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Rumeurs
- Var a tourné le dos à son roi. Il parait que la déesse des Pactes préfère aujourd'hui les grosses faveurs de Frey !

- On dit que depuis que Tyr a pris les fonctions de son frère aîné, personne n'aurait encore osé lui proposer un coup de main .

- A Tromsø, on hésite à dire si la petite Brynja est maudite ou chanceuse, car après avoir manqué de se faire brûler vive par un dragon, elle a manqué par deux fois la noyade, dont une durant les raids !



 
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 Worthy of you

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déesse des contes

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MessageSujet: Worthy of you   Mar 25 Aoû - 0:04


Tyr & Saga

Worthy of you
Worthy of your blood in my heart ; worthy of the pride in your eyes.
Worthy to be loved by you.


Le palais fourmille d'activité, bourdonne d'agitation. Tous se préparent pour la journée de demain, guerriers et savants : il y a un loup à abattre, et un mal à diagnostiquer. Toute la noblesse d'Asgard a répondu à l'appel de ses souverain, ou presque : la reine va mener l'assaut, le roi dirigera les recherches. Dans les couloirs, les messagers se croisent, les serviteurs défilent, les bras chargés – oui, c'est la frénésie au palais, et tout ce tohu-bohu m'angoisse en sourdine. J'ai congédié mes suivantes pour l'après-midi, tentant de trouver le calme dans mes appartements, mais rien ne semble pouvoir apaiser les pensées qui tournent sans relâche dans les tréfonds de mon esprit. J'ai bien essayé de me plonger dans un livre pour me distraire ne serait-ce qu'un instant, mais sans succès : un sombre pressentiment me glace, et c'est d'un pas pensif que je quitte mon logis, en quête de réconfort et de sérénité. Je ne sais pas vraiment où je vais : j'arpente simplement les couloirs du palais, sans but autre que celui de marcher pour fuir le silence de mes appartements et le tumulte de ceux qui me dépassent d'un pas bien plus rapide que le mien.

L'instinct est une chose bien étonnante. Un sourire ironique traverse fugitivement mes lèvres quand je réalise où mon errance m'a menée, machinalement, comme un réflexe né au fil des années : devant la porte de Tyr, prince d'Asgard aux deux visages, sévère Guerre et droite Justice, ce frère qui m'a tenu lieu de père toutes ces années. D'une main, j'effleure le battant de la porte : j'ai pour habitude d'y entrer sans m'annoncer, mais en ces moments de fébrilité qui annonce le départ d'une partie des habitants pour de bien dangereuses missions, sûrement le général des armées et premier stratège a-t-il mieux à faire que de divertir les pensées troublées de sa sœur. Ma main glisse le long du bois – et je finis par le pousser. Si mon frère est occupé, je me retirerai, et s'il ne l'est pas, ma foi...

La pénombre qui m'accueille est habituelle pour ces lieux. Je repousse la porte derrière moi, la referme dans un claquement discret mais néanmoins distinct, dans le silence qui règne ici. Contrairement à mes propres appartements qui laissent filtrer l'animation du dehors, ceux de Tyr sont d'un calme absolu – presque sépulcral, et j'émets un soupir nostalgique. Combien de fois, enfant, ne suis-je venue toquer pieds nus à cette porte que je viens de franchir, jouet d'un cruel cauchemar, pour finir par m'endormir enveloppée dans les fourrures éparpillées ici et là sur le lit de mon frère, bien en sécurité sur ses genoux, la tête contre son cou et la main accrochée dans ses cheveux ? Hélas, ce que mes six ans et l'innocence des enfants me permettaient ne m'est plus possible désormais, et je dois me contenter de discussions autour d'une table, sur un banc ou dans les jardins – et le regard grave de ce frère si sérieux est devenu son masque perpétuel. Où est ce géant de mon enfance, qui avait dans le privé un sourire si clair quand il posait le regard sur moi ? Parfois, j'arrive à lui soutirer une étreinte, quand il effleure de sa main rescapée mes mèches sombres ; parfois, oui, quand il ne s'y attend pas.

Oui, parfois, je me demande – je me demande, si la femme que je suis devenue ne l'aurait pas un peu déçu. Guerre sûrement aurait souhaité sœur plus vaillante, Justice assurément aurait préféré un esprit plus stratège ? Las, mon seul talent est celui des mots, je suis une conteuse, fragile et délicate ; et mon frère se détourne peu à peu de moi. Si secret, mon frère, ah – si sombre. Sa tendresse me manque, même si j'en devine encore les vestiges dans son regard, de temps à autres. Si seulement j'avais en moi ce qu'il attend, si je pouvais conquérir sa fierté et gagner son estime... et l'aider, quelque peu, à alléger son fardeau. Si seulement, oui – si seulement Saga pouvait un jour se montrer digne de Tyr.

Chassant ces pensées peu agréables – il sera bien temps d'y songer plus tard – je m'annonce d'un toussotement. Aucun son ne résonne entre les armes qui tapissent les murs, à part le cliquetis des griffes sur le sol : les deux molosses de Tyr viennent m'accueillir et je les gratifie poliment d'une caresse respectueuse entre les oreilles. Ils avancent dans le hall, retournent près de leur maître – ainsi, mon frère est là. Je reste où je suis, contre le battant de la porte, les mains jointes sous les manches de ma robe, lui laissant le loisir de décider hors de ma vue s'il souhaite ma présence à ses côtés.

« Tyr, mon frère, puis-je entrer ? Je souhaite ta compagnie quelques instants, et je dois t'entretenir un moment d'un sujet important. »
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MessageSujet: Re: Worthy of you   Mar 25 Aoû - 22:55




Worthy of you


Le temps pouvait être une notion parfaitement haïssable. Selon ses caprices il pouvait parfois se faire plus rapide qu'une comète, et d'autres fois s'étirer, s'allonger et vous engluer d'un éternel présent. Pour qui l'éternité était à prendre au sens propre, cette vérité universelle relevait de la fatalité. D'aucun se serait plutôt demandé ce qui ne relevait pas de la fatalité lorsqu'il était question de Tyr, bien que, compte tenu des circonstances actuelles, arborer l'oeil tragique n'avait rien d'inadéquat. Ce n'était pas n'importe quel cabot mal dégrossi qui s'était fait la belle, c'était le Dévoreur de mondes en personne. Et chaque seconde qu'il passait en dehors des entraves de Gleipnir mettait le prince au supplice.

Dès lors que la nouvelle de son évasion s'était répandu, Tyr avait cessé d'exister pour quoi que ce fut, si ce n'est l'inévitable affrontement qui découlerait. Il était hors de question pour lui de se sentir à jamais poursuivi par le loup comme l'étaient Sol et Mani avec leurs propres monstres. Fenrir devait mourir. Ou parvenir à le tuer comme il tenterait certainement de le faire. Quoi qu'il en soit, l'un et l'autre ne pourraient certainement plus coexister. Pas si Fenrir courait en liberté. Pourtant, plus que n'importe qui d'autre sans doute, il redoutait la confrontation, et s'imaginer la scène suffisait à lui glacer les sangs. Pour cette raison précise, il voulait en finir aussi vite que possible et malgré l'appréhension, personne ne devait se languir du départ comme c'était aujourd'hui son cas.

Malheureusement songeait-il, on ne l'avait que finalement bien peu sollicité pour la mise en oeuvre de la chasse qui aurait lieu demain. Comme pour l'épargner un peu sans doute. Il fallait voir les regards navrés et intrigués qu'on lui lançait depuis l'évasion... ce n'était peut-être pas un mal d'avoir la possibilité de rester caché dans ses appartements, quand bien même il tournait comme un fauve en cage - et l'ironie ne lui échappait pas d'ailleurs.

Il redoutait presque de se consumer sur place tant il se sentait brûler de l'intérieur. Ce n'était jamais qu'une barrique d'huile en plus dans son volcan, à cela près qu'il craignait aujourd'hui ce volcan presque autant qu'il craignait les crocs de Fenrir... C'était ainsi depuis l'échange avec Odin, et les Nornes ne lui avaient pas même permises de se ressaisir que surgissait déjà une nouvelle calamité. S'il survivait à tout cela, alors l'avenir promettait d'être une éternité de paix et de félicité. Il n'avait plus d'autre cauchemar auquel donner vie après celui-ci.

Las du tumulte de son esprit, répugné par ce qu'il ressentait et qui s'apparentait désagréablement à de la peur, Justice s'était résolu à détourner ses pensées de ses propres tribulations afin de les orienter vers celles des mortels.
Assit devant l'âtre sur une épaisse peau de mouton, le torse nu et les jambes croisées, sa hache en travers des genoux, il s'était perdu dans la contemplation de braises rougeoyantes, s'hypnotisant lentement au coeur des flammes paresseuses tandis que tous ses sens glissaient doucement vers Midgard. Et ainsi porté par le flot invisible des prières, ses muscles purent enfin se détendre et son coeur s'apaiser comme il se laissait bercer par l'écho confus des suppliques humaines.

Il se laissa y voguer longuement, si longuement que ce fut comme s'éveiller d'un rêve lorsque raisonna le claquement étouffé de l'huis. Rouvrant les yeux, il du tout d'abord revenir à sa réalité avant de s'interroger sur l'identité du visiteur. Ce qu'il n'eut pas le temps de faire avant que ne s'annonce sa cadette.
Comme il tournait le dos à la porte, il orienta son profil en direction de la porte, le regard suggérant à peine un sourire intrigué qui n'existait pas. Elle qui s'invitait souvent sans crier gare, il trouvait touchant qu'elle prenne aujourd'hui compte des mesures exceptionnelles en vigueur. En y réfléchissant un peu, il était fort probable qu'il se soit en effet senti agressé par une intrusion trop brusque. Sans doute Saga le savait-elle.

-Je suis ici, répliqua-t-il simplement, la laissant suivre son timbre monocorde et le rejoindre dans la pièce. Il attendit d'ailleurs que ce soit fait pour reprendre.
J'écoutais Midgard. Il doit y avoir une bataille qui se prépare chez eux aussi. J'entend les guerriers chanter et les épées teinter. Il laissa un bref silence s'égrainer tandis qu'elle s'approchait de lui puis leva les yeux vers elle une fois qu'elle fut à sa hauteur : Je t'écoute, l'encouragea-t-il en désignant l'espace à ses côtés pour qu'elle s'y installe.

(c) Bloody Storm



Tyr.
He asks for neither praise nor glory, boasts not with mighty words in the Hall. He asks nothing but stands firm, steering His way clearly through murky waters. He is mighty, this God, His glory found in His sword and the hand He sacrificed. I will hail Him as He faces the wolf, this warrior who betrays for honor’s sake.
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MessageSujet: Re: Worthy of you   Mar 25 Aoû - 23:49


Tyr & Saga

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Un instant, j'hésite avant de bouger. Je suis certaine de le déranger – et je n'aime pas me sentir importune, pas auprès de lui. J'aime trop le demi-sourire fugitif qui traversait ses lèvres un instant lorsque je m'annonçais naguère, j'aime trop l'éclair intense et bref qui teintait son regard d'une ombre de contentement lorsque jadis nos pas se croisaient ici ou là, pour supporter sereinement leur absence aujourd'hui. Tyr a changé, mon grand frère s'estompe derrière le masque de cet homme rigide et distant que je ne reconnais pas. Un autre soupir m'échappe, je serre mes mains l'une contre l'autre comme pour me donner du courage – et j'avance, entrant dans la vaste pièce qui abrite ses appartements.

Du coin de l'œil, j'intercepte mon reflet dans les armes accrochées au mur, exposées comme une collection de trophées ; je sais qu'il attache un souvenir particulier à chacun de ces boucliers, à chacune de ces épées. Du regard, j'accroche ma silhouette qui m'est renvoyée par ma préférée parmi toutes celles suspendues. Déjà petite, elle me fascinait : ce n'est pas une arme particulièrement belle, mais elle est droite, et noble dans les formes toutes simples de sa garde. J'aime l'impression d'humilité terriblement fière qui se dégage d'elle : elle me rappelle Tyr, en fait. Forgée dans un métal pur, sculptée de noblesse, empreinte de fierté : mais dévouée, juste, fidèle, loyale à la main qui la manie. Une arme digne de lui. En passant, je lève la main fugacement, comme pour l'effleurer du bout des doigts ; mais je sais qu'il n'aime pas ça, et je ne me le permettrai jamais. Un jour, peut-être me racontera-t-il son histoire – aujourd'hui, je ne suis pas venue pour ça.

J'avance à sa hauteur, et nos regards se croisent. Je n'y lis pas le plaisir de ma compagnie, et cette petite étincelle que je guettais avec avidité me brûle par son absence. Tenant fermement la bride à mes émotions puériles, je me penche vers lui, m'appuyant d'une main sur son épaule et de l'autre sur son genou tandis que je m'agenouille à ses côtés, assise sur mes chevilles, les mains jointes sur mes cuisses et le dos bien droit. J'inspire – et je reste muette quelques secondes, hésitante. Il y a tellement de sujets que je brûle d'aborder ! L'évasion de Fenrir, le mal qui ronge Vanaheim, mon propre départ d'Asgard pour me joindre à l'expédition, ce malaise entre nous, mais je ne peux pas tout dire en une fois, et je ne veux surtout pas risquer de braquer Tyr contre moi. Quelques secondes s'échappent dans le silence qui s'étire, et je choisis de répondre à ses paroles. Le reste viendra plus tard.

« Ils ne sont certes pas les seuls à fourbir leurs lames. Le vacarme est tel dans les couloirs que je n'ai su trouver de calme... Es-tu prêt, toi, à lever le bras contre celui qui Dévore les Mondes ? » Nous savons, l'un et l'autre, que je ne parle pas de la force de son arme, ni de sa vaillance, ni de son courage. Je ne sais pas grand-chose des tourments qui doivent l'assaillir depuis que Fenrir a rompu les barreaux de sa cage – il se confie peu ces derniers temps, et aucune de mes questions n'a réussi à trouver réponse à ce sujet. Non, je parle de la trahison ; de ce sentiment amer, infâme, terrible, qui doit sûrement le hanter à l'idée de devoir détruire ce qu'il aurait pu sublimer. Des décennies de patience, de dévouement, de partage – ne laissant que les ruines dévastées d'un attachement saccagé, et le deuil de ce lien si particulier, si spécial, porteur de tant de promesses bafouées avant même d'avoir été prononcées. Je sais que devoir l'enchaîner a certainement dû tuer une part de sa douceur bien cachée – l'idée d'avoir à l'abattre, même après le sang, les coups et la trahison, même après avoir sacrifié à la vengeance de Fenrir la main avec laquelle il avait tenté de l'élever... Oui, cette idée doit le ronger. Je ne sais pas quels sont les sentiments qui l'agitent cet après-midi, à l'idée de la chasse de demain, et je pressens quelque sombre humeur empoisonnant son cœur. Avant qu'il ne me réponde, dans l'intervalle entre deux souffles, je murmure à mi-voix, tout bas, presque juste pour moi. « Je ne doute pas de ta vaillance, ô Guerre, mon frère. J'ai peur. Qu'à détruire Fenrir, tu ne finisses par oublier cette part de toi qui a voulu le sauver. Cette part de toi qui m'a élevée – la tendresse que tu me montrais, parfois, quand le monde autour de moi ne savait que m'effrayer. J'ai peur, tu vois. De perdre le frère que j'ai aimé. » Mon regard le fuit, court au sol. J'ai honte de moi. De ma faiblesse. De mon égoïsme. Indigne Princesse que voilà...
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MessageSujet: Re: Worthy of you   Sam 29 Aoû - 23:43




Worthy of you


A peine la princesse d'Asgard prenait place à ses côtés que déjà, son frère remarquait sans mal l'infime pli soucieux qui barrait ses sourcils dessinés. Un pli qui, sans nulle doute, se faisait annonciateur de doutes intérieurs et autres questionnements existentiels. Après six siècles à l'observer fleurir doucement, Tyr était parfaitement capable de voir venir la tempête d'indécision qui couvait sous ces immenses yeux de cristal. Sans réellement se retrouver incommodé par le constat, il du tout de même se résoudre à la conversation naissante. De sa vie, il n'avait jamais été friand des mots, surtout de ceux qui parlaient du coeur, et même s'il était prêt à fournir cet effort pour sa précieuse cadette, il n'en restait pas moins vrai que ces instants de confessions ne lui venaient pas naturellement. Il était de ceux qui préféraient être compris d'un regard ou d'un soupir sans devoir passer par un langage plus explicite que celui que l'on devine. Saga n'était point de cette race, et le romantisme délicat qui faisait tout son charme la contraignait à devoir décharger son coeur lorsque celui-ci se faisait trop lourd. Il était tout de même plus facile de l'écouter, de la rassurer et de la guider lorsque ses angoisses n'étaient pas toutes dirigées vers lui...

Il aimait cela lorsque Légende, tel un oiseau exotique, venait se poser sur son épaule afin d'y gazouiller avec légèreté. Parfois aussi, elle s'épanchait sur les tribulations charmantes de sa vie de princesse, le questionnait sur le bien fondés des choses, ou rêvassait tout haut de mille facéties, et lui-même se laissait bercer par sa fraîcheur et le timbre apaisant de sa voix, se félicitant que rien encore ne soit parvenu à l'assombrir. Et honnêtement, plus les complaintes de sa cadette se faisaient futiles et infondées plus il aimait cela. Il préférait largement la savoir en plein questionnement sur la couleur future de sa prochaine robe, que la retrouvée là, dans ses appartements, à ressasser le passé et redouter le futur.

Le pire sans doute, était de savoir pertinemment qu'à moins d'employer le mensonge, il serait bien incapable de la rassurer. Il n'était pas de ceux qui se voilaient la face en voilant celle des autres par la même occasion, ce qu'il regrettait amèrement parfois. La vie aurait certainement été bien plus simple avec un code d'honneur moins strict...

-Il me plairait de pouvoir te répondre ce que ton bon coeur souhaiterait entendre, finit-il par répliquer après que quelques instants d'un silence pensif ne se soient écoulés. Après cela, il adressa à la jeune déesse un demi sourire aux allures désolées. Voilà bien longtemps que je ne suis plus celui qui jadis s'est aveuglé au point de croire qu'il y avait quoi que ce soit à sauver chez Fenrir. Que l'on soit fermier ou roi, mortel ou divin, nous sommes tous soumis aux lois du temps, sans exceptions, sans échappatoires. C'est pour cette raison que les Nornes existent et tissent nos Destins, et le frère dont tu parles n'appartient plus qu'à Urd depuis longtemps déjà.

Elle parlait d'une époque révolue, où il battait les campagnes flanqué de sa Dame Sif et d'une main supplémentaire, une époque plus simple lui semblait-il, plus innocente. Une époque bien confuse finalement, à chercher sa place sans relâche, à perpétuellement douter de son rôle. Certes, il avait gagné en sévérité, ce n'était pas peu dire, mais il n'y avait désormais plus de place pour la moindre confusion. Ce n'était ni un bien ni un mal, c'était simplement et comme il venait de le souligner très simplement : les effets du temps, et de la vie qui s'écoule.

-J'ai fais mon possible pour lui... la seule option qu'il nous reste est l'exécution sommaire. Je sais que je n'aurai pas de repos tant qu'il sera en liberté, et que lui-même n'aura pas de repos tant qu'il y aura de l'air dans ma poitrine. Je n'ai plus d'autre choix que de l'affronter.

Car c'était bien là toute l'astuce. Il n'avait pas l'impression de jouir du moindre choix dans cette affaire. C'était comme si les Nornes avaient tracé un chemin précis qu'il lui faudrait emprunter, qu'il le veuille ou non.

Bref, malgré tout cela, il n'avait pas vraiment l'impression d'avoir répondu à Saga, et il revint au silence afin d'envisager l'angle de sa prochaine réponse. Il était maladroit avec le mensonge ce n'était plus à prouver, mais il lui faudrait tout de même éluder certaines choses puisque de manière évidente, il n'avait pas été le seul à l'observer attentivement ces six derniers siècles. Elle aussi à présent, se voyait capable de lire en lui comme dans l'un de ses précieux grimoires, et elle avait de toute évidence remarqué l'assombrissement de ses teintes...


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Tyr.
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MessageSujet: Re: Worthy of you   Dim 30 Aoû - 1:44


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Il semblerait que j'en sois réduite à chérir un souvenir. Ai-je été aveugle toutes ces années ? Ou n'ai-je au fond que préféré voir le monde tel qu'il s'efforçait de me le faire paraître ? Un instant, j'y réfléchis, dans le silence où seul le souffle de ses chiens se fait entendre. C'était tellement plus simple pour moi de rester l'enfant de naguère, fragile et vulnérable, bien protégée derrière son dos, en sûreté, à l'abri de tout. Plus facile, plus confortable, de laisser Tyr se charger du monde pour moi, de marcher dans son illusion, d'avancer dans ce songe empli de sourires et de beauté. Mais ce n'est pas ça, le monde, oh mon frère, n'est-ce pas ? Le miroir de reflets que tu as tendu devant mes yeux s'est fendu, et par les fissures j'ai vu l'univers tel qu'il est – oh, mon frère, j'ai lu les tourments de l'éternité toute entière dans l'encre de tes yeux, et j'en ai pleuré. J'ai grandi, Tyr, j'ai appris – et j'ai pleuré, seule la nuit dans mes appartements, meurtrie et désolée de vivre l'agonie de mes rêves d'enfant. Six cents ans, c'est long comme temps d'innocence, mais voici que se présentent devant moi mes années d'errance, à chercher qui je veux devenir ; et tu t'éloignes de moi, et tu m'oublies, quand j'aurais besoin de ton bras pour guider mes pas. Tu n'as pas vu les troubles s'agiter dans mon regard, tu n'as pas entendu la fêlure dans ma voix, tu n'as pas perçu le doute dans mon silence, et ça fait mal, grand frère, tellement mal, de ne pas pouvoir me reposer sur toi comme naguère.

Mais comment lui dire tout cela ? Guerre s'interdit les sentiments, Justice les fuit. Je doute fort que l'un ou l'autre ne parviennent à saisir les émois d'un cœur de princesse tourmentée par la fatalité qui semble guetter ses pas. La vérité, la vérité vraie, totale et absolue dans sa nudité, la vérité effrayante, cruelle, blessante, celle qui appelle mes larmes la nuit – je ne sais pas qui je suis. Je n'ai jamais été la fille que de ma mère, n'ayant vraisemblablement pas les qualités requises par mon père pour être digne de lui ; et dans ma fratrie, à part Bragi qui parfois m'accompagne dans l'art du langage, je n'ai jamais eu la sensation de n'exister vraiment que dans le regard que Tyr posait sur moi. Les autres voyaient une jolie poupée bien apprêtée, une princesse sage et sereine, une fille respectueuse de son nom – mais Tyr a vu mes caprices, mes bêtises et la violence de ce tempérament que j'ai appris à cacher au reste du monde, dès mes premiers pas. Dans le regard de Tyr, et dans le sien seul, je lisais l'écho de l'enfant que j'étais vraiment, dans toutes mes qualités et surtout la totalité de mes faiblesses. J'y devinais la promesse de la femme que je deviendrais un jour, et je me promettais d'accomplir tout ce qu'il faudrait pour que ce regard continue à se poser sur moi.

Mais il ne me regarde plus.

Et je me suis perdue.

Et là, dans la pénombre de ces appartements silencieux, un demi-sourire fugitif s'attarde sur le visage de mon frère, et je ravale mon malaise, réticente à voir cette expression si rare disparaître trop rapidement. Alors je fais taire ma détresse – allons, Saga, tu es grande à présent, princesse et femme, cesse donc de t'apitoyer sur toi-même ! Tu sais combien lourdes sont ses charges, combien les responsabilités pèsent sur ses épaules. Comment pourrait-il avoir le temps de s'occuper de toi, alors que tu n'es plus suffisamment jeune et dépendante pour le justifier ? L'espace d'un soupir, je décrispe les mains que j'ai inconsciemment nouées au tissu de ma robe. Il est vrai que je préfère le voir occire Fenrir, que de devoir pleurer son trépas entre les mâchoires du Dévoreur de Mondes. Incapable de trouver des mots adéquats, moi pourtant qui règne sur leur beauté et leur pouvoir, je songe à la bataille qui s'en vient, et à tout ce qu'il vient d'avouer en quelques instants. Je poursuis ma réflexion à mi-voix, habitude prise en sa présence : il est bien simple de recevoir quelque confidence de sa part lorsqu'il s'imagine compléter ma pensée, plutôt que de l'interroger de front, et je ne veux pas le braquer. « Tu as changé, mon frère, c'est vrai – tellement changé que tu n'as pas vu le reste changer en même temps que toi. Mais pourquoi maintenant, voilà qui m'interroge... Tu ne le vois plus, mais je ne te quitte pas des yeux quand tu es là – et ces sombres nuages qui t'entourent, ils sont devenus bien plus noirs ces derniers temps. Avant même que Fenrir ne s'échappe. Je me demande bien pourquoi... ? »

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MessageSujet: Re: Worthy of you   Mar 1 Sep - 16:52




Worthy of you


Fut une époque où éluder les questions de Saga n'aurait pas été complexe à réaliser, et ce sans même s'adonner au mensonge. L'une ou l'autre réponse allusive, suivis de quelques déclarations vagues, un double-sens par-ci par-là, le tout mis en parallèle avec la confiance aveugle qu'elle pouvait lui porter, et Tyr aurait pu mettre cette conversation naissante et embarrassante derrière lui sans trop de mal. Aujourd'hui pourtant, il n'était plus question de cela, car comme il l'avait lui-même fait remarquer à l'instant, la mutation du temps n'aurait jamais de cesse de faire son office. Cela le concernait lui tout comme cela la concernait elle car si leurs chaires étaient figées dans le temps, leurs coeurs et leurs esprits eux, continuaient de vieillir inlassablement.

Néanmoins, il n'allait pas jusqu'à estimer que sa soeur n'était pas digne de la vérité. En un sens, il souhaitait même le lui dire, mais pas par besoin de s'épancher ou d'alléger le poids qui pesait sur sa poitrine. Ce n'était guère son genre et il éprouvait rarement ce type de besoin. S'il souhaitait lui révéler les faits, c'était plutôt car il brûlait de savoir quelle serait la réaction de la princesse. Il redoutait toutes sortes de choses à ce propos. Il ne voulait pas lire ni de peur ni de dégoût dans son regard lumineux, pas plus qu'il ne voulait repérer la moindre compassion, ou pis encore, la moindre pitié. Toutes ces réactions lui hérissaient diaboliquement le poils au seul fait d'y songer. Il avait bien conscience qu'en somme, aucune réaction ne pourrait être la bonne, qu'elle lui tende la main ou lui tourne le dos, mais il se voyait bien incapable de lutter. Justice redoutait qu'on le blâme tout en estimant qu'il l'aurait bien mérité, tandis que Guerre lui, refusait catégoriquement que l'on s'essaie à le consoler.

En attendant, le Stratège l'était toujours un peu moins lorsque prit au dépourvu. Du moins c'était le cas au niveau des relations. Il aurait préféré qu'une escouade de trolls déboulent par les fenêtres et se serait senti bien plus dans son élément que c'était le cas actuellement. Était-il besoin de le préciser, Tyr n'aimait pas cette sensation, cette frustration ressentie une fois au pied du mur, ce vide agaçant qui remplaçait soudainement son esprit prolixe. Il n'en n'était pas encore à ce stade pour le moment mais il s'en rapprochait et intérieurement, les cors d'alerte raisonnaient déjà. Le guerrier ne connaissant finalement que la fuite ou l'affront, il fit son choix, et comme la fuite n'était pas dans ses os, il opta pour la contre-attaque.

-Je te l'ai expliqué à l'instant n'est-il pas ? répliqua l'aîné dont les sourcils s'étaient légèrement froncés. Il n'y a pas de pourquoi car il en existe des tas. J'aimerai pouvoir t'affirmer le contraire sans te tromper, mais la vie n'est pas une éternelle félicité malheureusement. Chaque année apporte son lot et certaines années ... sont mieux loties que d'autres...

Son ton parfois légèrement sec s'était pourtant totalement ramolli vers la fin. L'euphémisme ne pouvait lui apparaître qu'à lui et il ne manquait pas de le noter dûment.
Quoi qu'il en soit, il jugeait sa réponse insuffisante et même un peu inadéquate puisqu'il ne voulait pas brusquer sa soeur ou lui créer du chagrin. Il reprit donc, d'un ton qu'il maîtrisa mieux cette fois-ci :

-Je sais que tu aimerais que les choses soient simples et agréables comme elles le furent à une époque Saga ... mais c'est bien à cela que sert l'enfance après tout. A goûter au bonheur des choses simples et agréables, pour ensuite en chérir la saveur lorsque le Destin se fait amer. N'y voit aucune fatalité, tout cela fait partie d'un cycle. Il se tu quelques courtes secondes avant de conclure : Si les nuages sont sombres, alors prie pour qu'il y ait du vent.

(c) Bloody Storm



Tyr.
He asks for neither praise nor glory, boasts not with mighty words in the Hall. He asks nothing but stands firm, steering His way clearly through murky waters. He is mighty, this God, His glory found in His sword and the hand He sacrificed. I will hail Him as He faces the wolf, this warrior who betrays for honor’s sake.
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MessageSujet: Re: Worthy of you   Mar 1 Sep - 22:47


Tyr & Saga

Worthy of you
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Je viens de comprendre. Pourquoi ce déni, pourquoi ces réponses évasives, pourquoi ce manque de franchise. Quelque part, dans les tréfonds de mon être, il y a le souvenir de l'enfant que j'ai été – et dans le silence qui s'attarde, j'entends son soupir d'agonie, désolé et impuissant, tandis qu'expire l'un des piliers sur lesquels j'ai bâti ma vision du monde. Il a raison, bien sûr : le monde change, et nous évoluons. Je suis en train de comprendre, au cœur de ma bulle de déni, que j'ai nourri bien trop longtemps des illusions infantiles. Pourquoi doit-on détruire son enfance pour devenir adulte ? Ça fait mal – oh, Mère, j'ai mal. Mais je suis princesse d'Asgard, fille de Frigga : je ne montrerai pas ma détresse, je ne laisserai pas voir ma peine. Devoir me garder du regard de Tyr – ô cruauté, ô indicible supplice, quand il était le seul à connaître mes larmes et mes chagrins. Mais je me vois par ses yeux soudain, et je comprends, à présent, combien mes constantes sollicitations ont dû lui peser. Ses paroles me font mal, et pourtant je sais bien que cette douleur n'est pas préméditée. Blessée, c'est d'une voix plus tendue que je lui réponds. « Les nuages ont toujours été sombres, mais je n'ai jamais eu besoin de vent : tu étais la lumière dans les ténèbres, et je n'avais pas peur. » Puérile. Puérile, et ridicule sûrement, de m'attacher autant à un souvenir révolu avant d'avoir vraiment existé. Je me serais donc leurrée toutes ces années ? Déterminée à rester forte, je musèle la détresse qui hurle, j'étouffe le chœur sinistre des mille voix de mes angoisses qui écorchent mon cœur tendre. Ce n'est pas le moment de me laisser désarçonner : Asgard a besoin d'une princesse solide, surtout au vu de ce qui m'attend demain.

Vaillante malgré tout, je laisse un sourire teinté d'amertume glisser sur mes traits, levant la main pour effleurer fugitivement l'angle de sa mâchoire de mes doigts repliés. « Je ne sais pas, ô prince, si tu sais encore ce qui anime mon cœur. » L'amertume a teinté ma voix, et je refrène mon âme en peine, tenant serrée la bride de mes émotions, pour poursuivre d'un ton bien plus neutre, empreint de nostalgie et d'un océan de regrets que je me refuse à exprimer. « Cesse tes tours et tes détours. J'aurais préféré entendre de ta bouche que tu me trouves indigne de ta confiance, plutôt que de devoir le deviner entre tes mots, mais je l'accepte, et je le comprends. Que suis-je, après tout, auprès de toi – auprès de vous ? Je comprends, je comprends pleinement, à présent. Garde donc tes secrets, Tyr, je garderai par-devers moi mon inquiétude, et mes questions qui t'importunent... » Et mes confidences, également. Dans le même souffle, j'achève ma phrase, ce sourire artificiel protégeant les ruines de mon bonheur insouciant qui s'effondre, ce sourire si ardu à tenir qu'il m'en brûle les lèvres. Parlant toujours, je me relève maladroitement, encore un peu perturbée. Je ne sais pas trop quoi dire ; je ne sais même pas vraiment où aller pleurer mes illusions enfin fauchées, une fois la porte de ses appartements refermée sur moi. Trouver l'épaule de Mère et avouer ma pitoyable tristesse ? Chercher Ljöta et enfouir ma détresse sous son babillage et sa bonne humeur ? Ou, peut-être, me comporter en adulte enfin, et aller enfouir dans le secret de mes appartements la coupable faiblesse d'une princesse indigne de son rang. « Accepte mes excuses de t'avoir dérangé, alors qu'une tâche bien ardue t'attend demain. J'aurais dû savoir que tu serais... préoccupé. Je ne voulais pas te déconcentrer. »

Je reprends mon souffle, le salue gravement de la tête, serrant désespérément mes mains l'une contre l'autre, sous les longues manches de ma robe, luttant pour conserver la neutralité de mes traits, pour dissimuler la crispation autour de mes lèvres, la tension sur mon front, l'agitation de mon souffle. Je ne peux toutefois pas prendre congé sans lui dire ce que j'étais venue lui annoncer – d'une brève phrase, j'enchaîne, avant qu'il n'ait le temps de répondre – quoi qu'il ait pu avoir à me dire. « Demain, je suivrai Thor, notre frère et souverain, lorsqu'il partira à la rencontre de Frey. J'espère que nos deux missions, la tienne comme la mienne, seront couronnées de succès, pour la sérénité de notre monde. »

Allez, Saga. Retiens encore un peu tes larmes. Et sors de là, malheureuse – sors de là avant de te donner en spectacle comme une enfant que tu ne seras jamais plus, à présent.
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MessageSujet: Re: Worthy of you   Jeu 3 Sep - 21:07




Worthy of you


Et voilà qu'elle lui jouait le tour des grands yeux larmoyants et de la moue blessée qui boudait ses lèvres. Tyr dut prendre sur lui et lentement emplir ses poumons d'air frai pour empêcher la surchauffe intérieure qui menaçait déjà. Il était habituellement d'un naturel patient, que cela soit avec elle ou avec tout autre, mais les conditions actuelles ne lui permettaient pas une telle flexibilité des nerfs. Cette fois-ci, elle choisissait bien mal l'instant pour pratiquer l'art du rebrousse-poils et ses dernières remarques terminèrent de gâter son humeur. Toujours assit dans la position où elle l'avait initialement trouvé, il braqua sur elle de sombres sourcils froncés lorsqu'elle se releva afin de s'éloigner. Sous son épaisse barbe broussailleuse, ses lèvres sévères se pincèrent lorsque sa cadette lui annonça son propre périple du lendemain. Piqué au vif, sa nature lui aurait d'ordinaire soufflé de la laisser partir afin que les esprits se calment, puis de reprendre la discussion une fois le sujet amplement médité et les émotions apaisées. Au lieu de cela, le prince pivote pour lui adresser un regard franchement excédé :

-Voilà une sortie des plus dramatiques et pompeuses, chère soeur, mais gare tout de même au sur-jeu. Cela pourrait nuire à ta crédibilité.

Après ces mots, il laissa échapper une brève exclamation, entre scepticisme et agacement, avant de souplement se remettre sur ses pieds. Ainsi dressé, il la toisa d'un air grave, la scrutant d'un regard franc mais pensif et vague tout à la fois.

Une part de lui voulait sincèrement la comprendre et se reconnaissait un peu dans son mal-être et son besoin de reconnaissance. Il comprenait la frustration ressentie lorsqu'on se dressait face à un mur et savait parfaitement qu'il était parfois bien complexe de converser avec lui. Tout ces aspects, il ne les avait pas perdu de vue et c'est pour cela que sa contrariété ne se transforma pas non plus en colère.
L'autre part restait pourtant stupéfaite d'être ainsi prit de front, de devoir essuyer les caprices d'une princesse qu'il n'avait que bien trop couvée, alors même qu'elle aurait pu si elle l'avait désiré lui apporter soutien et réconfort. Les visites de sa tendre prunelle pouvaient parfois être toutes aussi éprouvantes qu'apaisantes, et sa malchance faisant loi, il était tombé sur l'une de ces fois où la brunette se voyait tant et si bien dévorée par l'inquiétude et le doute qu'elle en devenait exécrable.

-Soit, va donc goûter l'aventure sur Elfheim si tel est ton désire, mais est-ce bien ainsi que tu souhaite nos adieux ? J'ignore ce que tu devras affronter demain en terre des elfes, mais je sais par contre pertinemment quel genre de combat m'attend dans la forêt. Ce n'est pas le genre de combat dont on revient aisément. Je ne dis pas qu'il en sera forcément ainsi, mais de tous les scénarios existants, il existe tout de même celui où ces instants sont les derniers que nous passons ensembles. Quelques instants d'un silence pesant s'égrainèrent avant que ne reprenne le prince, son ton légèrement radouci, presque pataud peut-être : J'ignore ce qu'il en est pour toi, mais je préférerai amplement que l'on se quitte en de bons termes ... si ça ne te fais rien - qu'il rajouta tout de même d'un air bougon.

C'était maintenant à Saga de choisir quelles seraient ses priorités. Soit elle tenait ses positions et ils prenaient tout deux le risques de rester sur cette note amère en guise de derniers aux revoirs, soit elle acceptait de mettre un peu d'eau dans son hydromel et consentait au minimum à ne pas lui tourner le dos... Facétieuse, il était difficile de prévoir comment réagirait sa jeune soeur, mais Tyr comptait sur son coeur tendre et sa trop grande propension à la culpabilité pour dénouer la situation.
Pas qu'il cherchait à la rendre coupable de quoi que ce fût, il était sincère dans ses mots, et il espérait simplement qu'elle pourrait le comprendre.

-Est-ce une bonne idée d'aller t'exposer à cette peste étrange ?

Il n'avait pu s'empêcher la question, et elle semblait presque s'être échappée de sa bouche malgré lui. C'est qu'il n'était pas sans se rappeler des paroles de son père, et de cette vie parallèle où sa soeur bien aimée était morte. Odin n'avait pas vu de quelle manière, ce qui obligeait son esprit stratège à pronostiquer le pire, par peur, mais surtout par amour.

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MessageSujet: Re: Worthy of you   Jeu 3 Sep - 23:02


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J'ai l'impression de danser sur un fil, tant ma marge de manœuvre est étroite. Sur quel pied, d'ailleurs, suis-je supposée danser pour ne pas basculer ? Si je me retourne, si je lui fais face, je vais me mettre à hurler. Sur lui, ou sur moi, je ne sais pas, de rage ou de peine, je suis incapable de le dire. La vérité, c'est que je suis déboussolée, complètement désarçonnée, par cet homme bourru, hautain, et tellement – tellement, Mère ! – tellement entêté. Pompeuse ? T'entends-tu seulement me toiser, ô Prince ? Quand suis-je devenue ta sujette ?

Levant les mains devant moi dans un geste d'impuissance, je secoue la tête rapidement – deux fois, trois fois, sans succès. Mes pensées n'en sont pas plus éclaircies, et les mots me manquent. Nerveusement, je tape du talon au sol, une fois – je suis une princesse bien élevée, et une fille d'Odin ne doit pas montrer sa contrariété. Mais, par le Tonnerre et son Marteau au poing de mon frère, je vais finir par en perdre la raison. J'en ai assez – assez de faire ce que l'univers entier attend de moi, assez de replier au fond de mon être mes espoirs et mes rêves pour ne pas qu'ils me soient volés, assez de prétendre l'indifférence et l'imperturbabilité quand tout mon sang bouillonne et que mon esprit ne parvient plus qu'à hurler, cage cruelle dans laquelle s'entrechoquent pêle-mêle mes faiblesses et mes angoisses, ma rage et ma rancœur, mes doutes et mes terreurs. Levant les yeux vers la pénombre du plafond, j'inspire une grande bouffée d'air, rassemblant le courage qu'il me reste. Un soupire brusque, je carre les épaules, relève le menton – et d'une volte-face qui envoie valser mes amples jupes, je marche droit sur Tyr comme on monte à l'assaut d'une forteresse. C'est ce qu'il est, après tout : un donjon inaccessible, une citadelle imprenable, et moi je suis un fétu de paille balayé par la tempête. A voir maintenant si la bourrasque que j'ai soulevée saura me faire voler par-dessus les murailles – si tout le reste a échoué, ne me reste que l'honnêteté, et dans les quelques pas qui me séparent de lui, je déverrouille mon cœur, laissant les mots se succéder pour conter la litanie de mes obsessions, tandis que j'enlace mon frère, ô Justice si arrogante, ô Guerre si froide, dans une étreinte désespérée, tant elle est mon dernier recours. C'est dans les mèches de ses cheveux que je délivre ma confidence, fatiguée soudain – de ce déchaînement d'émotions violentes, de sa froideur, de devoir me battre contre lui.

« Je te vois, sombrer doucement dans la pénombre, toi qui est né pour briller, et pourtant tu continues à refuser le soutien que je te propose. A force d'être repoussée, un jour viendra où je n'aurai plus la force d'encore essayer – je comprends tes réticences ; est-ce que tu comprends seulement, toi si lointain, que tu es en train d'user mon cœur ? Ô Tyr, je t'aime tellement – tu es le pilier de mon existence, tu es le père que mon âme a choisi comme modèle, comme protecteur ; tu es le héros de mon enfance, le frère que je place au-dessus de tous les autres. Je t'aime, de tout mon être, tu le sais pourtant, depuis tout ce temps : je me vois par tes yeux, je ne recherche d'approbation que la tienne, je recherche ton estime et la tienne seulement – qu'est-ce qu'il faut, dis, pour que je sois enfin digne de toi ? Je suis en train de te perdre, chaque jour un peu plus – je te perds, et ça me fait mal. Je ne sais plus comment te parler. Grand frère, j'ai besoin de toi – pour être forte. Pour croire, encore, que le monde est beau et mérite d'être aimé. » Je reprends mon souffle, d'un soupir mal assuré. Une larme s'échappe – une seule, solitaire et désolée, qui coule le long de ma joue avant de se perdre sur sa peau. Mes doigts effleurent le manchon de cuir qui cache son bras mutilé – je m'y accroche, les doigts tremblants de cette tension qui me noue et menace de m'étouffer. Je ravale le reste du flot qui voudrait dévaler, tenant la bride à mon trop plein de confusion et de chagrin. D'une voix plus calme, plus posée, je poursuis d'un chuchotement, le front contre son cou, la joue sur son épaule. « Reproche-moi mes fautes, blâme-moi de mes faiblesses, condamne le crime que j'ai commis et qui me vaut ton mépris, mais ne me renie pas. Je suis telle que tu m'as faite, et je ne veux pas être une autre. Je te perds, mon frère, et je me perds moi-même, tu le vois, n'est-ce pas ? Sans Tyr, il n'y a plus de Saga – sans toi, je n'existe pas. Aux autres, je pourrais survivre – mais je succomberais de ton trépas. Tu le sais, n'est-ce pas ? Je t'en prie, mon frère – je t'en supplie. Ne me rejette pas. Peu importe que demain ce soit la mort qui me guette en Alfheim, ma propre perte ne m'effraie pas – c'est cette distance, entre toi et moi, qui éteint ma flamme. Mon frère, souviens-toi – souviens-toi de moi. » Je déglutis, péniblement. Ma plaidoirie est achevée, et elle ressemble bien plus à une prière que je ne le souhaiterais. C'est là tout ce qu'il me reste, pourtant – tout le monde sait bien que la prière est l'arme des fous. « Je suis là. Est-ce que tu me vois... ? » Je me tais, à bout d'arguments, épuisée par cette dernière supplique.

L'arme des fous, Saga – et des condamnés.
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MessageSujet: Re: Worthy of you   Dim 6 Sep - 16:24




Worthy of you


Il était resté raide au début, prit au dépourvu, comme toujours, face aux élans du coeur. Pourtant c'était loin d'être la première étreinte intempestive que lui imposait sa jeune soeur, aussi reprit-il rapidement le dessus face à sa surprise, posant doucement sa main unique dans le dos de la déesse. Quelle tempête avait-il donc déclenché cette fois-ci ? Qu'avait-il bien pu faire encore, pour bouleverser son âme sensible à ce point ?

Il lui en voulait quelque part, de le confronter de force à tout cela, alors même qu'il s'embourbait très bien sans aide dans ses remises en question. Voilà qu'il devait à présent gérer les émois de Saga et sa vision erronée du problème, quand bien même ne s'en sentait-il ni la force ni la patience. C'était quelque peu égoïste, à bien y penser, de croire que la distance entre eux s'était forgée par sa faute. Elle avait presque tout vu pourtant, elle avait été là chaque fois que les Nornes s'étaient jouées de lui, chaque fois qu'il s'était fait dépouillé. Un merveilleux travail d'équipe d'ailleurs, puisque Thor et Odin s'y étaient mis à deux pour l'éjecter du trône, puis Fenrir l'avait amputé d'une main, avant que Sif ne disparaisse avec son coeur... du moins c'est ainsi qu'il l'avait vécu tout au long de ces siècles. Avant de découvrir au détour d'une conversation qu'il n'avait en réalité rien compris de sa propre vie, qu'il avait tout vécu de travers et terriblement mal interprété les signes. Maintenant tous ses démons se retrouvaient en pleine mutation, tout devait être minutieusement révisé, revu et corrigé, et tout cela chamboulait tout autant son passé que son futurs.

Et au niveau du présent, ce n'était pas mal non plus...

Quoi qu'il en soit, un esprit tel que le sien ne pouvait faire le tour de tout cela en un jour et subitement choisir de déposer les armes. Il devait tout d'abord s'abysser et toucher les profondeurs les plus sombres avant de pouvoir envisager l'ascension vers la surface. Car il était ainsi, condamné à frôler les deux extrêmes du doigt avant de parvenir à déterminer le Juste Milieu.

Dans l'exacte même temps, il parvenait à se trouver hypocrite. Il se sentait oppressé par les attentes de Saga, lui le héro, le pilier, le père. Une part de lui se serait volontiers délesté de tout cela, estimant qu'il avait déjà bien assez à faire avec ses propres graves problèmes de héro, de pilier et de père... Un peu comme l'on se débarrasserait d'un miroir au reflet particulièrement dérangeant peut-être. Un mécanisme ingrat et malhonnête dans lequel il refusait de se laisser happer malgré les sombres tentations.

La vérité. Voilà ce dont il avait besoin aujourd'hui, lui qui s'était berné d'histoires et de mensonges tout au long de son existence, lui qui avait vécu aveugle en croyant tout voir.

Et qu'était-elle cette vérité ? Lorsque sa soeur parlait avec son coeur, il était même inutile de se poser la question. Entière, vibrante, elle lui déclamait son amour sans détour et dans sa bouche, les mots sonnaient si vrais, si purs, si authentiques, que c'était comme les ressentir à son tour, se les approprier pour un temps, et se rendre compte finalement, qu'il n'avait rien à perdre, et tout à gagner.

Prit d'une épaisse bouffée de tristesse coupable et d'un élan de tendresse pour cet oiseau frêle à la mélopée émouvante, Tyr échappa un long soupir, s'interrogeant sur le meilleur moyen de lui ôter cette détresse qui les écorchaient tout deux. Caressant doucement ses longs cheveux sombres et soyeux, il laissa ses sourcils se crispés tandis que son ton hésitant succédait à la voix envoûtante de sa cadette.

-... Bien sûr que je te vois... dit-il sur le ton de l'évidence désolée. Tendre, tendre Saga...

Déjà, le silence revenait à la charge, bien qu'on devina clairement à l'expression affichée qu'une suite était à venir.

-Je ne suis pas bien certain d'être digne de tout cela vois-tu... avoua-t-il finalement, la voix basse. Et si - ... et si tu venais à découvrir que tu m'estime bien trop par rapport à ce que je mérite ? Et si tu apprenais... que la manière dont tu me perçois n'est pas la bonne ? Je n'ai pas envie de prendre ce risque, tu peux le comprendre n'est-ce pas ? Il prit une courte pause. Je n'ai pas vraiment le choix quoi qu'il en soit ... mais quitte à te blesser, voir même à te perdre ... je préfère que cela soit avec la vérité pour bannière.

Passant doucement le pouce sur le profil de la déesse, il interrompit alors l'étreinte afin de saisir l'une de ses fines mains. La ramenant là où ils étaient assis précédemment, il prit soin d'attiser les braises avant de se lancer, préférant perdre son regard au coeur des flammes qui seraient elle-mêmes le coeur de son récit.

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MessageSujet: Re: Worthy of you   Dim 6 Sep - 23:27


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La tête me tourne un peu. Je ne m'attendais pas à ça. J'ai eu peur, de prime abord, dans ce silence épais, à la fin de mon plaidoyer, accrochée à lui comme pour l'empêcher de me repousser encore, et sa main dans mes cheveux m'a un peu rassurée. Un geste d'affection, même aussi fugace que celui-ci, est ô combien significatif pour un être aussi réservé, et je le reçois à sa juste valeur, quelque peu rassérénée. Je l'ai senti... hésitant. Peu sûr de la conduite à tenir ; et cela m'a fait comprendre, bien plus que le reste, combien ce qui se joue là est important. Ce qu'il m'a dit ensuite, m'enlaçant dans un murmure, n'a fait que renforcer cette impression. Le souffle court, inquiète mais concentrée, j'ai hoché la tête en silence lorsqu'il m'a prise par la main pour me faire asseoir à ses côtés.

Et il a raconté. Le regard perdu dans le feu, à mi-voix – il m'a raconté ce que je ne savais pas, et que je n'aurais jamais pu imaginer. Les doutes d'Odin, notre père, lorsque son mariage avec notre mère restait stérile, l'accord passé avec Jörd – qui a consenti à lui donner un fils à la condition de pouvoir l'élever. La conception de Thor, et celle de Tyr presque dans le même moment, et les doutes, terribles, qui ont rongé Odin. Sa visite aux Nornes, le sacrifice de son œil, et... Ah. Une partie de mon cœur s'est brisée quand j'ai entendu mon frère bien-aimé me conter, de ce ton si solennel qui criait ô combien cela lui coûtait, le roi qu'il aurait été, et le destin funeste qui aurait condamné Asgard s'il était monté sur le trône.

Et là, je peine à appréhender ce qu'il m'a raconté. La tête me tourne. D'une voix machinale, les yeux dans le vide, je marmonne pour moi-même. « Je crois que je vais devoir m'asseoir. » D'un ton absent, avant de me souvenir que je suis déjà assise, et que si la pièce tangue, c'est bien plus en réponse à mon tumulte intérieur qu'à un quelconque vertige. Battant des cils, blanche jusqu'aux lèvres tant le choc a été fort, je tourne la tête vers Tyr qui n'a pas bougé et contemple obstinément les flammes. Instinctivement, comme à chaque fois que je suis perturbée, ma main droite vient saisir le petit os de chouette accroché aux chaînettes ouvragées de ma coiffure, suspendu parmi les perles et les colifichets qui se perdent dans mes boucles sombres. La rune de Tyr y est gravée : je la porte toujours sur moi, et dans les instants de doute comme celui-là, mes doigts l'ont polie au fil des années. Serrant l'os au creux de ma main, je respire lentement, tentant de mettre de l'ordre dans mes pensées. Imaginer Justice se fourvoyer autant, ruiner le monde qu'il a juré défendre, renier ses serments et se faire l'artisan de Ragnarök, cela glace mon sang, mais... Mais le sacrifice consenti par Odin notre père a précipité l'univers sur une autre route, et ce destin-là est révolu.

J'ai mal, soudain. Pour ce père un peu distant mais qui a tout tenté, pour sauver son peuple et ces enfants, et qui n'a reçu de nous qu'incompréhension et reproches informulés. Pour notre mère, jouet cruel du hasard et de la destinée, qui a vu le fils de sa chair se faire préférer le bâtard né hors des draps – même si jamais je n'ai considéré Thor comme tel, je sais qu'à Asgard beaucoup l'ont murmuré. Et Tyr, ô mon frère, j'ai doublement mal pour toi, mon cœur saigne de ta douleur : de te voir repoussé en seconde position derrière le fils doré, et de comprendre, des siècles plus tard, que cette souffrance était justifiée, et ne t'a été infligée que pour te préserver. Mon frère, je ne parviens même pas à imaginer combien ton monde est chamboulé.

Me redressant souplement, je l'enlace à nouveau, à genoux derrière lui, les bras autour de son torse et la joue contre la sienne, parlant à mi-voix pour briser le silence qui nous entoure, pour rompre la lugubre impression qui s'attarde dans l'écho de ses mots. « Je ne peux concevoir le chaos qui doit régner dans ton esprit, mon frère. Ton univers tout entier a changé et tu dois avoir besoin de tout remettre en ordre, je le comprends. Si cela peut t'être d'un quelconque réconfort, je veux que tu saches qu'une chose, au moins, est restée la même : Tyr a toujours l'affection de Saga, et tu restes celui que tu as toujours été dans le cœur de ta sœur. Tu n'as pas démérité à mes yeux, et tu es bien plus digne de mon amour et de ma foi aujourd'hui, à la lumière de ce poids terrible que tu portes sans faillir. Tu sais maintenant ce qui aurait pu être : il t'appartient de faire en sorte que cela ne soit jamais, et je sais que tu y parviendras. J'y veillerai avec toi, si tu me l'accordes : je n'imagine pas survivre à ta perte, et te voir sombrer dans la folie et la barbarie m'anéantirait, comme la flamme d'une bougie soufflée par le vent. » Je dépose un baiser fugitif sur sa tempe, avant de saisir son visage de la main, l'incitant délicatement à tourner la tête vers moi. « Mon frère, regarde-moi. » Son regard s'accroche au mien, et je souris, sans dissimuler ma foi, ni la tendresse que j'ai pour lui. « Je serai ta veilleuse dans l'ombre, et à chaque fois que tu te tourneras vers moi, tu sauras que tu es resté digne de ton rang, de ton nom, de ton sang, comme tu l'as toujours été. Tu sauras que tes serments sont honorés. Je veillerai, pour toi. Le veux-tu ? »
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Il est le second fils d'Odin et le premier fils biologique de Frigga ◘ Il préside les batailles, qu'elles soient juridiques ou à coups de haches ◘ Il connait toutes les lois jamais écrites ◘ Il est le Premier stratège du Royaume ◘ Sa main droite à été dévorée par Fenrir le loup, fils de son frère adoptif Loki ◘ Il a un loup tatoué sur chaque épaule ◘ Il possède une prothèse magique forgée par les nains qui remplace sa main manquante lors des combats.

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MessageSujet: Re: Worthy of you   Dim 13 Sep - 20:43




Worthy of you


Arride était sa bouche et pesant était son coeur tandis qu'il confiait à sa jeune soeur les très grandes lignes de la vie du Roi aux Flammes Éternelles. Du reste, c'était en réalité la toute première fois qu'il narrait cette vérité à voix haute depuis qu'Odin lui avait transmis ses secrets, et la sonorité de son macabre récit était des plus étranges. Désenchantée, désincarnée même, on pouvait également percevoir le bourdonnement entêtant de la tentation. Car si la plus part de son être méprisait cette existence alternative à laquelle il avait échappé de peu, il existait également en lui une part qui trouvait enfin sa juste place, et de nombreux recoins d'ombre qui prenaient tout leur sens. Lui qui s'était toujours senti comme encombré, handicapé par sa propre pénombre, lui qui s'était intérieurement fustigé d'être ainsi fait, qui avait porté cette différence comme un boulet à sa cheville, lui qui s'était laissé ronger par la culpabilité et qui s'était entêté des siècles durant à se tenir éloigné de tous pour éviter que quiconque ne remarque rien. Il avait tellement bien joué son coup que lui-même s'était laissé complètement berné, et désormais, c'était comme se découvrir un jumeau aliéné du jour au lendemain.

De toute évidence, il était tout aussi bien parvenu à berner sa cadette, dont la stupéfaction et la pâleur soudaine ne l'étonnaient guère mais parvenaient tout de même à le mortifier. Il tentait de ne rien laisser paraître, s'obstinant à fixer le vide sous fond de braises, mais il était intérieurement terrifié à l'idée des prochaines réactions de sa précieuse soeur. Il redoutait tant la scène qu'il pouvait presque la voir se lever et déserter ses appartements sans plus un mot. Mauvaise conseillère, la peur avait pourtant cette fâcheuse tendance à la dramatisation, et bien loin de le fuir ou de lui tourner le dos, elle vint plutôt l'encercler de ses bras fin, comme on dépose une douce couverture sur des épaules grelottantes. Crispé tout d'abord par sa pudeur propre, celle-ci fut bien vite chassée par la vague de soulagement qui le prit d'assaut sans crier gare, lui arrachant un soupir semblable à celui que l'on prend au sortir de l'apnée. Sa peau soyeuse tout contre sa joue rugueuse lui faisait l'effet d'un linge humide et frai sur une brûlure, et il ferma doucement les yeux pour laisser sa voix chaude être le baume apaisant sur des plaies vives.

Il ne rouvrit ses paupières que lorsqu'il y fut contraint par Saga, s'abyssant dans son immense regard d'azure, songeant dans le même temps qu'elle ne croyait pas si bien dire en se comparant à la flamme vacillante d'une bougie. Il hésita quelques instants à lui confier son hypothétique trépas dans ce futur avorté par Odin, mais il se ravisa pour le moment, estimant qu'il avait pour l'heure déjà bien assez malmené son coeur de porcelaine. Il préférait et de loin, s'entendre affirmer qu'elle veillerait pour lui, sur lui, et surtout, avec lui, lui qui s'était jusque là demandé comment surveiller seul cet affreux loup enchaîné dans les recoins les plus sombres de son esprit.

-Oui, finit-il par répondre. S'il te plait... rajouta le prince tout en replaçant sa tempe contre celle de la conteuse.

Et ainsi installés, ils demeurèrent de longues secondes, et bientôt de longues minutes, tandis que Tyr profitait du silence salvateur qui régnait aussi bien chez lui qu'en lui, et qui le changeait drastiquement du tumulte incessant qui le poursuivait depuis des jours.
Il fini tout de même par rompre cette quiétude reposante, se raclant d'abord la gorge pour désenrouer sa voix :

-Je suis désolé si je t'ai causé du souci tu sais ? Je me sens comme... parasité par un nuisible dont il est impossible de se débarrasser. C'est comme si je devais partager mon propre esprit avec quelqu'un que je ne connais pas et qui est mon parfait opposé. A nouveau, son regard dévia obstinément vers les flammes. Du moins je le croyais... je ne sais plus vraiment ce qui m'est opposé maintenant. Ses sourcils se crispèrent sous le coup de l'incompréhension : ... d'où vient-il tu crois, ce roi démens ? Ce n'est certainement pas quelque chose hérité de Père - encore moins de mère... et ni Thor ni vous autres n'avez jamais développé la moindre part d'ombre. Le seul à qui je puis me relier, ... c'est Loki. Et je hais Loki. Ce n'est pas mon frère, ça ne l'a jamais été. Je n'ai rien à voir avec lui qu'il affirma d'un ton à la fois sûr et truffé de doute. N'est-ce pas... ?


(c) Bloody Storm



Tyr.
He asks for neither praise nor glory, boasts not with mighty words in the Hall. He asks nothing but stands firm, steering His way clearly through murky waters. He is mighty, this God, His glory found in His sword and the hand He sacrificed. I will hail Him as He faces the wolf, this warrior who betrays for honor’s sake.
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MessageSujet: Re: Worthy of you   Lun 14 Sep - 0:52


Tyr & Saga

Worthy of you
Worthy of your blood in my heart ; worthy of the pride in your eyes.
Worthy to be loved by you.

En plus de six siècles, jamais je n'ai vu mon frère se reposer ainsi sur moi. J'ai déjà constaté des idées noires au fond de son regard, vu passer sur son front de sombres nuages : mais jamais encore il ne s'était ainsi confié, à cœur ouvert, l'âme à nu et les ruines de celui qu'il a été étalées devant moi – jamais encore il n'avait cherché délibérément mon contact et mon réconfort. Sans mot dire, pour ne pas briser ce silence apaisant qui vibre doucement de toute mon affection, je le serre contre moi, comme si je pouvais lui insuffler un peu de ma lumière comme réconfort. Plus encore – qu'il accepte mon aide, voilà qui est... inhabituel, et même inédit. Les minutes passent, sereines dans la pénombre, et je ne parle pas, jusqu'à ce que sa voix ne s'élève à nouveau. Je ne l'interromps pas, écoutant son inquiétude, son interrogation – et son excuse, oh Mère. Quand Tyr m'a-t-il présenté des excuses pour la dernière fois... ?

N'est-ce pas... ? N'est-ce pas, Saga ? Je laisse le silence reprendre ses droits, après sa question, rassemblant mes pensées, perdue dans l'écho de ses mots. Inspirant lentement, je prends la parole à mon tour, commençant par la partie simple de son discours. « Tu n'as pas d'excuses à présenter, je n'en attendais pas – mais je les accepte toutefois avec gratitude. Je m’inquiéterai toujours un peu plus pour toi que pour les autres, tu sais, c'est ainsi : cela ne changera pas. » Je le serre un peu plus fort contre moi, juste un instant, pour appuyer mes mots, avant de reprendre, pesant soigneusement mes mots. « Tu n'as rien de commun avec Loki, si ce n'est une partie de ton enfance que vous avez partagée. Cela ne fait pas de toi un monstre pour autant, et même si je lui conserve un peu de mon affection, j'ai conscience de ce qu'il a fait. » Un soupir méditatif m'échappe, tandis que je cherche mes mots. « Je suis une conteuse d'histoires, tu le sais. Je connais les mécanismes des récits, je sais que chaque choix effectué influence le dénouement – et depuis que je suis assez grande pour le comprendre, je... Comment t'expliquer ? Je vois derrière chacun de vous l'ombre de celui qu'il aurait pu être. J'ai conté vos histoires, j'ai tissé vos légendes, vous mes frères : je sais ce que vous auriez pu être. Je n'avais pas conscience avant ce jour de l'homme que tu aurais pu devenir, mais cela ne me choque pas, mon frère : j'ai toujours vu l'ombre épouser tes pas. »

Ma gorge se noue soudain. A mon tour de dévoiler une part de ce qui me ronge, même si la teneur de mon aveu n'a rien à voir avec l'amplitude du sien. « Nous ne sommes pas tous Thor, tu sais. As-tu déjà observé Hermiod à la dérobée, lorsqu'il pense que personne ne le regarde ? As-tu écouté la résonance lancinante entre les lignes des poèmes de Bragi ? Et Balder, notre petit, notre joyau, lui si beau et si vivant, époux de la Joie... as-tu vu le nuage qui parfois étouffe son sourire ? Non, mon frère, détrompe-toi : nous ne sommes pas tous Thor, et nous connaissons l'ombre, même si nous ne lui cédons pas. » De mes doigts repliés, je caresse fugitivement sa joue. « Tu n'as rien à voir avec Loki, mais tu as tout à voir avec nous ; avec moi. Nous sommes du même sang, mon frère, calme tes doutes : et souviens-toi que c'est la lumière la plus vive qui engendre l'ombre la plus dense. Tu rayonnes pour moi depuis l'heure de ma naissance : j'aime tout autant l'éclat de ton soleil que ta part de nuit, parce qu'ils t'appartiennent tous deux. Je serai ta veilleuse dans l'ombre, mon frère ; aussi longtemps que tu voudras bien rester le flambeau dans mes ténèbres. » Dois-je lui avouer ? Le gouffre qui a guetté mes pas, pendant cette lutte insensée qui a assis Thor sur le trône d'Odin ? Non... Pas encore. Pas maintenant.
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