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Rumeurs
- Var a tourné le dos à son roi. Il parait que la déesse des Pactes préfère aujourd'hui les grosses faveurs de Frey !

- On dit que depuis que Tyr a pris les fonctions de son frère aîné, personne n'aurait encore osé lui proposer un coup de main .

- A Tromsø, on hésite à dire si la petite Brynja est maudite ou chanceuse, car après avoir manqué de se faire brûler vive par un dragon, elle a manqué par deux fois la noyade, dont une durant les raids !



 
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 Et le temps court, sans aucun recours.

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déesse de l'immortalité

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¤ Mangez des pommes ! ¤




MessageSujet: Et le temps court, sans aucun recours.    Ven 29 Mai - 23:52

Idunn avait choisi le lac pour convier sa petite sœur à un entretien nécessaire pour elles deux. Pourquoi ce choix ? Elle n’en savait rien. Autant que sa mémoire l’emportait, elle avait toujours ressenti une fascination largement perceptible pour les étendues liquides. Et plus particulièrement celle-ci. Au fil des siècles, puis des millénaires, elle se souvenait des multiples cérémonies qui voyaient rassemblés les habitants d’Asgard en ces lieux. Une foule de bons souvenirs, en somme. Le bon temps. Pendant un long moment, elle était ainsi restée debout, fixant l’horizon sans but ni tension. Quiconque l’aurait contemplée en cet instant n’aurait lu qu’une sérénité sans faille sur son visage statuaire. Une sérénité qui s’accordait parfaitement à son environnement. Elle semblait faite pour se trouver ici, maintenant, s’accordant avec harmonie au paysage magnifique qui s’étendait où qu’elle pose son regard. Pourtant, une angoisse de plus en plus palpable rongeait son estomac. Une angoisse et une douleur que sa conversation avec Bragi n’avait su apaiser, bien au contraire. Mais pas seulement. Si Idunn redoutait tant le face à face avec Sigyn, c’est qu’elle savait bien l’extraordinaire confusion qui ne manquerait pas de s’installer en elle, comme lorsqu’elle avait confronté son époux. Elle perdrait son calme, se changerait en boule de lave en fusion, perdrait de sa superbe et ne redeviendrait plus que l’enfant inquiète et jalouse, préoccupée à la simple idée de perdre sa légitimité, qu’elle était autrefois. Une aînée qui voyait d’un mauvais œil l’arrivée des autres, qui ne manquait pas de toiser les coiffures de ses sœurs, leurs expressions, leurs silhouettes mais également leur façon de se tenir. Oui. Sigyn parvenait à réveiller ce qu’il y avait de pire en Idunn, et celle-ci la détestait aussi pour cela. En réalité, la liste des griefs qu’elle aurait pu adresser à sa cadette était si longue qu’elle en ferma les paupières, dépassée et profondément triste de ce constat amer. Elle se força à inspirer profondément l’air pur qui s’offrait à elle, comme pour espérer vider ses poumons de la mesquinerie qui résidait encore en elle. Peine perdue, en réalité. Il y a des haines occultes, des colères anciennes, qui ne meurent jamais totalement. Qu’importe que le pouvoir de l’éternité coule dans leurs veines, les torts étaient irréparables. Plus que tout, la gardienne des pommes d’or blâmait Sigyn pour son silence terrifiant une fois revenue à Asgard, saine et sauve. Elle n’avait pas eu droit à une seule excuse, pas à un geste qui aurait pu lui indiquer qu’elle regrettait la conduite indigne de son époux et qu’elle manifestait à son égard un attachement réel, concret. Terrifiée par cette réalité des plus cruelles, Idunn n’avait pas poussé la réflexion au point d’imaginer les situations inversées. Elle ne voulait certainement pas se mettre à la place de sa sœur, non. C’était un transfert bien au-dessus de ses forces.

Alors, seule créature bipède des environs jusqu’à ce que les pas de Sigyn la mènent auprès d’elle, la déesse s’assit au bord du lac, veillant à ne pas laisser la vase la toucher. Elle en aimait l’odeur, mais bien peu le contact, et elle n’avait jamais perdu ses habitudes de coquette qui la poussaient régulièrement à prendre soin de sa mise, de ses tuniques, de ses vêtements et autres parures. Pour s’occuper, elle s’employa à tresser distraitement sa chevelure blonde qu’aucun voile ne protégeait aujourd’hui. Sigyn. L’époque où les deux gamines qu’elles étaient alors et qui se disputaient régulièrement entre deux attitudes d’indifférence était-elle réellement abolie ? Et si oui, était-elle si éloignée ? Illusion. Un sourire jaune aux lèvres, Idunn acheva sa tâche, laissant ses cheveux blonds désormais noués reposer tranquillement contre son épaule gauche. Elle savait que Sigyn viendrait. Elle le lui devait. Et tandis que la peur de se confronter de nouveau à ses démons montait en elle, elle se focalisait sur les paroles de Sif, dont la sagesse et les conseils avisés l’avaient poussé à procéder à une telle invitation. Sans en parler à personne d’autre, par ailleurs. Et puis qui l’aurait écoutée ? Qui se serait soucié de savoir que les deux sœurs se livreraient probablement à une énième joute verbale ici-même où la tranquillité naturelle ne demandait pas à être bafouée ? Cet isolement leur servirait au moins à éviter aux drames d’éclater au Palais. Maintenant qu’elle avait osé revenir…

Le calme alentour était tel qu’Idunn finit par déceler l’allure tranquille de sa sœur dans son dos. Les galets fins sous ses pieds l’en avertissaient par une douce mélodie qu’il lui serait alors bien pénible de troubler. La culpabilité se joignit alors à cette danse des émotions. Sa langue vint délicatement humecter ses lèvres, et elle profita des dernières secondes durant lesquelles elle pouvait encore feindre la solitude. La quiétude était brisée.

« Bonjour, petite sœur. »

Elle avait fait de mon mieux pour que sa voix soit moins dure qu’à l’accoutumée lorsqu’elle s’adressait à sa cadette, mais ses efforts ne pouvaient masquer l’inimitié profonde qui les déchirait depuis des lustres.

« Je me demandais si je te reverrais un jour. »


Life is the childhood of our immortality.

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MessageSujet: Re: Et le temps court, sans aucun recours.    Mer 10 Juin - 5:54

La missive aurait pu surprendre Sigyn mais en réalité, elle avait simplement accepté le bout de parchemin et remercié le messager d’un faible sourire après en avoir parcouru le contenu d’un regard absent. Elle n’avait pas besoin de réponse, l’expéditrice : il s’agissait d’une convocation bien plus que d’une invitation et la Fidélité ne sentait pas qu’elle avait besoin d’assurer l’Immortalité de sa présence, surtout qu’elle ignorait toujours si elle prendrait la peine de s’y rendre. Elle ne quittait presque pas ses appartements, mais pour des raisons bien différentes d’avant. La peur lui paralysait les membres et même les gardes qui l’escortaient constamment pour éviter un autre désastre ne suffisaient pas à apaiser ses craintes.
Mais il s’agissait tout de même de sa sœur, et toute haine qu’ils se portaient mutuellement ne pousserait pas Idunn à attenter à sa vie – tant qu’elle se rendait au lac en étant accompagnée, sans doute n’aurait-elle pas d’ennui. Ou du moins, elle osait l’espérer, mais l’ombre d’un doute était toujours ancrée à sa peau comme un boulet à la cheville d’un prisonnier.

Le moment venu, elle se défit de sa tunique d’intérieur afin d’enfiler quelque chose de plus approprié à une rencontre en public. À son retour, elle avait dû faire ajuster une poignée de ses habits, désormais trop lâches, qui tombait sur elle comme un simple drap déconstruit tant sa silhouette s’était amaigrie. Elle n’avait jamais été bien en chair, mais son visage émacié et son teint blême trahissaient les durs instants qu’elle avait dû passer sur la terre des humains – même le fait de pouvoir de nouveau manger à sa faim et de dormir dans son duvet n’achevait pas de la remettre sur pied. Les attentions de ceux qui s’étaient inquiétés pour son sort ne tarissaient plus, mais son énergie laissait toujours à désirer.
Elle posa le regard ailleurs lorsque fut le temps de glisser la robe sur son corps, souhaitant éviter de croiser la réflexion de la terrible cicatrice qui lui bariolait sauvagement l’abdomen. Sigyn n’arrivait toujours pas à faire le deuil de cette enfant qu’on lui avait arraché bien trop tôt – sa fille, son unique fille, qui ne verrait jamais le jour et ne connaîtrait jamais l’amour que sa mère lui portait déjà alors que la lame pourfendait son corps, et lui portait toujours maintenant que la plaie avait cicatrisé. Physiquement, du moins, car la blessure infligée à sa psyché était plus fraîche que jamais.

Elle ouvrit doucement la porte de ses appartements et glissa sa tête dans l’embrasure – aussitôt, une paire de gardes royaux s’empressèrent de se rapprocher, se postant de part et d’autre de la déesse dès qu’elle fut sortie. Ils faisaient bien une tête et demie de plus qu’elle, mais elle ne se sentait pas entièrement en sécurité pour autant. Mais l’invitation était l’occasion parfaite de mettre le nez dehors, même si elle redoutait ce à quoi sa conversation avec Idunn ressemblerait. Leurs consuls n’étaient que rarement cordiaux – voire jamais, depuis une poignée de siècles – et Sigyn en ressortait toujours furieuse et courroucée. Mais elle avait changé depuis. Si son séjour sur Midgard aurait dû éroder sa patience, il l’avait plutôt amplifiée, dans une sorte de fatalisme et de résignation qui lui donnait un air apathique.

Quelques minutes de marche suffirent à ce qu’elle rejoigne le lac où son aînée l’attendait patiemment. Elle l’apercevait, de loin; elle demanda à son escorte de l’attendre à une certaine distance afin de leur assurer une certaine intimité, mais elle ne doutait pas qu’ils resteraient aux aguets. Sigyn ne doutait pas que la colère de Thor serait terrible s’il lui arrivait malheur après l’inquiétude qu’elle avait causée et son rapatriement en terre des dieux.
Ainsi, elle s’était approchée doucement, ses pas foulant le sol dans un frottement discret qui n’avait néanmoins pas échappé à sa sœur. À ses courtoisies, elle répondit par un sourire et un hochement de tête mal assuré. « Tu comprends donc désormais ce que j’ai pu ressentir lors de ta disparition », avait-elle répondu par la suite d’un ton égal. Elle s’était arrêtée à quelques pas d’Idunn pour finalement ancrer ses iris mordorés dans ceux, azur, de sa sœur. « Que me vaut donc cette invitation? J’ose croire que ce n’est guère par accès de sympathie pour ma personne. »

À Asgard, ce n’était guère un secret ni un mystère : les sœurs ne s’étaient jamais entendues. Elles avaient marié des frères, partageaient le même père et la même mère, et surtout, adoraient la même cadette. Mais elles n’étaient pas plus proches pour autant – peut-être même que c’était ce qui contribuait à alimenter leur animosité. Deux inconnues, deux belles-sœurs auraient pu allègrement s’ignorer sans causer le moindre remous. Or, leur lien filial les empêchait de s’écarter de la vie de l’autre en toute impunité.

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do I dare disturb the universe
Qui ne sait pas que tous nos amours sont de la démence? Que tous nous laissent à la bouche la cuisante absinthe de la duperie? — Barbey d’Aurevilly.

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