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Rumeurs
- Var a tourné le dos à son roi. Il parait que la déesse des Pactes préfère aujourd'hui les grosses faveurs de Frey !

- On dit que depuis que Tyr a pris les fonctions de son frère aîné, personne n'aurait encore osé lui proposer un coup de main .

- A Tromsø, on hésite à dire si la petite Brynja est maudite ou chanceuse, car après avoir manqué de se faire brûler vive par un dragon, elle a manqué par deux fois la noyade, dont une durant les raids !



 
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 Memento mori. (Hel)

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dieu du chaos

ϟ MESSAGES : 940
ϟ INSCRIPTION : 30/06/2014
ϟ LOCALISATION : Mêlé à la gouape d’Asgard, dans quelque taverne ou bouge qui soit.
ϟ HUMEUR : Triviale, décadente, hostile à toutes bonnes mœurs.



And when you fall from that parapet,the sound you'll be hearing as you go down will be me,laughing my head off. ❞



MessageSujet: Memento mori. (Hel)   Jeu 13 Aoû - 12:33

M
ourir est une liberté. Mourir, c'est briser son mors, piétiner ses brides, arracher le poids lestant son âme, ôter sa carcasse, répudier ses affres, laminer ses émois, oublier, perdre, balayer ; et s'abandonner. De tout corps, de tout esprit, de toute conscience. Ne rien laisser derrière soi, ne rien regretter, couler, fondre dans le néant, sacrifier ses restes aux morsures du Froid, du trépas suzerain. C'était ainsi que se l'était du moins imaginé le dieu. Que son dernier souffle serait octroyé à la Grandeur et qu'il perdrait toute la lucidité d'un monde décidément frustrant, épuisant et par conséquent terriblement ennuyeux. Une paix, cela va sans dire, discutable, mais une paix quand même. Aussi lorsqu'il sentit ses bronches envahies par les flots assassins, lorsque se gorgèrent ses narines et que ploya sa trachée, se persuada-t-il de l'ineffabilité de la chose. Qu'il crevait. Comme un marin, ou un chien, avec ou sans grâce. Perclus de doutes, et de certitudes aussi. Strangulé par les racines véhémentes de Jörd, asphyxié par le sacro-saint courroux féminin dont il était seul instigateur, seul coupable. Satisfait. Démoralisé. Las. Extatique. Un véritable imbroglio d'affects, ce cadavre en devenir... Et puis les yeux s’étaient clos, les paupières s'étaient alourdies d'inertie et le vide l'avait happé pour... Le réveiller sitôt. Quoi ?! Comment ?! Après avoir pris un immensurable bol d'oxygène et s'être redressé sur ses coudes, le constant fut singulier. Tout autour, une lande aseptisée l'accueillait, lui ouvrait grand ses bras de suie et de poix, lui lichait effrontément la carne d'une brûlure glacée, et entachait ses globes d'un camaïeux obscur ou trainaient en colonnes et parades solennelles monts et merveilles de falaises veules. C'était comme si la roche pleurait de la brume, comme si la terre et l'erg composant ce royaume avaient été écorchés et que leurs sédiments soupiraient d'algie. Si rien ne se mouvait, il lui paraissait néanmoins sentir dans ses mèches de jais l'odieuse caresse d'un soupir inélégant, désagrégé par l'impossible. Ridules tordues de circonspection, Loki plomba ses nippes d'une regard frileux en constatant n'être ni décédé, ni même trempé. Bel et bien physique, bel et bien... Non. Décidément pas vif. Il ne pouvait le croire, tant son être entier occupait l'espace sans vraiment l'en investir. De simples étoffes noires couvraient sa carne plus livide que jamais et l'on eût dit un gueux. Ou un prince d'humilité. A dire vrai, cet attirail n'était ni pour le valoriser, ni pour le déprécier. Et, étrangement... Peu lui importait. L'inquiétude ne tiraillait que trop peu ses pensées habituellement ignées et corrosives d'interrogations plurales. La paix, peut-être bien l'avait-il délogée. Du moins le silence apaisant d'une quintessence usuellement cataclysmique. Prenant force sur ses appuis, il se releva complètement et épousseta d'une paluche nonchalante les restes de cendres couvrant ses épaules – par les Dieux, avait-il traversé un volcan ?! Nul volcan, non... L’éveil étant à présent comblé par l'étirement de quelques muscles, le démiurge comprit. « Oh, non... » Ses prunelles, il les referma, non pas pour adhérer à la foi d'un Éternel Sommeil, mais bien dans le constat effarant d'avoir atterri au... « Helheim. » L'exaspération torsadait à présent sa gueule comme il comprenait devoir traverser l'antichambre abhorrée ; à l'égal de tout autre spectre, de toute autre âme jadis mauvaise. À mieux observer, il n'était d'ailleurs point seul. Tout autour, en un carnaval incessant, marchaient des êtres dépourvus de conscience, errant en un long cheminement silencieux – parfois seulement transpercé de cris déments. Tous allaient vers un même dessein, une même direction. Le pont de Gjallarbrú. Les hautes grilles les observaient avec drame, froideur, et appuyaient sur leurs convives un lest si titanesque qu’en les franchissant, des sanglots débutaient dans les gorges occises. On pleurait sa damnation. Était-ce là sa paix ? Allons, un peu de sérieux. Que pouvait-il espérer après tous ces siècles de chaos ? Lui, l'artisan du malheur, avait du l'audace de prétendre à l'Entière Sérénité. Il en aurait ri, s'il n'avait pas déjà la glotte asséchée d'une transe nauséeuse. Une fois la rivière Gjöll passée, il ne lui resterait plus aucun espoir, plus aucun souffle ni plus aucune pensée. Il serait définitivement et irrémédiablement...

Mort.

Pourtant, il lorgnait par dessus épaule et ne voyait rien, littéralement rien, sinon que des landes avalées par un sinistre frimas. À son choix se proposait donc l'inexorable ou l'errance…: ce serait donc l’inexorable. Une fois n'étant pas coutume, il était prêt à accepter son sort – il n'en avait de toute manière pas le choix, puisque une force intangible et nonobstant vigoureuse le forçait à suivre la déambulation commune. Pas après pas, il chemina donc, il s'avança avec, sur le portrait, de moins en moins d'esprit, de moins en moins d'éclat, pensant une ultime fois à ce qu'il laissait ; fort peu d'amis, des légions d'ennemis, une poignée de chers, son épouse et ses enfants...
Oui. Tiens. En parlant d'enfants.
Où était la Reine ?
Où était sa détestable et néanmoins prodigieuse gamine ?
Où était Hel ?
« Ce ne sont pas des manières d'accueillir son père... », marmonnèrent les lippes exsangues dépourvues d'une phonème habituellement si fort, si fier, si Freux. Puisqu'il n'était plus que l'ombre de lui-même.


un silence s'était fait dans son âme
This life, which had been the tomb of his virtue and of his honour, is but a walking shadow; a poor player, that struts and frets his hour upon the stage, and then is heard no more: it is a tale told by an idiot, full of sound and fury, signifying nothing. William Shakespeare.
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Memento mori. (Hel)

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