lienlien
Rumeurs
- Var a tourné le dos à son roi. Il parait que la déesse des Pactes préfère aujourd'hui les grosses faveurs de Frey !

- On dit que depuis que Tyr a pris les fonctions de son frère aîné, personne n'aurait encore osé lui proposer un coup de main .

- A Tromsø, on hésite à dire si la petite Brynja est maudite ou chanceuse, car après avoir manqué de se faire brûler vive par un dragon, elle a manqué par deux fois la noyade, dont une durant les raids !



 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | .
 

 Renouveau

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
viking - thraell

ϟ MESSAGES : 10250
ϟ INSCRIPTION : 13/03/2014
ϟ LOCALISATION : Tromsø ou ses alentours
ϟ HUMEUR : Aventureuse et curieuse








MessageSujet: Renouveau   Mer 24 Juin - 21:10


C'est dans une profonde angoisse que s'est effectué notre retour, après la destruction de notre village par le dragon. Nous ne savions pas dans quel état nous allions retrouver notre maison, ni nos bêtes. Malgré la distance séparant le haras de Tromsø, je n'étais pas sûre que notre foyer ait été complètement épargné, la puissance de ce monstre et sa volonté de nous réduire en poussière étaient si phénoménales, que même les Dieux ont peiné pour en venir à bout. Après avoir quitté l'atmosphère délétère de la plage, le chemin cahoteux vers chez nous était presque un paradis, l'air était moins vicié, et surtout le paysage n'avait pas été totalement consumé par la fureur du dragon. Preuves de la vigueur de l'immonde reptile, quelques débris jalonnaient ça et là notre parcours, du bois brûlé, peut-être des restes d'un drakkar. Épuisés, traumatisés par les combats autant que par ses conséquences désastreuses, nous rentrions à pieds, notre carriole et son cheval ayant disparu. Silencieux, main dans la main, nous avancions pesamment, couverts de suie, de poussières, tels des fantômes.

Dans le ciel encore grisé de nuages, une fine colonne de fumée se dessinait, répondant ainsi à ma question, nous n'avions pas été exemptés de dommages. Inconsciemment j'ai accéléré l'allure, pressée de vérifier que personne n'a été blessé. Avec un grand soulagement, j'ai découvert notre petite maison intacte, et j'ai sauté au cou de Thorolf, rassurée. Enfin une bonne nouvelle ! Cependant des volutes s'échappaient de la grange qui jouxte les écuries. Manifestement nos deux aides, prénommés Alf et Hakon, deux adolescents, qui dormaient dans l'appentis juste à côté, avaient réussi à contenir l'incendie, mais les chevaux paniqués s'étaient égayés dans la prairie, en contrebas ...

ϟ ϟ ϟ ϟ

Les jours s'écoulent à la vitesse de l'éclair, et le soir je m'écroule dans notre lit, éreintée par toutes les tâches que nous avons accomplies, et par toutes celles qu'il reste encore à règler. Thorolf a ramené, ce soir, deux juments qui erraient, effrayées, sous les ramures à la lisière de la forêt. Il nous manque encore des chevaux, mais seules les Nornes savent si nous les récupérerons un jour, enfin s'ils n'ont pas été dévorés par les loups qui hurlent dans le lointain, ces fauves affamés se rapprochent de plus en plus de nos maisons. Les animaux tout comme les humains restent marqués de façon indélébile par le carnage du dragon.

Lors de l'un de allers retours au campement de la plage, nous avons ramenés les survivants des familles des jeunes qui travaillent pour nous, leurs maisons ayant été réduites en cendres, et nous avons aménagé l'écurie, pour les héberger convenablement. Nous n'avons par contre aucune nouvelle de Haddar, dont la maison se trouvait à l'entrée du port, toute sa famille a disparu et Leif, lui est désespéré, inconsolable, il a perdu tous les siens … Devant tant de tristesse, tant de colère, tant de désespoir, je suis si impuissante à le consoler, et je m'en veux terriblement, car son humour pince-sans-rire m'a bien aidée, quand je suis arrivée à Tromsø. Bon sang, il y a tellement à faire ! Les Dieux et Déesses ont fini par quitter la plage, non sans avoir dispensé leurs dons et leur savoir sans compter.

La seule bonne nouvelle, le seul événement heureux qui a quelque peu adoucit notre peine, c'est la venue au monde d'une jolie poupée, une petite soeur pour Alf. Avec l'aide des autres femmes plus au fait que moi, la mère a accouché assez vite, et voir ce petit être venir au monde m'a beaucoup émue, d'ailleurs je n'étais pas la seule à avoir les yeux brillants. La procréation n'a ni jour, ni heure et se fiche pas mal d'un dragon, elle fait plutôt la nique à la mort qui rôde autour de nous, en nous offrant un peu de joie. La petite fille et sa maman se portent à merveille, je prie Freya qu'elle veille sur elles en ces heures sombres.
Nos blessés se remettent relativement bien, seul le grand-père d'Hakon m'inquiète, le pauvre homme a perdu deux de ses fils, quatre de ses petits-enfants, tout ce qu'il possédait ainsi que le goût de vivre. Je ne sais pas s'il verra le printemps qui pointe pourtant sous les dernières neiges.

Quant à Thorolf, je puise ma force dans la sienne, il n'arrête pas de courir, de réparer, ou reconstruire ici et là, ou même de battre la campagne à la recherche des dernières bêtes égarées. Mais je remercie chaque jour les Dieux de nous avoir épargnés tous les deux, j'aurais pu mourir sous cet éboulement, mais ils en ont décidé autrement en nous apportant l'aide d'Elfi. Notre foyer est sauf également et nous pouvons jouir de notre maison, alors que tant de vikings sont encore sous des toiles sommaires, sur la plage. Malheureusement nous ne pouvions les accueillir tous …



When I say I love you, please believe it's true. When I say forever, know I'll never leave you. When I say goodbye, promise me you won't cry, Because the day I'll be saying that will be the day I die.

Merci Thor ! keur
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
viking - bondi

ϟ MESSAGES : 10613
ϟ INSCRIPTION : 12/03/2014
ϟ LOCALISATION : Murmure à l'oreille des chevaux et d'une crevette.
ϟ HUMEUR : Batifolarde








MessageSujet: Re: Renouveau   Jeu 25 Juin - 16:26




Nous l'appelions de nos prières unanimes, nous l'attendions avec un mélange d'anxiété et d'émerveillement, et elle est venue, belle et radieuse. La victoire éclatante des déités a été accueillie par une ovation frénétique de la part des rescapés regroupés sur la plage. C'est un immense soulagement pour le village, nous sommes débarrassés d'un fléau destructeur contre lequel nous étions d'une rare impuissance, en dépit de notre vaillance et de nos efforts. Je n'ai cependant ressenti qu'une joie mesurée à ce constat, tant la mort et la douleur étaient présentes autour de nous, et même en chacun de nous, profondément ancrées.

Après quelques conciliabules avec des dieux compatissants et charitables, ma crevette et moi avons repris le chemin du haras. Il a beau être bâti en bordure du village, entre les champs et les pâturages qui s'étendent à perte de vue, une vive inquiétude nous assaille. Livia et moi sommes indemnes, grâce à l'intervention divine, nous avons eu beaucoup de chance d'en bénéficier, mais en est-il de même pour lui ? Ce domaine dont je suis si fier, c'est mon bébé. J'en ai hérité à la mort de mes parents adoptifs, et je l'ai veillé, je l'ai couvé, je l'ai pouponné, je l'ai vu grandir. C'est là que je m'éteindrai si je reviens vivant des raids auxquels je participe. Je le partage volontiers avec mon Anglaise, mon jambon d'York, ma vie, mais chaque pouce de ma terre, chaque planche de ma bâtisse, sont à jamais imprimés en moi. Et mes chevaux ne sont pas des animaux comme les autres, non, ils sont mes enfants.

Le ruban de fumée s'étirant vers le ciel était un sombre présage. Égoïstement, j'ai espéré que ces volutes grises s'échappaient d'une autre construction que la nôtre, mais à mesure que nous pressions le pas en direction du haras il a bien fallu déchanter. C'est en effet sur lui que le dragon a exercé sa vindicte. Nous approchons, abattus, résignés. Ce n'est heureusement pas l'horreur la plus absolue qui nous attend au détour du chemin. Notre chaumière n'a pas souffert. Seule la grange tenant lieu de hangar et de fenil a été dévorée par les flammes. L'écurie, pourtant toute proche, paraît intacte. C'est un sacré soulagement. Deux des gosses logeant fréquemment sur place viennent vers nous, désolés. Ils ont ouvert les stalles de peur que le brasier les investisse, et les chevaux affolés se sont égaillés dans la nature, surtout dans les bois environnants. Les gamins n'ont pu en récupérer qu'une minorité car ils se sont d'abord souciés d'éteindre l'incendie qui menaçait de s'étendre. Je les rassure aussitôt. Nous leur devons une fière chandelle, ils se sont montrés très courageux, et nous parviendrons certainement à retrouver les animaux manquants. L'essentiel est que tout le monde soit sauf. Ils n'ont aucune nouvelle de leur famille, et Livia et moi nous les encourageons à courir illico jusqu'à la plage afin d'en obtenir. Ils partent en trombe, sans que nous puissions les avertir du pitoyable tableau qu'ils vont découvrir aux abords du fjord. J'espère vraiment qu'ils retrouveront les leurs parmi les survivants de cet épouvantable massacre.

Les jours passent, apportant chacun différents échos du drame qui s'est déroulé à deux pas de chez nous. L'odeur de cendres se dissipe peu à peu. Les larmes s'assèchent. Scies et marteaux ont pris le pouvoir. Ma crevette m'est d'une aide précieuse. Le voisinage également. Sans doute suis-je un tantinet naïf, mais j'espérais au fond de moi une intervention plus prolongée de la part des dieux. Plus concrète, plus tangible. Ne sont-ils pas capables de réaliser d'inégalables prouesses ? De redresser les murs d'un souffle, d'un geste ? Alors ?

Mon humeur maussade est à peine égayée par la naissance d'une fillette entre les murs du haras, où, à l'initiative de Livia, se sont entassées les familles des adolescents qui nous aident chaque jour dans l'exploitation du domaine et l'entretien des chevaux. Il faut bien avouer que le nombre de morts est effrayant et perturbe la bonne organisation du village. Ce n'est pas demain la veille que Tromsø retrouvera le sourire.

Cette nuit, les loups ont hurlé à la mort à proximité de l'élevage. Leurs meutes s'approchent toujours davantage des maisons. Ces sales bêtes ont également souffert de l'incendie des bois et des cultures. Elles sont affamées, le petit gibier qui leur sert de menu habituel ayant grillé dans les flammes. Je me suis levé, sans réveiller Liv, et je me suis prudemment aventuré au dehors. Un rayon de lune m'a permis d'en entrevoir une demi-douzaine, faméliques, décharnés, glapissant sous les branches de façon lugubre et ininterrompue. Leurs crocs luisaient dans la lumière grisâtre, et leurs yeux pétillaient comme autant d'escarbilles incandescentes. Je n'ai pas demandé mon reste, j'ai réintégré ma couche, mais, en fermant les paupières pour m'endormir, je distinguais encore aussi nettement leurs babines farouches. Ma résolution était prise ! Il reste encore trois étalons et une jument à récupérer, des bêtes superbes qui errent sans doute dans les environs immédiats, et plus nous attendons pour nous lancer à leur recherche, plus nous risquons de ne trouver que des cadavres dépecés et exsangues. Demain, dès l'aube, j'organiserai une battue ! La reconstruction des maisons bat son plein, mais j'espère malgré tout pouvoir rameuter quelques voisins et qu'ils me consacreront un peu de leur temps si précieux. Je leur fournirai les armes et le ravitaillement nécessaires.

Surexcité par ce projet, j'en informe ma langoustine dès son réveil, avant même de l'embrasser avec fougue. Voilà une première volontaire, et je n'en suis pas surpris.




When I say I love you, please believe it's true. When I say forever, know I'll never leave you. When I say goodbye, promise me you won't cry, Because the day I'll be saying that will be the day I die.

Merci Thor ! keur
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
viking - völva

ϟ MESSAGES : 529
ϟ INSCRIPTION : 26/05/2015
ϟ LOCALISATION : Entre Tromsø et le royaume des elfes sombres
ϟ HUMEUR : Sur ses gardes



"After the night
When I wake up
I see what tomorrow brings"





MessageSujet: Re: Renouveau   Lun 29 Juin - 15:48

Renouveau
Feat. Livia & Thorolf


Sol pointait ses premiers rayons, portant avec elle le message que Sunniva attendait. Elle pouvait enfin sortir de sa tanière pour finaliser cette mission qu’elle s’était donnée à elle-même la veille. Plusieurs villageois étaient encore blessés et mettaient trop de temps à guérir. Tellement, que certains commençaient à développer des infections menaçant plus leurs vies que ces blessures béantes. Si personne ne faisait rien, la mort allait encore frapper à leur porte pour demander une nouvelle offrande. Pour éviter une telle catastrophe la jeune völva prit le chemin des bois en quête d’herbes particulières qui pourraient l’aider à concocter les remèdes dont sa mère lui avait transmis les recettes et les vertus. Elle devait aider, aider pour oublier qu’une partie de cette misère était de sa faute, aider pour se pardonner… Arnorr, même s’il y avait été un peu fort avec elle, avait raison quelque part. Son rôle était d’aider les mortels à s’en sortir face à de telles catastrophes et qu’avait-elle réussi à faire ? Rien. Cette inutilité la rendit folle et elle accéléra s’enfonçant plus loin dans la forêt guettant les herbes et fleurs dont elle avait tant besoin. Il lui en fallait en une certaine quantité et trouver un moyen d’en donner aux malades sans avoir l’air suspecte. Après tout, sa mère avait beaucoup trop mauvaise réputation pour pouvoir leur venir en aide de cette manière-là sans le moindre risque. Devait-elle le prendre ou devait-elle passer par quelqu’un d’autre en qui ils avaient plus confiance ? Elle s’occuperait de ces détails plus tard. L’heure était pour le moment aux recherches et, même si la neige commençait à disparaitre, il était toujours compliqué de trouver ce qu’elle voulait.

Après plusieurs heures de recherches, elle avait finalement trouvé pas mal des ingrédients dont elle avait besoin. Le tout parfaitement rangé dans ses escarcelles, elle trouva enfin des baies, dernières ressources composant la base de ses boissons médicinales. Il ne lui restait à présent plus qu’à trouver un peu de miel pour ses onguents et elle pourrait commencer ses préparations. Une demi-heure plus tard, toujours pas de trace des abeilles ni de leurs précieuses ruches mais elle s’arrêta pourtant nette devant la bête qui se frottait contre l’un des sapins de la forêt. Elle eût le souffle coupé face à la beauté de cet étalon à la robe de jais. Un noir si profond et une carrure à la fois élégante et imposante. Il n’était pas sauvage s’était certains et les fers qu’il avait aux pieds en étaient la preuve. Elle avait entendu parler d’un éleveur de chevaux au village qui pourrait être son maître. Après tout tellement de choses avaient brûlé, les chevaux avaient dû s’enfuir et c’était sûrement mieux ainsi. Mais il était temps pour le mâle de regagner son écurie car son propriétaire devait en pleurer d’avoir perdu pareille monture. Elle voulut s’approcher mais il releva instantanément la tête et se cabra pour lui lancer un avertissement. Il était donc du genre farouche. S’il avait été parfaitement dressé, il l’aurait laissé approcher, s’il avait était peureux il aurait fui mais celui-ci la défiait. Elle sourit, appréciant ce genre de caractères. Refusant de se cacher ou de rebrousser chemin, elle resta là face à lui et ne lâchant pas son regard. Petit à petit elle avançait mais jamais ne quittait son regard des yeux. Elle devait se faire douce, pour qu’il comprenne qu’elle ne lui voulait aucun mal, mais ferme aussi pour lui montrer qu’elle avait le dessus. Elle avait vu ce comportement s’effectuer tant de fois entre les animaux de la forêt qu’elle connaissait ce domaine sur le bout des doigts. Bien sûr, elle ne l’avait jamais appliquée à ce type d’animaux là mais cela devait marcher de la même façon. Du moins elle l’espérait, parce que vu la taille des sabots de cet étalon un seul coup pourrait la tuer ou, dans le meilleur des cas, la blesser assez gravement pour qu’elle soit incapable de regagner le village seule.

Elle ne savait pas combien de temps elle avait passée à faire son manège mais elle réussit à se placer devant lui. L’animal renâcla bruyamment comme dernier avertissement. Elle leva doucement la main pour l’inviter à venir vers elle. S’il refusait, elle ne pourrait pas insister plus. Il ne bougea pas plusieurs minutes, comme s’il était dans l’attente. Elle approcha sa main, le cœur battant, avant d’enfin la poser sur le museau de l’animal qui se détendit instantanément. Le petit triomphe afficha un sourire timide mais sincère sur son visage et elle entreprit de doucement flatter l’encolure de l’étalon pour lui souhaiter la bienvenue. Se issant finalement sur son dos à crue, elle se lança au pas dans la descente de la pente pour raccompagner la brave bête jusque chez elle. Il ne broncha pas ce qui confirma à Sunniva qu’il avait au moins commencé un cycle de dressage. Sortir de la forêt fut plus rapide que de s’y enfoncer et après avoir demandé le chemin à un jeune homme, ce dernier lui indiqua le trajet à suivre pour rejoindre l’élevage de Thorolf.

Arrivée là-bas, elle aperçut un petit groupe de personnes se rassemblant devant une maison. Un homme plutôt grand qui semblait avoir le commandement ici, accompagné d’une très belle jeune femme attira son attention. L’aura que l’homme dégageait ne laissait pas beaucoup de doute sur son identité : il était propriétaire de ces terres. Elle mit pied à terre et guida l’étalon par l’encolure jusqu’à ce petit rassemblement.

- «Excusez-moi, je cherche Thorolf le dresseur de chevaux…»

Elle flatta l’encolure de l’animal avant de continuer.

- «J’ai découvert cet étalon dans la forêt et je pense qu’il pourrait être l’un des vôtres, je me trompe ?»






I'll see what tomorrow brings...
“ I’m waking up. I feel it in my bones. Enough to make my system blow. Welcome to the new age. To the new age."

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
viking - thraell

ϟ MESSAGES : 10250
ϟ INSCRIPTION : 13/03/2014
ϟ LOCALISATION : Tromsø ou ses alentours
ϟ HUMEUR : Aventureuse et curieuse








MessageSujet: Re: Renouveau   Ven 3 Juil - 18:59



Nouvelle aube, aussi grisâtre que les cendres que nous ramène la brise marine certains jours. Cette nuit, les loups ont encore hurlé aux portes du haras, semant l'inquiétude dans le cœur des survivants. Trop épuisée pour aller voir, je suis restée au chaud sous les fourrures, mais j'ai bien senti que Thorolf se levait pour observer les profondeurs de la nuit. Je le sais inquiet pour les chevaux qui manquent encore à l'appel, et puis si les loups ont la témérité de s'approcher des habitations, ils deviennent dangereux pour nous tous, pas seulement pour nos bêtes. Lorsque, dès notre réveil, mon viking propose une battue pour retrouver les trois étalons et la jument qui ne sont pas encore rentrés, je ne suis guère surprise. L'inactivité face aux événements n'est pas son fort, il préfère plutôt prendre l'initiative que de se laisser porter. Je réclame tout de même un long baiser avant que nous quittions notre couche et que nous entamions les préparatifs de cette expédition.

Exposer à nos invités le projet de Thorolf est la première tâche de notre liste que nous avons établie en avalant rapidement un en-cas et une boisson chaude. Deux paniers sont prestement remplis de pains et de victuailles même si nos réserves s'amenuisent à toute vitesse avec toutes ces bouches à nourrir, il est temps que le printemps revienne pour nous apporter gibier et surtout baies et céréales qui vont bientôt nous faire cruellement défaut. Ce maudit dragon a incendié nos réserves, nos champs, nos pâtures les plus proches, nous condamnant ainsi à la famine. Enfin c'était sans compter la résilience des vikings et leur débrouillardise. Du village, nous sont venues des rumeurs inattendues, l'immonde reptile est dépecé, découpé, détaillé afin que chacun puisse s'en nourrir. Si l'idée me paraît peu ragoûtante de prime abord, le pragmatisme prend le dessus, après tout ce n'est que de la viande, une fois cuisinée. Et qui sait c'est peut-être succulent …

Mais revenons-en à cette expédition que nous mettons sur pied, je laisse Thorolf s'organiser avec nos hôtes et choisir qui nous accompagnera. De mon côté, je hisse les deux paniers dans notre carriole, j'y ajoute deux outres d'eau, ainsi que deux haches et la grande épée de mon géant. Cette sortie est vraiment bienvenue, j'avais hâte de partir de nouveau en exploration. Vivre en vase clos dans le haras est source de disputes et de conflits entre les hommes, les enfants, et même les femmes. La douleur, la contrariété, la peur de l'avenir attisent leur mauvaise humeur. Je préférerais que l'union face à l'adversité soit l'attitude adoptée par tous, malheureusement ce n'est pas le cas, à ma grande déception.
Je sais ce que c'est d'avoir tout perdu, y compris sa famille, puisque c'est exactement ce qui m'est arrivé lorsque les vikings m'ont arrachée à mon Angleterre natale. Je peux comprendre la tristesse, l'amertume, le désespoir même qui les habitent, mais pas les comportements agressifs et égoïstes qu'affichent certains, y compris sous notre toit. Sans la présence de Thorolf, nul doute que certains en seraient déjà venus aux mains, voire pire. Pourtant nous faisons tout pour alléger leur peine, nous leur avons offert un toit, plutôt que les tentes sommaires qui se dressent sur la plage. Petit à petit, les hommes tentent de remettre en état les habitations les moins délabrées, mais nous manquons de tout, aussi bien des outils, que des matériaux, ce qui exacerbe les tensions. Les maîtres mots sont la récupération et l'ingéniosité, et les jeunes s'y entendent pour aller farfouiller dans les ruines et rapporter qui une poignée de clous tordus, qui une planche à demi calcinée.
J'ai entendu dire que certains avaient quitté Tromsø pour tenter de trouver assistance à Oldervik, malgré la rivalité constante entre nos deux villages. J'espère qu'ils reviendront avec l'aide escomptée, elle nous serait bien utile …

Alors que je rejoins Thorolf autour duquel se sont rassemblés les hommes, j'aperçois une cavalière inconnue qui se dirige vers nous. Lorsqu'elle met pied a terre, je réalise que l'étalon noir comme la nuit, qui l'accompagne, ressemble comme deux gouttes d'encre à Arvak, la monture préférée de mon viking. D'une voix claire et assurée, elle demande après l'éleveur de chevaux, qui est devant elle. Serait-ce une nouvelle venue à Tromsø ? Qui ne connaît pas Thorolf dans les environs ?
Ainsi c'est bien Arvak qu'elle nous ramène. La jolie brunette flatte l'animal qu'elle semble avoir dompté. Je la regarde avec admiration, car le grand mâle sombre n'est pas facile, et m'a toujours impressionnée.

- Regarde Thorolf ! Arvak !
Je me précipite au-devant de la jeune femme que je ne reconnais décidément pas, ce qui ne m'empêche nullement de la saluer chaleureusement :

- Bonjour ! Merci ! Moi Livia, thraell de Thorolf. Arvak, étalon de lui ! Lui très inquiet, pas retrouvé Arvak depuis attaque du dragon. Moi croire lui dévoré par loups … Désolée, moi pas bien parler … Toi pas habiter village, pas connaître toi ...
Comme d'habitude dans l'agitation, mon débit est plus que haché, et si les villageois se sont habitués à mon charabia, j'espère que cette nouvelle venue aura compris mon effort de bienvenue …



When I say I love you, please believe it's true. When I say forever, know I'll never leave you. When I say goodbye, promise me you won't cry, Because the day I'll be saying that will be the day I die.

Merci Thor ! keur
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
viking - bondi

ϟ MESSAGES : 10613
ϟ INSCRIPTION : 12/03/2014
ϟ LOCALISATION : Murmure à l'oreille des chevaux et d'une crevette.
ϟ HUMEUR : Batifolarde








MessageSujet: Re: Renouveau   Lun 6 Juil - 10:37




J'étais apparemment trop optimiste. Réunir une équipe suffisamment étoffée, capable d'aller pourfendre les loups qui menacent le haras de leurs crocs aussi aiguisés que des fers de lance, s'avère une tâche plus compliquée que prévu. En effet, la plupart de nos voisins se débrouillent de-ci de là pour grappiller un peu de nourriture, les autres terminent vaille que vaille de redresser les murs de leurs bâtisses démantibulées par les éructations rageuses du dragon, bref, ils vaquent à leurs occupations, tant et si bien que seul un nombre restreint de volontaires nous propose son aide. La réalisation de mon projet me paraissait pourtant une nécessité absolue, car ces prédateurs affamés risquent à tout moment de s'en prendre à chacun de nous, à nos conjoints et à nos enfants. C'est la sécurité du village qui est en jeu. Nos déités ayant décidé de regagner leurs royaumes respectifs après nous avoir soulagés d'un poids gigantesque, nous n'avons, à mon sens, pas d'autre alternative que d'en découdre nous-même.

Ainsi donc, je rameute, je quémande, mais mon battage se révèle peu prolifique, d'autant plus que j'ai refusé les services de quelques garnements, certes courageux et débrouillards, mais n'ayant pas les épaules assez solides pour affronter ces fichues bestioles. Je n'accepte que des adultes rompus à la chasse. Je ne désire point envoyer d'avortons au casse-pipe, je me sentirais bien trop concerné – et consterné – s'il leur arrivait un malheur.

Ma crevette et moi nous faisons donc rapidement le décompte de ceux qui nous accompagneront dans la forêt. Le calcul s'avère aisé, ils ne sont que deux, Leif et Herluf. Nos futurs acolytes ont d'ailleurs un point commun, leurs familles ont été décimées par les cruelles incursions du dragon, et, selon leurs propres allégations, ils n'ont plus grand chose à perdre dans l'aventure. Mon sentiment est qu'ils ne sont pas dans les dispositions les plus idéales pour aborder une telle expédition, mais je n'ai guère le choix. Un peu égoïstement, sans doute, j'accepte leur aide. J'ai vraiment besoin d'eux. Sans ces renforts, l'opération aurait été bien trop hasardeuse, voire même totalement inconcevable. Herluf m'apprend qu'il n'est pas maladroit avec une arbalète, et Leif est un aimable colosse trapu, bâti comme une demi-montagne, portant à la taille un gigantesque scramasaxe susceptible d'occire d'un seul coup l'une de ces bêtes immondes qui encerclent le village. Voilà deux nouvelles qui me réjouissent et me permettent d'entrevoir l'avenir immédiat sous de meilleurs auspices. Je me détends un brin. Mon moral reprend des couleurs. Il en reprend encore davantage lorsque déboule une jeune cavalière, montant l'un de mes plus précieux chevaux, Arvak. Je ne m'attendais plus à le revoir, craignant amèrement que la meute de loups n'en ait fait qu'une bouchée, ou que le brave animal ne se soit définitivement égaré à mille lieues du haras.

Ma langoustine a également reconnu Arvak, à sa robe sombre et brillante et à ses longues foulées harmonieuses. Elle est la première à accueillir l'inconnue, avec son accent charmant et ses approximations savoureuses. Je note que la jeune femme qui nous ramène le superbe étalon s'est fichtrement bien débrouillée pour l'approcher et gagner sa confiance, car le dressage d'Arvak est loin d'être terminé. S'il est élégant et racé, il a un sacré caractère et ne s'en laisse pas compter. J'aurai besoin de toute ma détermination et de toute mon expérience pour le forger à l'image de ce qu'il sera un jour : un fier destrier qui ne se rebiffera pas devant le premier obstacle et ne s'affolera pas lorsque nous engagerons le combat contre les ennemis de notre peuple.

Je m'approche à mon tour de l'arrivante, souriant furtivement aux propos de Livia.
- Je suis Thorolf et je te remercie pour ce cheval, qui, effectivement, nous appartient. J'espère qu'il ne t'a créé aucun souci, sinon je te dédommagerai. Nous préparons une battue pour exterminer les loups qui sèment la pagaille dans les environs, et je suis bigrement rassuré que nous ayons pu récupérer notre étalon.

A présent que je flatte d'une main les naseaux palpitants d'Arvak, j'éprouve soudain l'intime conviction que les traits de la mystérieuse jeune femme ne me sont pas totalement étrangers. J'en suis presque sûr, je l'ai déjà brièvement côtoyée jadis, alors que j'étais encore un adolescent. Et tout-à-coup ça me revient. Il s'agit de la fille d'une herboriste, d'une réputation un brin sulfureuse, qui habitait à l'écart du village, au milieu des bois, avec son époux, un menuisier. Cette prophétesse avait soigné ma mère adoptive, atteinte d'une maladie longue et rare, et malheureusement beaucoup trop affaiblie pour qu'une guérison soit encore envisageable. Ma mère était donc décédée quelques semaines plus tard, et plus jamais je n'avais croisé cette famille vivant de manière discrète, presque secrète, sans se mêler aux habitants de Tromsø, si ma mémoire ne me trahit pas. Malgré l'urgence de la tâche qui m'attend, la traque des loups, je décide d'en avoir le cœur net.

- Dis-moi, ne serais-tu pas la fille d'une volvä qui habitait autrefois aux abords du village ? Elle avait tenté de guérir ma mère, alors que j'étais encore un gamin. Qu'est-elle devenue ? Elle nous serait vraiment très utile en raison des dégâts causés par le dragon.

Je n'en dis pas davantage, ne désirant nullement heurter la jeune femme, qui nous a rendu un fier service en nous ramenant Arvak.



When I say I love you, please believe it's true. When I say forever, know I'll never leave you. When I say goodbye, promise me you won't cry, Because the day I'll be saying that will be the day I die.

Merci Thor ! keur
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
viking - völva

ϟ MESSAGES : 529
ϟ INSCRIPTION : 26/05/2015
ϟ LOCALISATION : Entre Tromsø et le royaume des elfes sombres
ϟ HUMEUR : Sur ses gardes



"After the night
When I wake up
I see what tomorrow brings"





MessageSujet: Re: Renouveau   Mar 21 Juil - 16:15

Renouveau
Feat. Livia & Thorolf

Une jolie jeune femme s’approcha la première de Sunniva. De mémoire, elle ne la reconnut pas. Il y a maintenant quatre longues années que la Völva avait quittée le village et il n’était donc pas si étrange qu’elle ne se souvienne pas de tout le monde. Le visage de l’étrangère se composait d’un mélange de soulagement et de joie profonde, ce qui rendait son sourire encore plus chaleureux.

-« Bonjour ! Merci ! Moi Livia, thraell de Thorolf. Arvak, étalon de lui ! Lui très inquiet, pas retrouvé Arvak depuis attaque du dragon. Moi croire lui dévoré par loups … Désolée, moi pas bien parler … Toi pas habiter village, pas connaître toi ...»

L’accent et les phrases hachées de son interlocutrice confirmèrent à la jeune femme qu’elle était étrangère. Une Thraell qui plus est si on en croyait ses dires. Lorsqu’elle désigna Thorolf, notre völva leva les yeux devant l’homme à la carrure imposante qui s’avançait vers elles. L’Etalon, s’appelait donc Arvak, très beau nom, parfait pour une si belle et majestueuse bête. Sunniva sourit à Livia pour lui faire comprendre qu’elle avait bien compris.

- «Ce n’est pas grave, je trouve que tu ne te débrouilles pas si mal que ça avec notre langue ! Je vis bien au village, ou du moins, un peu plus loin dans la forêt. Mais il est normal que tu ne m’y aies pas vu je viens juste de rentrer d’un long voyage…»

Elle n’eût pas le temps de se présenter que le maître des lieux apparut pour se présenter et la remercier. Elle hocha la tête avec respect pour signifier que c’était normal qu’elle l’ait reconduit jusque chez lui. Elle fronça légèrement les sourcils en entendant parler d’une battue pour exterminer les loups. Elle ne comprenait pas pourquoi les hommes se sentaient dans l’obligation de tuer des créatures qui ne faisaient que répondre à leurs instincts. Elle flatte doucement l’encolure de l’étalon, profitant de son contact pendant qu’elle le pouvait encore.

- «Arvak, ne m’a causé aucun tort, bien au contraire, il m’a même offert une jolie ballade à travers la forêt. C’est un magnifique cheval et je comprends que vous soyez soulagés de l’avoir retrouvé… Je suppose qu’il avait fui en raison des flammes du Dragon. Vous en avez perdu d’autres ? »

Si Arvak était dans la forêt, peut-être que d’autres y avait trouvaient refuge. Sunniva aurait peut-être pu alors proposer son aide pour aller les chercher. Mais la future traque aux loups lui revînt en mémoire et elle ne put contenir la question qui lui brûlait les lèvres.

- «Qu’on donc fait ces loups pour mériter d’être exterminés ? Qu’appelles-tu « mettre la pagaille » dans les environs ? »

Elle croisa le regard de Thorolf et compris qu’il la sondait. Elle crut tout d’abord qu’elle avait fait une gaffe en posant des questions trop précises sur les loups avant de comprendre qu’il avait sûrement dû la voir quelque part.

-« Dis-moi, ne serais-tu pas la fille d'une volvä qui habitait autrefois aux abords du village ? Elle avait tenté de guérir ma mère, alors que j'étais encore un gamin. Qu'est-elle devenue ? Elle nous serait vraiment très utile en raison des dégâts causés par le dragon»

Les paroles du dresseur de chevaux eurent pour effet de créer plusieurs émotions radicales chez la völva. La surprise face à la révélation de ce dernier quant au fait qu’il aurait pu la connaitre, la peur d’avoir entendu le terme de « Völva » prononcé, même s’il se trompait de personne, et enfin la peine qui resserra le cœur de cette jeune femme ayant perdu sa mère il y a longtemps maintenant mais qui souffrait toujours un peu de sa perte. Elle avait beau se dire que les dieux l’avaient rappelé à eux, elle ne pouvait s’empêcher de pleurer le fait que la maladie ait empêché son âme de retrouver le Valhalla. Elle réfléchit un moment, juste le temps de choisir convenablement ses mots. Quand ce fût fait elle parla d’une voix claire et posée en regardant tour à tour Thorolf et Livia.

- «Je m’appelle Sunniva, je suis la fille de Folker, constructeur de bateaux du village aux côtés d’Hakon, mon oncle. Ma mère n’était pas völva mais une simple herboriste. Je me souviens que quand j’étais jeune elle faisait son possible pour guérir ceux du village qui venait réclamer son aide.»

Elle marqua une pause avant de terminer de répondre aux questions de Thorolf ce qui était le plus difficile à annoncer. Cela créait une impression étrange de parler de sa mère avec des villageois. Elle se rappelait toutes les rumeurs qui tournaient autour de celle qu’ils appelaient la « sorcière ». Elle fut reconnaissante à l’éleveur d’avoir vu chez celle qui lui avait donné la vie une « volvä » au lieu d’un être mauvais.

- «Malheureusement, elle n’est plus là. La maladie l’a emportée quand je n’étais qu’une enfant. Il n’y a pas eu de grandes cérémonies ou de réelle annonce compte tenue de ce que le village pensait d’elle… Nous lui avons fait nos adieux en famille.»

Elle respira lentement pour ne pas se faire submerger par l’émotion accompagnant ses paroles. Voulant penser à autre chose, elle chercha le rapport avec l’attaque du dragon.

- «Cependant, n’avez-vous pas déjà des völvas au village ? Pour ce qui est de la qualité d’herboriste de ma mère, je pourrais aider grâce à ce qu’elle m’a appris. J’étais justement en quête d’ingrédients pour mes remèdes lorsqu’Arvak a croisé mon chemin. Les brûlures de certains villageois sont beaucoup trop importantes et s’infectent trop vites… »






I'll see what tomorrow brings...
“ I’m waking up. I feel it in my bones. Enough to make my system blow. Welcome to the new age. To the new age."

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
viking - bondi

ϟ MESSAGES : 10613
ϟ INSCRIPTION : 12/03/2014
ϟ LOCALISATION : Murmure à l'oreille des chevaux et d'une crevette.
ϟ HUMEUR : Batifolarde








MessageSujet: Re: Renouveau   Sam 25 Juil - 10:34





Au fil des ans, les souvenirs s'effilochent, les détails s'estompent. Je n'étais encore qu'un gamin lorsque la santé de ma mère s'est brusquement détériorée, et lorsque mon père a remué ciel et terre pour dénicher quelqu'un qui serait peut-être en mesure de la sauver. Je me rappelle qu'il avait placé énormément d'espoir en cette femme un brin étrange, demeurant à l'écart du village, que notre voisinage considérait pourtant avec méfiance et appréhension. Malgré de louables efforts, cette énigmatique personne, que j'avais donc prise à tort pour une volvä en raison des nombreuses aptitudes que mon père lui attribuait, n'était pas parvenue à guérir ma mère.

- Je suis sincèrement attristé d'apprendre que ta maman est également décédée, Sunniva. Je n'étais pas au courant, et je comprends aujourd'hui pourquoi : vous n'avez organisé aucune cérémonie funéraire. Par ailleurs, notre haras est une occupation à plein temps, et nous y vivons, d'une certaine manière, en marge de la société. Nous fréquentons peu de monde et nous ignorons la plupart des nouvelles qui circulent au cœur des ruelles ... ajouté-je en haussant les épaules, car, effectivement, les potins ne nous intéressent guère.
- Bref, je ne reviendrai pas sur le peu de considération que les villageois accordaient à ta mère, j'étais trop jeune et trop insouciant pour saisir les raisons de ce comportement, mais je me souviens très bien qu'elle avait fait preuve d'énormément de dévouement au chevet de la mienne, et que mon père lui témoigna ensuite une profonde reconnaissance. Quant aux loups ...

Je soupire et hoche la tête en signe de désaccord. Je suis extrêmement surpris qu'une jeune femme apparemment sensée puisse chercher une justification aux ravages qu'ils exercent et à la menace qu'ils constituent en rôdant ainsi aux abords des habitations. Ma désapprobation est plutôt véhémente, et, selon moi, plus que légitime.

- Quant aux loups ... si je pouvais exterminer totalement cette misérable engeance, je le ferais sans la moindre hésitation ! Cette nuit, une meute particulièrement audacieuse s'est aventurée jusqu'à l'intérieur de nos pâtures en se glissant sous les clôtures ! Leurs hurlements m'ont carrément pétrifié. Par bonheur, nous n'avons pas été pris au dépourvu, et les chevaux, enfermés dans leurs stalles, étaient hors d'atteinte, sinon Livia et moi nous serions complètement ruinés. De tels prédateurs pourraient d'ailleurs s'en prendre à des enfants, ou à un adulte imprudent, et il serait alors trop tard pour se lamenter et regretter la passivité générale. N'avons-nous pas assez souffert ? Je te concède volontiers que les loups tuent uniquement pour survivre, que le gibier est rare, et que la région tout entière est affamée, mais nous n'avons pas d'autre choix que de tenter de nous débarrasser d'eux. Ce sera eux ou nous ! C'est une nouvelle guerre, mais nous la remporterons ! ... affirmé-je en posant la main sur la poignée de mon épée pour corroborer mes propos.

Je me rends compte alors que je m'emporte exagérément, et que Sunniva mérite beaucoup mieux que de devoir supporter mon énervement, car elle nous a rendu un fier service en nous ramenant Arvak. C'est d'une voix plus posée, plus amicale, que je poursuis. Un peu penaud, et surtout plus conciliant.

- Tu as parfaitement raison, Sunniva, il y a d'autres volväs au village, et jusqu'à ces derniers jours elles étaient occupées à panser les plaies des villageois blessés par le dragon ou par les catastrophes qu'il a provoquées. A présent, cependant, le Jarl Hagen est parti chercher de l'aide à Oldervik, il a emmené avec lui la majorité des habitants de Tromsö, ceux qui étaient capables de se déplacer et que rien ne retenait ici, et je suppose que les volväs ont accompagné cette cohorte afin de continuer à apporter des soins aux nombreux éclopés. Ils sont déjà loin, sans doute, mais, si tu le désires, tu peux te rendre utile ici, nous avons recueilli cinq ou six blessés et aussi quelques personnes, atterrées par la mort d'un ou de plusieurs proches, que nous tâchons de réconforter de notre mieux.

Mon regard se porte sur Leif et Herluf, occupés à atteler la carriole. Ils plaisantent, ils rient, mais sans doute est-ce une façon de dissimuler l'angoisse qui afflue. Notre charrette est déjà bien remplie, mais elle nous sera bougrement utile si nous trouvons de la nourriture en chemin. Il me vient d'ailleurs une idée que je soumets aussitôt à Sunniva.

- Tu disais que tu cherchais des plantes pour préparer tes remèdes ? Je pense que tu prends énormément de risques à te déplacer seule. C'est excessivement dangereux ! Viens donc avec nous, tu seras beaucoup plus en sécurité. Nos deux compagnons sont d'excellents archers. Et si tu as besoin de quoi que ce soit, demande le à Livia, c'est elle qui s'occupe de tout le ravitaillement ! ... dis-je en dévisageant tendrement ma crevette, sans qui je serais souvent dépassé par les événements.





When I say I love you, please believe it's true. When I say forever, know I'll never leave you. When I say goodbye, promise me you won't cry, Because the day I'll be saying that will be the day I die.

Merci Thor ! keur
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
viking - thraell

ϟ MESSAGES : 10250
ϟ INSCRIPTION : 13/03/2014
ϟ LOCALISATION : Tromsø ou ses alentours
ϟ HUMEUR : Aventureuse et curieuse








MessageSujet: Re: Renouveau   Sam 15 Aoû - 18:36


Par les Nornes, voilà une situation bougrement intéressante ! Cette jeune femme ravissante est une sorte de guérisseuse, si j'ai bien compris, et nous manquons cruellement d'aide de ce genre depuis que Hagen a entrepris la migration d'une grosse partie du village, y compris nos volväs, vers Oldervik. De plus, je suis intimement persuadée qu'elle a un certain don avec les animaux. Habituellement, Arwak ne se laisse pas facilement approcher par des inconnus, et il se laisse flatter par la brune comme si un lien s'était établi entre eux, un lien qu'à mon plus grand regret, je n'ai jamais réussi à tisser avec lui, certainement en raison de la crainte qu'il m'inspire.

Je reste silencieuse tout au long des échanges entre Sunniva, puisque c'est ainsi qu'elle se nomme, et Thorolf. J'écoute attentivement afin de bien tout saisir. L'histoire de sa mère, il me l'a déjà racontée, plusieurs fois, tout comme les efforts de cette femme, herboriste ou volvä, qui était leur dernier espoir. Ils lui ont fait confiance malgré sa réputation sulfureuse, et son dévouement remarquable au chevet de la malade a marqué à jamais l'esprit du petit garçon qu'il était alors. La carrure impressionnante de mon compagnon est trompeuse. Sous sa cuirasse de muscles bat un cœur d'or, et je perçois sans mal la nostalgie qui teinte ses propos : il est sincèrement désolé d'apprendre que cette femme a rendu l'âme à son tour, mais ravi de lui découvrir une fille qui possède le même don de guérison.

Cependant lorsqu'il est question des loups, sa colère enfle d'un coup. Même si je ne suis pas tout à fait d'accord avec lui, je sais que cette nuit il a vraiment craint pour notre sécurité à tous, en les voyant s'approcher aussi près du haras. Le dragon a décimé le gibier qui vivait dans nos bois, condamnant les loups - et le village - à la famine, à plus ou moins brève échéance. Les incendies qu'il a déclenchés dans Tromsø et ses alentours lors de son attaque funeste ont parachevé son infâme dessein. Les loups n'en sont pas responsables. Sans un mot, je pose une main apaisante sur son bras, l'invitant à plus de modération. Mais il a compris qu'il allait trop loin et sa voix se fait plus amicale pour proposer à Sunniva de se joindre à nous. J'en profite aussitôt pour renchérir, je serais ravie qu'elle nous accompagne, d'une part parce que je ne serais pas la seule femme de la troupe, et surtout parce que je meurs d'envie de l'interroger sur son voyage lointain, sur ses dons de guérisseuse, et sur la façon dont elle a apprivoisé l'ombrageux étalon. Bref je suis impatiente de faire sa connaissance, d'autant qu'elle semble très sympathique :

- Toi excuser Thorolf, Sunniva, lui très protecteur. Ici, beaucoup avoir tout perdu, très malheureux, blessés … ou terrorisés encore. Nous beaucoup chance, chevaux presque tous revenus, et maison encore debout, mais plus beaucoup à manger, pour tous. Nous devoir chasser. Nous comme loups avoir besoin nourriture.
Désolée de contredire mon colosse, je lui adresse un regard contrit, tout en cherchant sa main à laquelle je noue tendrement la mienne. Mes yeux se reposent sur Sunniva, je lui souris amicalement :

- Moi contente si toi venir, je pas être seule femme avec chasseurs en colère. Et moi bien connaître forêt maintenant. Je trouver herbes pour toi. Je savoir où pousser elles. Pas bien pour toi aller là-bas toute seule, trop dangereux, Thorolf raison. Et toi pouvoir aider blessés ici, brûlures graves et douloureuses. Nous faire pansements avec remèdes, mais remèdes finis, et moi pas savoir quoi faire …
Si mon géant proposait simplement à Sunniva de nous aider, j'espère, moi, l'y amener car certains de nos rescapés franchiront bientôt les portes d'Helheim sans son intervention. Mes maigres compétences ainsi que celles des autres femmes présentes sont complètement dépassées par l'ampleur des lésions de ces pauvres vikings ...
- Blessures trop graves eux mourir bientôt … insisté-je la mine sérieuse et triste. Je sais très bien que certains ne survivront pas, et que d'autres souffriront encore longtemps dans leurs chair et dans leur esprit … Je n'en sors pas indemne non plus, mes blessures étaient minimes, mais lorsque je ferme les yeux, les images de cette journée tournoient devant moi inlassablement, me rappelant que nous avons frôlé la mort de très près. Secouant la tête, je repousse mes sombres pensées aussi loin que possible. Ma main emprisonne toujours celle de Thorolf, je passe mon bras libre sous celui de Sunniva et je les entraîne tous les deux auprès de notre vieille carriole piquetée de rouille :

- Regarder tout déjà prêt ici ! Armes, eau, nourriture … Nous aller chasser, loup ou autre animal, mais aussi chercher trois chevaux pas rentrés, deux étalons et une jument … Et maintenant herbes si toi venir. Alors Sunniva ? Toi décider …



When I say I love you, please believe it's true. When I say forever, know I'll never leave you. When I say goodbye, promise me you won't cry, Because the day I'll be saying that will be the day I die.

Merci Thor ! keur
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: Renouveau   

Revenir en haut Aller en bas
 

Renouveau

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» [Le Renouveau] - Les Archives d'Amakna
» Le Renouveau de Lordaeron
» Le renouveau de l'armée de Mhetep
» Le retour du Renouveau Krytien [KRY]
» Le Renouveau seconde édition

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
war of the gods :: Neuf royaumes :: Midgard :: les habitations :: Élevage de chevaux-