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Rumeurs
- Var a tourné le dos à son roi. Il parait que la déesse des Pactes préfère aujourd'hui les grosses faveurs de Frey !

- On dit que depuis que Tyr a pris les fonctions de son frère aîné, personne n'aurait encore osé lui proposer un coup de main .

- A Tromsø, on hésite à dire si la petite Brynja est maudite ou chanceuse, car après avoir manqué de se faire brûler vive par un dragon, elle a manqué par deux fois la noyade, dont une durant les raids !



 
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 After the firestorm comes the mortal ashes and a reborn... (Arnórr)

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viking - völva

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MessageSujet: After the firestorm comes the mortal ashes and a reborn... (Arnórr)   Mer 24 Juin - 14:21

After the firestorm comes the mortal ashes and a reborn
Feat. Arnórr Ormfrid


Les cendres volantes obscurcissaient la vue. Les maisons continuaient de brûler. Le dragon était abattu et nombre de dieux étaient encore présents dans le village mais rien ne pouvait détourner les yeux de Sunniva de la misère et du chaos qui s’étaient ainsi abattu sur son univers et ses habitants. Des enfants cherchant leurs parents, des femmes criant le désespoir de la perte de ces êtres qui ont grandis en leur sein, des maisons emplies de souvenirs brûlant avec pour témoin un ciel qui, comme s’il portait lui aussi le deuil, restait sans étoiles. Les morts et les blessés s’entassaient, tout espoir avait quitté les mortels et elle en était responsable. Elle était rentrée pour ça. Elle avait fait le voyage jusqu’ici pour éviter ce drame, et voilà qu’il avait eu lieu, étendant devant elle sous cette monstrueuse forme l’ampleur de son échec et de son impuissance. Elle n’aurait pas dû attendre, elle aurait dû courir voir Brynja et lui parler de cette vision qu’elle n’avait pas compris jusqu’à ce que la funeste fumée se soit élevée dans le ciel plus tôt dans la journée. Si elle l’avait fait, peut-être qu’ils auraient pu mieux s’en sortir. Une larme coula sur la joue de la völva, créant un sillon dans la couche de poussière noire collée à sa peau. Elle s’en voulue immédiatement. De quel droit pleurait-elle alors que tant d’autres avaient tout perdu et qu’elle aurait pu l’éviter ? Quand elle avait compris ce qu’il se passait, le temps de descendre au village il était trop tard. Son père lui avait pourtant dit de rester cachée, mais elle ne pouvait pas s’y résoudre. Elle s’était assez dissimulée aux regards des autres. Maintenant, elle voulait agir et les aider, même si c’était risquer de voir son secret révélé.

Sortant de sa torpeur en voyant une jeune femme seule et blessée allongée sur la plage, elle se précipita vers elle. S’agenouillant près d’elle, la völva tenta de la rassurer.

- «Je m’appelle Sunniva. Restez calme ça va aller, je vais m’occuper de vous…»

Son regard parcourut le corps de l’inconnue qui devait être voluptueux et gracieux. Malheureusement, ce qu’elle avait sous les yeux ne rassura pas Sunniva. Sa chair était en lambeaux, un flot de sang coulait aussi bien de ses plaies béantes que du coin d ses lèvres. Quelqu’un semblait lui avoir apporté quelques soins avant de la laisser à l’abandon décidant qu’elle ne pourrait de toute façon pas survivre. Elle regarda la victime de ce massacre dans les yeux et comprit qu’elle voulait lui dire quelques-chose sans y parvenir.

-« Arnórr…»

- «Vous voulez que je trouve Arnórr ? »

Le soulagement d’être comprise dans les yeux de sa protégée lui donna raison. Elle héla une jeune femme qui ne semblait pas quoi faire pour aider et lui fît signe de venir. En voyant l’étendue des dégâts, elle eût un léger cri d’angoisse. Sunniva n’ayant pas le temps de tergiverser, fît promettre à la jeune fille de la garder en vie aussi longtemps que possible.

-« Où allez-vous ? Gunhild a besoin de vous ? »

Elle s’appelait donc Gunhild. C’était sa femme, enfin l’une de ses femmes. Mettant ses sentiments de côté, elle se concentra sur la jeune fille en panique. Se faisant le plus rassurante possible, Sunniva lui explique qu’elle allait chercher son mari et qu’il fallait absolument que la blessée tienne jusqu’à son retour. Elle lui souhaita bon courage et se mit à courir vers le village en ruine, les hommes étant pour la plupart toujours là-bas. Sans s’en rendre compte, son cœur commença à battre la chamade. Elle connaissait peu de personnes au village et l’idée qu’ils aient pu mourir dans ces flammes ou écrasé dans leurs propres demeures l’angoissaient. L’estomac noué, elle repensa à sa relation avec cet homme pourtant marié. Simple curiosité de chaire au départ, elle avait commencé à avoir de l’affection pour lui. Comment l’éviter quand on s’unit à un être qui vous fascine tellement pendant plusieurs lunes ? Sunniva était pourtant loin d’être attirée par les hommes déjà mariés mais il avait quelque chose qui l’intriguait et elle s’était irrémédiablement sentie happée par son aura et ce magnétisme presque irréel qui s’était créé entre eux. Elle n’avait toujours pas mis de mots dessus, soit par peur soit par ce que tout simplement il n’y en avait pas. Voilà maintenant quatre ans qu’elle été partie et elle voulait le voir. Elle se mit à prier intérieurement qu’il ait survécu aux flammes et à ce drame funeste. Un homme boitant lui indiqua le centre du village quand elle lui demanda s’il n’avait pas vu Arnórr. Elle sourit et courue aussi vite que possible, malgré l’essoufflement, remettant le visage de cet homme qu’elle avait laissé derrière elle sans un mot. Après tout, elle savait que pour lui elle n’était pas si importante que ça. Juste une peau chaleureuse contre laquelle se blottir et laisser le plaisir les entraîner au loin. Elle s’arrêta soudain, l’apercevant errant à travers les ruines de ce qui fût la grande place de Tromso, comme s’il constatait les dégâts. Elle courut dans son dos, attrapa son épaule pour l’interpeller.

- « Arnórr ? »


Il se retourna et pour Sunniva s’était comme si elle n’était jamais partie. Il était toujours aussi beau, malgré la sueur, la cendre sur son visage et ses blessures, il avait toujours ce charisme qui la plongeait à chaque fois un peu plus dans cette relation qui allait pourtant contre ses principes à elle. L’idée qu’il ne se souvienne pas d’elle lui traversa l’esprit blessant sa fierté comme son petit cœur de jeune femme. Mais elle n’était pas la priorité du moment. Une femme attendait le retour de son mari pour partir en paix. Une femme à qui elle avait arraché le mari plusieurs nuits et qui allait connaître sa dernière ce soir parce que la völva n’était pas revenue à temps. Une double culpabilité qui lui redonna la force de prononcer ces mots.

- «Gunhild te demande. Elle est mourante… Suis-moi.»

Elle partit en courant en direction de la plage, n’osant pas toucher sa peau de peur de se souvenir de la chaleur de sa peau, du plaisir de leurs étreintes et de toutes ces choses qu’il lui avait fait découvrir. Elle n’avait jamais su ce qui avait ramené l’homme vers elle ces nombreuses nuits. Peut-être parce qu’elle avait cette douceur rare chez les femmes vikings, son côté chaleureux ou peut-être simplement le plaisir qu’elle lui donnait suffisait à l’attirer au creux de ses reins. Rougissant de honte d’avoir de pareilles pensées alors que la femme de son ancien amant été mourante, elle accéléra pour essayer d’arriver à temps.





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MessageSujet: Re: After the firestorm comes the mortal ashes and a reborn... (Arnórr)   Ven 26 Juin - 23:50

D
es paillettes ignées voletaient dans l'air autrefois frais, aujourd'hui chargé d'une fragrance sépulcrale, de ce qui demeurait du village. Les flammes étouffées par l'ondée de Thor et l'écume d'Aegir avaient laissé place à des volutes d'une fumée opaque qui s'élevaient jusqu'au firmament, les symboles de la perdition terrienne qui iraient potentiellement entacher la magnificence d'Asgard, tout là-haut. Quand bien même les dieux eux-mêmes s'étaient déplacés, certains d'entre eux musardant encore dans les environs, fallait-il les louer de bienfaiteurs ou les taxer d'indolents ? Ils avaient occis le monstre draconique, celui-là même qui n'aurait jamais eu le loisir de lancer son assaut sur les innocents qu'ils étaient si les fameuses déités s'étaient chargées de le chasser plus avant. Mais il avait fallu que, dans leur immensurable infatuation, ils ignorent sciemment le péril jusqu'à ce que celui-ci ait emporté la moitié de la peuplade. Cruauté et lubie divine s'amalgamaient à l'abjection universelle des Nornes, et les midgardiens étaient les premiers à en faire les frais. Piégé entre le marteau et l'enclume, ils obtenaient une céphalée en guise de couronne d'épines, et c'était désormais tels des morts revenus à la vie qu'ils erraient dans les ruines de ce qui fut jadis leurs logis. Même le jarl s'était effondré une fois la bataille achevée, l'on avait vu le monarque d'Yggdrasil le relever en personne, susurrant quelque prose secrète à son oreille pour l'arracher à une torpeur somme toute justifiée. Confus et chancelants, les pauvres hères de Tromso ne savaient que faire, que dire et même que penser. L'on quêtait après les proches disparus, l'on pleurait ceux fauchés, l'on buvait au sein de la Fatalité un lait caillé qui brûlait la gorge et dissolvait l'âme. L'on avait osé se lamenter du passé, et plus que jamais, l'on frémissait quant à un futur pour l'heure inexistant. Car tous s'en doutaient, les immortels les abandonneraient à leurs tribulations, il en était ainsi depuis des millénaires, et cette fois ne ferait pas exception à la règle. Vulnérable, insignifiante, voilà ce qu'était la race humaine.

Même Arnorr, nonobstant sa perfidie intrinsèque, se sentait étreint par un certain traumatisme. Tenaillé par l'incompréhension, voilà ce qu'il était, et il avait fui le sordide spectacle qu'offrait la plage pour suivre ses homologues et rôdailler dans les ruelles transfigurées en nécropole. Il n'avait pu retrouver le cadavre de Lihra, la compagne qui avait refusé de s'esbigner et s'était sacrifiée pour sauver celui qu'elle avait aimé, sans que lui n'ait jamais eu une flammèche d'amour la concernant. La contempler se vider de son sang juste sous ses yeux n'avait pour autant pas manqué de le désarçonner, une perte malheureuse, bien que remplaçable. Puis, il avait vogué jusqu'au monticule fumant qu'était devenue sa maison, avant de s'en aller vérifier leur taverne, qu'il avait trouvée dans le même état. C'était au pas de celle-ci qu'il avait fait halte, une oeillade figée et morbide sur le macchabée d'un viking estropié d'un quart de son anatomie, lorsqu'une poigne lui embrassa l'épaule pour attirer son attention. Il fit volte-face à l'entente de son prénom, et s'avoua pantois en apercevant Sunniva, qu'il n'avait pas coudoyée depuis bien des lunes. Point le temps de s'attarder pour autant, car la sylphide était émissaire d'une sombre nouvelle, que l'Ormfrid put à peine considérer avant qu'elle ne lui ouvre la voie. « Gunhild... ? »

Et il s'élança à son tour, rejoignit l'étendue aréneuse aux dunes empourprées, puis arriva promptement aux abords de la scène. Alitée, sa troisième épouse était exsangue, ses meurtrissures vomissant leur fluide écarlate pour la vider de sa vie. Si plusieurs secondes s'écoulèrent avant qu'il ne daigne réagir, la main frémissante que Gunhild éleva en sa direction le fit mouvoir, et il posa une rotule au sol pour être près d'elle. Si jeune, si frêle, c'était son innocuité apparente qui l'avait charmé la première fois qu'il l'avait vue – outre le fait qu'il s'était uni à elle dans l'espoir d'un jour récupérer les richesses de son père. Même si ses sentiments étaient une fois encore inféconds, la pauvrette ne méritait pas pareil sort, et la voir souffrir l'écorche plus qu'il ne l'aurait imaginé. Elle effleura sa joue, fit bouger ses lèvres dans une vaine tentative de communiquer, mais il était déjà trop tard. Ses paupières se fermèrent. Elle devint inerte, ses phalanges retombant lourdement sur le sable froid. Il n'y avait pas eu un mot. Le sylphe admira sa vénusté morte dans un mutisme glacial, et lentement, il se redressa, fit quelques pas en arrière. Une placidité de façade, voici ce qu'il arbora, n'y eut que ses prunelles mordorées pour trahir l'ire qui le dilacérait de l'intérieur. L'une des soigneuses lui harpa subitement le bras et se mit à défaire le bandage de fortune qui s'y trouvait, une initiative qui laissa l'intéressé de marbre, jusqu'à ce que, malhabile, elle ne lui provoque une fulgurante douleur qui le sortit de son apathie dans un râle puissant. « AAAAH !!! Ne m'touche pas catin ! » Sidérée, l'apprentie soubresauta, tandis que le pansement se détacha pour dévoiler la peau grièvement brûlée du pisteur sur la quasi totalement de son membre. « Vous devez souffrir le martyr, laissez-moi vous aider ! Et votre visage ! » Sur sa gueule torsadée, effectivement, une pléiade d'estafilades qui avait heureusement cessé de saigner, mais qui n'en demeurait pas moins inquiétante à observer. « Bouge ton petit cul là où je ne le verrai pas, j'ai pas besoin de ton aide ! Mais... ! Tu crois que j'ai matière à me plaindre avec un bras cramé et quelques coupures sur la tronche peut-être ?! » Choquée et impuissante face à la véhémence du mortel, la jouvencelle finit par se tourner vers celle qui s'était chargée de l'amener ici. « Je vous en prie, dites-lui ! »

Les calots obscurcis de l'éclaireur échouèrent sur le galbe encrassée de la prophétesse, qu'il prit indûment comme nouvelle cible de son courroux. « Oh ouais, vas-y, dis-moi Sunniva. » Reprit-il avec un sarcasme belliqueux, une attitude de bien mauvais augure pour la suite des événements. Il approcha d'elle, un sourire qui n'en était pas du tout un pendu au faciès, et il se pencha sensiblement vers l'avant comme s'il avait désiré se mettre à sa hauteur. « J't'écoute, je suis tout ouïe de tes prodigieux conseils, toi qui es bénie par la clairvoyance des dieux ! Nous savons tous que ta parole est d'or et qu'Odin lui-même jalouse ta sagesse, alors, quoi ? Devrais-je ronger mon propre bras pour m'éviter la douleur des brûlures ? » Il attendit, et après un instant, fut secoué d'un ricanement insalubre. « Eh bien ? T'as rien à dire ? Pourtant j'suis suspendu à tes lèvres, on est tous suspendus à vos lèvres, satanées völvas, et c'est bien ça le problème ! » Il se redressa, enfiévré d'une colère qui le fit gesticuler comme un beau diable pour montrer les alentours, ceci en dépit de ses maux. « Regarde le résultat ! Parce que vous nous prédisez des conneries, mais quand y s'agit d'une catastrophe à venir, là, y a pu personne ! Pourquoi t'étais pas là pour nous dire que la moitié d'entre nous crèverait là même où ils sont nés ?! » Il revint vers elle et lui cracha au minois. « C'est votre foutu rôle à Thilda, Tora et toi de nous préparer à ce genre de choses !! Qu'est ce qu'on est censés faire maintenant ?!  Hein ?! M'oblige pas à t'arracher une réponse en même temps que la langue Sunni, tu sais que je le ferai ! » Emporté dans le magma de son émoi, Arnorr accusait sans songer, parlait sans réfléchir, et il y avait fort à parier qu'il prendrait vite conscience de son ineptie.



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« J'ai ce besoin de détruire ce qui m’entoure. Ce n'est pas parce que c'est plus facile que de construire, non, car en vérité, construire n'est pas bien ardu non plus. C'est d'entretenir qui est complexe, et totalement impossible quand on voit les choses en grand. Alors je détruis sans vergogne. Je sabote les fondations même, afin que celles-ci s'effondrent et que de ces amas ne puisse rien ressurgir. Je ne suis qu'un saboteur, et c'est la seule chose que je sais faire sans erreur. »
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MessageSujet: Re: After the firestorm comes the mortal ashes and a reborn... (Arnórr)   Mar 30 Juin - 16:15

After the firestorm comes the mortal ashes and a reborn
Feat. Arnórr Ormfrid


Elle était restée en retrait de ces adieux entre époux, ayant l’impression de ne pas être à sa place, voire d’être de trop. Elle ne savait que faire : rester près du veuf pour le soutenir ou s’en aller aider d’autres personnes dans le besoins. Elle commençait à s’inquiéter n’ayant toujours pas croisé une seule personne de sa famille. Ils étaient pourtant tous au village pendant l’attaque. Son père devait être parti vers le port pour voir ce qu’il restait à sauver, au moins un de ses oncles devait aussi y être allé. Peut-être devrait-elle y jeter un œil, histoire d’au moins savoir si certains en avaient réchappé… La voix d’Arnórr agressant la pauvre jeune femme essayant pourtant de lui venir en aide sortie la völva de ses pensées. Spectatrice de la colère du jeune homme qui ne faisait que montée un peu plus, elle était figée par la surprise avant de comprendre que c’était sa façon d’extérioriser sa peine. Cependant la pauvre soigneuse étant si injustement traitée, qu’elle se tourna vers Sunniva demandant son aide et déviant immanquablement la fureur du veuf sur elle. En voyant son regard noir croiser le sien, elle comprit que l’eau glacée de ses paroles allait s’abattre sur elle. Elle le savait, et elle se blinda, s’abritant derrière un bouclier invisible, enfonçant ses pieds dans le sol pour affronter le flot destructeur.

La première salve fût plus violente qu’elle ne l’aurait crue et voilà que déjà son bouclier se fissurait et qu’elle perdait l’équilibre. « Clairvoyance », « dieux », « Odin jalouse ta sagesse » tant de mots qui laissaient présager le pire et qui l’avait rendue plus muette et plus blafarde que les morts s’accumulant par dizaines. Enfin le mot fût prononcé « Völva » et ce qu’elle craignait le plus arriva. Il gesticulait dans tous les sens, geste que Sunniva interprétait comme une danse macabre et mauvaise, signe et punition de son impuissance. Aux mots acérés de cet homme perdu se mêlaient sa propre culpabilité, la douleur face à ces accusations injustement prononcées par le seul homme qu’elle n’ait jamais connu et la terreur d’avoir été démasquée. Comment le savait-il ? Comment pouvait-il être au courant ? Elle ne lui avait pourtant rien révélé, elle avait fait bien attention à cela. Elle s’était donnée tant de mal pour dissimuler sa nature, son père avait fait tant de sacrifice pour la préserver et Arnórr qui l’exposait ainsi à toutes les oreilles s’attardant dans le coin.

Quand un cracha s’écrasa sur sa joue, s’en fut trop pour la belle. La colère de la jeune femme montait et à chaque mot de plus prononcé par l’inconscient elle fulminait et mourrait d’envie de lui faire regretter ce geste irrespectueux et la réduisant à moins que rien. Ecrasant l’affront d’un revers de manche furieux, elle lui lança un regard qui aurait fait prendre feu à une cascade.

-« C'est votre foutu rôle à Thilda, Tora et toi de nous préparer à ce genre de choses !! Qu'est ce qu'on est censés faire maintenant ?! Hein ?! M'oblige pas à t'arracher une réponse en même temps que la langue Sunni, tu sais que je le ferai ! »

Maintenant il la menaçait ? De mieux en mieux. Il s’enfonçait et la jeune femme avait de plus en plus de mal à se contenir. Elle lui asséna une gifle dont la violence fit tourner la tête à l’impolie et qui laisserait sûrement une belle trace sur sa peau et sa fierté. La voix sifflante, elle s’adressa enfin à lui.

- «C’est bon ? Tu as fini ta folie ?»

Elle le saisie par le col, et se rapprocha de son visage juste ce qu’il fallait pour que seul lui puisse entendre sa voix grave et tremblante de rage.

- «Tu veux des réponses Arnórr ? Alors je te conseil de me suivre sans faire d’histoires et d’arrêter de gesticuler dans tous les sens en hurlant avec l’imbécilité d’un attardé ou d’un ivrogne. Hurle encore un mot de plus et ta langue bien trop pendue que tu retrouveras à même le sol, servant de carpette au peu de dignité qu’il te reste. »

Ne le laissant pas poursuivre, elle se tourna vers les soigneuses et leur lança sur un ton ferme et entendu qu’on ne lui connaissait pas et qu’elle détestait employer.

- «Je m’occupe de lui, il semble pris de folie. C’est sûrement la douleur et la peine qui lui montent à la tête. Ne vous embêtez pas plus avec lui et allez vous occuper de personnes qui méritent et demandent toute votre attention.»

Elle s’en voulue d’avoir dit une telle chose, mais il avait été tellement acerbe avec cette pauvre jeune fille qu’elle méritait d’aller voir quelqu’un qui serait heureux qu’on lui vienne en aide et qui ne risquerait pas de lui cracher au visage ou de la traiter de « catin ». La jeune fille acquiesça et ne sembla plus faire cas de ce qu’avait dit Arnórr. Il faut dire qu’à hurler de la sorte en faisant de grands gestes appuyés de regards fiévreux il l’avait plus qu’aidé à faire passer l’excuse de la folie. Son secret était pour le moment préservé et elle espérait bien qu’il continu à l’être. Elle le traîna, toujours agrippée à son haut jusque dans la forêt à l’abri des oreilles et des regards indiscrets. Là, elle fit un grand geste avec toute la force dont elle était capable pour le faire basculer en avant et qu’il lui fasse à nouveau face. Elle garda la main près du couteau accroché par une lanière en haut de sa cuisse, prête à dégainer s’il montrait le moindre geste agressif à son égard.

- «Maintenant, parlons. Quelle est cette histoire de völva que tu me chantes ? Es-tu devenu fous pendant ces quatre années ? Assez fou pour te retourner contre les personnes qui veulent t’aider ?»

Elle déguisa sa vraie question enrobée dans des reproches. Peut-être qu’elle pouvait encore sauver la situation ou du moins comprendre comment il pouvait bien être au courant de sa condition. Peut-être parviendrait-elle à lui faire entendre raison. Elle était toujours furieuse mais essayait de tempérer. Si la colère restait, elle serait incapable de réfléchir et perdrait la main. Elle n’arrivait pas à le croire. Cet homme, qui représentait pour elle tant de bons souvenirs, lui crachait au visage et lui parlait plus mal qu’à un chien galleux. Elle ravala sa bille, après tout, à quoi bon ? Elle se contenta d’essayer de lui faire reprendre ses esprits.

- «Comment peux-tu accuser les völvas de cette attaque ? Ne sont-elles pas que des réceptacles ? Des intermédiaires entre les Dieux et les mortels ? Ne sont-elles pas dépendantes du caprice du destin et des Nornes ? Qui es-tu pour parler ainsi de choses que tu n’effleures même pas ? Sais-tu ce que c’est toi, d’être assailli continuellement d’images que tu ne comprends pas toujours ? De voir ce que tu aurais préféré ignorer ? De prédire le meilleur comme le pire ? De subir la pression et les accusations d’ignorants quand déjà toi-même tu sens la flamme de l’impuissance et de la culpabilité te ronger les entrailles ?!»

Elle avait finalement laissé la colère prendre le dessus et elle avait craché ses derniers mots avec une rage qui lui arracha des larmes de douleur qu’elle avait pourtant retenues de toutes ses forces. Elle essuya rageusement l’eau pure qui perlait à ses yeux et souffla un bon coup pour essayer de retrouver son calme. Sa culpabilité l’étouffait presque et elle avait du mal à respirer. Mais, même sans être une guerrière, elle avait cette force intérieure de ceux qui croient en un bel avenir, qui croient qu’il y a une raison à tout et qui peuvent tenir grâce à cela. C’est cette force qui lui permit aussi d’enfin poser son regard sur le bras brûlé d’Arnórr et de ressentir l’envie de l’aider. Malgré tout ce qu’il venait de dire et de faire, elle avait toujours de l’affection pour lui qui l’empêchait de lui vouloir un trop grand mal. Soupirant, elle lui montra ses chaires brûlées du menton.

- «Je suis désolée pour ce qui est arrivé à ta femme, mais laisses-moi au moins soigner ça avant que tu perdes ton bras et te sentes encore plus idiot demain…»







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MessageSujet: Re: After the firestorm comes the mortal ashes and a reborn... (Arnórr)   Jeu 9 Juil - 0:54

B
oire le calice jusqu'à la lie, c'était ce qu'ils étaient tous condamnés à faire, et le dépôt était plus âcre pour certains que pour d'autres. Arnorr savait usuellement tenir les brides de ses affects, lui qui passait son temps à les farder, mais qui concédait volontiers que sa haine était une gangrène qu'il était incapable de maîtriser, comme si son unique raison de vivre n'était point d'aimer, mais d'exécrer. L'âme calcinée par l'aversion, avec, sans distinction aucune, ou presque. C'était ainsi que les flammèches de son émoi brûlaient le doux être de la völva, qui ne cherchait qu'à être une panacée, qu'elle ne serait jamais que dans ses chimères. Il savait qu'elle n'était pas plus à admonester que tous ceux amassés sur la plage ou à errer dans les ruines du village, mais il lui fallait épancher ce ressenti qu'il n'aurait, de base, jamais dû ressentir. Il se souvenait à présent d'à quel point il était humain, et aussi, que même en se plaçant bien en de-çà de l'abjection, il continuait d'être la proie de ces sentiments qu'il tentait d'annihiler à travers ses ignominies. Peine perdue, puisque pour l'heure, la vision de son épouse décédée soulevait en lui un magma ineffable. Il en occultait totalement que son désir le plus ancien s'était réalisé, Tromso, lieu de ses calvaires, détruite jusqu'à la presque dernière masure. S'il était ainsi débarrassé de nombre d'importuns, il ne pouvait apprécier la situation à sa juste valeur, car plus que la mort elle-même, c'était l'offrir à ceux qu'il maudissait qu'il adorait. Sans l'estocade portée par sa propre main, sa soif vindicative ne pouvait être étanchée, et au final, il était tout aussi perdant que ses homologues. Peut-être était-ce parce qu'il désirait ardemment enfanter une lueur de souffrance dans les mirettes de son interlocutrice, pour pouvoir mieux s'en bâfrer et se sentir égoïstement mieux, qu'il s'était subitement acharné. Et il sentait sa frustration culminer, il voulait la voir exploser, qu'elle le voue aux gémonies pour les siècles à venir, et il sut qu'il y était parvenu lorsqu'il sentit la paume lui embrasser la joue dans une fureur abrasive. Sa tête obvia violemment, le coup eut au moins le mérite de lui couper la chique à défaut de tarir son courroux, et il plongea dans les orbes anthracites de la belle lorsqu'elle le saisit par le col. Sa bouche se torsada dans un rictus amer, mais il ne prononça mot, au moins jusqu'à ce qu'elle se mette à le traîner dans son sillon à l'instar d'un marmot sur le point d'être vilipendé à l'abri des regards indiscrets.

« Lâche-moi ! » Illustrant ses paroles d'un geste brusque pour la faire lâcher prise, il coupa leur contact physique, aussitôt rétabli par la donzelle qui l'obligea à s'incliner sur elle. Les calots du jeune homme ne manquèrent pas la poigne proche du surin, qu'il feignit d'ignorer, pour ne surtout pas faire l'erreur de l'imiter et de les harper dans une rixe insensée. Il sourcilla, et ne donna aucune suite à ses interrogations. Il venait de livrer une information conséquente – et qui aurait potentiellement pu lui être utile en d'autres circonstances – sans y réfléchir, un renseignement cardinal qu'il n'était pas supposé savoir et qui venait de ruiner la chance qu'il avait eue, cette nuit-ci, en découvrant l'essence de la prophétesse. Et celle-ci de poursuivre avec un monologue sur sa condition au-delà de l'entendement, sur ce que d'aucuns considéraient comme une providence, d'autres comme une malédiction. Il aurait pu mimer une once de compassion, mais à cet instant, il n'en fit rien, et se contenta d'avaler la goulée de doléances qu'elle lui offrit comme s'il avait été question d'une pitance insipide. Contempler sa rage, cela lui permettait de filtrer la sienne, aussi vicieux cela pouvait-il paraître, et il se sentit bientôt purger d'une partie de son malaise à défaut de la totalité. Il prit enfin conscience de l'attitude inopportune qu'il avait eue, lui qui détestait perdre le contrôle s'était littéralement abandonné au caprice. Il était vain de clabauder, il fallait s'aliter dans un coin et lécher ses plaies jusqu'à la guérison. Innommable que cet homme, qui s'hydratait aux larmes d'une innocente trop magnanime, car lorsque les perles lacrymales coulèrent sur son minois, il trouva ses larmes infiniment plus belles que ses sourires. Son eurythmie revenue à la normale, il respira un peu plus profondément, pour mettre un terme définitif à son accès nerveux, et dénicher ce qu'il fallait de courage pour admettre ses torts – ce que tous n'étaient pas à même de faire.

« D'accord. » Répondit-il d'une intonation indiciblement plus suave, comme s'il cherchait à apaiser la louve précédemment offensée. Il darda d'ailleurs sur elle un regard plus doucereux, quoi que toujours ambré du traumatisme de la bataille, qu'il ne pouvait s'empêcher de porter malgré lui – car il était tout bonnement impossible de ne pas être touché, de près ou de loin, par ce qui s'était produit. « J'n'aurais pas dû m'énerver, c'est vrai. Tu n'y es pour rien, je suis désolé. » Il détourna les prunelles, harassé par l'épuisement et le faciès endolori par les multiples écorchures. « Je viens de voir ma femme mourir dans une douleur que je ne peux qu'imaginer. Je ne suis pas homme à montrer mon attachement, mais Gunhild... elle ne méritait pas ça. Cette petite était l'innocence incarnée, les Nornes auraient dû lui accorder un trépas plus doux... et un mari plus aimant, probablement. » Il baissa les yeux, quelque part, un peu honteux, même si le deuil s'envolerait aussi vite qu'il était venu. Il lui fallut plusieurs secondes avant de reprendre la parole, pour ne glavioter qu'une mauvaise nouvelle de plus. « Lihra est morte aussi. » Sa seconde épouse. Il croisa les mirettes de Sunniva, dans lesquelles il s'attarda, avant de se détourner, rattrapé et assommé par le choc d'une attaque dévastatrice.

Un peu gauchement, il se dirigea vers une souche morte et y posa son séant, bien mieux proche du sol qu'en équilibre sur ses jambes. A ce moment, toute la pesanteur d'Yggdrasil sembla accabler le sylphe, dont la carcasse fut graduellement parcourue des maux en éveil causés par ses cascades durant l'assaut. Mollement, il tendit son bras, laissant toute liberté à l'ondine de s'y attarder ou non. Les pupilles dans le vague, il entonna un lugubre récit. « Dire que j'ai réussi à les sortir du logis juste avant qu'il ne s'effondre, et pour quoi... Lihra et sa putain d'opiniâtreté. Elle est revenue, pour me chercher. Elle ne voulait pas partir sans moi, l'idiote. J'ai essayé de la faire dégager, mais des débris nous sont tombés sur le coin de la tronche, elle m'a bousculé pour m'éviter d'être blessé... et s'est retrouvée avec un pieu planté dans la gorge. Elle s'est vidée de son sang devant moi, et j'n'ai pas bougé. » Une abnégation inconcevable, inepte.Voilà pourquoi il préférait haïr plutôt qu'aimer, l'amour ne menait qu'à la perte, ce n'était qu'un méchef de l'existence qui menait droit à la Fin. « Et avec ça j'n'ai aucune idée d'où peut bien être Asa. Ma première épouse introuvable, et les deux autres à l'Helheim. Quelle magnifique matinée. » Puis, il chut dans un mutisme obscur, sillonnant les aspérités d'une réflexion qu'il garda un instant pour lui-même, mais qui pesa manifestement sur sa conscience. Ce fut finalement presque avec une voix d'outre-tombe qu'il questionna, à brûle-pourpoint. « Qu'est ce que tu sais sur le Royaume des Tréfonds ? » L'interrogation était soudaine et sans assise, l'Ormfrid obliqua un regard au paroxysme de l'intérêt sinistre sur la gracile nymphe à ses côtés. « Tu es une völva, je l'sais et tu ne peux plus rien me cacher à ce niveau. Ca veut dire que tu en connais plus que le commun des mortels sur nos dieux et sur l'Arbre-Monde. Raconte-moi l'Helheim, décris-moi sa reine, et je te dirai comment j'ai découvert ton secret. » Il agrippa le bras de la Folkerdottir. « Je dois savoir Sunni, je sais que le moment est très mal choisi, mais je dois savoir. »



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« J'ai ce besoin de détruire ce qui m’entoure. Ce n'est pas parce que c'est plus facile que de construire, non, car en vérité, construire n'est pas bien ardu non plus. C'est d'entretenir qui est complexe, et totalement impossible quand on voit les choses en grand. Alors je détruis sans vergogne. Je sabote les fondations même, afin que celles-ci s'effondrent et que de ces amas ne puisse rien ressurgir. Je ne suis qu'un saboteur, et c'est la seule chose que je sais faire sans erreur. »
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MessageSujet: Re: After the firestorm comes the mortal ashes and a reborn... (Arnórr)   Mer 22 Juil - 16:54

After the firestorm comes the mortal ashes and a reborn
Feat. Arnórr Ormfrid

Son corps se détendit en entendant le premier mot sensé du pisteur. Son oreille se fît plus attentive et la phrase suivante de ce dernier lui permit de revenir sous de meilleurs auspices à l’ombre de l’affection que lui portait la völva. Une affection qu’elle se doutait n’être qu’à sens unique mais qu’elle ne pouvait pourtant s’empêcher de ressentir malgré la véhémence de la colère dont elle avait été l’injuste cible. Elle lui rendit son regard plus doux même si elle lui en voulait toujours pour l’affront qu’elle avait subi.

- «Bien»

C’est tout ce que sa fierté avait accepté de sortir de ses lèvres. Accepter ses excuses aurait été beaucoup trop simple même si c’était la colère qui avait parlé pour lui. Elle accompagna ses paroles d’un silence poli. Elle savait bien que l’homme n’était point du genre à montrer son affection, s’il en avait eu pour elle cela ne s’était traduit qu’à travers leurs corps entremêlés leurs soirs de solitude. Il ne s’était jamais vraiment confié, donc elle ne l’avait pas vraiment fait non plus. Elle aurait pourtant voulu en savoir plus sur cet amant qui l’intriguait tant. Amant… Pouvait-elle encore l’appeler ainsi ? Il y a tant d’années maintenant que leurs peaux ne s’étaient croisées. De jeune fille elle était devenue jeune femme et ne connaissait plus celui dont elle avait partagé la couche. A condition qu’elle l’ait vraiment connu un jour… Il parlait de sa femme, lui annonçant qu’une des deux autres avait péri dans les flammes avant de laisser son regard dans le sien. Elle comprenait mieux l’attitude de cet homme qui en une nuit avait tant perdu. Il avait fallu qu’il retourne sa colère contre quelqu’un et elle était là, prête à faire office de défouloir. Elle resta accrochée aux yeux sombres qui la fixaient, soutenant ce regard blessé et fatigué. Du plus loin qu’elle s’en souvienne, elle ne l’avait jamais vu baisser autant sa garde et le voir ainsi raviva chez la jeune femme le besoin de protection qu’elle avait envers les personnes qu’elle aimait.

Elle le laissa se diriger vers une souche, ne l’approchant qu’une fois qu’il ait tendu son bras en signe d’accord. Elle sourit légèrement, soulagée qu’il accepte enfin quelques soins. S’agenouillant prêt de lui, elle ouvrit son escarcelle dans laquelle elle gardait ses concoctions médicinales. Alors qu’elle cherchait comment soigner et apaiser sa douleur elle l’écoutait parler et raconter ses mésaventures, le feu, la dévastation et la mort. Elle ne connaissait pas bien les femmes de l’Ormfrid, ayant bien pris soin de les éviter pour ne pas laisser la culpabilité entacher les nouvelles sensations qu’elle expérimentait alors. Cependant, elle savait qu’elles étaient de belles âmes. Aussi leurs morts peinèrent la völva, mais dans son humanité égoïste elle ne put qu’être reconnaissante que celle qui était une inconnue pour elle ait péri à la place d’Arnorr. Elle s’en voulue aussitôt de penser ainsi, se trouvant d’autant plus horrible mais n’était-ce pas le propre de l’être humain que de penser ainsi ?

Elle compatit à la souffrance d’Arnorr, et posa sa main sur sa cuisse avant de presser doucement pour lui témoigner son soutien. Elle fît une prière intérieure pour qu’au moins l’épouse disparue soit encore en vie avant de s’intéresser de plus prés au bras sanguinolent et brûlé de l’Ormfrid. Elle sortit une mélasse qu’elle avait confectionnée elle-même, utile contre les brûlures. Cependant, le bras était tellement meurtri qu’elle savait qu’il risquait d’avoir mal pendant qu’elle l’appliquait. Elle pencha la tête sur la ceinture saillant sa taille et attrapa une des gourdes qui y pendaient. Elle allait parler quand il lui posa une question à laquelle elle ne s’attendait pas.

-« Qu'est ce que tu sais sur le Royaume des Tréfonds ?»

Elle le regarda droit dans les yeux avec appréhension. Le regard qu’il posa par la suite sur elle, lui arracha un frisson. Elle avait l’impression de ne plus être grand-chose sous ce regard et ses paroles ne firent que rendre Sunniva plus méfiante encore. Comment pouvait-il savoir pour son secret ? Qu’est-ce qui pouvait bien l’intéresser sur Helheim et sa Reine ? Le chantage et le geste agressif du pisteur alertèrent d’autant plus son instinct de protection. La Völva dégagea son bras et plongea ses yeux dans ceux d’Arnorr.

- « Pourquoi le devrais-je ? Tu dis connaître mon secret mais tu refuses de me dire comment tu l’as sût si je ne te donne rien en retour ? Pourquoi devrais-je faire ça ? Pourquoi te ferais-je confiance ? Tout à l’heure tu me crachais au visage, m’accusant de cette funeste catastrophe et maintenant tu me dis que tu as besoin de moi ?»

Elle eût un léger rire ironique avant d’ouvrir la gourde pour prendre une longue gorgée de la liqueur qui lui brûla la gorge mais lui redonna du courage pour affronter cet homme qu’elle n’avait pas espéré retrouver ainsi.

- «Je pense que tu sais que j’ai de l’affection pour toi Arny, mais je ne suis pas stupide et je sais bien que tu n’en as jamais eu pour moi, ou alors tu l’as bien dissimulé. Ne t’inquiètes pas, je ne te fais pas une déclaration de jouvencelle enamourée. Je n’ai jamais laissé cette affection aller aussi loin. Non, ce que je veux te dire par là c’est que je suis parti depuis si longtemps maintenant que je ne sais plus qui tu es. Est-ce que tu as changé ? Est-ce que je peux te faire confiance ? Nos retrouvailles me disent bien des choses sur ce que tu vois de moi et cela ne me donne pas la moindre envie de dire quoi que ce soit.» Elle marqua une pause avant de continuer.- «Si tant est que j’avais réellement quelque chose à dire. »

Elle ne savait pas à quoi s’attendre de lui, et au fond elle avait peur qu’il la repousse définitivement et ne veuille plus entendre parler d’elle. Elle avait toujours pour lui cette attirance qu’elle savait pourtant dangereuse. Il y avait entre eux ce magnétisme qui amène deux êtres à se désirer. De la même façon que la danse mortelle d’un serpent s’empare de vous avant de vous mordre. Sunniva était encore aujourd’hui prisonnière de cette danse et elle espérait qu’il en soit toujours de même pour Arnorr. Ce mélange d’attirance et de curiosité autant charnelle que spirituelle. Mais même prise dans cette cage hypnotique elle n’était pas aveugle et se refusait à n’être qu’un objet qu’on utilise avant de s’en débarrasser quand il a fait son office. Elle bu une autre gorgée avant de tendre la gourde à l’Ormfrid pour qu’il en prenne à son tour.

- «Bois, ça apaisera ton âme et atténuera la douleur de ton bras. Ce que je vais faire va sûrement te faire mal, mais tu dois me laisser faire si tu veux garder ton bras…»

Elle attendit un moment avant de reprendre la gourde pour en verser sur le bras afin de le désinfecter. Elle serra les dents, sachant très bien que cela devait être douloureux pour lui. Elle murmura des excuses pour la douleur qu’elle devait lui infliger s’il ne voulait pas perdre son bras suite à une infection. Elle prit ensuite sa concoction, une pommade qu’elle appliqua avec une infinie douceur sur la chaire brûlante. La pâte froide allait lui faire du bien et surtout aider ses blessures à cicatriser. Quand elle eût finit, elle arracha une bonne partie du bas de sa robe pour faire un bandage de service. Ses yeux se levèrent enfin vers l’Ormfrid, lui adressant un sourire plus tendre qu’elle ne l’aurait voulu laisser paraître et lui parlant d’une voix douce pour faire passer la violence de la douleur.

- «Voilà… Il faudra changer régulièrement les bandages et en remettre. Je m’en occuperais si tu le veux ou je laisserais ta femme s’e charger si tu préfères...»

Elle se plaça face à lui pour qu’il la regarde dans les yeux, elle n’osait pas le toucher sans avoir sa permission. Il suffisait de voir comment il avait repoussé la pauvre soigneuse.

- «Est-ce que tu comptes me laisser m’occuper du reste ou tu risques de me sauter à la gorge en criant comme un dément si je le fais ?»

Elle lui sourit pour lui faire comprendre que ces paroles n’étaient point belliqueuses mais une simple boutade.






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MessageSujet: Re: After the firestorm comes the mortal ashes and a reborn... (Arnórr)   Mer 29 Juil - 17:42

L
a question devait être inusuelle, cependant, ce n'était aucunement de la curiosité morbide qui l'avait enfantée, mais un sentiment autrement plus noble. Sa sœur. C'était sa petite sœur qui était subitement devenue l'épicentre de ses pensées, celle qu'il avait tenté de défendre lorsque les vikings avaient lancé leur rapine sur leur bourgade saxonne, celle pour laquelle il s'était sacrifié. Cela avait presque été de son propre chef qu'il était monté sur le drakkar, ce maudit jour où ils avaient été kidnappés et emmenés à l'antipode océanique, avec la volonté de ne pas abandonner sa si fragile Anabeth... ce qu'il avait finalement été contraint de faire lorsque leur maître l'avait vendue au plus offrant, il y avait si longtemps de cela. Ils ne s'étaient jamais revus depuis, une abnégation qui avait été vaine, même si le jeune homme n'avait jamais ravalé son espérance de la retrouver, tôt ou tard. Toutefois, et sans qu'il ne sache réellement pourquoi, son cœur suintait présentement d'un tourment sans pareil, comme si un surin s'était complaisamment enfoncé dans son poitrail pour chatouiller son myocarde. Lui qui avait toujours brûlé d'un optimisme dictatorial à ce sujet, se surprenait à souffrir d'une peur tiraillante. Et si... et si sa Précieuse était morte ? Et si, elle avait été emportée par la fatalité des lunes auparavant, sans qu'il ne s'en soit jamais douté ? Convaincu que si la mort l'avait épousée, elle n'aurait jamais eu sa place au Valhalla, cela signifiait que son âme était bohémienne dans les méandres de l'Helheim. Mais comment en être sûr, alors qu'il ne s'était jamais intéressé au royaume mortifère avant que cette hypothèse ne l'effleure ? C'était dans le savoir de la völva qu'il avait sincèrement espéré puiser de quoi donner boussole à son anxiété, mais... la distance s'était creusée avec le temps, il avait omis de quelle trempe la nymphe était faite. Opiniâtre et véhémente, une fleur bleue à la corolle de cristal, à la fragrance de rancune, aussi. La rancoeur, voilà une chose qu'il coudoyait chaque jour que les dieux lui octroyaient de vivre, si ce n'était que la sienne était à plus grande échelle. Elle atteignait une telle hauteur qu'elle en devenait vertigineuse, et elle aurait un jour raison de lui, il en avait pleine conscience.

« Tu plaisantes... » Souffla t-il, décontenancé par l'attitude de la belle. Lui en voulait-elle réellement pour s'être emporté, les nerfs calcinés par une kyrielle d'événements tous plus innommables les uns que les autres ? Et elle poursuivit sa logorrhée, les amarrant à un sujet qui n'avait nullement lieu d'être en pareilles circonstances. Ce qu'ils avaient pu partager n'était pas à discuter séance tenante, ce qui animait l'affection qu'elle lui consacrait non plus, et ce qui alimentait l'intérêt qu'il lui portait encore moins. Les affects d'Arnorr étaient superficiels, comme la plupart du temps lorsqu'il s'agissait de relations humaines, et elle semblait en faire doléance. Changement ? Confiance ? Il s'accrochait laborieusement à sa suite de déclarations, pantois malgré lui, et frustré par-dessus cela. « Mais qu'est ce que tu m'chantes ? » Siffla t-il avec une acrimonie qu'il retint de son mieux pour ne pas redonner à son interlocutrice de quoi attiser son âtre.

Les paupières closes, il bascula sa tête en arrière, puis en avant, en ravalant un râle plus que consterné. Il se frotta précautionneusement le faciès et se fit violence pour ne pas relâcher ses émotions telle une meute de loups affamée, car ils finiraient pas s'éviscérer l'un l'autre. Il prit une profonde inspiration et dulcifia ses ardeurs pour en appeler à la réflexion, ce qu'il n'eut pas véritablement le temps de faire avant qu'elle ne lui tende une gourde qui aurait, dit-il, de quoi lénifier ses maux tant physiques que spirituels. Bien que n'y croyant qu'à demi, il s'en empara et prit une grosse goulée qui ne lui tira qu'à peine les traits, contrairement à lorsque le même breuvage entra en contact avec sa meurtrissure. Il ne put qu'échapper des lamentations rauques à travers ses dents serrées, prenant son mal en patience jusqu'à ce qu'elle ait achevé ses soins, ce qui lui arracha un long soupir de soulagement. Il observa le bandage de fortune, la blessure était laide, et il lui faudrait du temps avant de retrouver le plein usage de son bras – si tant est que l'on ait pas à l'amputer. Au doucereux sourire de la sylphide, il baissa les yeux, emmailloté d'une aura tourmentée mais tranquille. Il eut un fugace ricanement lorsqu'elle fit référence à l'épouse qu'il lui restait, puis opina négativement du chef. « Asa ? Elle serait plus du genre à m'achever qu'à me soigner, ou à me trancher sec le bras, vite fait bien fait. J'suis pas certain qu'elle se ronge les sangs pour moi. » Leur couple n'avait jamais été que platonique, après tout, lui qui était un gourmand de stupre n'avait jamais partagé une seule nuit avec la blondine en sept ans de mariage. Si ce détail n'était pas de notoriété publique, l'on s'accordait à dire qu'ils étaient une paire truculente.
Sunniva se mit face à lui et se risqua à l'interroger quant aux écorchures qui diapraient sa figure, et une fois de plus, il ne fit que baisser les prunelles à l'instar d'un enfant inconsolable. Il n'avait pas le cœur à badiner. « Fais ce que tu veux de ma gueule, pour le peu que ça m'importe... » Il en avait visiblement fini avec les cris, trop éreinté, trop usé. Lui qui d'ordinaire se régalait des joutes verbales n'avait pas l'intention d'en redémarrer une, du moins... pas avec la même pétulance dont il avait fait preuve au début.

Car lorsque la main de la donzelle s'approcha, il la saisit brusquement, et si sa poigne fut tout d'abord sévère, elle devint rapidement aussi suave que le toucher d'une soie. Il caressa sa paume, et déposa un baiser sur le dos de ses phalanges, sur lesquelles restèrent ses lèvres. Il sembla réfléchir, son souffle chaud léchant la peau cuivrée de l'ondine devant lui, à laquelle il s'adressa enfin. « J'ai peut-être été injuste, mais tu l'es plus encore. » Il leva ses orbes mordorées vers son minois. « Tu continues à me reprocher mon accès de colère alors que j'ai toutes les raisons de l'Arbre-Monde d'être hors de moi. Quelque part, tu as de la chance que je sache vite reprendre le contrôle de moi-même, quelqu'un de moins tempérant t'aurait arraché la tête tant ta réaction a été inopportune. » Il la relâcha, sans la quitter du regard. « Je n'vois pas du tout à quoi ça te sert de brandir ce qui s'est passé entre nous là tout de suite, ni même pourquoi tu parles de confiance. Tu n'veux pas croire en moi ? Très bien, fais comme bon te semble. En attendant, je n'ai jamais dit à personne ton secret, et ces informations sur l'Helheim ne constituent pas un savoir interdit, que je sache. Encore une fois si tu ne veux rien m'en dire, c'est ton choix, j'irai me renseigner auprès de quelqu'un d'autre. Mais je trouve ça en contradiction avec cette prétendue affection que tu clames, alors que tu refuses de me rendre un service qui n'engage jamais rien que des mots. » Il lorgna en direction du village en ruines, dans lequel devait toujours se trouver Loki. Son maître était encore la personne idéale à laquelle parler de cela, après tout, n'était-il pas celui qui avait engendré la Reine des Enfers ? « T'es assez grande pour te faire tes propres idées, je vais certainement pas te chanter la sérénade. Mais si tu crois que je m'amuse à flirter avec toutes celles qui passent, tu te trompes. » Un mensonge. Et aucun éclat ni micro-mouvement pour le trahir, mystifier les gens, c'était encore ce que l'Ormfrid faisait de mieux. « Et je ne vois pas pourquoi j'aurais changé, je suis toujours ce salopard sarcastique que tout le monde connaît. Je n'suis peut-être pas le plus probe de notre communauté, mais j'ai toujours été digne de mon statut de viking depuis que je l'ai gagné, ma place au Thing en témoigne, c'est tout ce que j'ai à dire à ce sujet. » Il était un protagoniste relativement estimé de ses pairs, et un « ami » proche du Jarl, pour le malheur de tous. Dans tous les cas, la majorité le pensait membre à part entière de Tromso, ce qu'il n'était que pour mieux semer son vice. « Merci quand même de ta sollicitude... » Une note finale au ton quelque peu amer, et le sylphe de reprendre la même contenance que précédemment.



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« J'ai ce besoin de détruire ce qui m’entoure. Ce n'est pas parce que c'est plus facile que de construire, non, car en vérité, construire n'est pas bien ardu non plus. C'est d'entretenir qui est complexe, et totalement impossible quand on voit les choses en grand. Alors je détruis sans vergogne. Je sabote les fondations même, afin que celles-ci s'effondrent et que de ces amas ne puisse rien ressurgir. Je ne suis qu'un saboteur, et c'est la seule chose que je sais faire sans erreur. »
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