ! Il va sûrement pouvoir nous aider, il en connaît plus sur les dragons que n'importe lequel d'entre nous ! Je me dirige vers eux, quand le mur, heurté sans doute par la queue de la bête, vole en éclats et m'engloutit sous un amas de pierres qui rebondissent durement mon corps, alors que je hurle au risque de me faire repérer :
- Thorolf !


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Son oncle Hakon est constructeur de bateaux et membre du Thing. L'épouse de ce dernier, Hadda, possède une ferme laitière et d'importants troupeaux de chèvres, c'est donc une famille aisée ♠️ Elfi est très fine archère et bonne chasseuse ♠️ Elle prie principalement les déesses, Ran, les Vagues, Gersimi & Hnoss, Sol, Freyja, Jord et Skadi.




MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Jeu 14 Mai - 0:57




Fairy tales are more than true: not because they tell us that dragons exist, but because they tell us that dragons can be beaten


Ils logeaient tous à la ferme à présent, chez Hadda, au milieu des pâtures escarpées et blanchies de neige. Jusqu’à la fin de la saison, Hakon et elle avaient désertés leur masure du côté du port, se retranchant deux kilomètres plus loin, là où se trouvait l’élevage de chèvres. Avec sa guibole en moins, son pauvre vieux n’en menait pas bien large et il lui faudrait quelques semaines encore, avant qu’il ne soit totalement guéri – et foutu de se déplacer tout seul surtout. C’était donc une retraite bien méritée sur la propriété de sa femme, et surtout loin de ses pairs, puisque sa fierté de guerrier était écorchée vive par l’infirmité.
Tout cela pour dire que les premiers grondements sinistres du côté du village n’étaient pas parvenus à tirer qui que ce fut du sommeil, si ce n’est les chiens qui s’étaient mis à japper comme des fous. S’en était suivi une courte latence, le temps de réaliser que quelque chose de malsain planait dans l’air. A partir de là, les choses étaient allées très vite. La fumée qui noircissait l’aube avait alertée toute la maisonnée. C’était un incendie. Un gros. Ils passèrent de longues minutes à s’engueuler suite à cela, puisque l’oncle voulait aller voir sur place lui-même, avec sa béquille et tout l’bazar. Heureusement – ou pas – ils furent interrompus par quelques membres de la famille qui arrivaient au bout du chemin en trottinant, le teint livide et les vêtements roussis…

A peine arrivé à leur hauteur, en larmes, une tante avait bafouillé le mot ‘dragon’. Et en un claquement de doigt Elfi avait disparue. Bottes, veste, flèches, arc, couteau. Trois minutes plus tard elle s’élançait à toutes jambes sur le sentier sans se soucier des hurlements de son oncle derrière elle. Il lui fallut quelques longues minutes de plus pour rejoindre le village et l’odeur qui emplissait l’air faisait battre la chamade à son cœur plus encore que la course elle-même. Une bute de caillasses et elle débouchait sur la plage de galet qui menait au port.

Et là… un coup tel à l’estomac que la rouquine du s’accroupir pour l’encaisser. Des flammes. Des flammes absolument partout, même sur l’eau. Même sur sa maison. Et pire, infiniment pire, même sur les bateaux… Le temps d’hurler de rage et de verser quelques larmes de frustration qu’elle s’élançait à nouveau pour parcourir ce qu’il restait de distance entre elle et l’enfer. L’air lui brûlait les poumons et les yeux et les hurlements d’horreur qui émanaient de partout semblaient s’échapper du brasier lui-même, comme un cri plaintif et étrange. C’était le Chaos. Loki déchainait sur eux sa colère et elle le pria intérieurement de les laisser en paix.

Une foule de sentiments déferlaient en elle tandis qu’elle se tenait au bord de l’eau. C’était grandiose et affreux à la fois, et elle pleurait d’imaginer à quel point le cœur de son oncle serait brisé après cela. Impuissante et révoltée, la jeune femme n’eut pas même le temps de se demander quoi faire. Une intense rafale de vent la fit décoller du sol et elle fit plusieurs cumulets avant de se retrouver étalée dos aux galets. Au même instant la survolait un gigantesque dragon munit d’un navire embrasés dans chaque pates… Hypnotisée, elle réalisa bien tard que plusieurs débris chutaient droit sur elle et sans trop savoir comment, elle se retrouva totalement immergée dans l’eau, chahutée par les remous et le bois calcinés qui tombait du ciel, toute emberlificotée dans son arc. Tandis qu’elle se débattait, elle eut le temps de songer que mourir noyé en plein incendie, si quelqu’un devait se le payer ça serait forcément pour sa poire. Elle eut aussi le temps de se souvenir qu’elle était fille de marin, que chez elle on adorait particulièrement les divinités de l’eau. Cette pensée la rassura, et une fois de retour sur la terre ferme, dégoulinante, elle s’imagina que toute cette eau qui couvrait sa peau et imprégnait ses vêtements était un bouclier capable de la protéger du brasier, comme Balder l’Invincible.
Forte de cette pensée, elle s’élança en direction du dragon, évitant agilement les débris, les flammes, les cadavres et les fuyards. Il y avait tant de fumée dans ce qui restait des rues qu’y respirer devenait une douleur et elle eut l’intelligence de se couvrir le nez. La cendre venait s’agglutiner à ses vêtements détrempés, les recouvrant d’une couche noirâtre de sorte que, réellement, elle se retrouvait presque isolée d’une partie de la chaleur ambiante et n’avait encore subit aucune brûlure. Un nouveau vacarme attira alors son attention et, dans la fumée et les flocons de cendre, elle distingua Thorolf. Puis lorsque ses yeux eurent finir de faire le point, elle réalisa que ce qu’elle percevait se mouvoir derrière l’écran de fumée opaque qui se dressait là … c’était lui.

Géant, énorme, monstrueux. Au lieu d’étouffer, elle eut soudainement l’impression d’être ivre d’oxygène et lever la tête lui fit perdre l’équilibre. Elle aurait pu se pisser dessus, là, debout, peut-être même qu’elle était entrain de le faire, sauf que tout était déjà trempé.

Puis une étrange bourrasque d’air plus frai balaya l’atmosphère vicié par la peur et le souffre. Quelque chose se préparait au-dessus du nuage énorme qui enveloppait le village comme pour l’asphyxier. Ce fut comme une brève accalmie qui détourna même l’attention du dragon … Cas cela n’tienne, Elfi s’élanca et grimpa au sommet d’un tas de gravas. Arc, flèche, corde, bander, viser, respirer, bloquer, tirer. La flèche fendit l’air pour s’abattre et se briser sur la tempe du monstre. Elle ne lui avait pas fait la moindre égratignure et malheureusement c’était l’œil qu’elle avait visé sans réussir.

« CREVE ! » qu’elle se mit à beugler avant de détaler comme un lièvre dans l’autre sens …
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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Jeu 14 Mai - 15:38



Je la cherche des yeux, à travers le rideau opaque et ondoyant qui altère chaque détail du chaos qui nous entoure. Je me tords la nuque à m'en démettre les vertèbres cervicales, mais fichtre, point de crevette. Subitement, je m'affole. J'envisage le pire. Peut-être est-elle en danger, ou vilainement contusionnée, ou, pire encore, peut-être est-elle sur le point de prendre d'énormes risques afin de braver le monstre ? Pas une seconde à perdre, je dois la protéger et lui venir en aide ! Je déniche un bout de tissu poussiéreux qui voletait entre les gravats, j'en emballe sans ménagement le bras blessé du villageois allongé à mes côtés, et je l'abandonne précipitamment, me courbant en huit pour zigzaguer entre deux rangées de débris fumants et un mur branlant. A dire vrai, je ne suis pas fier de mon attitude, j'ai sacrément mauvaise conscience, mais je cherche à me persuader que je ne peux rien faire de plus pour l'éclopé, et qu'il s'en tirera sans trop de dégâts s'il reste à l'abri et si la chance l'accompagne. C'est le sort de Livia qui me préoccupe ! Exclusivement.

Njall survient à l'instant précis où je me prépare à m'aventurer plus loin. Il a constaté que mon Anglaise n'était pas à mes côtés, et il m'interroge. Je me force à l'écouter alors que mon esprit est ailleurs, près de ma langoustine. Le ventre du dragon, répète t-il inlassablement. C'est là qu'il est le plus vulnérable. J'observe vivement la bestiole par un interstice entre les moellons de la muraille qui me dissimule à moitié. L'érudit a raison. La cuirasse d'écailles du prédateur ailé y parait plus souple, plus malléable. Bien. Je dispose toujours de ma hache, celle qui m'a permis autrefois de nous frayer un passage dans le monastère des Pictes, mais ici l'ennemi est infiniment plus redoutable.
- J'vais essayer de l'atteindre, mais après ça j'irai chercher Livia ! ... soufflai-je à Njall et aux vikings qui se regroupent à proximité de nous. Profitant de ce que le monstre tend le cou vers une autre proie, je me redresse et propulse mon arme dans sa direction, le plus vigoureusement possible. Ma lame atteint sa cible, mais la hache ricoche sur la carapace du reptile et se volatilise au cœur d'une envolée de cendres et d'escarbilles.

Je réalise que ma grande carcasse fait de moi une cible de choix, si bien que je me plaque immédiatement au sol afin d'échapper à l’œil torve du dragon. J'ai échoué, et je ne pourrai pas faire mieux. Le combat est bien trop inégal dans de telles conditions. Et d'ailleurs je n'ai plus d'arme et j'ai assez perdu de temps. Et puis j'ai vraiment hâte de retrouver Liv.
- Je reviens dès que possible ! Ton idée est excellente, Njall, mais c'est moi qui ai loupé mon coup. Peut-être qu'il faudrait d'abord chercher à immobiliser ce démon, avec des cordes, ou que sais-je encore, et après ça on pourrait lui crever la panse. Réfléchis-y ! Parles-en à Hagen si tu crois que c'est réalisable ! Allez, je file !

Je me mets à ramper sur une vingtaine de mètres, le temps, je l'espère, d'être hors de portée du souffle du dragon, puis je me redresse et je me précipite vers le recoin où j'ai abandonné ma compagne afin de secourir les blessés. J'évite de justesse Elfi, manquant d'un fifrelin de la télescoper brutalement, lorsque retentit soudain le charivari d'un éboulement, ainsi que des appels de détresse, que j'identifie aussitôt ! Ce sont ceux de ma crevette ! J'suis là, ma sauterelle ! ... lançai-je d'une voix rassurante en m'agenouillant vivement à ses côtés. Seul le visage de Liv et ses bras émergent de la caillasse, et je me mets à faire rouler les pierres pour la dégager. Mais je m'énerve, et l'opération ne se déroule pas aussi rapidement que je le voudrais. Je me mets à regarder autour de moi, guettant et quémandant un peu d'aide.



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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Jeu 14 Mai - 15:56





Firestorm





Je ne peux que les prier véritablement et avec ferveur. Je ne peux faire que cela car c'est la raison de ma naissance, de mon existence et avoir renié ce qui fait de moi ce que je suis, c'est ce qui a engendré tant de souffrance. J'aurais pu voir cette attaque, j'aurais pu la voir et si je l'avais vue, j'aurais pu les prévenir, tous, nous aurions pu sauver tant de vies... J'ai cependant fermé mon cœur au Dieux d'avoir trop souffert, trop saigné. J'ai fermé mon cœur et mon esprit et ainsi, je me suis fermée à eux, ce qui a fini par rompre le lien, ce lien qui aurait pu sauver beaucoup d'existences si seulement il avait été encore présent. Alors je suis là, à genoux, car je ne sais rien faire d'autre, je ne peux rien faire d'autre : je prie, avec force, je veux qu'ils entendent ma voix et s'ils ne doivent pas me pardonner, qu'ils ne me pardonnent pas, qu'ils me prenne la vie si cela peut sauver celle des autres. Mes yeux sont fermés, mon corps est crispé : venez. Venez. Venez. Quand je sens soudain une main se refermer autour de mon bras je rouvre les yeux pour me rendre compte que c'est Svenja qui est venue jusqu'à moi. Elle tire sur mon bras, me conjure de la suivre, elle et les autres, pour prendre la fuite. Elle mentionne Hagen et alors j'ai un regard pour les courageux et valeureux qui font face plus loin à la créature. Une autre voix soudain, une voix d'homme et tandis que je me relève, tirée par Svenja, c'est Arnoor qui s'approche de nous. Je l'observe avec effroi en voyant dans quel état il se trouve et davantage encore quand il me dit que c'est le moment pour moi, en tant que völva, de prier les Dieux pour les sortir de tout ceci. Je détourne le regard, les larmes aux yeux et me contente de rester silencieuse. Que font nos Dieux ? Je me suis si souvent posée la question quand j'ai perdu ceux que j'aimais que j'ai fini par cesser de les prier et voilà où nous en sommes aujourd'hui. Arnorr ne fait jamais que me renvoyer à ce que je n'ai pas fait et que j'aurais dû faire.

« Je ne sais pas... » je termine par murmurer la voix tremblante.

Je n'ai pas les réponses. Je ne les ai pas. Nous sommes finalement rejoints par Egil et c'est dans un profond silence que je l'observe, non, que je les observe discuter, se mouvoir, se presser. En sûreté... Se mettre en sûreté... Et tous les autres alors ? Et... Brynja oui ? C'est avec horreur que je regarde Egil et Svenja quand ils parlent de mon amie, celle que je considère véritablement comme ma sœur et tandis qu'ils discutent, non sans une certaine panique, je regarde autour de moi. Le soleil venant de s'éclipser, la visibilité est réduite mais les flammes permettent de voir et je plisse les yeux quand il me semble apercevoir au bout d'une ruelle, plus loin, Brynja et Sunniva. J'entends alors Svenja dire qu'il faut que l'on s'en aille et vite. Je me retourne vers elle et secoue négativement la tête.

« Non ! Non, je ne vais nulle part, pas sans elles ! » je dis en reportant mon regard vers Brynja et Sunniva.

Je resserre mes doigts autour de mon sac en tissu, qui peut très bien être tout ce qu'il me reste de la maison si le dragon l'a détruite, avant de m'élancer en courant à toute vitesse vers Brynja et Sunniva.

« Brynja ! Sunniva ! » je crie à pleins poumons tout en fonçant vers elles.

Je sais que je me rapproche du danger en me rapprochant d'elles mais je refuse de partir en les laissant derrière moi. Je me le refuse. Tout en courant, mes pensées sont tournées vers les Dieux que je continue à prier encore, et encore. Tandis que je me rapproche des filles, tandis que j'aperçois les blessures de Brynja et que les larmes me montent de nouveau aux yeux, je supplie les Dieux intérieurement de nous venir en aide, de ne pas nous abandonner. Si moi je ne mérite pas leur clémence et leur protection, les autres, eux, les méritent. Il me semble entendre le tonnerre et mon cœur s'emballe.

« Venez, je vous en conjure... » je murmure à bout de souffle tandis que je suis presque arrivée à hauteur de Brynja et Sunniva.


© charney



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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Ven 15 Mai - 3:49

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Tromsø était en flammes. Le chaos et la panique. Comment tout cela avait-il débuté? C’était flou, trop flou. Le colosse était attablé, une fois de plus, dans l’une des tavernes du coin, profitant amplement des richesses accumulées lors du dernier raid, buvant encore et encore. Son esprit embrumé s’était rapidement remis en place suite au premier assaut du dragon. Le brasier, les cris, l’odeur de la chair carbonisés, tout cela ne pouvait laisser le guerrier indifférent. Sortant de sa torpeur, il se glissa rapidement hors de l’édifice qui l’abritait quelques instants plus tôt, celui-ci étant déjà la proie des flammes.

On courait dans tous les sens, chacun cherchant à sauver sa vie, ses proches, un désordre ne plaisant aucunement à Klaus. Où diable pouvait bien être son frère. Tournant la tête, il reconnut deux chasseurs du village, sa voix grave s’adressant immédiatement à eux avant même qu’il ne puisse eux aussi tenter de fuir.


-Vous deux! Prenez vos arcs et suivez-moi.

Avec réticence les deux hommes s’exécutèrent sachant très bien à qui ils avaient à faire, le frère du Jarl et bras droit de ce dernier. Les yeux rivés sur le ciel, Klaus observaient la progression du monstre à écailles, ses passages incendiaires. Suivi des deux hommes, il se dirigea vers le centre du village, interpellant chaque guerrier qu’il croisait, les sommant de prendre les armes, priorisant les lances et les arcs. Ce fut bientôt une petite troupe qui se retrouva rallier derrière lui.

Le monstre était peut-être intimidant, mais jamais l’idée de fuir n’avait traversé l’esprit du guerrier. Il avait certes songé aux siens, à sa sœur surtout, qu’il espérait être en sûreté, mais jamais n’avait-il songé abandonner son village aux griffes de la bête. Chemin faisant, lui et ses hommes avaient réussi à extirper quelques blessés des maisons en flammes progressant toujours vers le centre du village. C’est là qu’il aperçut enfin son frère.

Celui-ci était en compagnie d’Aldarick et implorait Thor de leur venir en aide. Une petite moue de dédain pointa sur le visage du colosse qui s’empressa de la faire disparaître. Il n’avait rien contre l’aide des dieux, encore moins face au dragon et à l’enfer brûlant qu’il répandait sur les siens, mais c’était pour lui un manque de bravoure que refuser d'affronter la bête. Si le Valhalla était la voie, ainsi soit-il. Alors même que le ciel s’obscurcissait et que la bête se posait parmi eux vociférant ses menaces, les deux frères étaient finalement réunis, Klaus et sa troupe ayant finalement rejoint Hagen.


-Mon frère, j’ai réuni ces guerriers pour affronter cette créature maudite qui ose attaquer les nôtres. Nous avons aidé les plus faibles à fuir sur notre chemin, mais le temps n’est plus à la fuite. Le dragon…

La brute n’eut pas le temps de terminer sa phrase que la bête était déjà parmi eux. Il avait dû plonger pour éviter ses griffes, tandis que ses dents étaient passées à quelques mètres de la tête de son frère. Elle avait décidé de ne laisser aucune âme vivant dans le village. Son souffle brûlant emporta quelques-uns des guerriers qui avaient accompagné le colosse, qui se relevait à peine de son plongeon. Saisissant une lance qui gisait au sol et rangeant sa hache, il remarqua une flèche qui frappa contre le dragon, puis une tête rousse. Une idée germa dans son esprit guerrier, ordonnant aux archers qui l’accompagnaient de suivre l’exemple d’Elfi.

-Tirez vers ses yeux!

Tandis que ces derniers décochaient leurs flèches en direction de la tête de la bête, il chargea, peut-être inconsciemment, lance à la main vers le ventre du monstre. Folie guerrière, ivresse refaisant surface, ou excès de courage nul ne saurait dire, mais Klaus n’allait pas abandonner sans Tromsø combattre.


FICHE PAR ROMANOVA.
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FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard

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