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Rumeurs
- Var a tourné le dos à son roi. Il parait que la déesse des Pactes préfère aujourd'hui les grosses faveurs de Frey !

- On dit que depuis que Tyr a pris les fonctions de son frère aîné, personne n'aurait encore osé lui proposer un coup de main .

- A Tromsø, on hésite à dire si la petite Brynja est maudite ou chanceuse, car après avoir manqué de se faire brûler vive par un dragon, elle a manqué par deux fois la noyade, dont une durant les raids !



 
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 the ache for home lives in all of us ♦ thor

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déesse de la fidélité

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MessageSujet: the ache for home lives in all of us ♦ thor   Ven 22 Mai - 5:51

« THE ACHE FOR HOME LIVES IN ALL OF US. THE SAFE PLACE WHERE WE CAN GO AS WE ARE AND NOT BE QUESTIONED. »

La masure embaumait la sauge émiettée et les racines de consoude bouillies; leur odeur âcre emplissait les narines de la déesse, mais elle oubliait de plisser le nez. Par habitude, sans doute – les rituels étranges de la sorcière ne l’impressionnaient ni ne l’intéressaient plus. Si, lorsqu’elle fut suffisamment remise pour ce faire, elle avait tenté d’en apprendre davantage sur l’art mystique que pratiquait la vieillarde, Sigyn n’avait su garder son intérêt bien longtemps. La complexité des préparations et le manque de pédagogie d’Ida avaient finalement eu raison de sa patience pourtant remarquable. Du coin de l’œil, elle observait les garçons qui s’affairaient à travers la cabane, pliant avec maladresse les draps qu’ils avaient utilisés, leurs vêtements de fortune confectionnés par Eldrid, la progéniture de la sorcière, et les effets de leur mère. Elle n’osait leur dire de laisser derrière ces artefacts d’un autre monde – ils n’auraient certainement plus l’occasion, ni la nécessité, de porter ces odieux haillons. Or, humble, elle estimait que c’était d’un respect élémentaire d’honorer les cadeaux offerts par celles qui l’avaient arrachée à la mort.

« N’oubliez rien, les garçons. » N’oubliez rien, car vous ne reverrez plus jamais cet endroit. Pas tant qu’elle aurait le pouvoir de contrôler leurs allées et venues. Si Sigyn était reconnaissante des soins prodigués par la vieillarde qui l’avait recueillie, malgré son attitude parfois bourrue, elle souhaitait mettre cette chaumière derrière elle et ne plus jamais avoir à y poser ses prunelles mordorées. La convalescence avait été longue et ardue, privée des précieuses pommes dorées que son aînée faisait pousser avec passion, forcée d’être rafistolée par des moyens mortels et bien moins efficients. Elle avait, dès qu’elle avait reçu la missive et le panier de son époux, partagé son contenu entre ses fils et elle-même pour s’assurer un retour sans anicroche au sein des Dieux. Elle appréhendait son retour autant qu’elle se hâtait. Peut-être que quitter l’endroit même où sa fille était enterrée la ferait oublier – ou alors son souvenir serait ravivé par la vision des couloirs qui avaient été le théâtre de sa mort bien trop prématurée.
N’oubliez rien, qu’elle leur avait dit, même s’ils ne possédaient rien à leur arrivée sur Midgard. Ce que Vali et Narvi apportaient n’étaient que des bricoles, des souvenirs – car ils avaient su essuyer leur peine bien rapidement alors que les tourments de leur mère se faisaient toujours aussi acérés et avaient su profiter de leurs quelques mois parmi les mortels. Des figurines représentant divers animaux sauvages que la fille, Eldrid, leur avait appris à sculpter dans du bois mort, une hachette, des gris-gris offerts par Ida. Porte-bonheur, porte-chance; Sigyn les avait laissés les emballer dans un baluchon improvisé qu’ils pourraient rapatrier sans rouspéter. Elle n’avait pas besoin des superstitions d’une mortelle sénescente et estimait que même sans ses amulettes, les probabilités étaient faibles que leur chance dégringole encore plus bas tant elle était déjà au point mort.

La Fidélité avait fermé la porte derrière elle et humé l’air avec une certaine sérénité. Eldrid avait insisté pour les accompagner, mais Sigyn avait refusé avec une véhémence qu’on ne lui connaissait guère. « Où oncle Thor nous attend-il? » Narvi s’impatientait. Une maigre risette tira les commissures de la déesse devant cette hâte de réintégrer sa famille. D’une poche de sa tunique improvisée, elle sortit le bijou dont Loki avait fait mention dans sa missive; aussitôt l’eut-elle ancré à son poignet qu’une étrange sensation s’emparait d’elle. Instinctivement, c’était comme si elle prenait connaissance du lieu où le tempétueux les attendait – et sans doute le flavescent prince avait-il de même détecté leur présence. Ce furent ses pas qui la menèrent – elle se laissa guider entre branchages et racines vers le point de rendez-vous improvisé, tenant une main à chacun de ses fils. Vêtue comme elle était, elle avait honte de se présenter devant Thor – ses haillons, rapiécés par la sorcière et sa fille, n’avaient rien à voir avec les habits satinés et brodés d’or qui l’habillaient généralement. Un capuchon sur la tête, une cape sur les épaules, elle n’avait rien d’une déesse et tout d’une mendiante, d’une fuyarde – ce qu’elle était, si on y pensait bien.
Son pas leste lui avait permis de rejoindre rapidement le Tonnerre, dans les bras duquel elle se jeta sans la moindre hésitation. Si elle avait un seul allié à Asgard, c’était lui; sans nul doute y en aurait-il d’autres, mais c’était sans équivoque que le Prince ne leur tournerait pas le dos, à elle, à ses fils, même à Loki. Elle releva son visage émacié vers celui de son beau-frère, reculant d’un pas pour l’admirer. « J’ai même droit au cortège royal. Quel honneur. » Un petit rire étouffé avait quitté ses lèvres. Elle ne savait que dire – son âme oscillait entre les rires et les larmes, entre la joie de retrouver les siens et la tristesse de devoir de nouveau faire face à cet endroit aussi maudit qu’il était somptueux. « Merci, Thor. » Un soupir, à peine audible, avait franchi ses lèvres alors que les garçons s’accrochaient aux jambes de leur oncle.

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MessageSujet: Re: the ache for home lives in all of us ♦ thor   Mar 9 Juin - 16:28

A
l'orée de la sylve terrienne, le temps se faisait long. Le Haut-Roi creusait inlassablement la terre fraîche de sa pléthore de pas, venant et allant en cercles itératifs pour tenter d'ôter cette sensation d'inertie. La patience, voilà qui n'était pas le plus bel acabit du Tonnerre et de sa quintessence véhémente, plus encore lorsqu'il était question d'un étau menaçant sur les membres de sa famille. Car oui, il avait depuis toujours l'idée niellée dans son esprit et en son cœur, l'épouse de l'Obsidien et leurs enfants étaient, et resteraient, des proches sur lesquels il désirait ardemment veiller. Qu'importait que leurs homologues le honnissent pour ce que d'aucuns appelaient sa trop grande mansuétude, plus encore à présent que la couronne ceignait son crâne, nul n'était à même de lui dire ce qu'il était bon d'accomplir ou non. La Fidélité était une ondine particulière à ses prunelles, une femme qu'il appréciait et admirait, à laquelle il avait juré son soutien infrangible le jour où elle s'était éprise du Chaos incarné. Loki était leur centre de gravité commun, tous deux connaissaient ce sentiment ésotérique qui forgeait, ironiquement, leur loyauté envers le plus abject des félons. Impossible à combattre. Improbable à abattre. Leur amour psychotique, qui finirait inéluctablement par les conduire à leur perte, voire à celle du tout Yggdrasil. Mais trop fier, trop opiniâtre, Thor se complaisait à porter ses orbières, et agissait comme bon lui semblait. Quand bien même étaient-ils innocents, combien se seraient tout de go élevés contre le retour de la sylphide et ses fils, avec comme seule argutie, leur lien filial ou matrimonial ? C'était parce qu'il savait pertinemment que cela ne siérait pas à tout le monde qu'il n'en avait dit mot, si ce n'était à quelques rares élus qui avaient l'entièreté de sa confiance. Mis devant le fait accompli, il doutait que l'on ose suggérer de les excommunier de ce qui demeurait encore leur patrie, et auquel cas, l'orage dilacérerait le firmament de négation. Pour l'heure toutefois, les cieux étaient diaphanes, et il espérait qu'il en soit ainsi pour les lunes à venir.

Soudain, ses foulées se stoppèrent. Une indicible sensation lui harpa les viscères, si sûrement qu'il plaça une paluche sur son abdomen comme s'il avait été capable de la palper. Ses orbes lazurites se posèrent dans une direction, qu'il sut être la bonne, sans raison apparente. Ceux pour lesquels il s'était personnellement déplacé étaient là, en chemin, c'était presque comme s'il venait de spolier Heimdall de son don et que, omniscient, il les voyait progresser d'une cadence certaine. L'appréhension crût au gré des secondes – dans quel état allait-il les retrouver ? Il se souvenait de celui de Loki lorsque celui-ci s'en était venu le trouver à même le palais d'or, le jour de son couronnement. Exsangue, le cœur et l'esprit émoussés, à mille lieues de la magnificence princière d'antan. Cette image anémiée dansait devant ses calots lorsque apparut la trinité tant attendue, et à peine l'Inexpugnable eut-il le loisir de réaliser que la déesse se jeta dans ses bras, dans lesquelles elle trouva une étreinte chaleureuse et soulagée. Elle recula ensuite, trop promptement au goût de son beau-frère, qui put cependant contempler son minois blême, à peine enchanté par de furtifs sourires épuisés. « Sigyn... » Il voulut poursuivre, mais les jumeaux s'agrichèrent à ses jambes, le prenant de court et lui arrachant, bien malgré lui, un hoquet hilare. Il caressa leur crin de freux avec une suavité paternelle, et vérifia sommairement qu'ils ne souffraient d'aucun mal. « C'est bon de vous revoir ! Je suis sûr que vous avez nombre de choses à me relater – moi aussi, d'ailleurs, j'ai beaucoup à vous conter ! Mais avant cela, j'ai un petit présent pour vous... » Il s'abaissa pour les saisir et les soulever comme s'ils n'avaient rien pesé, puis il rejoignit son char, près duquel il les redéposa avant de révéler une besace gondolée. Il laissa à Vali et Narvi le soin de découvrir son contenu : les meilleures friandises qu'il était plausible de dénicher dans les contrées divines, des délicatesses gustatives qui leur avaient probablement manqué. « Ce sont vos préférées, je me suis dit que cela vous permettrait de patienter le temps du trajet. Et si vous alliez en déguster quelques-unes auprès de Tannjnrostr et Tannsgrisnir, ils sont juste là. »

Il désigna les majestueux boucs de l'index, occupés à fureter pour la moindre brindille mangeable. Les deux créatures pourraient les occire d'un coup de leurs immenses cornes, mais à l'instar de leur maître, ils pouvaient être impétueux comme étonnamment précautionneux, et ils connaissaient suffisamment les Lokison pour se contenter de mangeotter sagement leur manche en les laissant s'amuser de leurs excroissances crâniennes. Ce fut donc sans l'ombre d'une anxiété qu'il envoya les gémeaux à eux, se permettant ainsi un conciliabule avec leur mère qu'il rejoignit à deux coudées de là. Il l'observa plus longuement, et même alors qu'il s'était sciemment vêtu d'une pèlerine d'un noir sobre, le fossé les séparant était inexorable. Les traits tiraillés, la nymphe émergeait à peine de ses récentes tribulations, patience et volonté seraient nécessaires avant qu'elle ne soit totalement remise. Et puis, y avait tous les événements qu'elle avait ratés, tapi dans sa masure midgardiene au lieu de prendre part aux agapes en l'honneur du nouveau roi ci-présent. Celui-là s'approcha et, délicatement, comme si elle avait été une poupée de cristal, il prit son visage entre ses pattes de guerrier. Plus que la chaleur de ses paumes, il voulut que ce contact physique électrifie la chaste tendresse qu'ils avaient l'un pour l'autre, malheureusement, ce fut ses remords qui se firent brutalement labourer. « Sigyn, si tu savais... si tu savais comme je suis désolé... » Avant qu'elle n'objecte pour assurer qu'il n'était en rien coupable, il barre ses lèvres de son pouce et l'interrompit. « Non, non, shhht... Je sais que ce n'est pas ma faute, que je ne pouvais pas prévoir et que m'en tenir rigueur est chose vaine. Mais qu'importent les preuves de mon innocence, j'ai failli. J'ai forfait à cette promesse que je t'avais faite, celle de veiller sur tes enfants, et sur toi. » Il baissa la tête, couvert d'opprobre, battant une coulpe illusoire qui le tenaillait pourtant. « Pourras-tu seulement me faire à nouveau confiance malgré mes échecs ? »


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MessageSujet: Re: the ache for home lives in all of us ♦ thor   Mar 30 Juin - 4:04

Le verbe dépité de Thor ne fit qu’aggraver les complexes de Sigyn. Son teint était trop blafard pour celui d’une princesse, son visage trop émacié, ses paupières trop lourdes – il l’avait remarqué et elle le savait, mais n’osait pas lui faire la remarque. Qui aurait pu, Roi ou non, remettre sous le nez la souffrance, les plaies encore suintantes, autant psychiques que physiques? Les jumeaux semblaient heureux de pouvoir de nouveau profiter de la présence de leur oncle, qu’ils n’avaient que bien trop peu aperçu au cours des derniers mois. Entre les frasques de son époux et leur fuite subséquente sur la terre des Hommes, Sigyn n’avait guère eu le temps de dire au revoir à ceux qu’elle aimait – les rares qui la supportaient malgré les choix qu’ils qualifiaient parfois de douteux. Seul Thor n’avait jamais semblé sourciller devant son amour inconditionnel, et ce n’était guère pour rien qu’elle se sentait particulièrement en sécurité auprès de son beau-frère. L’absence de jugement valait pour beaucoup – et l’attachement de ses enfants à leur oncle l’émouvait presque. Leur enthousiasme, aussi, lorsqu’ils se virent recevoir des friandises qu’ils n’avaient point eu le luxe de déguster au cours de leur autarcie dans la vieille hutte de celle que l’on disait sorcière.

Elle les regarda s’éloigner avec entrain, comme inconscients de la misère qu’ils avaient dû vivre. Sigyn, elle, se le rappelait funestement. Impossible d’oublier, et la longue cicatrice cramoisie qui lui bariolait l’abdomen l’empêcherait de mettre ces mauvais souvenirs derrière elle. Vali et Narvi avaient rejoint les boucs, qui avaient découvert un intérêt particulier pour les cadeaux qu’ils avaient reçus. La déesse faillit échapper un sourire, mais les mains de Thor posés sur ses pommettes glaciales la ramenèrent brutalement à la réalité. Elle n’était pas là pour s’attendrir devant l’amitié improbable de ses enfants et des boucs de trait, mais bien pour être rapatriée par un beau-frère qui ne semblait pas pouvoir chasser son sentiment de culpabilité. Elle posa ses mains hyalines sur celles, chaudes et rassurantes, du Roi, mimant vouloir l’interrompre – mais il la prit de court et elle se tut. Alors qu’il relâchait son emprise sur ses fines lippes, elle étire un maigre sourire, agrippant les mains costaudes de Thor entre ses petits doigts frêles pour les abaisser devant eux. « Thor, ne jette pas l’opprobre sur tes intentions. Je sais mieux que quiconque qu’elles étaient honnêtes – ni toi, ni personne n’aurait pu deviner ce que les Nornes me réservaient. » Elle n’avait pas oublié la promesse que le Prince Doré lui avait faite alors même qu’Asgard était encore en morceaux, suite à l’attaque des géants de Jötunheim. Je jure sur mon honneur que je vous protégerai mes neveux et toi. Je te promets qu'il ne vous arrivera rien. Et pourtant. Or, l’intention était sincère et la promesse, honnête, et Sigyn y accordait bien plus d’importance en sachant à quel point son beau-frère était réellement tiraillé par la situation.

« Ma confiance à ton endroit ne s’est jamais tarie », tenta-t-elle de le rassurer, sincère. « Je te dois également des excuses. À toi et à Sif, et à ceux qui se sont inquiétés par ma faute. J’ai tant voulu trouver le courage de rentrer par moi-même… » Mais les souvenirs étaient trop vifs et la douleur trop cinglante. La simple pensée des halls dorés de la cité royale lui causait des haut-le-cœur, lui donnait l’impression que la plaie se rouvrait pour vomir ses entrailles tout entières. « J’ai vu Gersimi », admit-elle à demi-mot. Elle espérait que l’on ne lui en tiendrait pas trop rigueur – après tout, elle avait tenu le reste du panthéon dans le silence le plus total. « J’ai… Je suis presque retournée à Vanaheim. » Sigyn mordilla sa lèvre inférieure nerveusement. « Asgard me hante, Thor. » Entendre que son royaume causait des cauchemars à une personne chère ne ferait peut-être pas plaisir au souverain au crin d’or, mais il n’en était pas différemment pour la déesse, qui appréhendait le moment de son retour depuis l’instant où elle avait été en état de marcher. Tiraillée entre son mal-être de vivre dans une chaumière mortelle et la hantise causée par la Grande Cité.

Il fallait néanmoins porter à nouveau son regard vers l’avenir. Les Nornes l’avaient épargnée jusqu’ici, et elle devrait s’en remettre tôt ou tard – ou du moins, apprendre à vivre avec l’atroce expérience. Jamais elle n’oublierait la perte de son enfant, de la fille qu’elle aurait pu avoir. Mais elle ne pouvait mettre de côté les deux vies qui avaient besoin d’elle pour s’épanouir. Vali et Narvi étaient la prunelle de ses yeux et elle ne les abandonnerait pour rien au monde – même si pour cela elle devait les entraîner jusqu’à l’autre bout de l’arbre-monde.
Sigyn porta justement un regard nerveux sur les jumeaux. Ils s’étaient assis tout près des boucs et partageaient joyeusement les cadeaux qu’ils avaient reçus, piaillant comme si de rien n’était. La déesse admirait réellement la résilience des enfants. Tout comme elle avait rapidement appris à délaisser les mauvais souvenirs se rapportant à son père, décédé bien trop tôt, pour ne chérir que les bons, ils parviendraient à oublier sélectivement les épreuves qu’ils avaient dû endurer. « Ne tardons pas », finit-elle par dire, un peu empressée. « Avant que mon courage ne m’abandonne. » Qu’elle l’admette ou non, il y avait bien une poignée de gens qui tenaient encore à elle et à qui elle avait des comptes à rendre.

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MessageSujet: Re: the ache for home lives in all of us ♦ thor   Dim 12 Juil - 20:36

L
a Fidélité portait en elle une indicible mansuétude, ce que d'aucuns considéraient comme sa plus probante qualité comme son pire défaut. Etre encline à pardonner, presque tout et n'importe quoi tant que l'amour y était, une propension que le Tonnerre n'avait qu'envers quelques rares élus. Quand bien même n'avait-il jamais douté que sa belle-soeur ne le vouerait pas aux gémonies pour un acte dont il n'était nullement fautif, l'entendre de ses lèvres blêmes était un soulagement, et contribua à dulcifier un tant soit peu sa tourmente à défaut de l'annihiler totalement. La probité barbare du nouveau roi n'était pas inconnue du tout Yggdrasil, plus encore lorsqu'il était question de ses promesses, qu'il voulait inexorable comme le temps s'écoulant. Peu accoutumé aux échecs, lui que l'on disait parangon de victoires après son paternel, chacune d'entre elles était une mélasse ardue à avaler, encore plus à digérer. Lui faudrait les semaines et la réflexion nécessaire à cela, tout autant que redoubler d'efforts pour sauvegarder Sigyn et sa famille de tout autre mal. Même si Asgard avait été l'estrade de leur déconvenue, il préférait la savoir là-bas plutôt qu'ici, dans l'indigence d'un royaume qu'il affectionnait certes, mais qui n'était pas un endroit adéquat pour une déesse et ses enfants. Il comprenait toutefois qu'elle n'y voit pas le même havre que lui, et secoua légèrement le chef pour signifier qu'il ne lui en tenait pas rigueur quant au fait qu'elle n'ait pas tenté de rentrer plus avant. Il haussa ensuite un sourcil pantois en apprenant qu'elle était parvenue à voir Gersimi, puis baissa la tête d'un air songeur lorsque sa contrée fut qualifiée de source cauchemardesque. « Je sais que tu as du mal à t'y sentir chez toi, j'en suis navré... » A son tour, il guigna en direction des jumeaux, vraisemblablement bien plus en paix que leurs aînés qui se rongeaient les sangs. Puis, la requête de ne pas d'avantage s'attarder fut pressante, ils n'avaient passé que trop de temps dans les environs, environs auxquels ne se rattachait probablement aucun souvenir heureux. « D'accord, rentrons. Nous aurons le loisir de discuter une fois sur place. » Il offrit galamment son bras à la sylphide pour l'escorter jusqu'au char se trouvant non loin, il l'aida à s'y installer, et en profita pour lambiner d'une dernière tirade. « Personne ne sait que vous êtes sur le chemin du retour, de fait, nul ne viendra vous incommoder tant que vous ne vous serez pas montrés. Des appartements sont évidemment prêts, et ils resteront votre antre tant que tu n'en auras pas décidé autrement. » Elle aurait besoin de repos, et de temps pour se persuader d'affronter la Cité Eternelle, hypothétiquement. D'un puissant sifflement, le monarque appela ses boucs, auxquels il repassa les sangles, avant d'encourager Vali et Narvi à rejoindre leur mère. Une fois cela fait, il grimpa avec la trinité et saisit les brides, s'assura que tous étaient convenablement positionnés – quand bien même allait-il faire preuve de précaution durant le trajet, cela n'en demeurait pas moins un voyage par la voie des airs – puis enjoignit les créatures caprines à prendre leur essor.


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