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Rumeurs
- Var a tourné le dos à son roi. Il parait que la déesse des Pactes préfère aujourd'hui les grosses faveurs de Frey !

- On dit que depuis que Tyr a pris les fonctions de son frère aîné, personne n'aurait encore osé lui proposer un coup de main .

- A Tromsø, on hésite à dire si la petite Brynja est maudite ou chanceuse, car après avoir manqué de se faire brûler vive par un dragon, elle a manqué par deux fois la noyade, dont une durant les raids !



 
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 FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard

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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Dim 17 Mai - 15:31





La température grimpait seconde après seconde. Les demeures s’effondraient à chaque nouveau passage du dragon enragé plus que jamais. Mes pensées s’égaraient peu à peu, alors que j’étais affolé à l’idée qu’il arrive malheur à Sunniva ou encore à Brynja, ou à quiconque parmi mes proches. J’avais tenté de faire appel à Sól, sans savoir si cela avait fonctionné. M’avait-elle entendu ? Il le fallait… Tromsø connaissait bien trop d’obstacles pour un village de simples mortels. Peut-être sa fin était venue. Et je savais que nous combattrions jusqu’à notre dernier souffle pour sa survie. Tromsø tiendra jusqu’à ce que le dernier d’entre nous continue de respirer. Car c’était cela un village de vikings. Jusque-là, la peur nous ne connaissions pas. Mais il fallut qu’un dragon s’invite contre notre gré, déchainant son courroux et ses flammes. J’incitais femmes et enfants à fuir le village. Mais s’imposer dans cette foule et parmi ces hurlements incessants n’était pas chose aisée, et je peinais à me frayer un chemin. Je tendis l’oreille. Des pleurs d’enfant. Des pleurs d’enfant retentissaient dans la demeure tout près de là où je me tenais. Personne d’autre ne semblait les percevoir. J’accourus aussitôt vers l’origine du bruit, peinant à me frayer un chemin. Je bousculais la foule et me faisais bousculer. Les fondations de la demeure étaient brûlantes et fragiles, les flammes se propageaient à partir de la maison voisine. « Je viens t’aider, où es-tu ?! » Lançai-je haut et fort en positionnant mes mains en porte-voix. Un hurlement retentit. Je me hâtais vers sa source et trouva l’enfant. La demeure allait s’écrouler d’un instant à l’autre. Je m’emparais du petit et dégagea au plus vite. Le sol se craquelait sous mes pas. La fumée s’épaississait à vue d’œil. Je me baissais le plus possible pour éviter de m’étouffer, et je retrouvais alors la lumière du jour. Je bloquais la première personne que je croisais et lui mis l’enfant dans les bras. « Prends le petit, et fuis. Si tu l’abandonnes, je te retrouverai, et tu le regretteras. » Lançai-je froidement. Je fus obligé de faire preuve d’autant de sérieux dans cette situation qui éveillait la lâcheté de beaucoup. Je pris un instant pour respirer et épousseter mes vêtements. C’est alors que je perçus mon nom être scandé non loin de moi. Je me retournais aussitôt. « Hagen ! Je te cherchais… Enfin te voilà ! » Fis-je plus heureux que jamais de revoir mon vieil ami. « Ne t’en fais pas, mon frère… J’ai confié Sunniva à Brynja, elles iront bien j’en suis persuadé ! » Affirmai-je. Brynja comptait énormément pour lui comme pour moi, j’étais forcé de rassurer le Jarl. C’est alors que le dragon rappela sa présence à nous autres mortels. Il était proche, terriblement proche… Hagen n’avait pas tort, seuls les Dieux pourraient nous venir en aide. Nous étions condamnés, impuissants. « Tu as raison... J’ai déjà fait appel à de l’aide, mais ta participation ne serait pas de refus… » Lançai-je au Jarl qui ne tarda pas à lever les yeux au ciel. Lui semblait savoir y faire avec les prières, contrairement à moi… J’avais surtout misé sur le lien qui m’unissait à Sól, je devais l’admettre. Le dragon répétait inlassablement ses passages au-dessus du village, prêt à en terminer. C’est alors que le ciel commença à se noircir… L’orage se préparait, le soleil disparut entièrement. Mon cœur s’accéléra, des frissons parcoururent mon échine. Nous avions été entendus, tous deux. Je tournais les yeux vers Hagen. « Ils arrivent. » Soufflai-je à sa seule attention. Peut-être notre destin n’était-il pas scellé après tout…




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viking - leysingi

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ϟ LOCALISATION : Quelque part entre les vestiges du village et la sylve.
ϟ HUMEUR : La mousse aux lippes, enragé mais déterminé.



« La colère vide l'âme de toutes ses ressources, de sorte qu'au fond paraît la lumière. »



MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Lun 18 Mai - 0:59

S
i l'effleurement même de l'aquilon était déjà une houle douloureuse sur son bras, le contact du linge même humide et la poigne ferme de la sylphide qui le lui pansait lui arrachèrent une plainte qu'il étouffa dans son gosier. Mais ses babines retroussées, toutefois, ne purent qu'exprimer son mal dans une expression torsadée, et il prit subito conscience que sa meurtrissure était assurément plus conséquente qu'il ne l'avait subodoré au premier abord. L'heure n'était toutefois pas aux doléances, l'ondée de braises aériennes qui leur écorchaient le derme le leur rappelait lorsque les rauquements et goguenardises du dragon ne s'en chargeaient pas. Il contempla son membre ornementé du pansement de fortune, lorsque leur apparut Egil avec, vraisemblablement, une solution toute trouvée pour ceux qui ne pouvaient jouer d'estoc et de taille dans pareille situation. Il est vrai qu'ils étaient bien braves, les guerriers du Septentrion, mais les habitants sans défense étaient livrés à eux-mêmes, ce formidable chaos n'aidant point à mettre en place une quelconque organisation. La suggestion – qui s'apparentait davantage à un cri du cœur – de l'Erikson aurait été particulièrement opportune, si elle ne s'était pas adressée seulement à quelques-uns. « Et tu vas faire crécher toute la ville dans ta masure l'ami, ou tu sélectionnes ceux qui méritent ton abri ? » Argua narquoisement l'Ormfrid, qui était en réalité fort mal placé pour ergoter sur la bienveillance. Le moment était mal choisi pour jouer de condescendance, mais il n'avait ni les nerfs ni l'envie à la patience, plus encore lorsque la völva eut la brillante idée de s'enfuir dans le mauvais sens. « Tora !! Pas par là sombre idiote ! »

Il grogna, puis leva subitement ses orbes mordorées pour voir la gigantesque créature s'éleva dans les airs avec, dans ses pattes, les vestiges de deux navires qui firent office de projectiles mortifères. Le sol trembla et Arnorr se masqua les yeux à l'aide de son avant-bras lorsque les explosions éclatèrent, il n'en fallut pas davantage pour que la débandade viking se fasse plus décousue encore. « Il faut que nous y allions... Et on va où, maintenant ? » Interrogea t-il à l'attention de Svenja. « Ca ne sert à rien de courir dans tous les sens, regarde-les ! Ils se piétinent les uns les autres, c'est ça la communauté ? Il faut leur montrer la voie, et vite ! » Il observa ses deux camarades. « Se réfugier dans la forêt serait du suicide, elle peut prendre feu à tout instant ! La plage, c'est la solution la plus sûre ! Il faut les amener à emprunter le rivage pour s'éloigner le plus possible, la mer les gardera du feu en cas de besoin ! » Le jeune homme se fraya laborieusement un chemin à travers la foule pour harponner plusieurs quidams et femmes d'importance du village pour leur faire part de son plan et que, tous ensemble, ils tentent d'orienter la foule en direction de l'océan. Et tandis qu'il ramassait un garçonnet qui, dans sa chute, s'était brisé la plupart des incisives, il remarqua l'éclat rutilant d'une tignasse visiblement pressée. « ELFI !! » Il mit l'enfant sur ses pieds et le confia à une donzelle qui l'emporta dans sa course. « Elfi ! Il faut que t'essaies de te frayer un chemin jusqu'à Hagen, dis-lui qu'on emmène tout le monde vers la plage ! » Hurla t-il avant de pointer l'entrée de Tromso. « L'accès principal du village est bloqué et la forêt va vite prendre feu avec toutes ces braises ! Il faut privilégier l'océan – Aegir et Ràn soient avec nous – dis-lui !! »


Spoiler:
 



җ җ җ җ җ җ җ җ җ җ
« J'ai ce besoin de détruire ce qui m’entoure. Ce n'est pas parce que c'est plus facile que de construire, non, car en vérité, construire n'est pas bien ardu non plus. C'est d'entretenir qui est complexe, et totalement impossible quand on voit les choses en grand. Alors je détruis sans vergogne. Je sabote les fondations même, afin que celles-ci s'effondrent et que de ces amas ne puisse rien ressurgir. Je ne suis qu'un saboteur, et c'est la seule chose que je sais faire sans erreur. »
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viking - bondi

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Son oncle Hakon est constructeur de bateaux et membre du Thing. L'épouse de ce dernier, Hadda, possède une ferme laitière et d'importants troupeaux de chèvres, c'est donc une famille aisée ♠️ Elfi est très fine archère et bonne chasseuse ♠️ Elle prie principalement les déesses, Ran, les Vagues, Gersimi & Hnoss, Sol, Freyja, Jord et Skadi.




MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Mar 19 Mai - 16:52




Fairy tales are more than true: not because they tell us that dragons exist, but because they tell us that dragons can be beaten


Après qu’elle eut décoché sa flèche, la rouquine s’était carapaté en sens inverse, contournant l’affreux animal sous le couvert de quelques baraque encore debout. Le monstre piétinait avec rage à présent et les hurlements en disaient long sur le sort réservé aux quelques combattants qui osaient lui faire face. Comme ceux-ci relâchaient une salve de traits sur la bête, la jeune femme banda à nouveau son arc pour en faire de même, avant de renoncer en les observant se briser sur ses écailles tel de vulgaire fétus de pailles. Toute la meilleure volonté du monde ne pouvait suffire en pareille situation, et si certains guerriers ici pouvaient prétendre faire face au dragon, comme Hagen et son frère, elle-même se trouvait bien trop désuète pour espérer ne serait-ce qu’un seul instant pouvoir peser dans la balance face à tel adversaire. C’était une frustration sans nom qu’elle eut bien du mal à assumer. Elle aurait voulu avoir le pouvoir d’un Dieu, elle aurait voulu avoir la force de Thor et lui grimper sur le mou pour le rouer d’coups, à cette espèce d’abomination. Elle aurait voulu contrôler la mer comme Aegir, et faire monter les vagues jusqu’aux nuages pour l’engloutir une bonne fois pour toute et le laisser moisir dans les tréfonds glacés des océans. Sauf que ce n’était pas possible, elle n’était jamais qu’une petite Elfi, et elle eut une pensée de colère pour les idiots congénitaux qui s’étaient introduit dans l’antre de cette bestiole folle furieuse et provoqué son courroux.

C’est pour cette raison que lorsqu’elle se retrouva à nouveau face à Thorolf et sa compagne ensevelie, elle décida en son âme et conscience de les laisser se démerder.

« Ca vous apprendra !! » qu’elle lança avant de continuer sa route sans un regard en arrière.

D’instinct, elle suivit le mouvement de la foule, aidant au passage un jeune type appelé Knüt qui tentait à tout prix de sauver ses volailles des flammes. Les pauvres bestioles hurlaient dans leurs cagettes de roseaux et battaient désespérément des ailes en attendant que le gamin ouvre leurs prisons. Elle songea que c’était tout de même cruel pour Thorolf et Livia de préférer aider des poulets plutôt qu’eux et l’ébauche d’un remord la prit aux tripes. Du moins c’est ce qu’elle songea l’espace de quelques instants, avant de se rendre compte que ce n’était qu’une nausée dû à la fumée infernale et la poussière qui emplissaient l’air. Elle brisa donc quelques cages avec lui, se faisant voleter dans la touffe par quelques emplumés paniqués, avant de saisir une hache à couper le bois pour libérer un cabot lié à la devanture d’une maison en flamme. Cela fait, elle agrippa le garçon par les fonds de sa culotte pour l’entrainer avec elle dans sa fuite, et ils détalèrent ensemble, entrainant à leur suite quelques femmes complètement hagardes qui s’acharnaient encore à sortir des sceaux d’eaux d’un puits pour sauver les pauvres restes cramoisis de leur baraque carbonisée.
Quelques brèves minutes plus tard et ils arrivaient aux abords du village. C’est son prénom hurlé par deux fois qui l’interrompit dans sa fuite. Avec toute cette fumée, Arnorr semblait être apparu comme par magie dans son champ de vision. Elle songea tout d’abord à lui ficher une claque car lui aussi s’était retrouvé à crapahuter chez le dragon, mais l’urgence primait sur ce genre de remontrance. Après un gros soupir qui se mua en quinte de toux, elle acquiesça. Elle n’avait rien à répondre à cela, et pas même le temps de le faire.

Ainsi donc elle fit demi-tour, et ce fut reparti dans l’autre sens. Heureusement qu’elle avait toujours eu les jambes taillées pour la course, car elle ne s’était plus arrêté depuis l’aube. Il lui fallu retourner dans le ventre enflammé de Tromso, ou la température ridiculement élevée lui donnait l’impression de bouillir à l’intérieur de ses cottes.. Elle faisait chaque fois l’effort d'indiquer la plage aux rescapés, mais respirer devenait une épreuve de force. Son corps cherchait l’air et pourtant elle continuait de s’enfoncer toujours plus loin, en direction du dragon. C’était là que se trouvait Hagen, elle l’avait vu plus tôt et de toute façon, c’était là sa place.

Il lui apparut rapidement, il ne restait plus grand-monde pour essayer d’accaparer l’attention de la bête et ainsi la détourner des fuyards, donc ce ne fut pas compliqué, surtout que son frère se tenait non loin et dépassait quiconque d’une bonne tête. Elle trébucha dans les gravas plusieurs fois, aveuglée par la fumée et rendue à leur hauteur, elle attendit que les guerriers se replient de quelques pas pour littéralement lui sauter sur le râble. Se ruant vers le Jarl, elle vint se ventouser à son torse et lui gueuler dans l’oreille :

« TOUT LE MONDE SE REPLIE VERS LA PLAGE ! C’est Arnorr qui m’envoie ! »

D’un bras dressé, elle lui indiqua quelle plage, car il devenait difficile de communiquer dans ces conditions. Si jamais il s’en sortait vivant il saurait où les chercher.

Cela fait, et comme les Dieux semblaient sans arrêt la renvoyer au même endroit… Elle rejoignit donc Thorolf et Livia.

« J’ai changé d’avis » les avisa-t-elle en se mettant à aider le géant à dégager les jambes de sa maîtresse pour leur permettre de fuir enfin cet enfer.


(c) Bloody Storm



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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Mer 20 Mai - 3:02

Le chaos continuait de s'intensifier à mesure ou ils parlaient, l'immonde lézard au dessus de leur tête proférant ses paroles haineuses et méprisantes à l'égard des pauvres insectes qu'ils étaient.

Certains braves c'étaient mis en tête d'affronter la bête. Idée stupide. Panser les blesser pour ensuite fuir, n'importe où, était pour l'heure la meilleure solution, et il priait les dieux -n'importe lesquels- pour que ceux qu'il avait envoyé se loger chez soient sain et sauf.

Egil était avec Arnorr, Svenja et Tora au moment ou le dragon avait de nouveau prit son envol. La sœur du Jarl devaient être mise à l'abris, mais il y avait un problème : Svenja, l'aimée d'Hagen, manquait à l'appel. Svenja et Tora quand à elles, n'avaient aucun idée de l'endroit ou elle se trouvait si ce n'est qu'elle était partie aider la petite Sunniva

Il soupira. Tout ça lui faisait une belle jambe, et il se surprit même à envisager de partir sans elle. Après tout il était de plus en plus dangereux de rester ici, et rien ne garantissait qu'elle et la petite soient encore en vie. Mourir pour un cadavre est une chose stupide. Svenja paraissait partager son avis.
Arnorr quand à lui jouait se montrait plus sarcastique qu'autre chose.
Agacé Egil lui adressât un regard froid, comme blasé par sa bêtise. Il ne savait pas grand-chose de cet homme, si ce n'est qu'il siégeait au thing, mais le ton condescendant qu'il avait prit de lui plaisait guère.

-S'il devait y avoir une sélection, j'aurais suggéré que l'on abandonne les blessé, dit-il en désignant son bras embaumé. A toi de voir.

Mais même s'il ne voulait pas l'admettre publiquement, Arnorr avait néanmoins raison sur un point : tenter de loger tout les fuyards chez lui ne serait pas chose facile. Néanmoins il ne fallait pas se leurrer : il y avait peu de chance que sa maison soit pleine à craquer.


C'est alors qu'il vit le regard e Tora s'illuminer avant de la voir partir sans qu'il n'ai le temps de réagir.

-Attend !!

Mais déjà le dragon s'était de nouveau envolé, bombardant le village de deux drakkars dont il c'était emparé comme s'il s'agissait de simples pierres avant de les laisser retomber au sol.

Egil ne put que se protéger comme il le pouvait, plaquant ses bras contre son visage afin de se parer contre les éclats de bois brûlants, avant de porter son attention vers Tora et Brynja un peu plus loin.
Elle et Sunniva étaient en vies, l'une des rare bonne nouvelles de la journée. Il s’avançât vers elles d'un pas pressé avant de les prévenir, tandit que derrière Arnorr donnait ses instructions à la foule en pagaille.

-Toutes les deux, fuyez vers la plage avec nous ! Il faut se dépêcher de quitter cet enfer au plus vite !

Peu avant, le rugissement céleste du tonnerre grondant venait de résonner dans le ciel.
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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Mer 20 Mai - 10:53


FIRESTORM
seconde partie

Aux odeurs de souffre et de brûlé se mêle à présent celle des chair brûlées. Les victimes de la colère du dragon sont innombrables, et leur nombre ne cesse de s'élever. Plus dangereuses encore que les flammes, les fumées toxiques qui étouffent les malheureux n'ayant pas eu le temps – ou le courage – de quitter leur foyer à temps. Les cendres et les braises encore rougeoyantes volettent dans les airs comme une parodie lugubre de neige, dont nul n'est en mesure de se protéger. Dans la panique généralisée, nombreux sont ceux qui ont oublié leur sens de l'honneur et n'ont pas hésité à piétiner leurs proches et amis dans la cohue plutôt que de leur tendre la main, dans l'espoir d'échapper au brasier et aux crocs du dragon. Les braves prêts à se sacrifier pour les leurs sont hélas moins nombreux que ceux qui feraient n'importe quoi pour échapper à Helheim. Loués soient les courageux qui ont encore assez de bon sens et de courage pour chercher à sauver les plus faibles, qui s'éparpillent sans avoir nulle idée d'où aller à présent que le chemin vers les bois est encombré ; et que ceux-ci risquent de s'embraser à tout instant. Ce n'est qu'à force d'efforts et d'instructions aboyées que petit à petit, la foule se presse vers le port – ou du moins ce qu'il en reste. Quoique les coques de certains drakkars brûlent encore, il n'en est pas moins plus sûr de se précipiter dans l'eau certes salée, mais aussi glacée, que dans une sylve que le reptile pourrait décider de faire partir en fumée à l'instar des navires et de la plupart des habitations du village. La masse de vikings qui converge vers ce qu'il reste de leur port doit cependant s'attendre à un spectacle désolant. Les cadavres des morts brûlés vifs ou noyés flottent à la surface ou ont déjà échoué sur le sable, c'est une scène qui ferait rendre gorge aux divins eux-mêmes.

Trop occupé à claquer des mâchoires pour effrayer les hommes qui lui tiennent tête, le dragon ne remarque pas l'absence soudaine du soleil, pas plus qu'il n'entend le tonnerre gronder. Si son espèce a une faiblesse, c'est sans le moindre doute leur fierté, cette propension à se croire invulnérable, au point d'en oublier que ce ne sont pas eux, mais les dieux qui règnent en maîtres incontestés sur Yggdrasil. Sa superbe ignorance l'aveugle et il ignore que son petit jeu d'incendiaire a déclenché l'ire des plus grands... Tout aussi apeurés que les villageois, les Arbres-Penseurs de Midgard se sont dépêchés de fuir, tout en invoquant la protection de leur mère. Les paisibles créatures marines du port ont eu vite fait d'aller se réfugier dans les profondeurs, non sans alerter leur seigneur de la situation en surface. Et ce sont des dizaines de patenôtres qui s'élèvent vers Asgard, au point d'en assourdir les divins. L'habileté des mortels incommode le dragon, il est las de refermer ses mâchoires dans le vide... Alors, sa gorge se met à rougeoyer, une boule de feu naît dans son gosier... Il la ravale bien malgré lui lorsqu'une arme qu'il n'a pas même le temps d'identifier s'écrase sur sa gueule, le faisant perdre ses esprits – et une paire de crocs par la même occasion – et son équilibre. Il titube légèrement, secoue la tête en grondant et siffle furieusement lorsqu'un véritable déluge s’abat sur Tromsø. Il n'a d'autre choix que de se tranquilliser momentanément quand le Tonnerre personnifié s'interpose entre lui et les mortels, bientôt suivi par une boule de feu qui s'écrase presque entre ses pattes à la façon d'un météore, et de laquelle émerge une silhouette féminine.


quelques précisions

→ Ce second tour marque enfin l'arrivée des dieux ! Toutefois, par souci de cohérence, nous ne pouvons pas envoyer tout le monde en même temps. Les premiers dieux à intervenir sont les suivants : Thor (accompagné de Balder), Sól, Loki, Jörd et Aegir (veuillez noter que ce n'est en rien un ordre de passage). Pour les dieux qui sont encore sur "liste d'attente", ne vous en faites pas, votre tour arrive prochainement, et on vous garantie de l'action à vous aussi hehe
→ Pour les fuyards, c'est vers la plage qu'il faut maintenant vous diriger si vous tenez à la vie !

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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Mer 20 Mai - 10:54

D
ans l'une des salles de réception de la Cité de Magnificence, se tenait un huit-clos officiel – et pourtant, à en juger par l'expression sémillante de celui qui le présidait, l'atmosphère semblait davantage encline à la frivolité qu'à l'ergotage intéressé. Non pas que Thor s'était d'ores et déjà accoutumé à son rôle et aux coercitions discursives et monotones qui en découlaient, mais il avait réuni les plus hauts dignitaires du royaume avec un dessein moins austère que les conversations politiques, simplement celui de partager un moment entre hérauts divers du peuple, coupe d'hydromel et ambroisie en guise d'opiacés. Il avait eu tout loisir de prendre conscience que tant que l'astre diurne immergeait Asgard de sa suave nitescence, il fallait en profiter, goûter et abuser de la douceur de l'ataraxie tant qu'elle se trouvait à portée de main. Et à cet instant, il ignorait encore que son allégorie astrale était plus exacte qu'il ne l'aurait imaginé...

Alors qu'il souriait aux boniments de l'un de ses interlocuteurs, la luminescence usuelle du firmament s'étiola soudainement, plongeant la contrée dans une obscurité presque totale et impromptue. Comme tout à chacun pantois, le roi s'avança jusqu'à l'une des grandes croisées, pour mieux constater que le soleil s'était littéralement évanoui – pourquoi, par les Nornes, Sol avait-elle ainsi pris congé ? Un aquilon d'incertitude et d'hypothèses glaça les échines de tous les quidams ci-présents, et ce ne fut qu'à cet instant qu'une pléthore de voix fit irruption dans l'esprit du blondin qui, face à leur puissance, sourcilla et se frotta la tempe. La seconde suivante, les portes piaulèrent violemment, faisant apparaître le galbe de l'Omniscient. « Votre Altesse. Midgard... » Heimdall fit halte devant son monarque, tous deux échangèrent un regard grave. « Le dragon a lancé l'assaut sur Tromsø, il y a déjà beaucoup de morts et de dégâts. J'ai vu la Diligente faire fi de son Soleil avec la volonté de porter secours aux mortels. » L'Odinson sentit toute la pesanteur des oeillades lui lécher le râble, il lorgna sur l'assemblée, puis se débarrassa de son verre comme s'il ne contenait que du picrate. « Que Gjallarhorn résonne dans le royaume, je veux tous les volontaires prêts à emprunter le Bifröst, séance tenante ! »

Et l'effervescence de gagner les cœurs et les fronts comme si le Ragnarök était à l'orée de l'Arbre-Monde. Thor se hâta de se draper de sa cuirasse, et à peine eut-il fait un pas dans le corridor qu'il se fit apostropher par diverses personnalités. Mais entre toutes, il y en eut une qui outrepassa les autres. « Votre Majesté ! Ove ! Préparez les Einherjar, je les veux sur le front les premiers ! Dois-je envoyer toutes les troupes disponibles ? Non, qu'une partie demeure dans la Cité, même s'il ne s'agit pas des mêmes circonstances, nous ne voulons pas que l'incident des jötuns se reproduise ! Que tous les habitants se claquemurent chez eux, l'accès au palais est interdit jusqu'à mon retour, et je veux que vous doubliez la sécurité ici-même et dans les rues, qu'il n'y ait pas un mouvement qui se fasse sans que vous n'en soyez informé ! » Le capitaine opina et partit vaquer à son devoir, juste le temps pour l'adonis de faire volte-face et de se retrouver nez à nez avec le benjamin de sa fratrie. « Balder... Je viens. Je sais, mais où est ton armure ? Ces vêtements d'apparat suffiront, aurais-tu omis à qui tu t'adressais ? » Un sourire fugitif, et une patenôtre de brusquement écarteler l'esprit du souverain qui grimaça. Il écouta avec une patience feinte, puis sentit la poigne affective de son cadet sur son épaule, un lien qui le fit revenir à lui. « Hagen... Tiens-bon mon ami ! » Il empoigna le casque que tenait Thialfi, à ses côtés, et s'élança au triple galop tout en s'adressant une dernière fois à la Lumière incarnée, sous le vrombissement du cor de rassemblement d'Heimdall. « Sois l'égide du Jarl, il est une cible de trop bon choix ! »

En corrélation avec l'eurythmie et la volonté abrasive de l'Inexpugnable, les nues voilèrent la voûte céleste, traînant dans leur sillon les remugles de l'orage et le clabaudage du tonnerre. Des signes inexorables que la créature reptilienne ignora à ses risques et périls, puisqu'une fois l'ire céleste installée juste au-dessus de la bourgade en proie au chaos, ce fut un incommensurable éclair qui illumina la Terre d'une lueur aveuglante, escorté par un grondement térébrant qui sembla porter son écho jusque dans les fondements d'Yggdrasil. Au diapason, Mjölnir fendit l'air depuis le ciel à l'instar d'un météore et, alors que le dragon s'apprêtait à glavioter une nouvelle gerbe de feu, s'abattit sur sa gueule avec fracas. Deux énormes crocs se détachèrent des gencives et échouèrent non loin des humains assez braves pour faire face, et tandis que le reptile, brièvement étourdit, se remettait de ce baiser, le galbe régalien de Thor se posa entre les guerriers de Tromsø et leur gigantesque antagoniste. En même temps que lui, la pluie apparut, destinée à lénifier les flammes qui se bâfraient du village, et la scène sembla se figer un instant. « IL SUFFIT ! » Tonna le phonème guttural du Favori des Ases, cape vermeille voletant sur son épine dorsale, et le dragon se redressa à l'image d'un démon sorti de l'Helheim. « J'ai dit, il suffit ! Ravale ton brasier devant ton Haut-Roi, et écoute la voix de l'Arbre-Monde ! Je suis le Protecteur des Divins et celui des Mortels, Midgard est sous ma juridiction, en t'attaquant à mes ouailles, tu t'en prends à la royauté asgardienne ! J'ai passé outre que tu installes ton antre à trésors dans ces landes, j'ai toléré que tu mettes les nerfs des humains à l'épreuve, mais je ne permettrai pas que tu détruises Tromsø et ses fiers vikings ! » Il tendit le bras, et réceptionna son arme qui, fichée dans le sol à plusieurs mètres de là, s'en vint tout de go à son maître. « Deux dents en moins pour une caresse de Mjölnir, je te laisse imaginer ce qu'il t'arrachera si j'y mets une once de puissance supplémentaire ! Qui que tu sois, Dragon, retourne dans les laves de Muspellheim ou trépasse sous l'omnipotence des dieux ! »


Spoiler:
 


by the light of this lonely lantern I hold aloft,
I'll safeguard the wandering and lost
I'll keep you in my sight, I'll ward away the dark and fright. I'll keep you from harm within my arms, hat circle round your shaking form. No need for tears or wide eyed alarm, my arms will shield you from the storm.
   
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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Mer 20 Mai - 10:55


FIRESTORM
seconde partie

Répulsion. Il est l'une des plus anciennes plaies d'Yggdrasil, une engeance maudite par des générations entières de dieux et d'hommes. Il n'a rien de commun avec ses cousins de Midgard, ni même avec ceux de Svartalfheim. À ses côtés, ce ne sont que des clébards inoffensifs, des cabots dont l'on se débarrasse d'un coup de fourche et que l'on ne craint qu'en meutes. Il est tout autre. Il est l'incarnation de tout ce qu'Yggdrasil a de pire, il tire ses forces de la noirceur de l'univers, toute lumière n'est pour lui qu'une source de festin, un met qu'il se doit de dévorer, encore et encore... Sa fourrure est plus noire que l'obsidienne, nulle lueur ne transpire de son être, il est ce que les mondes ont de plus sombre et de plus infect à offrir, il est... Répulsion. Il est fait d'ombres et de fumées, ses calots sont comme deux grenats incandescents, son estomac ne cesse de gronder d'une faim qu'il n'assouvira qu'au Crépuscule... Sa chasse, jamais ne prend fin. Il la suit où qu'Elle aille, la traque sans relâche, il a encore le goût de son sang sur les papilles, il en veut plus, toujours plus, il veut la consumer tout entière, n'en laisser aucune miette, il veut de repaître de ses chairs comme de sa chaleur, il veut... Tout dévorer sur le chemin qui la conduira jusqu'à Elle.

L'environnement est bruyant, chaotique, brûlant et trempé à la fois, l'odeur de l'hémoglobine mêlée à celle des cendres fait naître en lui rage et impatience. Il sait qu'Elle est là, quelque part... Mais tout est trop, il ne parvient pas à la sentir, ni même à l'apercevoir. Elle est pourtant tout près, si près... Ses mâchoires claquent, ses crocs d'ébène déchirent les membres des malheureux qui se trouvent sur son chemin, sans pour autant arrêter sa course folle et furieuse. Il s'immobilise un instant face au grand reptile, dont la simple odeur l'a autrefois fait fuir, dont la présence dans les bois de cette zone glacée de Midgard suffisait à le tenir à distance d'Elle. Plus maintenant... Il ne lui fait plus peur. Un instant, il songe à se jeter à son cou de flammes pour la lui déchirer – quel combat de titans ne serait-ce pas là... ? Il se ramasse sur lui-même, gronde... Se fige. Il a une bien plus jolie proie à portée, toute drapée d'écarlate et de suffisance, presque aussi lumineuse que la Torche. Obnubilé par l'envie de lui arracher la gorge, il hurle brièvement à la Lune... Non ! Au Soleil... Et bondit. Il percute si violemment le dieu qu'il l'envoie s'écraser et rouler plusieurs mètres plus loin, au milieu des macchabées et des débris.


quelques précisions

→ Sköll est dans la place ! Pour ceux qui ne le connaissent pas, par ici.
→ ... Et il vient de balancer Thor dans le décor green Eh oui ! Sinon il aurait été bien trop aisé et rapide de se débarrasser du dragon huhu Malheureusement pour vous petits mortels, notre bon roi sera bien trop occupé avec Sköll pour expédier le dragon à Helheim.
Chers dieux ! C'est donc à vous que revient la lourde tâche de vous débarrasser de la bête, en sachant que ce ne sera pas une partie de plaisir... Quant à vous petits mortels, la fuite ou le combat, à vous de voir * On vous conseille toutefois de rester à distance de Sköll si vous tenez à conserver tous vos membres Laughing

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déesse du soleil

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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Mer 20 Mai - 10:56

Firestorm
TOPIC COMMUN

Je l'avais pressentie, cette catastrophe qui avait déjà coûté la vie à des dizaines d'innocents. C'était tout juste si je venais d'entamer ma course, les premiers rayons du soleil commençaient à peine à réchauffer et éclairer Midgard... Puis je l'avais entendu. Les prières d'Aldarik m'avaient percé les tympans, je m'étais immédiatement penchée au dessus du royaume des mortels, et ce que j'avais vu m'avait glacée d'effroi. Presque aussitôt, j'avais fait demi-tour. Apporter lumière aux neuf mondes d'Yggdrasil m'importait bien peu en comparaison avec les vies d'Aldarik et Sunniva. Chaque seconde perdue était une seconde de trop, une seconde que le dragon pourrait utiliser pour brûler vifs des innocents et réduire en cendres leur village, si ce n'était pas toute la Norvège qu'il décidait d'incendier. Au moment où je me précipitai sur Midgard pour porter secours aux mortels, j'ignorais si d'autres avaient l'intention de faire de même ; mais cela importait peu. Il n'était pas question un seul instant que je reste simple spectatrice alors qu'un reptile à l'ego démesuré crachait ses flammes sur la terre des hommes. Pour qui se prenait-il, le grand Nídhögg ? Il allait apprendre à ses dépends qu'il en était bien loin. À l'instar d'une boule de feu qui se serait détachée du firmament, je m'écrasai entre le dragon et ses proies, et alors que je me redressai, toute de flammes vêtue, la voix du Tonnerre me fit sursauter. Quoi qu'il fusse incapable de le percevoir à travers mon masque de feu, un sourire ravi étira momentanément mes lèvres. Il fallait reconnaître que Thor prenait son rôle de protecteur de Midgard à cœur, contrairement à son paternel qui semblait avoir cessé de se soucier des millénaires plus tôt. Je profitai du répit qu'offrait Thor pour chercher du regard Aldarik et Sunniva, et m'enquérir des dégâts par la même occasion. Le village était en ruines, l'air empestait le souffre et les chairs brûlées... Le sol était jonché de cadavres carbonisés, ce qui autrefois m'aurait fait rendre gorge instantanément. Mais les millénaires m'avaient rendue insensible à ce genre de spectacle, aussi désolant soit-il, louées soient les Nornes. Mon cœur manqua un battement lorsque j'aperçus finalement Aldarik parmi les guerriers, sans notre fille. Les flammes qui m'habillaient s'éteignirent brusquement, je blêmis en imaginant le pire, ouvris la bouche pour l'appeler... Et manquai d'être fauchée par une masse sombre qui percuta de plein fouet mon roi. Il me fallut un instant pour comprendre que c'était mon fléau tout personnel qui venait d'envoyer le Tonnerre dans le décor – Sköll. Où que j'aille il me suivait, et alors que je craignais trop pour la vie des miens, j'avais oublié de prendre en compte son existence. J'allais le regretter, et je n'allais de toute évidence pas être la seule. Mais je ne doutais point que Thor soit capable de lui faire face au moins le temps que d'autres arrivent. Un sifflement furieux m'échappa tandis que je m'enflammai entièrement une nouvelle fois – une capacité récemment découverte après mon entrevue houleuse avec le nouveau roi – et m'interposai entre le dragon et les mortels. « Sa Majesté n'est pas le seul à pouvoir te faire regretter ton arrogance, Dragon ! Tu ferais mieux de retourner sur ta terre d'origine si tu ne veux pas que Midgard soit la seule qui tu aies jamais connue ! » Les flammes qui m'entouraient devinrent progressivement bleues et blanches, je brûlais d'un feu plus intense que celui du reptile. « Tu n'es qu'un sale lézard arrogant qui croit tout savoir du feu... Mais tu ne sais rien... RIEN !! » Une boule de feu aux teintes azurées naquit entre mes paumes, pour ensuite aller s'écraser sur sa gueule. La chaleur du projectile dut l'étonner, car il recula de quelques pas en rugissant et en secouant la tête – visiblement, il découvrait la douleur pour la toute première fois en ce jour, et cela n'était pas pour lui plaire. Je profitai des quelques secondes de répit accordées par mon assaut pour me tourner vers le groupe de mortels. « Courez. Courez, et ne vous retournez pas, ne revenez pas sur vos pas, c'est compris ? Fuyez ! » Je plantai mon regard dans celui d'Aldarik. « Cela vaut aussi pour toi ! Retrouve notre fille, et mets-la à l'abri ! Quoi qu'il arrive, je t'interdis de revenir pour moi, c'est compris ? Va-t-en ! Va – » Je n'eus pas le temps de répéter que le dragon m'envoya dans le décor d'un violent coup de queue, que quelques secondes d'inattention m'avaient empêchée de voir venir. Je m'écrasai brusquement sur ce qu'il restait d'une toiture avant de retomber lourdement au sol, les dents serrées. « Très bien... Tu veux jouer à ça... Je vais te faire bouffer tes écailles, saloperie ! » Une boule de feu plus brûlante encore que la première alla percer la membrane de l'une des ailes du dragon, qui gronda de douleur. « Si tu crois être la créature la plus fière et dangereuse du coin, tu ferais mieux de reconsidérer ta position ! »


Spoiler:
 


I promised you the Sun

But in the end, it's only a passing thing, this shadow. Even darkness must pass.
A new day will come. And when the sun shines it will shine out the clearer.
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déesse de la terre

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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Mer 20 Mai - 15:36

C
a hurle de concert dans son crâne, malgré les menottes qu’elle fixe désespérément de chaque côté de son visage. Jörd se sent vaciller, dans son temple de sylve ruisselant des larmes d’un ciel tempétueux. Ses enfants souffrent le martyr tandis que les flammes lèchent leur écorce, dévorent leurs entrailles et font fondre leur essence mirifique. Elle peut sentir dans leur émoi le brasier incandescent qui les consume - le cataclysme qui ravage les landes vulnérables des mortels. Les arbres penseurs battent en retraite, les bois soumis aux bourrasques enflammées les talonnant de près, la faune s’affole dans un brouhaha chaotique et l’odeur est insoutenable. La fumée, opaque et noire, asphyxie la vie pour la recouvrir sous un tas de cendres. De la cendre sombre comme les ailes d’un dragon féroce et destructeur, annonciateur d’un terrible cataclysme. La Terre se fraie un passage à travers la végétation luxuriante d’Asgard, là où elle dissimule son sanctuaire de quiétude. Il faut qu’elle rejoigne la terre des hommes immédiatement pour mettre fin au calvaire qu’ils endurent. Que ce soit les siens ou les humains, pauvres hères confrontés à un mal insidieux millénaire. Jörd se hâte à travers la végétation, malmenée par les affects de ses infants qui implorent sa présence. Elle arrive enfin à la grotte, cette cavité qui dissimule aux yeux des curieux un passage vers Midgard, un de ceux qu’elle garde secrètement depuis qu’elle s’est échappée de Svartalfheim. La grotte semble vide, sans intérêt, mais la roche gronde et s’écarte intuitivement face à la présence de Mère Nature pour lui laisser emprunter le passage.

Lorsqu’elle met le pied à l’orée de Tromsó, l’expression de la déesse se décompose de désarroi. Les flammes ravagent le village, les cris déchirant résonnent parmi le souffle omniprésent du dragon qui se dresse au milieu avec la pugnacité d’un torrent. Combien de morts ? Combien de cadavres ? Jörd l’ignore mais le spectacle la tourmente. Dressée sur un pan de rocaille qui surplombe le charnier, la belle serre les poings à s’entailler les paumes. La souffrance et la crainte font soubresauter les mortels - pour les plus courageux, il est suicidaire de tenter quoi que ce soit contre la Bête. Bien trop monumentale, bien trop puissante mais ont-ils vraiment le choix ? Maintenant, ils l’ont. Le soleil s’est éclipsé et ce n’est que pour rejoindre le champs de bataille. Thor se dresse lui aussi, aussi flamboyant dans son armure que l’est Sól dans son carcan de flammes. Il brandit Mjölnir, éructant à travers son casque d’acier dissimulant son faciès aux mortels. Mais pourtant, tous savent qui il est, le protecteur des mondes, le roi d’Yggdrasil. L’orgueil d’un Dragon est sans pareil, et malgré les menaces - malgré les flammes de Sól - la créature légendaire se contente de reculer d’un pas. S’il est surpris, tous savent que le combat sera rude avant de pouvoir le défaire.

Jörd passe une main sur l’encolure du cheval, monture affolée par le souffle brûlant qui s’était égarée dans la forêt. Elle grimpe dessus, sa chevelure cascadant sur ses épaules, allure d’une simple mortelle au milieu de ses pairs. Et pourtant, lorsqu’elle descend le flanc de son surplomb, c’est une nuée de volatiles aux ailes noires qui fend les airs dans son sillage. Volant assez haut pour ne pas être incommodés par la fumée, les noirs corbeaux esquivent les explosions de flammes pour piquer en direction du Dragon et s’attaquer à ses yeux dans un battement de plumes. Les serres se referment et griffent l’espace d’un instant avant qu’ils ne reprennent de la hauteur. Jörd freine sa monture à l’entrée de Tromsó avant de mettre pied à terre et d’offrir un regard effaré autour d’elle. Le feu est tenace et les villageois fuient dans tous les sens, pris de panique. « Vers la plage ! » Leur crie-t-elle, aidant femme et enfant à se redresser pour leur indiquer la direction à prendre. Elle s’approche du centre, là où Thor et Sól affrontent leurs ennemis. Thor a été jeté à terre par Sköll, le loup ténébreux qui en a toujours eu après la Déesse du Soleil. La mort et la destruction font saliver bien plus d’une créature. Jörd se rappelle, sa première rencontre avec son amie flamboyante, lorsque celle-ci fuyait le loup colossal. Loup sur qui, même elle, n’a aucune influence. Il est bien plus ancien, bien plus terrible, que toutes les bêtes qui hantent les royaumes. Mère Nature serre l’émail dans une grimace réprobatrice et d’une paume offerte au ciel orageux, la belle fait émerger d’épaisses racines épineuses du sol pour clouer le loup au sol. Le sangler, le serrer, l’enfouir sous la terre qui gronde dans de colériques remous.


HJ:
 


Par un soir ténébreux de l'arrière-saison. Dans un coup de rafale une graine emportée, tombant contre les murs d'une haute prison, entre de vieux pavés mal joints s'est arrêtée. Alors, comme sortant d'un funèbre sommeil, Elle émerge à grand'peine et s'exhausse de terre, et d'un suprême effort aspirant au soleil elle frémit d'espoir, la pauvre solitaire.
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dieu du chaos

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And when you fall from that parapet,the sound you'll be hearing as you go down will be me,laughing my head off. ❞



MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Mer 20 Mai - 17:55

L
e firmament s’était mué en une voûte diluvienne sous laquelle roussissait la bourgade jadis fière. Tromsø, devenue agrégat de scories et houilles, n’avait plus à cette heure que la digne allure d’un charnier, igné par une touffeur chtonienne et galvaudé par le phonème rance de son orgueilleux bourreaux. A quelques lieues de là, à flanc de falaise, s’était longuement tenue la silhouette obscure d’un Freux taciturne. Venu au crépuscule sur le royaume midgardien, il avait eu pour ambition d’aller tirer de ses couches son plus féal sujet afin de l’y emporter aussi loin que tonneraient les cors de la vindicte. Arnórr, bien qu’esprit matois et habile fennec, devait une incoercible obédience à son sauveur et maître. Une piété adroitement recelée aux yeux de tous, et qui permettait toutefois au dieu et au mortel d’entretenir une scélératesse tout aussi profitable pour l’un que pour l’autre – du moins essentiellement pour l’un, puisque le Chaos évoluait, au-dessus de tout autre être, dans de plus pures œuvres égotistes –. Voici pourtant qu’un impotent reptile mettait à mal les projets de l’Obsidien, apeurant tout un peuple que le mage aurait souhaité fort quiet, et fort endormi. A cette ébullition générale s’était jointe la larmoyante litanie des adeptes pour leurs démiurges, une kyrielle d’oraisons que le Farbautison ne manqua pas, à l’instar de ses pairs Asgardiens, d’ouïr en furieux écho. Tout aussi paria qu’il eût été, il restait divin jusqu’aux tréfonds de sa glaire, et puisque récemment consolidé par les pommes d’or, il demeurait l’égal céleste de ses semblables. Mais une conjuration en particulier avait hâté son pas, celle, précisément, de son affidé. Nullement gorgé d’altruisme, Loki souhaitait avant tout honorer le loyalisme de son serviteur et préserver une vie aussi précieuse qu’utile. Arrivé aux abords de l’ossuaire calciné, il vit le Tonnerre son frère fendre les cieux, anathématiser le dragon, puis une bille de feu rouler aux pieds de la Créature et se déployer en un majestueux bipède. Sól. Deux êtres chers, et sitôt deux proies molestées. La venue de l’Ardente ayant précipité l’arrivée de Sköll, ce fut sur le monarque que s’abattit le courroux lupin, puis sur la déesse que se fracassa le pilon dragonnier.

Continuant sa progression véloce entre braises et colonnes de fumée, le Chaos fit peu à peu naître, sur les pourtours de sa haute carrure, la fantasmagorie d’une armure incarnée qui recouvrit ses modestes étoffes d’un acier à l’alliage souple. Exempt de son sacrosaint heaume – qui ne lui rappelait que trop les batailles accomplies au nom d’Odin, et donc une époque révolue –, il arriva en même temps que Jörd vers laquelle il eut un regard appuyé. Elle sommait les survivants de rejoindre l’étendue maritime, et, parmi eux, il vit le faciès réprouvé d’Arnórr. Les calots de l’Obscur vrillèrent à son encontre, constatant et la carne brûlée, et l’algie dansottant sur les ridules fermes du mortel. D’un ample geste, le thaumaturge enjoignit un haut mur de glace à se former, une muraille protectrice départageant la titanesque mêlée de cette pléthore d’éphémères. Forgée par la froidure du prince jötun, il était peu probable que les flammes ennemies parviennent à abroger la muraille de sitôt. Nul ne verrait dans cet appui le favoritisme du Chaos, préservant ainsi l’alliance tacite entre les deux félons tout en suggérant une magnanimité certaine envers les mortels. Tournant talons, il perçut la Mère aider le Fils et décida de rejoindre une Sól qui invectivait son puissant adversaire. « Il est vrai qu’en la matière, tu ne connais point les femmes », rauqua d’un rire féroce le Chaos, relevant la bravade de sa compagnonne tout en plantant ses orbes diaphanes sur la gueule enfiellée de l’antagoniste à écailles. Il n’y avait vraisemblablement que lui pour morceler le drame en hâblerie, et derrière son obscène risette naquit une lueur odieuse. « Rien de cassé ? », une interrogation qu’il destina cette fois à sa plus chère amie, le timbre largement plus bas et les sens alertes à la moindre réponse. Lorsque furent infirmées ses inquiétudes, il opina et se détacha de la présence féminine. Éloigné de quelques pas tactiques – mieux valait fractionner l’attention du dragon –, il projeta derechef des éclats gelés qui vinrent tapisser le sol sur lequel se tenait le rival. Une lagune glacée se solidifia sous les immenses pattes, le menaçant d’une moindre chute si le reptile se décidait à effectuer la moindre progression. Si l’Ardente continuait de forer ainsi la membrane de la bête, il allait bientôt être dans l’incapacité de bouger sur terre, comme dans les airs…


H.J:
 


un silence s'était fait dans son âme
This life, which had been the tomb of his virtue and of his honour, is but a walking shadow; a poor player, that struts and frets his hour upon the stage, and then is heard no more: it is a tale told by an idiot, full of sound and fury, signifying nothing. William Shakespeare.
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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Mer 20 Mai - 20:06

Sous le poids des flots, la lueur de l’astre de feu décroit soudainement. L’Océan n’y prête que peu d’attention, continuant ses foulées sans poser un seul regard vers la surface des eaux. Les prières abondent, supplient et implorent le Dieu de venir en aide aux mortels. Joueur, Aegir préfère ne pas y prêter trop d’intention. Il se coupe du reste du monde, à l’abri derrière les murs de son palais sous-marin. En ce jour, ce qui se passe sur Midgard ne le concerne pas. Une nouvelle vague d’appels s’échouent contre les tympans du Dieu qui s’oblige, devant tant d’insistance, à lever ses yeux clairs vers les nappes glacées. En surface, le gris des flots se parent d’écarlates et des corps inertes sont déjà en train de rejoindre les profondeurs de sa demeure. Sa silhouette se fige alors qu’il scrute le sang qui souille les nuances argentées de se vagues. C’est un pli de contrariété qui s’appose sur le front lisse du dieu, alors que dans ses prunelles vient brûler la lueur d’une incompréhension alarmée. Il n’a pas le temps de se perdre plus avant dans ses réflexions qu’Eldir se presse à sa rencontre. « - Aegir, Midgard brûle. Il faut que… » L’Océan l’arrête d’un geste de la main. Les créatures du fond des mers se pressent de quitter la surface alors que des larmes d’or et de pourpre viennent maculer la voûte au-dessus de l’eau. Dans un battement de cils, Aegir quitte sa léthargie, adressant un léger signe de tête en direction d’Eldir qui se presse à nouveau dans les couloirs du palais, en quête de Fimafeng. La déité retrouve alors le froid de l’acier, revêt son armure légère aux miroitements argentées, appose contre ses hanches, ses lames jumelles. Il hésite un instant, contemple du coin de l’œil les lignes courbes de son arc et se décide dans un cliquetis de plates à se saisir de l’objet.

Les vagues contre la grève se reculent. Laissent leur trace dans le sable jusqu’à dévoiler une partie des profondeurs aux abords du village. Le port de Tromsø s’assèche. Les flots s’éloignent, pour mieux revenir engloutir la grève dans un remous salé lorsque l’Océan foule enfin le sable humide. Les vagues viennent embrasser les cadavres, les enlacent pour mieux les conduire dans les abysses et nettoyer les berges. Le souffre se mélange aux relents de sang, de chair brûlée et de mort. L’ensemble est nauséeux, presque autant que la vision du reptile qui se dresse au milieu des débris de maisons en proie aux flammes. S’avançant sur la grève, Aegir guide ses vagues pour qu’elles viennent lécher les bicoques en feu, éteignent les brasiers proches du port tout en entourant les survivants d’une barrière protectrice, forgée dans les embruns et le sel. Il abandonne peu à peu le port, laissant les flots continuer leur errance au milieu des décombres jusqu’à ce que le tonnerre vienne éventrer la terre. La présence du nouveau Roi était une évidence. Mais seul face à un tel monstre d’orgueil et de violence, la lutte s’avère inégale. Le hurlement qui rompt le silence fait courir d’étranges frissons le long de son échine. Ainsi-donc Sol est venue se mêler au carnage. Et le Loup a jugé bon de s’ajouter à la liste des créatures félonnes. C’est une flèche dans l’épaule de la créature qui l’oblige à reculer, un grognement s’échappant de sa gueule alors qu’Aegir s’avance à découvert au milieu des murs de fumées et des dalles de braises. « - C’est un bien mauvais jour que tu as choisis là, Sköll, pour priver l’Arbre Monde de sa lumière. » Un rapide regard alentour lui permet d’apposer un nom sur les protagonistes de cette sanglante mascarade. « - Majesté, si un simple loup parvient déjà à vous dépasser, qu’en sera-t-il de ce lézard vaniteux ? » La pique est acerbe, s’accompagne de l’ombre d’un sourire ironique. Mais derrière la légèreté de l’attaque se cache l’ébauche d’un infime reproche. L’amertume lui détruit la langue, plus encore lorsqu’il vient à poser son regard céruléen sur le Chaos.


Hail, Lord of the Sea-Foam, host of Aegirheim, Husband of the Robber-Queen, Father of the Nine Waves. May you forgive our carelessness with the great cold kingdom that is your realm.
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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Ven 22 Mai - 12:27


À demi engloutie par les débris, vaguement étourdie par le choc, je vois avec soulagement la grande carcasse de Thorolf se pencher sur moi et commencer à déblayer les pierres et éclats de bois calcinés qui me recouvrent. Je ne sais si je dois ma chance aux Dieux, ou bien à la gravité, toujours est-il que je ne pense pas être blessée gravement, je ne souffre que des gravats qui pèsent sur ma poitrine, et qui amenuisent ma respiration. Il faut que mon colosse se dépêche avant que le dragon ne lance sa prochaine offensive, car de tous les vikings qui pataugent dans la fange cendreuse autour de nous, aucun ne semble décidé à nous prêter main forte. La panique détruit tout honneur, toute compassion, et les fuyards ne se préoccupent pas de nous. Il n'y a que l'archère à la crinière fauve, Elfi, qui s'arrête, mais pour nous reprocher notre incursion dans l'antre de la bête. Pourtant le village était bien content de profiter de ces richesses toujours bienvenues, surtout quand un monstre dévore vos troupeaux, vos récoltes ou votre gibier … Je préfère ne pas penser que nous sommes responsables de ce massacre, le dragon menace Tromsø, depuis trop longtemps :

- Pas écouter Elfi, dragon mauvais, pas faute à nous .. Vite, Thorolf ! Vite !
De ma main libre je repousse tant bien que mal les pierres à ma portée, quand un aquilon orageux s'engouffre dans les venelles dévastées. Je n'y prête garde que pour la sensation de fraîcheur nouvelle et le regain de force qu'elle m'apporte. Imperturbable, la fumée reprend ses droits et avec elle l'odeur sulfureuse de la mort. Et la flamboyante Elfi réapparaît pour s'activer à libérer mes jambes. Je lance un regard surpris et je dois avouer quelque peu méfiant à la jeune femme. Mais nous sommes bien plus efficaces à trois. Je me relève enfin, un « Merci Elfi » reconnaissant s'échappe de mes lèvres alors que je me jette dans les bras de Thorolf.
Si quelques belles estafilades sanguinolentes ornent mon visage, mes bras et jambes, le reste semble en état de marche. Après cette étreinte revigorante, nous tournons le dos à cet enfer, et courons vers la plage.
Sera-ce suffisant pour nous préserver des crocs et du feu du dragon ?

Un éclair formidable déchire de sa lumière aveuglante le ciel enfumé, aussitôt accompagné par un éclat de tonnerre qui fait trembler la terre que nous foulons. Ce phénomène insolite nous stoppe net et je découvre, fascinée, une silhouette drapée d'écarlate qui se dresse devant le dragon.

- Thorolf, regarde, c'est Roi des Dieux, non ? Lui entendre prières de nous ! C'est Thor ! Nous sauvés !
La voix altière et autoritaire somme la bête d'abandonner le massacre. Le marteau que m'a décrit tant de fois mon colosse, vient se loger dans la main tendue du Dieu Doré. Moi qui rêvait de voir de mes propres yeux les divins d'Asgard, je suis aux anges et ne peux me détacher de la scène. Quand soudain, comme une horrible farce, notre sauveur est percuté par une ombre noire, une bête monstrueuse. Aussitôt une autre divinité s'oppose au dragon, se muant en une ronde de flammes d'un bleu profond. Stupéfaite, j'ai le temps de reconnaître la femme superbe qui accompagnait Aldarik chez le Jarl. Puis une nuée de corbeaux venue de nulle part agace le monstre de mille coups de bec.

Une main impérieuse me happe et m'entraîne vers la grève, comme l'intime aux derniers fuyards, une inconnue à la chevelure d'or. Je cours derrière Thorolf, pour contourner une autre contre-mesure divine : un mur de glace qui protège notre fuite !
De nombreux rescapés errent désormais sur la plage à la recherche des leurs. Les incendies qui dévoraient le port et ses alentours ont été étouffés par les vagues qui s'engouffrent dans notre village à la chasse de la moindre flamme. Le Dieu des Océans a aussi entendu notre appel ! C'est une merveilleuse sensation de réaliser qu'Ils ont entendu nos prières. Et si jusqu'à présent le doute planait encore dans mon esprit éduqué par l'Église latine, les admirer ainsi en action, est une source de foi incommensurable, de courage, d'exemple pour la faible thraell que je suis ! Épuisée, je lève les yeux vers le ciel et remercie les Dieux avec ferveur.


When I say I love you, please believe it's true. When I say forever, know I'll never leave you. When I say goodbye, promise me you won't cry, Because the day I'll be saying that will be the day I die.

Merci Thor ! keur
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« La colère vide l'âme de toutes ses ressources, de sorte qu'au fond paraît la lumière. »



MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Sam 23 Mai - 16:59

I
l aurait été vain d'arguer contre la contre-offensive d'Egil, en particulier pour lui faire remarquer l'ineptie d'une logique qui allait à l'encontre de tout principe viking – et en terme de félonie et d'abjection, il savait parfaitement de quoi il parlait. Non, il y avait bien plus substantiel à résoudre, et il semblait que les meurtris ne cessaient de croître, au diapason putrescent du nombre de trépassés. Nonobstant les nouvelles consignes glapies dans tous les coins, le chaos ceignait encore les cœurs et le communautarisme de la foule. L'on cherchait à survivre, un réflexe de l'essence qui dévoilait le véritable faciès de certains que l'on pensait affables et gondolés d'abnégation pour leur prochain. Qu'elle était laide, la véracité de l'âme, et il fallait cette déconvenue cauchemardesque pour que ces sots en prennent conscience, quand bien même auraient-ils vite omis les détails de ce contexte une fois qu'ils auraient le loisir de faire doléance quant à leur sort.
Soudain, alors qu'il s'assurait que la diligence des infortunés ne rime pas avec débandade, il fut comme tout à chacun surpris par l'éclair qui déchira le firmament jusque dans ses viscères, puis aperçut, au loin, le pourprin régalien du nouveau monarque de l'Arbre-Monde. Thor en personne ? S'il en resta perclus, il fut d'autant plus sidéré au gré des arrivées divines – celle d'une déesse ignée qu'il ne sut malheureusement reconnaître, celle d'une dryade talonnées par une nuée de freux, Mère Nature, probablement, celle de l'Océan personnifié, et il ne put s'empêcher de contempler Aegir. Les dieux étaient parmi eux, une fois encore, et bien malgré sa quintessence viciée, Arnorr se sentit indiciblement dérisoire dans sa condition d'éphémère. Puis, des remparts de givre, et il sut que son prince n'était pas loin non plus. S'il le chercha un instant du regard, force fut de constater qu'il ne pouvait demeurer ankylosé de la sorte plus longtemps, lui aussi devait se nicher à l'abri avant d'y laisser plus qu'un bras.

« Divines incarnations d'Yggdrasil, soyez bénies... » S'étonna t-il à susurrer, heureux qu'ils ne les aient point abandonnés entre le brasier et les crocs du dragon. Tout à coup, l'ombre d'un lupin luciférien fendit la horde d'ouailles effarouchées, pour mieux se jeter sur le Tonnerre. Et face à pareil assaut, l'Ormfrid ne se fit guère prier pour s'esbigner le plus loin possible – du moins, en eut-il la volonté, avant d'ouïr son nom bramé par un homologue. « Arn', viens filer un coup de main tu veux !! » Il fit volte-face pour apercevoir deux quidams s'esquinter sur l'huis visiblement bloqué de l'intérieur d'un logis en flammes, depuis lequel s'élevaient les hurlements stridents d'une femme et de son enfant prisonniers. Le pisteur les rejoignit et, tous trois de concert, ils tentèrent d'enfoncer la porte sans que leur force commune n'y fasse quoi que ce soit, et ils finiraient eux aussi par y laisser la vie s'ils poursuivaient ainsi. Alors, le jeune homme eut la hardiesse de s'adresser directement à leurs protecteurs immortels situés plus ou moins à proximité. « LA, PAR ICI ! Ils vont brûler vifs, on a besoin d'aide ! » Qu'importait celui ou celle qui répondrait présent, plus vite auraient-ils une intervention, plus vite pourraient-ils se mettre en sécurité.



җ җ җ җ җ җ җ җ җ җ
« J'ai ce besoin de détruire ce qui m’entoure. Ce n'est pas parce que c'est plus facile que de construire, non, car en vérité, construire n'est pas bien ardu non plus. C'est d'entretenir qui est complexe, et totalement impossible quand on voit les choses en grand. Alors je détruis sans vergogne. Je sabote les fondations même, afin que celles-ci s'effondrent et que de ces amas ne puisse rien ressurgir. Je ne suis qu'un saboteur, et c'est la seule chose que je sais faire sans erreur. »
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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Sam 23 Mai - 22:39


Il avait donné quelques informations et observé les rares guerriers tenter – en vain – de s’en prendre au dragon. Et maintenant ? Thorolf était parti en quête de sa promise, de nombreuses personnes fuyaient vers la plage, guidée par quelques nordiques essayant de prendre en main l’évacuation. Et au milieu de tout ce chaos, Njall demeurait là, son épée se balançant pathétiquement dans sa main, son bouclier priant pour ne pas recevoir le moindre coup supplémentaire. L’érudit fixait la créature, fouillant du regard, analysant, comme toujours. Un moyen, il devait y avoir un moyen. Bloquer les pattes, peut-être. Non, ils étaient trop peu nombreux, et avec les ailes… Se faufiler jusqu’au ventre ? Du suicide, pur et simple. Puis l’orage vint troubler ses pensées, et la solution vint des cieux. Un spectacle des plus extraordinaires s’abattit sur Tromsø, un spectacle ayant déjà eu lieu lors de l’attaque des Jotuns, un spectacle que Njall voyait pour la première fois.

Ce fut d’abord le maître de Mjöllnir et nouveau seigneur d’Asgard qui apparut, s’interposant devant le dragon. Il cru reconnaître dans la demoiselle incandescente l’inconnue aperçue lors de la grande célébration dédiée à Thor. Etait-elle… Sól ? Le soleil incarné descendu sur Terre ? Puis vinrent d’autres protagonistes : les vagues d’Aegir venant protéger le village du brasier, des nuées de corbeaux venant harceler le dragon, un mur de glace séparant les mortels du conflit… Et un nouveau prédateur cauchemardesque bien décidé à prendre Thor à partie. Njall le reconnu, d’après tout ce qu’il savait… Mais la réalité dépassait de loin l’imagination. Le Ragnarok avait-il commencé ? On aurait pu le croire. Sköll pourchassant le soleil jusqu’en Midgard, les Dieux venant se battre parmi eux, le dragon déchainé… Comment en étaient-ils arrivés là ?

« Nous avons été entendus... » murmura-t-il à l’attention des divins, tout en observant les combats faire fureur, à un niveau bien au-delà de ce que des humains pouvaient accomplir. « Merci de nous avoir répondu. »

Autour, tous les habitants fuyaient les après les autres, se mettant à l’abri de la bataille. Lui aussi devrait s’enfuir. Lui aussi devrait chercher un abri. Et pourtant, Njall demeura ici, marchant avec lenteur, comme dans un rêve, tandis qu’une ancienne lueur enflamma de nouveau son regard. La prudence du repli vers la sûreté ? L’abnégation par le sauvetage de compatriotes piégés ? Tout cela n’avait aucune importance pour lui à présent. L’érudit se mit soudain à courir vers l’Est, s’éloignant quelque peu des combats mais ne cherchant nullement à suivre les autres : contourner le mur de glace était son idée fixe.

Il parvint finalement à contourner l’obstacle et, bien qu’à l’écart, demeura ainsi dans la zone des combats. Un amas de ruines éteintes par les vagues fut choisi comme promontoire sur lequel le nordique s’accroupit, l’épée pointe à terre comme appui, le bouclier reposant sagement contre son bras. Certains fuyaient. Certains aidaient. Et à côté, les dieux se battaient contre deux créatures mythiques. Et l’érudit souriait, les yeux écarquillés et brillants, ne perdant pas une miette du spectacle. Les assauts, la magie, la fureur, les chocs… Rien n’échappait à son regard, rien ne passait au travers de son analyse, sa mémoire gravant au fer rouge chaque détail. Il ne fallait pas manquer cela. Il fallait être au plus proche de la bataille. Risquer sa vie, être pris entre deux feux ? Peut-être. Mais comment pouvait-il ignorer l’obscurité rongeant ses entrailles, cette curiosité piétinant son instinct de survie, ne désirant que voir, découvrir, comprendre ?

L’érudit demeura ainsi sur son petit promontoire. Peu importe la folie dont on pourrait l’accuser, il ne manquerait rien de ce moment.

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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Dim 24 Mai - 14:28



Ma foi, l'aide d'Elfi s'avère appréciable pour délivrer ma crevette de cette gangue d'éboulis qui l'oppresse et la retient prisonnière. Drôle de donzelle, cette rouquine. J'ai d'abord cru qu'elle ne nous accorderait pas le coup de main espéré. A son premier passage, en effet, elle était vraiment furibarde, nous accusant carrément d'être les responsables des ravages causés par le dragon, en raison de notre récente intrusion dans son repaire. A la réflexion, elle n'a peut-être pas tort, les faits semblent même lui donner raison, mais comment aurions-nous pu imaginer un seul instant que cette maudite bestiole soit dotée d'une telle capacité de raisonnement, de réplique et de haine ? Mais soit, Elfi revient à de meilleurs sentiments, et nous avons tôt fait de dégager le tronc et les gambettes de ma libellule.

Autour de nous, le spectacle a changé d'âme. Ces roulements de tonnerre fusant dans les cieux noirs annonçaient bel et bien l'arrivée imminente des secours divins tant sollicités par nos prières. Et cette aide providentielle est bougrement extraordinaire et prestigieuse. Nos déités n'ont pas envoyé les plus discrètes d'entre elles. Pas de sous-fifres. C'est le nouveau roi en personne qui dirige la horde céleste. Ils ont pris l'adversaire au sérieux. De là-haut, sans doute ont-ils pu se rendre compte de l'ampleur des dégâts et de la férocité de notre agresseur ailé.

Ces renforts inappréciables changent la donne. Les forces se rééquilibrent. L'espoir rejaillit comme une source vive. Nos modestes moyens s'avéraient bien trop dérisoires pour espérer triompher de ce prédateur. Notre rôle, dorénavant, va changer du tout au tout. C'est du moins ainsi que je conçois la suite des événements : la légion divine va se confectionner de jolis colliers d'écailles de dragon, la méprisable dépouille du gros lézard pourrira au fond du fjord le plus proche, et les plus vaillants des mortels vont secourir ceux qui le sont un peu moins.
- Oui, mon ange, nous sommes sauvés. Nos dieux sont invincibles ! ... ajoutai-je, d'une voix assurée, à l'intention de Livia, béate d'admiration, tout comme moi d'ailleurs, devant ce déploiement somptueux.

Me serais-je montré trop optimiste ? Assurément, car une effroyable apparition se met aussitôt à ébranler mes certitudes les plus inconditionnelles. Sköll ! Le loup géant à la mâchoire béante. Voilà un retournement de situation inattendu. Un second monstre entre en scène et démontre illico sa toute-puissance en envoyant valdinguer le Dieu du Tonnerre dans le magma pestilentiel qui a colonisé la ville. Fichtre ! Quelle impétuosité ! Thor se relèvera t-il intact d'une telle culbute ? La guerre est partout, à présent. Les autres divinités semblent concentrer leurs forces sur le dragon et utilisent armes et pouvoirs les plus étonnants, les plus hétéroclites. Le sort de tout un peuple est entre leurs mains. Notre présence ne modifiera en rien la tournure des événements.

Filons à la plage puisque ce sont les consignes ! Ici, de toute manière, nous ne servons plus à rien ! ... décrétai-je alors.

Je m'empare vivement de la main de Livia, adresse un signe de tête à l'intention d'Elfi, et je me mets à galoper vers la grève. Un mur de glace a surgi du néant pour nous protéger de la frénésie des combats. Nous le contournons à toute allure. A l'arrière de cette paroi salvatrice, la mer, étonnamment, paraît s'ingénier à maîtriser les flammes qui dansent sur le rivage et à nettoyer les séquelles du désordre. Nous nous immisçons entre les remparts de houle qu'Aegir, le maître des Océans, est occupé à dresser pour notre sauvegarde. Le Dieu des Mers s'approche alors du loup géant et de Thor. Le combat va reprendre incessamment. Blottis l'un contre l'autre, Liv et moi nous ne perdons pas une miette de ce qui se prépare.



When I say I love you, please believe it's true. When I say forever, know I'll never leave you. When I say goodbye, promise me you won't cry, Because the day I'll be saying that will be the day I die.

Merci Thor ! keur
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ϟ HUMEUR : Un brin traumatisée.



« Having a soft heart in a cruel world is courage, not weakness. »



« She wasnt exactly sure when it happened. Or even when it started. All she knew for sure was that right here and now, she was falling hard and she could only pray that he was feeling the same way. »





MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Lun 25 Mai - 4:39

Firestorm
SUJET COMMUN

Se focaliser sur la douleur, c'était le moyen le plus sûr de terminer parmi la pile de cadavres qui jonchaient les rues de Tromsø. Et cela, Brynja ne pouvait se le permettre, pas alors qu'elle avait la vie d'une petite fille entre les mains. Les pleurs de Sunniva étaient presque plus troublants que la colère du reptile incendiaire, l'enfant s'accrochait aux épaules de la jeune femme au point que celle-ci sentait ses ongles lui mordre la peau ; elle aurait cependant été bien en peine de le lui reprocher, si elle était encore debout, c'était bien simplement parce que la crainte d'avoir une mort sur la conscience était plus forte que celle d'être rôtie par les flammes du dragon. Le cœur de Brynja manqua une paire de battements lorsque la voix de Tora s'éleva tout près d'elle, faisant volte-face elle découvrit son amie, la völva les ayant rejointes à ses risques et périls. L'ombre d'un sourire éclaira les traits paniqués de la jeune femme, avant qu'elle ne s'élance en direction de la plage comme Arnórr l'ordonnait, talonnée de près par Tora. En cet instant précis, peu importaient les griefs de la jeune femme à l'encontre de l'ancien thraell, inutile de perdre de précieuses secondes en réflexion insensée. Tout comme Sunniva dans ses bras, Brynja sursauta lorsque le tonnerre gronda brusquement et furieusement. Instinctivement, la jeune muette stoppa sa course et leva les yeux vers le ciel noirci par les fumées et les nues qui s'étaient amoncelés au dessus du village ; pria Thor de laisser sa pluie éteindre les brasiers que le dragon avait allumé un peu partout dans Tromsø. Elle battit des paupières, incrédule, lorsque les premières gouttes atterrirent sur ses joues écorchées. Leurs prières avaient-elles finalement été entendues... ? Quoiqu'elle accueille la pluie comme une véritable aubaine, elle se remet bientôt en chemin, serrant fermement Sunniva contre elle. Horrifiée par la vue du dragon alors qu'elle débouchait dans l'artère principale du village, elle faillit faire demi-tour pour emprunter une autre allée, lorsqu'elle fut littéralement clouée sur place lorsque ce qui ressemblait fort à deux météores s'écrasèrent entre la bête et les hommes qui lui faisaient face. Comme beaucoup des siens, Brynja resta pétrifiée, stupéfaite, lorsque deux silhouettes s'élevèrent contre le dragon. Le sang termina de quitter son visage lorsqu'une voix autoritaire résonna dans Tromsø – celle du Tonnerre en personne. Un instant, elle crut reconnaître une tonalité qui lui était familière, avant qu'elle ne chasse cette pensée idiote aussi vite qu'elle lui était venue. Elle se serait volontiers inclinée face au seigneur d'Yggdrasil et sa compagne de flammes, mais l'heure n'était pas aux courbettes et à la déférence. Faisant signe à Tora de la suivre, elle disparut dans la venelle voisine, laquelle était déjà empruntée par de nombreux villageois pour rejoindre les ruines du port et la plage. Après avoir goûté à la morsure des flammes, les villageois étaient à présent trempés jusqu'aux os, un changement qui n'était pas pour déplaire à Brynja, aussi radical soit-il. Tout ira bien, ne cessait-elle de se dire, caressant doucement les boucles blondes d'une Sunniva qui semblait s'être tranquillisée ; à moins qu'elle ne soit trop paralysée par la peur pour laisser échapper le moindre son. Tout ira bien... Trop tard. Elle entend bien trop tard le craquement du bois qui n'a pas supporté les flammes du dragon associées à la pluie du Tonnerre. Elle n'a pas le temps de fuir, pas le temps de faire autre chose que se recroqueviller autour du petit corps fragile de Sunniva, avant qu'elle, l'enfant et Tora ne soient ensevelies sous un amas de bois et de pierres. Trop tard. Brynja n'a pas le luxe de perdre connaissance alors qu'une infinité de débris la heurte, rudoyant son corps avant que tout ne s'immobilise brutalement. Coincées sous un pan de mur et une poutre brisée, la jeune femme peut à peine bouger. Repliée sous elle, Sunniva tremble de tous ses membres, son joli minois écorché et sali de poussière et de cendres. Elle est vivante. Que les dieux soient louées. Tora... ? Impossible d'en avoir la moindre idée, elle ne la voit pas. La douleur intolérable qui lancine tout à coup son flanc gauche l'empêche de songer davantage à son amie et lui coupe le souffle. Quelque chose ne va pas. Quelque chose est cassé – ses os ? Horrifiée à l'idée que nul n'ait conscience qu'elles sont là, toutes les trois, piégées sous des décombres, Brynja s'agite en tous sens, du mieux qu'elle le peut, elle veut se dégager, les dégager, sans aucun succès. Il faut qu'elle se fasse entendre ; elle n'a pas le choix si elle veut avoir une chance de s'en sortir. Son instinct lui souffle de hurler ; alors elle hurle. Sans même avoir conscience que c'est le premier son qui lui échappe après près de quinze années de silence ; pour la première fois, l'instinct de survie est plus fort que la tragédie qui lui serrait la gorge jusque là.

FICHE PAR ROMANOVA.


Spoiler:
 


nothing haunts us like the things we don’t say

You never know what goes on in the mind of a silent person.
They might have a storm brewing in their mind and we would never know.
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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Mar 26 Mai - 0:05

Le village était devenu un charnier putride, l'air y devenait irrespirable. Seuls les hurlements terrifiés des fuyards pouvaient concurrencer ceux lancés par la bête qui les prenait pour cible. Les jets de flammes assassins se faisaient plus terribles à chaque assaut et Hagen assistait impuissant à la destruction de son bien le plus précieux. Tromsø. Les valeureux guerriers venus l'épauler étaient plus nombreux et déterminés qu'il ne l'aurait pensé en premier lieu. Mais ils ne faisaient pas le poids face à ce monstre qui pouvait réduire le village à néant d'une simple gerbe incandescente. Ses élans destructeurs ne semblaient trouver aucune fin, Hagen le comprit tristement lorsque le dragon lâcha sur la foule deux énormes drakkars embrasés qui terminèrent leur chute au beau milieu de la place. Aucun espoir n'était permis pour les malheureux qui s'étaient retrouvés prisonniers de l'assaut, écrasés par le poids des navires, carbonisés par la puissance des flammes. Un hurlement à la fois jouissif et animal s'élève alors de la gorge du monstre reptilien qui s'écrase avec fracas non loin des débris incandescents. Non loin de Hagen qui se retrouve pétrifié par le spectacle. La bête, il avait pu la contempler plus de fois qu'il ne l'aurait souhaité. Mais jamais d'aussi près. La scène était aussi fascinante que terrifiante. Sa silhouette massive était plus impressionnante encore et son pas lourd faisait trembler la terre. Il étira le cou avant de plonger vers un groupe de vikings qu'il croqua sans aucun scrupule. Le Jarl retint un haut le cœur avant que la stupéfaction ne lui coupe définitivement le souffle. Le monstre parlait leur langue. A moins que ce ne soit lui qui se révèle capable de comprendre la langue du reptile. Il était incapable de réfléchir à la question et n'en avait guère le temps. Déjà le dragon s'élança vers lui sans crier gare, ses babines retroussées sur ses crocs accérés. Hagen lui échappa de peu, esquivant l'assaut meurtrier par une formidable roulade. Il termina cependant sa course dans le décor, s'écorchant une partie de la cuisse contre les reste d'une masure consumée par les flammes. Sonné, il ne tarda cependant pas à se relever, conscient que la moindre seconde d'inatention pouvait désormais lui coûter la vie. La bête était intelligente, plus qu'il ne l'aurait cru et avait visiblement décidé de prendre prioritairement en chasse ceux qu'elle avait croisé en forêt ou qui avait profané son antre. La partie s'avérait plus compliquée à chaque instant et malgré toute la bonne volonté de la grande partie des guerriers celle-ci semblait perdue d'avance. Pourtant Hagen refusait de fuir, il refusait d'admettre l'inévitable. Tromsø était perdue et lui avec. Soudain, il remarqua un homme plus téméraire et fou que n'importe lequel de ces hommes. Avant qu'il n'ait pu l'arrêter son frère s'élança vers le monstre, lance en avant. « Klaus, reviens espèce de fou ! » Mais son cri se perdit dans l'air, masqué par les hurlements gutturaux de la bête que son frère était partie empaler. Transpercer la cuirasse écaillée relevait du miracle et Hagen comprit tristement que Klaus courait à sa perte. Se refusant de l'abandonner à un si funeste sort, il se préparait déjà à le poursuivre quand l'obscurité totale l'arrêta dans son geste. Le Soleil avait quitté prématurément la partie. La Diligente les avait abandonnés. A moins que...ce ne soit le contraire... Car tandis que l'Astre lumineux disparaissait c'était bientôt le Tonnerre qui se faisait entendre. Les dieux avaient entendu leurs prières. Mais le dragon semblait bien trop occupé pour relever la présence divine. Soudain il recule, assommé par un objet dont il est difficile de définir l'origine avant qu'une silhouette drapée d'écarlate ne s'interpose aussitôt entre le monstre et ses proies mortelles. Accompagnée bientôt par la celle incandescente de Sol. Le cœur meurtri du Jarl retrouva sa hardiesse légendaire lorsqu'il aperçut les deux divinités venues les sauver.

Dans un élan de courage nouvellement retrouvé il s'élança vers le Haut-Roi d'Yggdrasil, faisant fi du précieux anonymat de leur amitié. Les siens étaient bien trop occupés à échapper au dragon pour remarquer leur Jarl invectiver le plus puissant des dieux avec une stupéfiante proximité. Hagen n'était plus qu'à quelques mètres du Tonnerre et de la Torche dont il pouvait plus aisément apercevoir les traits. Il se retrouva cloué sur place durant un bref instant lorsqu'il reconnut l'étrange jeune femme venue à la rencontre d'Aldarik lors du dernier banquet. S'ils sortaient tous vivants de cet enfer, son ami aurait quelques explications à lui apporter. Sa stupeur ne dura que quelques secondes à peine, suffisamment pour le stopper dans sa course folle et lui sauver la vie par la même occasion. Car la silhouette massive de Thor venait d'être emportée par un loup monstrueux qui ne pouvait être que le bourreau de la belle Sol. Si Hagen était parvenu à hauteur de son ami, nul doute qu'il aurait certainement péri. Bientôt un rempart s'interposa bientôt entre le dragon et les mortels mais la menace du loup n'était pas encore écartée. Les créatures malfaisantes envahissaient le village et le chef mortel craignait que les divinités ne puissent arriver à bout de celles-ci si elles venaient plus nombreuses encore. Toujours pris dans cette douce folie de terreur et de témérité, il était prêt à leur prêter main forte, prêt à protéger son village de ces puissances maléfiques. Thor était encore à la merci du gigantesque loup et Hagen fit donc de Sköll sa cible prioritaire. S'emparant d'une épée qui avait été abandonnée il s'élança vers la bête avant d'envoyer l'arme dans sa direction. La lame atterri sur le dos de l'animal qui émit un grondement agacé. Le Jarl se sentit ridicule, prenant conscience qu'on pouvait difficilement venir à bout du cuir de la bête avec une simple arme mortelle. Sköll lança un regard presque moqueur en direction du jeune homme, révélant en un sourire mauvais les crocs immenses qui ornaient sa gueule. Un amuse-gueule avant le festin divin qu'il comptait faire. Complètement désarmé, Hagen se retrancha à proximité d'une bâtisse sans reculer pour autant. Son salut lui vint de la Mer puisqu'avant même que le loup ne quitte Thor il fit un mouvement de recul, blessé au coup par une flèche lancé par l'Océan Personnifié. Combien de divinités viendraient ainsi à leur secours ? songea le Jarl avec une certaine émotion. Il se sentait bien petit face eux, il n'était rien, rien qu'un éphémère qui périrait tôt ou tard pour retrouver la grandeur du Valhalla. Sa dévotion lui soufflait de laisser les dieux entre eux, de ne point se mêler à eux, que ce n'était pas sa place. Et pourtant il se refusait d'abandonner Thor aux crocs de Sköll. Divins ou non, Hagen n'avait jamais laissé ses amis en arrière, le Tonnerre ne ferait pas exception à la règle. « Thor, tout va bien ? » lui lança-t-il alors tandis qu'il venait à sa rencontre, armée d'une hache qu'il venait de ramasser.

Avant de s'élancer vers le Tonnerre, l'Océan et le loup monstrueux qu'il lui faudrait bientôt affronter, Hagen fit un rapide tour sur lui-même pour regarder une dernière fois ce village qui avait été le sien pendant plus de trois décennies. Il n'était pas dupe, il savait que ce combat serait probablement son ultime fait d'armes. Il se sacrifiait pour Tromsø, pour Yggdrasil aussi, refusant d'abandonner son Haut-Roi à un funeste sort. Il ne réchapperait probablement pas de cet assaut et voulait poser les yeux une dernière fois sur Tromsø avant de s'éteindre, du moins sur ce qu'il en restait. Et le spectacle auquel il assista lui glaça le sang à tel point qu'il en oublia totalement le sacrifice qu'il s'apprêtait à faire. Elle était loin, à l'autre bout du village, inaccessible mais il avait reconnu sa silhouette dès qu'il posa les yeux sur elle. Avant qu'elle ne disparaisse sous des tonnes de gravats. Son souffle s'arrêta et ses jambes se dérobèrent sous lui. « NON ! » hurla-t-il alors, parfaitement impuissant tandis qu'il s'élança vers la masure qui venait de s'effondrer sur celle qui devait prochainement devenir sienne. La terre, humidifiée par la pluie apportée par le Tonnerre, glissait sous ses pas, le faisant trébucher à plusieurs reprises. Il n'y accordait aucune importance, se relevant aussitôt couvert de boue et d'écorchures, courant à perdre haleine, bousculant les traînards qui fuyaient vers la plage ou les valeureux guerriers qui espéraient encore atteindre le dragon. Elle était encore loin, si loin, d'autres l'atteindrait sûrement avant lui. D'autres sortiraient son corps des débris. Dans quel état la découvrirait-il ? Il n'osait l'imaginer au risque de rendre gorge. Bientôt un hurlement déchirant s'éleva dans l'air putride. Un hurlement qui lui glaça le sang dont il ne connaissait pas l'origine. Pourtant au fond de lui, une petite voix semblait connaître la réponse. « BRYNJA ! » lança-t-il en écho, le souffle court tandis qu'il approchait du lieu de la catastrophe. Par tous les dieux, faites qu'il ne soit pas trop tard, supplia-t-il, le cœur au bord des lèvres.

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rom the lands of the Norsemen comes freedom, freedom comes from death on the battlefield. Then go to Valhalla, where Odin has wisdom. We died when a sword crashed onto shield. Don’t be sad ‘cause this is what we long for, this is how we must end our long voyage. To pay tribute to them we give a roar, the reason why, this is our heritage. Just remember, trust in the gods, they're strong. Valhalla is where we all must belong.
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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Mer 27 Mai - 11:10

Le feu ravage, les bannières s’étiolent et les cris demeurent. Malmenée par la tempête chaotique qui s’abat autour d’eux, Jörd ne sait plus vers qui se tourner. Son fils vient de se faire charger par Sköll mais bien d’autres ont besoin de son aide. Tous les mortels qui sont en proie à la panique, vulnérables créatures talonnés par les flammes - ce sont eux qu’elle doit protéger. La belle incline le chef vers le massif dragon pris par les glaces. Loki, cela fait une éternité qu’elle ne l’a pas vu mais est rassurée de pouvoir le compter dans les divinités qui mettront à mal l’ennemi. Lorsque les vagues d’Aegir viennent à lécher les demeures embrasées près de la côte et que sa silhouette se détache dans l’épaisse fumée noire, Jörd sait que ce combat ne sera pas vain. La Terre darde un regard en direction de son fils, s’assurant qu’il n’est plus à portée du courroux de Sköll, loup de ténèbres, fruit de l’indomptable. Elle distingue dès lors un mortel s’approcher du Tonnerre pour s’enquérir de son état, une préoccupation louable qui aurait pu arracher une risette à la belle si elle n’était pas si préoccupée par les lamentations autour d’elle. Elle s’avance, s’attarde pour tâter le pouls de quelques corps froids, déglutit en constatant le nombre de cadavres qui s’agglutinent. L’odeur de chair calcinée est insoutenable et la chaleur exhale un souffle putride malgré la pluie qui s’abat du ciel pour étouffer l’incendie. Jörd entend un cri se détacher un peu plus loin - peu certaine, elle cherche des yeux et perçoit le mortel s’étant tenu près de Thor s’élancer en direction d’une habituation en ruines. La déesse suit ses foulées jusqu’à distinguer un corps avachi sous les décombres. Quelqu’un de cher aux yeux de l’homme à entendre la détresse qui module sa voix. Lorsqu’elle arrive à proximité, Jörd signifie sa présence au viking en étreignant brièvement son épaule. Elle s’accroupit et s’axe pour avoir vue sur la jeune femme qui a hurlé avant d’être ensevelie. Elle semble sonnée mais vivante. « On est là ! Brynja c'est ça ? Tout va bien se passer, on va vous sortir de là. » Comment savoir si les personnes enfouies là-dessous n’ont pas été sévèrement touché. Jörd craint de les blesser davantage en manipulant le sol. Elle sent alors quelque chose danser sur son épaule. Le petit Nisse perché vient lui chatouiller le cou pour lui indiquer sa présence, fidèle créature qui n’est jamais loin d’elle et qui n’a pas pris ombrage face aux récents évènements. Jörd tend le bras et le Nisse galope jusqu’au sol pour s’immiscer entre les débris et repérer l’emplacement des captives. La Terre s’agenouille, une main plaquée contre le sol tandis que ses yeux restent fixés sur le visage de Brynja qu’elle entrevoit entre les ruines. « Je vais y aller doucement pour ne pas vous blesser. » Lentement, surgit des décombres un tronc noueux et épais qui serpente pour repousser sur le côté pierres et bois qui entravent la jeune femme et l’enfant qu’elle protège. Un cocon de branchages et de terre vient même à entourer les trois corps pour éviter de les blesser davantage durant l’extraction. Le visage marqué par l’effort, Jörd incline la tête en direction d’Hagen. « Voyez si vous pouvez les atteindre pendant que je retiens les débris. »


Par un soir ténébreux de l'arrière-saison. Dans un coup de rafale une graine emportée, tombant contre les murs d'une haute prison, entre de vieux pavés mal joints s'est arrêtée. Alors, comme sortant d'un funèbre sommeil, Elle émerge à grand'peine et s'exhausse de terre, et d'un suprême effort aspirant au soleil elle frémit d'espoir, la pauvre solitaire.
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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Mer 27 Mai - 18:29





Firestorm





Je fonce jusqu’à Brynja et Sunniva. Je fonce jusqu’à elles. Je n’ai sans doute jamais couru aussi vite mais l’envie de les retrouver et les emmener en sécurité avec moi est trop forte. J’entends bien des voix me crier que ce n’est pas le bon sens, qu’il ne faut pas aller par là mais je les ignore : plus rien d’autre ne compte en dehors de Brynja et Sunniva. Quand j’arrive enfin à leur hauteur, j’observe Brynja qui est blessée puis porte mon attention sur Sunniva qui heureusement est saine et sauve. J’adresse un sourire encourageant à mon amie, à ma sœur de cœur et elle me le rend, malgré la panique qui nous étreint le cœur. Puis, c’est ensemble que nous nous élançons toutes les trois vers la plage, comme on nous a intimé de le faire. Il est temps de se mettre à l’abri oui, plus que temps même. Alors que nous menons une course effrénée, le tonnerre gronde soudain, me faisant sursauter et je lève alors le regard vers le ciel et c’est là que la pluie se met à tomber. Je passe ma main sur ma joue, là où une goutte vient de tomber de me faire frissonner. L’ombre d’un sourire naît sur mes lèvres : nous auraient-ils entendus, écoutés et exaucés ? Nous reprenons la route toutes les trois et mon cœur se met soudain à battre plus vite, de terreur, quand je m’aperçois que le chemin emprunté nous a mené tout droit vers le danger au lieu de nous emmener en lieu sûr : nous nous sommes rapprochés de la bataille. De la bataille oui car nous ne sommes plus seuls et cette fois-ci, c’est un vrai sourire qui étire mes lèvres bien que mon visage soit tordu par des larmes mais ce sont des larmes soulagement qui perlent à présent sur mes joues : Ils sont là. Les Dieux sont là. Ils ne nous ont pas abandonnés.

« Merci… » je murmure tout bas en portant la main à mon cœur.

Ils vont les sauver.

Un signe de Brynja et je me détourne de ma contemplation pour la suivre comme elle me l’intime : oui, il faut partir, c’est trop dangereux. Je hoche la tête, essuie mes larmes et suit donc Brynja qui tient toujours fermement Sunniva. Durant notre course, et bien que nous soyons à présent trempées jusqu’aux os, une douce chaleur envahit progressivement mon cœur quand je repense à ceux qui j’ai laissé derrière moi, quand je repense à ceux qui nous ont entendus et qui sont venus nous apporter leur aide. Nous ne sommes plus seuls et cette simple pensée suffit à me faire beaucoup de bien. C’est un bruit sourd, soudain et effrayant qui me sort de mes pensées et j’ai à peine le temps de lever les yeux que je vois le bois s’effondrer. Je tourne le visage pour voir Brynja et Sunniva disparaître sous le bois avant que ce ne soit mon tour.

Puis le néant.

C’est un hurlement qui me réveille. Un hurlement strident. Une voix que je ne connais pas mais qui est pourtant proche, très proche. Brynja ? J’ouvre la bouche mais ce n’est pas un son qui s’échappe de mes lèvres mais du sang. Je tousse, crache. Je parviens à soulever ma main pour venir essuyer le coin de mes lèvres et c’est à ce moment-là que je sens pour la première fois la douleur qui me compresse la poitrine. Chaque respiration me fait un mal de chien et un étrange sifflement s’échappe de mes lèvres. Si encore je n’avais mal que là mais je sens autre chose, une douleur à la jambe droite. Si je pouvais, je me redresserais pour essayer de voir l’étendue des dégâts mais je m’aperçois bien vite que je ne peux pas bouger : je suis bloquée. Mon œil droit est bientôt voilé par du sang et je comprends alors que je dois sans doute être blessée à la tête même si à cet endroit-là la douleur est moindre comparé au reste. Le pire reste la douleur à ma poitrine, à chaque fois que je respire. Incapable de crier donc mais bientôt, alors que le hurlement de Brynja cesse, des voix me parviennent. Je ferme les yeux et serre les poings.

« Je vous en prie… » je dis, tout bas, dans un murmure. « Sauvez-les… »

Parce que moi, je me fiche de mourir mais il faut qu’ils sauvent Brynja et Sunniva. Elles doivent s’en sortir. Bientôt je sens quelque chose autour de moi alors j’ouvre les yeux, me tord un peu le cou pour regarder et je m’aperçois que de la terre et des branchages m’entourent. La Terre. Elle est là, Elle va nous aider, nous sauver. Non. Pas moi.

« Elles d’abord… ELLES D’ABORD ! » je me mets soudain à hurler bien que ce hurlement m’arrache des larmes de douleur tant cet effort me fait mal à la poitrine.

Je ne veux pas être sauvée avant les autres. Il ne faut pas.


© charney



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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Mer 27 Mai - 21:22

Il n'abandonnerai pas la lutte. Aveuglé par son désir d'arrêter la bête, faisant fie de sa propre sécurité, mais surtout de l'avertissement de son frère qui l'intimait de retenir sa charge, le colosse s'était élancé. Il n'avait guère remarqué le changement climatique, la pluie et le tonnerre annonçant l'arrivé du protecteur de Midgard, Thor. N'eut été l'arrivée du dieux peut-être ne serait-il pas là en ce moment.

En effet, sa charge avait bel et bien donnée contre le cuir du poitrail de la bête. Malheureusement, la lance s'était rompu sous l'impact ne lui infligeant qu'une légère écorchure, mais attirant son courroux. C'est alors qu'elle dirigeait son attention vers le guerrier, prête à souffler la mort qu'elle fût frappé. L’instinct de survie reprit le dessus et Klaus effectua un pas de côté tandis que le reptile payait le prix fort face au seigneur de la foudre. Les dieux avaient répondu à l'appel des siens. Oui, des siens, car le frère du Jarl avait été trop occupé à rallier les guerriers et secourir ceux qu'ils pouvaient, tout en progressant vers le centre du village, afin de repousser la bête. Il n'avait guère prié, mais désormais remerciais la présence divine.

Les réjouissances procuré par l'arrivée de Thor furent toutefois de courte durée, car une autre bête aussi terrible, sinon plus que le dragon décida de se joindre au champs de ruine qu'était devenu Tromsø. Comme si le charnier n'était pas suffisamment dangereux comme cela. L'énorme et sombre loup s'attaqua directement à l'Asgardien, attirant par le fait même l'attention du frère de Klaus, Hagen. Ce dernier se rua à la défense de sa divinité fétiche. C'est à ce moment précis que les autres dieux entrèrent en jeu. Ce fût d'abord une brillante déesse, une boule de feu imposante, faisant reculer à nouveau le dragon. Elle intima aux survivants de rebrousser chemin, de fuir. Une nouvelle déesse apparut ensuite, les sommant de fuir vers la plage après avoir envoyé une nuée de Corbeaux en direction du reptile géant. Assistant passif de cette démonstration de force des divins, le guerrier se tourna vers les survivants situés près de lui.


-Écoutez-les, fuyez vers la plage!

Alors même qu'il allait lui aussi obtempérer à la demande divine, il fût stopper dans sa progression par l'apparition d'un immense mur de glace. Le mur empêchait le remplit du guerrier, mais protégeait aussi ceux qui se trouvaient de l'autre côté. La glace. Mauvais souvenir provenant de la bataille contre les Jotüns. La brute se retourna pour apercevoir l'origine de cette apparition, rassuré de ne pas apercevoir de géant, mais bien un divin.

Klaus, bien que du mauvais côté du mur de protection, ne pu s'empêcher de le remercier car il avait ainsi sauvé la vie de nombres des leurs. Tout s'enchaîna alors rapidement. Afin d'éviter de mourir calciner par les flammes de plus en plus oppressante, le frère du Jarl s'était déplacé, tenant de contourner le mur. Puis il y eut un cri, suivi d'un autre provenant de son frère. s'en fût assez pour attirer son regard et apercevoir se dernier se ruer vers un immeuble récemment effondrer.

Sans perdre un instant, il se lança derrière son frère. Ils avaient certes leurs différents, mais Hagen faisait parti de ce qu'il avait de plus cher, même s'il n'osait l'avouer. Il ne pouvait pas laisser se dernier sans aide. Tandis qu'il atteignait finalement son frère, encore sous le choc, la déesse ayant lancer les corbeaux sur le dragon s'afférait déjà à l'aider, appelant Brynja. Ainsi, c'était elle qui se trouvait sous les débris. La déesse s'adressa bientôt à son frère. Il était temps de les sortir de là.


-Je suis là mon frère. Ensemble.

Voyant un bras, Klaus l'agrippa et commença a en extraire la jeune femme ensevelit sous les débris, habilement déplacé par la Mère Terre. Peu à peu celle-ci se retrouva hors des l'habitation encore fumante. Tora. Le colosse la prit dans ses bras et la déposa un peu plus loin, retournant auprès d'Hagen une fois celle-ci en sureté. Il remarqua la consternation de son frère, car ce n'était pas celle qu'il avait espéré qu'ils venaient d'extraire des décombres.

-Nous allons la sortir de là, t'en fais pas.

Une confiance légèrement ébranler, tout en tentant d'être rassurant, peu crédible. Son regard se posa sur la déesse ne sachant pas trop comment agir, étant plus doué aux combats qu'aux sauvetages, implorant à nouveau son aide, tout en la remerciant pour ce qu'elle avait déjà fait pour eux.

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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Mer 27 Mai - 23:29




Fairy tales are more than true: not because they tell us that dragons exist, but because they tell us that dragons can be beaten


Si on lui avait décrit la scène comme une histoire vécue par quelqu'un d'autre, sans doute aurait-elle trouvé le récit épique mais quelque peu grossier. C'était tellement ahurissant que son esprit n'était pas encore parvenu à concevoir la réalité des faits. Ses yeux d'azure ne perdaient pas une miette du spectacle et pourtant, elle se sentait comme piégée dans un rêve invraisemblable, ou rien ne pourraient la réveiller de cette chimère, ni pincettes ni claques - ce n'était pas faute d'avoir essayé.

Elle n'avait assisté à la bataille contre les Jotün que de loin, et n'avait connu le Kraken qu'au travers des histoires racontées par les guerriers revenus des raids. C'était la première fois qu'elle avait le stupéfiant privilège de contempler les Dieux d'aussi près, en pleine action qui plus est. Et c'était quelque chose de si incroyable qu'elle s'en retrouvait pratiquement paralysée. Lorsque Thorolf et Livia s'étaient éclipsés, Elfi avait amorcé un mouvement pour les suivre, mais les affrontements d'une violence inouïes faisant rage à quelques pas seulement rendaient tout déplacement dangereux et une gerbe de flamme lui bloqua la route. Comme ses jambes étaient en coton et ses poumons en feu après avoir couru dans tous les coins, elle n'eut tout simplement pas la force de réitérer sa fuite. Son corps aurait été capable de la porter encore un peu, juste assez pour se mettre à l'abris et gagner le port, mais son esprit et son âme surtout, se retrouvaient happés, abîmés dans la contemplation fascinée des différents combats titanesques, et par la peur aussi, qui lui sciait les genoux.

A force de vouloir sauver le village, toute cette bande d'Asgardiens allait finir par faire voler en éclat tout ce qui tenait encore debout. Elle n'avait jamais de sa courte vie contemplé pareille potentiel destructeur, et si l'attaque du dragon n'avait pas manqué de la terrifier, elle s'inscrivait pour elle dans l'ordre logique des choses. Les dragons étaient gros, grands, moches et provenaient d'un monde ou faire le mal n'avait pas de contraire.
Mais elle trouvait les Dieux plus impressionnant encore. Ils semblaient solides et forts comparés à un Midgardien (en tout cas comparés à elle) mais ils restaient de taille dérisoire face à ce reptile géant. Pourtant déjà, ils rivalisaient, et dès les premiers instants, Elfi n'eut aucun doute dans son coeur : le dragon ne le savait pas encore mais avait déjà perdu.
N'était-il pas terrorisant d'envisager telle puissance ? La jeune femme se sentait plus fragile qu'une brindille, plus légère qu'une plume et plus insignifiante qu'une poussière au milieu de tous ces êtres fantasques et surpuissants.

Le plus dérangeant dans cette histoire, c'est que d'autres qu'elle étaient susceptibles de la trouver plus insignifiante qu'une poussière, et d'autre encore étaient même susceptibles de l'écraser sans même s'en rendre compte, comme par exemple le dragon dont l'une des pattes arrières vint s'affaisser tout près d'elle, à l'endroit même ou Livia s'était retrouvée coincée quelques instants plus tôt...

D'instinct et sans pouvoir éviter l'eau qui s'insinuait de toute part dans ce qu'il restait des ruelles, Elfi s'éloigna à quatre pattes et tant bien que mal jusqu'à se trouver une crevasse de gravas où se rouler en boule. Elle s'y réfugia, ses yeux ronds sautant des différentes divinités aux différents monstres qui leur livraient bataille. Elle ne comprenait pour l'instant pas du tout ce que cet énorme et immonde loup fichait là, mais il était aussi terrorisant que magnifique et vu que toute la zone s'était désormais transformée en véritable champ de bataille, elle abandonna l'idée de rejoindre la plage pour le moment.

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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Jeu 28 Mai - 16:24

L
'immensurable créature semblait pantoise à ce point qu'elle en avait omis de poursuivre son assaut délétère, pour le plus grand soulagement du monarque qui espérait encore – et bien malgré sa véhémence intrinsèque – pouvoir épargner plus de pertes, tant matérielles qu'humaine, aux pauvres habitants en panique. Il suffisait que le reptile se décide à courber l'échine devant plus puissant que lui, et ne rentre dans ses landes ignées avant que l'estocade ne se charge de l'arrêter définitivement. Le phonème de Thor était péremptoire, et sa prochaine mouvance aurait pu l'être encore davantage, si, comme tout à chacun, il n'avait pas subitement remarquer l'incursion inopinée d'un hideux lupin. Au tour du Haut-Roi d'être consterné, et celui-là d'égarer un furtif regard en direction du météore aux pattes du dragon pour faire le lien, avant que le loup ne s'élance littéralement sur lui. Le heurt se fit brutal, sans possibilité d'esquive, l'envoyant lécher la poussière et la cendre sans qu'il ne comprenne. Mais un râle plus tard, et le Tonnerre se redressa déjà, les babines aussi torsadées d'aversion que celles de son nouvel antagoniste. « Fichtre cabot, tu aurais dû rester à ta place ! » Et ce dernier de bondir derechef pour cette fois croquer dans le néant, puisque le galbe régalien se déroba à son attaque. Puis, des racines vinrent interrompre son élan pour enrober Sköll, juste le temps pour le dieu de distinguer la silhouette de sa génitrice qu'il n'est guère surpris de voir ici. Après elle, l'ineffable bravoure du jarl qui tenta de lui venir en aide, échappant lui-même à une plausible et sépulcrale contre-offensive par l'intervention du seigneur des océans. « Il en faut plus pour me mettre à mal, ne t'en fais pas pour moi. Emmène les tiens loin d'ici, nous nous occupons des créatures ! » Son attention fut soudainement harpée par son aïeul par alliance qui, non peu imbu de sa gloriole, s'octroya un quolibet narquois. L'expression enténébrée du souverain en dit long, et en-deçà de toute déférence légitime, il argua. « Qu'il dit, l'Océan ! Un simple loup qui serait capable de se bâfrer de l'entière carcasse de ce dragon, je vous souligne. Votre mémoire commence à vous faire défaut, grand-père. »

Se disant, ses prunelles se posèrent sur la Répulsion qui prépare sa nouvelle charge, crocs en avant. Thor prit son essor avant que les mâchoires carnassières ne claquent sur sa carne, et ce fut à son tour de prendre le lupin de court en lui retombant lourdement sur le râble pour le plaquer contre la terre qui craquela, et s'affaissa en un modeste cratère sous leur poids. Un bras passé autour de la gorge de son ennemi, il l'immobilisa, menaçant de lui briser les cervicales en cas d'opposition trop opiniâtre. Si Sköll fut captif impuissant de cet étau, cela ne dura pas, et sans que le blondin n'ait eu le loisir de réaliser, il ne brassa bientôt plus que de l'air.
« Qu'est ce que... » La créature immémoriale venait tout bonnement de se dématérialiser en un smog d'obsidienne que l'on aurait dit tout droit sorti de l'Helheim, et en moins de temps qu'il n'en aurait fallu pour le dire, le monstrueux canidé réapparut de nulle part pour se jeter sur l'adonis et lui croquer le bras. Fort heureusement, sa denture affilée se heurta à la cuirasse royale qui garda l'Odinson de se faire écloper à l'instar de son puîné – son cœur manqua d'ailleurs un battement à cette idée, et il eut le réflexe pétulant de frapper d'un grand coup de Mjölnir sur la truffe du carnivore... qui, se prémunissant de la douleur, se volatilisa de nouveau. « RAH ! Cesse de jouer à cache-cache espèce de couard et viens me combattre comme un mâle ! »

Un spectacle dont Njall, juché à plusieurs coudées de là, ne perdrait certainement rien. Non peu fou de favoriser la contemplation à la survie, il en omit ses précautions et ne put apercevoir que bien trop tard une sphère embrasée – crachée par le dragon ou par Sol – échouer non loin de lui et provoquer une explosion de débris prête à le faucher. Toutefois, un quidam aux atours cossus et indiciblement élégants se dressa entre l'éphémère et l'ondée mortelle parée à lui choir sur la tête, arrêtant la menace d'un bouclier intangible qui ne laissa rien passer.
« Aimes-tu à ce point admirer les dieux que tu n'as cure de déjà rejoindre le Valhalla ? » Le jeune homme fit volte-face vers l'érudit, un sourire bienveillant sur le faciès et une aura mirifique émanant d'une beauté tant physique qu'elle semblait être spirituelle. « Allons mortel, ne sois pas spectateur de l'agonie de ton chez toi, tu m'as l'air solide et encore intact, tes homologues ont besoin de cela. » Une bourrasque balaya le crin de Balder, avant qu'il ne remarque le comportement d'Elfi en contre-bas. « Mais que fait-elle ? »


by the light of this lonely lantern I hold aloft,
I'll safeguard the wandering and lost
I'll keep you in my sight, I'll ward away the dark and fright. I'll keep you from harm within my arms, hat circle round your shaking form. No need for tears or wide eyed alarm, my arms will shield you from the storm.
   
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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Sam 30 Mai - 9:48


FIRESTORM
seconde partie

Le dragon l'ignore encore, mais il fait face à des adversaires bien plus puissants qu'il ne l'est. Face aux Grands d'Yggdrasil, sa fureur enfantine ne fait pas le poids. Il aura beau claquer des mâchoires, cracher son feu et siffler des insultes, rien n'y fera, il est destiné à tomber... Mais puisqu'il se croit encore tout invincible, son bon sens l'empêche de seulement envisager la possibilité de son trépas prochain. Les flammes de la Torche le brûlent ; l'ironie de la chose ne lui échappe pas, et le rend plus furieux encore. Tant et si bien qu'il l'envoie valdinguer dans le décor, escomptant se débarrasser d'elle au moins quelques minutes, le temps pour lui de prendre son essor et de... « Mon aile... ! Qu'as-tu fait à mon aile, déesse ?! » Percée. La membrane de son aile a été percée par le feu azur de la Torche, elle l'a cloué au sol. Il rugit comme l'animal blessé qu'il est, avant d'être surpris par une nuée de freux pour le moins incommodante. Paupières closes, il secoue la tête pour protéger du mieux qu'il le peut ses yeux... Pour ensuite patiner de façon bien peu élégante, et encore moins glorieuse, sur la couche de glace apparue sous ses pattes. Il gronde, s'agite en tous sens – les habitations alentours encore debout sont détruites par ses grands coups de queue, d'ailes et de pattes, avant qu'il ne se redresse difficilement, une lueur assassine au fond de ses pupilles reptiliennes. Un rire moqueur résonne tandis qu'il aperçoit le Tonnerre luttant avec Sköll ; bien malgré lui, le canidé l'a débarrassé de son plus dangereux adversaire, qu'il espère bien voir dévoré au terme de leur lutte. Il darde ses prunelles en direction de l'Océan, qu'il est tenté de faire s'évaporer d'un jet de flammes. Il n'en a cependant pas l'occasion. Quoique le Soleil se trouve à terre, le ciel s'éclaire soudain d'une lumière rosâtre et d'étranges lueurs colorées. Puis le Bifröst s'ouvre brusquement, ce sont d'autres divinités qui descendent d'Asgard grâce au pont arc-en-ciel. Mais celui-ci les dépose sur la plage, et non au beau milieu du combat... Peu importe, après tout, il ne désire point voir davantage de divins venir l'importuner.

Non loin de l'affrontement entre le dragon et les dieux, et Thor et Sköll, se trouve le benjamin de la fratrie Odinson. Son regard balaye les environs, c'est à peine s'il sait où donner de la tête. Thor lui a demandé de protéger le Jarl, mais de toute évidence celui-ci n'a guère besoin de bouclier divin, ce qui n'est pas le cas de son aîné, qui n'en mène pas large face au chasseur du Soleil. Il accorde quelques dernières paroles regard au mortel qu'il vient de sauver des flammes. « Va donc tirer cette demoiselle de là avant qu'elle ne finisse carbonisée. Prête main forte à tes amis, mortel. La bravoure d'un homme est toujours récompensée. » Alors, le jeune prince descend de son promontoire et file vers son aîné qui, pour une fois, semble avoir besoin de ses talents. Et le dragon, lui, se relève doucement en trouvant appui sur les débris autour de lui. L'une de ses ailes forme un drôle d'angle, mais Balder n'y prête attention que bien peu de temps. C'est que le reptile est sur le point de déverser une nouvelle rivière de flammes, et il semble avoir trouvé ces prochaines victimes. Le jeune dieu fronce les sourcils en devinant Sól future proie de la bête. Est-il à ce point stupide... ? Il secoue la tête, reprend sa course... Et son regard se pose sur un prince de noirceur, une figure pâle qu'il ne pensait jamais revoir. Loki ; toujours là où il ne devrait pas. La logique aurait voulu qu'entre Thor et Loki, son cœur ne balance pas. Mais non content d'être invulnérable, Balder est aussi un modèle de bonté. Il ne réfléchit pas longtemps avant de bondir sur son frère déchu ; presque au même moment le dragon crache son feu. Les deux princes tombent dans la cendre avec une légèreté inattendue et étonnante, et pendant une poignée d'instants, le benjamin se contente de fixer le Jötun en silence. Lorsqu'il se redresse, il l'entraîne avec lui, mais ne s'attarde sur aucune formule de politesse avant de rejoindre Thor d'un pas pressé. Juste à temps pour éviter à son aîné et roi d'être percuté une fois de plus par Répulsion, qui fut projeté plusieurs mètres plus loin – sans doute s'était-il attendu à ne pouvoir faire qu'une bouchée du jeune prince, raté. « Je comprends mieux à présent, de quoi nos chers astres se plaignent tant. Ne te fais pas croquer une main, j'en connais un qui s'amuserait de cette ironie. » Il serait bien volontiers resté là, à servir de bouclier divin à son aîné, mais l'un comme l'autre savaient que ses dons seraient plus utiles aux mortels.

Ses esprits retrouvés, Sköll se ramasse sur lui-même et bondit sur son adversaire, et il est certain qu'il n'a pas la moindre intention de goûter au fer de Mjölnir. Contrairement à la Diligente, le Tonnerre ignore ses faiblesses, et il a bien l'intention de profiter de cet avantage... Le dragon, lui, manque de peu de croquer Aegir, ses mâchoires claquent tout prêt de l'Océan, dont il n'apprécie absolument pas les vagues qui sont venues éteindre son brasier si minutieusement allumé. Il les a en horreur, ces divins qui se mêlent de tout... ! Un sifflement agacé – et un brin inquiet – échappe à la bête lorsque le Bifröst s'ouvre à nouveau, juste devant ses pattes. Surpris, il recule de quelques pas lorsque surgissent Valkyries et Einherjar du tourbillon de cendres soulevé par le pont. Guerriers et guerrières l'encerclent alors, lances et épées pointées en sa direction. La stratégie est simple ; il faut le garder prisonnier de ce cercle de lames le temps que les dieux se chargent de son sort.

Sur la plage, l'agitation est tout autre. Ce n'est pas n'importe qui que le Gardien, Heimdall, a déposé sur le sable de Tromsø. Ce sont les grandes guérisseuses d'Asgard, Frigga et Eir, ainsi que leurs apprenties et toute divinité désireuse d'aider les malheureux mortels. « Rassemblez les blessés ! », s'écrie d'une voix claire et cristalline la première reine d'Asgard, dont les apprenties ne tardent pas à s'éparpiller pour aller trouver les hommes, femmes et enfants nécessitant des soins et les réunir. Tous sont désorientés, apeurés, stupéfaits par ce qu'il vient de leur arriver. L'on entend des mères hurler désespérément les noms de leurs enfants, des bambins pleurer sans que nul ne soit là pour les apaiser, et puis il y a les gémissements des blessés et des mourants, les cadavres sur lesquels il est presque trop aisé de trébucher... C'est un autre genre d'enfer, c'est l'après fin du monde. À tel point que même les déesses sont déstabilisées, la plupart des mortels sont trop choqués pour réellement réaliser que celles qu'ils prient avec tant de ferveur sont venues leur porter secours. Dieux comme hommes le savent, le dragon est encore debout, sa folie meurtrière n'a pas encore touché à sa fin...


quelques précisions

C'est le bouquet final fire
→ A présent, tous les inscrits peuvent intervenir ! Toutefois, veillez à rester cohérents (dieux) avec les fonctions et capacités de votre personnage v
→ Le dragon est "prisonnier" dans cercle d'Einherjar et de Valkyries, dont le devoir est de le tenir à l'intérieur pendant que les autres dieux se chargent de l'achever. Notez toutefois que le dragon ne va pas se laisser faire facilement, vous ne l'aurez pas d'une petite flèche (hein Smaug green lalala ), à moins de posséder une arme spéciale, ça va prendre un certain temps et demander un peu d'acharnement mdr
→ Mortels et divins sur la plage, c'est le moment d'interagir *
→ Pour ceux qui ne sont pas encore sur la plage, ne vous pressez pas, vous êtes libres de suivre le cours de votre petite intrigue personnelle v Ce serait tout de même chouette si chaque mortel avait la chance de papoter un peu avec au moins un divin keur

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MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Sam 30 Mai - 12:03


Le spectacle était grandiose, assez pour en oublier toute culpabilité. Sans doute, l’incursion dans l’antre du dragon avait pu déclencher tout ce chaos. Mais face à un tel tableau, cela ne valait-il pas le coup ? Le sourire étirant ses lèvres, ses yeux brillants, son corps tremblant d’excitation… Assister à une telle chose donnait à elle-seule du sens à toute vie humaine. Bien sûr, ses camarades ne pouvaient, à cet instant, que voir la mort, la destruction et le malheur. Il fallait simplement du recul. Savoir prendre de la hauteur. Ignorer ce hurlement lointain. Oublier les cris de détresse et de frayeur. Juste observer la magie à l’œuvre.

Le seigneur d’Asgard avait fort à faire avec le loup funeste, ce dernier démontrant une capacité inédite pour l’érudit. Comment pouvait-il se déplacer ainsi ? Se déplacer était-il même le terme adéquat ? Il disparaissait et réapparaissait à sa guise, telle une ombre dansant au gré des flammes. L’ombre de Sköll et la flamme du dragon… Les deux créatures de cauchemar s’étaient bien trouvées. Comment pouvait-il faire cela ? De la magie, bien évidemment. Mais quelle sorte de magie ? S’effaçait-il de la réalité ? Devenait-il invisible ? Se retranchait-il dans une dimension de ténèbres, allant d’une réalité à une autre ? Les possibilités étaient vertigineuses.

« Prodigieux… » murmura l’érudit, oubliant un instant le fait que cette étrange capacité mettait surtout à mal Thor, celui venu les protéger, celui méritant le soutien des mortels.

Tout à son émerveillement, il en oublia la plus basique des vigilances, une grave erreur qui risquait de lui coûter cher. Avant même de s’en rendre véritablement compte, son esprit affuté détecta la boule de feu projetée dans sa direction. Mais la vitesse des pensées dépassait de loin celle du corps. Lorsque le projectile explosa non loin, le regard de l’érudit se tournait à peine vers ce danger. Lorsqu’une nuée de débris vola vers lui, prête à mettre un terme à sa position de spectateur, il commençait tout juste à lever son bouclier, dans une tentative dérisoire de se protéger un minimum. Mais son esprit savait. Il savait qu’il n’était pas assez rapide. Quelle imprudence. Il n’allait pas y réchapper. « Idiot ! » pesta-t-il mentalement. Pourtant, la fin n’arriva pas, et l’érudit demeura béat devant la silhouette s’étant interposée pour le protéger. Il était indemne, et son sauveur tout autant. Comment ? L’homme lui parla, une réplique qui aurait pu faire sourire Njall, si celui-ci n’était pas aussi surpris. Le ton amical, l’aura bienveillante, la beauté surnaturelle, l’apparente invincibilité…

« Vous… Vous êtes Balder Odinson ? » L’érudit secoua la tête, semblant reprendre conscience de l’absurdité de son comportement. « Oui, je ferais mieux d’aller aider, oui… » Il se détourna et, avant de partir, lâcha simplement : « Je suis soulagé de vous voir nous aider. Merci. »

Certes, les humains devaient apprendre à se débrouiller seuls, répétait l’érudit. Mais après tout, face à un dragon, que pouvaient-ils faire ? Il repéra depuis son promontoire Elfi ramper jusqu’à une cachette pour s’y protéger. Haussant un sourcil, il soupira et s’élança aussitôt dans sa direction, se jetant à couvert à ses côtés lorsque les cieux s’illuminèrent pour l’ouverture du Bifrost. D’autres renforts. Tout allait s’arranger, il en était à présent certain. Portant son attention sur la jeune femme, il lui attrapa l’épaule et la força à se relever.

« Si tu veux être aussi imprudente que moi et rejoindre le Valhalla, ta cachette est parfaite ! » Léger sourire amusé, une maigre tentative pour dédramatiser la situation. « Je sais que le spectacle est grandiose, mais il nous faut rejoindre la plage. En passant par le côté est du village, on devrait pour éviter ce chaos ! Allez, lève-toi ! Je t’ai connue plus tête brulée que ça ! »

Malgré l’urgence de la situation et l’importance d’une fuite des plus précipitées, l’érudit prit encore quelques instants pour observer les combats. Maintenant, les héros nordiques, Einherjar et Valkyries, étaient apparus pour encercler le dragon. Tout Asgard combattait pour eux. Peu importait l’ampleur de la destruction, ils ne pouvaient plus perdre à présent.

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And when you fall from that parapet,the sound you'll be hearing as you go down will be me,laughing my head off. ❞



MessageSujet: Re: FIRESTORM ϟ Le Dragon de Midgard   Sam 30 Mai - 16:55

L
es séracs déployés sous le colosse eurent le mérite de l’astreindre au sol, mais non sans mal ; car les huttes alentour s’écroulaient à mesure que tanguait la bête. Un préjudice nécessaire selon le Chaos, qui, faisant fi des ravages encourus, poursuivait ses offensives à l’instar de Sól. Il fallait parfois convoquer la destruction pour vaincre un plus dangereux tourment que celui des dégâts matériels. Et celui-ci – de tourment – tout de flammes et de morgue, titanesque au possible, méritait que l’on rompe du bois pour que soit endiguée sa furieuse nocuité. Ayant troqué sa glace pour une magie moins élémentaire, Loki profita justement des ruines tout autour pour envoyer d’épais gravats et des tranches de toits sur le reptile, obligeant les monceaux de décombres à se déplacer et se projeter à l’encontre de l’ennemi comme une multitude de jets d’armes s’y seraient déversée. Vigilant à ce que les éboulis ne heurtent toutefois pas le Soleil, il dut un bref instant dévier un segment de toiture pour que soit épargnée la déesse. Un intermède fugace dans la surveillance de son propre périmètre, duquel – comble de l’ironie – il faillit bien ne pas réchapper. Le dragon, profitant d’une telle anicroche, s‘apprêtait en effet à flamber le jötun sur qui vint pourtant le miraculeux secours d’un écu fait de chair. Propulsé contre la poussière cendreuse, il décacheta ses paupières en même temps que fléchissait son rictus. Par les Nornes, qu’est-ce qui venait de lui tomber dessus si ce n’était pas le crachotement igné de la créature ?! « … Chenillon ! » S’étonna le Freux en constatant Balder. Sobriquet diantrement vétuste qui remontait à un temps décidément passé, celui où l’aîné offusquait son jeune frère en lui trouvant pléthore de surnoms tous plus vexants les uns que les autres. Celui-ci – de loin son préféré lorsqu’ils n’étaient encore qu’enfants – était survenu dans le paradoxe d’un phonème grave, fait homme depuis des lustres.

Sans plus un mot, tous deux se relevèrent et repartirent vaquer à leurs propres priorités – il ne fallait vraisemblablement pas compter sur la gratitude exsangue de Loki pour lui arracher un moindre remerciement. Alerté par les vociférations d’Arnórr, le prince jötun avait en effet dardé son attention sur la masure au loin, une prison de feu dans laquelle étaient écroués femme et enfant. D’une foulée preste, il rejoignit le maigre attroupement et repoussa sans douceur les tristes hères qui s’évertuaient à sauver les embastillés. A temps, il fit dériver une lourde poutre souhaitant aplatir les bienfaiteurs, et, toujours épaulé de sa magie, il plaqua sa dextre sur un carré de chaumière. Sitôt, la structure entière fut percluse d’un gel mordant qui étouffa jusqu’aux flammes assassines, immobilisant la course folle du brasier et préservant les victimes d’un trépas imminent. Coulant un regard vers l’huis bloqué, il rauqua envers les rescapés. « Garde, éloignez-vous de la porte. » Puis ce disant d’approcher, et après un court moment d’attente, de fracasser son talon contre l’armature. Un seul heurt suffit à ce que sa force divine ne désobstrue l’entrée, et lorsque ce fut fait, il enjoignit les individus à aller secourir leurs semblables. Arnórr passant tout proche, l’Obsidien l’arrêta d’une paluche contre épaule. « J’ai à te parler. Alors évite de mourir. » C’était à n’en point douter une association d’idées pour le moins singulière, mais il fallait s’habituer au pragmatisme retors du Chaos lorsqu’on était amené à le côtoyer. Nonobstant l’aparté – trop succinct pour intriguer les congénères de son séide –, le dieu en profita aussi pour que, de son toucher, naisse la panacée temporaire d’un frimas couvrant les brûlures de la carne abîmée.


un silence s'était fait dans son âme
This life, which had been the tomb of his virtue and of his honour, is but a walking shadow; a poor player, that struts and frets his hour upon the stage, and then is heard no more: it is a tale told by an idiot, full of sound and fury, signifying nothing. William Shakespeare.
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