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Rumeurs
- Var a tourné le dos à son roi. Il parait que la déesse des Pactes préfère aujourd'hui les grosses faveurs de Frey !

- On dit que depuis que Tyr a pris les fonctions de son frère aîné, personne n'aurait encore osé lui proposer un coup de main .

- A Tromsø, on hésite à dire si la petite Brynja est maudite ou chanceuse, car après avoir manqué de se faire brûler vive par un dragon, elle a manqué par deux fois la noyade, dont une durant les raids !



 
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 With heart and brain

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viking - bondi

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Son oncle Hakon est constructeur de bateaux et membre du Thing. L'épouse de ce dernier, Hadda, possède une ferme laitière et d'importants troupeaux de chèvres, c'est donc une famille aisée ♠️ Elfi est très fine archère et bonne chasseuse ♠️ Elle prie principalement les déesses, Ran, les Vagues, Gersimi & Hnoss, Sol, Freyja, Jord et Skadi.




MessageSujet: With heart and brain   Ven 26 Juin - 17:01




With heart and brain


Elle baya à s'en décrocher la mâchoire avant d'enchaîner avec un reniflement sceptique. Assise sur un gros rondin calciné, elle contemplait le spectacle atypique, les paupières lourdes mais la mine quelque peu interloquée. A vrai dire, elle hésitait franchement sur l'attitude à adopter, elle ignorait ce qu'il convenait d'afficher lorsqu'on se tenait face à un cadavre de la taille d'une baleine. A cela près bien sûr que les morceaux s'éparpillaient encore de ci de là sur les ruines du village, formant le puzzle morbide de ce qui était il y a trois jours encore un dragon. La veille déjà, ils s'étaient attelés à débiter l'un des membres du monstre, un sacré travail, bien plus compliqué qu'il n'y paraissait. L'idée en répugnait plus d'un, mais de son côté, Elfi n'avait pas sourcillé et en avait dégusté deux belles tranches bien cuite le soir même. Certains oiseaux de mauvaise augure étaient venus déclamer qu'ils finiraient intoxiqués par la chaire du dragon, mais elle était vivante aujourd'hui et se sentait très bien. Ou plutôt, elle ne se sentait pas plus mal que la veille et les seules douleurs ressenties continuaient de venir de ses poumons brûlés, non pas de son estomac.

Il était heureux qu'il ait été décidé qu'elle ne dormirait pas à la ferme d'ailleurs, car en l'entendant tousser de la sorte, ses vieux auraient été capables de la séquestrer pour l'obliger à rester au sec. Au lieu de cela, elle campait sur la plage avec tous les autres. Non pas par solidarité exacerbée mais bien car il n'y avait plus de place pour elle chez sa tante Hadda. Il n'y aurait même plus eu la place pour une souris tant ils étaient serrés. La plus part des membres de leur famille avaient perdu leur logis et du coup, les plus jeunes et les plus vigoureux avaient été priés de se débrouiller par eux-même afin de céder leurs places aux plus âgés et aux enfants. La situation convenait parfaitement à la rouquine qui préférait largement rester sur place, là où continuaient de se dérouler les choses, là où elle pouvait prendre part, tout voir et tout entendre – et bien entendu mettre son grain de sel.

C'est vrai que du même coup, elle dormait mal, avait froid et mangeait peu, sans compter qu'elle n'était pas encore parvenue à se laver convenablement, se contentant d'un débarbouillage rapide dans l'eau glacée de la mer. Mais qu'importe, elle préférait de loin subir tout cela et barboter dans ce qu'il restait du mythique dragon les ayant attaqué que de manquer quelque chose d'aussi unique. La vie était beaucoup trop courte et surtout, elle n'avait aucune intention de finir à Hel comme sa mère et ses frères. Ce n'était pas en restant chez elle sous sa peau de loup qu'elle obtiendrai sa place dans les grands Halls d'Odin, pour sûr.

Elle avait d'ailleurs bien failli y gagner sa place pas plus tard que l'autre jour ! Assurément, mourir brûlé vif par un dragon vous octroyait un allé simple au Valhalla. C'eut été sans Njall, il y a fort à parier que c'est exactement la fin qu'elle aurait trouvée, et l'opportunité ratée l'avait presque mise en colère. Malgré tout aujourd'hui, elle était contente d'avoir obtenu cette espèce de sursit. Sa vie n'avait pas été très intéressante jusque là, elle n'avait pas encore eut le temps de faire toutes les choses qu'elle avait rêvée de faire en tant que mortelle, comme prendre part aux raids ou visiter d'autres branches de l'Arbre-Monde pour ne citer que cela.

Enfin bref, tout cela pour dire qu'elle venait de tomber sur les morceaux les plus intéressants du dragon, et que si elle voulait en faire quelque chose de tout aussi intéressant, elle avait intérêt à se dépêcher. Mystérieuse ou pas, la dépouille serait rapidement transformée en grillades, en soupes et en gigots, du moins pour les parties qui se consomment. Le reste serait certainement incorporé dans la reconstruction du village.
Donc si qui que ce soit voulait contempler l'intérieur et les viscères d'un vrai dragon, c'était aujourd'hui ou jamais ! Sauf que pour cela, elle avait besoin de quelqu'un de précis dont l'identité tombait selon elle sous le sens, et ce pour plusieurs raisons tout à fait valables. Premièrement, c'était en partie lui qui lui avait évité l'incinération à vif, un sacré détail. Et puis fallait-il le rappeler puisqu'il s'en chargeait toujours très bien lui-même : c'était lui l'érudit ici.
Désertant son rondin noircit, la jeune archère s'éloigna donc du centre du village pour prendre la direction de la cabane de Njall, qui était en fait une demi cabane à présent puisqu'une partie n'avait pas résisté à l'attaque.

Elle ne prit d'ailleurs pas du tout en compte l'énorme trou dans la maison et vint se poster devant la porte pour y abattre fermement le poing comme si de rien n'était. Elle étrangla sa toux lorsque celle-ci s'ouvrit sur le propriétaire, avec qui elle entama la conversation sans passer par les salutations d'usages qui l'ennuyaient beaucoup.

-Hey, j'ai trouvé la majeur partie du poitrail du dragon, et presque toute sa tête aussi. J'pensais découper tout à la scie et manger un bout d'son coeur ou d'son cerveau, voir c'qui s'passe. On sait jamais, p'tètre que ça file des pouvoirs ! Tu veux venir ?

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MessageSujet: Re: With heart and brain   Mer 1 Juil - 14:20


Vue depuis le village, la cahutte semblait avoir été épargnée par le gros de l’attaque, se dressant paisiblement à l’écart des autres ruines. Mais en prenant un point de vue bifurquant sur les flancs, l’impression disparaissait bien vite : l’arrière de la bâtisse avait été réduit en pièce, des roches et des débris ayant malencontreusement choisi la demeure de l’érudit comme cible, peu désireux de le laisser échapper à la destruction commune.

L’érudit, d’ailleurs, n’avait pas vidé les lieux. Assis en tailleur au centre de la pièce principale, il semblait être au premier abord un véritable ilot de stabilité dans un océan de chaos. Autour de lui, beaucoup de meubles gisaient piteusement, renversés voire brisés. Dans son dos, la pièce lui servant de chambre n’était qu’un amas de ruines. Etalés soigneusement devant lui, ses écrits. Des tablettes de cire, certaines à moitié fondues par la chaleur des combats. Quelques rares papyrus, beaucoup étaient déchirés. Des morceaux d’écorce et de pierre gravés, ceux-là avaient mieux résisté. Oui, Njall semblait calme, ainsi posé au milieu de sa bulle de connaissance. Pourtant, dans son esprit, une sourde colère aisément comparable à un prologue du Ragnarök grondait. Après avoir aidé un tant soit peu les blessés les plus graves sur la plage, il s’était précipité chez lui, faisant peu cas des dégâts architecturaux, et avait entreprit de faire un inventaire de ses recherches. Toute une moitié effacée. Détruire. En lambeaux. Irrécupérable. Des sujets entiers avaient disparus, d’autres se retrouvaient à présent incomplets, confus. Le désordre le plus totale. Des années de travail, de voyages et de sacrifices. Pour ça.

« Pour un foutu dragon ! » lança-t-il soudain.

Le visage fermé, Njall se pencha et ramassa avec précaution une pile de papyrus, commençant à les trier. Ils étaient les plus fragiles, le matériau, bien que noble et d’une beauté sans pareil, était le plus sensible. Il resta donc ainsi, pendant des heures, allant d’un bout à l’autre de la pièce, rassemblant, classant, recopiant, faisant le compte de tout ce qui pouvait manquer. Un éclair de douleur remontant son corps le força à s’arrêter un instant, grimaçant : ses blessures, bien que superficielles et traitées correctement, le lançaient encore bien plus qu’il n’en fallait. Mais peu importait. Il devait poursuivre. Recomposer ses recherches. Ensuite, retrouver son cheval Hagalaz, sans doute parti se réfugier en forêt. Et enfin, reconstruire son propre toit. Un ordre des priorités pour le moins singulier. Sauf à ses propres yeux.

Il en était aux tablettes de cire, très précieux supports récupérés via un marchand revenu des terres les plus au Sud, lorsqu’un coup sec retentit sur la porte. Haussement de sourcil, crispation des poings, agacement perceptible : ce n’était en aucun cas le moment de le déranger. Peut-être s’agissait-il de quelques habitants ayant surmonté leur mépris à son égard pour demander refuge sous ce qu’il restait de son toit ? Il était surpris de ne pas avoir eu ce genre d’importune visite plus tôt. Que répondre ? Il ne voulait personne, surtout maintenant, mais il était de son devoir d’aider… C’est donc dans un soupir à fendre quelques âmes qu’il se releva pour ouvrir la porte. Ce qui s’y trouvait derrière n’était en rien ce qu’il avait redouté un instant plus tôt, mais était-ce pour autant quelque chose de moins dérangeant ?

La furie rousse. Plantée devant lui, toussant un coup avant d’aussitôt lui déblatérer quelques paroles étranges, sans aucune autre forme de procès. Sans doute allait-il falloir l’envoyer paître d’autres pâturages plus accueillants que le sien. Peut-être lui rappeler la plus élémentaire des politesses, à savoir saluer son congénère avant de se lancer dans quelques discussions, quelles qu’elles soient ? Mais si l’érudit s’efforçait d’afficher sa plus évidente mauvaise humeur, son esprit, lui, avait capté des éléments bien plus intéressants dans les propos d’Elfi. Faisant fi de son agacement, il lâcha la porte – jusqu’à maintenue dans le but d’être rapidement claquée au besoin – et se détendit.

« Manger le dragon ? » Un léger rire. « Voilà bien une idée saugrenue digne de toi, ma chère. » Il secoua la tête de dépit, mais son expression énervée avait disparue. « Néanmoins, étudier la carcasse de ce monstre pourrait être intéressant… Attends un instant.

L’érudit retourna à l’intérieur et évalua rapidement ce dont il avait besoin, dans le fatras de ses possessions mélangés. L’épée était inutile, il attacha néanmoins à sa ceinture le sax court : finement aiguisé, il serait amplement suffisant pour découper la chair. Une tablette de cire, idéale pour l’éventuel prise de notes sur la bête, s’ajouta à sa besace, dans laquelle il fourra de multiples babioles, fioles, ou autres bizarreries, visiblement importantes à ses yeux. Cela ne lui prit que quelques secondes pour s’équiper et, une fois fait, il ressortit, faisant signe à Elfi d’avancer alors qu’il refermait la porte – un geste plus machinal qu’autre chose : celle-ci était pour le moment inutile, vu l’état actuel de la cahute. Tout en se dirigeant vers le village, il jeta un œil sur la jeune femme, l’évaluant rapidement de la tête au pied.

« Tu sembles t’être bien remise de l’attaque. Qu’en est-il de ta famille et de votre ferme ? »

En approchant de la place publique, l’odeur de la chair à vif, mêlée au goût métallique du sang et aux volutes de cendres flottant dans l’air, agressait les narines des habitants évoluant dans les environs. Njall sortit un long morceau de tissu de sa besace et enveloppa le bas de son visage avec. L’odeur était supportable, mais qui sait quels miasmes insidieux flottaient autour d’eux ? Un simple tissu était loin d’être une protection réellement efficace, mais cela valait toujours mieux que rien. Le regard de l’érudit s’illuminait déjà à la vue de la carcasse : l’explosion l’avait grandement endommagé – c’était après tout le but initial – mais plusieurs morceaux semblaient plus ou moins intactes. En voyant d’autres habitants patauger dans les viscères sans la moindre prudence, il accéléra le pas et les héla :

« Vous faites n’importe quoi, idiots ! Prenez garde où vous posez vos pieds, ces restes sont d’une grande valeur ! » Ignorant que le moment était bien mal choisi pour ce genre de réprimandes, il observa tout d’abord à distance les restes, puis se tourna vers Elfi. « En as-tu déjà mangé ? Quel goût cela a ? »

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MessageSujet: Re: With heart and brain   Jeu 9 Juil - 22:14




With heart and brain


Patientant sagement que le grand chauve ramasse ses affaires à l'intérieur de la bâtisse malmenée, Elfi plongea les deux mains dans son manteau de fourrure et se tordit la nuque pour tenter de détailler l'intérieur de la maison. Voilà bien longtemps qu'elle n'avait plus mit les pieds ici, du moins qu'elle n'avait plus mit les pieds dans cette bicoque car il lui était plusieurs fois arrivé de faire le chemin uniquement pour balancer des cailloux sur la porte ou des oeufs pourris sur le toit. Dans ses souvenirs – pratiquement des souvenirs d'enfance - c'était une grande pièce encombrée et qui ne déclinait qu'une seule et unique gamme de couleur : celle des livres, des parchemins et du bois. Elle se souvenait également d'une odeur particulière qu'elle avait toujours assimilé à celle de la poussière, avec une note d'humidité qui procurait un curieux sentiment apparenté à une espèce de nostalgie enrubannée de mystère. Rien d'étonnant à ce qu'elle ait fini par l'envoyer paître ! L'aura de son petit intérieur avait toujours eu le don de lui fiche le malaise. Trop silencieux. Trop immobile. Trop ... trop érudit tiens ! Ca ne voulait pas dire grand-chose mais ça voulait tout dire quand même. La sagesse n'avait jamais été son truc, pas plus que la patience, et si Elfi avait la patience d'attendre une demi minute que Njall ait rassemblé ses affaires, elle n'avait par contre jamais eut celle de rester assise des heures à blablater dans cette masure de l'étrange. A l'époque elle aurait donné cher pour qu'un vrai de vrai dragon déboule dans le ciel et vienne y bouter le feu...

Ironiquement, son coup d'oeil lui permit de voir que tout avait été mit sans dessus dessous, et cette constatation la contraria quelque peu. Non pas en souvenir du bon vieux temps ou parce qu'elle avait finalement apprit à aimer ces souvenirs ennuyeux. Foutaises.
Non, c'est juste qu'elle s'était mise une certaine idée en tête et qu'elle escomptait demander un coup de main à l'érudit dans un futur proche. Pour une fois qu'elle avait besoin des connaissances accumulés par cet hurluberlu, on lui mettait des bâtons dans les roues. Avec sa guigne habituelle, le manuel concernant la confection de prothèses en bois aurait bien entendu brûlé, du moins si un tel manuel existait vraiment. Tout était possible dans c'monde, des géants de glace aux titans de feu.

Quoi qu'il en soit, il fut bien vite à ses côtés et ils entamèrent aussitôt le trajet de retour vers le village. Elfi ne tourna le regard vers son compagnon que lorsque celui-ci prit sur lui de lancer la conversation. S'entendre à nouveau faire remarquer qu'elle semblait gaillarde la fit largement sourire. Sa tante et quelques parentes réfugiées chez eux le lui avaient également fait remarquer.

-Yup ! J'ai pas une seule brûlure sur moi, comme si j'étais passée au travers ! Ma grand tante Bertha dit que c'est parce que les Dieux ont peint mes cheveux avec du feu. Comme les flammes pensaient que j'étais une des leurs, elles sont passées à côté d'moi sans m'mordre. Elle haussa une épaule d'un air faussement humble et passa sciemment sous silence son affreuse toux et le sifflement infernal de ses poumons. C'était tout d'suite moins héroïque et elle préférait éviter. A la place elle en vint à la seconde moitié de la question : La ferme va bien. Y'a rien eu là-bas. Les troupeaux étaient pas mal affolés et pas mal de bêtes s'étaient carapatés dans les falaises, il a fallut aller les rechercher une par une. Rien d'grave. Par contre la fabrique de l'oncle à totalement cramé, et vu qu'il lui manque une jambe maintenant ... Ce sujet là étant autrement plus épineux, elle l'avorta d'un bref soupir. La misère, un peu comme tout l'monde quoi ! Allez grouille, sinon ils l'auront dépiauté avant qu'on arrive là-bas.

Une fois sur place, elle se planta aux côtés de l'érudit tandis qu'il vociférait et ébaucha une grimace mitigée lorsqu'il s'enquit des qualités gustatives de la viande de dragon.

-Eh bien tu sais, honnêtement j'ai été un peu déçue. J'imaginais que ça allait être vachement épicé, genre comme du gibier bien faisandé tu vois ? Mais en fait ça a l'même goût que quand on fait cuir des grenouilles au feu d'camp. C'est fade et cendré. Un peu bizarre. Mais pas mauvais. Après, j'en ferai pas une généralité parce que moi, j'ai goûté d'la cuisse, mais ma prochaine tentative c'est un ragoût d'langue. Avec des oignons et du choux, mijoté longtemps, ça peut être que bon. Tu veux la voir d'ailleurs ? ... sa langue j'veux dire, finit-elle par s'expliquer. Elle est de c'côté, avec une bonne partie d'sa tête. Il manque la mâchoire inférieure, j'ai cherché après un bon moment mais impossible de mettre la main dessus.

Tout en parlant, elle l'avait entraîné un peu plus loin. Comme un peu partout se dressait quelques ruines froides dans un état pitoyable, et par-dessus ce tas de gravas informe trônait la demi tête morte de leur assaillant. L'un de ses yeux avait été salement amoché, mais l'autre était encore entier, ouvert et voilé par la mort. Son regard fixe était braqué droit sur eux et après quelques secondes d'observation, Elfi laissa échapper une petite exclamation, entre triomphe et contentement. De quelques petits bonds souples, elle vint se poster assez prêt de la tête du reptile pour lui fiche un bon coup d'pied.

-On devrait tout nettoyer et garder l'crâne pour le mettre à l'entrée du village. Comme ça, la prochaine bestiole qui se mettra en tête de nous chercher des noises verra qu'on n'a pas peur et qu'on a déjà refroidi les ardeurs d'un dragon ! P'tètre qu'elle y réfléchira à deux fois avant d'attaquer. Tu penses que Hagen serait d'accord ?

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MessageSujet: Re: With heart and brain   Jeu 16 Juil - 15:46


Un léger haussement de sourcil ironique que Njall s’empressa d’effacer. Des cheveux peints avec du feu par les Dieux ? Pourquoi pas. Après un dragon, tout était possible… Mais l’érudit se souvenait surtout d’une demoiselle terrée dans un coin, au milieu du chaos, qu’il avait été obligé d’évacuer non sans mal. Néanmoins, pourquoi se formaliser des dires saugrenues d’Elfi ? Celle-ci semblait bien se porter, lui-même avait eu beaucoup de chance… Il était inutile de débattre sur ce sujet plus longtemps.

Il était néanmoins rassuré que la ferme n’avait pas subit trop de dommages : avec les périodes de pénurie à venir, inhérentes à leur situation, celle-ci allait être d’autant plus précieuse. Il avait entendu parler du projet du jarl d’emmener les habitants dans une ville voisine, peut-être même vers la maudite Olderik. L’érudit répudiait à une telle extrémité, il fallait qu’ils arrivent à se reconstruire par eux-mêmes, plutôt que fuir vers quelques hostiles voisins. Et dans cette optique, mieux valait chérir les fermes encore en état. Njall tiqua néanmoins à l’évocation de l’oncle. Il avait totalement oublié que le vieil Hakon était revenu estropié des raids. Rien n’avait été fait pour l’aider ? Le jarl n’avait pas cherché à le soutenir ? Etonnant. Peut-être que lui-même pourrait y faire quelque chose. Il ne fallait jamais rater une occasion de se montrer utile lorsqu’on était un érudit regardé de travers, Njall nota ceci dans un coin de son esprit et se recentra ensuite sur plus important : le dragon. Il écouta avec attention les détails d’Elfi, souriant discrètement devant sa manière de conter les choses. Toujours aussi simple, brut, sans détours.

« Et aucun effet secondaire après la dégustation ? Des sensations étranges dans le corps, quoique ce soit ? » L’évocation de la langue du dragon détourna immédiatement son attention. « Voilà une excellente idée… »

Pataugeant dans les mares de sang à peine séchées et les gravats cendreux, l’érudit s’arrêta un instant à la vue de l’immense crâne de la créature, et s’imagina la potentielle rencontre qu’il avait espéré. Avoir une discussion avec une telle bête, quelle folie s’était donc emparée de lui lorsque cette idée saugrenue s’était insinuée dans son esprit ? Njall s’approcha et se posta devant le grand œil intact.

« A cause de toi, foutu bestiole, j’ai perdu des années de recherches… » murmura-t-il tout en tapotant le haut de la paupière, l’examinant avec une certaine nonchalance. « Maintenant, tu vas devoir me livrer tous tes secrets… »

Que si un tel malheur devait à nouveau se reproduire, les vikings ne se retrouvent pas à nouveau désarmés, mais prêts à en découdre. L’érudit sortit sa tablette de cire et commença à prendre quelques notes, la plupart en runique, quelques rares en latin. La taille, la texture, la solidité des écailles… Il recula vivement la main en tâtant une des plus grandes dents : celle-ci était encore brûlante. Intéressant. Alors qu’il s’était glissé pour disparaitre sous la mâchoire supérieure, il ressortit la tête pour écouter l’idée d’Elfi. Une idée digne d’elle, à n’en point douter. Une idée mauvaise ? Pas vraiment. Pourquoi pas. Mais cela suscitait quelques questions éthiques aux yeux de l’érudit.

« Dans un sens, nous n’avons malheureusement aucun mérite permettant de revendiquer ce trophée. Sans les Dieux, la bête serait devenue le nouveau jarl d’un village de cendres… Mais je pense qu’il sera important, dans l’avenir, de se souvenir de ce jour. Pour une fois ma chère Elfi, je suis d’accord avec ton idée. » Il haussa les épaules et ressortit de la gueule. « Même si je pense que notre bon jarl a actuellement d’autres choses à penser que des questions décoratives... »

Et peu importe si le crâne était ou non destiné à devenir un trophée, Njall savait déjà ce qu’il voulait. Il tata quelques dents avant d’en trouver une au fond, moins grande et chaude que les autres, qu’il entreprit d’attaquer au sax court au niveau de la gencive. Il creusa un moment, tenta de retirer le croc qui se borna à trembler légèrement. Un long soupir d’agacement plus tard, l’érudit s’éloigna pour racler du sang de dragon, vite mis à l’abri dans une fiole. Puis ce fut au tour de la salive encore présente dans la gueule, tout aussi intéressant : il fut d’ailleurs rassuré qu’aucun récipient n’avait encore fondu sous l’effet de son contenu. Puis, enfin, il revint à la fameuse dent et se campa devant elle, les bras croisés. Hors de question qu’il abandonne. Il comprenait mieux à présent pourquoi la dentition de la bête était encore intacte : personne n’avait dû réussir à extraire le moindre morceau. Mais peut-être que ce petit-là serait plus facile à détacher que les autres. Il reprit donc son œuvre, grognant et jurant, la cible de son acharnement bougeant un peu plus sans jamais vouloir céder. Haletant, Njall se retourna vers Elfi et lui désigna la dent à la pointe de son couteau.

« Un peu d’aide ? Je suis certain que tu n’as pas peur de te salir. De plus, il est bien moins effrayant dans cet état, n’est-ce-pas ? » Une petite pique tout à fait gratuite sur la peur paralysante et tout à fait compréhensible d’Elfi durant l’attaque, une pique qu’il sortit bien vite de ses pensées. « D’ailleurs, après ça je pense aller explorer ses entrailles. Je suis curieux de voir comment une créature pareille est capable de cracher du feu à volonté… »



(Bon, malgré la fatigue et le coup sur la tête, j'avais grandemment envie de RP, du coup j'espère que mon post t'ira v )
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MessageSujet: Re: With heart and brain   Mer 22 Juil - 20:54




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Aucun mérite ?! Était-il sérieux cet hurluberlu ?! Aucun mérite ?? N'étaient-ils pas vivants ? Ne respiraient-ils pas l'air quand quantité d'autres nourrissaient à présent les vers ? N'avaient-ils pas défiés la mort elle-même en traversant un ouragan de feu ? Que lui fallait-il à celui-là, pour obtenir un quelconque mérite ?

-Tu le fais exprès d'jamais rien comprendre à c'que j'raconte ou quoi !? C'est presque vaniteux c'que tu dis, et tu t'en rends même pas compte ! Evidemment qu'on n'a pas refroidit le dragon nous-mêmes, 'faut être un DIEU pour tuer un dragon, sinon c'est impossible ! Réfléchi un peu. Nous, on est des mortels. Des mortels qui sont pas morts. J'trouve que rien qu'pour ça, on a droit à un peu d'mérite, qu'elle débita d'un ton sec et sans équivoque, comme bien souvent.

Elle n'avait pas omit de remarquer qu'il avait pourtant argumenté en sa faveur, et si elle avait eut un peu de bon sens, peut-être s'en serait-elle sentie flattée. Il s'agissait après tout de l'érudit du coin, auto-proclamé, mais tout d'même. Et puis ces vieux différents qu'ils avaient eut lorsqu'elle était gamine auraient également pu rendre agréable le fait qu'il donne pour une fois quelconque crédit à ses mots, alors que d'ordinaire, il la traitait comme une idiote. Pas qu'elle le vive comme un affront personnel non plus. Njall traitait juste les gens de cette manière.
Enfin bref. Tout cela pour dire qu'elle n'avait de toute façon aucun bon sens.

Ce n'était pas bien grave car lui non plus apparemment ! Elle n'était peut-être pas aussi vive que lui, mais elle captait parfaitement ses petites allusions. C'est vrai que le matin de l'attaque, il lui était tombé dessus au plus dense de la bataille, à un moment où elle avait trouvé refuge dans une crevasse pour éviter de se faire totalement ramollir par une patte de dragon, un loup monstrueux et toute une tripoté de divinités en pleine gymnastique magique. Elle ne se considérait pas comme pleutre pour autant. Simplement, elle avait tout de même assez de bon sens pour savoir de quelle manière rester en vie. L'intervention du grand chauve s'était certainement révélée salvatrice, mais qu'il s'enfonce sa dent de dragon dans l'oeil s'il songeait ne serait-ce qu'un instant qu'il en aurait été autrement sans lui.

-Parles pour toi, misérable ! 'Te signale que c'est MOI qui l'ait attaqué en premier l'dragon, avant l'Jarl et Thor et tout l'beau monde, j'lui ai balancé une flèche dans la mouille. Bon... ça lui a rien fait du tout mais j'suis pas Sif après tout. Après ça, j'ai aidé plein d'monde à s'enfuir, j'ai même sauvé des poulets. Qu'ess't'as fais toi, à part promener ma vieille couenne sur ton dos hein ?! haha !

Et se disant, elle releva grossièrement les manches épaisses de son manteau crasseux. Elle se contorsionna ensuite pour s'introduire tout comme Njall dans la cavité un peu puante que formait la bouche de l'animal, puis se crachant une fois dans chaque main, elle ficha un coup de hanche à l'érudit pour qu'il lui laisse un brin d'espace.
Effectivement, la donzelle n'avait absolument pas peur de se salir, et comme elle agrippait déjà la dent à pleine poigne, elle fit signe à son compagnon d'y retourner avec sa lame. Tandis qu'il tentait de dégager la racine bien encrée de la gencive cramoisie, Elfi se suspendait presque au croc, secouant le tout sans aucun ménagement, avec un grognement sourd pour chaque effort fourni. Ils s'obstinèrent ainsi dans leur manège jusqu'à ce qu'un craquement quelque peu sinistre ne leur indique que la fin du combat était proche. Avec plus de force encore - et quelques coups de sax bien placés - ils dégagèrent peu à peu l'engin qui se délogeait lentement mais surement, jusqu'à céder complètement.
Elfi se retrouva les quatre fers en l'air et la dent dans les mains, tout auréolée de morceaux de chairs agglutinées, mais entière et en bon état.

La rouquine s'esclaffa tout d'abord, balançant le précieux échantillon à l'érudit. Se faisant, un désagréable picotement froid lui vrilla la paume. Baissant les yeux sur sa main gauche, elle réalisa bien vite que le fil tranchant de la dent lui avait entaillé la peau sous le petit doigt. Elle ne prit pas le temps de voir si la coupure était profonde ou pas. Comme si le fait de la regarder réveillait la plaie, le sang s'était soudainement mit à couler, alors par réflexe elle enfonça rapidement sa main dans la grande poche de son manteau avant de ressortir de la gueule du monstre.

Elle savait que Njall aimait bien la titiller, il venait tout juste de le faire. Passer pour une trouillarde était suffisant, elle n'avait pas envie de lui tendre plus de perches en pleurnichant pour une stupide entaille. Même si la stupide entaille lui semblait glacée et brûlante en même temps, et surtout très humide...

-Bon, on va voir ses tripes où tu campe là ?

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MessageSujet: Re: With heart and brain   Mar 4 Aoû - 16:30


Durant tout le discours outré d’Elfi sur le mérite des mortels, Njall n’avait décroché la moindre parole. Quel intérêt, se disait-il ? Elle ne comprenait pas, ne pouvait pas comprendre, ou même ne voulait pas, comme tant d’autres de ses congénères. Non, il ne fallait pas nécessairement être un Dieu pour tuer un dragon. Aux yeux de l’érudit, ils avaient été mal préparés, mais avec les bonnes informations, les bonnes armes, une défense étudiée, ils auraient tout à fait pu en venir à bout. C’était son seul regret : ne pas avoir été prêt. Pensée vaniteuse ? Sans doute. Pensée irréaliste ? Peut-être pas. Dans tous les cas, il avait retenu la leçon, et ce cadavre encore frais allait lui fournir le maximum de renseignement sur ces créatures mythiques. La prochaine fois, les humains pourront faire autre chose que courir, il en fit une promesse personnelle.

Néanmoins, avec l’intervention des Dieux, il craignait qu’à présent, les autres vikings ne passent leur temps à se reposer sur l’aide divine. Pourquoi chercher à s’élever ? Il suffisait de survivre, et les divins tomberaient du ciel en cas de coup dur. Et tandis qu’il s’évertuait à arracher ce maudit croc, la furie rousse décida de ne pas le laisser en paix. En même temps, devait-il s’attendre à une autre réaction de sa part, après quelques attaques sur sa peur, certes minimes, néanmoins insidieuses. Le visage de l’érudit s’était assombri, préférant se concentrer sur sa tâche. Il lâcha néanmoins, en guise de réponse à la question de son œuvre au cours de la bataille :

« Pas assez. »

Une réponse bien courte pour un esprit pourtant si prompt à débiter nombre d’arguments destinés à prouver sa supériorité intellectuelle. Mais dans cette situation, il ne pouvait que plaider coupable. Certes, en arrivant au village, il avait guidé quelques personnes hors du chaos, et il était tout de même en grande partie responsable de la fuite salvatrice d’Elfi elle-même, un élément qui à lui seul aurait pu l’autoriser à réclamer un tant soit peu de considération. Mais au moment de l’attaque, ces deux premières pensées furent pour la protection de ses écrits et la possibilité de fuir, retourner à son errance, un quotidien vécu durant de longues années et depuis peu oublié. Des pensées de lâche. Sans compter qu’au milieu des morts et de la destruction, il n’avait eu d’yeux que pour les combats, la magie, le spectacle. Détaché des autres humains. Détaché de sa propre humanité. Et bien que cette sensation fût de courte durée, elle demeurait au fond de lui, étrange, insondable. Une bonne ou une mauvaise chose ? Même lui était incapable de le dire à cet instant.

« Trimballer ta vieille couenne récalcitrante est déjà un exploit en soi, digne des sagas. »

Un large sourire accompagnait cette plaisanterie, pourtant le cœur n’y était pas, et cela pouvait se ressentir. Aussi l’érudit se reconcentra sur sa tâche – déloger cette maudite dent – aidé par Elfi qui, à défaut d’être conciliante dans ses mots, était d’une aide précieuse lorsqu’il s’agissait de se salir les mains. Les coups de sax se répétèrent, l’objet de leur acharnement tremblait de plus en plus sous leurs efforts. Comment pouvait-elle résister autant ? Il lui avait pourtant semblé qu’elle faisait partie des plus faibles parties dans la dentition du dragon. Il n’osait imaginer la puissance des autres. Finalement, un dernier coup de sax, un dernier choc, et la dent se délogea, embarquant avec elle Elfi qui se retrouva affalée dans les monceaux de chair sanguinolente. Soufflant de soulagement, Njall attrapa au vol la précieuse dent tout en haussant un sourcil devant l’hilarité de la jeune femme. Si une telle chose l’amusait, heureuse soit-elle, songea-t-il avant de se concentrer sur le précieux artefact dentaire. Une racine, bien qu’arrachée, demeurant solide à première vue, une surface lisse, une matière visiblement très résistante… Nul doute que cet échantillon allait être des plus précieux, aussi prit-il le temps de l’emballer avec précaution pour le ranger dans une large sacoche d’où il dépassait ostensiblement. Puis se redressant, il jeta un regard curieux à Elfi. Pas de fanfaronnade ou de commentaire cinglant ? Voilà qui était surprenant. S’il avait été plus attentif, l’érudit aurait pu deviner. N’était-ce pas spécialité de déceler les petits détails ? Mais actuellement, son esprit tout entier était tourné vers le dépeçage du dragon, aussi rangea-t-il ses questionnements dans un recoin de son esprit.

« Toujours aussi impatiente... Tu devrais apprendre à prendre le temps d’observer, avant de foncer tête baissée, jeune furie. » Il désigna de son sax une partie de la gorge du dragon. « Dis-moi ce que tu vois ici. » Cette partie du corps était en charpie, mais certains morceaux semblaient intacte, comme un en particulier : on aurait pu croire à un long tuyau ratatiné serpentant à travers les chairs, et Njall s’empressa de s’en approcher pour observer. « Ca ne ressemble pas à ce que nous-mêmes avons au niveau de la gorge. C’est autre chose. » Quelques pas en suivant l’organe, jusqu’à un amas de chair et d’os broyés peu ragoutant. « Prête à te plonger là-dedans ? Le dragon doit avoir un organe particulier lui permettant de cracher du feu, et je suis certain que ce… cordon, peut y mener. S’il en reste quoi que ce soit... »

Le mouchoir bien noué autour de la bouche, les gants et les vêtements prêts à être sacrifiés, Njall commença à enfoncer son sax à travers la chair, farfouillant, écartant, tranchant, le tout dans un bruit de déchiquetage à en faire tiquer les plus sensibles. Tout à son œuvre, il lança à Elfi, sans cesser sa tâche :

« Concernant la jambe de ton oncle, vous n’êtes pas allés voir le forgeron, ou même les charpentiers ? Une fausse jambe n’est pas difficile à faire, c’est très fréquent dans les autres contrées plus au Sud. Après, en réaliser une de qualité, c’est une autre histoire. »

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MessageSujet: Re: With heart and brain   Dim 16 Aoû - 18:21




With heart and brain


Elfi avait dûment noté le cruel manque d'arguments de l'érudit lorsque furent évoqués ses maigres exploits durant l'attaque. N'aurait-elle pas eut cette dent à déchausser puis cette stupide entaille qui endiguaient son élan qu'elle n'aurait pas hésité à revenir sur le sujet, lourdement si possible. Sous ses airs écervelés, elle avait bien plus de flair qu'on ne pouvait le croire, à cela prêt qu'elle préférait généralement utiliser cette compétence pour emmerder les gens. Il n'y avait selon elle, aucun plaisir plus coupable et délicieux que de mettre ses gros sabots dans le plat ou mieux encore : rien de plus exaltant que de retourner le couteau dans la plaie. Pourtant, la rouquine était loin d'avoir le fond méchant. Simplement qu'elle ne l'avait pas gentil non plus.

Et puis, on ne pouvait guère affirmer qu'elle détestait Njall. La plus part des gens lui semblaient carrément inintéressants et ennuyeux, et ce n'était certes pas son cas. L'érudit était digne d'intérêt, et c'est justement cela qui lui donnait envie de le bousculer, a seules fins de voir quelles étrangetés pourraient bien sortir de la boîte lorsqu'elle l'aurait suffisamment secouée. Sa curiosité était de cette même ignorance cruelle qui poussent les enfants à arracher les ailes des mouches. Presque une marque d'affection, à bien y regarder...

Enfin, pour l'heure, c'était plutôt elle qui avait la chique coupée. Elle se sentait parfaitement gourde de s'être ouvert la main aussi bêtement, et comme elle ne manquait pas du tout d'imagination, son esprit faisait déjà la course aux scénario catastrophe. Qui avait-il de plus idiot dans la vie, honnêtement ? Survivre à un dragon, puis mourir trois jours plus tard d'une infection. Avec tous les morts qui croupissaient encore ça et là, la merdouille infâme qu'était devenu le village, et la carcasse pourrissante de la bête, ce serait un miracle qu'elle y échappe. De toute façon, les viscères du dragon l'avaient sans doute déjà empoisonnée alors bon...

Du coup, elle ne participa que passivement aux observations de l'érudit, haussant les épaules et hochant la tête. De toute façon elle ignorait totalement à quoi pouvait bien ressembler une gorge humaine, elle n'avait encore jamais égorgé personne. Elle avait vu l'intérieur de lapins, de poissons, de gibiers, de phoques, un cheval une fois ou deux, mais pas l'intérieur des humains. A cette lugubre liste, elle pourrait à présent fièrement rajouter les dragons. Il était même fort probable qu'elle passe experte dès la première fois tant l'inspection de Njall était précise et minutieuse. La bestiole allait finir en viande hachée si on laissait faire ce lunatique jusqu'au bout.

Elle fut en tout cas soulagée qu'il change de sujet car toute cette chaire malmenée mêlée à la sensation dérangeante du sang qui s'échappe de son propre corps avait le don de la mettre incroyablement mal à l'aise tout d'un coup. Délaissant pensées sanglantes et morbides, elle s'oxygéna convenablement les poumons avant de répondre :

-J'y ai déjà pensé plusieurs fois ouais, ... dit-elle à propos de la fausse jambe. On en n'a pas encore causé mais l'connaissant, i' va faire des histoires j'suppose... elle fit la grimace. Il est un peu fier. J'regrette de pas m'être décidée plus tôt en tout cas. J'voulais attendre qu'il soit complètement remit, ça a mit des lunes à cicatriser comme i' faut... Maintenant, avec tout c'bazar, personne aura ni l'temps ni les ressources pour fabriquer un truc pareille... S'il avait été en forme, il aurait pu nous construire un bateau, et on aurait pu avertir Kvaløya, ils seraient venus nous chercher ou nous aurais envoyer des vivres... Et tandis qu'il s'afférait encore sur la carcasse, elle vint s'installer tout à côté, jugeant que lui tenir compagnie serait bien assez d'aide apportée, et qu'il pourrait se débrouiller pour le reste. Tu m'en veux pas si j'te laisse faire ? J'ai besoin de m’asseoir quelques minutes. Elle laissa s'égrainer un bref silence pensif avant de reprendre : donc t'en a djà vu toi, c'est ça ? Des fausses jambes j'veux dire. C'est vrai qu'loin au sud y'a des endroits où il neige jamais ? Comme Svartalfheim ?

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MessageSujet: Re: With heart and brain   Dim 13 Sep - 19:09

(J'ai mis beauuuuucoup de temps, mais me revoilà ! XD Désolé pour l'attente !)


Un charcutage en règle aux yeux des profanes, un examen minutieux et approfondi pour l’érudit. Ce dernier s’enfonçait un peu plus dans les viscères, ses habits souillés de sang et de chair au-delà de l’acceptable. Mais Njall semblait peu s’en formaliser, et pour cause : il avait enfin trouvé ce qu’il recherchait, ou du moins lui semblait-il : un organe semblable à une large poche, d’une couleur plus sombre que le reste et dégageant encore quelques étonnants résidus de chaleur. Était-ce bien ça ? Il entreprit aussitôt de tâter de son gant la surface, palpant ça et là, attentif au moindre danger potentiel : il ne manquait plus qu’il y perde la main, à force de toucher cette carcasse : même mort, un dragon pouvait demeurer dangereux. Tandis qu’il étudiait sous tous les angles sa découverte, il s’ébroua pour enlever quelques souillures sur sa personne et tendit l’oreille pour écouter Elfi. En faire des histoires ? Quelle stupidité. Refuser une prothèse par fierté ? Ce n’était pas si étonnant après tout, bien que pour l’érudit, cela relevait de la plus pure idiotie.

« Il est vrai que la situation est compliquée à présent, et Kvaløya nous est inaccessible. Pour ma part, je songe à me diriger vers Skafjörd pour requérir l’aide du jarl là-bas. »

C’était la première fois qu’il évoquait cela de vive voix, d’autant plus que cela pouvait être interprété comme une grave insubordination : ignorer le plan d’Hagen consistant à préparer une évacuation à destination d’Oldervik pour partir seul vers un autre village plus éloigné. Ce n’était en aucun cas une désertion, mais une telle initiative personnelle pouvait aisément être perçue comme telle. Et pourtant, il venait de l’évoquer devant Elfi. Lui faisait-il confiance ? Étrangement, plus qu’à bien d’autres. Certes, la demoiselle était une indésirable turbulente et une forte tête à vous en coller des migraines pour quelques décennies. Pourtant, il pensait qu’elle pouvait être une des seules à pouvoir entendre son ébauche de plan sans en prendre immédiatement ombrage. Du moins, il l’espérait.

Dans sa main, le sax plongea à nouveau, plus délicatement cette fois, et entreprit de découper l’organe du dragon d’où, lui semblait-il, se trouvait la source de son feu destructeur. À l’intérieur, il repéra des résidus d’un liquide sombre et visqueux, ainsi que de nombreuses excroissances internes dont l’utilité lui échappait complètement. Il farfouilla dans sa besace pour récupérer une nouvelle fiole, remarquant la présence d’Elfi à ses côtés. A sa demande pour s’asseoir et le laisser faire, il hocha simplement la tête. En effet, elle semblait peu à son aise, peut-être à cause du sang ? Il ne l’aurait pas cru si sensible aux viscères…L’apparent calme de la demoiselle était pour le moins inhabituel.

Néanmoins, il sourit aux soudaines questions de sa part. Il appréciait ça chez elle, ce questionnement récurrent sur les choses, une curiosité qui aurait pu être similaire à la sienne… Si la jeune femme possédait la même patience que lui, ce qui était loin d’être le cas. Il avait pu le constater à de nombreuses reprises : découvrir de nouvelles choses l’intéressait, mais rester sagement assise à l’écoute débiter moult connaissances l’ennuyait à une impressionnante vitesse, la poussant à troquer toute curiosité pour son tempérament d’agitatrice de premier choix.

« J’en ai déjà vu oui, certaines simplistes, d’autres d’une incroyable complexité. » Il se remémora les contrées qu’il avait pu visiter avec une certaine nostalgie, tiquant néanmoins à la mention de Svartalheim. Cela lui rappelait les fameux portails présents dans la région, l’un d’eux, par son apparence, lui faisant penser au royaume sombre. Un portail qu’il songeait à traverser sous peu. « Une fois, j’ai voyagé avec un marchand parti des iles Lofoten, d’où je viens. Nous avons atteints les terres saxonnes au Sud et nous sommes enfoncés plus loin encore pour rencontrer ceux que l’on nomme Byzantins. Des gens étranges. Ils nous appellent les Væringjar et, en effet, leurs terres sont riches et baignées par la chaleur. La glace semble ne pouvoir trouver aucune prise dans ces régions, je dois avouer que découvrir cet endroit était… étrange. »

Tout en parlant, il tenta de récupérer le liquide de l’organe du dragon dans la fiole qui, après quelques instants, chauffa et commença lentement à fondre. Njall la lâcha immédiatement en retenant un juron, lorgnant sur la substance avec un mélange d’agacement et d’envie. Comment le récupérer ? Il s’accroupit au sol et réfléchit, tout en poursuivant :

« Ce peuple est très avancé et possède de nombreuses richesses, mon ami marchand a fait de belles transactions là-bas. Mais le voyage est incroyablement long et éprouvant. » Il interrompit sa contemplation de la carcasse pour se tourner vers Elfi. « Concernant ton oncle... Peut-être pourrais-je tracer les plans d’une bonne prothèse. Il vous faudra juste trouver un artisan et les matériaux adéquats. » Il haussa les épaules. « Enfin, quand les choses se seront calmées sans doute, et lorsque je serai revenu de ma propre expédition. »

Et si, à mon retour, Hagen ne me fait pas exécuter ou bannir pour être parti de mon côté et avoir rencontré un autre jarl de mon propre chef, songea-t-il. Il avait déjà tout prévu pour cette expédition et, tandis qu’il se concentrait de nouveau sur « l’organe cracheur de feu du dragon » – peut-être devrait-il donner un meilleur nom à cette chose – il lança un discret regard soucieux à Elfi. Avait-il bien fait d’évoquer cette expédition devant la jeune femme ? Si l’information venait à trop circuler, celle-ci risquait d’être bien vite avortée. Il ajouta finalement :

« Je préférerai que tu gardes pour toi cette histoire d’expédition à Skafjörd. Peu des nôtres pourraient comprendre ma démarche. »

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